“Un bout du Monde”, pour une reconquête citoyenne des médias
Par Mathilde Caubel, France Télévisions, MediaLab.
Créée en Juillet 2020, l’initiative Un Bout du Monde contribue à faire évoluer le modèle économique des médias.
Celle-ci encourage les lecteurs et journalistes à participer au financement de leur média. En septembre 2020, la première campagne intitulée “Entrez dans le monde” est lancée.
Un remède malin à la crise du secteur mais également un moyen de renouveler la confiance des lecteurs via une plus grande indépendance, des prises de décision collectives et des conférences de rédaction ouvertes.
Un modèle alternatif citoyen en voie de pérennisation ? Analyse.
Un remède à la crise du secteur
Le dispositif de “Un bout du monde” s’inscrit dans l’écosystème de solutions proposé par Julia Cagé dans son ouvrage de 2015 “pour Sauver les Médias”. L’économiste, et présidente de la Société des Lecteurs du Monde, préconise un changement radical du modèle économique pour restaurer la confiance des lecteurs et l’indépendance des médias. Celui-ci passe par la fin du modèle basé sur les recettes publicitaires et par l’inclusion des citoyens dans la gouvernance des médias.
Elle critique également le système d’aides publiques à la presse qu’elle considère comme opaque et obsolète.
Les revenus publicitaire sont en chute constante, au même titre que le nombre d’abonnés et les achats en kiosques. Julia Cagé pointe du doigt une erreur historique de la presse française dans le développement de son offre digitale. Pour l’économiste, le modèle de la gratuité a contribué à réduire l’importance de l’abonnement dans le modèle économique des médias conduisant inexorablement à une montée en puissance de l’actionnariat.
Plus d’indépendance
L’association “Au bout du Monde” est née d’un partenariat entre la Société des lecteurs du Monde et la Société du Pôle d’Indépendance du groupe Le Monde. Elle vise à créer les conditions d’une plus grande d’indépendance des médias vis-à-vis des pouvoirs économique et politique. Son plan d’action ? Soutenir les initiatives de salariés qui souhaitent financer leur média, organiser des levées de fonds et acquérir des actions et parts sociales pour l’ensemble des adhérents.
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Plus de transparence dans les prises de décision
L’adhésion à l’association est possible à partir de 5 euros. Chaque adhérent participe aux assemblées générales et dispose d’une voix. Les membres de l’association participent aux décisions du groupe Le Monde. Les membres les plus actifs (et ayant cotisé au minimum 15€) sont éligibles pour siéger au conseil d’administration de l’association.
Un modèle économique citoyen
L’association “Au bout du Monde” bénéficie du soutien d’économistes, de journalistes et de personnalités politiques. Leur soutien est décisif dans la promotion de l’activité de l’association qui souhaite promouvoir ce nouveau modèle économique alternatif. Dans un contexte de défiance, l’objectif est d’associer les lecteurs à la production d’une information de qualité.
« Si on veut une pérennité et avoir des médias qui s’inscrivent dans le temps, qui peuvent recruter des journalistes dans le long terme, on a besoin d’un modèle qui repose beaucoup plus sur les citoyens, les lecteurs, » Thomas Piketty
Pourquoi je soutiens https://t.co/mLMzWYBgD0
Nous sommes 10 millions à nous informer chaque mois en allant consulter https://t.co/Oy9Z4prpRE. Si chacun apporte 10€, nous pouvons garantir une presse libre et indépendante. Adhérez à https://t.co/mLMzWYBgD0https://t.co/ElQLn7U5gT pic.twitter.com/igsBzvIOKC— Thomas Piketty (@PikettyLeMonde) October 15, 2020
Une première levée de fonds pour La Société des Lecteurs du Monde
La première levée de fonds de l’association intitulée “Entrez dans le monde” s’est fait via un financement participatif sur la plateforme KissKissBankBank. L’objectif ? réunir 500 000€ pour défendre l’indépendance du groupe Le Monde. Un choix stratégique ayant eu lieu après l’entrée de Daniel Kretinsky dans le capital du groupe. Son refus de signer le droit d’agrément demandé par le pôle d’indépendance du Monde avait suscité de vives réactions et un débat sur la concentration des médias.
Le Parti de la presse et de l’argenthttps://t.co/EtfEuDu0p4 pic.twitter.com/4H1nfQWoG9
— Le Monde diplomatique (@mdiplo) August 29, 2020
À terme, les fond récoltés seront utilisés pour le rachat de plus de 17 000 actions tombées en déshérence de la société des lecteurs du Monde. Ces actions – non réclamées par leurs propriétaires – seront vendues aux enchères par la SDL. Cette acquisition représente donc une chance pour « Un bout du monde » et ses adhérents d’entrer dans l’actionnariat du groupe Le Monde.
Le financement participatif, exception ou solution ?
Le système d’appel aux dons des lecteurs n’est pas nouveau puisqu’il est régulièrement utilisé par la presse écrite en difficulté économique. L’impact du financement citoyen est plus fort quand les salariés des médias y participent également comme cela a été le cas pour Nice-Matin.
Certains modèles de financement alternatifs peuvent être proposés pour l’indépendance des médias. Le Scott Trust de The Guardian est un modèle unique dans lequel un “Trust” est propriétaire du média et assure son autonomie financière et éditoriale. Plus récemment, Médiapart a aussi eu recours à la création d’un Fonds pour une presse libre pour se protéger d’un éventuel rachat.
L’association « Un bout du Monde » n’a pas l’ambition d’acquérir Le Monde dans son intégralité mais de re-solidariser les citoyens avec leur média. Malgré une médiatisation forte du projet, les contributions de la première levée de fond ne s’élèvent qu’à 20% de l’objectif de 500 000€ visé. La perspective d’acquisition des actions en déshérence est aussi mise en difficulté par des oppositions du côté de la Société des Rédacteurs du Monde.
Crédit Photo de Une : Roman Kraft, Unsplash
Liens vagabonds : Les géants de la Tech dans le viseur des régulateurs
Google accusé d’abus de position dominante – Après plus d’un an d’enquête, La justice américaine intente un procès antitrust contre Google. Cette enquête limitée, mais cruciale, vise à durcir la régulation de la concurrence sur le marché de la tech. Ce procès est critiqué par Eric Schmidt, l’ancien CEO de Google, ainsi que par des experts des régulations antitrust qui le jugent insuffisant. Après les États-Unis, la Corée du Sud et l‘Inde ouvrent également une enquête.
Facebook : Zuckerberg plus puissant qu’un juge de la cour suprême – Mark Zuckerberg est devenu malgré lui un acteur crucial dans le jeu des élections américaines. Plus que jamais au coeur des débats sur la liberté d’expression, Facebook doit encore faire ses preuves en matière de lutte contre la désinformation. Nombreux sont ceux qui s’inquiètent du pouvoir démesuré de la plateforme sur la vie politique internationale.
Gig Economy & protection sociale – La cour d’appel de Californie demande à Uber et Lyft de considérer leurs conducteurs comme des salariés. Mais cette décision ne sera pas actée avant le référendum du 3 novembre. Les conducteurs d’Uber fortement enjoints à voter pour la proposition 22 accusent l’entreprise d’intimidation. En Europe, le problème est le même. En Inde, le COVID-19 incite les travailleurs à se tourner vers la Gig Economy.
Cette semaine en France
- Lancement de Salto, la plateforme de SVOD française.
(Campagne publicitaire de lancement de Salto)
A RETENIR CETTE SEMAINE :
3 CHIFFRES
- 320 000 abonnés digitaux pour le monde.fr
- 5,7 millions d’euros, c’est le montant de la levée de fond sur Twitch du Zevent2020 pour Amnesty International
- 377.2 Mbps : la vitesse de téléchargement 5G en Arabie Saoudite est la plus rapide devant la Corée du Sud (Open Signal)
LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE
Vous trouverez plus d’infographie sur Statista
NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS / LONG READ
- Qui va saisir l’opportunité stratégique de l’audio ?
- Pourquoi les réseaux sociaux nous polarisent-ils si facilement ?
- Une triple menace pèse sur le Web, selon son inventeur
DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION
- PayPal ouvre son système de paiement aux crypto-monnaies
- Les jobs manuels se font désormais aussi à distance
- Les événements virtuels payants sont la nouvelle mine d’or pour les publicitaires
GAFA
- La France va taxer les géants de la Tech en décembre, annonce Bruno Le Maire
- Google révèle la plus grande attaque DDoS de l’histoire
- Apple précise que ses prochains changements en matière de protection de la vie privée laisseront peu de marge de manœuvre aux publicitaires
DONNEES, CONFIANCE, LIBERTE DE LA PRESSE, DESINFORMATION
- Les médias partisans se déguisant en journaux locaux se multiplient à l’approche des élections
- Suite à l’interdiction de YouTube, les adeptes de QAnon se tournent vers d’autres grandes plateformes
- L’armée nigériane traque la propagande sur les réseaux sociaux, tout en diffusant de la désinformation sur Twitter
- Des fake news politiques en espagnol liguent les électeurs latinos contre Black Lives Matter
LEGISLATION, REGLEMENTATION
- Le Japon s’associe aux États-Unis et à l’Europe pour réglementer la Big Tech
- Comment fonctionne Pharos, la plate-forme de signalement des contenus illicites en ligne ?
- Le traitement des données des enfants par Instagram fait actuellement l’objet d’une enquête au sein de l’UE
JOURNALISME
- Trump exploite les failles journalistiques, voici comment y remédier
- Les puissants n’ont plus besoin du Washington Post, admet son médiateur.
- Après 11 ans d’existence, le New York Times met fin au projet « At War »
- Les lauréats des Online Journalism Awards 2020
- Les médias britanniques font face à un problème de diversité
STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS
- Le Figaro Santé propose une synthèse visuelle animée en 3D pour raconter le Covid
- Le New York Times explique le casse-tête du dépouillement des votes aux États-Unis avec un format visuel et interactif
- FiveThirtyEight et Le Monde publient des simulateurs de résultats pour les présidentielles américaines
ENVIRONNEMENT
- « Il faut passer d’un numérique instinctif à un numérique conscient et réfléchi »
- Un quart des tweets climato-sceptiques serait l’œuvre de robots
RÉSEAUX SOCIAUX / MESSAGERIES
- Les patrons de Facebook et Twitter appelés à témoigner
- Facebook Dating débarque officiellement en Europe
- La suppression des compte Weibo par le gouvernement chinois s’accélère
- Facebook introduit une nouvelle API pour Messenger avec un support pour Instagram
- Le compte Twitter de Trump n’a probablement jamais été hacké
STREAMING, OTT, SVOD
- Disney+ ajoute un avertissement au début des films contenant des stéréotypes racistes
- La plateforme de streaming Quibi jette l’éponge 6 mois après sa sortie
- Les points forts et les faiblesses de Salto après 48 heures d’essai
- L’explosion du marché OTT en Inde
AUDIO, PODCAST, BORNES
- Comment Spotify façonne l’avenir du podcast
- L’industrie du film utilise les podcasts pour tester des idées
- Spotify ouvre sa bibliothèque musicale aux podcasters indépendants
- Interfaces, contenus, usages : quand streaming et radios s’influencent
DATA, AUTOMATISATION, INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, BLOCKCHAIN
- L’intelligence artificielle est partout mais son bénéfice financier reste minime
- Amazon Shopper Panel : le programme qui vise à payer des consommateurs pour analyser leurs données en dehors d’Amazon.com
- Les applications d’apprentissage des langues basées sur l’intelligence artificielle, une piste pour l’avenir du e-learning
MONETISATION, MODELE ECONOMIQUE, PUBLICITE
- Alors que les journaux locaux dépérissent, les « Pay-for-Play » prennent leur place
- Instagram labellise les posts d’influenceurs professionnels afin de les rendre plus facilement visible.
- Les influenceurs de la Génération Z sont les plus chers en ce qui concerne les contenus sponsorisés d’Instagram
IMMERSION, 360, VR, AR
- Facebook prépare un clavier virtuel basé sur le suivi des mains
- Les possibilités de la VR pour les orchestres de musique
- Le potentiel de la VR dans l’éducation
- Pokemon Go continue d’exploiter l’AR avec de nouvelles missions de cartographie
JEUX VIDEO, eSPORT
- Comment la pandémie de COVID-19 inspire les créateurs de jeux vidéos
- Alexandria Ocasio-Cortez a joué à « Among Us », en direct sur Twitch, devant plus de 430 000 personnes
- L’e-sport perd au jeu de la mixité
5G, 8K
- Les pays de l’UE tirent la sonnette d’alarme face à la montée du mouvement anti-5G
- La Suède bannit à son tour Huawei et ZTE de son réseau 5G
TECH, STARTUPS, INNOVATION, TRANSFO NUM
- LG devient partenaire du StudioLAB de Walt Disney Studios
- Les médias se mettent à table, nouveau podcast sur la transformation numérique
- L’icône de Jazz Quincy Jones investit dans la startup belge basée sur l’IA émotionnelle Musimap
OUTILS
- Firefox propose un bouclier anti Facebook
- Holofy : une application pour créer des stories dédiées aux sites web
- The Citizen Browser Project : Markup lance son moteur de recherche capable d’analyser les algorithmes des réseaux sociaux et organise un test avec 1200 personnes
Citizen Browser is our most ambitious project ever — and that is really saying something for us at @themarkup.
Here’s my newsletter on how we plan to audit the algorithms of disinformation:https://t.co/XV5gOIhXKq
— Julia Angwin (@JuliaAngwin) October 17, 2020
ES avec Laure Delmoly, Kati Bremme & Mathilde Caubel
Crédit Photo de Une : Paweł Czerwiński, Unsplash
Confinement et écoute inter-générationnelle : le podcast natif prend son envol
Par Laure Delmoly, France Télévisions, MediaLab.
Avec des habitudes d’écoute en nette hausse sur un an, le podcast natif continue de s’épanouir. 5,3 millions de Français écoutent aujourd’hui des podcasts natifs.
Selon une étude réalisée par le CSA et Havas à l’occasion du Paris Podcast Festival, 14% des Français âgés de plus de 18 ans déclarent écouter des podcasts natifs de façon hebdomadaire et deux tiers estiment que leur fréquence d’écoute a augmenté depuis qu’ils ont commencé.
Une écoute dopée par le confinement et désormais inter-générationnelle.
Le confinement, accélérateur d’écoute et de découverte
- 14% des Français déclarent écouter des podcasts natifs toutes les semaines (+5 points par rapport à l’année précédente).
L’auditeur de podcast natif a en moyenne 34 ans. (Les 25-34 ans représentent 26% des auditeurs). Il est en général étudiant (12%) ou cadre (26%). C’est un grand consommateur de média et de culture. Il est hyper connecté et vit en général en milieu urbain (39%) et particulièrement à Paris (28%).
L’écoute se fait plutôt en solitaire (73%) et souvent au casque. A noter cependant que l’écoute en mobilité a fortement été impactée par la crise sanitaire. L’écoute se fait donc moins dans les transports sur smartphone mais davantage sur ordinateur à la maison.
L’écoute du podcast natif est une pratique récente.
- 50% des auditeurs en écoutent depuis moins de six mois.
- 44% s’y sont mis il y a entre 6 mois et 1 an.
- 6% s’y étaient déjà mis il y a trois ans ou plus.
« Il y a clairement eu un effet confinement. Un tiers des auditeurs de podcasts les ont découverts pendant cette période » explique Thibault de Saint Maurice, président du Paris Podcast Festival.
- 13% des auditeurs hebdo ont commencé à écouter des podcasts durant le confinement.
- 61% des auditeurs d’avant déclarent avoir augmenté leur consommation de podcasts durant le confinement.
Cette pratique devient vite une habitude.
- 67% estiment que leur fréquence d’écoute a augmenté depuis qu’ils ont commencé à écouter des podcasts natifs.
- La moitié (52%) prévoit d’en écouter davantage dans les six prochains mois.
Le boom des podcasts jeunesse
Une famille sur trois fait écouter des podcasts à ses enfants.
- 59% des auditeurs hebdo de podcasts natifs ont des enfants.
- 34% des familles font écouter des podcasts natifs à leurs enfants dont 20% de manière hebdomadaire.
Dans ce domaine, les productions de Radio France Une histoire et..Oli (5-7 ans) et Les Odyssées (7-12 ans) font un carton d’audience.
Pierre Chausse, directeur adjoint de la rédaction du Parisien commente « C’est le début d’une transmission intergénérationnelle. C’est grâce au podcast jeunesse qu’on pourra ensuite avoir une diffusion plus horizontale »
Un format de confiance
Le format podcast permet d’éveiller la curiosité (92%) de s’informer (89%), d’apprécier une liberté de ton (86%).
Les podcasts d’humour et de développement personnel ont particulièrement été apprécié durant le confinement avec les succès de A bientôt de te Revoir (Binge Audio) et Emotions (Louie Media)
En terme d’accessibilité, 87% des auditeurs hebdo déclarent les trouver facilement (vs 68% pour les auditeurs occasionnels).
On note une forte appétence pour les formats de moins de 30 min (70%) mais 30% des auditeurs sont intéressées par des formats supérieur à 30 min voire à une heure.
Enfin, 65% des auditeurs hebdo déclarent être prêts à payer pour écouter leur podcast natif préféré.
Un lien de plus en plus fort avec les marques
La publicité dans les podcasts est bien acceptée à 65% (jugée présente juste ce qu’il faut) alors même que 65% des – de 35 ans en France rejettent en bloc la publicité digitale. Le podcast natif est donc un écrin dans lequel les marques sont plutôt bien acceptées.
Le podcast est en effet un format plébiscité par les marques. Ainsi 82% des auditeurs hebdo seraient intéressés à ce que des marques qu’ils apprécient lancent leur propre podcast pour se raconter différemment.
Non seulement le podcast recrée du lien mais il permet à chacun de trouver sa voix. Documentaire, témoignage, conversation ou fiction : toutes les histoires se prêtent au format podcast. C’est sur les 25-34 ans que le podcast progresse le plus (+11pts). « On assiste à la naissance de quelque chose de nouveau qu’on imagine devenir une vague puissante » conclut Yves del Frate, Président de l’Institut CSA.
Crédit photo de Une : Paris Podcast Festival
Le streaming dépasse le linéaire en Europe, l’AVOD et le jeu sur console explosent
Par Laure Delmoly, France Télévisions, MediaLab.
En juin 2020, pour la première fois, le temps de streaming a dépassé le temps de consommation de la TV linéaire dans les grands pays européens. L’AVOD et le jeu sur console ont aussi explosé dans le même temps.
Une étude menée dans cinq pays de l’Union Européenne – Grande-Bretagne, Allemagne, France, l’Espagne, Italie – et réalisée à partir des données des consommateurs de TV Samsung met en lumière cette accélération dans les usages.
Des pratiques qui semblent s’installer dans la durée avec des consommateurs qui passent de plus en plus de temps à la maison.
Juin 2020 : un basculement historique dans les usages
En juin 2020, la consommation de contenus en streaming dépasse la consommation de télévision linéaire avec 53% du temps de visionnage total dans les 5 pays (vs 48% en janv 2020) soit une augmentation de 23%.
La pratique du streaming devient majoritaire
La part du streaming par rapport au temps total de visionnage a dépassé celle du linéaire en France, en Grande-Bretagne et en Espagne.
En France, le streaming représente 55% du temps total de visionnage ( vs 59% pour la Grande-Bretagne et 52% pour l’Espagne).
En Allemagne et en Italie, la part du streaming par rapport au temps total de visionnage est presque égale à celle du linéaire (49% pour l’Allemagne et 47% pour l’Italie).
Ceux qui se mettent au streaming y prennent goût
Le nombre d’heures de streaming TV par jour continue d’augmenter. Il a augmenté de 23% entre janvier et juin 2020 alors que la consommation linéaire a stagné sur la même période.
En juin 2020, les spectateurs regardent du contenu en streaming en moyenne 2H04 par jour (vs 1H52 pour le broadcast).
Le temps d’AVOD explose
Parmi tous les services de VOD, c’est le temps d’AVOD qui connait la plus forte augmentation (+29%) entre janvier et juin 2020, pour atteindre 1h22 par jour.
Le temps d’AVOD a augmenté 2 fois plus vite que le temps de SVOD entre janvier et juin 2020. L’AVOD est devenu le premier service de VOD en Europe en temps de visionnage.
Une dichotomie dans les pratiques de consommation
Pour la première fois, une dichotomie s’installe dans les pratiques de consommation.
Les streamers ne consomment que du contenu en streaming. Ils représentent 11% des consommateurs actifs de TV Samsung pour 102 heures de streaming par mois.
Les consommateurs de TV linéaire représentent 33% des consommateurs actifs de TV Samsung pour 133 heures de TV par mois.
L’AVOD, une pratique désormais ancrée
Alors que les services de SVOD dominaient au début du streaming, la majorité des streamers font aujourd’hui régulièrement appel à un service AVOD.
En juin 2020, 58% des streamers accédaient à un service AVOD ( +31% vs janvier 2020)
L’AVOD : un “reach” qui explose
Le reach de l’AVOD a plus que doublé passant de 27% (en janvier 2020) à 58% (en juin 2020). Parmi l’ensemble des services de VOD, c’est l’AVOD qui a connu la croissance la plus significative (+31%) vs 26% pour la VOD.
De plus en plus de jeu sur console
Mais parmi les usages sur la TV Samsung, c’est le jeu sur console qui a connu la plus importante croissance en nombre d’heures pratiquées (devant même le streaming et la consommation de télévision linéaire).
Cette croissance est particulièrement importante en Espagne (43%) en Grande-Bretagne (+39%) et en Italie (+38%)
Si cette étude est basée uniquement sur des données consommateurs de TV Samsung, elle est assez révélatrice. Avec la pandémie, la télévision – connectée – reprend toute sa place dans le salon. A voir si cet usage perdurera lorsque les consommateurs seront à nouveau plus mobiles.
Crédit Photo de Une : Glenn Carstens Peters, Unsplash
Liens vagabonds : A l’heure de la désinformation, quelle politique de modération pour les plateformes
Discours de haine & plateformes – Après plusieurs années d’inaction et de nombreuses demandes d’associations de survivants de l’Holocauste, Mark Zuckerberg annonce le bannissement des contenus négationnistes. Cette mesure était très attendue dans un contexte de recrudescence des actes antisémites dans le monde. Mais la plateforme souhaite-elle vraiment s’améliorer sur ce sujet ?
Elections US & plateformes : Twitter et Facebook limitent le partage d’un article du « New York Post » mettant en cause le fils de Joe Biden. Accusé de censure partisane par les électeurs de Trump, Jack Dorsey justifie son action alors que Twitter connaît une panne sans précédent. Une affaire qui montre une fois de plus que les élections US constituent une réelle épreuve de force pour la politique de modération des plateformes.
Covid & plateformes : Alors que plusieurs vaccins contre le Covid-19 entrent en phase de test, Facebook interdit les publicités décourageant la vaccination. En France, Le gouvernement donne une deuxième chance à l’application StopCovid sous nouveau nom “Tous Anticovid”. Le succès de cette application reste incertain, alors que la méfiance s’installe autour de l‘utilisation des données de santé.
Cette semaine en France
- Troisième édition du Paris Podcasts Festival, du 15 au 18 octobre à la Gaîté Lyrique
- Salto devrait être lancé le 20 octobre
A RETENIR CETTE SEMAINE :
3 CHIFFRES
- 5,3 millions de français écoutent des podcasts toutes les semaines (source : CSA)
- 23 millions de Français devant l’allocution d’Emmanuel Macron
- Salto, le service de streaming de TF1, M6 et France TV, coûtera entre 6,99 et 12,99 euros
LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE
Vous trouverez plus d’infographie sur Statista
NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS / LONG READ
- Chine : l’intelligence artificielle, porte d’entrée de la dictature de surveillance ?
- Peut-on gagner sa vie dans le podcast ? La parole à celles et ceux qui les font
DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION
- QAnon Is Thriving in Germany. The Extreme Right Is Delighted.
- Tempête Antitrust : Google se heurte encore une fois aux startups indiennes
GAFA
- Google a interrompu ses projets de lancement de son produit « News Showcase » en Australie.
- À l’approche de la présidentielle, l’armée américaine et Microsoft se préparent aux attaques cybercriminelles
DONNEES, CONFIANCE, LIBERTE DE LA PRESSE, DESINFORMATION
- «Capitalisme de surveillance»: les géants de la tech sur le banc des accusés
- Comment l’Europe tente d’enrayer la fuite de ses données
- Contre la désinformation sur Facebook, le travail collectif des gens ordinaires est tout aussi précieux que celui des professionnels du fact-checking
LEGISLATION, REGLEMENTATION
JOURNALISME
- Gender editor : « Il ne s’agit pas d’imposer mais d’impulser ! »
- « Le journalisme, c’est pas du spectacle » : rencontre avec un repenti des chaînes info
STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS
- Voices of Rural India : faire entendre la voix du monde rural pour réduire la fracture numérique
- Avec « Ordesa », Arte propose une expérimentation interactive
ENVIRONNEMENT
- Xavier Niel : « Ce qui pollue, ce n’est pas la 5G mais nos smartphones »
- The Atlantic lance sa newsletter consacrée au journalisme sur le climat
- Inde, Bangladesh : Prévoir les inondations grâce à l’AI
RÉSEAUX SOCIAUX / MESSAGERIES
- TikTok bannit du Pakistan à cause de ses contenus illégaux
- Nouvelle identité graphique pour Medium
- Retour à la normale pour Twitter après une panne mondiale
STREAMING, OTT, SVOD
- Disney forcé de se réorganiser pour mettre la priorité sur le streaming
- Quibi : Jeffrey Katzenberg à la recherche d’un acheteur pour sa nouvelle plateforme de streaming
- Exception culturelle : addition salée pour Netflix et ses rivaux
AUDIO, PODCAST, BORNES
DATA, AUTOMATISATION, INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, BLOCKCHAIN
- Le Conseil d’Etat laisse le Health Data Hub aux mains de Microsoft
- Immersion dans l’étrange métier d’acteur de Deepfake
- Grâce à l’Intelligence Artificielle Google propose de nouvelles fonctions pour son moteur de recherche
MONETISATION, MODELE ECONOMIQUE, PUBLICITE
IMMERSION, 360, VR, AR
- L’armée américaine teste des lunettes de réalité augmentée pour les chiens
- Le gouvernement indonésien parie sur la réalité augmentée
JEUX VIDEO, eSPORT
- Comment un évènement e-sport a fait rayonner la région Occitanie
- L’étonnant succès des écoles d’e-sport
5G, 8K
- 5G : « La France est plombée par des grands groupes ayant du mal à engager leur transformation numérique »
- Pour rassurer sur la 5G, le gouvernement renforce les contrôles d’exposition aux ondes
- Samsung dévoile un film en 8K tourné sur les smartphones Galaxy
TECH, STARTUPS, INNOVATION, TRANSFO NUM
- La startup Indienne Razorpay entre dans le cercle fermé des licornes
- Uber, Lyft : Ce que les élections américaines pourraient changer pour la « gig economy »
OUTILS
Ours is aimed at members. It displays each week’s field guide, kind of like a magazine cover. The Athletic’s is pretty good, too, just their top story at the moment. pic.twitter.com/kjmtsLNzGb
— Zach Seward (@zseward) October 14, 2020
ES avec Laure Delmoly, Kati Bremme & Mathilde Caubel
Crédit photo de Une : Glen Carrie, Unsplash
[Étude] Quel impact du coronavirus sur le milieu journalistique ?
Par Laure Delmoly, MediaLab de France Télévisions.
Les journalistes et professionnels des médias ont subi de nombreuses pressions durant la première vague du covid-19 : psychologiques, économiques et sanitaires. L’infodémie a rendu leur travail d’information de plus en plus complexe.
Mais au delà de ces difficultés se dessine une opportunité importante, celle de ré-inventer un métier en crise de sens depuis de longues années. Epuisés, les journalistes affirment être aussi plus impliqués dans leur travail et davantage à l’écoute de leur public.
Une enquête mondiale – 1406 répondants répartis dans 125 pays – réalisée par l’ICFJ et le Tow Center for Digital journalism de l’Université Columbia rend compte de ces évolutions.
Des conditions de travail de plus en plus difficiles
1L’impact psychologique de la crise sanitaire
Les journalistes ont été exposé quotidiennement à des gens en souffrance, à la mort et à des services hospitaliers saturés. Ils ont pris des risques dans un contexte où le respect du protocole sanitaire n’était pas toujours possible.
- 70% des répondants estiment que couvrir les 6 mois de pandémie a eu un impact sur leur santé mentale.
- 30% des répondants déclarent que leur employeur ne les a pas équipé de protection suffisante pour se rendre sur le terrain.
2Un secteur sous pression économique
Le secteur journalistique a subi de plein fouet la crise. Les licenciements se multiplient depuis le début de la pandémie ainsi que les plans d’austérité.
- 67% affirment que la pandémie a accru leur insécurité financière.
- 17% des répondants affirment leur employeur a connu une baisse de revenu de 75% ( et 43% plus de la moitié de ses recettes)
- 18% des répondants déclarent que leur employeur a demandé une aide d’urgence.
- 7% affirment que leur média a cessé toute édition print et 11% qu’il a réduit son activité print.
3Des journalistes de plus en plus harcelés
Les journalistes ont subi des menaces accrues dans la couverture de la pandémie. Ces menaces incluaient du cyber-harcèlement via des attaques de sécurité, des vols de données et de la surveillance en ligne.
- 20 % des journalistes estiment qu’ils ont subi davantage de menaces qu’auparavant.
Un tsunami de désinformation
1Peu de transparence de la part des sources
Dans un contexte de crise où l’enjeu politique est fort, les sources des journalistes ne sont pas forcément fiables.
- 46% des répondants identifient les politiciens et les élus comme des sources principales de désinformation
- 48% des répondants affirment que leurs sources avaient peur des représailles en se confiant à la presse.
2Un contexte d’infodémie
Les journalistes doivent faire face à une explosion de la désinformation. Cette infodémie augmente leur charge de travail. Ils doivent vérifier systématiquement toutes les fake news afin de les sourcer et de les corriger.
- Plus ⅓ des répondants (35%) déclarent avoir fait face à de la désinformation plusieurs fois par semaine et 28% estiment y avoir fait face plusieurs fois par jour.
- ⅔ des répondants (66%) affirment avoir fait face à de la désinformation sur Facebook et presque la moitié sur Twitter (42%).
- Plus d’⅓ (35%) ont mentionné avoir reçu des fausses informations via WhatsApp
- 22% ont identifié des fake news sur YouTube.
3Une collaboration difficile avec les plateformes sociales
Le travail de vérification ne s’arrête pas là. Les journalistes signalent les fake news auprès des plateformes sociales, principales propagatrices de cette désinformation. Un travail considéré comme assez vain puisqu’en général ces plateformes ne réagissent pas.
- 82% des répondants déclarent avoir signalé une fausse information à au moins une des plateformes sociales durant la pandémie.
- 46% des répondants se déclarent insatisfaits de la réponse des plateformes en cas de signalement.
Un métier journalistique qui retrouve du sens
1Contribuer à plus de transparence et de démocratie
Mais cette crise, aussi difficile soit-elle, a contribué à ré-injecter du sens dans le métier de journaliste. Les journalistes se sentent davantage impliqué dans leur métier avec deux missions principales : combattre la désinformation et vulgariser une information scientifique complexe dans un contexte de panique générale.
- 67% expriment le besoin d’être formés à la vérification de l’information.
- 66% veulent être formé au domaine de la santé et de la médecine.
2Co-construire les sujets avec le public
Les journalistes – assignés à résidence par le confinement – ont davantage fait appel au public et aux citoyens pour réaliser leurs sujets.
- 67% des répondants déclarent utiliser davantage les outils digitaux pour enquêter
- 31 % utilisent davantage les communautés en ligne pour construire des sujets
- 23% se servent de user generated content
- 11% misent désormais sur l’expertise des publics et des citoyens.
3Se mettre davantage à l’écoute
Touchés de plein fouet par la crise, les journalistes se sont mis davantage à l’écoute de leurs publics.
- 24% des répondants déclarent avoir travaillé davantage pour identifier les besoins des lecteurs.
- ¼ des répondants déclarent avoir obtenu plus de retours positifs sur leur travail
Le bilan de cette étude ?
Les journalistes sortent exsangues de cette pandémie mais valorisés. La confiance du public envers leur travail a augmenté. Un constat encourageant qui permettra aux professionnels de faire bouger les lignes d’un secteur qui n’a jamais été autant menacé.
Crédit photo de Une : Etienne Godiart, Unsplash.
Heidi.news : quand une start-up media fait preuve d’agilité durant la pandémie
Apporter une expertise à haute valeur ajoutée
Dès son lancement, Heidi.news a misé sur un traitement de l’information par des « ultra-spécialistes ». Une des clés de la réussite durant la crise fut la capacité du média à proposer des articles prospectifs à haute valeur ajoutée qui font événement et répondent avec expertise aux questionnements du grand public.
« Ces articles commençaient souvent avec un « pourquoi » ou un « comment » en titre et étaient illustrés d’un graph, essentiel pour aider à la visualisation de sujets complexes. Aujourd’hui, lorsque l’on revient sur certains de ces articles, ils semblent évidents, mais avant même le confinement titrer « pourquoi il ne faut pas espérer un retour à la normale dans les prochains mois » ou « Italie ou Suède, pourquoi il n’y a ni mauvais élève no premier de la classe » lorsque l’Italie était pointée du doigt et la Suède portée aux nues était très surprenant voire à contre-courant », a expliqué Paul Ackermann.
Cette expertise, Heidi.news l’a mise au service du plus grand nombre en partageant certain de ces papiers gratuitement en signalant leur caractère nécessaire dans le débat public.
Il y a un an et demi, on partait sur un site spécialisé à destination des universitaires. C’est aujourd’hui un média qui utilise l’expertise universitaire pour répondre au grand public.
Durant la crise, Heidi.news a mis à disposition gratuitement des articles jugés importants pour le débat public. Image : Heidi.news
S’adapter au public
Le site d’Heidi.news offre la possibilité à ses abonnés de poser une question à la rédaction via son site web. Cette fonctionnalité est devenue « un moteur » durant le confinement.
Une des pierres angulaires du journalisme, c’est d’être à l’écoute du lecteur. Si on n’a pas d’input direct du lecteur, on peut essayer de se mettre à sa place. Il n’y a pas de meilleur moyen pour cela que de lui confier le choix des sujets que l’on va couvrir dans ce genre de période.
Selon Paul Ackermann, ce fut un service utile rendu aux abonnés et le succès d’audience a dépassé largement leur nombre.
Réinventer l’existant
La réinvention de sa newsletter du soir est un autre exemple de la flexibilité dont Heidi.news a su faire preuve.
Avant la crise, « Le Point Sciences » était envoyé d’une université différente chaque soir.
Au premier jour du confinement, il a été transformé en deux jours en newsletter spécialisée envoyée chaque soir d’un hôpital différent, baptisée « Le Point Coronavirus ». Cela a permis au journal d’être au plus près de la vie hospitalière, de recueillir des témoignages de soignants, de directeurs, de chercheurs…
À la fin du confinement, la newsletter fut repackagée « Sortir de la crise », avec un accent mis sur les sciences, l’économie, la santé, l’éducation et la culture, cinq domaines particulièrement impactés par la crise. Des pigistes spécialisés ont été recrutés en une semaine pour le projet.
La newsletter du soir n’a pas fini d’évoluer. Il sera bientôt possible de s’abonner à cinq newsletters hebdomadaires spécialisées sur les cinq secteurs précédemment cités.
« On continuera de suivre les effets de la crise, mais ces newsletters vont certainement devenir de plus en plus généralistes sur l’actualité de ces domaines particuliers » a annoncé le rédacteur en chef.
Grâce à cette réinvention permanente, la newsletter du soir a quadruplé ses abonnés, passant de 3’000 à plus de 11’500 inscrits depuis le début de l’année.
Chez Heidi.news, la ligne éditoriale des newsletters s’adapte en fonction de l’actualité et contribuent au succès du média. Image : Heidi.news
La newsletter matinale, plus généraliste et envoyée d’une ville différente du monde tous les matins, est aussi un succès depuis le lancement d’Heidi.news. À l’occasion des élections aux États-Unis, elle est envoyée d’une ville américaine différente ce mois-ci.
Enfin, le média vient de lancer une newsletter envoyée le dimanche soir qui résume à ceux qui y sont inscrits ce qui s’est passé durant le weekend et de permet de se préparer aux sujets importants de la semaine à venir.
Diversifier son offre éditoriale
Depuis le début et particulièrement durant la crise du coronavirus, le journal a cherché à développer de nouveaux produits éditoriaux, avec de nouveaux projets chaque mois : data journalisme, interviews vidéo d’épidémiologistes sur YouTube ou encore une newsletter audio automatisée reprenant celle du matin.
Paul Ackermann s’est félicité de la réactivité et du dynamisme des équipes d’Heidi.news, composée de 4 personnes pour le marketing et l’administratif, 12 journalistes et une quinzaine de pigistes et 3 développeurs sont 2 externes. « Nos développeurs sont peu nombreux, mais très réactifs. On sort des projets en quelques jours. Il y a beaucoup moins de freins que dans une grande rédaction », a-t-il affirmé.
Heidi.news a par ailleurs fait le pari des réseaux sociaux.
Sur Instagram, le média a revu sa stratégie. Si les Stories sont toujours présentes, l’accent est mis sur le fil d’actualité avec des photos reprenant le titre de l’article ou avec des carrousels qui résument un article de fond en brève de 3 informations.
Alors que l’on pourrait croire que toute l’info est dite avec ce type de format, on a noté une grosse augmentation du trafic venant d’Instagram. Depuis quelques mois, on constate qu’il y a des personnes qui s’informent sur la plateforme et qui ne sont pas là pour regarder uniquement des photos.
Le média expérimente aussi TikTok, en redécoupant ses vidéos Pop Sciences ou des interviews d’experts pour le moment.
Là encore, le bilan est réjouissant. Le taux d’engagement a explosé durant le confinement, ce qui a permis de franchir un palier en followers désormais acquis. C’est sur Instagram que le nombre d’interactions sociales par post est le plus élevé, suivi par Facebook, mais en termes de clics par post, Facebook domine encore.
Trouver les bons partenaires et de nouvelles sources de revenus
Grâce à son positionnement de référence, Heidi.news a pu trouver des partenaires et des fonds pour développer des projets originaux, lancés avant la crise du Covid.
L’émission vidéo Pop Science qui utilise les codes de la pop culture pour expliquer les bases de grands concepts scientifiques est financée par trois fondations suisses visant à promouvoir la science auprès des jeunes.
Heidi.news a été mandé par le canton de Genève et la Confédération pour créer Geneva Solutions.news, une plateforme d’information journalistique sur la Genève internationale, lancée en août 2020.
Enfin, grâce à la fondation du domaine de Villette, Heidi.news propose un abonnement Jeunes à prix libre, afin que les moins de 26 ans puissent bénéficier d’un accès des jeunes à une information de qualité.
Loin d’avoir coulé la jeune start-up, la crise a permis à Heidi.news de s’installer dans le paysage médiatique suisse et français. Les chiffres d’audience témoignent du passage d’un palier de notoriété.
« C’est plus qu’un pic, c’est un acquis sur lequel on va pouvoir travailler », a conclut Paul Ackermann.
Par Barbara Chazelle, collaboratrice scientifique à l’Académie des Médias et du Journalisme (AJM) de l’Université de Neuchâtel. Billet originellement publié sur la plateforme de l’EJO et présenté dans le cadre d’un partenariat avec Méta-Media.
Crédit photo : Patrick Perkins, Unsplash
Liens vagabonds : à l’approche des élections, Facebook bannit QAnon et met en place un moratoire sur les publicités à visée politique
Facebook vs QAnon – Facebook annonce que les comptes en lien avec QAnon seront dorénavant bannis de ses plateformes. Au même titre que Twitter, Facebook (et par extension Instagram) luttent contre la propagation des publications servant le méta-complot de l’ère Trump, notamment en supprimant des comptes, pages et publicités. Mais malgré ce combat, des spécialistes de la Columbia Journalism Review alertent sur le fait que l’ère des « faits alternatifs » et de QAnon pourrait perdurer bien après les élections.
Elections US & publicités – Après Google, Facebook annonçait qu’il supprimerait toutes les publicités mentionnant prématurément une victoire de Donald Trump. Le réseau social est revenu cette semaine sur son annonce pour étendre cette décision à toutes les publicités à visée politique. Tout comme chez Google, la durée du moratoire imposé par Facebook sera fixée à une semaine à partir de la fin du scrutin, afin de « réduire les possibilités de confusion ou d’abus » pendant le dépouillement des votes.
@realDonaldTrump – Suite au communiqué de presse annonçant son test positif au Covid-19, le président américain a une mis en scène son rétablissement en un temps record sur Twitter. Alors que Twitter rappelait qu’il était illégal de souhaiter la mort de quelqu’un sur la plateforme la guérison « miraculeuse » de Donald Trump est vite devenue virale. En fin de semaine, Facebook et Twitter ont bloqué un message de Donald Trump sur le Covid-19 dans lequel il affirmait que ce virus était moins dangereux que la grippe saisonnière. La porte-parole de la Maison Blanche, Kayleigh McEnany, testée positive également et les correspondants expriment leur colère sur les réseaux sociaux face à l’absence de mesures pour les protéger.
Cette semaine en France
- Droit voisin : la justice valide l’obligation pour Google de négocier avec la presse française.
- Le colloque « Numérique et Environnement, faisons converger les transitions »
A RETENIR CETTE SEMAINE :
3 CHIFFRES
- En moins de 3 semaines, plus de 10% des foyers des pays nordiques se sont abonnés à Disney+
- Les recettes publicitaires d’Instagram (20 milliards de dollars l’an passé) représentent 30% des revenus de Facebook
- 11 millions de français utilisent TikTok tous les jours, avec une durée d’utilisation quotidienne d’une heure en moyenne (Source: Bloomberg)
LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE
Vous trouverez plus d’infographie sur Statista</a
NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS / LONG READ
- Cyberpunk 2020 : comment nous sommes tous devenus des hackers
- Le journalisme est confronté à une crise de confiance. Les journalistes se divisent en deux camps pour trouver une solution.
- Pourquoi les médias se mettent eux aussi à TikTok
DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION
- « Les plates-formes du Web ne produisent rien mais s’approprient l’essentiel des revenus »
- « Mèmes décentralisés », ou l’humour Web qui se moque autant de Paris que de la province
DONNEES, CONFIANCE, LIBERTE DE LA PRESSE, DESINFORMATION
- La justice de l’UE s’oppose à la collecte massive des données de connexions Internet et téléphoniques par les Etats
- Microsoft ne doit plus gérer les données de santé des Français, alerte la Cnil
- Deux tiers des Britanniques affirment que la pandémie de Covid-19 leur a fait apprécier le journalisme davantage
LEGISLATION, REGLEMENTATION
- Propriété intellectuelle, responsabilité, éthique… La future législation européenne sur l’IA se précise
- Droits voisins : Google sommé de continuer à négocier avec les éditeurs français
- Le rapport antitrust sur les technologies de la Chambre des représentants des États-Unis sur le pouvoir judiciaire appelle à des changements juridiques radicaux
JOURNALISME
- Avec News Showcase, Google veut apaiser les tensions avec la presse
- « La télévision n’a jamais autant produit de documentaires – en dépit du journalisme »
- Les journalistes pigistes auront enfin droit à un vrai congé maternité
- JSafe : une nouvelle application américaine permet aux journalistes de lutter contre le harcèlement et les agressions
STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS
- Le Washington Post utilise une carte interactive pour sensibiliser à la recrudescence des décès liés au Covid-19
- Covid-19: Le New York Times lance une timeline permettant de suivre l’évolution du cluster de la Maison Blanche
ENVIRONNEMENT
- Les pistes du gouvernement pour réduire l’empreinte environnementale du numérique
- Des sénateurs veulent interdire les vidéos lancées automatiquement au nom de l’écologie
- Ecologie : le monde de la publicité reste inquiet
RÉSEAUX SOCIAUX / MESSAGERIES
- Instagram rend l’archivage des stories plus clair et lance une nouvelle fonctionnalité anti-harcèlement
- Modération : Twitter accusé d’avoir «deux poids, deux mesures»
- Triller ne lésine pas sur les moyens pour attirer les stars de TikTok
STREAMING, OTT, SVOD
- Netflix US : la polémique autour de la promotion du film français « Mignonnes » continue
- La vidéo à la demande casse les prix pour prolonger l’engouement du confinement
- Un investisseur appelle Disney à suspendre ses dividendes pour doper le streaming
- Le dernier Pixar, « Soul », sortira directement sur Disney + sans passer par la case cinéma
AUDIO, PODCAST, BORNES
- L’éditeur Bababam veut sortir le podcast de sa niche
- Découvrez « Dans ses yeux », un podcast pour changer de regard sur les personnes déficientes visuelles
- Le Figaro déploie sa stratégie de podcasts avec Ausha
DATA, AUTOMATISATION, INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, BLOCKCHAIN
- Nvidia dévoile Maxine, un service de visioconférence géré par une Intelligence Artificielle
- La médecine augmentée, une disruption accélérée par la crise sanitaire
- Blockchain : Google rejoint le réseau de la cryptomonnaie EOS
MONETISATION, MODELE ECONOMIQUE, PUBLICITE
- YouTube dit contribuer à 515 millions d’euros au PIB français
- Utiliser sa base de données de courrier électronique pour générer des revenus supplémentaire : un quotidien américain à générer 140 000 dollars pendant la pandémie COVID-19
IMMERSION, 360, VR, AR
- C’en est fini de Daydream VR, la plateforme de réalité virtuelle mobile de Google
- ISS : une sortie extravéhiculaire va être filmée à 360° pour devenir une expérience en VR
JEUX VIDEO, eSPORT
- Le Rapport de Streamlabs & Stream Hatchet Q3 sur l’industrie du Live streaming
- Among Us, ce petit jeu obscur qui pulvérise tous les records sur Twitch
- ARTE lance une émission sur le jeu video sur Twitch
5G, 8K
- Les enchères de la 5G rapportent 2 786 milliards d’euros à l’Etat et placent Orange devant ses concurrents
- Orange lance ses premières offres 5G
TECH, STARTUPS, INNOVATION, TRANSFO NUM
- Y a-t-il un risque à coloriser le passé sur YouTube ?
- « Arvind Krishna a la lourde tâche de tirer IBM du monde du sommeil profond »
OUTILS
ES avec Laure Delmoly, Kati Bremme & Mathilde Caubel
Crédit photo : David Todd McCarthy, Unsplash
Le Covid, accélérateur des mutations du journalisme
Par Laure Delmoly, MediaLab, France Télévisions
Le covid balaye toutes les autres actualités. Les journalistes retournent aux fondamentaux du métier : expliquer, enquêter et vérifier l’information. Sous contrainte sanitaire, leurs pratiques journalistiques évoluent. Deux tendances de fonds s’accélèrent : l’émergence d’un journalisme de solution et la co-construction de l’information avec le public.
Réunis, il y a quelques jours à Tours lors des Assises internationales du journalisme, les professionnels des médias ont dressé un premier bilan de la couverture de six mois de pandémie.
Une seule actu : le covid
Pour la première fois, l’actualité covid balaye tous les autres sujets. Entre le 18 janvier et le 3 juillet 2020, le coronavirus SARS-CoV-2 fait l’objet de 8 466 sujets soit 50 sujets en moyenne par jour dans les JT de 20 heures. Cela constitue 60 % de l’offre d’information globale du 1er semestre 2020 en nombre de sujets. Les JT du 20h se rallongent. Leur durée totale passe de 59 heures et 16 minutes en janvier à 86 heures et 31 minutes en mars (+54 %).
Source : Etude INA
Pour Hervé Brusini, président du prix Albert Londres. “L’allongement de la durée des JT est symptomatique. L’enjeu est de retrouver un peu de rationalité via le travail journalistique. Le grand-rendez vous de 20h est restauré. C’est d’ailleurs aussi l’heure choisie pour applaudir les soignants”.
Pour Tristan Vey du service Science & Médecine du Figaro, “C’est historique d’avoir un sujet qui prend le pas sur toutes les autres actualités. Nous avons été mis au centre du village. On inaugurait la conférence de rédaction avec l’actualité de l’épidémie, de la recherche médicale et les décisions de santé publique. Cela permettait de donner les grandes directions au service politique et international.”
Mais comment gérer l’incertitude tout en étant encore journalistique ? Pour la première fois, face à la demande, les journalistes d’info et scientifiques parlent de la recherche de résultats et non des résultats. “La recherche c’est la quête du consensus. En général, on ne suit pas cette cette recherche en train de se faire et les controverses qui en découlent” explique Nicolas Martin, producteur de la Méthode Scientifique sur France Culture.
Comment ce travail est-il perçu par le public ? L’Etude Viavoice effectuée pour les Assises en partenariat avec Radio France, France Télévisions, France Médias Monde et le JDD révèle que 60% des personnes interrogées estiment que la place accordée à la crise sanitaire est trop importante. 43% jugent que les médias ont alimenté le peur du virus et un tiers qu’il ont utilisé cette peur pour faire de l’audience. Et pourtant, une grande majorité, 67% des Français interrogés, reconnaissent que l’information leur a été utile pour leur vie quotidienne.
Et Hervé Brusini de commenter “En France, on a surtout vu la statistique, le chiffre. La mort s’invitait tous les jours dans les foyers à l’heure du JT avec le décompte.”
Source : Sondage ViaVoice
Un retour aux fondamentaux du métier
- Vérifier
Comme tout le monde durant cette période, j’ai reçu beaucoup d’informations erronées sur WhatsApp et sur YouTube. Une des missions du service public est de lutter contre la désinformation et de contribuer à ce que le pays reste une démocratie” explique Laurent Guimier, directeur de l’information de France Télévisions. Dans une période d’infodémie, le rôle des journalistes est de vérifier les informations. Les rédactions se livrent à du factcheking dans des rubriques dédiées mais également au sein des live. « Durant les six derniers mois on a fait plus de 1.500 factchecks » commente Marc Braibant directeur adjoint de l’information à l’AFP, en charge de la gestion de crise.
Source : AFP
- Expliquer
Le public veut comprendre. L’immobilité forcée imposée par le confinement redonne toute sa place au temps long, celui de l’analyse.
“J’ai été surpris par cette appétence des gens pour des sujets complexes. Beaucoup de lecteurs achetaient à l’unité des articles de fonds” explique Tristan Vey du Figaro. Au delà du décryptage, les Français souhaitent des informations utiles. « Nous avons fait un questionnaire en ligne pour demander aux lecteurs ce qu’ils attendaient de nous. Leur réponse : Soyez clairs. On veut savoir quelles sont les mesures prises sur nos territoires et les conséquences sur notre vie quotidienne« explique Damien Allemand de Nice Matin. Les rubriques « on vous répond » se multiplient dans tous les médias.
- Recourir à des experts
Pour la première fois, les journalistes se rapprochent de la parole scientifique.
“En tant que journaliste scientifique, j’avais déjà l’habitude d’aller chercher des signataires d’études, mais ce que cette pandémie a montré c’est qu’il y a un besoin urgent de former les journalistes généraux à l’actualité scientifique comme on le fait déjà pour le sport et la politique dans les écoles de journalisme. ” explique Nicolas Martin, rédacteur en chef de la Méthode Scientifique sur France Culture et à l’origine de la chronique “radiographie du coronavirus”, une chronique quotidienne autour de la recherche et de l’évolution du virus.
Les journalistes se constituent des réseaux d’experts qu’ils peuvent consulter à tout moment et inversement si il y a des choses importantes à signaler. « Nous nous sommes positionné comme des personnes ressources pour la rédaction d’info géné » ajoute Nicolas Martin.
Les pratiques journalistiques évoluent
- Divertir & instruire
L’objectif des professionnels des médias durant cette période ? Maintenir le lien social, instruire et divertir. Le Monde crée ainsi un « slow live » en complément du live d’actu covid où de nombreux sujets sont abordés via des invités : cuisiniers, psychologues, auteurs. Le producteur Jamy Gourmaud, très sollicité par les enseignants durant le confinement – lance sa chaîne YouTube en mi-Mars avec pour objectif de raconter un savoir par jour en une minute. Au total : 55 capsules seront produites pendant les 55 jours de confinement. La chaîne compte aujourd’hui 620 000 abonnés.
- Le journalisme de solution
- Le journalisme de solution vient donner un complètement salutaire à cette actualité anxiogène. Le journal Paris Normandie donne ainsi des informations de proximité utiles : contacts de ceux qui fabriquent des masques, lieux qui fournissent des douches pour les chauffeurs routiers. De son côté, Nice Matin lance l’application Coronaide durant le confinement. Le principe : proposer une aide aux personnes vulnérables ou en première ligne comme faire les courses ou promener le chien. Au total : 30 000 téléchargements de l’application et une mine d’or de sujets pour les journalistes de la rédaction.
- Une co-construction de l’information avec le public
Les journalistes qui ne peuvent pas forcément se rendre dans les hôpitaux saturés font des appels à témoin en ligne. Ils sont alors submergés de témoignages. Cet afflux d’information leur permet de faire émerger des sujets auxquels ils n’avaient pas penser. Nous avons fait un appel à témoin en ligne d’anesthésistes, de médecins réanimateurs et nous avons reçu des dizaines de milliers de témoignages.
« On s’est rendu compte qu’il y avait un vrai besoin de la part des soignants de libérer la parole” , explique Tristan Vey du Figaro. La parole des soignants fait irruption dans les conférence de rédactions afin de co-construire l’information.
Le bilan de ces assises ?
La pandémie s’est révélée être un incubateur de tendances préexistantes dans le métier. Le désintérêt des Français pour les médias a laissé place à une demande viscérale d’information. Mais les réponses n’étaient pas forcément là. Pour la première fois, les journalistes n’étaient plus seulement témoins mais victimes et tout aussi peu préparés que le public à cette pandémie. Un contexte extra-ordinaire qui a contribué à les rapprocher.
Et Laurent Guimier de conclure :“La pandémie a modifié durablement la relation des journalistes avec leur public. Cette proximité est positive, à nous de la faire perdurer dans le temps.”
Crédit photo de Une : Assises du Journalisme de Tours.
Liens vagabonds : mobilisation des experts, plateformes et médias pour sauver les élections américaines
Elections US & réseaux sociaux – Que faire si Trump se déclare vainqueur le jour J ? L’élection du 3 novembre pourrait être contestée et durer des semaines. Les experts politiques mettent à disposition des ressources pour les journalistes avec recommandations et bonnes pratiques. Le NYT demande aux plateformes de formaliser des normes transparentes de désinformation. Le premier débat présidentiel a été perçu par les internautes comme le pire débat de tous les temps. Voici quelques réactions sur Twitter.
Elections US et deepfakes – Des deepfakes générées par l’IA mettant en scène Poutine et Kim-Jong Un sont utilisées dans une campagne publicitaire politique – non pour ruiner les élections US mais pour souligner l’importance d’un processus démocratique. Réalisées RepresentUs en partenariat avec une agence de communication, voici le discours généré par l’IA “L’Amérique n’a pas besoin de notre intervention pour disrupter ses élections, elle le fera elle-même”.
Télétravail & vidéo conférence – Suite à la reprise de la pandémie, le télétravail est à nouveau privilégié par rapport au présentiel. Les services de video conférence évoluent avec ce nouveau paradigme Google Meet fait sauter les limites de temps et ajoute des fonctionnalités de questions-réponses et de sondage, Teams crée une fonctionnalité de “daily commute” pour nous rappeler le monde d’avant. Conscients de la fatigue générée par les écrans, des patrons accordent un « break zoom » de quelques jours à leurs salariés.
Cette semaine en France
Tous unis pour le Liban – Le replay du concert organisé par Ibrahim Maalouf en soutien aux victimes de l’explosion au Liban.
Assises du journalisme de Tours – « Informer au temps du covid », conférences, débats et cartes blanches.
Roland Garros 2020 – Du Tennis augmenté grâce au dispositif technologique de France Télévisions. Et Nelson Monfort un peu trop bruyant alors que les gradins sont vides.
A RETENIR CETTE SEMAINE
3 CHIFFRES
- Un quart des adultes américains s’informe sur YouTube (Source : Pew Research Center)
- 10 milliards de video sont vues sur Snapchat chaque jour (Source : Snapchat)
- 33% des Américains n’ont pas du tout confiance dans les médias
LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE
Vous trouverez plus d’infographie sur Statista
NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS / LONG READ
- La plupart de ceux qui s’informent sur YouTube n’y voient aucun problème
- Comment les démocraties peuvent reprendre le pouvoir dans le monde numérique
- Le nombre de blessés parmi les “pickers” Amazon augmente
DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION
- Télévisions : la prise de pouvoir du streaming sur le modèle traditionnel publicitaire
- Google s’engage à verser 1 millard de dollars aux éditeurs sur les 3 prochaines années
- Comment Google et Facebook compromettent l’indépendance des médias avec leur système de dons
- Le cinéma engage un bras de fer avec les plateformes
DONNEES, CONFIANCE, LIBERTE DE LA PRESSE, DESINFORMATION
- La campagne Biden accuse Facebook de pire propagateur de désinformation
- Pour la plupart des annonceurs, un engagement de Facebook de lutte contre la désinformation suffirait à les faire revenir
- Les Américains se montrent peu confiants envers les médias de masse
- Une étude de Cornell University montre que Trump est le plus gros propagateur de désinformation
- Avec Trump testé positif, la guerre de l’info sur le Covid entre dans une phase assez inquiétante
LEGISLATION, REGLEMENTATION
- Louie Media et la Scam s’accordent sur le droit d’auteur
- Au Philippines, Duterte menace de bannir l’utilisation de Facebook
- « Il est du ressort de l’Etat de faire respecter les lois en matière d’embauche, de salariat et de travail des journalistes »
JOURNALISME
- Fox News utilise le mot haine beaucoup plus souvent que CNN ou MSNBC
- Comment le gouvernement peut aider le journalisme local tout en lui garantissant une indépendance éditoriale
- Le Washington Post supprime un tweet sur Trump suite à son diagnostic positif au Covid
- Trump, au plus bas dans les sondages, intensifie ses attaques contre le processus électoral et Facebook ne réagit pas
- Informer aux temps du Covid : édition spéciale aux Assises du journalisme à Tours
STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS
- Une carte sonore qui permet d’écouter les forêts du monde
- Les éditorialistes du New York Times donnent leur avis sur le débat présidentiels US.. et les lecteurs sont encouragés à faire de même via un formulaire
- Le « streamgraph » s’impose pour visualiser les victimes du coronavirus dans le monde
- Nouvelle appli participative pour contrôler l’action des élus locaux à Lille, Lyon, Nantes et Toulouse
- Un mini-docu très efficace du NYT sur l’incapacité des Etats-Unis à enrayer l’épidémie de Covid
- Le Googledoc d’un scientifique avec toutes les informations sur la transmission Covid
- Recréer des produits éditoriaux avec une fin, pourquoi c’est important
ENVIRONNEMENT
- Now This crée Now This Earth
- Le débat télévisé présidentiel était un désastre …et le sujet du climat fut abordé
RÉSEAUX SOCIAUX / MESSAGERIES
- A la rencontre de la Génération Snapchat
- LinkedIn fait peau neuve et lance plusieurs nouvelles fonctionnalités
- La magie de TikTok tient à son côté “authentique”
- Succès TikTok : la vie racontable de la YouTubeuse Emma Chamberlain
STREAMING, OTT, SVOD
- Brut veut se lancer dans la vidéo payante à la Netflix
- Disney permet désormais à 7 personnes de regarder un show en simultanée. Les spectateurs peuvent réagir avec des emoji mais ne peuvent pas chatter
- Face aux plateformes, Arte.tv lance une nouvelle offre “séries” à contre-courant
AUDIO, PODCAST, BORNES
- Google lance Nest Audio speaker, l’avenir de Google Home
- Les femmes indiennes privées d’intimité et de temps à cause du confinement trouvent du réconfort dans le format podcast
- Le podcast de Michelle Obama disponible sur les plateformes
- Noa, l’appli irlandaise qui réinvente la revue de presse à l’heure du podcast
DATA, AUTOMATISATION, INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, BLOCKCHAIN
- OpenAI donne à Microsoft un accès exclusif à son modèle de langage GPT-3
- Le livre blanc sur les sujets clefs de l’IA dans l’entreprise par Hub France IA
- “Nous ne sommes pas prêts pour l’IA” délcare Regina Barzilay, professeur au MIT
- Ces photos troublantes montrent que l’IA devient de plus en plus intelligente
MONETISATION, MODELE ECONOMIQUE, PUBLICITE
- Un grand quotidien suédois sur le point d’engranger son meilleur résultat depuis les années 90 grâce à un modèle économique basé sur l’essai gratuit
- Condé Nast France crée une direction des revenus transverse au groupe
- Pas beaucoup de nouveaux formats publicitaires : les acheteurs réticents à l’innovation
- Une bonne résilience du modèle basé sur l’abonnement en cette période de pandémie
- Publicité sur internet : le compte à rebours sur les «cookies»
IMMERSION, 360, VR, AR
- Google Map intègre de la réalité augmentée
- La télévision suédoise intègre l’AR dans sa couverture du football
JEUX VIDEO, eSPORT
- Minecraft, un terrain de jeu pour les professionnels de l’IA
- Mario Kart en réalité augmentée
- Pas de répit pour Epic Games dans sa bataille contre Apple
5G, 8K
- La révolution 5G est en cours en Afrique
- Vous ne voulez pas d’une TV 8K, vous n’aurez bientôt plus le choix
- L’impact du Covid sur le marché de la 8K
TECH, STARTUPS, INNOVATION, TRANSFO NUMERIQUE
- Palantir, la licorne la plus secrète du Big Data, entre en bourse
- Le Parisien accélère sa transformation numérique
OUTILS
ES avec Laure Delmoly & Kati Bremme