Le speed watching : analyse de la consommation à grande vitesse

Par Samuel Bischoff, Fonds des Médias du Canada. Billet invité

Cet article, publié sur FMC Veille, est présenté dans le cadre d’un partenariat éditorial entre le Fonds des Médias du Canada (FMC) et Méta-Media.

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Le visionnement en accéléré (speed watching en anglais) de contenu témoigne de la mutation de la consommation médiatique à l’ère de la surabondance. Difficile de connaître l’étendue de cette pratique, mais, chose certaine, elle témoigne de l’émancipation croissante des spectateurs vis-à-vis des contenus.

Depuis l’arrivée du magnétoscope il y a 25 ans, l’activité de visionnement a été bouleversée et la temporalité télévisuelle, étendue à l’infini. Cette nouvelle liberté a donné au téléspectateur la capacité de consommer les contenus audio et vidéo comme bon lui semble. Le choix du moment de visionnement, le support et le format lui appartiennent désormais. En l’espace de quelques années, le spectateur est devenu son propre curateur ou programmateur.

L’arrivée de la Peak TV

La suite est bien connue. Nous vivons dans un monde saturé de contenus où l’écoute en rafale (binge watching en anglais) fait maintenant partie de la culture populaire et où les téléspectateurs ne veulent plus rater la nouvelle série qui vient tout juste d’être mise en ligne. En quelques années, le phénomène de l’écoute en rafale a déjà atteint ses limites [temporelles], car l’offre du secteur audiovisuel dépasse la capacité de consommation des téléspectateurs et conserve toujours une longueur d’avance.

Entre 2009 et 2016, le nombre de séries produites par an aux États-Unis a augmenté de 174 % et 455 séries dramatiques originales ont été diffusées en heure de pointe à la télévision américaine en 2016, d’après FX Research. C’est bien plus que les 8760 heures que compte une année, rendant ainsi impossible pour un être humain de visionner ne serait-ce qu’une partie de ces émissions.


Source : FX Networks Research, Variety

Gagner du temps

Afin de regagner le temps perdu à regarder des séries ou des balados [podcasts, NDLR], certains ont trouvé de nouvelles façons d’étancher leur soif de visionnage d’épisodes alors que leurs journées sont déjà surchargées. La dernière en date s’appelle le speed watching.

Cette pratique consiste à visionner en accéléré du contenu vidéo ou audio (principalement à partir d’un ordinateur) à des vitesses allant de 1,2 à deux fois la vitesse normale. Les possibilités ne manquent pas : YouTube offre des paramètres de réglages de la vitesse, une extension de Google Chrome permet aux abonnés de Netflix de faire de même et le logiciel VLC est aussi muni d’une telle fonction.

Le but premier du visionnement en accéléré est de gagner du temps. Un épisode de 52 minutes de Game of Thrones peut être consommé en seulement 39 minutes, et voir la saison en entier prend six heures et demie au lieu de huit heures et demie à vitesse normale.

10 secondes de Game of Thrones à 2x :

Si on en croit les adeptes, les résultats varient selon le contenu. La série The Office ne se visionnerait pas bien en accéléré, tandis que Modern Family en ressortirait encore plus drôle.

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