2016 : VR, ad-blockers, érosion TV, ciné résistant, et fin des coups de fil

Par Alice Pairo, France Télévisions, Direction de la prospective

Quelles seront les grandes tendances 2016 dans le domaine des médias, technologies et télécommunications ? Ce jeudi, Deloitte –  plus précisément son Directeur de Recherche Canada, Duncan Stewart – a comme chaque année dévoilé ses prévisions en matière d’usages, de consommation et de marché, lors des « TMT Predictions 2016 ». 

Attention, soyez attentifs , parmi les prévisions 2015, la majeure partie s’est effectivement déroulée comme Duncan Stewart l’avait prédit : à l’image de la révolution de l’impression 3D, de la croissance des ventes de smartphones ou encore de la résistance du livre imprimé…*

La réalité virtuelle: « the next big thing »

La VR est « the next big thing » pour Duncan Stewart. Et pour cause, son marché devrait franchir la barre du milliard de dollars de chiffre d’affaires en 2016 (dont 700 millions générés par la vente de casques et 300 par la vente de jeux vidéos). Mais ce marché conserve son aspect « niche », car la VR devrait – pendant encore quelques années – servir le monde du jeu et donc être principalement employée par les gamers. Si pour Ariane Bucaille, Associée responsable TMT pour Deloitte France, le temps que prend sa démocratisation est dû au « coûts encore élevés du matériel », c’est plus l’aspect « fully immersive » qui dissuade les utilisateurs pour Duncan Stewart (le casque nous isole, ce n’est peut-être pas l’idéal pour les soirées TV en famille).

Les ad-blockers, pas encore sur mobiles

Si les adblockers ont connu un franc succès sur ordinateur en 2015 (181 millions d’utilisateurs mensuels actifs, Deloitte), c’est loin d’être le cas sur mobile. Et pour Deloitte, inutile d’attendre 2016, « le séisme n’aura pas lieu ». Puisque seuls 0,3% des utilisateurs de smartphones et tablettes devraient avoir installé un ad-blocker sur leur terminal mobile d’ici la fin de l’année. Ce qui représente un manque à gagner de 100 millions de dollars. Finalement assez peu au vue des prévisions de chiffre d’affaires de la pub US qui devrait atteindre les 70 milliards de dollars.

Erosion de la TV

La TV connaît une baisse de croissance. Elle n’est pas considérable mais elle est continue insiste Duncan Stewart, qui parle d’ « érosion » : « it is erosing not imploding ». Une baisse qui devrait se poursuivre en 2016. En quelques chiffres :

Résistance du cinéma

Le cinéma quant à lui résiste mieux à la concurrence du numérique, car sa tendance globale est plutôt stable. Et même si la France accuse une baisse de fréquentation de ses salles (-1,4% en 2015 par rapport à l’année précédente, CNC), celle-ci reste élevée. Si Deloitte prévoit une baisse dans l’année à venir, les points qui attirent dans les cinémas augurent tout de même de bons jours, ceux-ci étant (pour le premier et le troisième) le propre des salles de cinéma. Top 3 des critères motivant les personnes se rendant au cinéma:

TMT cinéma

L’explosion du mobile se poursuit

L’usage du mobile a connu une croissance considérable ces dernières années, passant de 131 minutes/jour en 2008 à 142 minutes, une croissance qui, on le sait, peut être délétère pour d’autres médias et outils. A l’exception de l’ordinateur, qui se dispute avec lui la première place dans le top des usages des millenials. Interrogés sur le sujet, ils ont été 76% à dire qu’ils préféraient le mobile et 75% le laptop (USA, 2014). « Its not about either/or, it’s both » conclue Duncan Stewart. Une tendance qui devrait persister en 2016.

TMT PC

Le paiement simplifié

En 2016, 50 millions de consommateurs devraient employer des solutions de paiement mobile de façon fréquente. Mais pour Duncan Stewart , la réalisation de cette prévision tient à une condition : que ce paiement soit simple d’utilisation ! En effet, si plus d’un quart des français consultent des applications ou des sites de e-commerce depuis leur smartphone de façon hebdomadaire (Deloitte, novembre 2015), ils sont seulement 4% à passer à l’acte d’achat. Il est évident que les méthodes d’achat constituent dans ce cadre un obstacle. Il est donc crucial pour les entreprises qu’elles travaillent sur la question de l’acte d’achat et plus précisément sa simplification (avec des paiements type Paypal)

Fin des appels téléphoniques

Pour Duncan Stewart, l’appel téléphonique devrait petit à petit être abandonné au profit du sms. En effet, selon Deloitte, les méthodes de communication préférées sur smartphones sont dans l’ordre : le sms, l’appel et l’e-mail.  Les facteurs décourageant l’appel étant : l’absence d’urgence, le fait que le sujet ne soit pas très important et le fait que la localisation soit inappropriée. Ainsi, la part de personnes n’ayant passé aucun  appel est passée de 11 à 23% au cours des quatre dernières années. Un phénomène qui devrait s’accentuer dans l’année à venir, puisque 26% des détenteurs de smartphones pourraient passer une semaine entière sans passer aucun appel vocal.TMT téléphone

Les femmes dans le monde des nouvelles technologies

Avant de clôturer ses prédictions Duncan Stewart a souhaité aborder le sujet de la parité dans le domaine des nouvelles technologies. Il ne s’agit pas là d’une véritable prévision mais plutôt d’un espoir formulé par le Directeur de Recherche de Deloitte. Il considère le manque de diversité du secteur comme particulièrement préoccupant. Les femmes ne constituent en effet que 24% de la force de travail et celles-ci sont deux fois plus nombreuses que les hommes à quitter ce secteur (qu’elles aient ou non des enfants). Il s’agit pour Duncan Stewart de travailler sur  l’ensemble du processus professionnel qui va de l’éducation au recrutement, en passant par salaire et la promotion.TMT femmes

*2015, Technology Predictions report card, dans la catégorie « Came true exactly as much as we predicted » : « 3D printing is a revolution, just not the revolution you think », « Print is alive and well – at least for books »,  « One billion smartphone upgrades ».

L’ère de l’expérience : médias, pensez UX !

Par Catalina Briceno, directrice de veille stratégique, Fonds des Médias du Canada. Billet Invité

Aujourd’hui c’est la qualité de l’expérience de l’utilisateur qui mène la création et la distribution de contenus. « L’expérience utilisateur » — la façon dont les spectateurs perçoivent le contenu qu’ils consomment, y répondent et interagissent avec celui-ci — constitue désormais le moteur de l’interdépendance croissante entre contenu et technologie.

Le Fonds des Médias du Canada vient de publier la 4e édition de son rapport de tendances, intitulé « L’ère de l’expérience », qui analyse l’évolution des industries de la télévision et du cinéma ainsi que du contenu : six tendances principales ainsi que des clés pour comprendre les défis et envisager les opportunités qu’elles offrent aux professionnels de la production et de la distribution de contenu.

TOUJOURS CONNECTÉ : Le monde des objets intelligents est à nos portes

« En 2020, plus de cinq milliards de personnes seront connectées, sans parler des 50 milliards d’objets. » — Forum économique mondial, 2015

La prochaine phase de l’hyperconnectivité réside dans l’Internet des objets (Internet of Things ou IoT), un marché mondial qui touchera toutes les industries et dans lequel les investissements sont estimés à au moins six mille milliards de dollars américains au cours des cinq prochaines années.

L’IoT constitue la pierre angulaire de la synergie annoncée entre Internet, le nombre de plus en plus important d’écrans connectés et la pléthore d’autres appareils numériques en mesure de recueillir, de traiter et d’échanger des données d’utilisateurs. L’IoT pourrait être la clé du désir de longue date du secteur du divertissement d’offrir une expérience utilisateur multiplateforme parfaitement intégrée, qui serait beaucoup mieux adaptée aux goûts et aux préférences des consommateurs, grâce à une meilleure exploitation du pouvoir du Big Data. Le rapport met surtout l’accent sur les nouvelles formes que prennent les créations audiovisuelles et de contenu dans le domaine de l’IoT.

CONVERGENCE DES ÉCRANS : Mobilité, mobilité, mobilité…

« Les dispositifs mobiles ne sont plus un sous-ensemble d’Internet que vous n’utilisez que si vous attendez un café ou n’avez pas d’ordinateur personnel devant vous. Il s’agit de plus en plus du principal moyen par lequel les gens utilisent Internet. » — Benedict Evans, analyste, Andreessen Horowitz, septembre 2015

Les services de télécommunications qui offrent des plans de données mobiles abordables seront essentiels à l’essor soutenu de la consommation de contenu vidéo.

La popularité croissante de la consommation de contenu vidéo sur les appareils mobiles offre à l’industrie canadienne du contenu de nombreuses opportunités… mais également des défis. Certains de ces défis ont été abordées dans les Rapports sur les tendances précédents (curation et personnalisation du contenu efficaces, fatigue croissante et durée moindre de l’attention des consommateurs numériques). Alors que les fournisseurs de contenu s’occupent de ces questions, l’industrie des télécommunications est confrontée à un autre défi découlant de la consommation accrue de la vidéo mobile : l’explosion de la demande de données sans fil ainsi que l’augmentation du coût pour les consommateurs.

TRANSMÉDIA : L’essor de la réalité virtuelle et augmentée

« Les casques de réalité virtuelle, à l’instar des téléphones intelligents, sont des dispositifs tout à fait portables et mobiles. Nous pouvons donc nous attendre à ce que la réalité virtuelle et la réalité augmentée, comme la télévision avant elles, suivent le mouvement des “contenus partout”. »

La réalité virtuelle (RV) et la réalité augmentée (RA) sont enfin prêtes à être lancées à grande échelle. Il aura fallu des années de recherche et de développement, mais les géants technologiques lancent maintenant avec force des appareils à des prix abordables. Mais, quel est l’état actuel du contenu de RV et de RA ?

Certaines prévisions comparent les appareils de RA aux téléphones intelligents : un bon moyen de regarder du contenu télévisuel et cinématographique classique en continu, en 2D ou en 3D. De son côté, la RV peut produire de toutes nouvelles formes de jeux et de contenu de longue durée immersifs.

LA FORCE DU NOMBRE : La matérialisation d’un fossé générationnel ?

Jusqu’à présent, les indicateurs de consommation télévisuelle sont demeurés stables, malgré les nombreux bouleversements provoqués par la révolution numérique. De façon générale, les habitudes de consommation télévisuelle (heures d’écoute et appréciation du contenu) perdurent dans l’ensemble de la population et l’abandon du câble — dont l’existence est remise en question — demeure un phénomène marginal dans l’économie télévisuelle aux yeux de la plupart des analystes.

Mais ces indicateurs s’appliquent-ils à tout le monde ? N’est-il pas temps de reconnaître qu’il existe un écart générationnel dans l’écosystème du contenu ? Nous avons toujours su que les générations Y et Z avaient des habitudes très différentes relativement à la consommation de médias, mais ces indicateurs ne trompent plus et l’industrie doit rapidement adopter de nouvelles stratégies afin de desservir à cette double clientèle.

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MONÉTISATION : Le modèle publicitaire — fragmentation et défis 

La monétisation du contenu numérique continue de mûrir. Cependant, dans cette transition vers des modèles commerciaux mieux établis, l’industrie traverse une phase caractérisée par l’exploration, la fragmentation et l’hybridation des modèles de revenus. Dans une économie numérique réputée pour son coût d’entrée très faible, voire gratuit, les modèles de revenus poursuivent leur évolution dans d’autres parties de la chaîne de valeur.

Le rapport fournit d’autres exemples, notamment la monétisation de l’engagement des utilisateurs, l’importance croissante de l’hyperdistribution et de la syndication du contenu, ainsi que l’intégration de fonctionnalités « Achetez maintenant » dans les médias sociaux (comme Pinterest, Twitter et Facebook) en cette époque d’achats impulsifs.

En outre, le modèle publicitaire a éprouvé de forts contrecoups, notamment l’apparition des bloqueurs de pub, qui a forcé les intervenants de l’industrie, y compris l’Interactive Advertising Bureau, à déployer des programmes pour s’attaquer au problème au cours des derniers mois. Les analystes conseillent également aux fournisseurs de contenu de tirer parti de diverses stratégies pour contrer les effets du blocage de pub.

DAVID CONTRE GOLIATH : Les marchés de niches, le prochain champ de bataille des géants de la télévision et des technologies ?

Les joueurs traditionnels de la télévision ont montré qu’ils possédaient ensemble une force extraordinaire. Tant les colosses de la Silicon Valley que les géants traditionnels de la télévision sont désormais très présents dans l’espace de la vidéo en ligne, s’affrontant dans une logique de compétition et de « coopétition ». Quelle sera la prochaine stratégie dans la guerre des plateformes internationales ? Opter pour la diversité afin de s’ancrer dans une démarche et une niche locales.

Pendant que les alphas des technologies et de la télévision s’affrontent, de petits joueurs progressistes trouvent le moyen d’atteindre des publics, tel que l’indiquait notre rapport sur les tendances précédent. Pour ces nouveaux venus, l’exploitation des marchés numériques de niche se révèle un modèle d’affaires viable. Le rapport prévoit que les chaînes spécialisées qui peinent à gagner de vastes auditoires seront les plus susceptibles d’être les victimes des perturbations actuelles du marché de la télévision traditionnelle, mais la niche se présente comme une opportunité à saisir dans la jungle numérique.

Toutefois, les géants sont aux aguets, et ils s’adaptent. Les géants de l’industrie se précipitant pour saisir les opportunités dans les marchés émergents, assisterons-nous à l’apparition d’offres de contenu locales et hétérogènes pour compenser la tendance vers le rétrécissement des préférences culturelles ?

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A l’origine, cet article a été publié sur FMC Veille et est présenté dans le cadre d’un partenariat en édition entre le Fonds des Médias du Canada (FMC) et Méta-Media.
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Pub ciblée : les consommateurs se résignent

Par Alice Pairo, France Télévisions, Direction de la prospective

En cette journée mondiale de la protection des données, les problématiques liées à la vie privée – qui s’ajoutent à la longue liste des défis de la publicité digitale pour l’année à venir – sont loin d’être résolues. Une étude récente du Pew Research Center révèle que les consommateurs refusent de divulguer des informations personnelles afin de recevoir des pubs ciblées.

Une autre, de l’Annenberg School of Communications de l’Université de Pennsylvanie nous apprend à l’inverse que les consommateurs – sans pour autant être en accord avec cette pratique – se sont résignés à ce que leurs données soient récoltées à des fins commerciales.

Pub ciblée: à quelques conditions…

L’étude du Pew Research Center est sur la forme, bien différente des analyses classiques : elle expose 6 scénarios et demande aux participants ceux qu’ils trouvent « acceptables », selon qu’ils en tirent ou non des avantages.

Les résultats révèlent que les consommateurs acceptent les scénarios – donc perçoivent des avantages – lorsqu’ils concernent :

Dans un autre scénario, il était question d’utiliser un réseau social afin d’organiser un rassemblement scolaire. il était rappelé que le réseau allait employer leurs informations pour leur adresser des publicités ciblées. Dans cette mise en situation, les consommateurs formulent des conditions et remarques, et révèlent ainsi leurs réticences :

Une résignation patente…

L’étude Annenberg de Joseph Turow montre que les consommateurs considèrent le fait de révéler des éléments de leur vie privée comme « une conséquence inévitable de leur utilisation d’Internet ». Ces derniers se résigneraient donc à accepter cette situation tout en en étant très insatisfaits.

Les résultats de cette étude démontrent que les marketers se représentent mal une large majorité des américains. Ces premiers estiment que les consommateurs perçoivent ces opérations comme des compromis, en songeant aux avantages qu’ils reçoivent en échange. Mais l’étude révèle que seul le concept de « data for discounts » trouve grâce à leurs yeux et constitue un « deal équitable ».

Par ailleurs, les résultats montrent – et cela contraste avec les déclarations académiques –  que les personnes familières avec la façon dont les digital marketers emploient la data, sont plus enclines à accepter ce type d’opération.

Cette étude conclue sur un triste constat : une majorité d’américains se seraient résignés à partager leurs données et considéreraient comme inutile de se préoccuper de ce sujet. La résignation arrive quand une personne croit qu’une issu indésirable est inévitable et se sent impuissant pour l’arrêter.

L’étude révèle que plus de 50% d’entre eux ne veulent pas perdre le contrôle de leurs informations mais pense que cette perte de contrôle a déjà eu lieu

 

 

La technologie oui, mais avec le recul et l’éthique qui s’imposent

Par Emilie Balla et Alice Pairo, France Télévisions, Direction de la prospective

« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ». La formule de Rabelais reste de mise aujourd’hui.

Lors de la Maddyness Keynote, journée consacrée à l’innovation et à la prospective la semaine dernière à Paris, les experts en matière de robotique et de data ont fait preuve de recul. Un emploi raisonné de la technologie a été encouragé, la place de l’humain et de l’éthique dans les grands défis et changements qui nous attendent, très souvent mentionnée. Face au génie créatif de l’homme, réflexion et maîtrise sont plus que jamais cruciales. 

Remettre la data à sa place

La data induit de nombreuses problématiques relatives à l’homme : comment les emploie-t-il ? Comme les comprend-t-il ? Les mises en garde sur le sujet abondent, et il devient important de les nuancer ou d’apporter des alternatives.

Pour Laurence Parisot, actuelle vice-présidente de l’IFOP qui collecte plus de 60 millions d’informations par an et possède aujourd’hui 4,6 milliards de données, la data est au centre des problématiques. L’humanité est devenue « un computer géant » dans lequel on élabore sans cesse « classements, palmarès, rankings, statistiques ».

« Aujourd’hui on compte tout » déclare-t-elle, « nos affinités, notre sommeil, nos pas… ». Ce désir nouveau et permanent qui consiste à s’appuyer sur les chiffres n’est pas sans incidence sur plusieurs domaines périphériques comme la politique ou encore le journalisme. On le voit par exemple avec la mise en place de l’open data ou le développement du métier de data journalist. Selon elle, on peut aller jusqu’à se demander si nos démocraties – pour certaines, en voie de fragilité – ne vont pas s’orienter vers une forme de data démocratie. Un mouvement qui aurait peut-être même déjà commencé et dont la manifestation « Occupy Wall Street » dont le slogan très data est symptomatique : « Ce que nous avons tous en commun, c’est que nous sommes les 99 % qui ne tolèrent plus l’avidité et la corruption des 1 % restant ».

Mais selon elle « le big data ne mérite ni cet excès d’honneur ni l’indignité qui lui est adressé ». La data est une occasion d’innovation, de création et de découverte, dont les apports doivent être envisagés avec nuances et recul. Une prudence nécessaire face aux erreurs dans lesquelles on peut aisément tomber. « Qui numerare incipit, errare incipit » (celui qui compte est celui qui se trompe), comme le dit le professeur de mathématiques Morgensen. Au contact permanent des chiffres, il savait qu’il était important de garder à l’esprit que ceux-ci pouvaient facilement nous induire en erreur, comme établir de fausses corrélations par exemple.

« Nous ne devons pas tomber dans l’illusion des chiffres, ne pas être naïf, angélique face à l’illusion du quantum »

Selon Laurence Parisot, il est crucial de redonner la primeur au jugement de l’Homme. Elle rappelle son importance, avec ce que cela comporte d’émotions et d’intuition. La décennie qui vient verra apparaître des enjeux considérables autour de la data, et les gouvernements qui sauront développer avec le big data une approche éthique auront à moyen et long terme un temps d’avance.

 « Tout ce qui est quantitaviste est formidable, mais l’homme reste l’homme et le jugement humain reste toujours ce qu’il y a de plus important » a-t-elle déclaré.

Pour Caroline Goulard, fondatrice de Dataveyes, entreprise spécialisée dans la traduction de données en interfaces, nous construisons actuellement avec les données chiffrées un monde que l’on comprend de moins en moins. Par sa nature et sa quantité, la data se révèle souvent incompréhensible à l’homme. D’où l’importance d’interfaces qui nous la rende accessible.

« Nos ordinateurs, nos logiciels, ont été faits pour produire des quantités toujours plus grandes d’informations mais notre cerveau n’est pas scalable comme peut l’être un logiciel et on est en train de se laisser dépasser »

De la même façon que des sons sont inaudibles pour l’oreille humaine, des algorithmes commencent à devenir insaisissables pour le cerveau humain. Si l’on a pu construire des outils pour rendre ces sons audibles, on doit aussi mettre au point des systèmes qui rendent ces données intelligibles.

Cette problématique humain/données sous-tend plusieurs défis, parmi lesquels :

Pour la fondatrice de Dataveyes, «  il ne s’agit pas seulement de construire des interfaces mais aussi de designer des interfaces qui vont rendre les humains plus conscients plus capables et plus responsables ».  Ces approches, qui rendent les données plus humaines, loin du langage parfois opaque du code, encourage un comportement plus cognitif et donc une meilleure compréhension.

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Dispositif réalisé par Dataveyes pour Orange Cinéma Series (OCS) illustrant les discussions Twitter autour de la saison 4 de la série « Game of Thrones » (dataveyes.com)
Les transhumanistes envisagent sereinement le futur

Le transhumanisme n’est pas nouveau. Ce mouvement culturel et intellectuel est apparu dans les années 1980 et peut être assimilé à celui du « technoprogressisme », dans la lignée de celle initiée par les philosophes des Lumières. Pour Olivier Nérot, représentant de l’Association française transhumaniste, notre cerveau aurait instinctivement tendance à craindre l’avenir. Notre première peur concernerait l’appropriation des propriétés humaines par la machine. Olivier Nérot souhaite inverser ce constat. L’Homme serait selon lui, capable de s’humaniser face à un robot ou tout autre objet connecté, comme cela a été le cas il y a quelques années avec les Tamagotchi, ces petits animaux de compagnie virtuels.

En ce sens, l’Homme humanise l’objet, ce n’est pas lui qui nous « machinise ». La technologie ne devrait alors pas nous effrayer, puisque notre cerveau s’adapte progressivement à elle. Nous sommes certainement à un passage de seuil qui remet nos croyances en cause et change notre perception de la réalité. Olivier Nérot, en humaniste convaincu, encourage : « il faut sortir de ces peurs », afin d’être dans une étape de co-évolution, avec laquelle on peut « construire un avenir dans un continuum à la fois artificiel et naturel. » Ceci n’est possible que si l’on conserve un peu d’humilité, en ne se considérant plus comme en haut de la pyramide.

Si Jean-Michel Besnier, professeur de Philosophie à l’université Paris-Sorbonne, reconnait que nous sommes incontestablement dans un monde technologique, il nuance toutefois les propos d’Olivier Nérot, et nous met en garde. « Toutes les bêtises du monde sont possibles avec les nouvelles technologies ». Le professeur Besnier se positionne davantage pour un emploi raisonné de la technologie au service des individus, insistant sur un retour en force du langage pour prendre le temps de la réflexion et de la discussion avant d’agir.

Selon lui, le transhumanisme représente un réel « levier d’innovations », qui pourrait nous mèner on ne sait où. Ce courant de pensée sert aussi le marché des objets connectés. Besnier constate un désamour de l’humanité pour elle-même ; « l’Homme produit des catastrophes alors on décide de déléguer aux machines », mais à quel prix ? Le tout reste de ne pas se faire imposer des mutations qu’on ne désire pas.

L’effet wow passé, les robots ne sont pas toujours les bienvenus

Quelle est la place des robots dans nos vies ? « Elle n’est pas définie, le robot pourrait se situer entre l’animal de compagnie et l’ami » a declaré Ramesh Caussy, co-fondateur de Partnering Robotics.

Cet ancien enseignant en management, est devenu inventeur de robots utiles qui effectuent les tâches que l’individu n’est pas en mesure de faire. Sa création phare le DIYA One, un robot 100% français, est dotée d’une intelligence artificielle réalisée à partir de neurones artificiels. Il est capable d’intégrer les changements environnementaux pour se déplacer en autonomie, mais sa véritable fonction est d’aspirer l’air, trop souvent mal ventilé et pollué que nous respirons afin de le purifier.

Grâce à sa centrale d’air modulable, il permet également aux bâtiments de consommer moins d’énergie. Contrairement à l’accusation récurrente faite aux robots, Ramesh Caussy pense pouvoir créer des emplois dans certains secteurs en fonction des besoins. Bien que créateur de nouveaux modèles, cet inventeur estime que « notre époque n’est pas suffisamment mature technologiquement pour assurer les changements technologiques.»

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Le créateur Ramesh Caussy et son robot Diya One

Santé : on garde les médecins (pour le moment)

« L’accès à un médecin, partout, tout le temps » ? C’est le crédo de Franck Baudino, médecin généraliste, qui a travaillé sur les différents systèmes de santé dans les pays développés et en développement, pour mieux les analyser. Aujourd’hui PDG de l’entreprise Health 4D, il s’est penché sur les déserts médicaux, de plus en plus nombreux en France, et a décidé de résoudre ce problème à l’aide des nouvelles technologies.

Franck Baudino a ainsi fait installer des cabines de télémédecine dans des espaces français sans médecin, permettant la mise en relation d’un patient avec un professionnel de santé formés à la téléconsultation. Se faire osculter sans le médecin mais en interaction avec un médecin à distance. Pour le moment…

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Une cabine de télémédecine lancée par l’entreprise H4D

Liens vagabonds : Facebook arrive dans le sport

A RETENIR CETTE SEMAINE

liens vagabonds

“MUST READ”

A VOIR

 

SURVEILLANCE vs. CONFIANCE

NOUVEAUX USAGES, COMPORTEMENTS

Adèle

DISRUPTION, REVOLUTION, DISLOCATION

MOBILITES / WEARABLES

ROBOTS, INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, AUTOMATISATION, BIG DATA, MACHINE LEARNING

NOUVEAUTES

REALITE VIRTUELLE / REALITE AUGMENTEE

SMART TV / STREAMERS / VIDEO / MULTI-ECRANS :

NETFLIX

Netflix

PUB

JOURNALISME 2.0

CAMPAGNE ELECTORALE US :

OUTILS

 

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YouTube ou comment aussi apprendre en s’amusant

Par Cécile Blanchard, journaliste. Billet invité.

Du contenu éducatif sur YouTube ? Non seulement ça existe, mais en plus ça marche (relativement) bien. En France, comme au Canada et plus généralement dans les pays d’Amérique du Nord, les chaînes YouTube deviennent aussi des endroits pour apprendre. Démonstration en quatre portraits de Youtubeurs qui mettent les sciences à la portée de tous.

Leurs chaînes s’appellent Dirty Biology, e-penserLa folle histoire de l’univers, ou Science étonnante. Ils sont plus ou moins jeunes et, s’ils n’ont pas encore atteint la popularité d’un Norman ou d’un Cyprien, ils attirent tout de même plusieurs centaines de milliers d’abonnés et comptabilisent, à chaque vidéo postée, des millions de visionnements.

Ces youtubeurs français qui vulgarisent les savoirs démontrent plusieurs choses.

Tout d’abord, les vidéos d’humour et de beauté ne sont pas les seuls contenus qui attirent les (jeunes) internautes sur Youtube. En France, les contenus (ludo)éducatifs ont eux aussi leur place. Selon une étude réalisée par Google en partenariat avec l’institut IPSOS « la moitié des internautes français va sur Youtube pour comprendre quelque chose ». Ensuite, comme en Amérique du Nord, les contenus éducatifs sont souvent réalisés par des non professionnels, c’est-à-dire des filles et des garçons qui ne sont pas professeurs, qui n’exercent pas non plus une profession scientifique dans « la vraie vie », mais qui se passionnent pour ce sujet et ont envie de faire partager leur savoir, souvent de manière ludique, afin d’attirer le plus grand nombre. Ces Youtubeurs attirent le public grâce à des angles originaux ou à leur capacité à divertir.

Dirty Biology

Ainsi, Léo, 26 ans, s’était initialement donné pour objectif de parler de « biologie crade » sur sa chaîne, la bien nommée Dirty Biology (près de 300.000 abonnés et des vidéos vues des centaines de milliers de fois). S’il a vite abandonné cet angle afin de pouvoir élargir le champ des sujets abordés, il continue pourtant de traiter de sujets scientifiques parfois peu ragoûtants : dans « les 5 choses qui font de vous une chimère » on apprend qu’une femme a accouché d’enfants qui ne possédaient pas son patrimoine génétique, dans « Faut-il coucher avec ses cousins ? » il affirme, preuves à l’appui, que «  trousser son cousin au 3ème degré est la meilleure façon d’avoir le plus de descendants possible. » et dans sa vidéo la plus vue « A quoi sert un pénis ? » (les internautes sont sans surprise NDR), il remonte aux origines du phallus, « bien avant les dinosaures ».

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Titulaire d’un master de biologie évolutive, Léo est parti en Thaïlande pour un projet de thèse… et a lancé Dirty Biology en juin 2014. Depuis, il est devenu l’un des rares youtubeurs professionnel qui vit de sa chaîne, « mais uniquement parce que le niveau de vie en Thaïlande le [lui] permet. »

Pour lui, la vulgarisation passe par un débit et un rythme très soutenu, et par des illustrations.

« J’ai besoin d’un montage pêchu, d’ajouter des illustrations un peu décalées, comme des Gifs animés pour rendre accessible des concepts scientifiques purs… »

e-penser

Ce n’est pas le cas de Bruce, l’un des youtubeurs scientifique les plus suivis en France, avec plus de 600.000 abonnés, dont les vidéos sont proches du stand-up. Seul devant la caméra, sans effet de manche, mais avec un vrai sens du texte et de la comédie, il aborde des sujets issus de la vie quotidienne (Pourquoi le ciel est bleu ? Qu’est-ce qu’un arc-en-ciel ? Pourquoi bailler est contagieux ?) ou plus abstraits (Qu’est ce que la relativité restreinte ? Qu’est ce que la mécanique quantique ? Pourquoi dit-on qu’Einstein était un génie?).

Chacune de ses vidéos comptabilise entre 300.000 et 600.000 vues. Et le succès de sa chaîne lui a donné accès à d’autres opportunités. Il vient en effet de faire la première partie du spectacle d’Alexandre Astier L’exoconférence dans les Zéniths de France, a publié un livre aux Editions Marabout, et est en train de rédiger le tome 2. « YouTube a changé ma vie » déclare celui qui est en train d’abandonner doucement son métier d’informaticien pour celui de vidéaste. Sa chaîne Youtube lui rapporte en effet environ 3000€ par mois grâce à la monétisation de sa chaine, et à son compte Tipee qui fait appel à la générosité des internautes.

« J’ai également réalisé une fois un contenu sponsorisé par la Fox. C’était pour la sortie du film Seul sur Mars, et ils m’ont laissé carte blanche pour parler de la planète rouge. C’était la condition sine qua non pour que j’accepte. »

Science Etonnante

Dans un tout autre style, David Louapre, qui tient la chaîne Science Etonnante (plus de 86.000 abonnés et 400.000 vues par mois) est, lui, issu du monde de la recherche. Titulaire d’une thèse en physique fondamentale, et chercheur en entreprise, il créé tout d’abord un blog de vulgarisation scientifique, avant de se laisser séduire par le format vidéo.

« Mon blog de vulgarisation, qui est l’un des plus vus en France, comptabilise 100 000 pages vues par mois. Ce chiffre là a été battu en seulement 4 mois par la chaîne YouTube ! La vidéo a un pouvoir pédagogique immense. C’est comme si quelqu’un, à côté de vous, vous expliquait des notions scientifiques. »

Il répond à des questions du type « Pourquoi le Pastis devient-il opaque? », « Y-a-t-il un peu de Jules César dans mon verre d’eau ? » ou « Jusqu’où ira le record du monde de saut à la perche ? ».

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« J’essaie de me placer dans la peau de quelqu’un de niveau lycée et d’anticiper ce qu’il va penser. Cela me permet de redéfinir des mots ou des notions qui me paraissent évidents. C’est la malédiction du savoir : une fois qu’on a compris quelque chose, il devient très difficile de se mettre à la place de celui qui ne sait pas. »

Si le public de sa chaîne croît de manière exponentielle et qu’il assure une régularité « essentielle » en postant une vidéo toutes les deux semaines, David Louapre n’envisage pourtant pas d’en faire son métier et ne monétise pas son blog. Tout juste vient-il de se créer un compte Tipee pour pouvoir renouveler son matériel.

La folle histoire de l’univers

Dans ce monde très masculin, Florence Porcel fait figure d’exception. Elle gère la chaîne La folle histoire de l’univers, qui aborde les questions liées à l’actualité de la recherche, des théories, ou des effets physiques. Et, si sa chaîne ne compte que 13 927 abonnés, elle même se décrit comme une vulgarisatrice scientifique professionnelle. Chroniqueuse sur France 5, puis sur France Inter, dans la Tête au carré, elle intervient dans des conférences et des ateliers auprès du grand public.

« Je ne suis pas scientifique à la base, j’ai simplement une passion pour les sciences. » précise-t-elle.

Une passion qui l’a amenée à réaliser un véritable documentaire d’1h30, baptisé La folle histoire de l’Exoconférence qui revient sur le spectacle d’Alexandre Astier (encore lui). « Cela m’a demandé quelques 6 mois de travail bénévole. » souligne-t-elle.  Et si la chaîne Youtube ne la fait pas vivre, elle lui apporte cependant d’autres opportunités.

« Une société de production m’a contactée pour produire des vidéos, j’ai des projets dans l’édition, et c’est par ce biais que l’on me propose des interventions dans des festivals, des conférences, des événements, etc. »

Florence porcel folle histoire

Non seulement la liste de ces chaînes n’est pas exhaustive (citons, parmi les plus consultées, MicMaths, qui, comme son nom l’indique, aborde des sujets mathématiques, Axolot (toutes sources d’étonnement), ExperimentBoy (expérimentations scientifiques), ou encore, sur un ton très ludique Questions cons ) mais en plus, elle ne se limite pas aux sciences dites « dures ». Les sciences humaines comme la philosophie (Le Coup de Phil), ou l’Histoire (Nota Bene) y ont droit de cité et rassemblent respectivement 116 789 et 261 560 abonnés.

« Les thématiques scientifiques sont de plus en plus populaires en France. Cela fait deux ou trois ans que les créateurs français, suivant l’exemple outre-Atlantique, se lancent sur ce créneau. » explique Charles Savreux, communications manager chez Google & YouTube. « On peut parler d’un phénomène global de « Do it yourself », qui a pour objectif de désacraliser certains sujets. La vidéo est de plus en plus privilégiée pour toutes les phases d’apprentissage. De plus, ces thématiques éducatives permettent de toucher un public très large, et plus uniquement une cible jeune. Ce sont désormais des verticales qui marchent très bien, au même titre que l’humour, la beauté, ou le gaming. » conclut-il.

Comment Radio France compte devenir un média global

Par Alice Pairo, France Télévisions, Direction de la prospective

Qu’est-ce que « faire de la radio » en 2016 à l’heure d’une concurrence accrue mais aussi et surtout des nouveaux usages. Loin de se composer uniquement de stations radios, Radio France se veut de plus en plus un « média global ». Quels sont les enjeux de cette transformation ? Et comment cela se concrétise-t-il ? Ce sont les questions auxquelles ont répondues les dirigeants de Radio France lors d’une présentation organisée par le médiaClub « Radio France face à son avenir » en fin de semaine dernière à la Maison de la Radio.

L’exemple France Info

France Info constitue un cas intéressant de la refonte d’une station qui souhaite s’adapter aux usages (supports et production l’information). Selon Laurent Guimier, directeur de France Info, il était et reste urgent de redéfinir la station. Etre une radio d’information « de marque » ne suffit plus en 2016, c’est pourquoi il a l’intention de transformer la station en véritable « média global » afin de remplir son rôle de vecteur d’information destinée à tous : une station d’information de service public.

Le directeur de la station donne le ton : « nous voulons devenir le média d’information de référence d’ici deux ans ». Pour atteindre cet objectif, la façon de produire l’information et le lieu de diffusion de l’information vont évoluer.

Une information différente

En matière de production de l’information, l’objectif de Laurent Guimier est de délivrer la « bonne information », et ce rapidement. La dichotomie réactivité/qualité n’a pas de sens pour lui. Conjuguer « breaking news » et analyse est donc à la base de la refonte de la station. Ainsi depuis un an et demi, son équipe travaille sur les grilles de programmes. De nombreuses chroniques ont été supprimées (passant de 90 à une quinzaine). Programmées et éditées, elles ne collaient plus avec le désir de réactivité de la station. La tendance de sa programmation qui était d’ailleurs constituée à 25% d’actualité chaude contre 75% de pré-produit est aujourd’hui inversée !

Toujours pour améliorer sa réactivité, la station possède depuis quelques jours sa propre agence interne. Ce service de veille nouvellement crée produit l’information chaude à destination des supports radio et Internet et sépare ainsi le temps de recueil de l’information et celui de sa diffusion par trois ou quatre.

Etendre son public

Pour être une station de référence, qui plus est du service public, il faut savoir toucher tout le monde en délivrant des messages adaptés à chaque support. C’est ainsi que France Info a décidé de devenir un média global. Qu’est-ce que cela veut dire ? « Ce n’est pas qu’une formule », précise Laurent Guimier, mais un « véritable projet » qui consiste à produire une information sur tous les supports, avec cohérence. Cela commence par une rupture avec la stratégie du site d’information traditionnel qui consiste à relayer les informations diffusées à l’antenne. Si en 2014, la radio se dote d’un site Internet (un site d’information classique est « accolé » à la station), en 2016, il s’agit de penser le site comme une entité, un média à part entière.

« Il faut jouer le match où sont nos concurrents, déployer ce que nous sommes sur tous les supports existants » ce qui passe par une production d’information numérique…

Pour le Directeur de la station, il n’y a aujourd’hui pas d’intérêt à créer un site diffuseur d’informations car l’offre est forcément moins réactive que le média d’origine, « c’est mécanique ». Le site de la station propose alors des captations d’antenne : « Le live » diffusées en temps réel sur le site. Ou encore des contenus exclusivement créés pour un support en particulier. C’est le cas avec « Expliquez-nous » une chronique « draw my news » (sur le modèle des vidéos « draw my life ») dessinée qui explique l’actualité, postée en native sur Facebook afin de conquérir un public plus jeune.

Cette initiative s’inscrit dans la démarche de « renouvellement des publics » de la Maison ronde abordée par Serge Schick qui déplore que Radio France ait « vieilli plus vite que la population française ». En effet, la station par son statut de service public doit s’adresser à tous les citoyens, quelque soit leur âge, et ce pan là de la population est trop peu représenté dans l’audience aux yeux du groupe. L’âge moyen de la population française est 47 ans (le même que l’âge moyen des auditeurs de radio) tandis que celui des auditeurs de Radio France s’élève à 57 ans.

Journalisme/Média : 10 prédictions pour 2016

Par Barbara Chazelle, France Télévisions, Direction de la Prospective

Le mobile et la vidéo resteront en 2016 les défis majeurs à relever pour les éditeurs. Mais si les choses s’accélèrent, elles se précisent aussi, et les leviers d’action sont aussi nombreux que variés.

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Le Reuters Institute a publié aujourd’hui son rapport Journalism, media and technology predictions for 2016 basé sur l’étude de 26 pays. Voici les 10 points à retenir :

1Apprendre à produire du contenu pour aucun écran

Selon le Reuters Institute, peu de personnes utilisent les assistants personnels de leur mobile (comme Siri ou Google Now). Mais cela serait sur le point de changer, notamment grâce à M de Facebook, une intelligence artificielle bientôt installée dans Messenger, qui pourrait rendre cet usage mainstream.

« Le deep learning et l’intelligence artificielle pourraient bien être les nouvelles frontières de la guerre entre Apple, Microsoft, Google et Facebook. » prédit Reuters.

Pour les éditeurs, cela implique d’apprendre à produire du contenu non seulement pour tous les écrans mais aussi pour aucun écran, car nous allons de plus en plus parler à nos terminaux. C’est ce qu’on appelle le « Zero UI ».

2La push notification est un nouveau medium

L’utilisation des notifications d’info a doublé cette année dans la plupart des pays. L’arrivée des montres connectées n’y est pas pour rien, et le Reuters Institute prédit que la tendance va s’installer. Le New York Times par exemple a désormais une équipe de 11 personnes consacrées à la création et à la programmation des notifications.

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Pour Otto Toth, Directeur de la Technologie au Huffington Post :

« Il existe une génération qui ne lit rien de plus long qu’une notification… Maintenant nous avons des journalistes qui n’écrivent que des notifications. Ceux qui écrivaient les headlines sont la nouvelle génération de créateurs d’information qui connaîtra le succès. »

En 2016, de nombreux éditeurs prévoient de tester des alertes personnalisées. Les intermédiaires devraient aussi lancer de nouveaux produits, à l’instar de Facebook Notify ou d’acteurs qui se basent sur les algorithmes comme Nuzzel et SmartNews.

3Montée en puissance des nouveaux formats vidéo

La croissance de la vidéo en ligne et de la vidéo mobile n’est plus un secret pour personne. La plupart des éditeurs et les grandes plateformes ont mis les bouchées doubles en 2015 déjà, avec parfois quelques ajustements de stratégie :

– la BBC ferme son service Red Button TV et va se concentrer sur un projet autour de la vidéo mobile
– Le Washington Post a mis la TV et la vidéo au cœur de sa nouvelle newsroom
– Le Huffington Post veut faire croître son activité vidéo grâce à des partenariats éditoriaux et développe Outspeack, sa plateforme de contenus journalistiques UGC

En ce qui concerne les nouveaux formats vidéo :

– la vidéo verticale n’est pas qu’un effet de mode. Selon l’agence Mary Meeker qui analyse les tendances, près d’un tiers du temps passé à regarder de la vidéo l’est maintenant sur un écran vertical aux Etats-Unis. En 2010, on était à peine à 5%. YouTube observe une augmentation de 50% des chargements de vidéos verticales en 2015, sans parler de Snapchat qui totalise 6 milliards de vidéos verticales vues par jour.

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– difficile encore pour les éditeurs de choisir entre verticalité et horizontalité. C’est pourquoi certains d’entre eux commencent à expérimenter la production de vidéos responsive. A suivre absolument en 2016 !

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– les formats immersifs (360°, réalité virtuelle) vont devenir monnaie courante. L’enjeu en 2016 sera d’engager l’audience.

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4Plus de vidéos, mais en produisant low cost

Produire plus et moins cher, voilà le rêve de tout éditeur. De nouvelles manières d’y parvenir devraient voir le jour en 2016, notamment via le développement de robots qui vont permettre la création de tout ou partie de la vidéo.

Par exemple, BBC World Service utilise désormais la traduction automatique et la voix de synthèse pour produire de courtes vidéos en différentes langues. Wibbitz, une start-up israélienne, permet de créer une vidéo via l’analyse sémantique d’un texte et la récupération d’images de différentes agences de presse. La voix peut-être celle d’un robot ou d’un humain, selon la préférence de l’éditeur. NowThis utilise Switchboard, un logiciel qui fonctionne sur l’analyse de données, pour optimiser la construction du storytelling de ses vidéos.

Les applications de live streaming sont aussi un bon moyen de réduire les coûts de diffusion et seront de plus en plus utilisées pour relayer les breaking news. A surveiller de près en 2016 : Facebook Mentions.

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5Apparition de nouveaux indicateurs

Face à l’explosion de la vidéo en ligne, et ce que cela implique pour les annonceurs, le Reuters Institute prévoit la création de nouveaux indicateurs, pour mesurer l’audience mais surtout l’engagement.

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« Cette année sera celle où l’on commencera à comprendre à quoi ressemble vraiment le succès, et où l’on réalisera qu’il prend autant de formes qu’il y a d’audiences sur les différentes plateformes » affirme Renée Kaplan en charge de l’engagement de l’audience au Financial Times.

L’engagement peut être suscité très en amont. Une levée de fonds pour financer sa plateforme d’info peut être un bon moyen de recruter une audience fidèle dès le début du projet. El Espanol et De Correspondent ont levé en 2015 respectivement 3.1 millions et 1 million d’euros.

6Davantage de formats longs sur les médias sociaux

Les médias sociaux ne vont plus se contenter de se faire l’écho de simples liens. Il est fort probable que les plateformes encouragent de plus en plus les éditeurs à publier des contenus natifs… qu’elles éditeront ensuite elles-mêmes.

« Les sites individuels ne vont plus avoir d’importance… On aura accès à l’info sur des sites centralisés » prédit Evan Williams, fondateur de Medium.

7Des API pour les applications de messageries

Les applications de messageries, qui ont connu une forte adhésion ces derniers mois, ne servent plus uniquement pour chatter mais aussi pour produire et partager des contenus. En 2016, certaines de ces applications devraient mettre à disposition des API qui permettront aux éditeurs de distribuer leurs contenus plus facilement.

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8Avoir sa propre application devient nécessaire

Le rapport cite 4 raisons pour lesquelles les éditeurs devraient plus que jamais songer à développer leur propre application mobile :

  1. Les applications souffriront moins des ad blockers.
  2. Les applications de contenus sont désormais plus visibles (indexées dans le search depuis l’iOS9) et automatiquement liées au contenu web, permettant ainsi aux utilisateurs d’avoir une expérience cohérente d’où qu’ils viennent.
  3. La vitesse / performance des applications reste meilleure que celle du web mobile
  4. Les applications permettent l’envoi de notifications et ainsi des visites plus régulières

9Créer du contenu attrayant, mais surtout utile

L’essor du journalisme visuel a été particulièrement bien utilisé pour attirer l’attention. Mais pas toujours pour produire du contenu utile, à forte valeur ajoutée. « En 2016, attendez-vous à voir des outils qui se concentre sur la résolution de problème et qui apporte des réponses aux questions, en soutien à des contenus plus originaux » prévient le Reuters Institute.

Pour cela, les données et la manière de les raconter seront essentielles.

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10De meilleurs services, tout simplement

En 2016, on ne réinvente pas la roue, on l’améliore. On tente de donner davantage de sens à ses contenus, on assure au maximum le confort de son audience, à commencer par offrir des services sécurisés, mais aussi plus performants.

La publicité, à l’heure où les ad blockers font rage, reste un sujet majeur en 2016. En cause notamment, la lourdeur de leur chargement. L’amélioration de la vitesse d’exécution est un des objectifs de Facebook, Apple (via les applications) mais aussi de Google qui lance un nouveau standard (AMP) pour le web mobile.

«  Tout ce qui est moins qu’instantané amène une dégradation, un déclin de l’engagement » avertit Richard Gingrass, Directeur de l’Info chez Google.

Des innovations sont enfin à attendre dans les modes de paiement et les modes de souscription. Bendle, qui a ouvert le champs des micro paiements pour des articles, devrait se lancer très prochainement aux Etats-Unis.

Cyber-attaques : risques accrus pour les médias, mobiles et objets connectés en 2016

Par Alice Pairo, France Télévisions, Direction de la prospective

Quels risques de cyber-attaques et quelles évolutions en matière de cyber-sécurité peut-on s’attendre à observer en 2016 ? En ce début d’année, de nombreux organismes dédiés à la sécurité informatique s’attèlent à l’exercice des prédictions.

Les tableaux qu’ils proposent montrent que non seulement le périmètre des attaques potentielles se développe, mais aussi que leurs méthodes évoluent. Face à la multitude de secteurs désormais ciblés (énergie, transports, banques, opérateurs télécoms, santé, finance, administration, PME ou encore universités) et la variété des  méthodes d’action imaginées, nous nous penchons sur trois domaines au centre des préoccupations de Méta-Media : le mobile, l’Internet des Objets et les médias.

Le mobile, une cible de choix

En 2015, les smartphones ont été la cible de nombreuses cyber-attaques. Qu’ils soient sous iOS ou Android. Et cela devrait persister, voire s’intensifier en 2016. Nos Smartphones recèlent d’informations personnelles et professionnelles, pourtant ils ne seraient pas si bien protégés – bien moins que nos ordinateurs. Les mobiles intéressent donc pour leur data. En témoignent l’existence des « ransomwares », ces logiciels qui prennent en otage vos donnés et vous les restituent contre de l’argent. Des logiciels qui visaient jusqu’à présent Windows et devraient de plus en plus cibler les terminaux mobiles selon Watchguard Technologies, l’un des leaders mondiaux des solutions de sécurité. D’autres méthodes, plus pernicieuses encore sont dévoilées dans une étude de Proofpoint : un nombre alarmant de logiciels à risque se cachent dans des applications mobiles afin de pénétrer le système d’exploitation et dérober des données. Sur 23 000 applications gratuites de jeu analysées, près de 24% présenteraient des risques de transferts de données.

Mais si la cybercriminalité va plus que jamais s’orienter vers les smartphones, c’est aussi pour l’argent qui y transite.
Selon Arnaud Kopp, directeur technique Europe du Sud de Palo Alto Networks, entreprise de télécommunication spécialisée dans les solutions de sécurité, le développement du paiement sans contact permis par la technologie NFC (communication en champ proche) qui concernait près de 9 millions de modèles de mobiles en septembre 2015 va sans aucun doute engendrer des attaques ciblées à l’encontre des mobiles, « la cyber-criminalité [suivant] généralement l’argent ». Combinant le bancaire et le mobile, ces avancées engendrent des défis nouveaux et complexes en matière de sécurité.

Les objets connectés, de vraies passoires !

On prévoit 26 milliards d’objets connectés d’ici 2020. Mais cette croissance spectaculaire pourrait se voir assombrie par les risques d’attaques, qui elles aussi se développent. Car le secteur de l’IoT accuse un retard considérable en matière de sécurité face à l’essor de ces objets connectés, en proposant  « une sécurisation des objets connectés peu fiable et des politiques de confidentialité qui manquent de maturité » comme l’explique La TribuneAinsi, selon Watchguard Technologies, 2016 devrait voir apparaître des attaques « visant à modifier et pirater en permanence le firmware [logiciel interne] d’objets connectés ». Ces objets, connectés à Internet, représentent pour les pirates un passage simplifié afin d’intégrer le système informatique d’un particulier ou d’une entreprise, car ils sont bien moins protégés que les PC, ordinateurs portables et tablettes. Il existe aussi des risques liés à la nature même de l’objet touché, s’ils sont assez dérisoires dans le cas d’un téléviseur, on peut s’inquiéter de la prise de contrôle d’un pirate sur une voiture connectée. Il est donc essentiel pour les fabricants de travailler sur la sécurité de leurs objets connectés.

Or selon l’étude Securing the Internet of Things Opportunity: Putting Cybersecurity at the Heart of the IoT réalisée par CapGemini Consulting, moins de la moitié des entreprises de l’Internet des Objets considèrent la sécurité comme un sujet de premier ordre, puisque seules 48% sécurisent leurs produits issus de l’Internet des Objets dans la phase de développement du produit. Mais de plus en plus alertées par des experts, les entreprises devraient revoir leur copie. Et selon Nexusguard, spécialiste des solutions de sécurité DDoS, pas moins de 25% du budget consacré à la sécurité devrait concerner l’Internet des Objets, d’ici 2020.
Ce paramètre est aussi loin d’être un détail pour les utilisateurs, pour qui l’IoT est un concept nouveau et dans lequel il est crucial que les objets à qui l’on délègue des tâches parfois majeures puissent obtenir leur confiance totale.  Selon La Tribune, il est clair que « les entreprises qui ont compris et identifié l’impératif de sécurité seront celles qui prendront la tête de la nouvelle révolution de l’Internet des Objets ».

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Image extraite de l’étude de CapGemini Consulting

Les médias sujets au hacktivisme

Dans le domaine des médias, le tableau est un peu différent. Et cela commence par l’identité des pirates : on parle plus de hackers que de cyber-criminels, ces premiers « cherch[ant] un écho contrairement aux précédents qui cherchent à être discrets » comme le nuance Watchguard Technologies dans son communiqué de prédictions pour 2016. L’objectif ici est donc bien différent des deux cas que nous avons vu précédemment, il ne s’agit pas de dérober discrètement des données mais de dévoiler des informations en leur donnant l’écho que seul un média d’envergure permet d’obtenir. On se souvient de l’attaque perpétrée par des hackers russes qui avait touché TV5 Monde en avril dernier. Une attaque sans précèdent dans le paysage audiovisuel français, qui avait entraîné un arrêt des diffusions des 11 chaînes du groupe (reçues dans plus de 200 pays) pendant plusieurs heures. Pour Watchguard Technologies, il faut s’attendre à d’autres attaques du même type en 2016.

Souvent, pour les sites de médias, les hackers emploient la méthode dite de « déni de service » qui consiste à multiplier les demandes de connexion, jusqu’à rendre le site hors ligne. Si les solutions sont ici d’ordre purement technique, il s’agit parfois simplement de précaution d’ordre humain. Dans le cas de l’attaque de TV5 Monde, la méthode employée a été celle du « phishing » (ou « hameçonnage ») : piéger un individu en lui en envoyant un mail signé d’un collègue et l’incitant à délivrer identifiants et mot de passe. La solution au problème passe donc par une sensibilisation en interne : apprendre à être prudent avec les messages que l’on reçoit. D’où l’importance, selon Watchguard Technologies pour les entreprises de média de dédier un budget « consacré à la formation des employés à la détection des menaces, incluant les plus récentes techniques de persuasion  ».

https://www.youtube.com/watch?v=uqJBKMurYzk

Et si le futur de la cyber-sécurité résidait dans l’intelligence artificielle ? A mi-chemin entre la prudence humaine et les protections d’ordre technique, elle consitue pour Watchguard Technologies un moyen de défense très prometteur. Les attaques sont de nature multiple et touchent de plus en plus de supports. Face à ces évolutions, les spécialistes de la cyber-défense doivent perpétuellement s’adapter. Et le rythmes est parfois difficile à suivre pour l’esprit humain, c’est pourquoi Watchguard Technologies considère l’AI et ses machines « qui apprennent continuellement et peuvent reconnaître et suivre des comportements malicieux »  comme une alternative de cyber-défense particulièrement encourageante pour les années à venir.

Lectures : nos recommandations pour cet hiver (2/2)

2ème vague de recommandations de lectures pour bien appréhender l’hiver !  

Un grand merci d’être toujours plus nombreux à nous suivre, sur ce blog mais aussi sur Facebook, Twitter et Instagram pour les TechNews ! L’équipe de Méta-Media vous souhaite une très belle année 2016.

Peers Inc, Robin Chase

Louer son appartement avec Airbnb, vendre ses créations sur Etsy, envoyer un message via WhatsApp ou obtenir un rencard grâce à Tinder, autant d’activités rendues possibles par l’économie collaborative. Robin Chase examine cette nouvelle économie née sur Internet et explore les changements induits par cette révolution qui vont selon l’auteur bien au-delà du simple monde des affaires.

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Trial and error U.S. newspapers’ digital struggles towards inferiority, H.Iris Chyi

Et si le futur de la presse écrite n’était pas en ligne ? Cet ouvrage offre une analyse des journaux américains dont les expérimentations en matière de transformation digitale s’avèrent peu fructueuses. L’objectif de cette observation est de répondre aux questions concernant les formats print et digital et de chercher les raisons pour lesquelles les informations en ligne sont dévaluées par les lecteurs.

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Resonate – Present visual stories that transform audiences, Nancy Duarte

Les présentations ont pour objectifs d’informer, de persuader voire d’inspirer, mais elles résonnent souvent comme une perte de temps dans l’esprit du public. Cet ouvrage donne les clés pour qu’une présentation fasse sens pour votre audience.

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Innovators in digital news, Lucy Küng

Lucy Küng observe dans cet ouvrage les acteurs clés de l’industrie de l’information numérique et identifie les éléments qui font leur succès, donnant ainsi de précieux conseils aux acteurs souhaitant tirer le meilleur du numérique.

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La Gratuité, à quel prix? Circulation et échange de biens culturels sur Internet, Joëlle Farchy, Cécile Méadel et Guillaume Sire

Dans cet essai, Joëlle Farchy, Cécile Méadel et Guillaume Sire offrent une riche analyse de l’économie de la gratuité qu’est l’économie numérique et soulèvent de nombreuses questions relatives à la circulation des biens culturels dans le cadre d’échanges non marchands. Un accès aux biens qui – derrière une même apparence de gratuité – induit des conséquences bien différentes selon que l’on s’appelle iTunes, Spotify ou LastFM.

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Obfuscation – A user’s guide for privacy and protest, Finn Brunton, Helen Nissenbaum

Face au prélèvement et à l’utilisation de nos données sur Internet, plusieurs méthodes de protection ont vu le jour. Parmi elles, l’obfuscation, qui consiste à publier en quantité des informations afin de noyer celles que l’on souhaite cacher. L’intention de Brunton et Nissenbaum avec cet ouvrage pratique consiste à fournir au lecteur des conseils afin de mettre en place cette stratégie.

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The Master Algorithm – How the quest for the ultimate learning machine will remake our world, Pedro Domingos

Pedro Domingos nous plonge avec cet ouvrage au coeur des systèmes de machine learning de Google, Amazon et de votre smartphone, il développe également les principes des cinq écoles de pensées du machine learning et explique de quelle façon elles emploient les neuro-sciences, la physique, les statistiques ou encore la psychologie afin d’en faire des algorithmes prêts à vous servir.

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Signal Traffic – Critical studies of media infrastructures, Charles R. Acland, Paul Dourish, Sarah Harris, Jennifer Holt and Patrick Vonderau, Shannon Mattern, Toby Miller, Lisa Parks, Christian Sandvig, Nicole Starosielski, Jonathan Sterne, and Helga Tawil-Souri

Les contributeurs de cet ouvrage observent la façon dont les infrastructures médiatiques – les cables transocéaniques ou encore les data centers – interfèrent dans notre quotidien. Pour ce faire, ils confrontent les multiples formes que les réseaux peuvent prendre, la façon dont ils sont imaginés, leurs moyens de toucher les publics dans le monde, leurs effets au niveau local et ce qu’il arrive quand ils font défaut.

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L’avenir [des pixels] est entre nos mains, Timothy Duquesne

Dans cet ouvrage, Timothy Duquesne observe  l’ « océan de pixels » que sont les images auxquelles nous accédons à partir de nos écrans et interroge notre responsabilité à l’égard des ces images que nous produisons et relayons, car pour l’auteur  « le monde des pixels et le monde physique étant complètement imbriqués, façonner notre océan de pixels, c’est aussi façonner notre monde ».

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