En immersion dans les coulisses de la soirée électorale
Par Alexandra Yeh, France Télévisions, Direction de la Prospective
C’est un drôle de manège qui a eu lieu dimanche 7 mai au siège de France Télévisions. Le temps d’une journée – et surtout, d’une soirée, le 7 esplanade Henri de France est devenu une impressionnante fourmilière entièrement dévouée à sa mission du jour : couvrir la fin de la campagne électorale et l’annonce du huitième Président de la Vème République.
Méta-Media s’est glissé dans les coulisses des plateaux télé pour vous faire vivre cette élection au plus près.
Une ambiance bouillonnante, mais studieuse et chronométrée à la seconde près : c’est l’impression que nous gardons de cette soirée pas comme les autres. Des techniciens en régie aux animateurs sur les plateaux, en passant par les journalistes, les infographistes ou encore les maquilleuses, ce sont tous les corps de métier qui étaient sur le pied de guerre dimanche pour assurer une dizaine d’heures de direct.
Le but : couvrir la soirée électorale sans accroc, et surtout mener à bien la mission du service public ; celle de délivrer une information fiable et complète pour assurer les bonnes conditions du débat démocratique.
Ce qui distingue France Télévisions des autres chaînes ? Pour Pascal Doucet-Bon, rédacteur en chef de la soirée sur France 2, la réponse tient en deux éléments : pédagogie et force de frappe. Pédagogie, d’abord, pour assurer cette mission d’intérêt général en proposant un contenu intelligent mais surtout intelligible, qui s’adresse à tous les citoyens. Force de frappe, ensuite, pour assurer la couverture de la soirée la plus complète et la plus exhaustive possible, et ainsi faire vivre l’élection aux téléspectateurs au plus près.
Le rôle de Pascal Doucet-Bon, dans cette machine bien huilée, consiste à faire des choix, à décider de ce qui sera diffusé à quel moment, et surtout à être le garant de la ligne éditoriale de la chaîne.
Du côté technique, c’est un autre éclairage de la soirée qui nous est proposé par Didier Froehly : professionnel aguerri tant dans le divertissement que le sport ou la politique, le réalisateur de la soirée du second tour de France 2 explique que l’enjeu au cœur de ces grands rendez-vous démocratiques donne une toute autre dimension – et une pression certaine ! – aux soirées électorales. Une pression qui s’est apaisée pour lui entre le premier et le second tour, cependant, car comme il l’explique :
« Il n’y a plus que deux candidats, donc plus que deux PC à exploiter [c’est-à-dire les permanences des candidats, d’où sont envoyées les images à diffuser, NDLR]. Nos axes [caméra] ont été vus au premier tour donc au deuxième tour, on déroule ».
Le son de cloche est bien différent en revanche chez les journalistes, sous pression pour assurer le direct de la soirée la plus importante de l’année : le challenge pour Marie-Sophie Lacarrau, chargée d’analyser les tendances sur les réseaux sociaux et Google sur France 2, était bien de décrypter et commenter les réactions des réseaux sociaux à chaud, sans pouvoir préparer en amont ses interventions ! Idem pour Djamel Mazi, journaliste de Franceinfo qui a passé la soirée à arpenter les couloirs de France Télévisions pour interviewer les invités politiques de la soirée à la volée et proposer ainsi des entrevues plus informelles, hors du cadre solennel des plateaux télé. Un format qui permet une prise de parole plus spontanée des invités… mais qui demande aussi au journaliste de maîtriser l’art de la repartie pour des interviews beaucoup moins calibrées et donc davantage sujettes à l’imprévu.
Et pour ceux d’entre vous qui rêveraient de présenter une soirée électorale, retenez le meilleur conseil de la soirée, prodigué par Laurent Delahousse en personne :
« On respire, on dort un un peu, on reste tout à fait tranquille, on regarde deux trois notes avec quelques chiffres des précédentes élections, et puis on est prêt à 20 heures ».
Pour revivre la soirée, retrouvez notre compte-rendu en images :
« Tous Fact-Checkeurs » : vraies images, gros mensonge ?
Suite de notre opération « Tous Fact-Checkeurs », en collaboration avec Rue 89 Mooc et Le Monde, avec un 5ème épisode consacré au détournement d’images et de vidéos.
Propos déformés, photos truquées, rumeurs infondées : ce sont en général ces images qui nous viennent à l’esprit quand on pense aux fake news. Sauf qu’aujourd’hui, la désinformation passe aussi par le détournement : une image authentique se retrouve facilement sortie de son contexte à des fins d’instrumentalisation.
Pour rester vigilant face à cette manipulation, quelques solutions simples existent : marqueurs temporels au sein de la vidéo, moteurs de recherche vidéo inversés, recours à Google Earth… De quoi vaillamment monter la garde face à l’intox :
« Tous Fact-Checkeurs » : une image n’est pas une preuve
Quatrième épisode de notre série « Tous Fact-Checkeurs », en collaboration avec Rue 89 Mooc et Le Monde, pour s’initier aux bonnes pratiques dans la course à l’intox.
Il fut un temps, déjà bien lointain, où manipuler une image était l’apanage des graphistes, faussaires et autres professionnels aguerris. Mais aujourd’hui, le net offre une multitude d’outils aux truquistes en tout genre.
Plus inquiétant encore : le potentiel de viralité de ces contenus trompeurs, qui continuent parfois de circuler après que leur caractère fallacieux ait été révélé.
Il convient donc de se saisir à notre tour des nouveaux outils (moteurs de recherche inversés, sites consacrés à la chasse aux fakes…) pour éviter la propagation de fausses nouvelles. En gardant bien à l’esprit qu’une image peut dire tout et son contraire selon le contexte dans lequel elle est utilisée :
« Tous Fact-Checkeurs » : pour remonter à la source de l’info
Troisième volet de notre opération « Tous Fact-Checkeurs », en partenariat avec Rue 89 Mooc et Le Monde, pour s’initier à un éveil critique et aux bonnes pratiques face à la désinformation.
La campagne présidentielle en aura fait la plus brillante démonstration : nos partis politiques n’hésitent plus à donner écho aux rumeurs pour discréditer les candidats du camp opposé.
Les grands médias, même parmi les plus reconnus, tombent parfois dans le panneau : faute de temps et de moyens, il paraît impossible pour les rédactions de vérifier scrupuleusement le flot ininterrompu d’infos qui leurs parviennent chaque jour.
C’est là que le rôle des citoyens entre en jeu. En remontant à la source de telle ou telle info, en s’assurant que dette dernière est partagée par d’autres médias de confiance, le fact-checking constitue une défense entre les mains de tous. En témoignent nombre d’initiatives qui s’appuient désormais sur l’œil critique des lecteurs pour discerner le vrai du faux…
Une invitation à la prudence qui devrait, espérons-le, couler de source dans les années à venir :
« Tous Fact-Checkeurs » pour muscler l’esprit critique
Suite de notre opération « Tous Fact-Checkers », en partenariat avec Rue 89 Mooc et Le Monde, pour aider chaque citoyen à séparer le bon grain de l’ivraie en matière d’info.
Chaînes en diffusion continue, alertes push, newsfeeds en tout genre : nous vivons aujourd’hui dans un monde d’abondance de connaissances où l’information est devenue la denrée la plus consommée. Mais pas nécessairement la mieux consommée.
A l’ère de la profusion informationnelle, de l’infobésité, il devient impératif de donner à chacun les outils pour vérifier comment telle ou telle info a été fabriquée, et si elle s’inscrit du côté du fait ou de la simple opinion.
Rumeur, diffamation, plagiat ? Source identifiée ou non ? Citations sur d’autres médias ? Cette deuxième vidéo s’attache aux réflexes à déployer en cas de doute dans sa consommation d’actu quotidienne.
Une invitation à la démarche critique à partager au plus grand nombre, surtout en cette période d’effervescence électorale :
Stratégie « Social Media Only » : le point avec les radicaux (BuzzFeed, Brut, MinuteBuzz)
Compte-rendu de la conférence Social Media Only par Brice Andlauer I Social Media Club France. Billet invité.
Qu’ils s’y soient lancés directement ou qu’ils y aient muté de façon totale ou partielle, certains médias adoptent désormais une stratégie 100% réseaux sociaux pour la diffusion de leurs contenus. Une opportunité encore difficile à mesurer, tant elle repose sur des usages et modèles économiques nouveaux et en évolution permanente. Cette semaine, le Social Media Club a donc réuni des représentants de BuzzFeed, Brut et MinuteBuzz pour discuter de cette stratégie « social media only. »
« Dans les médias historiques, on est lié à des obligations légales de fréquences, d’autorisations d’émettre. Sur les réseaux sociaux, tout ça n’existe plus. Rien que pour ça c’est une révolution énorme, » explique Roger Coste (Brut), s’enthousiasmant par ailleurs des audiences collectives de ces nouveaux médias, qui dépassent selon lui celles des chaînes d’information. Deux ans après être passé à un média 100% social et 100% digital, Sébastien Roumier (MinuteBuzz) souligne quant à lui les changements apportés du point de vue de la stratégie publicitaire. « Avant, notre stratégie, c’était de capter l’audience sur les réseaux sociaux, de la ramener sur notre site, et ensuite on monétisait le site. Sauf que lorsque Facebook s’est mis à pousser des contenus, on s’est dits qu’il fallait aller chercher l’audience là où elle était, c’est-à-dire sur les réseaux sociaux, » raconte-t-il.
« C’est toujours plus facile d’expérimenter à l’écrit qu’en vidéo. Donc pour nous c’est beaucoup plus rapide de tester des choses sur le site qu’en vidéo. » Cécile Dehesdin (BuzzFeed France)
D’autres médias justifient le fait de conserver un site s’appuyant sur des contenus écrits par une complémentarité des médias, et donc une différenciation des contenus.
« En tant que média, à chaque fois qu’on publie un article, on demande un service aux gens, en leur demandant de cliquer chez nous. Sur les réseaux sociaux, on leur montre qu’on n’attend pas uniquement d’eux qu’ils viennent sur notre site, mais que nous aussi on vient là où ils sont, et qu’on a une relation avec eux dans leur environnement » détaille Cécile Dehesdin (BuzzFeed France.) Un nouveau rapport à l’audience assumé se développe donc, impliquant de nouveaux codes dans la production et la publication de contenus.
Engagement et viralité
Autant sur des contenus publicitaires que de divertissement ou d’information, l’engagement est le maître mot de la stratégie de ces médias. Roger Coste estime par exemple que l’engagement suscité par les vidéos de Brut est « la priorité absolue, » considérant que cette stratégie les définit comme un média engagé. « C’est plus un pas de côté qu’un parti pris. Il y a un propos et un point de vue dans nos contenus. C’est notre stratégie, on ne veut pas être à l’eau claire. Au-delà du nombre de vues, ce qui nous intéresse ce sont les commentaires que suscitent la vidéo, » explique Roger Coste, tout en rappelant que certains de ses journalistes peuvent travailler jusqu’à deux jours sur une vidéo qui ne s’inscrit pas dans une logique de couverture de l’actualité factuelle et immédiate.
L’engagement ne se matérialise pas toujours de la même façon selon les médias, à l’image de MinuteBuzz qui assume une volonté éditoriale de divertir de manière positive. « Il y a beaucoup de contenus négatifs qui deviennent très viraux. Nous croyons au contenu viral, mais nous voulons aussi donner des parts de voix au bonheur et au positif, là où ce n’est pas toujours ce qui domine dans le paysage médiatique aujourd’hui, » décrypte Sébastien Roumier.
« Nos vidéos ne pourraient pas passer au journal de 20 heures, ce n’est pas le même public. » Roger Coste (Brut)
La production de contenus sur les réseaux sociaux permet aussi de fidéliser et de créer un attachement, comme l’a observé Cécile Dehesdin : « On pense depuis le début à donner le meilleur tout de suite, pour éviter de décevoir une fois que l’internaute a cliqué. C’est pour ça qu’on publie des titres très descriptifs avec la meilleure photo. On s’est rendus compte qu’il n’y avait pas de déperdition à ce niveau-là, au contraire. Sur Facebook, le média est en compétition avec la famille, les amis la marque, et l’artiste favori. Il faut donner une bonne raison à l’internaute de s’arrêter, » raconte-t-elle.
Même constat chez Sébastien Roumier qui rappelle qu’un Millennial est exposé à 3.000 contenus par jour en moyenne, ce qui lance les médias dans une « bataille de l’attention. » Dans ce contexte, la viralité devient une priorité aussi importante que l’engagement. « Jonah Peretti, le fondateur de BuzzFeed, s’intéressait déjà aux chaînes de mail. C’est au cœur de ce que nous faisons, en essayant de créer une relation avec notre communauté. Pour cela, il faut que l’on devienne une personne plutôt qu’un média sur les réseaux sociaux, » raconte Cécile Dehesdin.
Pour atteindre la viralité et l’engagement tant recherchés, de nouveaux métiers sont apparus ces deux dernières années, comme les data analysts, auxquels a maintenant recours Minute Buzz pour identifier des tendances et les analyser en temps réel. « Avec les data analysts, on intègre les données aux idées. On crée une audience, puis on regarde à quel moment elle décroche, à quel moment elle est engagée. Avant, on créait beaucoup de contenus émotionnels pour susciter l’engagement. Aujourd’hui grâce aux données, on se concentre aussi sur le moment de la publication, » explique Sébastien Roumier.
« 80% des Millennials sont abonnés à une marque sur Facebook, mais en même temps ils ont un bloqueur de publicité. Ça montre bien qu’il faut développer des contenus qui ne soient pas intrusifs, mais calqués sur les usages. » Sébastien Roumier (MinuteBuzz)
Les opportunités publicitaires sont grandes dans ce marché naissant, et au cœur de sa monétisation. Si le modèle économique est encore récent et évolutif, il semble que le native advertising prenne le pas parmi les possibilités de monétisation. Si Brut l’expérimente encore de façon modeste, en se concentrant plutôt sur la revente et la production de contenus pour d’autres médias, MinuteBuzz est allé plus loin dans cette logique. « Il faut aller là où sont les usages. Quand demain, Messenger propose des espaces publicitaires, c’est ça que nous proposons aux marques. Aujourd’hui, avec un très bon contenu, une marque de grande distribution peut faire plus d’audience qu’un média d’information. Tout le monde est sur un pied d’égalité, et nous proposons d’accompagner les marques dans ce changement, » explique Sébastien Roumier. Le marché mondial de la publicité sur les réseaux sociaux est aujourd’hui estimé à 33 milliards de dollars, et est dominé aux deux tiers par Facebook.
Dépendance aux plateformes et aux données
Les sources de revenus évoluent en même temps que les usages, tandis que le rapport aux plateformes et à leurs données inquiète autant qu’il enthousiasme. « Nous sommes dans une sorte d’année zéro, avec des nouveaux outils qui permettent de mesurer les audiences de façon très précise, mais en même temps on voit une extrême dépendance aux données de ces réseaux sociaux, dont on ne connaît pas toujours la fiabilité, » expose Aurélien Viers, directeur du Pôle visuel à L’Obs, qui animait le débat. Pour d’autres, la dépendance aux plateformes n’est pas vue de façon négative, décrivant des rapports fréquents et constructifs avec les représentants de Facebook et Twitter, entre autres. Cécile Dehesdin relativise d’ailleurs en parlant plutôt de dépendance au public qu’à la plateforme. « Les médias qui dépendent de Google sont obligés d’écrire pour Google pour remonter dans l’algorithme. Sur les réseaux sociaux, on n’écrit pas pour Facebook, mais pour les gens qui sont sur Facebook, ce qui fait toute la différence, » explique-t-elle. Pour Brut comme pour MinuteBuzz, Facebook représente au moins 80% des audiences.
« Il faut jouer avec les règles du jeu des plateformes. On les voit en permanence, on est connectés à eux, on anticipe les tendances. » Sébastien Roumier (MinuteBuzz)
Une grande disparité est en revanche constatée dans la mesure des audiences en fonction des organismes, ce qui a poussé certains médias comme MinuteBuzz, à développer leur propre système de mesure. « On dégage des audiences de plus en plus précises, mais il y a toujours une part de subjectivité dans les outils. Nous développons un outil interne qui donne les statistiques en temps réel, nous allons peut-être le proposer sur le marché, » raconte Sébastien Roumier. Plusieurs acteurs de ce marché réclament aujourd’hui la création d’une mesure normée et neutre, qui permettrait de mieux garantir l’exposition publicitaire, et donc de pérenniser ce marché.
Vite, « Tous Fact-Checkeurs » ! Avec Franceinfo, Le Monde et Rue 89 MOOC
A quelques jours du premier tour de l’élection présidentielle française, l’inquiétant essor des fake news continue de gagner l’Europe. Dans ce contexte plus incertain que jamais, les médias ont un devoir : vous informer, mais aussi vous aider à mieux vous informer.
Parce qu’une photo peut être manipulée, parce que l’on peut faire tout dire à un chiffre, et parce que les fausses informations se répandent en masse sur les réseaux sociaux, France Télévisions s’est associée à Rue 89 MOOC et au Monde pour lancer l’opération « Tous Fact-Checkeurs » et vous aider à mieux décrypter l’info.
Notre objectif ? Nous adresser à tous les publics, pour sensibiliser tous les citoyens aux bases de l’éducation aux médias et leur permettre de s’informer en toute conscience.
Et parce que même les journalistes les plus aguerris se laissent parfois piéger, nous avons demandé à des spécialistes de nos trois rédactions de venir témoigner et présenter les outils qu’ils utilisent au quotidien pour vous délivrer une information fiable et contextualisée.
Dans ce premier épisode, Benoît Le Corre, journaliste chez Rue 89, vous présente les grands pièges à éviter sur les réseaux sociaux :
Fact-checking : notre kit de survie en 5 gestes qui sauvent (partenariat avec le CFJ)
A jours trois du premier tour de l’élection présidentielle, Méta-Media et France Télévisions lance une batterie d’initiatives pour lutter contre la désinformation.
Il n’aura fallu que quelques mois au petit monde de l’info pour adopter une novlangue désormais incontournable : pas un jour ne passe sans que l’on ne parle de fake news, de post-vérité, de hoax, de bulles de filtre, ou même de debunking… Si cette taxinomie a l’inconvénient de composer avec des contours flous, elle n’en reste pas moins révélatrice des dangers auxquels s’exposent aujourd’hui nos démocraties en ligne.
En pleine année électorale, la France et l’Allemagne sont sans surprise les nouvelles cibles des propagateurs de fake news. D’autant que chez nous, l’élection présidentielle sera suivie de près par les échéances législatives…
Comme c’est le cas tout au long de l’année, le service public réaffirme sa mission clé : fournir une information vérifiée. Une info qui, loin d’être hors-sol, s’accompagne de clés de compréhension et d’une mise en contexte aussi fine que possible.
À l’antenne, cette exigence de fiabilité s’exprime dans tous les JT, nationaux, régionaux et d’outre-mer, mais aussi « L’Instant Détox » sur France Info, « L’Œil du 20h » sur France 2 ou le partenariat avec L’Imprévu pour vérifier les propos exprimés dans L’Emission Politique. Ce sont également des partenariats avec Facebook ou Google au sein de l’initiative « CrossCheck/First Draft » pour enrayer la désinformation.
C’est dans cet esprit que France Télévisions s’est associée au Centre de Formation des Journalistes (CFJ) pour rappeler des bonnes pratiques et des réflexes à adopter, dans une démarche critique que tout lecteur d’info se doit d’appréhender. Pour ce faire, le MédiaLab vous propose une série de 5 tutoriels vidéo bien spécifiques, ainsi qu’une affiche récapitulative à exposer dans toutes les salles de rédaction.
L’affiche est à télécharger au lien suivant.
Et voici donc les 5 premiers « gestes qui sauvent » face aux fake news. A utiliser sans modération, et à partager autour de vous : un premier pas pour restaurer la confiance avec le lecteur sur-sollicité d’aujourd’hui.
- Débusquer une fake news: une info a plus de chance d’être fiable si elle est reprise par plusieurs médias citant différentes sources. Panorama des outils simples pour vérifier la provenance d’une information.
- Se méfier des réseaux sociaux: garder à l’esprit qu’ils ne sont ni des rédactions, ni des sources d’infos, mais de simples diffuseurs.
- Comment vérifier une photo: Google Images ou Google Street view sont des fidèles alliés pour combattre les montages photo ou les fausses localisations.
- Comment vérifier une vidéo: les moteurs de recherche inversés permettent notamment de vérifier si la vidéo a été détournée.
- Vérifier un graphique: en plus de la provenance du graphique, des méthodes de calcul simples et une lecture soutenue des légendes peuvent grandement aider.
Facebook replace la réalité augmentée au cœur de sa roadmap
Par Jérôme Derozard, consultant et entrepreneur. Billet invité
Facebook organisait cette semaine sa conférence annuelle dédiée aux développeurs, F8, avec sa fameuse « keynote » d’introduction présentée par Mark Zuckerberg. Très à l’aise en public, blaguant aussi bien sur la bataille des « hashtags » avec le film Fast & Furious que sur la longueur de sa lettre annuelle, le PDG de Facebook n’a pu esquiver les nombreuses polémiques nées de la diffusion de contenus faux, voire criminels sur le réseau social. Il s’est engagé à œuvrer à rapprocher les communautés et à mieux policer sa plateforme – sans doute pour éviter que les gouvernements ne s’en chargent à sa place.
La conférence, diffusée pour la première fois sur Facebook Live Video, a également vu Mark Zuckerberg revoir sa roadmap à 10 ans pour mieux réagir à la « menace Snapchat ». Le PDG continue son assaut commencé avec le lancement d’Instagram Stories en Août dernier et plus récemment par l’intégration de fonctionnalités équivalentes à Snapchat dans Messenger et Facebook.


Autre changement de stratégie : pour mieux lutter contre son concurrent Snap. Inc, introduit en Bourse le mois dernier et autoproclamé « Camera Company », Facebook va faire de l’appareil photo (des smartphones) sa nouvelle « plateforme » et de la réalité augmentée sa nouvelle priorité technologique. Le réseau social invite les centaines de milliers de développeurs partenaires à créer des cadres, effets et autres jeux en réalité augmentée sur sa nouvelle plateforme « Camera Effects » pour rattraper Snapchat.
Celui-ci avait lancé mardi de nouveaux effets « lentilles Nouveau Monde » permettant d’ajouter des effets en arrière-plan d’une photo ou vidéo. Mais à la différence de Facebook il ne propose aucune API ouverte ou SDK (software development kit) public, préférant développer lui-même les filtres et autres effets de réalité augmentée, et bannit même explicitement depuis 2014 le développement d’applications ou plugins sur sa plateforme.
A contrario Facebook met à disposition tout son savoir-faire en termes d’intelligence artificielle pour simplifier le travail des développeurs tiers, avec des outils permettant d’analyser une photo ou vidéo, en identifier le contenu, et d’insérer des objets ou effets numériques réalistes.
Parmi les possibilités offertes par la nouvelle plateforme Camera Effects : positionner des objets 3D de façon précise sur une photo ou vidéo grâce à la « localisation et cartographie simultané » ; numériser une photo pour en créer une version en 3 dimensions dans laquelle l’utilisateur peut naviguer, ou encore identifier un objet ou une personne en temps réel pour surimposer des informations contextuelles.
Pour créer des effets exploitant ces nombreuses possibilités, Facebook propose un nouveau logiciel nommé « AR Studio » en bêta privé ; il permet de créer des masques, filtres et autres effets de réalité augmentée dynamiques puis de les distribuer sur Facebook. Un autre outil plus simple nommé « Frame Studio » est lui disponible immédiatement pour n’importe quel utilisateur ou administrateur de page et permet de créer des filtres statiques et les proposer à ses amis ou ses fans.
Le directeur technique de Facebook, Mike Schroepfer, a rappelé que ces nouvelles fonctionnalités étaient rendues possibles par les avancées récentes dans le domaine de l’intelligence artificielle, y compris sur des matériels limités comme les smartphones. Depuis l’invention des réseaux neuronaux convolutifs dans les années 1990, le traitement de l’image a connu de nets progrès ces dernières années ; par exemple l’effet permettant de transférer automatiquement le « style » d’une photo sur une autre, conçu en 2015 avec une performance d’une image par seconde sur ordinateur, est maintenant possible sur un smartphone à 30 images par seconde.
Outre le traitement de l’image, les progrès de l’IA concernent d’autres domaines comme la compréhension de l’environnement ou l’analyse et l’apprentissage de la langue. Les algorithmes développés par les équipes R&D de Facebook sont par exemple capables d’analyser l’image et le son d’une vidéo pour comprendre le sens d’une scène et en offrir une retranscription et une traduction en simultané.

Appliquées à l’ensemble des vidéos diffusées sur la plateforme Facebook, ces techniques permettront demain de mieux catégoriser les vidéos diffusées, mais aussi de mieux les contrôler – et les monétiser.
Facebook met aussi à disposition de la communauté certains de ses outils IA en open-source, comme Caffe2, un environnement de machine learning utilisable aussi bien dans un data center que sur une application mobile. Un des exemples d’application de Caffe2 est la possibilité de détecter l’arrière-plan d’une photo prise en « mode selfie » et de le flouter pour mieux faire ressortir le visage du sujet, et ce sans nécessiter l’intégration d’une deuxième caméra comme sur l’iPhone 7 Plus.
C’est d’ailleurs là le défi principal de Facebook avec sa nouvelle plateforme de réalité augmentée : démontrer son intérêt face aux plateformes intégrant matériel et logiciel de ses concurrents Apple (avec l’iPhone) et Google (avec Tango) capables d’exploiter au mieux les capteurs intégrés aux derniers smartphones.
Une solution pour Facebook aurait été de se lancer lui aussi sur le marché des lunettes de réalité augmentée afin de disposer de sa propre plateforme matérielle. Mark Zuckerberg a cependant choisi de laisser Microsoft, Cast Labs ou Magic Leap le soin de « défricher » ce marché. Il promet cependant qu’à terme les applications de réalité augmentée développées sur sa plateforme pourront être intégrées à des lunettes, l’un de ses exemples favoris étant la possibilité de remplacer demain le poste de télévision en une simple application d’AR à 1$…
Pourquoi ne pas se lancer immédiatement sur ce marché ? Pour Michael Abrash, scientifique en chef d’Oculus, les lunettes « réalité augmentée complète » permettront à terme de passer de l’ère de l’informatique personnelle à l’ère de l’informatique virtuelle. Cependant il faut encore compter 5 à 10 ans avant de voir les premiers produits grand public apparaitre compte tenu des nombreux problèmes à résoudre, dont le fait de pouvoir porter ces lunettes en permanence sans risque de rejet physique ou social.
Ces lunettes de « full AR » devront posséder plusieurs caractéristiques essentielles : pouvoir intégrer monde réel et virtuel aussi bien dans leurs dimensions visuelles que sonores, être actives en permanence, être capables de comprendre le monde qui les entoure et de filtrer les données à remonter aux utilisateurs pour éviter la surcharge informationnelle.

Si les lunettes grand public sont encore loin, à court terme il sera plus simple d’utiliser les technologies de réalité augmentée pour « numériser le réel » dans un casque de réalité virtuelle. La VR n’était d’ailleurs pas absente à la conférence F8, avec notamment la présentation du premier produit de « réalité virtuelle sociale », Facebook Spaces. Disponible sur Oculus Rift en bêta, cette application permet de créer un espace de discussion virtuel et d’y inviter jusqu’à 3 personnes.
Facebook Spaces propose un studio de création d’avatar qui analyse les photos postées sur le réseau social pour suggérer un avatar. Une fois dans l’espace de discussion, les utilisateurs peuvent explorer à plusieurs des photos et vidéos à 360°, partager des contenus comme de la musique ou une vidéo, prendre un « selfie » en réalité virtuelle ou recevoir des appels vidéo depuis Messenger.
Dans le domaine de la réalité virtuelle Facebook se positionne encore aujourd’hui comme le principal investisseur du secteur, couvrant l’ensemble du secteur depuis le matériel jusqu’au logiciel en passant par l’infrastructure, des caméras jusqu’aux casques, mobiles ou sédentaires. Dans le domaine des caméras, Facebook a dévoilé deux nouveaux prototypes open-source capables de filmer à 360° et en 3D. Il devient ainsi possible de produire des films en relief, dans lesquels les utilisateurs peuvent se déplacer avec six degrés de liberté pour observer l’action sous plusieurs angles.

Une fois les vidéos produites, encore faut-il pouvoir les diffuser à l’utilisateur. Pour alléger le volume de données à transmettre Facebook a mis au point un algorithme capable de prédire les zones de la vidéo qui seront les plus visionnées de manière à améliorer la qualité de ces zones aux dépens de zones moins regardées.
Pour assurer la diffusion des vidéos à 360° il est également nécessaire d’améliorer la bande passante disponible sur les réseaux mobiles tout en réduisant le coût des données. Pour cela Facebook collabore avec des opérateurs mobiles au sein d’« OpenCellular » afin de concevoir des équipements et logiciels réseaux open source. Pour améliorer les débits en ville, Facebook a également lancé un réseau pilote à San José utilisant Terragraph, une sorte « fibre sans fil » permettant de raccorder les immeubles en très haut débit sans avoir à installer de nouveaux câbles.
Autre plateforme clé pour Facebook : Messenger, qui avait accueilli ses premiers bots lors du dernier F8. Depuis plus de 100.000 « bots » ont été créés par autant de développeurs et 2 milliards de messages échangés entre entreprises et utilisateurs via Messenger.
Pour aider les 1,2 milliards d’utilisateurs à trouver le « bon » bot, Facebook va lancer son propre « app store » accessible depuis un nouvel onglet de l’application. Il permettra de retrouver les différents bots classés par genre et mis en avant en utilisant des algorithmes secrets – et sans doute en fonction des intérêts commerciaux de la société.

Autre nouveauté sur Messenger, les « chat extensions » permettent à plusieurs utilisateurs d’utiliser un bot dans une conversation, par exemple pour commander un repas, jouer ou écouter de la musique.
Enfin certaines des fonctionnalités de l’assistant personnel « M », disponible actuellement uniquement aux Etats-Unis, vont être intégrées directement dans Messenger. L’application pourra ainsi suggérer des actions ou des bots à utiliser en fonction du contenu de la conversation, une autre façon de faire découvrir des bots et de monétiser un jour la plateforme.
Mais pour communiquer avec ses amis sur Messenger il est encore nécessaire d’utiliser le clavier de son smartphone, au risque de se couper de son entourage immédiat, une limitation que souhaite supprimer Regina Dugan, la responsable du « Building 8 » et transfuge de chez Google en charge des développements matériels.
Si l’interface vocale (comme Siri ou Alexa) est une première étape pour résoudre cette limitation, elle n’est pas suffisante pour mettre en place un véritable dialogue entre l’ordinateur et l’utilisateur compte tenu de la bande passante trop limitée offerte par la voix. Facebook ne compte d’ailleurs pas se lancer sur le marché des assistants vocaux comme Amazon Echo.
Selon Regina Dugan, le cerveau humain dispose d’une bande passante d’1 Térabit par seconde, soit 40 films en haute définition téléchargés chaque seconde. La voix ne permet que de transmettre 100 bits par seconde, soit l’équivalent d’un modem des années 80. Pour augmenter la bande passante il est donc nécessaire de se « brancher » directement au cerveau, via des ponts neuronaux capables de capturer directement la pensée.
Il existe déjà des prototypes permettant de détecter l’activité des neurones pour déplacer un curseur sur un écran. Mais les équipes du Building 8 (une soixantaine d’ingénieurs) travaillent sur un système optique permettant de « photographier » le changement d’état des neurones sans nécessiter d’implants, avec pour objectif de permettre à un utilisateur de taper 100 mots par minute uniquement par la pensée, soit cinq fois plus vite qu’en utilisant le clavier d’un smartphone ! Autre avantage du système : il permettra de détecter des concepts plutôt que de mots écrits, concepts qui pourront être traduits instantanément dans n’importe quelle langue.
Les ondes cérébrales deviendraient ainsi l’instrument privilégié pour établir une communication : les personnes atteintes de la maladie de Charcot pourraient ainsi dialoguer non plus en clignant des yeux, mais en imprimant leur pensée !
Autre projet futuriste de l’équipe du Building 8 : la possibilité d’utiliser la peau pour recevoir des informations de l’extérieur, grâce aux nombreuses terminaisons nerveuses de l’épiderme. Un prototype permet déjà d’apprendre en une heure à reconnaître des signaux différents, transmis là via la peau sous forme de concepts et non de mots. Ainsi il sera possible demain de détecter nos pensées en chinois et de les transmettre via la peau en espagnol !
Si les applications pratiques sont encore loin, Building 8 et les autres initiatives de Facebook dans le domaine de la recherche fondamentale montrent que son ambition n’a rien à envier à Google / Alphabet et ses fameux « moonshots ». Avec à la clé la volonté d’attirer les meilleurs talents, développeurs et partenaires sur le cœur de la plateforme, qui reste comme pour Google la publicité sous toutes ses formes !
Une chose est certaine : il sera bien difficile pour Mark Zuckerberg, après tous les chantiers évoqués, de continuer à prétendre que Facebook n’est qu’une « simple entreprise technologique »…
Sur Snapchat, des candidats sans filtre ?
Par Clara Schmelck, journaliste médias à Socialter, billet invité
Qui a dit que les hommes et femmes politiques négligeaient les jeunes et les nouveaux outils numériques ?
Toute la semaine qui précède le premier tour de l’élection présidentielle française, Snapchat propose une série d’interviews des principaux candidats. Ceux-ci sont invités à répondre aux questions posées par une dizaine de personnes âgées de 20 à 30 ans, supposées représentatives des Millennials qui votent pour certains d’entre eux pour la première fois.
Pour les candidats, cet exercice de communication inédit est un moyen de toucher les 8 millions d’utilisateurs actifs chaque jour en France sur ce réseau social, et plus particulièrement les jeunes, puisque 71% des utilisateurs de Snapchat ont moins de 25 ans (chiffres : Snap Inc., septembre 2016). C’est aussi l’occasion de sortir des carcans télévisuels et radiophoniques, pas forcément les mieux adaptés quand on cherche à s’adresser aux jeunes.
Les interviews, exclusives, sont diffusées 24 heures dans la section « Discover » de l’application. Lundi, François Fillon a joué le jeu le premier. Benoît Hamon lui a succédé mardi, puis suivront d’autres prétendants à l’Elysée.
L’opération sera relayée par une série d’initiatives de Snapchat autour de cette élection, notamment avec d’autres « Our Stories », des « Filtres » et des « Lenses ». De quoi donner un peu de peps à une campagne aussi indécise que surprenante qui rentre dans sa dernière ligne droite.
Punchlines et spontanéité
On peut le voir avec l’interview du candidat investi par LR, les questions s’enchaînent sans la moindre logique, et ne sont pas non plus hiérarchisées en fonction de leur degré d’importance. De l’égalité entre les hommes et les femmes au prix du sandwich grec, le candidat est sommé de répondre du tac au tac. Encore davantage que sur Twitter, le sens de la « punchline » est valorisé sur Snapchat, au détriment de l’approfondissement des enjeux.
Alors, ce type d’interview est-il vraiment au niveau d’une élection à la magistrature suprême ? La culture de l’instant, qui prévaut peut-être plus sur Snapchat que sur n’importe quelle plateforme, semble difficilement compatible avec le temps long qu’exige le débat.
Mais quelque part, les candidats ne sont-ils pas déjà soumis à une pression et un impératif de clarté sur les médias traditionnels ? Que ce soit au JT de 20 heures ou au sein d’un talk-show, les éligibles aux plus hautes instances de l’Etat n’ont pas attendu l’arrivée de Snapchat pour adapter leur communication à leur auditoire… Les tweets qui restreignent la parole à 140 caractères, la Boîte à questions du Grand Journal, les pastilles Fast & Curious du site Konbini : être audible aujourd’hui, c’est d’abord être concis.
Une chose est certaine : on ne peut pas accuser les candidats d’avoir pu orienter le choix des questions auxquelles ils sont invités à répondre. Cette spontanéité certes inconvenante à premier abord – on imagine mal le général de Gaulle enguirlandé d’un filtre Snapchat – permet aux électeurs de voir, paradoxalement, les candidats sans filtre, et de ce fait, de se forger leur propre impression sur eux, indépendamment de ce qu’ils peuvent lire dans la presse ou même sur Twitter. L’occasion de découvrir un candidat sous un nouveau jour, et pour certains jeunes citoyens, de prendre intérêt au scrutin.
Un rapport plus direct aux électeurs qui ne fait pas pour autant disparaître les conseillers en communication : on sait à quel point la spontanéité peut être aujourd’hui être sciemment mise en scène, et à quel point le naturel, caution d’authenticité dans un monde contrôlé par les spin doctors et les marketeux, est parfois complètement factice.
Direct et spontané, Snapchat n’en reste pas moins un outil plus adéquat pour le sprint final de la campagne que ne le sont des canaux de communication politique conventionnels tels que le plateau de télévision, et dans une moindre mesure, Facebook ou Twitter.
A travers cette opération, Snapchat envoie un signal fort : c’est la plateforme qui maîtrise et arbitre les règles du jeu de la communication politique digitale. Reste à voir l’impact durable de cette opération sur la fréquentation de Snapchat, qui publiera pour la première fois le 10 mai ses résultats trimestriels.