Liens Vagabonds : la pub à la TV n’est pas morte !
A retenir cette semaine :
TÉLÉVISION. Cette semaine, l’industrie de la télévision s’est retrouvée pour l’un des plus grands événements de l’année média aux Etats-Unis, avec la semaine des ventes de spots commerciaux par les grands networks. Force est de constater que le streaming n’est pas encore le roi de la pub : 20 milliards de dollars ont déjà été contractualisés entre les publicitaires et les chaînes de télévision. Les annonceurs n’ont donc pas quitté la télévision. Les annonceurs continuent de payer pour des audiences moindres pour la capacité de la TV à rassembler plusieurs millions de téléspectateurs en même temps et le sport, devenu désormais « pierre angulaire de la programmation télévisée ».
SVoD. Le divorce entre Comcast et Hulu a fini par avoir lieu. Et c’est Disney qui rafle la mise en prenant le contrôle d’Hulu. Cette consolidation des grands acteurs a pour conséquence de ne faire qu’accélérer la fragmentation de l’offre vidéo…
CHRISTCHURCH CALL. Pour lutter contre la diffusion des contenus terroristes en ligne, vingt-six États et géants du web se sont engagés dans l’appel de Christchurch dans un plan en 9 points. Les États-Unis n’ont pas répondu à l’appel ; Donald Trump a préféré proposer aux Américains un outil pour dénoncer les biais des plateformes. Au profit de ses propres intérêts ?
Il y a deux mois nous partagions la douleur de la Nouvelle-Zélande frappée par les attentats de Christchurch diffusés en direct sur Facebook. Aujourd’hui nous agissons avec @JacindaArdern en adoptant l’Appel de Christchurch contre le terrorisme en ligne :https://t.co/WdFBY0oRWw
— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) 15 mai 2019
Et aussi cette semaine :
Le conflit ouvert entre Huawei et les États-Unis continue de faire rage. Donald Trump a signé un décret qui exclut Huawei du marché américain des télécoms.
Pendant que d’autres s’affrontent, Sony et Microsoft ont fait le choix de s’allier dans deux domaines stratégiques : le cloudgaming et l’IA.
3 CHIFFRES
- 6 heures par mois – c’est le temps moyen passé en réalité virtuelle par les utilisateurs de casque VR
- 57,3% – c’est la part de marché de Netflix, en tête du marché français de la SVOD
- 250 millions – c’est le nombre d’utilisateurs pour Discord, le “Slack des gamers”, qui fête ces 4 ans
LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE
Vous trouverez plus d’infographies sur Statista
NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS
- Nous ne parviendrons pas à un public informé simplement en nous assurant que du contenu de haute qualité est accessible
- L’Internet mondial est en train de se désintégrer
- Récit : J’ai tenté de quitter les GAFA grâce aux small tech
- Qui peut controler Facebook ?
- Facebook répond à Chris Hugues
DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION
- TV : le pivot de Mediaset vers l’OTT vidéo
- Succès du nouveau mur payant pour le groupe de presse suédois MittMedia : la 1ère heure est gratuite. +20% pour les taux de conversion des abonnements !
- Fox TV va devenir surtout un network de sports et de shows
- Quartz derrière un mur payant
In paywall world, what happens to publications that are too broad for the corporate card, but maybe not essential enough for the personal card? https://t.co/i09QqkLTvr
— Evan DeSimone (@Media_Evan) 10 mai 2019
- La polarisation des médias français
- Quand les pionniers de la vidéo en ligne deviennent de simples fournisseurs pour la TV
USAGES ET COMPORTEMENTS
- Malgré les alertes, 64% des internautes utilisent un mot de passe pour tous leurs comptes
- Les discussions de groupe rendent Internet encore plus amusant
- Les Européens multiplient leur consommation d’offres de télévision
SURVEILLANCE, CONFIANCE, DONNEES
- Il n’est plus possible de se retirer d’une société de surveillance
- Whatsapp ciblée par des malware extérieurs espions
- Il faudrait exiger la portabilité des données
- Wikipedia bloqué en Chine dans toutes les langues
- La CNIL met en ligne un kit de bonnes pratiques
- Facebook poursuit une application pour usage abusif des données
- Twitter a “accidentellement” partagé des données de localisation avec des Tiers
LEGISLATION, REGLEMENTATION
- Régulation des contenus haineux sur les réseaux sociaux : les réponses de Zuckerberg à Macron
- La Cour suprême se prononce contre Apple et autorise le traitement d’une affaire antitrust
FAKE NEWS, LIBERTE DE LA PRESSE
- Près de la moitié des étudiants US (45%) disent ne pas avoir beaucoup confiance dans les médias pour couvrir l’info correctement
- La véritable menace de la liberté de la presse, ce sont les poursuites à l’encontre des lanceurs d’alertes
- Fox News, la chaîne qui produit quotidiennement de la désinformation
- La désinformation dépasse les plateformes, les langues et les pays. Comment les fact-checkers peuvent-ils l’arrêter ?
- Twitter s’est finalement attaqué à la désinformation anti-vaccin. Mais les résultats sont incohérents.
- Voici comment l’Iran a créé une «chaîne logistique de désinformation» pour diffuser des fake news
JOURNALISME
- L’info TV US n’est plus objective, ou presque
- 99.media, site de documentaires pas ou peu visibles
- Le Drenche, journal de débats
- Reconnaissance faciale, automatisation du sous-titrage et système de données: comment Sky News utilise l’IA pour faciliter le travail des journalistes
- BBC : le projet de parité entre les sexes à l’antenne montre que c’est réalisable
- Les médias français se polarisent. Mais pas comme nous l’espérions.
- “L’innovation dans les rédactions locales ne peut plus attendre !”
- Pendant que les éditeurs colmatent les brèches, de nouveaux bloqueurs de paywalls émergent
- Les pressions sur le journalisme menacent le droit du public à être informé
- 3 places à gagner pour Le FIL, le festival de l’info locale tout sauf décousu
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RÉSEAUX SOCIAUX
- Facebook ajoute les cartes d’anniversaire aux stories
- Panorama des médias sociaux 2019
- Comment TikTok est devenu une plateforme de choix pour les supporters de Donald Trump
- Les pouvoirs publics des pays émergents s’inquiètent des divisions sociales que peuvent créer les réseaux sociaux
- Instagram : bientôt un sticker avec les paroles des chansons ?
Instagram is working on Lyrics Stickers pic.twitter.com/DWF1xUZBPX
— Jane Manchun Wong (@wongmjane) 19 avril 2019
- Attentat de Christchurch : Facebook restreint l’usage de Facebook Live
- Facebook change d’algorithme pour promouvoir un contenu « plus pertinent et en lien avec vos proches
- Instagram continue son pivot vers les stories en modifiant son onglet « explore »
PLATEFORMES VIDEOS, OTT, SVOD
- Molotov à nouveau à la recherche de partenaires
- Twitch élargit son équipe de vente pour faire de plus grosses transactions
- YouTube et ses utilisateurs sont menacés par la nouvelle directive de l’UE sur le droit d’auteur
- Twitch, la plateforme de streaming qui monte
STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS
- “Dans le WhatsApp de Charles Michel”, une série de politique-fiction interactive
- Les stories débarquent sur Spotify !
- Tout le monde copie les stories de Snapchat !
- Radio Canada propose aux 13-15 ans de devenir vidéo journaliste pour leur projet d’info MAJ à destination des 7-13 ans
- La BBC lance le court-métrage gratuit ‘Doctor Who’ VR
IMMERSION, 360, VR, AR
AUDIO, PODCAST, BORNES
- Les enceintes connectées comprennent mieux les demandes des hommes que celles des femmes
- Alexa équipe plus de 60 000 appareils pour 7 400 marques
- Les épisodes de podcast apparaîtront désormais dans les recherches Google. Outil de découverte utile ou déclaration de guerre entre plates-formes?
SPORTS
- Les sports internationaux gagnent une large audience en Chine et en Inde
- Discovery achète la revue Golf Digest à Condé Nast pour 30 millions de dollars
DATA, AUTOMATISATION, INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, BLOCKCHAIN
- Le Bitcoin au plus haut depuis neuf mois
- Microsoft lance un outil d’identification en open source sur Bitcoin
5G / MOBILES / TELCOS
- Amazon pourrait relancer un smartphone malgré l’échec de son Fire Phone
- Le Royaume-Uni proposera officiellement de la 5G à partir du 3 juillet prochain
- Télécoms : le plafond des appels entre pays européens entre en vigueur ce 15 mai
- Etats-Unis : les sénateurs se demandent comment déployer la 5G sans la technologie chinoise
CINEMA
JEUX VIDEO, eSPORT
- Comment ‘Apex Legends’ et ‘Fortnite’ transforment l’industrie du jeu vidéo
- Les jeux “battle royale” sur mobile génèrent plus de 2 milliards de dollars en deux ans
PUBLICITE, MONETISATION
- Google va mettre de la pub sur sa home mobile
- Google tente d’élargir ses campagnes publicitaires au niveau local
- Google lance de nouveaux formats publicitaires : Gallery Ads, Showcase Shopping Ads, Discovery Ads

- Qwant introduit des publicités pour soutenir la cause de votre choix
- Avec une croissance de 156% en un an , Vice Média se concentre sur la publicité programmatique
OUTILS
- L’écran vert via smart phone !
- AMP Stories: conseils et outils
- Le Bumper Machine de YouTube offre un moyen automatisé de créer des publicités de six secondes
- Bots Twitter qui transforme un thread en fichier texte : Thread en article (pour les lecteurs) TweetToText (pour le rédacteur)
- Mokup Frames : Un outil pour créer des mockup vidéo et Gif de vos app, produits et services
- Google présente Translatotron, un outil capable de traduire instantanément un discours d’une langue à une autre
- Soundtrap for Storytellers : un outil pour réaliser un podcast de A à Z
Retrouvez la sélection des outils Méta-Media sur jTools
ES avec l’équipe Méta-Media
Les Européens multiplient leur consommation d’offres de télévision
Par Barbara Chazelle, France Télévisions, Prospective et MediaLab
Regarder la télévision n’a jamais été aussi compliqué. Les téléspectateurs européens passent désormais — avec plus ou moins de dextérité — d’un service à l’autre pour pouvoir accéder aux contenus de leur choix. L’étude « Univers télévisuel – Royaume-Uni, Suède et Allemagne. Regardons la télévision d’aujourd’hui » réalisée par Gracenote, (groupe Nielsen) et nScreenMedia au premier trimestre 2019 met en lumière le taux d’adoption rapide des services en ligne (y compris de SVOD) qui sont la 2e source de contenus télévisuels la plus populaire après la télévision payante et devant la télévision gratuite.
Les services en ligne en forte progression
La télévision traditionnelle reste la source principale : les Britanniques et les Suédois favorisent la télévision payante (2 téléspectateurs sur 3) alors que les Allemands préfère la télévision gratuite (8 téléspectateurs sur 10).
Mais les services de streaming en ligne type Netflix ont été largement adopté moins de 10 ans après leur arrivé sur le marché : plus de la moitié des téléspectateurs britanniques et suédois regardent des services de streaming payants. En Allemagne, on est à 39%. Les offres en ligne sont ainsi la deuxième source de contenus télévisuels. Pour 31% des Suédois, c’est même leur principale source de télévision, le résultat plus élevé des trois pays étudiés.
Alors qu’il y a 12 ans, la plupart des foyers utilisaient une source unique pour la télévision, aujourd’hui, près de la moitié des téléspectateurs des trois pays étudiés en utilise plusieurs (46% des téléspectateurs britanniques, 52% des Suédois et 42% des Allemands).
Encore minoritaire, certains téléspectateurs consomment ces trois sources : 17% des Britanniques, 14% des Suédois et 11% Allemands.
Le téléviseur reste plébiscité mais le mobile gagne du terrain pour la télévision gratuite
Dans tous les pays, le téléviseur reste le terminal de choix pour regarder du contenu : au Royaume-Uni et en Allemagne, 70% du temps d’écoute total est diffusé sur un écran de télévision et 60% en Suède.
Pour les services en ligne, les télévisions connectées sont privilégiées.
Enfin, la télévision gratuite gagne du terrain sur le mobile grâce aux applications mobiles des diffuseurs. Les téléspectateurs de télévision payante utilisent quant à eux les applications de leur opérateur « TV Everywhere ».
Les téléspectateurs payants consomment davantage de contenus
Les téléspectateurs de télévision payante, seuls ou en combinaison avec une autre source, ont tendance à regarder plus que la moyenne. 38% des téléspectateurs britanniques passent au moins trois heures par jour à regarder la télévision alors que 11% des téléspectateurs allemands sont de gros consommateurs de télévision.
A noter qu’un téléspectateur sur cinq déclare avoir l’intention de quitter son opérateur actuel de télévision payante… même si la plupart se disent néanmoins satisfaits du service.
Concernant les services de SVOD, les abonnés souscrivent désormais à plusieurs offres : 1,7 service en moyenne en Suède, 1,6 au Royaume Uni et 1,5 en Allemagne. Si Netflix est no 1 au Royaume-Uni et en Suède, Amazon Prime Video a su gagner le coeur des Allemands.
Les téléspectateurs en demande d’outils pour trouver des contenus à regarder
L’étude révèle la nécessité accrue de guides de programmes et d’interfaces pertinents pour s’y retrouver dans l’abondance des contenus disponibles.
Pour six téléspectateurs sur dix, les images illustratives des guides ont une influence importante sur leurs choix. Sur les 18-24 ans, ce nombre atteint près de 90%. Les descriptions sont aussi une aide précieuse pour 70% des téléspectateurs britanniques, 65% des Suédois et 57% des Allemands interrogés.
« Il est révélateur que, même si la plupart des utilisateurs regardent en ligne la télévision, les consommateurs ne disposent pas des outils de découverte dont ils ont besoin pour trouver quelque chose à regarder. Des fonctionnalités telles que la recherche vocale et inter-services sont peu utilisées dans chaque pays. Les recommandations en matière de contenu peuvent également être considérablement améliorées, car un quart ou moins des sondés pensent qu’ils reflètent exactement leurs intérêts. » a déclaré Colin Dixon, fondateur de nScreenMedia.
Méthodologie : L’étude de consommation menée de février à mars 2019 a été menée auprès de 1.500 téléspectateurs adultes en Allemagne, au Royaume-Uni et en Suède. Les données ont été pondérées pour représenter la population générale de chaque pays. Les informations recueillies auprès de sources publiques et privées, d’entretiens avec l’industrie et d’autres sources de recherche ont également été utilisées dans l’étude. Le rapport complet est disponible ici.
Hollywood vs. Netflix : la bataille qui redessine l’industrie du cinéma
Par Julien Jourdan, Université Paris Dauphine – PSL
Aux premières heures de l’industrie cinématographique, deux visions pionnières s’affrontent. Le kinétoscope de Thomas Edison offre une expérience individuelle au spectateur qui visionne une œuvre projetée dans une boîte, tandis que cinématographe d’Auguste et Louis Lumière, inspiré de l’invention d’Edison, propose une expérience différente, collective : l’image sort de la boîte pour apparaître sur un grand écran.
Le kinétophone d’Edison. Wikipedia
La vision d’Edison connaît un succès éphémère aux États-Unis, où les clients des Nickelodeons peuvent, contre une pièce de monnaie, visionner un court film. Mais la vision des frères Lumières s’impose dès les années 1910. L’industrie cinématographique – et non « kinétoscopique » – prend son essor. Le cinéma est alors une expérience collective, située dans l’espace (la salle) et dans le temps (la séance).
Un Nickelodeon à Toronto, dans l’Ontario, vers 1910. Wikipédia
Cette double contrainte, spatiale et temporelle, sera ensuite levée par plusieurs vagues d’innovations technologiques successives. La télévision, popularisée à partir des années 1950 et 1960, casse la première la contrainte spatiale : il n’est désormais plus nécessaire de se déplacer dans une salle car les œuvres arrivent directement dans les foyers, par les ondes. Il faut attendre le magnétoscope VHS dans les années 1975, puis le DVD, pour que la contrainte temporelle soit levée.
La libération du contenu
Dès lors, une famille bien équipée peut programmer à sa guise une séance de « cinéma à la maison ». Et enfin, les technologies numériques ont achevé de libérer les œuvres. Il suffit désormais d’un smartphone pour accéder à un film à la demande et ce partout, ou presque.
Au fil du temps, l’écran a rétréci, ainsi que l’audience de chaque terminal : la salle, la famille, l’individu. Le smartphone, cet écran éminemment individuel, a redonné vie à la vision originelle de Thomas Edison.
De la résistance à la croissance
Chaque nouvelle technologie de diffusion produit un double effet. En levant des contraintes, la nouvelle technologie accroît le public touché et augmente la taille du marché. Ce faisant, elle offre une alternative aux offres de diffusion en place et constitue donc pour ces dernières une menace.
Imaginez une montagne au pied de laquelle se tient le public et au sommet de laquelle des créateurs déversent du contenu. À défaut d’une route suffisamment large et praticable, le contenu reste au sommet, loin des yeux du public. Chaque nouvelle route permet à plus de contenu de gagner un public élargi. Plus la route est rapide et pratique et plus le trafic se détourne des autres routes.
Une famille américaine devant la télévision en 1958. Wikipédia
Le déploiement de la télévision a ainsi considérablement étendu le public du cinéma après-guerre en apportant les œuvres directement dans les foyers. Ce faisant, la télévision a détourné le public des salles de cinéma : entre 1945 et 1970, leur fréquentation est divisée par trois. Le même schéma s’est répété dans les années 1980 avec la VHS et les offres de télévision à péage. Ces technologies ont amplifié la diffusion des œuvres, et donc augmenté les recettes, mais au prix d’une réduction supplémentaire d’un tiers du public des salles obscures.
Fréquentation des cinémas français 1938-2018. Julien Jourdan, 2019 (Données : CNC, Insee).
L’inquiétude qui saisit les acteurs en place quand surgit une nouvelle technologie de diffusion est donc tout à fait légitime. La résistance s’organise : il faut en appeler aux autorités, pointer les inéluctables zones d’ombre juridiques, dénoncer le piratage, réclamer plus de régulation pour freiner les nouvelles offres. Rapidement, pourtant, l’évidence s’impose : la nouvelle technologie ne disparaîtra pas. Si chacun est sommé de s’adapter, la tâche est éminemment difficile. Certains trébuchent, disparaissent. La sidération passée, les nouveaux diffuseurs sont invités à la table de négociation. Des accords sont passés – car nul n’a intérêt au conflit. Une fois le choc absorbé, c’est l’ensemble de l’industrie qui croît et se fortifie.
Par la négociation, l’industrie a ainsi ordonnancé et organisé la télévision hertzienne, la VHS, la télévision à péage, le DVD puis le Blu-ray. Une chaîne de diffusion soigneusement partitionnée dans le temps (la « chronologie des médias ») et dans l’espace (par « territoire ») a été graduellement assemblée. En limitant la compétition entre canaux, cette double partition a permis d’accroître le marché des œuvres filmées.
Progressivement, la contribution économique des salles de cinéma s’est réduite au point de ne représenter qu’un cinquième des recettes des studios américains à la fin des années 2000. En France, la télévision, ce redoutable concurrent des salles de projection, est devenue la première source de revenus du cinéma et le premier contributeur financier à la production.
« Hollywood, we have a problem »
La libération progressive du contenu par la technologie a ainsi généré une spectaculaire croissance du marché à l’échelle mondiale. Le 28 décembre 1895, 33 spectateurs avaient assisté à Paris, pour un franc, à la projection organisée par les frères Lumières au Salon indien du Grand Café. Aujourd’hui, plus de deux milliards de personnes ont un smartphone en poche et donc accès à du contenu filmé. Si l’on considère que le taux de pénétration du smartphone est de l’ordre du tiers de l’humanité, le potentiel de croissance est loin d’être épuisé.
Une image de Triple frontière, un film produit par Netflix qui n’a rien à envier aux grosses productions hollywoodiennes. Netflix
Quand la technologie de diffusion numérique apparaît au tournant du millénaire, c’est pourtant, une fois encore, l’inquiétude qui domine. Elle s’accompagne d’une résistance active des acteurs de l’industrie. Le « piratage » permis par la nouvelle technologie est dénoncé et combattu. Si des accords sont finalement trouvés pour intégrer la nouvelle technologie dans la chaîne de diffusion, les premiers résultats sont décevants : la vidéo à la demande (VOD) peine à décoller et les revenus créés ne compensent pas les pertes essuyées sur les autres canaux.
C’est dans ce contexte que Netflix, une société américaine de location de DVD par correspondance, propose en 2007 un service de visionnage en flux continu (streaming). L’offre initiale, modeste par son catalogue et de qualité technique limitée, ne semble pas en mesure de concurrencer les puissants opérateurs du câble et du satellite, qui ne réagissent pas. Non sans hésitation, des détenteurs de droits, studios et chaînes de télévision, négocient pour offrir leur contenu sur la plate-forme. Une nouvelle fenêtre est créée : la vidéo à la demande par abonnement (SVOD) est ajoutée à la toute fin de chronologie des médias, le plus loin possible dans le temps de la sortie en salles.
Chronologie des médias (2018). Julien Jourdan, 2019
Netflix, qui améliore progressivement la qualité de son service, est toutefois en difficulté : la jeune entreprise est dépendante de catalogues de droits détenus par d’autres, qui négocient âprement et lui rappellent sans cesse sa fragilité. Seule solution : remonter la chaîne de valeur et investir dans la production de contenu. La série House of Cards diffusée à partir de 2013 marque de début d’une nouvelle ère : en 2016, un quart du catalogue de Netflix est composé de contenu dit « original » ; en 2018, plus de la moitié du contenu présent sur la plate-forme répond à cette appellation. Entre-temps, le service en ligne s’est propagé aux États-Unis puis dans le monde.
Grandes manœuvres stratégiques
La technologie de diffusion numérique de Netflix, Amazon et quelques autres, est tellement efficace – elle donne accès avec facilité à un large catalogue de contenu partout et à la demande – qu’elle menace d’assécher les autres canaux. Les ventes et locations de vidéo physique, chutent en volume et en prix, au point où leur disparition prochaine semble inéluctable. La télévision à péage subit une hémorragie d’abonnés – un phénomène appelé « cord-cutting ». Les plus jeunes désertent en masse la télévision gratuite financée par la publicité, dont l’audience vieillit à vue d’œil. Seules les salles de cinéma, porteuses d’une autre vision, celle des frères Lumière, semblent encore à l’abri.
Les services de diffusion en ligne connaissent un tel succès que, désormais, ce sont les studios d’Hollywood qui se sentent menacés de dépendance fatale. Un changement de stratégie s’impose : ils projettent désormais de descendre la chaîne de valeur pour proposer leurs catalogues directement au public, en compétition directe avec services de streaming. La menace a changé de camp.
En somme, c’est un double mouvement d’intégration verticale qui s’opère : des diffuseurs se lancent dans la production et des studios se lancent dans la diffusion.
Double mouvement d’intégration verticale dans l’industrie cinématographique. Julien Jourdan, 2019
Ces mouvements d’intégration se doublent d’un impératif stratégique : il faut grossir le plus vite possible à l’échelle mondiale. Car les effets d’échelle sont considérables. C’est une industrie de coût fixe : le coût de production d’un film ou d’une série ne varie pas en fonction de la taille de l’audience. Côté diffusion, Netflix domine aujourd’hui le marché mondial avec ses 149 millions d’abonnés (mars 2019). Côté production, l’absorption de Fox par Disney crée un géant du box-office mondial.
Dix premiers films au box-office mondial en 2018 (en millions de USD). Julien Jourdan, 2019 (Données : Box Office Mojo)
Prochain épisode ?
L’histoire n’est pas terminée. Les stratégies d’intégration verticale dans ce secteur se heurtent à un obstacle majeur : si les clients se soucient peu de l’identité du producteur, ils privilégient en revanche la diversité et la qualité du contenu. Les producteurs, eux, ont intérêt à ce que leur contenu soit disponible sur le plus grand nombre de canaux. Les précédents dans le domaine se sont souvent mal terminés. Ainsi, la fusion AOL-TimeWarner au début des années 2000 s’est soldée par une des plus grosses pertes financières de l’histoire.
Un scénario possible serait que les acteurs intégrés s’allient – ou se marient – pour reconstituer des offres groupées. Le consommateur aurait alors à sa disposition des offres assez proches de celles qui existent aujourd’hui via les bouquets du câble et du satellite. Avec une différence majeure : les opérateurs de service ne seraient plus nationaux mais mondiaux.![]()
Julien Jourdan, Professeur, Université Paris Dauphine – PSL. Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.
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Avec plus de 250 millions d’utilisateurs, Discord n’est plus réservé uniquement aux gamers
Par Barbara Chazelle, France Télévisions, Prospective et MediaLab
Lancé il y a 4 ans, Discord revendique plus de 250 millions d’utilisateurs (comme Fortnite!), soit deux fois plus que l’an dernier. 56 millions s’y connecteraient au moins une fois par mois et 850 millions de messages y seraient échangés chaque jour. Ce service à mi-chemin entre un réseau social et un chat est désormais valorisé à deux milliards de dollars.
Parfois surnommé le « Slack des gamers », Discord a réussi à fédérer une communauté plus large que celle des joueurs en ligne et est, avec TikTok, la nouvelle plateforme vedette des ados.
D’un chat pour les gamers…
La page d’accueil du site annonce la couleur : « L’heure est venue d’abandonner Skype et TeamSpeak. Chat vocal et textuel tout-en-un gratuit, sécurisé, qui fonctionne sur PC et smartphone, et pensé pour les gamers. Arrête de payer pour des serveurs TeamSpeak et de galérer avec Skype. Simplifie-toi la vie. »
L’interface de Discord est en effet relativement intuitive pour qui a l’habitude de passer un peu de temps sur des services en ligne. L’idée, c’est de créer ou de rejoindre des « serveurs », sorte de salons de chat où les utilisateurs se retrouvent et communiquent à l’écrit ou à l’oral (particulièrement utile lorsque ses mains sont prises par des manettes). Chaque serveur a un fonctionnement et des discussions organisées par hashtags (appelées « channels ») propres à sa communauté.
Les serveurs certifiés les plus populaires sont ceux des jeux en ligne à succès : Fortnite, Spellbreak, PUBG, Minecraft, Clash Royale, ZombsRoyale et Rainsbow Six. Les sites Discord.me ou Disboard permettent de trouver des serveurs selon vos centres d’intérêt.
Pour prendre un exemple concret, un joueur va réunir ses fans dans un serveur et échanger avec eux via un channel #livestreaming où ils commenteront une partie en direct ou via un fil de discussion #announcements où le joueur sera le seul à poster un contenu qui intéresse sa base de fans. Là où ça devient intéressant, c’est que ces hashtags couvrent désormais des sujets qui peuvent être assez éloignés de ceux du jeu.
… à une plateforme mainstream ?
Dans cette vidéo de communication de Discord, l’entreprise explique que les utilisateurs du service s’y retrouvent pour « créer des symphonies pour trombones ou pour apprendre une deuxième langue ».
La force de Discord, c’est de proposer un service gratuit, conversationnel, fun, facile à modérer grâce à l’attribution fine de rôles et permissions. C’est un espace personnel, personnalisable et maîtrisé, où l’on peut se protéger des trolls d’une part et de la pression des likes et des commentaires des réseaux sociaux d’autre part. Discord n’est pas régi par un algorithme, la voix de chacun peut être entendue, en tout cas davantage qu’au sein d’une section de commentaires.
Les gamers ont ainsi été rejoint par des créateurs de contenus (youtubers, podcasters, instagrammeurs et autres influenceurs) mais aussi des personnes lambda, dont pas mal d’ados qui s’y retrouvent pour parler de leur journée de cours ou s’échanger des mèmes.
Les défis
Alors que la communauté Discord grandit, elle doit faire face à quelques indésirables. Des groupes de suprémacistes blancs y ont établi domicile et le FBI regarderait de près des serveurs investis par de cybercriminels. Rappelons que Discord ne compte que 165 employés et n’a pas les mêmes moyens que d’autres plateformes pour lutter contre les multiples dérives que voient malheureusement fleurir les espaces de libre expression.
Enfin, la question de la monétisation reste ouverte. Discord a lancé l’année dernière sa boutique de jeux en ligne proposés en illimité contre un abonnement à 9,99 dollars par mois. Et pour bien s’affirmer contre son concurrent direct Steam, Discord a décrété un partage 90/10 avec les développeurs.
Par ailleurs, certains influenceurs ont commencé à faire payer le droit d’entrer sur leur serveur ou pour certains accès ou privilèges, via des services de paiement tel que Patreon. Mais cela ne rapporte rien à Discord pour le moment.
3 places à gagner pour Le FIL, le festival de l’info locale tout sauf décousu
Save the date ! Ouest Medialab organise le festival de l’info locale les 27 et 28 juin au MEDIACAMPUS à Nantes. Au programme : deux jours d’ateliers et de conférences de professionnels venus de toute la France et d’Europe pour partager leurs expériences et bonnes pratiques sur l’information de proximité.
5 défis pour l’info locale
Ce festival sera l’occasion d’aborder les grandes problématiques de l’info. 5 thèmes majeurs ont été retenus :
- Interagir avec le public (Comment engager sa communauté ? Comment cerner les attentes du public ? Comment le faire participer à la production d’information ? Quelles actions d’éducation aux médias mener ?)
- Développer ses contenus (Articles, vidéo, dataviz, newsgame, podcasts, longs formats, stories… Quels formats, quels outils et quels contenus privilégier selon le type d’info traitée et le public visé ? Comment innover dans le traitement d’une rubrique ?)
- Monétiser ses contenus (Abonnement, adhésion, paiement à l’article, sponsoring, crowdfunding, publicité… Quels sont les modèles adaptés à sa structure ?)
- Diversifier ses activités (Production de contenu pour les marques, formation, événementiel, édition, services pro, info-service… : quelles pistes de diversification choisir pour son média ?)
- Animer ses équipes (Comment encourager la collaboration entre les différents services de son média et l’hybridation entre les métiers, expérimenter de nouvelles méthodes de travail, favoriser l’innovation en interne ?)
Pour répondre à ces problématiques plus de 70 intervenants sont mobilisés. Si vous êtes une start-up, ce festival est également une opportunité pour pitcher votre projet ou de candidater à la bourse d’émergence du FIL.
Les 10 keynotes à ne pas manquer :
- Quelles alternatives à Facebook pour des échanges de qualité avec ses internautes
- Créer des podcasts d’info de proximité
- Pourquoi explorer de nouvelles formes de proximité avec des start-ups
- Faire participer les auditeurs à la production de contenus
- Automatiser la rédaction d’infos grâce aux algorithmes
- Innover dans la manière de rencontrer ses lecteurs
- Créer une offre éditoriale sur WhatsApp, Instagram…
- Collaborer entre rédactions : bilan des journocamps Data+Local
- Quand le journalisme de solution change le rapport aux lecteurs
- Pourquoi le réaménagement d’une newsroom a fait évoluer les pratiques
Cliquez ici pour télécharger le programme complet.
3 places à gagner
Méta-Media est partenaire de l’événement et vous fait gagner 3 places.
Il suffit de :
– suivre @metamedia sur Twitter si ce n’est pas déjà fait
– retweeter le tweet ci-dessous
– tirage au sort lundi 20 mai.
Bonne chance !
🎁 3 places à gagner pour le Festival de l’Info Locale les 27 & 28 juin à Nantes
Pour être tiré au sort,
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#infolocale #FoodForThought #Journalisme #JeuConcours pic.twitter.com/lm7zqOPlJ2— Méta-Media FranceTV (@metamedia) 13 mai 2019
Liens vagabonds : opération séduction pour Mark Zuckerberg de passage en France
A retenir cette semaine :
Facebook. Emmanuel Macron a reçu vendredi Mark Zuckerberg. Parmi les sujets abordés, l’élaboration d’une stratégie de régulation d’Internet, que les régulateurs du monde entier veulent désormais appliquer, notamment la modération des contenus haineux. Cette coopération avec les pouvoirs publics intervient dans un contexte compliqué pour la plateforme, après les scandales à répétition. Pour redorer son image, le patron de Facebook part en opération séduction. Contre vents et marées. Le cofondateur de Facebook, Chris Hughes, a appellé à démanteler le réseau social dans une longue tribune accordée au New York Times. Le prix Nobel d’économie, Paul Romer, va dans le même sens en proposant une taxe sur la pub des GAFA pour changer leur modèle d’affaires dangereux pour la démocratie. Facebook serait-il devenu dangereux au point de devoir le quitter ? C’est une question que les médias doivent se poser. Car travailler avec Facebook équivaut à un pacte faustien. Les compromis éthiques sont très importants.
I’m calling for breaking up @Facebook in an essay in the @nytimes. FB has become too big and too powerful, and it’s part of a trend in our economy of an increasing concentration of corporate power. We can fix this: break the company up and regulate it. https://t.co/34rITPfvJ9
— Chris Hughes (@chrishughes) 9 mai 2019
Vice Media / Disney. Alors que Disney avait investi 400 millions de dollars dans Vice en 2015, le géant estime que son investissement ne vaut plus rien et a passé cette semaine une charge pour dépréciations de 353 millions de dollars dans les comptes du média, qui s’ajoutent aux 157 millions du mois de décembre. De son côté, Vice a levé 250 millions de dollars de dette auprès d’investisseurs la semaine dernière.
Et aussi cette semaine :
Suite aux accusations portées par Spotify envers Apple pour abus de pouvoir dans l’App Store, Bruxelles prêt à hausser le ton face à Apple.
Pour porter sa croissance e-commerce en dehors des Etats-Unis, Amazon veut financer l’extension internationale du New York Times et de BuzzFeed dans l’espoir d’augmenter son audience mondiale.
3 CHIFFRES
- 15 millions – ce serait le nombre d’abonnés aux services de musique en streaming de Google
- 13 allers-retours Paris – New-York – c’est ce que représente les mails de 100 salariés
- 71% – des utilisateurs d’Instagram du monde entier ont moins de 35 ans
LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE
Vous trouverez plus d’infographies sur Statista
NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS
- L’Internet des médias sociaux est aussi dangereux que la crise climatique
- Festival de Cannes : comment Netflix, Amazon et cie ont bouleversé le marché
- L’info en continu a-t-elle pris le contrôle de la réalité ?
- Au coeur de l’appareil de surveillance chinois
DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION
- Paywall sur les sites de news : un prix moyen de 15,75 $ / mois dans 7 pays
- Comment AirBnB a conquis le monde, et transformé les villes
USAGES ET COMPORTEMENTS
- Cinéma, Télévision, vidéo en streaming : le bilan 2018 du CNC
- Les réseaux sociaux auraient un effet minime sur les adolescents
SURVEILLANCE, CONFIANCE, DONNEES
- Instagram tente de contenir le harcèlement. Il doit d’abord définir le harcèlement
- Alexa vous a espionné tout ce temps là
- Quatre grands opérateurs telcos US en procès pour vente de données des utilisateurs
- Le Washington Post ne croit pas dans le virage de Facebook vers des discussions privées
- Regain de confiance pour les médias traditionnels en Europe

- L’IA : la solution miracle contre les cyberattaquants ?
- Vie privée : ce que Facebook veut, Google l’a fait
- Apple et Google se battent pour l’avenir de la vie privée
- Trois nouvelles règles à considérer pour Internet
LEGISLATION, REGLEMENTATION
FAKE NEWS, LIBERTE DE LA PRESSE
- Libération des journalistes de Reuters emprisonnés en Birmanie
- Dans la “War Room” de Facebook qui veut protéger les élections européennes
- Christophe Deloire : « Les garanties en vigueur pour l’information et la liberté d’opinion sont en train de sauter »
- Facebook teste un programme de fact-checking sur Instagram
- Fausses vidéos : extension du domaine du fake
- Instagram va commencer à bloquer les hashtags de désinformation sur l’anti-vaccination
- « L’intox c’est nous. », une série de documentaires sur la désinformation numérique
JOURNALISME
- Egalité salariale chez Médiapart, un exemple à suivre?
- Le New York Times lance une verticale à destination des parents pour en faire un produit par abonnement
- Cartographier le champ de bataille pour la prochaine guerre de l’information
- Les médias doivent-ils quitter Facebook ?
- Dans sept pays, le prix moyen du paywall est d’environ 15,75$ par mois
RÉSEAUX SOCIAUX
- Pinterest est la meilleure plateforme pour communiquer de manière émotionnelle avec les utilisateurs
- Twitter permet désormais d’ajouter une photo, une vidéo, un GIF à un Retweet
- Facebook revoit l’indexation de ses vidéos avec de nouveaux critères
- Portée organique des vidéos Facebook : comment l’optimiser en 2019 ?
- YOLO, la nouvelle application tendance sur Snapchat
#1 app YOLO Q&A is the Snapchat platform’s 1st hit https://t.co/nybOM7TsFB by @joshconstine pic.twitter.com/Flf87xw1LV
— TechCrunch (@TechCrunch) 8 mai 2019
PLATEFORMES VIDEOS, OTT, SVOD
STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS
- Comment le pureplayer ‘Bleacher Report’ utilise les stories Instagram pour faire télécharger son application
- La guerre des influenceurs virtuels et réels aura-t-elle lieu ?
- Netflix continue ses épisodes interactifs avec Unbreakable Kimmy Schmid
- Avantages et inconvénients de l’utilisation de la réalité augmentée au sein des rédactions
- Comment les journalistes peuvent utiliser Instagram pour informer et engager leur public
- Immersion sonore : 5 pratiques hypnotisantes qui vous détendront pour de bon
- Des marques ont-elles recours à de faux journalistes pour améliorer leur visibilité ?
MMERSION, 360, VR, AR
- Ces astuces qui permettent de transformer la réalité virtuelle en “vraie” réalité
- Valve Index : rupture de stock en 30 minutes, le nouveau boss de la VR ?
- Microsoft dévoile un contrôleur haptique pour saisir des objets dans la VR
AUDIO, PODCAST, BORNES
- Le Parisien et Les Echos lancent un podcast quotidien long format (20 min) avec Binge Audio
- Spotify Stations débarque sous iOS en commençant par l’Australie
- Une nouvelle entreprise donnera aux podcasteurs jusqu’à 50 000 dollars pour les aider à se développer
- Google et Amazon, coude à coude sur le marché des enceintes connectées
- Comment l’évolution de Google Assistant va nous simplifier la vie ?
- Vous pouvez désormais lire des podcasts directement dans les résultats de recherche Google
SPORTS
DATA, AUTOMATISATION, INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, BLOCKCHAIN
- La cryptomonnaie de Facebook se concrétise
- IA et éthique : rendons-nous nous la tâche plus difficile ?
4K, U-HD, 8K, HDR
5G / MOBILES / TELCOS
- Iliad, maison-mère de Free, reprend des couleurs… mais perd encore des abonnés
- L’Allemagne teste la diffusion de la TV par la 5G
- L’équation de la 5G
CINEMA
- Le Festival de Cannes face à la déferlante du streaming
- « Avec “Avengers”, Hollywood confirme la domination mondiale de l’Amérique »
- Attendu depuis 2009, Avatar 2 est repoussé par Disney à décembre 2021
JEUX VIDEO, eSPORT
- Lancement de la saison 9 de Fortnite avec de nouveaux éléments futuristes
- Avec la PlayStation 5, Sony veut en finir avec les temps de chargements
PUBLICITE, MONETISATION
- La pub qui cible nos émotions, est-ce vraiment éthique ?
- Etats-Unis : La publicité numérique a dépassé les 100 milliards de dollars en 2018 ; cf le rapport complet ici
- Comment les mesures de protection de la vie privée de Google entraîneront des changements dans les technologies publicitaires
- Publicité digitale : quelle(s) plateforme(s) choisir ?
PUBLICITE, MONETISATION
- La pub qui cible nos émotions, est-ce vraiment éthique ?
- Etats-Unis : La publicité numérique a dépassé les 100 milliards de dollars en 2018 ; cf le rapport complet ici
- Comment les mesures de protection de la vie privée de Google entraîneront des changements dans les technologies publicitaires
- Publicité digitale : quelle(s) plateforme(s) choisir ?
OUTILS
- Pdf.to : Un outil pour convertir les PDF en Word, Excel, JPG, Word… et inversement
- Pocket, l’outil pour recréer votre liste de lecture d’articles
- YouTube : cette modification toute bête pourrait faire économiser 500 000 tonnes de CO2 par an
- Ce cours en ligne gratuit de l’INRIA vous apprend à maîtriser votre vie privée sur Internet
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10 newsletters auxquelles les journalistes devraient s’abonner
Par Barbara Chazelle, France Télévisions, Prospective et MediaLab
Tous les journalistes vous le diront : ils ont le nez dans le guidon de l’actu. Pas toujours évident de suivre les mutations du marché des médias, de faire une veille sur les nouvelles pratiques, les formats, les outils… Bonne nouvelle, de nombreuses newsletters vous mâchent le travail.
Si ce n’est pas déjà fait, n’oubliez pas de vous abonnez aussi à notre newsletter en nous envoyant un mail : meta-media@francetv.fr
NiemanLab, The Daily Digest
Mise en avant des derniers (excellents) articles parus la veille du NiemanLab et suggestions d’une petite dizaine de liens. En anglais.
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Axios, Media Trends
Axios propose 20 newsletters thématiques, allant de la politique américaine à l’astronomie en passant par les voitures autonomes. Une petite dizaine de sujets sont sélectionnés chaque jour et traités comme des articles. La newsletter Media Trends est un must, mais on vous recommande aussi Axios Trends et Axios Future. En anglais.
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Atlantic, The Five/Seven
Média, technologie, stratégie. Le digest de Atlantic 57, en cinq sujets recontextualisés qui ont marqués la semaine. En anglais.
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Flint Media, Jeff
Flint Media propose une veille personnalisée grâce à l’intelligence artificielle. Jeff, le robot spécialisé sur la mutation des médias, envoie chaque jour une dizaine de liens. Pour les plus pressés. En français.
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Adriana Lacy, The Social Status
Éditrice en charge de l’engagement au Los Angeles Times, Adriana Lacy propose sa sélection d’articles sur une thématique qui change toutes les semaines. En anglais.
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AmericanPress Institute, Need to know
7 sujets résumés, avec parfois avec des liens complémentaires pour aller plus loin. Envoyée quotidiennement très tôt outre atlantique, elle est ainsi la première newsletter américaine à arriver dans nos boites aux lettres. En anglais.
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Digiday, Media
Plusieurs newsletters de grande qualité sont proposées par Digiday. Nous recommandons évidemment la quotidienne Media. La newsletter UK/Europe Newsletter offre une perspective un peu plus large. En anglais.
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Poynter, Try This et/ou Tools for reporters
Comme leurs noms l’indiquent, ces newsletters proposent une sélection d’outils pour les journalistes bidouilleurs qui veulent gagner du temps. En anglais.
Inscription ici pour Try This et ici pour Tools for reporters
Datagif, Medias
Plus orientée éditorial et design, l’agence créative web Datagif propose une sélection commentée de liens toutes les deux semaines. En français.
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Radio France, HyperRadio
« La newsletter de la radio de demain » pour tous ceux qui s’intéressent au son, à la radio et aux podcasts. Une sélection de 3 articles résumés et un agenda des évènements médias et tech sont envoyés tous les vendredis. En français.
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European Journalism Centre
Le Centre Européen du Journalisme propose 7 newsletters, certaines mensuelles, d’autres toutes les deux semaines. Nous recommandons Conversations with Data. En anglais.
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Liens vagabonds : Facebook veut être plus « privé », d’ailleurs la presse n’en a pas besoin pour vivre
A retenir cette semaine :
Facebook (encore) avec sa KEYNOTE F8 et le “Pivot to Privacy” : Mark Zuckerberg annonce un virage vers un “Facebook plus privé” pour passer outre les récents scandales. L’application mobile de Facebook fait peau neuve, les communications via Messenger sont mieux protégées, et les êtres réels, plus que des « amis » virtuels, rapprochés, y compris en favorisant les rencontres amoureuses (fonctionnalité à fort potentiel sinistre, ou pas). Facebook veut faire éclater la bulle de filtre qu’il a lui-même créée, et certains s’inquiètent déjà des problèmes que ce changement de cap pourrait engendrer.
Comment croire à une intention sincère ? Il met cependant dehors tout personnage qui pourrait nuire à notre espace privé, en supprimant les comptes d’extrémistes de droite. Et pour rester confortablement dans notre bulle, il veut même lancer sa propre crypto-monnaie tout en déployant bientôt ses écrans connectés dans nos salons en Europe. Pour autant Facebook n’abandonne pas totalement l’idée d’un réseau social en faisant d’Instagram le nouveau Facebook.
PRESSE ECRITE – Bonnes nouvelles du côté des journaux : grâce à une politique pour inciter aux dons et une réduction drastique des coûts tout en épargnant au mieux la rédaction, le Guardian a éliminé sa perte de 60 millions de livres en trois ans et affiche ses premiers bénéfices depuis 1998 ! En même temps, le podcast du New York Times, “The Daily”, rassemble 2 millions d’auditeurs par jour. Le Washington Post, de son côté, génère des revenus avec son CMS.
Et aussi cette semaine : Samsung présente la première télé verticale et LinkedIn réalise de très bon résultats depuis son rachat par Microsoft. La Russie vote pour son Internet souverain – pour ne pas la laisser sortir ou pour ne pas laisser entrer l’information ?
3 CHIFFRES
1,2 milliard de dollars – c’est la somme levée par les start-ups françaises entre janvier et mars 2019
4,5 milliards de dollars – c’est la somme qu’Apple versera à Qualcomm
100 millions – c’est le nombre d’abonnés premium sur Spotify
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NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS
- Des études de sociologie pour IA
- Intelligence artificielle : « La complexité de la modélisation du cerveau humain a toujours été sous-estimée »
- La guerre pour la Télé de demain
- Forme = contenu – un bon podcast peut-il mal sonner ?
- Est-ce que notre smartphone nous tue ?
DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION
- Internet est malade et ça va empirer avant de s’améliorer
- Du droit de travail sur YouTube
- Google pourra lancer des livraisons par drones aux Etats-Unis
- Le miracle de Microsoft
- Basé sur un modèle culturel communiste, Huawei a du mal à se faire accepter à l’Ouest
USAGES ET COMPORTEMENTS
- Samsung pense que les millenials veulent une télé verticale. Il a sans doute raison
- Près de 2,38 milliards de personnes utilisent désormais Facebook
- Dans 50 ans, il y aura plus de morts que de vivants sur Facebook
- Plus de la moitié de la population sud-coréenne joue à des jeux sur smartphone
- Prévoir la météo grâce aux données de nos smartphones
- +72% de hausse de la consommation de la télévision en streaming
SURVEILLANCE, CONFIANCE, DONNEES
- Google va permettre aux utilisateurs de supprimer automatiquement leurs données de localisation et d’activité
- Apple s’attaque aux applications qui combattent la dépendance à l’iPhone
- Facebook ouvre ses données pour la recherche
- RGPD : « En France, nous restons dans une logique de pas vu, pas pris »
- Dans sa négociation avec Facebook, la FTC pourrait ajouter une clause pour une meilleure surveillance des données des utilisateurs
LEGISLATION, REGLEMENTATION
- Poutine promulgue la loi pour “Runet” pour un internet russe souverain, qui se passe des serveurs US
FAKE NEWS, LIBERTE DE LA PRESSE
- La haine progresse sur les réseaux sociaux
- Notre-Dame : « Youtube a montré les limites du fact-checking automatisé »
- Comment les réseaux sociaux vont-ils lutter contre les fake news pendant les Européennes ?
- En Allemagne, l’extrême droite écrase les autres partis sur Facebook
- Au cours de la dernière année, Facebook a quadruplé ses partenaires de fact-checking
- UnNews: Un index des sites d’informations non fiables
- Comment le Washington Post combat les Fake News avec WhatsApp
- L’inquiétant réalisme des vidéos deepfake :
JOURNALISME
- Sur les chaines d’info en continu, les panels d’experts ont tendance à remplacer les journalistes sur les breaking news
- Une formation au journalisme mobile aide les journalistes-citoyens soudanais à raconter leurs propres histoires
- Conseil aux journalistes : passer moins de temps sur Twitter, et plus de temps à étudier les mathématiques
- La PQR est le média le plus crédible aux yeux des Français
- Comment Fox News a dominé Facebook pendant l’ère Trump
- Fox News n’est pas le problème, c’est l’obsession des médias pour Fox News
- Journalisme : accorder plus de place aux femmes dans vos sources pourrait augmenter l’engagement de votre audience
- En tant que journalistes, notre besoin de raconter une histoire nous met-il sur la mauvaise voie par défaut?
- Pour ProPublica, l’investigation n’a pas de prix
RÉSEAUX SOCIAUX
- Facebook en a marre des vendeurs de bot Instagram
- Twitter a-t il conservé des données sur les tendances politiques des journalistes ?
- Twitter étend sa gamme de vidéos en direct
- Facebook accusé d’entraver les études de sa plateforme publicitaire pour comprendre les phénomènes de désinformaiton
- L’ascension et la chute de l’économie du souvenir de Facebook
- Facebook, Instagram, WhatsApp : toutes les annonces du F8
- Facebook Messenger dans une nouvelle version desktop
PLATEFORMES VIDEOS, OTT, SVOD
- Disney et Comcast risquent de perdre des milliards en retirant leurs programmes de Netflix et d’autres plateformes de VOD
- Pourquoi Disney+ n’est pas un concurrent sérieux pour Netflix
- Altice USA achète la plateforme de streaming Cheddar pour $200 millions
- Le son sera désormais meilleur sur Netflix
- Barack et Michelle Obama travaillent sur une série de programmes avec Netflix
- Une nouvelle fonctionnalité sur YouTube préviendra quand un média est doté d’un financement public
STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS
- Comment les spécialistes du marketing testent Tik Tok
- Le monde du journalisme gastronomique fourmille de récits innovants
AUDIO, PODCAST, BORNES
- RedCircle, une nouvelle plateforme de promotion de podcasts
- Podcast audio : un nouveau filon pour la publicité
- La terrible vérité sur Alexa
- Spotify teste une playlist qui inclut des podcasts
- Alexa, Google Asssistant et Cie, peuvent-ils vraiment améliorer notre vie ?
SPORTS
- YouTube diffusera 13 matchs de la MLB (Baseball) cette saison en exclusivité
- Roland Garros : Les innovations 2019 de France Télévisions ; la 8K en direct par la 5G
DATA, AUTOMATISATION, INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, BLOCKCHAIN
- Comment maîtriser les risques liés à l’intelligence artificielle ?
- Intelligence artificielle : les défis de l’apprentissage profond
CINEMA
JEUX VIDEO, eSPORT
- Le grand plan de Snapchat pour transformer le réseau social en une plate-forme de jeu
- Sony approche les 100 millions de PS4 vendues dans le monde
- À Montpellier, Wild Sheep Studio travaille avec le géant japonais Sony
- «Final Fantasy XII» arrive sur Switch et Xbox One
- Les créateurs de ‘Fortnite’ viennent d’acheter le studio qui se cache derrière le jeu vidéo à succès ‘Rocket League’
PUBLICITE, MONETISATION
- Pari du NYTimes qui croit de moins en moins dans l’ultra-ciblage publicitaire
- El Pais propose un outil pour “sécuriser”les espaces pub dans les news
- Le mobile représente 64% des inventaires publicitaires
- Google souffre du ralentissement de ses revenus publicitaires
- Sur Instagram et sur Snapchat, le marché en plein boom du filtre à selfie
- Spotify teste des pubs activées par la voix
OUTILS
- Overcast permet de réaliser de courts clips partageables et de transformer un extrait de podcast en vidéo
- SumAll, un outil pour jauger votre présence sur les réseaux sociaux
- metrics.coffee : vos principales statistiques social media livrées chaque lundi matin dans votre boîte mail
👓 will disrupt📱 pic.twitter.com/6pEqf7H1g5
— Vala Afshar (@ValaAfshar) 3 mai 2019
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#Tribeca 2019 : la technologie au service d’une narration toujours plus immersive
Par Annick Jakobowicz, Recherche narrative à la Direction de l’Innovation et de la Prospective de France Télévisions
Le festival du film de Tribeca fait partie des pionniers de l’exposition d’œuvres en VR. Pour cette édition 2019, qui ferme ses portes le 5 mai, plus d’une vingtaine d’expériences sont présentées dans les sections Virtual Arcade et Cinema 360 au cœur du Lower Manhattan. Cette sélection d’une très grande qualité montre une évolution importante dans les possibilités de narration et d’immersion qu’offre la VR, aidée par le réel sous forme de décor, et de comédiens présents avec les installations.
Tribeca 2019 met en évidence l’importance des installations physiques autour de chaque expérience interactive, participant à une plus grande immersion encore de l’utilisateur. Au-delà de la mise en place d’un décor, créant un sas entre le monde réel et le monde virtuel, plusieurs installations intègrent même la présence d’un comédien, lien supplémentaire entre le monde réel et l’univers et l’histoire qui sont présentés. C’est ce que proposent, entre autres, The Key, réalisé par Céline Tricard (aussi Chef op de 7 Lives) et Wolves in the walls: It’s all over, réalisé par Pete Billington. Voici quelques expériences marquantes de réalité étendue de cette édition 2019 du Tribeca Immersive.
La rencontre entre virtuel et réel
Dans The Key, la mise en scène portée par une comédienne nous fait pénétrer progressivement dans l’univers de l’expérience. Nous découvrons, avant de mettre le casque, des tableaux représentant cet univers, et nous recevons quelques recommandations avant de plonger dans un voyage allégorique à la rencontre d’un monde de réfugiés d’une forte puissance poétique et empathique. L’expérience propose des interactions qui font avancer le récit et se poursuit encore quelques minutes dans le même décor après avoir retiré le casque.
Ce type de dispositif accroit le potentiel de la VR à générer de l’empathie avec des personnages en animation comme dans Wolves in the walls de Pete Billington et Jessica Yaffa Shamash, dont on découvre ici les deux premiers chapitres de cette expérience en construction. Une comédienne nous accueille et nous fait découvrir le décor dans lequel nous allons évoluer pour nous amener ensuite à mettre le casque VR comme un accessoire naturel. Une fois le casque installé, nous rencontrons le personnage de Lucy, petite fille de 8 ans et redécouvrons, en animation cette fois, le décor dans lequel nous étions entré. Dans cette expérience nous incarnons l’ami imaginaire de Lucy, persuadée que les murs de sa maison sont habités par une horde de loups. Nous pouvons interagir avec elle et l’aider dans sa quête de preuves. On n’est pas loin d’oublier qu’il s’agit d’un personnage animé dans une expérience VR !
Traitor de Lucy Hammond, produit par le Pilot Theater, une compagnie de théâtre anglaise, est un « Storyscape« , mélange d’Escape Game, de réalité virtuelle et de théâtre immersif. Là aussi vous êtes accueilli par un comédien qui vous explique votre mission : retrouver une jeune fille disparue. Vous allez devoir collaborer avec un autre joueur pour la remplir. Autre expérience testée, Gymnasia, réalisé par Chris Lavis et Maciek Szczerbowski, nous plonge dans un univers de souvenirs fantastiques constitués d’images 3D et de marionnettes étranges. Certaines de ces marionnettes se sont même échappées de l’expérience et il est possible de les rencontrer au détour d’une allée dans la vie réelle !
Immersion dans les séries à succès
Doctor Who : The Runaway propose un voyage en animation à bord du célèbre Tardis, la cabine téléphonique/vaisseau du Doctor Who qui permet de voyager dans le temps. Prolongement de la célèbre série de la BBC, cette expérience est réalisée par le Français Mathias Chelebourg.
Egalement, Game of Thrones, The Dead must die, une expérience en réalité augmentée développée autour de l’univers de Game of Thrones par Magic Leap. Contrairement à ce que peut laisser penser la bande-annonce, on ne voit pas les images en entier. Le champ de vision prend la forme d’une meurtrière horizontale. Même si ces images sont d’une excellente qualité, il faut bouger la tête de haut en bas pour pouvoir découvrir l’intégralité du personnage qui vient se superposer au lieu dans lequel vous êtes. Expérience quelque peu déceptive !
Jan Kounen présente deux oeuvres en VR
Deux expériences réalisées par Jan Kounen, cinéaste français auteur notamment de Blue Berry, 99 Francs et Doberman sont présentées à Tribeca 2019, qui confirment l’intérêt croissant du cinéma pour les écritures immersives et interactives.
D’abord, 7 Lives, première création en réalité virtuelle réalisée par Jan Kounen et écrite par Charles Ayats et Sabrina Calvo, qui mêle à la fois prises de vues réelles stéréoscopiques et images de synthèse. Les séquences d’interaction au cœur même du film proposent une expérience inédite et particulièrement immersive pouvant provoquer un impact émotionnel fort. Cette fiction de 20 minutes marque la rencontre du cinéma et du jeu vidéo. L’histoire se construit à partir du suicide d’une jeune fille dans le métro de Tokyo. L’accident ravive chez les témoins de la scène un traumatisme, des souvenirs douloureux. Pour sortir de son errance, l’âme de la jeune fille devra les aider à trouver la paix…
Voir cette publication sur Instagram
Partir dans la forêt amazonienne pour un voyage chamanique sans avoir pris la moindre substance, c’est possible avec Ayahuasca ! Pour cette deuxième expérience, Jan Kounen a reconstitué un voyage intérieur puissant qui propose aux spectateurs des visions inspirées par la consommation de la drogue éponyme. Simplement se laisser porter par la qualité des images, les paroles du chaman et la musique.
Immersion dans l’Histoire
Arrivé au fond de la salle dédiée à la VR, on pénètre dans l’univers des tranchés de la première Guerre Mondiale avec War Remains, réalisé par Brandon Oldenburg. Portée par la narration de Dan Carlin, journaliste et podcasteur populaire outre-Atlantique, l’expérience immerge l’utilisateur dans une reconstitution des combats et de la vie dans les tranchés de la Première Guerre mondiale. Un sac sur le dos et la technologie du HTC Vive permettent à l’utilisateur de déambuler dans l’espace comme s’il était vraiment dans une tranchée et de toucher le décor mis en place qui correspond à celui projeté dans le casque. Une immersion plus vraie que nature.
Quelques autres expériences à noter :
Avec Drop in the Ocean, de Adam May, Chris Campkin et Chris Parks, direction le fond des océans debout sur une gigantesque méduse pour découvrir les formes de vie dans les profondeurs et l’impact environnemental de la pollution par le plastique. Expérience à plusieurs, mais sans interaction.
Ello de Haodan Su. Une jolie animation chinoise en VR sur la solitude et l’amitié.
Common Ground, de Darren Emerson, explore l’histoire d’Aylesbury Estate, un complexe de logements sociaux situé dans le sud de Londres et construit dans les années 60. Une expérience documentaire mélangeant prises de vue avec drone en 360, interviews et reconstitutions en animation. Remarquable pour la manière dont ces différentes techniques se juxtaposent et s’intègrent dans la narration documentaire.
Plusieurs autres expériences sont proposées, mais impossible de les tester toutes. Il ressort, de celles expérimentées, l’importance essentielle du travail sonore pour contribuer à la qualité d’immersion. L’animation, plus simple à mettre en œuvre que l’image réelle, reste encore la technique la plus utilisée par beaucoup de créateurs. Et on peut constater une présence importante d’auteurs et experts français y compris sur des projets internationaux.
Pour conclure, la qualité des narrations proposées et le potentiel émotionnel puissant de la VR ne cesse de se confirmer.
Image d’illustration : Ello, présenté à Tribeca © Tribeca Film Festival
Comment l’intelligence artificielle peut-elle aider la création
Par Benjamin Hoguet, auteur et concepteur d’oeuvres interactives et transmedia. Billet invité, présenté dans le cadre d’un partenariat éditorial entre la plateforme FMC Veille du Fonds des Médias du Canada (FMC) et Méta-Media. © [2019] Tous droits réservés.
L’IA peut-elle être à l’origine d’une création artistique ? Les dernières créations de « robots artistes » tendent à le démontrer. L’espèce humaine ne serait plus seule dépositaire de l’art. Plutôt que d’assister de manière passive à cette nouvelle forme de concurrence, essayons de voir comment nous pouvons associer l’intelligence artificielle à l’humain dans le processus de création artistique.
La toute première place de l’IA dans la création, c’est bien sûr celle du sujet. Et cela dure depuis une éternité (on y fait déjà presque référence dans le plus vieil ouvrage de science-fiction connu, daté du IIe siècle av. J.-C.).
Cette vieille obsession est d’ailleurs sans doute la cause d’une certaine crainte, voire d’une aversion, de l’intelligence artificielle. C’est d’ailleurs un réflexe plutôt sain, mais il serait dommage qu’il nous pousse à occulter les possibilités vertueuses qu’offrent tout de même les technologies issues de l’IA.
Quand l’IA débarque dans le monde artistique, un premier réflexe pour certains peut être d’en balayer l’attrait ou le potentiel: « Aucune machine ne pourra remplacer la créativité humaine, enfin ! » Mais est-ce bien le cas ? Ou s’agit-il d’une maxime qu’on se répète pour se rassurer ?
À la recherche de la juste place de l’IA
L’intelligence artificielle – terme aux frontières mouvantes en fonction des époques et des milieux – trouve déjà son utilité « autour » des œuvres créatives pour en améliorer la distribution. Parmi les acteurs puissants du moment, c’est Netflix dont on parle peut-être le plus souvent. Bien des articles font grand cas de ses algorithmes de recommandations, de son utilisation du big data pour prédire le succès de sa série House of Cards ou encore de ses programmes d’apprentissage machine (machine learning en anglais) qui apprennent petit à petit à vous recommander des contenus de façon personnalisée.
Les visuels associés aux programmes changent en fonction des utilisateurs pour optimiser leur propension à cliquer
Mais concentrons-nous sur l’acte créatif. Où placer l’intelligence artificielle dans nos façons d’écrire et de penser ? Trois grandes possibilités semblent aujourd’hui émerger : utiliser l’IA comme support de diffusion, programmer puis laisser l’IA créer « seule » et collaborer avec l’IA.
Les IA pour diffuser des œuvres innovantes
Parmi les plateformes sur lesquelles les intelligences artificielles sont les plus mises en avant, difficile d’échapper aux assistants vocaux. Qu’ils soient installés dans votre téléphone intelligent ou dans des haut-parleurs intelligents comme Amazon Alexa ou Google Home, ces assistants prennent une place de plus en plus importante dans nos usages quotidiens.
Parmi les premières expériences concluantes, la fiction de science-fiction de la BBC The Inspection Chamber, les histoires sonores interactives pour enfants de Storyflow ou encore l’enquête dont vous êtes l’enquêteur dans l’univers de Batman The Wayne Investigation ont su tirer parti des fonctionnalités basiques des haut-parleurs intelligents. Plus récemment, ce sont les adaptations audio pour Alexa des célèbres livres dont vous êtes le héros qui ont fait parler d’elles.
Toutefois, il faut bien avouer que ces œuvres n’utilisent qu’une petite fraction du potentiel des assistants vocaux intelligents. Le résultat final est une histoire à embranchement, assez proche dans la structure de ce qu’a pu proposer l’épisode interactif de Black Mirror, Bandersnatch.
Pour aller plus loin, il faudrait commencer à considérer l’entité elle-même – qu’elle s’appelle Alexa ou Google Assistant – comme une interlocutrice ou une actrice de l’histoire. Mais cette œuvre-là n’a pas encore vraiment émergé…
Le grand public devra attendre encore un peu avant de pouvoir véritablement interagir avec une histoire portée par une intelligence artificielle digne de ce nom. Alors, aujourd’hui, pour voir les IA s’exprimer, il faut passer à l’arrière-boutique de la création.
Quand les IA prennent la plume
En 1957, Illiac Suite est devenue la première partition composée par un système informatique. L’œuvre – une suite pour quatuor à corde – est musicalement proche d’un morceau classique :
Une prouesse, même si la musique est régie par des lois mathématiques qui n’ont pas vraiment cours dans d’autres mondes créatifs. Alors, comment nourrir une IA conteuse d’histoires si les règles logiques ne suffisent pas?
Aujourd’hui, la logique dominante consiste à lui donner à consommer des œuvres préexistantes. Pour produire une publicité de voiture, la marque Lexus a fait appel au programme d’intelligence artificielle d’IBM baptisé Watson. Sa programmation a consisté en l’ingestion de quinze ans de publicités primées. Et le résultat est donc hautement inspiré par cette filiation, au point où il est difficile d’y voir une quelconque originalité.
Une pub de voiture de luxe, inspirée par des pubs de voitures de luxe, ressemble donc à une pub de voiture de luxe…
Le même procédé a été utilisé par un étudiant, Zack Thoutt, pour faire produire à une IA la suite des romans Game of Thrones. Le programme s’est donc basé sur les tomes précédents pour « imaginer » une suite. Et malgré le faible nombre d’écrits utilisés, le résultat est une histoire généralement cohérente et crédible avec l’univers de l’auteur.
Autour de ces techniques, l’enjeu pour les créateurs devient donc de choisir judicieusement des « matériaux créatifs de base », car un ensemble trop disparate risque de produire un style trop peu marqué…
Et gare aux effets pervers: en développant Yurie, une IA conversationnelle à partir d’écrits français libres de droits (et donc anciens), ses créateurs ont découvert qu’elle tenait régulièrement des propos sexistes. Un bien triste héritage…
Au-delà de ces risques, la méthode est prometteuse, bien qu’elle soit largement perfectible… À ce titre, deux courts métrages ont fait beaucoup parler d’eux en raison de leur distribution de vedettes hollywoodiennes: Sunspring en 2016 et Zone Out en 2018.
Chaque fois, le résultat est probant, mais les incohérences restent encore trop nombreuses pour se laisser happer par l’histoire. Trop souvent, il apparaît que l’IA perd le fil de sa propre histoire: son incapacité à préserver une continuité narrative est une critique récurrente formulée à l’égard des formes créatives de l’intelligence artificielle.
Alors, comment ces imperfections peuvent-elles être gommées? Bien sûr, une première solution serait technologique. Les méthodes d’apprentissage machine s’amélioreront rapidement et permettront peut-être de meilleurs résultats. Mais une autre voie est d’ores et déjà permise: la collaboration créative entre l’humain et la machine.
Humain et IA, raconteurs ensemble
Shelley est une intelligence artificielle qui vous raconte des histoires terrifiantes. Pour l’entraîner, ses concepteurs ont suivi les recettes détaillées plus haut: Shelley a « lu » plus de 140 000 histoires publiées sur r/NoSleep – un forum de Reddit.
L’amorce de l’histoire est publiée sur Twitter et la suite est écrite par l’IA en s’appuyant sur les réponses des utilisateurs. L’« apprentissage » de la machine est donc un de deux piliers sur lesquels ces histoires reposent, l’autre étant la participation humaine.
Il en résulte une sorte de « cadavre exquis humain-machine » dont la qualité est variable, mais dont l’originalité et la cohérence sont renforcées par les collaborations avec des utilisateurs aux idées et aux styles différents.
Dans toutes ces créations collaboratives, l’enjeu est de trouver le bon équilibre, de savoir ce qu’on attend de chacune des deux entités derrière l’histoire. Le rôle de l’IA évoluera donc en fonction de l’œuvre et du besoin créatif.
L’équipe derrière le roman The Day a Computer Writes a Novel – qui a failli remporter un prix littéraire en 2016 – a donné à l’intelligence artificielle un rôle assez minime au final. Ses concepteurs ont écrit un roman, que l’IA a ensuite décomposé et recomposé pour le schématiser, contribuant ainsi seulement à 20% de l’œuvre.
À l’inverse, la dynamique créative derrière Progress Bar semble bien plus vertueuse et équilibrée: dans ce film écrit et réalisé par un humain, le programme a scénarisé les dialogues d’un personnage (lui-même une forme d’IA).
Immédiatement, le résultat s’avère bien plus proche de ce qu’on attend d’un film. Il devient plus difficile de différencier ce film d’un autre qui aurait été entièrement scénarisé par un être humain. Enfin, aujourd’hui, la collaboration avec la machine permet d’effacer les imperfections de ses histoires.
Mais cela va, et doit aller, au-delà. L’apport de l’IA pave la voie pour le créateur humain d’y trouver l’inspiration et – pourquoi pas – d’y voir se définir une personnalité pour ses personnages ou encore une meilleure structure pour son récit. Dès lors, la question qui se pose est la suivante: entre scénaristes humains, intelligences artificielles et programmateurs de ces entités, comment répartirons-nous le mérite ainsi que les droits d’auteur ?