[Étude] Le changement climatique vu par les médias

Par Diana Liu, MediaLab de France Télévisions

Dans l’étude « Comment les médias traitent-ils du changement climatique », parue en juillet 2020, l’association Reporters d’Espoirs constate que la prise de conscience des enjeux environnementaux et climatiques des Français s’accompagne d’une médiatisation qui est certes croissante, mais pas encore à la hauteur des enjeux.

En 2019, l’environnement était devenu la première source d’inquiétude des Français. Même en pleine pandémie, le changement climatique est resté en tête des sujets les plus préoccupants. Cependant, une majorité des Français estiment que le sujet est « mal traité » par les médias, qui n’auraient pas suffisamment parlé de certains événements, comme les feux de forêt en Amazonie. Ils sont également à la recherche d’actions concrètes : 75% des Français considèrent qu’il reste beaucoup de solutions à mettre en œuvre.

Source : Kantar et La Croix

L’étude propose un état des lieux de la place de l’environnement et du climat à la télévision, à la radio et dans la presse écrite à partir d’un échantillon de médias français généralistes sur des périodes significatives entre 2010 – 2019. À retenir : la progression importante de la thématique environnementale, le besoin de davantage de contextualisation climatique des sujets environnementaux et l’importance, au-delà du constat des problèmes, d’exposer des solutions concrètes.

La thématique environnementale progresse dans tous les médias, avec une implication particulièrement forte de la presse quotidienne nationale

Au cours des dix dernières années, nous avons assisté à une croissance importante de la couverture médiatique du climat dans les segments d’information les plus visibles des grands médias généralistes. Sur les journaux télévisés du soir de TF1 et France 2, la part dédiée à l’environnement a presque été multipliée par trois (de 5 % à 17,3 % pour TF1, et de 5 % à 12,4 % pour France 2). La presse écrite nationale a également connu une évolution importante, de 0,57 % d’articles évoquant le terme « climatique » en 2010 à 3,80 % en 2019.

Source : Reporters d’Espoirs

La COP21 à Paris en 2015 s’est avérée un tournant dans le traitement du climat, avec un bond exceptionnel dans la presse écrite nationale (de 0,47 % en 2014 à 1,29 % en 2015), qui après 2015 a continué à miser sur le sujet. En 2019, 5 % de la production éditoriale du Monde évoquent le climat. Aujourd’hui, c’est la presse quotidienne nationale qui est le média d’information le plus impliqué sur le climat.

Source : Reporters d’Espoirs

Au sein des chaînes d’information en continu, 2 % des sujets sur la tranche d’actualités du jour sur France Info font référence au climat, et 13,2 % font référence à l’environnement. Quant à BFMTV, 1,9 % des sujets sur la tranche 20h-21h animée par Alain Marschall font référence au climat, et 20,4 % des sujets font référence à l’environnement.

Quant à la radio, elle a encore du chemin à faire. On aperçoit une part faible ou presque inexistante du climat dans la tranche info : 1,3 % des sujets du journal de 8h de France Inter évoquent le changement climatique, contre 0,9 % pour le journal du 8h de RTL et 0 % pour le journal de 8h de RMC. Le climat semble être cantonné aux interviews et aux chroniques spécialisés — en effet, le sujet est davantage abordé dans les chroniques du matin.

Source : Reporters d’Espoirs

La contextualisation climatique des sujets environnementaux doit être améliorée

Malgré la progression de la couverture climatique dans les médias, l’étude constate que les sujets environnementaux peuvent être mieux intégrés dans le contexte du changement climatique par l’ensemble des médias examinés. En moyenne, moins de 1 % des sujets évoque le climat (ce chiffre monte à 2 % sur les chaînes d’info et à près de 5 % pour certains quotidiens nationaux). Le changement climatique est pourtant la préoccupation la plus importante pour les Français sur le long terme.

Source : Reporters d’Espoirs

Par exemple, dans le 20h de TF1, sur 73 sujets consacrés à l’environnement, 50 % des sujets comme la sécheresse en France, les feux en Australie ou les inondations à Venise auraient pu être expliqués dans le contexte plus large du climat. Un reportage sur l’annulation du mégaprojet Europacity abordé sur France 2 serait un exemple d’une « occasion manquée pour parler du climat », selon les auteurs de l’étude :

« Le sujet titre sur les « mégaprojets » sans les définir ni expliquer en quoi ils posent question [est problématique]. Il aurait pu être utile de rappeler leur définition, à savoir : « des projets qui transforment le paysage de façon rapide, intentionnelle et profonde sous des formes très visibles » et ce qu’induit en particulier Europacity sur les facteurs de changement climatique : perte de biodiversité et zones humides, artificialisation des terres […] »

Exposer des initiatives concrètes : vers un traitement plus « constructif » du climat

Bien au-delà du constat du problème, l’étude met aussi en exergue l’importance d’aborder les enjeux climatiques et environnementaux sous l’angle d’un journalisme de solutions. Un traitement plus constructif du climat peut responsabiliser les parties concernées et donner plus de visibilité à de nombreuses initiatives et innovations. De plus, il sert d’antidote contre la crainte ou le fatalisme que l’ampleur des changements climatiques pourrait susciter.

Les journaux télévisés et la presse quotidienne régionale sont des leaders dans ce journalisme de solutions autour du climat. 1 sujet sur 4 est « constructif » sur TF1 et 1 sujet sur 5 sur France 2 (les autres n’évoquent pas d’issue, ou bien uniquement une fatalité). L’étude remarque cependant que les sujets constructifs de ces JTs se concentrent essentiellement sur les initiatives écologiques individuelles et autonomes ; se pose alors la question de l’élargissement des types de solutions abordées.

Dans la presse quotidienne régionale, 27 % des sujets sur le climat adoptent un angle « constructif » (cela inclut des éléments de prospective, des déclarations d’intention, des initiatives et des décisions concrètes) versus 17 % dans la presse quotidienne nationale. La PQN est pourtant le média le plus impliqué dans la couverture climatique.

 

Bonnes pratiques pour traiter des questions climatiques

 

1S’informer avec les bonnes sources

 

Pour couvrir un sujet qui demande des compétences multiples, les journalistes peuvent s’appuyer sur les publications généralistes (le livre Tout peut changer de Naomi Klein, des newsletters sur l’actualité climatique comme Carbon Brief ou Climate Nexus) ainsi que sur la littérature scientifique (des rapports du GIEC, Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat). Ils peuvent également suivre des MOOCs (cours en ligne) et discuter avec des chercheurs du climat, comme ceux du CNRS.

2Présenter le sujet de manière objective, scientifique et transversale

Selon Isabelle Autissier, présidente du WWF France, « dire la vérité, c’est s’appuyer sur la science ». Au lieu des discours catastrophiques ou angéliques, il faut expliquer clairement la situation et la trajectoire sur laquelle nous sommes en matière de changement climatique.

Magali Payen, fondatrice de l’initiative « On Est Prêt », évoque l’importance de contextualiser le climat en le reliant à d’autres sujets, que ce soit l’environnement, la technologie, l’économie ou la justice sociale. « Je conseille aux journalistes de remettre ce sujet dans sa complexité, qui est beaucoup lié au système économique dans lequel on vit ».

3Apporter des solutions

Pour 81 % des Français, la médiatisation des sujets environnementaux et climatiques induit une prise de conscience du sujet ainsi qu’une modification des comportements — d’où l’importance d’exposer davantage de solutions à la crise.

Pour éviter que le public ne tombe dans la résignation face aux informations anxiogènes, les experts mettent en exergue l’importance d’apporter toute de suite des solutions — par exemple, en donnant la parole à ceux dont le travail permet d’atténuer l’impact du dérèglement climatique. Dans un domaine qui engage la responsabilité des acteurs de toute la société, et qui fourmille de nouvelles idées, initiatives et innovations, les médias, en mettant en lumière des solutions, y contribuent eux-mêmes.

Illustration : Markus Spiske sur Unsplash

 

 

Journalisme et pandémie : lourd bilan pour la liberté de la presse dans le monde

Par Mathilde Floch, MediaLab de France Télévisions

« Si la presse chinoise était libre, le coronavirus ne serait peut-être pas devenu une pandémie. » C’est en ces termes que  Reporters sans frontières (RSF) accusait le 24 mars dernier la Chine d’être directement responsable de l’ampleur de la crise sanitaire.

Une analyse de l’Université de Southampton publiée le même mois, et reprise par l’organisation internationale de défense de la liberté de la presse, indiquait  que le nombre de cas de Covid-19 en Chine aurait sans doute pu être réduit de 86 % si les mesures de lutte contre l’épidémie avaient été anticipées de deux semaines. Mais dans un pays classé 177e sur 180 pays (Classement mondial de la liberté de la presse 2020, établi par RSF),  la censure et le contrôle des médias ont vite empêché la libre circulation de l’information. 

En matière de violation du droit d’informer, aucun continent n’a été épargné durant la crise du Covid-19. Depuis le début de la pandémie, RSF a recensé des dérives dans 90 des 193 pays membres des Nations Unies. Les attaques contre les journalistes et médias indépendants prennent diverses formes, et surgissent même dans des pays pourtant considérés comme démocratiques. Une évolution soulignée par les nombreuses organisations de défense de la liberté de la presse dans le monde (US Press Freedom Tracker, Reporters Sans Frontières (RSF), le Comité pour la Protection des Journalistes (CPJ)…)

Une dégradation globale de la liberté de la presse dans le monde 

Récemment, et selon les données collectées par RSF (juin 2020) et son outil de suivi l’Observatoire 19, 47% des pays membres de l’ONU n’ont pas respecté le droit à l’information. 32 pays d’Afrique sont concernés, 27 dans la zone Asie-Pacifique et Asie centrale. Parmi les 10 pays comptabilisés sur le continent américain, 9 d’entre eux se situent en Amérique Centrale ou Latine. Cinq pays seulement ont été recensés à ce jour au Moyen-Orient, mais dans cette région, l’Iran cumule le plus grand nombre de violations : 28 journalistes indépendants ont déjà été convoqués par les autorités, mis en examen ou arrêtés depuis le début de la pandémie.

Cependant les démocraties ne sont pas en reste en matière de violation de la liberté de la presse : au sein même de l’Union européenne et de la région des Balkans, 14 pays ont été épinglés. En Allemagne et au Royaume Uni (respectivement classés 11e et 35e sur 180 dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2020 établi par RSF) des incidents ont été recensés, notamment l’attaque de journalistes lors de manifestations allemandes et l’attitude agressive du gouvernement britannique suite à la publication de certains articles traitant de la pandémie.

A crise exceptionnelle, dispositif exceptionnel

Durant la pandémie se sont développées des organisations spécifiques, chargées de recenser les atteintes portées à la liberté de la presse et d’alerter l’opinion publique.

RSF a ainsi lancé en mars dernier lObservatoire19. Dénommé en référence au Covid-19, et à l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, ce dispositif évalue les impacts de la pandémie sur le journalisme et fournit des recommandations pour faciliter l’exercice de ce métier.  Sur une carte et à l’aide d’articles, RSF relaie les entraves signalées par un réseau de journalistes et de correspondants partout dans le monde. 

En Angleterre existe l’Index of Censorship, une organisation à but non lucratif, qui défend la liberté d’expression dans le monde et référence les abus constatés. Plus de 150 entraves ont déjà été relevées, différentes de celles recensées par RSF, puisque les organisations n’ont pas les mêmes émissaires sur le terrain. Enfin le Reuters Institute for the Study of Journalism de l’Université d’Oxford résume cinq catégories d’atteinte à la liberté de la presse liées à la pandémie : législation d’urgence, l’obligation au patriotisme dans les reportages, restrictions de déplacements, l’utilisation abusive des lois sur la désinformation et les mesures de rétorsion pour les lanceurs d’alerte. 

Différentes formes des restrictions des libertés de la presse dans le monde 

Une des attaques les plus répandues est reliée à la mise en place d’un dispositif législatif d’état d’urgence. Ce dernier permet souvent une censure des informations sensibles pour le gouvernement et conduit à une réduction de la liberté des journalistes. Pauline Adès-Mevel, rédactrice en chef de RSF explique dans un entretien téléphonique avec Méta-Media cette « stratégie du choc » : les leaders politiques profiteraient du contexte d’apathie générale et de l’état de choc dans lequel se trouvent les populations face à le Covid-19 pour imposer leurs vues sur la façon dont le journalisme doit être exercé sur leur territoire. Ainsi au Cambodge, le gouvernement s’est doté de moyens légaux pour interdire la publication de toute information susceptible à ses yeux de générer des troubles. De nombreux pays sont concernés par ce schéma, comme le Salvador, la Thaïlande, l’Arménie…où des couvre feux et dispositifs de traçage ont été mis en place temporairement. Au Japon, une loi d’urgence (levée le 25 mai dernier) a placé le service public de radio-télévision NHK sur la liste des institutions auxquelles le gouvernement est autorisé à donner des « instructions », tandis qu’en Ukraine, la chaîne de télévision publique PBC a été privée d’un quart de son budget.

Les gouvernements limitent aussi l’accès aux sources d’information, réduisent les voyages et restreignent les accréditations. En Hongrie par exemple « le gouvernement a interdit aux hôpitaux publics et aux médecins de faire des déclarations aux journalistes. Seuls les attachés de presse des ministères ou le groupe de travail du gouvernement sur le coronavirus peuvent répondre aux  questions » explique Veronika Munk, rédactrice en chef adjointe d’Index.hu, un média indépendant très consulté dans ce pays (propos rapportés dans un article de larevuedesmedias.ina.fr, datant du 27 mai 2020). Le 25 mars 2020, RSF et huit autres organisations de défense des libertés avaient d’ailleurs appelé l’Europe à contester les mesures proposées par le premier ministre hongrois Viktor Orbán, dans une lettre ouverte.  En Grèce, une décision du ministère de la Santé publiée le 13 avril 2020 a interdit au personnel des hôpitaux de faire des déclarations aux médias, et a soumis tous les reportages des journalistes grecs dans les hôpitaux à un examen gouvernemental préalable. 

La lutte contre les Fakes News, Cheval de Troie de la répression des libertés de la presse

Au printemps 2020, un rapport du département d’état américain diffusé par le Washington Post faisait état de 2 millions de tweets relatifs au virus, dont 7% d’entre eux diffusant des théories complotistes sur la Covid-19. La diffusion de fausses informations ne date pas de la pandémie, mais le phénomène s’est amplifié durant la crise, l’OMS allant même jusqu’à parler d' »infodémie« , une surabondance d’informations, dont certaines peuvent être trompeuses, voire dommageables. Pauline Adès-Mevel souligne : « Le storytelling chinois est une histoire qui n’a rien avoir avec ce qui s’est passé. Quand on rembobine, il y a le discours chinois… et puis les événements depuis octobre et l’arrivée de la maladie sur ce territoire. »

La mise en œuvre des législations d’urgence s’accompagne de plus en plus souvent d’une interprétation très large de la notion de fausse information. Les gouvernements utilisent la notion de « fake news » et de désinformation pour censurer journalistes et médias indépendants. La Bolivie définit de façon si large la désinformation que pratiquement n’importe quelle information peut être déclarée ‘fausse ».  Une recrudescence des sanctions à ce sujet s’est vue en Hongrie (89e pays sur 180 au classement RSF de la liberté de la presse), en vertu de la loi dite « Coronavirus », adoptée le 30 mars par le parlement hongrois. La Russie a elle aussi adopté en avril un projet de loi qui prévoit jusqu’à cinq ans de prison pour la diffusion de fake news relatives au coronavirus. Le Brésil (107e au classement RSF) et les États-Unis (45e), pratiquent également cette stratégie de décrédibilisation des médias.  En Égypte, le Conseil suprême de régulation des médias invite les citoyens à signaler par téléphone les informations douteuses publiées sur le Covid-19.

L’augmentation des mesures liberticides durant la pandémie s’accompagne d’un durcissement des sanctions. La répression touche les journalistes de façon individuelle, mais également les organisations auxquelles ils appartiennent : interdiction de diffusion et saisies (fermeture de 221 sites internet en Birmanie), amendes et peines de prison très lourdes (jusqu’à 25 000€ en Russie,  6 mois de prison en Afrique du Sud, un an et demi en Indonésie, cinq ans au Botswana…). 

Face à l’intensification des menaces pesant sur la liberté de la presse et des journalistes depuis le début de la pandémie, l’objectif d’organisations telles que Reporters Sans Frontières est de veiller à ce que ces législations d’urgence ne soient pas pérennisées, et d’inciter les gouvernements et autres acteurs politiques à ne pas entraver le travail des journalistes.  Les mesures exceptionnelles prises ces derniers mois ne doivent en aucun cas perdurer une fois la crise sanitaire endiguée.

RSF prévoit de publier un grand livre blanc post-pandémie, qui dressera un bilan des dégâts causés par la pandémie dans le secteur journalistique. Concernant le Covid-19, Pauline Adès-Mevel rappelle tout de même que nous  ne sommes pas encore à « l’aube d’une fin de crise ».

Credit Photo : Korie Cull – Unsplash

Liens vagabonds : Twitter et ses élites bouleversés par les cyber-attaques

A RETENIR CETTE SEMAINE :

Piratage Twitter – Bill Gates, Elon Musk, Joe Biden, Apple, Uber… Un piratage a visé les comptes Twitter de personnalités et d’entreprises. C’est le piratage le plus massif de l’histoire du réseau, et il pourrait bien signifier une crise de sécurité globale. Les hackers ont en effet convaincu des employés de les épauler dans cette opération, et Twitter lutte désormais pour se défaire de ce hacking interne. Après l’attaque, le réseau a bloqué des tweets provenant de comptes vérifiés. Voici les principales questions qui se posent après ce piratage hors norme. Twitter fait le point samedi matin sur la situation.

Netflix : ralentissement et chute en bourse – Pour Ted Tarandos, le nouveau co-CEO de Netflix, l’industrie du divertissement ne sera plus jamais la même après la pandémie, les gestes barrière devenant partie intégrante de la production. Après un nombre record de nouveaux abonnés, Netflix prédit un ralentissement : les parts de Netflix sont d’ailleurs en chute de 10%. La promotion de Ted Sarandos rapproche la compagnie de sa vraie maison mère…HollywoodEt Netflix compte dépasser la série des James Bond avec un budget de … 200 million $

Transfert des données entre EU & USA – La justice européenne annule le “Privacy Shield”, l’accord sur le transfert de données personnelles entre l’Europe et les Etats-Unis. La Cour de justice de l’Union européenne juge que les outils de surveillance déployés aux Etats-Unis sont incompatibles avec la protection des données personnelles garantie aux Européens par le RGPD. La cour confirme que les entreprises peuvent se conformer à la loi européenne en s’engageant à respecter certaines précautions quant à l’usage des données de leurs utilisateurs européens. Les responsables américains et européens vont essayer de négocier un nouvel accord pour le transfert d’informations numériques.

Cette semaine en France

3 CHIFFRES

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE 

Infographie: Les femmes dans la tech en Europe | Statista Vous trouverez plus d’infographie sur Statista

NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS / LONG READ

DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION

DONNEES, CONFIANCE, LIBERTE DE LA PRESSE, DESINFORMATION

Cybersécurité : 

Applis de tracing :

qz.com

Applis de visioconférence : 

Désinformation et sensibilisation : 

Liberté de la presse : 

LEGISLATION, REGLEMENTATION

JOURNALISME

Crise & transformations :

Diversité : 

niemanlab.org

ENVIRONNEMENT

USAGES

wsj.com

RÉSEAUX SOCIAUX / MESSAGERIES

STREAMING, OTT, SVOD

AUDIO, PODCAST, BORNES

DATA, AUTOMATISATION, INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, BLOCKCHAIN

PUBLICITE, MONETISATION

JEUX VIDEO, eSPORT

5G, 8K

TECH, STARTUPS, INNOVATION, TRANSFO NUM

siècledigital.fr

OUTILS 

 

ES avec Laure Delmoly, Kati Bremme, Diana Liu et Mathilde Floc’h

 

Credit photo : Morning Brew – Unsplash

Vers une souveraineté numérique européenne ?

Par Kati Bremme, Direction de l’Innovation et de la Prospective.

Avec la toute puissance des GAFAM et leur modèle capitaliste des données d’un côté, et les BATX avec une exploitation « communiste » de l’autre, l’Europe semble plus que jamais avoir besoin d’une infrastructure numérique indépendante. Cette semaine, une alliance allemande de scientifiques, d’experts en informatique et de responsables des médias, menée par l’ancien directeur de SAP, Henning Kagermann, et le directeur du Bayerischer Rundfunk (BR), Ulrich Wilhelm, a appelé l’Union Européenne à mettre en place une « Infrastructure numérique indépendante ».

Leur appel met en exergue l’urgence de trouver une alternative aux géants de l’Internet américains et chinois.

Le document stratégique au titre multilingue « European Public Sphere – Gestaltung der Digitalen Souveränität Europas » (Sphère publique européenne – Façonner la souveraineté numérique de l’Europe) se lit presque comme une déclaration d’indépendance. Selon les auteurs du projet, la mise en place d’un écosystème numérique indépendant serait la seule possibilité de défendre des valeurs européennes de diversité, de protection de la vie privée et d’ouverture face à la toute puissance des modèles existants.

Un besoin d’indépendance mis en exergue par la crise du coronavirus

La crise du Covid-19 et le confinement ont une fois de plus démontré l’énorme dépendance des Européens face aux géants du Numérique : la transformation numérique forcée s’est en effet jouée en faveur des réseaux sociaux, du cloud et autres systèmes de communication, tous domiciliés hors l’Europe. Mais l’espace numérique peut-il vraiment devenir plus qu’un amplificateur des courants sociaux ?

Ulrich Wilhem, dans une interview à la SZ souligne l’importance d’une solution alternative : « La plupart des gens sont facilement mobilisables avec un attrait émotionnel, susceptibles de polarisation, de nourrir le ressentiment. […] Le grand problème c’est que les plateformes numériques poursuivent un modèle commercial qui vise, par exemple, à garantir que les utilisateurs restent le plus longtemps possible. Ils doivent se sentir en sécurité avec des personnes qui partagent leurs idées. […] Les messages émotionnels se répandent plus rapidement et de manière plus fiable, et la polarisation s’accroît. Cela peut être acceptable pour le domaine des loisirs. Mais lorsqu’il s’agit de sujets du domaine politique, la question devient fatalement importante ».

Réunir les forces pour la protection des données

L’appel trouve un écho dans l’actualité de cette semaine, avec la justice européenne qui annule l’accord sur le transfert de données personnelles (« Privacy Shield ») entre l’Europe et les Etats-Unis. Un dispositif très utilisé par la quasi-totalité des grandes entreprises américaines pour traiter les données personnelles (identité, comportement en ligne, géolocalisation…) de leurs utilisateurs européens.

L’appel à l’indépendance numérique s’inscrit dans la continuité logique de cette interrogation, avec l’objectif de développer une alternative européenne basée sur le bien commun. « Si l’Europe réunit ses forces maintenant et lance une initiative ambitieuse, un espace numérique public peut émerger qui offre des conditions d’accès et d’utilisation équitables, renforce le discours public et assure la pluralité identitaire de l’Europe« , renchérit Ulrich Wilhelm.

La défense des valeurs européennes : ouverture et diversité

Il ne s’agit aucunement de s’enfermer dans une solution européenne hermétique. Contrairement aux modèles américains et chinois, ce nouvel écosystème numérique européen serait ouvert et transparent.

Les universités, les secteurs de la culture et des médias et d’autres entreprises de tous les continents pourraient en effet y participer si elles en respectent les valeurs et les principes.

Cette différenciation des modèles existants est aussi soulignée par la chancelière allemande Angela Merkel, qui, en marge d’une conférence de presse le 14 juillet, a commenté de façon très positive l’initiative : plutôt que de limiter l’espace des acteurs américains et chinois, il s’agit de développer des nouvelles solutions indépendantes européennes, une logique déjà amorcée par un certain nombre de projets déjà en cours, comme celui d’une infrastructure de données et de cloud computing (« Gaia-X« ) menée conjointement par l’Allemagne et la France, et soutenue par de nombreuses entreprises des deux pays, et d’autres projets dans le secteur de l‘Intelligence Artificielle.

Une approche globale qui renforce les initiatives existantes

La mise en place de cette gouvernance passerait par une approche globale avec un effet de levier sur tous les niveaux : européen, national, régional. Une agence numérique européenne ou un réseau européen d’agences nationales piloterait l’ensemble des enjeux, de la réglementation au financement de la recherche, en passant par les incitations du marché, la fixation de normes et les tâches purement gouvernementales.

Dans ce contexte, une variété d’offres avec des conditions d’accès et d’utilisation équitables et transparentes pourra-t-être créée : l’infrastructure numérique dans le cadre des services d’intérêt général, les valeurs européennes « by design » dans la conception technologique…

Avec toutefois un bémol ajouté par Angela Merkel : «… Je pense que l’idée est très bonne. Cependant, je ne crois pas que la politique seule puisse la mettre en œuvre. Il est possible de créer un certain cadre pour cela, mais l‘initiative doit venir de la société elle-même, l’offre doit être attrayante. A la fin, ce qui compte, c’est ce qui est accepté par la population. »

Un écosystème numérique indépendant pour l’Europe ?

Oui, mais uniquement si le besoin est compris par la population et si ce service public numérique est porté par l’ensemble des utilisateurs. C’est la condition sine qua non pour transformer cette belle idée en un projet réalisable.

 

Illustration : Bernard Hermant sur Unsplash

#14JuilletEnsemble : un challenge créatif et inédit sur TikTok pour remercier les combattants du Covid-19

Par Laure Delmoly, France Télévisions, MediaLab

Le challenge lancé pour le 14 juillet par France Télévisions sur le réseau social TikTok vient de dépasser 30 millions de vues (and counting!). Mis en ligne le 30 juin, cet appel à contribution permettait de rendre hommage aux combattant.e.s du Covid-19.

Plusieures dizaines de milliers de vidéos ont été postées avec le hashtag #14JuilletEnsemble en bleu blanc rouge, toutes plus émouvantes, spectaculaires, originales et créatives, les unes que les autres. Le 14 juillet, une séquence live sur TikTok présentait les coulisses de cet hommage national et les meilleures vidéos du challenge étaient diffusées sur l’antenne broadcast de France 2.

Ce dispositif web/antenne inédit associant les journalistes de France Télévisions, les TikTokeurs et le public a permis de réunir toutes les générations autour d’un seul message : dire MERCI à tous ceux qui étaient en première ligne.

Pour France Télévisions, cette initiative permettait de rassembler encore davantage son public, de toucher les plus jeunes (l’audience naturelle de TikTok) et de poursuivre ses efforts visant à faire participer davantage son audience, les citoyens du pays, à la création et la production de ses programmes dans le droit fil de l’opération #OnVousRépond lancée dès le début du confinement lorsque les questions des télénautes étaient traitées directement au JT de 20H00 de France 2

Le challenge #14JuilletEnsemble

L’appel à contribution du challenge était portée dans la bonne humeur par les visages de l’antenne Djamel Mazi, Marie-Sophie Lacarrau et Samuel Etienne. Tournée dans les locaux de France Télévisions et mise en ligne le 30 juin, la vidéo a comptabilisé en quinze jours plus de 1,1 million de vues.

Appel à participation du challenge #14juilletEnsemble (1,1 million de vues)

Une fois le challenge en ligne, d’autres journalistes de France Télévisions emboitaient le pas. Camille Grenu, journaliste à franceinfo remerciait les différents métiers qui ont permis à la société française de continuer à fonctionner durant le confinement avec pour chaque métier une nouvelle tenue.

La présentatrice Émilie Tran Nguyen, elle, se livrait à un jeu des trois couleurs en direct des plateaux de France 2 et France 3. Une jolie façon de faire le lien entre les métiers de l’antenne et les TikTokeurs.

La video challenge de Emilie Tran NGuyen (100 000 vues)

Les meilleures vidéo TikTok sur l’antenne broadcast de France 2

Les TikTokeurs se sont prêtés au jeu de la créativité et de la bonne humeur pour remercier toutes les personnes qui étaient en première ligne. Des influenceurs mais aussi des TikTokeurs en herbe ont produit de belles contributions.

L’hommage le plus spectaculaire ? Une Tiktokeuse vêtue de blanc dans un amphithéâtre avec des fumigènes aux couleurs bleu-blanc-rouge. Une superbe mise en scène.

Les utilisateurs de la plateforme ont ainsi décliné les 3 couleurs en musique sur différents matériaux : maquillage, vêtements mais aussi nourriture. Le storytelling était également au rendez-vous avec cette vidéo émouvante qui rappelait en musique les différentes étapes de la pandémie.

Les meilleures contributions des TikTokeurs ont été diffusées dans des modules sur l’antenne broadcast de France 2 le 14 juillet à 16h30 et 18h.

https://twitter.com/infofrance2/status/1283098682284552194

https://twitter.com/infofrance2/status/1283085572609921024

https://twitter.com/infofrance2/status/1283056087755874305

Le live TikTok du 14 juillet

Teaser du live TikTok posté le 12 juillet (703 000 vues)

TikTok s’est imposé durant la pandémie comme le réseau social des confinés et des soignants. France Télévisions s’est inscrit dans cette continuité des usages avec un dispositif live à l’occasion de la journée spéciale de remerciement aux soignants diffusée sur France 2.

Cédric Cousseau et l’influenceuse Sybillette étaient en direct le 14 juillet à midi depuis la place de la Concorde pour présenter le dispositif d’hommage national et l’organisation du 14 juillet côté France Télévisions. Les questions des internautes étaient multiples : de l’intérêt pour le déroulé de la cérémonie officielle diffusé à la TV mais également beaucoup d’interrogations sur le dispositif technique mis en place à l’occasion (nombre de caméras, car régie)

Durant cette journée de live, le duo a pu interviewer des journalistes francetv et militaires.

Anne-Sophie Lacarrau remercie ainsi chaleureusement les TiTokeurs pour leur participation : « Je suis bluffée par tous les modules qui nous ont été envoyé. C’est vraiment beau ce qu’on a réussi à faire ensemble. Mes enfants n’en revenaient pas quand je leur ai dit que j’allais aller sur TikTok pour France Télévisions. « Maman tu vas danser? » « Non je vais parler du 14 juillet » ».

Video avec Anne-Sophie Lacarrau « C’est beau ce qu’on a fait ensemble » (11 000 vues)

Video de la valse de Michel Drucker (7000 vues)

Et enfin une interview du sergent chef Sarah qui a comptabilisé 50 000 vues.

Video avec le Sergent Chef Sarah (50 000 vues)

 

Smartphone à la main, les TikTokeurs ont complété leur expérience télévisuelle avec des questions sur la cérémonie officielle diffusée à l’antenne et ses coulisses. Les plus chanceux ont eu l’occasion de (re)découvrir leur vidéos sur l’antenne broadcast de France 2. Le live et les vidéos postées sur le compte TikTok de france.tv s’est donc imposé comme un véritable second écran lors de cette journée spéciale sur France 2.

Le live a connu un pic de 22 000 participants avec plus de 10 000 commentaires postés. Le dispositif mis en place avec TikTok a permis au compte france.tv de multiplier par 4 le nombre de followers.
Une complémentarité web/antenne qui donne plein d’idées pour les prochains grands événements à couvrir.

* Ce dispositif était piloté par le MediaLab de l’Information et la Direction Artistique de l’Information avec le soutien de la Direction du Numérique de France Télévisions.

Crédit photo de Une : TikTok caption

Liens vagabonds : la grande muraille numérique s’étend à Hong Kong

A RETENIR CETTE SEMAINE :

Hong Kong, Internet & Censure –  A Hong Kong, la loi de sécurité nationale brouille l’avenir de l’Internet libre. Google, Facebook, et Twitter mettent de côté les demandes en data du gouvernement le temps d’étudier cette nouvelle loi. Les plateformes craignent d’avoir à  renoncer à certaines libertés d’action sur ce territoire. Les géants du numérique suspendent leur coopération avec Hong Kong : WhatsApp, TikTok, Microsoft, Zoom et bientôt Apple

Boycott publicitaire de Facebook – La plateforme Facebook ne parvient pas à apaiser la contestation à laquelle elle fait face depuis plusieurs semaines. Les initiateurs du mouvement de contestation qualifient la rencontre avec Mark Zuckerberg de « décevante », et le boycott publicitaire de Facebook perdure. Le plus grand groupe de presse néo-zélandais demande à ses journalistes d’arrêter d’y mettre des contenus, tandis qu’un audit indépendant accable Facebook, l’’accusant de laisser proliférer « discours de haine et désinformation, une réelle menace pour les élections américaines de Novembre ».

Bannissement de TikTok en Inde – Le bannissement de TikTok en Inde a détruit des carrières et des fortunes. Mais les appli indiennes de partage vidéo gagnent en popularité. Instagram Reels est testé en Inde. TikTok envisage de modifier la structure de l’entreprise afin d’éloigner l’appli de ses origines chinoises. Pour concurrencer TikTok, l’entreprise Media indienne Zee5 lance HiPi. Aux États-Unis, l’administration Trump songe également à interdire TikTok.

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Sport et e-Sport : quelle complémentarité en période covid ?

Par Mathilde Floch, MediaLab de France Télévisions

La pandémie a poussé les sports traditionnels à se virtualiser. En décembre 2019 lors du 8ème Sommet olympique, les membres du Comité international olympique (CIO) encourageaient les fédérations sportives internationales « à examiner comment gouverner les formes électroniques et virtuelles de leurs sports et à étudier les possibilités offertes avec les éditeurs de jeux. » 

Le phénomène d’e-sport – terme anglais désignant  les compétitions de jeux vidéo en réseau local (LAN party) ou via Internet, sur consoles ou ordinateurs – s’est encore accru . De nombreuses compétitions sportives ont eu lieu en ligne durant le confinement.

Avec la reprise des compétitions sportives en présentiel se pose la question du lien entre sport et e-sport. Quel bilan peut on tirer quelque mois après le déconfinement ?

Compétitions à l’arrêt. Le journalisme sportif déboussolé ? 

En France,  la rédac chef de L’Équipe Magazine Géraldine Catalano a justifié l’arrêt de la diffusion du journal du fait de l’absence d’actualité sportivedurant le confinement.  Pour Karim Souanef – maître de conférence en sociologie, université de Lille – c’est une belle preuve de soumission des journalistes au calendrier sportif. 

L’auteur de Le Journalisme sportif. Sociologie d’une spécialité dominée (Presses universitaires de Rennes, 2019), tente de comprendre depuis 1998 ce qui différencie les journalistes spécialisés sport des autres. Il soulignait récemment dans un entretien avec Olivier Villepreux pour le Monde que la dépendance des journalistes sport envers leur secteur est à interroger : “Je vois des piles de bouquins dans les rédacs que les journalistes n’ont pas le temps de lire. Il y aurait beaucoup d’articles intéressants à écrire mais la raison est commerciale : ce qui fait vendre c’est l’actu sport et non des long papiers que les gens ne liraient pas.”

Karim Souanef ne pense pas que l’après-Covid puisse faire évoluer le journalisme sportif.

Le milieu est trop éclaté, il n’y a pas de mobilisation possible. Il n’y a pas de syndicalisme sportif, les dirigeants ne sont pas mobilisés vis-à-vis du gouvernement. Dans le journalisme, l’Union des journalistes de sport en France (UJSF), ne représente qu’elle-même et elle devrait rapidement perdre la gestion des tribunes de presse des stades, tant la communication a intérêt à récupérer ces places. Il faudrait une grosse crise économique pour changer de paradigme. Hélas ! Pour tous les petits salariés du sport, cela va faire des dégâts.” 

Les rédactions sont des lieux de rapports de force entre différentes visions du sport. Karim Souanef souligne l’existence de clivages entre les différents médias :  les médias spécialisés reposent sur un capital économique (Le Parisien, L’Équipe) tandis que les autres s’intéressent davantage à la symbolique du sport (Libération ou Le Monde). 

Une digitalisation du sport nécessaire pour surmonter la crise

L’annulation des rencontres sportives du fait du Covid-19 a bouleversé la programmation des chaînes thématiques sportives. Remaniées, les grilles de programmations ont proposé aux abonnés de revoir des sélections des « grands matchs » de la saison en cours, ou de coupes et compétitions.

La NBA a été la première à migrer sur en ligne. En avril dernier la ligue a organisé un tournoi sur le jeu de basket NBA 2K 20. Diffusé sur ESPN, il a été suivi par des milliers de téléspectateurs. 

Le championnat espagnol de football a été remplacé par un tournoi sur le jeu FIFA 2020 – diffusé sur la chaîne Twitch du commentateur d’eSports espagnol Ibai Llanos. Le championnat d’Angleterre Premier League s’est également tourné vers l’eSport. 

Dans le sport automobile, les compétitions virtuelles ont remplacé les vraies courses. La qualité de certaines simulations a permis aux pilotes de se rapprocher des sensations éprouvées dans la réalité. Les sept premiers grands prix de la saison de Formule 1 ont été annulés, mais une compétition virtuelle  a eu lieu.

Plus récemment, Amaury Sport Organisation et la plateforme Zwift se sont associé pour organiser le premier Tour de France virtuel.

 

 L’ eSport : la persistance du lien entre les sportifs et leur public ?

Les sports virtuels ont accentué l’explosion de l’ eSport : compétitions de basket-ball, football, courses de chevaux, tennis. 

Des jeux populaires comme Madden NFL, NBA 2K20, FIFA et NHL 20 ont servi à organiser des événements sportifs en ligne. Les ligues sportives ont compris le potentiel de ces événements.

« Le but, c’est de réussir à tirer des choses positives de cette situation que nous traversons tous, en vulgarisant notre discipline, pour montrer qu’on a des valeurs communes, qu’on peut avoir des sensations dans l’e-sport, qu’on peut même supporter une équipe comme on pourrait supporter un club de foot, explique Fabien Devide, patron de Vitality, la principale équipe eSport en France

 La NBA et la NHL recrutent ainsi des joueurs pour former des versions virtuelles de leurs équipes réelles et les faire s’affronter en ligne.

 “La pandémie de Covid-19 a entraîné l’annulation ou le report de nombreuses formes de sports sur lesquels s’appuient les paris, mais elle représente également une grande opportunité pour les eSports de se mettre à la portée de ce public«  commente Martin Bradley directeur de la recherche en technologie et en divertissement chez 2CV.

 

Les joueurs et fans de sports ont en effet cherché des façons alternatives pour parier durant la crise du Covid-19. D’après une recherche de 2CV et ProdegeMR, les revenus des paris eSportifs devraient atteindre 14 milliards $ en 2020, contre 7 millards en 2019.  En effet,  la recherche, menée sur plus de 1 000 Britanniques, a révélé que 36% des joueurs ont parié sur l’eSport au cours des trois derniers mois, dont 30% en mars 2020.

 

Mais les compétitions en ligne ne compensent pas totalement l’absence de sport. Bertrand Amar, fondateur de la chaîne spécialisée ES1 explique qu’on ne peut jouer en ligne que dans une même région, pour des raisons de serveurs :  «On ne peut pas faire jouer une équipe européenne contre une équipe des Etats-Unis parce qu’ils n’y a pas une qualité de connexion suffisante pour de l’e-Sport”. 

Nicolas Besombes, sociologue de l’e-Sport pense que les fans de sport ne se convertiront pas instantanément en  fans de compétitions de jeux vidéo. . « C’est quand-même un monde très différent (…) Cela peut permettre à certains de mettre un premier pied dans la compétition vidéo ludique et l’eSport. Est-ce que ça en fera une audience fidèle ? Je n’en suis pas certain”

Quel avenir pour l’eSport ? 

En 2019, l’industrie de l’eSport a dépassé le milliard de dollars en terme de revenus (une augmentation de 26,7 % par rapport à 2018). Selon Martin Bradley, le nombre de spectateurs d’eSports devrait passer d’ici 2022 à 644 millions dans le monde, contre 454 millions en 2019. Ces chiffres encouragent les grandes entreprises à sponsoriser ces événements. Newzoo, une entreprise spécialisée dans l’analyse du marché du jeu vidéo a ainsi récemment dévoilé que l’eSport rapporterait plus de 11 milliards d’euros en 2020, et ce notamment grâce au sponsoring. 

L’eSport a tout de même perdu 8 millions d’euros de chiffre d’affaires en moyenne depuis  le début de la pandémie, selon une étude de France Esport. L’industrie peine aussi à se débarrasser de sa mauvaise réputation : celle liée au risque de triche prédominant dans ce secteur. Récemment le studio de jeux Riot Games a été victime de nombreuses tricheries de la part de ses utilisateurs sur son dernier FPS, Valorant.  Face au fait accompli, Valorant a fait appel à un système antitriche : Vanguard, et  promis 100 000 $ de récompense à celui qui trouverait une faille de sécurité dans son jeu. L’eSport a besoin d’encadrement pour obtenir la confiance des autorités, des opérateurs, et des parieurs. L’étude de 2CV et ProdegeMR a en effet montré que 62 % des personnes interrogées considéraient avoir besoin de plus d’informations sur le secteur avant de parier sur l’eSport. 

Il est difficile de déterminer si l’eSport continuera à plaire autant lorsque les compétitions sportives auront repris. Mais au delà de la question de l’essor de la pratique de l’eSport se pose la question de l’encadrement tant par les organisateurs d’événements (secteur privé) que par les instances nationales.

L’instance sportive mondiale affirme que les jeux simulant les disciplines sportives réelles ont « un grand potentiel en termes de coopération et d’intégration dans le mouvement sportif », tout en marquant une limite entre le « vrai » sport et l’eSport.

Le président du CIO a affirmé en 2019 que certains jeux – comme Call of Duty ou CS : GO, deux jeux de combat à la première personne (FPS) parmi les plus populaires chez les spectateurs du eSport – ne correspondaient pas aux valeurs du sport, et n’avaient donc de ce fait, pas leurs places aux JO.

 

Credit photo : Florian Olivo – Unsplash 

Liens vagabonds : Facebook au coeur de la tourmente, la pression sur la modération des contenus haineux s’accentue.

A RETENIR CETTE SEMAINE :

Intensification du boycott publicitaire de Facebook  – L’exil des annonceurs de Facebook s’accentue, alors que le géant s’évertue à calmer le jeu.  Plus de 400 marques retirent leurs publicités de Facebook, mais Zuckerberg aurait déclaré : « tous ces publicitaires reviendront bien assez tôt » .La haine encouragée par Facebook détruit des vies, mais certains voient la réforme du géant comme un challenge difficile. Un point sur ce boycott historique

Géants de la tech et modération des contenus haineux – Reddit, Twitch, Snapchat, YouTube : les géants du net se réveillent-ils contre les discours de haine ? Facebook labellisera tous les posts enfreignant le règlement…même ceux de Donald Trump. Twitch suspend le compte du président pour « comportement haineux »Reddit s’attaque à 2 000 communautés, couvrant tout le spectre politique, du sous-forum The Donald à celui intitulé Chapo Trap House.  La mouvance extrémiste Boogaloo est dans le viseur de Facebook, tandis que YouTube bannit six chaînes aux contenus suprémacistes blancs. 

L’Inde bannit TikTok de son territoire – L’Inde bannit TikTok et 59 autres applications chinoises de son territoire. De telles mesures menacent l’affirmation de la Chine comme puissance mondiale de la Tech, et signent peut être la fin de la “social media democracy” de Narendra Modi en Chine.  L’implantation de TikTok en Inde a toujours été chaotique, et les stars indiennes de TikTok devront désormais se diversifier. Les salariés de la plateforme trouveront peut-être refuge chez Chingari, l’alternative indienne à TikTok

Cette semaine en France : 

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Infographie: Facebook domine en maître sur les réseaux sociaux | Statista Vous trouverez plus d’infographie sur Statista

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Credit photo : Barefoot Communications – Unsplash

Quels usages faisons nous de nos écrans ?

Par Mathilde Floch, MediaLab de France Télévisions

Utilisés pour le travail comme pour les loisirs, nécessaires pour le maintien de notre sociabilité, les écrans n’ont cessé d’être sollicités durant la crise sanitaire du Covid-19.

Selon le cabinet d’études App Annie, le temps passé sur nos smartphones a progressé en Italie de 39% et en France de 25% en avril 2020.  Le dépenses mobiles à l’échelle mondiale ont également augmenté avec un record de 23,4 milliards de dollars (21,53 milliards d’euros) atteint au premier trimestre 2020 sur les stores Android et iOS. 

Dans son baromètre bimensuel sur les effets de la crise sanitaire sur l’audiovisuel, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) souligne l’intérêt porté par les Français aux écrans (TV et plateforme numérique), un mois après la fin du confinement.

Au delà du constat de l’augmentation du temps passé devant les écrans, il est intéressant d’étudier la façon dont ceux-ci ont été employé.

Une hausse des interactions digitales pour diminuer le sentiment d’exclusion. 

Catherine Dessinges et Orélie Desfriches-Doria, Maîtres de conférences en Information et Communication, à Lyon 3 et Paris 8 expliquent que les enfants de 6 à 12 ans ont passé en moyenne 7 heures par jour devant un écran durant le confinement (soit 3 à 4 fois plus de temps que d’habitude).

Cette augmentation du temps d’écran n’est pas forcément inquiétante dans la mesure où 4 heures par jour étaient consacrées aux devoirs ainsi qu’à des temps récréatifs. Les écrans ont également permis aux enfants de préserver leurs liens sociaux : visio-conférences, rassemblement familial autour d’un  programme télé.

Dr Amy Orben, chercheuse associée à l’Université de Cambridge et au MRC Cognition and Brain Sciences Uni rappelle ainsi que les appels vidéos, les échanges sur les réseaux sociaux et même les parties de jeu sur Fortnite ont aidé les jeunes à sociabiliser durant le confinement. Amy Orben insiste sur l’importance d’un contact avec des pairs lors de l’adolescence.  L’augmentation du temps passé devant les écrans s’il correspond à un usage social n’est donc pas un problème.

« Le temps qu’ils avaient en plus, les Français ont choisi de le passer devant des programmes de télévision » et sur leur smartphone. 

Une étude quantitative de Médiamétrie indique que pendant les six premières semaines du confinement (du 17 mars au 26 avril 2020),

Si la hausse des audiences est globale, il faut souligner la forte progression des audiences des journaux d’information, et les chiffres historiques qui ont accompagné les prises de paroles du président de la République et du Premier ministre. Deux interventions d’Emmanuel Macron ont ainsi rassemblé plus 35 millions de téléspectateurs et 95 % du public.

Les programmes fédérateurs et familiaux ont également particulièrement eu du succès. Dans un contexte anxiogène les téléspectateurs ont souvent cherché du réconfort via les écrans.

L’audience des plateformes de streaming (Netflix, Disney+ lancé en plein confinement…) a elle aussi progressé, mais de façon moins spectaculaire que pour la télévision. La progression de l’audience est d’ailleurs très visible chez les cibles jeunes et CSP +, des publics traditionnellement attirés par les nouvelles formes de consommation audiovisuelle. Pour Julien Rosanvallon, directeur général adjoint de Médiamétrie, ces chiffres d’audience historiques révèlent la persistance du lien entre le public français et la télévision. Notons que le replay a autant progressé que la consommation linéaire de la TV : en 2020 plus de 30 programmes ont passé le cap du million de téléspectateurs ( vs une vingtaine en 2019).

L’usage du smartphone s’est lui aussi accentué durant le confinement. Selon une étude Ifop :  62% des Français ont consulté leur téléphone portable encore plus souvent qu’avant, notamment les femmes (+40%) et les 15-34 ans (+45%). L’IFOP indique qu’en France parmi les usages mobile les plus courants figurent les appli de messagerie (59 %), la navigation Internet (56 %) et la consultation et la rédaction de courriels (28 %). Chez les jeunes l’utilisation des réseaux sociaux prédomine. L’application TikTok est la grande gagnante du trimestre, suivie des appli WhatsApp, Facebook, Instagram & Messenger. 

Entre besoin de socialisation et nouveaux usages liés au télétravail, les populations confinées ont consacré beaucoup de temps aux réseaux sociaux. 

En mai 2020 en France, sur les 72 % des salariés déclarant travailler, plus de la moitié (57%) d’entre eux étaient en télétravail (France Inter, 25 juin 2020). Une étude sur le télétravail et l’absentéisme menée par Malakoff Humanis a souligné une augmentation de la part des salariés souhaitant prolonger leur télétravail soit 84% des salariés. 

La réalisation des tâches professionnelles à distance et la nécessité pour les équipes de maintenir le contact ont fait émerger de nouveaux usages sur les réseaux sociaux :

(pour plus d’infos sur le sujet : Les 10 applis à avoir sur son smartphone pour gérer télétravail & confinement)

Mais les effets de la consommation d’écrans se ressentent dans la productivité. Un sondage américain OnePoll, sur le comportement des Américains vis-à-vis des écrans durant la crise du Covid-19 indique que moins de la moitié des 2000 citoyens américains interrogés estiment vraiment rentabiliser leur temps devant un écran. Selon le sondage, durant les heures de travail, 50% des Américains se perdent sur Facebook, 42% regardent des vidéos sur YouTube et 40% scrollent inlassablement leur fil Twitter.

En parallèle, une étude menée par Smartsheet révèle que 81% de la génération Z et des millennials ayant travaillé à distance durant  la pandémie ont ressenti un manque de connexion avec leurs collègues, et 71% ont souffert du manque d’information sur leur environnement professionnel. L’utilisation des écrans dans le cadre du télétravail reste donc à améliorer 

Réseaux sociaux et activisme politique : quelle mutation des usages ?

Selon le cabinet de conseil Kantar, le trafic Internet mondial a augmenté de 70 % et la fréquentation des réseaux sociaux de plus de 61 % durant la crise sanitaire (WhatsApp a vu ses connexions augmenter jusqu’à 76 % en Espagne).

Égalitarisme et horizontalité sont souvent présentés comme les deux piliers du nouvel espace politique digital permis par le développement des outils numériques.

Les images des mouvements #BlackLivesMatter et #JusticePourAdama ont été fortement relayées sur les réseaux sociaux. Les manifestants s’organisent et se coordonnent en ligne, et la puissance des plateformes sociales en terme de structuration des mouvements sociaux est souvent relevée.

L’activisme politique sur TikTok semble également avoir joué un rôle dans le phénomène des fausses inscriptions au meeting de Trump a Tulsa, Okla. L’ADN de la plateforme renouvelle le militantisme digital et les discours sociétaux font irruption dans les conversations adolescentes.


Mais pour la politologue Jen Schradie spécialiste des usages politiques des réseaux sociaux, Internet est une révolution…conservatrice. Dans The revolution that wasn’t. How Digital Activism Favors Conservatives, elle indique que depuis l’élection de Donald Trump la technologie est souvent utilisée pour saper le débat politique. 

« L’espace numérique renforce les inégalités de classes sociales, accentue l’efficacité des groupes organisés de manière hiérarchique et favorise les idées conservatrices » — Jen Schradie

L’activisme digital n’aurait pas le caractère spontané qu’on lui prête. Selon Jean Schradie un mouvement social et digital doit s’entourer pour faire fonctionner une équipe de personnes salariées et spécialisées dans la gestion et l’animation des outils numériques (suivi des algorithmes, optimisation de la visibilité). Or les organisations politiques larges disposent de plus en plus de moyens que les structures horizontales et bénévoles, qui sont parfois moins efficaces pour transformer l’engagement en ligne en actions concrètes.

Et maintenant ? 

Concernant le temps passé devant les écrans, le CSA déclare début juin que la durée d’écoute individuelle des programmes d’information en France atteint « un niveau supérieur à celui de début mars« .  Cette persistance des audiences est surtout le fait des plus de 50 ans (+ 18 %) que des moins de 25 ans (+ 7 %). Les jeunes passent 2h57 chaque jour sur les services de streaming  (une étude faite du 8 au 21 juin chez les 15-24 ans) contre 2h05 trois mois plus tôt. 

Reste à voir quelle sera l’évolution des usages en terme de cinéma lors de la réouverture des salles. Richard Patry, président de la Fédération nationale des cinémas français (FNCF) souhaite reconquérir le public occasionnel et familial. 

Credit photo : Markus Winkler – Unsplash 

Liens vagabonds : Facebook touché au portefeuille, de très gros annonceurs commencent à fuir

A RETENIR CETTE SEMAINE :

Facebook, boycott et concurrence – Le boycott des annonceurs américains contre Facebook s’amplifie fortement avec des entreprises comme Ben & Jerry’s, Patagonia et Verizon, le géant américain des télécoms qui rejoignent le mouvement. Mais aussi désormais Unilever, un des plus gros annonceurs mondiaux, ou Coca-Cola Les marques font pression sur la plateforme afin qu’elle améliore sa gestion des contenus haineux et des fake news. Facebook admet l’existence d’un “déficit de confiance”. Et tente de réagir avec de premières mesures. Mais la liste s’allonge. Les actions plongentLa Cour suprême allemande estime que Facebook a abusé de sa position dominante pour récupérer illégalement des données utilisateurs et ordonne à la plateforme de restreindre cette collecte.

Google va enfin payer les éditeurs de presse – Google va payer des contenus de certains médias en Allemagne, en Australie et au Brésil. Le géant américain est actuellement en discussion avec des éditeurs de presse dans six autres pays, dont la France – où l’annonce de ces « deals » n’a pas forcément été reçu favorablement. Certains éditeurs de presse craignent que Google signe des accords individuels avec les éditeurs afin de ne plus avoir à appliquer la directive européenne sur les droits voisins. 

Numérique & impact environnemental – Des sénateurs s’attaquent à l’impact carbone du numérique en France. Un rapport sénatorial chiffre à 2 % le poids du numérique dans les émissions de gaz à effet de serre en France. Il pourrait passer à 7 % en 2040. Mais le rapport de l’organisation GreenIT publié mardi estime l’impact autour de 5 % en 2020. Atos fait de la décarbonation un axe de sa stratégie et Amazon crée un fonds climatique de 2 milliards tout en s’engageant à réduire ses propres émissions.

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