#UseTheNews : Comment regagner la confiance de la Génération Z ?

Par Chrystal Delfosse, MediaLab de l’Information de France Télévisions 

Il n’est pas nouveau d’apprendre que la Gen Z délaisse les médias traditionnels au profit des réseaux sociaux et autres médias numériques. Les plus jeunes affirment ne pas se retrouver dans l’offre dite traditionnelle. Pour tenter de comprendre cette nouvelle génération et pour susciter son intérêt pour le journalisme et l’information, la Deutsche Presse-Agentur (dpa) a lancé, en 2020, un projet d’envergure nommé #UseTheNews. En collaboration avec le Sénat de Hambourg, des professionnels des médias, des écoles et des établissements d’enseignement, ce projet est parti d’une question : « Comment (re)gagner la confiance et construire des démocraties plus saines ?« 

Il existe de nombreuses pistes à explorer pour reconquérir les jeunes, qui passent notamment par la façon de s’exprimer, le choix des thématiques, de nouveaux formats et canaux ou encore l’implication interactive des publics, résume le document, partagé sous forme de livre blanc. À destination des journalistes et éditeurs, #UseTheNews donne des éléments de compréhension des nouveaux usages médiatiques de cette génération tant convoitée. Grâce à une étude menée auprès de 1.500 personnes par l’Institut Leibniz pour la recherche sur les médias, le document fournit des connaissances de base sur les changements d’attitude et sur les usages du jeune public. Depuis fin 2020, la mise en place d’un laboratoire d’initiation à l’information, composé d’une trentaine de professionnels des médias, a permis d’explorer des projets innovants et des bonnes pratiques éclairant ainsi les enseignements de l’étude. 

La Gen Z n’est pas un public cible uniforme

Il ne faut pas voir la génération Z comme un public cible unique, tant les habitudes, besoins et intérêts en termes d’informations diffèrent au sein de ce même groupe. L’étude révèle que si la manière de s’informer des adolescents et jeunes adultes peut varier selon l’âge et le niveau d’éducation, elle peut également différer entre deux personnes venant d’un même milieu social. 

Plus précisément, l’étude identifie quatre groupes. Certains vont s’informer presque exclusivement grâce à des sources journalistiques, en considérant que cela forge leur opinion – principalement les plus âgés et ayant un niveau d’éducation élevé. Tandis que d’autres vont se tourner vers des “acteurs privés”, que sont les célébrités et les influenceurs. Certaines personnes vont combiner ces deux sources – et seront considérées comme « bien informées ». Enfin, il existe également un groupe de personnes n’éprouvant aucun intérêt pour l’actualité et n’utilisant aucune source d’information. 

La majorité des adolescents et jeunes adultes considèrent le journalisme comme pertinent, pour s’informer et pour forger leur opinion

Ce serait une erreur de penser que la Gen Z est complètement insensible au journalisme professionnel. L’étude, menée en Allemagne, montre qu’en plus de trouver le contenu journalistique pertinent, ces jeunes le consomment principalement via l’offre numérique des médias connus, mais aussi à travers les canaux plus traditionnels comme la radio, la télévision et la presse écrite. Les adolescents et jeunes adultes ne consommeraient finalement que peu de contenu journalistique sur les médias sociaux. 

Ces derniers faisant partie de leur vie quotidienne, ils représentent évidemment une source d’information, mais principalement à travers des biais non-journalistiques tels que les publications d’amis, de la famille, de stars et d’influenceurs et non pas via les comptes officiels des médias.

Sur les réseaux sociaux, le contenu journalistique cohabite avec une multitude d’autres messages. Pour attirer le jeune public, il est alors essentiel pour les médias de s’adapter au contenu natif des réseaux sur lesquels ils publient. Le journal télévisé allemand Tagesschau donne l’exemple avec sa présence sur TikTok. Présente depuis novembre 2019 sur l’application, la rédaction explique que l’objectif est de réussir à interpréter la Tagesschau pour la plateforme grâce au divertissement, à l’auto dérision – et évidemment grâce à sa fiabilité et l’information vérifiée

La Gen Z se sent éloignée des sujets traités par les médias

C’est un constat à maintes fois répété : les adolescents et les jeunes adultes ne trouvent pas de lien entre les contenus journalistiques et leur propre vie. Ils ne comprennent souvent pas la hiérarchie des médias et ne trouvent pas d’arguments permettant d’expliquer pourquoi telle actualité traitée est importante. Aussi, de nombreux jeunes déplorent l’omniprésence de certains sujets dans les médias.

D’une manière plus générale, la Gen Z se dit rarement intéressée par l’actualité politique et par les “hard news”. Les 18-24 ans sont tout de même davantage intéressés par les sujets internationaux, locaux et environnementaux, que les 14-17 ans. Ces deux groupes sont unis par un intérêt commun pour les informations insolites et divertissantes

L’étude relève également que les jeunes attendent du journalisme qu’il leur fournisse des informations factuelles, plutôt que des opinions personnelles

Ici, la présence de tagesschau sur TikTok permet une nouvelle fois de montrer l’exemple. Le chef du service, Andreas Lützkendorf, affirme que “l’actualité et la politique peuvent fonctionner sur TikTok”. Il explique que c’est notamment grâce à leurs vidéos explicatives, brèves et faisant référence à la vie quotidienne. Enfin, il fait également remarquer que les vidéos les plus partagées, et donc celles susceptibles d’attirer un nouveau public, sont les vidéos à charactère humoristique

Les jeunes s’informent pour s’intégrer dans leur environnement social

Peu importe leur attitude et leurs habitudes d’information, les jeunes se retrouvent sur un point :s’ils s’informent, c’est principalement pour pouvoir participer aux conversations avec leur entourage social. Plus précisément, les adolescents font mention du fait de pouvoir prendre part aux débats menés dans leurs salles de classe, tandis que les jeunes adultes citent le désir d’assumer leur rôle de “bon citoyen” et de pouvoir “contribuer à la société démocratique”

Pour répondre à ce besoin, il est nécessaire de fournir aux jeunes une information compréhensible, qui leur donnera les clés pour forger leur opinion personnelle. Ladpa a lancé en juin 2020 Easy News, un projet visant à rendre l’actualité intelligible pour tous, en particulier les personnes ne sachant pas bien lire et comprendre la langue allemande. Les articles sont écrits de manière factuelle, chronologique et concise, les termes techniques sont systématiquement expliqués. 

De la même manière, les formats “décryptages” fonctionnent plutôt bien sur le public jeune. En avril 2021, la NDR a lancé la chaîne YouTube Clip & Clear, à destination des millenials – les personnes âgées de 25 à 35 ans. L’objectif : expliquer le contexte de certaines questions d’actualité d’une manière “divertissante et intelligente”. Les vidéos postées reprennent des codes biens connus du public cible, en usant de mises en scènes amusantes, de GIFs, memes et autres graphiques. “Cela permet au public cible d’appliquer des sujets à l’apparence ennuyeuse à leur propre vie, de participer aux discussions et de retrouver le goût de l’actualité”, affirme le chef de projet. 

Tous les jeunes n’ont pas le même comportement en ligne

Il est important de comprendre qu’une majorité des jeunes utilisateurs sont passifs sur les réseaux sociaux. Bien souvent, ils ne trouvent pas d’intérêt au fait de participer aux discussions et aux interactions sur les plateformes numériques. Cependant, les plus à même de prendre part aux débats en ligne sont ceux étant les mieux informés, ainsi que ceux peu orientés vers les sources journalistiques. Cette minorité, active sur les réseaux sociaux, va ainsi façonner l’image extérieure de la Gen Z, pourtant non-représentative de sa globalité. 

Les médias ne devraient alors pas être trop tentés de correspondre exclusivement à cette minorité visible et aux opinions qu’elle véhicule. Il est plutôt important de prendre en considération les demandes des adolescents qui ne sont pas visibles et d’aborder différents types d’orientation de l’information. 

La solution pour s’adresser à un public le plus large : lui donner la parole. Lorsque la Tagesschau a souhaité développer une version 3.0 de son application, elle a laissé des dizaines de milliers d’utilisateurs accéder à sa version bêta en préproduction. Grâce aux retours formulés, la Tagesschau a pu lancer, quelques mois plus tard, une appli correspondant aux attentes de son public et ainsi bien mieux accueillie que la version 2.0.

 

L’éducation aux médias pour séparer les faits des opinions

Sur Internet, les jeunes sont confrontés à l’abondance de contenus, y compris l’offre journalistique d’information. L’étude #UseTheNews constate que les adolescents et jeunes adultes ne donnent pas forcément plus de crédit aux contenus journalistiques qu’aux déclarations individuelles, souvent parce qu’ils manquent de connaissance sur le journalisme et ses méthodes de travail.

La dpa relève alors l’importance primordiale de l’éducation aux médias pour les plus jeunes, comme pour les plus âgés. En effet, en 2016 une étude du Stanford History Education Group indiquait que la quasi-totalité des lycéens américains interrogés ne tient pas compte de la validité d’une source lorsqu’ils s’informent. Dans le même temps, une étude du Pew Research Center révélait que seule une minorité d’adultes étaient capables de différencier les faits des opinions. 

Estimant que ce manque de culture de l’information est une menace à la démocratie, la dpa souligne, à travers son projet, que l’éducation aux médias est plus qu’importante, pour donner aux jeunes certains éléments essentiels pour comprendre l’actualité et les médias, discerner une information fiable et débusquer les fake news

Quelles leçons le journalisme peut-il tirer de cette étude ?

 

 

Photo de couverture : Mahbod Akhzami via Unsplash 

Liens vagabonds : Le WSJ et les « Facebook Files »

À RETENIR CETTE SEMAINE 

Facebook Files Le Wall Street Journal s’est lancé cette semaine dans une suite de révélations sur Facebook. Grâce à des documents internes, sur lesquels la rédaction a pu mettre la main, plusieurs enquêtes sont parues, sous forme d’articles et de podcasts. Elles mettent en évidence des erreurs qu’a pu commettre le réseau social dans la gestion de ses plateformes. En permettant à des célébrités de ne pas être sanctionnées pour leurs contenus problématiques, en ignorant la toxicité d’Instagram pour les jeunes filles, en valorisant les contenus violents dans son fil d’actualités, ou encore en laissant actifs les comptes de trafiquants d’êtres humains et de cartels de drogues.

Si Facebook ne nie rien des révélations du Wall Street Journal, le réseau social affirme vouloir s’améliorer. De son côté, la direction d’Instagram a réagi dans un post sur son blog, affirmant que son réseau social peut avoir autant d’effets positifs que négatifs sur les utilisateurs. Sur ce point, les sénateurs Marsha Blackburn et Richard Blumenthal ont exigé des réponses de la part de Facebook. Des documents internes de Facebook suggèrent que l’entreprise de Mark Zuckerberg minimise la prise de conscience de ses failles. Sans parler des fermes de trolls russes, dont la plupart des comptes ne sont pas supprimés… 

Epic vs Apple – Après quatre mois de procès, la décision est tombée : Epic Games écope d’une amende de 6 millions de dollars pour avoir contourné les règles d’Apple, en instaurant son propre système de paiement sur son jeu Fortnite. L’éditeur voulait contourner les 30 % de commission empochée par la marque à la pomme pour tous les paiements faits sur l’App Store. Mais Apple n’en sort pas si victorieux, puisque le même arrêt contraint la firme à autoriser les applications à notifier l’existence d’un système de paiement alternatif à leurs utilisateurs, ce qui pourrait avoir une lourde incidence sur le chiffre d’affaires de l’entreprise.

Non content de la finalité du procès, Epic a fait appel du jugement, notamment pour prouver qu’Apple est en situation de monopole sur le marché de la distribution d’applications. Finalement, aucune des deux entreprises ne sort victorieuse de ce procès.

Cette semaine en France

3 CHIFFRES

177 millions de dollars Google a écopé d’une amende en Corée du Sud pour pratiques anticoncurrentielles

60 %Selon une récente étude, trois adolescents sur cinq ont déjà été victimes de harcèlement sur des jeux multijoueurs en ligne, ce qui représente près de 14 millions de joueurs. 

2,6 millions de dollarsvont être investis par Facebook dans les médias brésiliens, ce qui lui permettra d’étoffer son offre journalistique.

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE

Infographie: L'éco-anxiété s'empare de la jeunesse | Statista Vous trouverez plus d’infographie sur Statista

NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS / LONG READ

DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION

GAFA / BATX

DONNÉES, CONFIANCE, LIBERTÉ DE LA PRESSE, DÉSINFORMATION

LÉGISLATION, RÉGLEMENTATION

JOURNALISME

STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS

ENVIRONNEMENT

RÉSEAUX SOCIAUX / MESSAGERIES

STREAMING, OTT, SVOD

AUDIO, PODCAST, BORNES

DATA, AUTOMATISATION, INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, BLOCKCHAIN

IMMERSION, 360, VR, AR

MONÉTISATION, MODÈLE ÉCONOMIQUE, PUBLICITÉ

JEUX VIDEO, eSPORT

5G, 8K

TECH, STARTUPS, INNOVATION, TRANSFO NUM

OUTILS

 

ES avec Kati Bremme, Mathilde Caubel & Chrystal Delfosse

Liens vagabonds : Le Salvador soumis au bitcoin

À RETENIR CETTE SEMAINE : 

ProtonMail fait polémique  – Cette semaine, le service de messagerie cryptée ProtonMail a été sous le feu des critiques après avoir livré les informations personnelles d’activistes de Youth for Climate aux autorités françaises. Cela n’a pas manqué de faire réagir les internautes, qui accusent la société de mentir sur son système de protection des données. Dans un post Reddit, puis dans un billet sur son blog, ProtonMail s’est défendue. Le PDG assure avoir été contraint de livrer ces informations et ne manque pas de souligner que, en France, “les lois antiterroristes sont utilisées de manière inappropriée”.

Pour rétablir l’ordre des choses – et éviter une nouvelle polémique – ProtonMail à quelque peu changé sa communication sur son site web. L’entreprise a également assuré ses arrières en recrutant Tim Berners-Lee, le créateur du web, au sein de son conseil consultatif.

Le bitcoin s’installe au SalvadorTrois mois à peine après l’adoption de la loi qui l’autorise, le bitcoin est devenu l’une des monnaies officielles du Salvador, avec le dollar américain. Mardi, le président Nayib Bukele, à l’origine de cette initiative a fait savoir que le pays avait déjà acheté ses 400 premiers bitcoins, représentant environ 20 millions de dollars au cours de lundi. Pour accompagner ce lancement, le gouvernement offre 30 dollars, en bitcoins, pour chaque personne téléchargeant l’application officielle Chivo Wallet.

Seulement, bien qu’exceptionnelle, cette mesure n’est pas au goût de tous. En juillet dernier, le Fonds monétaire international manifestait sa désapprobation et, plus récemment, des sondages révélaient que 70 % de la population salvadorienne était opposée à la légalisation du bitcoin. La cryptomonnaie est notamment décriée pour sa volatilité. Le jour de son instauration en tant que devise officielle, le cours du bitcoin a justement chuté de 15 %. Cela peut être d’autant plus risqué dans un pays où 30 % de la population vit sous le seuil de pauvreté.

TikTok monopolise l’attention – D’après un rapport d’App Annie, l’application de ByteDance aurait dépassé YouTube en temps de visionnage moyen aux Etats-Unis et au Royaume-Uni. L’algorithme de TikTok sait visiblement retenir l’attention de ses utilisateurs, qui se détournent des autres médias. D’après une étude menée avec Kantar, 35 % des utilisateurs du réseau social admettent passer moins de temps devant la télévision depuis qu’ils utilisent TikTok. Alors, aujourd’hui, chacun y va de son compte TikTok. Cette semaine, Le Parisien a posté sa toute première vidéo sur la plateforme. Tandis que la SNCF estime avoir boosté ses ventes de 15 % grâce à sa présence sur TikTok.

Cette semaine en France

3 CHIFFRES

74 milliardsC’est le nombre d’applications sociales téléchargées à ce jour dans le monde, selon App Annie. En France, 1,49 milliards de téléchargements ont été réalisés.

355 millions d’euros – En 2020, les exportations de programmes audiovisuels français ont atteint ce chiffre record

120 %Google a annoncé vouloir reconstituer 120 % de l’eau qu’elle consomme d’ici 2030.

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE

 

Infographie: Les marques avec la plus forte croissance en 2021 | Statista Vous trouverez plus d’infographie sur Statista

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JOURNALISME

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ENVIRONNEMENT

RÉSEAUX SOCIAUX / MESSAGERIES

STREAMING, OTT, SVOD

AUDIO, PODCAST, BORNES

DATA, AUTOMATISATION, INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, BLOCKCHAIN

IMMERSION, 360, VR, AR

MONÉTISATION, MODÈLE ÉCONOMIQUE, PUBLICITÉ

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OUTILS

ES avec Kati Bremme, Mathilde Caubel & Chrystal Delfosse

Questionner les médias du 11 septembre

Par Hervé Brusini, Président du Prix Albert Londres, ancien rédacteur-en-chef de France Télévisions

S’arrêter sur le traitement d’un événement, n’est plus le seul apanage du sociologue, de l’historien ou du philosophe. Depuis quelque temps, les médias s’essayent à l’introspection publique. Très certainement, est-ce là le fruit, la résultante d’une critique toujours plus soutenue, voire violente de ces mêmes médias, venue du public. La fameuse perte de confiance. Alors, exposer les coulisses de la production de l’information, affirmer que l’on prend ainsi du recul permet (peut-être) de tenter de répondre aux procès en sorcellerie les plus divers. A commencer par l’antienne qui veut que l’audience – appelée aussi il n’y a pas si longtemps l’audimat – soit le seul guide pour des écrans tous plus cyniques les uns que les autres… Surtout lorsque les faits sont de nature terroriste.

Face à son miroir, le monde médiatique se questionne donc vingt ans après : Qu’avons-nous fait ce 11 septembre ?

Les Questions manquantes sur l’image

Et de revoir les tours, les avions devenus engins de mort massive. L’on revit le timing du moment. La fumée d’abord, le trou dans l’un des gratte-ciels, puis les ombres humaines couvertes d’une épaisse poussière blanche…  Sous son épitaphe qui avait scellé sa mémoire, le 9/11 revit sous nos yeux.

Les acteurs du journalisme confient leurs souvenirs émus, à la fois téléspectateurs et professionnels. Les questions fusent avec le « Où étiez-vous ce jour-là ? » posé comme un repère obligé du starter de tout effort de mémoire ? Quand avez-vous pris l’antenne ? Avez-vous perçu l’ampleur de ce qu’il se passait ? Comment avez-vous su qui se cachait derrière cette vague d’attentats ? Des chiffres sont alignés comme autant de preuves d’un choc événementiel remarquable, durées des sessions qui lui furent consacrées, ordre d’entrée en scène des uns et des autres, etc…

Le trouble demeure apparemment si fort encore qu’on ne cherchera pas à savoir d’où est venue la première image du 9/11. Pourtant, à juste titre l’événement est présenté comme un spectacle, proche de la fiction, et bien sûr, conçu pour inspirer l’effroi. Hyper terroriser comme l’a dit à l’époque un expert.

A qui appartenait cette caméra braquée sur les twin towers, qui mit en quelques minutes, le monde à l’unisson ? Simple vidéo de surveillance, prise de vue installée par CNN, comme certains l’ont écrit ?  Quel rôle a joué internet dans cette diffusion de l’image?

Dans l’ouvrage intitulé « Les enjeux de l’info et de la communication », Magali St Amand et Gilles Pronovost écrivaient en 2001 : « la ville la plus branchée serait New-York avec une population de 4,3 millions d’internautes en février 2000… Déjà plus de 5 millions de webcam sont recensées aux États-Unis ».

Bref, par quels canaux, ce plan fixe a-t-il été transmis à toute la planète ? La réponse est très certainement connue, mais elle reste peu évoquée. Pourtant, le sujet ne relève pas de la seule préoccupation technologique. Il inscrit, date, la rencontre entre l’image en temps réel, et le terrorisme. Ce n’est pas rien. Sachant qu’aujourd’hui ce même terrorisme a ses propres canaux d’images. Il tourne, monte, post-produit et diffuse ses séquences.

Comprendre comment la vidéo, qui saisissait en pleine exécution le sinistre projet de Ben Laden, a envahi les écrans des démocraties, c’est essayer de se donner une intelligence de l’extrême situation médiatique. Autrement dit, chercher la possibilité de ne pas être entièrement soumis à la fureur iconique de l’événement, ce par quoi passent toutes les démocraties en butte à ce type d’attaques. Il ne s’agit donc pas ici de vouloir censurer l’image de cette ultra violence.

On le sait, déjà les attentats anarchistes du XIXe siècle mobilisaient, faute de mieux, tout le savoir-faire des dessinateurs du moment pour rendre compte de l’horreur de la bombe à clous. L’instantané et sa représentation ont fondamentalement toujours été recherchés par les médias. Même pour l’atroce.

Les images pour l’Histoire nécessitent une explication

Ce fut pour la première fois le cas depuis l’invention du cinéma, en 1934 avec l’assassinat du roi de Yougoslavie Alexandre 1er. Ils furent plusieurs cameramen venus de paris à saisir la fusillade qui coûta la vie à 6 personnes. Naturellement, fixée sur pellicule, la scène ne fut pas retransmise instantanément. Mais quelques jours plus tard, dans les salles de cinéma, à la découverte de cet assassinat « en direct », l’émotion populaire fut considérable. Témoignage crucial pour l’Histoire. Sur cet attentat, le « Mystère d’archives » produit par l’INA  de Serge Vialet est passionnant .

Un « mystère d’archives » du mardi 11 septembre 2001 serait donc tout autant souhaitable. Archéologie de nos rapports à l’image ultra violente, en direct. Car, ce mardi-là, c’est une série d’attaques qui fut prise en cours par les écrans des télévisions de la planète. Le temps réel du terrorisme en mouvement meurtrier s’inscrivait du même coup dans « le pendant » de l’action et non plus dans « l’aftermath » (l’après des conséquences) comme on dit souvent dans les agences de presse.

L’on pourrait ainsi établir minute après minute, la mobilisation de la prise de vue de l’événement, faire apparaître une cartographie de qui a tourné quoi, où et sous quel angle. Puis, de définir les reprises locales et les re-transmissions internationales. Bref, savoir comment le grand dispositif mondial médiatique s’est peu à peu mis en branle. En ces années 2000, le réflexe breaking news n’était pas encore vraiment implanté dans les médias français, loin s’en faut.

Ce n’est pas un grand secret que d’affirmer qu’il fallut sévèrement batailler pour obtenir l’ouverture de l’antenne dans les chaînes du service public par exemple. Le respect du téléspectateur invoqué par certaines directions de programme, imposait à les en croire, qu’il fallait aller au bout de l’intrigue forcément haletante d’un insipide feuilleton allemand plutôt que d’informer sur ce qu’il se passait aux USA. C’est ainsi que pour le téléspectateur, il y eut de nombreux allers-retours entre le temps réel de l’horreur et la torpeur enregistrée des intrigues sans intérêt. Alternance de séquences d’info et diffusion de la fiction.

Comme si une sorte de peur planait alors sur les responsables légitimement frappés par la sidération, comme tous les autres citoyens. D’autant qu’à cette époque, les chaînes d’info en continu n’étaient pas encore pléthore. En ce qui concerne la radio, France Info était apparue en 1984, pour la télévision CNN avait vu le jour trois ans plus tôt en 1980 et LCI en 1994. Enfin, pour Internet, en France, avec un peu plus de 9 millions de micro-ordinateurs, les ménages étaient équipés à hauteur de plus d’un tiers d’entre eux .

2001 est donc à l’émergence du « village mondial de l’info » expression alors très employée. Autant dire que tous ces canaux de temps réel, commençaient d’être en place précisément avec l’émergence d’un terrorisme aux visages multiples, régional et national sur le territoire français, proche-oriental, arménien…

De la fin des années 1970 à 2001 la télévision n’a cessé de faire l’apprentissage du traitement de l’image du fait terroriste.

Le petit journal arrestation de Ravachol

Très ( très) brève histoire de l’info sur image et terrorisme

Qu’il soit ici permis de rappeler quelques réflexions déjà conduites.

Dans un premier temps, l’image du terrorisme n’a mis à la une que douleurs et sigles de revendication. Fin des années 70, début 80 la violence armée connaissait une multiplicité d’auteurs, inédite. Logos et signatures en tous genres s’acharnaient à faire la promotion de leurs attentats : AD (Action Directe), FLNC (Front de Libération Nationale Corse), NAPAP (Noyaux Armés Pour l’Autonomie Populaire), et venus du proche orient les FARL (fraction Armée révolutionnaire libanaise) de même que les CCC en Belgique (Cellules Communistes Combattantes) ou encore les arméniens de l’ASALA.

A chaque fois des signatures émergeaient, toutes soucieuses d’entretenir une hyper notoriété, car il en est ainsi du terrorisme depuis que ce type d’action existe. Les patronymes de Rouillan ou de Georges Ibrahim Abdallah sont encore présents dans les mémoires de leurs victimes, et plus largement. En temps et en heure, le journalisme audiovisuel a tenté de rendre compte comme il pouvait. Souvent, hélas, il se bornait à faire caisse de résonnance et comme pour « bien faire », il rappelait les anciens crimes de ces différents groupes, qui s’en trouvaient bien sûr ravis. La principale activité d’enquête se réduisait souvent alors au passage en banc titre des textes de revendications des actions meurtrières. Nous étions plongés dans une sorte de foire aux signatures de toute nature.

Mais, les premiers éléments de réponse face à l’instrumentalisation du système médiatique voulue par ces terroristes, furent une amélioration notoire des capacités d’investigation. Journalistes, juges, policiers et même services de renseignements finirent par se parler. L’information pouvait enfin démasquer les auteurs des tueries en pénétrant leur histoire, leur idéologie, leur face cachée. Les textes de revendication passèrent ainsi au second plan, la trajectoire exposée des uns et des autres montrait en quoi ils n’étaient pas cette puissance de l’ombre capable de frapper à tous moments et en tous lieux. Surtout, il y avait ainsi l’idée que des hommes ou des femmes pouvaient être arrêtés et traduits en justice.

Les désigner, c’était se donner une perspective de vaincre ces adversaires de la démocratie. Force est de constater que la question récente d’un anonymat bien compréhensible voulu par les victimes ne se posait pas à l’époque. En ces temps où n’existaient ni l’info en continu à la télé, ni le web, un autre débat salutaire s’ouvrit. Il concernait l’image des conséquences de l’action terroriste. Le respect des personnes meurtries par les bombes eut pour conséquence de devoir prévenir à l’antenne le téléspectateur qu’il allait voir des scènes particulièrement violentes. On alla heureusement plus loin.

On commença à flouter, arrêter l’image dégradante pour les blessés, à stopper les déclarations faites sous la contrainte. La déontologie du journalisme prenait en compte cette préoccupation nouvelle. La préservation de la dignité humaine, y compris juridiquement définie, vint à terme baliser la pratique. L’image s’en trouva peu à peu modifiée.

Le terrorisme commençait d’impliquer les journalistes eux-mêmes en les prenant en otages. L’information – en particulier dans le service public – était ainsi placée sous tension. Les noms des confrères mis à la une des journaux télévisés. Une prime aux geôliers pour les uns, une manière de faire pression sur l’État pour les autres, afin que tout soit mis en œuvre pour sauver les équipes. Là encore l’image au centre des enjeux. Et l’on ne reviendra pas sur l’épisode d’effroi vécu par la France au moment du CSPPA, le mystérieux Comité de Solidarité avec les Prisonniers Politiques Arabes et du Proche-Orient. A nouveau, un sigle, des bombes, des victimes… Et en définitive, l’Iran qui frappait ainsi la France par l’entremise d’un certain Fouad Ali Sallah. Avec force photos et dénominations, le récit de cet épisode terroriste fut raconté, loin de la discrétion parfois aujourd’hui demandée. D’ailleurs avec le recul, on ne peut que constater que ce nom est aujourd’hui oublié.

Il en est différemment du patronyme d’Abou Nidal. Sa cible était la communauté juive et tous ses lieux de rassemblement, synagogues ou restaurants. La rue des rosiers à Paris en porte la trace indélébile. Les images furent particulièrement effroyables. A cette époque, il n’est venu à l’esprit de personne « d’anonymiser » les tueurs du groupe Fatah CR et surtout pas le nom de son chef, pourtant redoutable tueur, avide de gloire. Tout au contraire oserait-on dire.

La connaissance de cette tendance ultra violente du conflit israélo-palestinien permettait de comprendre les enjeux de ce que vivait le Proche Orient, de même que le deuil qui frappait les familles juives de France. La terreur avait un nom et la pédagogie de ce que signifiait ce nom aidait à en baisser l’intensité. Mieux, la terreur avait une explication, elle ne provoquait plus la même intensité d’effroi voulu par ses auteurs. A la place des images de corps en sang, on voyait maintenant, aussi des cartes du monde.

Les débuts du terrorisme « islamiste » et son autonomie numérique

Dans les années 1990, la France connut d’autres bombes, d’autres actions violentes. Le nom de Khaled Kelkal est resté emblématique de cette période. Le portrait du jeune homme et son identité firent longtemps la une médiatique…

Désormais, nous voici dans l’ère du numérique. Et tout a changé. Les grands médias classiques ne sont plus les prescripteurs exclusifs de l’information. Web et temps réel donnent à tout à chacun la possibilité de « partager » images et textes, de façon planétaire. Le terrorisme ne s’en est pas privé et ne s’en prive toujours pas.

L’organisation État Islamique en particulier. Fallait-il d’ailleurs, dire État Islamique ou Daech ? Querelle de mots, très politique. Au fil du temps, un « équilibre » du vocable a été trouvé. Les tueurs du groupe ont des noms eux aussi, de Mérah à tous les autres. Ils sont nombreux, très nombreux. Rien à voir avec les précédents épisodes terroristes vécus par la France. De même leurs massacres causent des morts massives, là encore avec une intensité inédite en temps de paix. L’on dit alors que nous avons basculé en temps de guerre. De fait, le jihadisme impose sa violence de par le monde. De l’hexagone à l’Afghanistan pour ne prendre que ces références. Il s’inscrit dans une géopolitique.

Et cette guerre s’accompagne d’une guerre des images, avec on l’a vu pour Daech, ministère de l’information, agence de presse et publications sur le web. Autonomie dans la guerre des images, et degré de sophistication des productions vidéo unanimement reconnu. Le recrutement de leurs candidats à la mort, s’est fait par l’intermédiaire de ces images, diffusées par les réseaux sociaux, ou les sites de propagande, bien plus que par la notoriété qui serait assurée via les moyens classiques de l’information. De plus ces « soldats » se filment le plus souvent, et sont parfois parvenus à publier les images de leurs crimes par eux-mêmes.

On se souvient de Mérah,  également de cette troublante vidéo apparue le 11 janvier 2015, le jour même de la grande marche unitaire de Paris après les massacres de Charlie Hebdo et de l’Hyper cacher. Les complices de Coulibaly, le tueur du super marché juif, avaient réalisé post mortem un montage des déclarations du jihadiste mêlé aux images du 20 heures de France2 de la veille.

Du 9/11 au procès du 13 novembre

Par le hasard du calendrier, l’information consacrée au terrorisme vit aujourd’hui une confrontation avec elle-même. Trois événements se percutent tous édifiants pour le passé comme pour le présent : le retour des Talibans, les 20 ans du 9/11, le procès des terroristes du 13 novembre. Ce seul énoncé démontre assez l’ampleur de la tâche actuelle pour qui fait le métier d’informer. N’en déplaise aux critiques les plus acerbes, le chemin parcouru dans le traitement de ces événements est considérable.

Une déontologie s’exerce à présent presque instantanément quand survient un nouvel exemple d’agression. Vérification, précaution sont les maîtres mots. Mais l’impondérable guette toujours. À tout moment une erreur est possible. En la matière les épisodes terroristes ont tous leur spécificité. L’adversaire est tout autre. Il s’agit de la suspicion profonde, du divorce entre le journalisme et une partie du public. Le triptyque de circonstances du moment oblige à rendre compte tout autant qu’à rendre des comptes.

Et l’information de renouer avec ses exigences : Le reportage de terrain qui montre le pouvoir exercé par les talibans sur les populations afghanes. La chronique judiciaire qui baigne dans l’immédiateté, cette fois fortement confrontée à une temporalité en forme de défi, 9 mois de procès prévu. Enfin, le maniement de l’archive pour permettre réflexions et analyses, 20 ans après les attaques contre les États-Unis. Examen de conscience professionnelle.

Trois rendez-vous obligatoires pour lutter contre la défiance, avec l’image pour commun dénominateur.

 

 

 

Liens vagabonds : La Chine réprimande à tout va

A RETENIR CETTE SEMAINE : 

La Chine réglemente toujours plus – Le gouvernement chinois renforce son emprise sur les médias un peu plus chaque semaine. Deux nouvelles lois pour la réglementation de l’Internet ont été annoncées cette semaine : Xi Jinping entend ainsi mieux contrôler le secteur de la tech en encadrant la sécurité des données et la protection des informations personnelles. Mais l’ambition de contrôle va bien au-delà d’Internet et de ses plateformes : le secteur du divertissement est lui aussi ciblé.

Après avoir désigné les jeux vidéos comme un “opium spirituel dont la Chine devait protéger les plus jeunes, le gouvernement a finalement décidé de limiter le temps consacré par les moins de 18 ans aux jeux vidéo en ligne, à trois heures par semaine. Les entreprises du secteur du jeu et de la tech, comme Tencent, ont déjà souffert de plusieurs vagues de régulations sévères et font maintenant face à une fuite des investisseurs. Cette limitation risque aussi de fortement impacter les studios chinois alors même qu’ils sont en pleine explosion, avec notamment le succès de Genshin Impact à l’international. En effet, les astuces développées par les jeunes chinois pour continuer de jouer pourraient les pousser vers un marché plus international, les détournant finalement des licences chinoises. 

Le secteur du jeu vidéo n’est pas le seul à devoir suivre de nouvelles directives. Le ministère chinois de la culture a aussi interdit une liste de chansons au “contenu illégal” dans les karaokés. Les télévisions et radios chinoises ont été plus récemment poussées à éviter les représentation d’hommes qu’elle ne juge « pas assez virils ». Ils devront donc éviter de faire la promotion de stars jugées trop efféminées mais aussi de la richesse et de la célébrité de “vulgaires stars d’internet”. Beaucoup d’émissions de télé-réalité et concours de talents vont ainsi être bannies de la télévision nationale. Le but est de lutter contre une ‘idol culture’ qui “pollue” la société et la jeunesse chinoise.

Facebook se veut moins politique –  Facebook vient de prendre la décision de rendre son fil d’actualité moins polarisant, et donc de réduire la part d’articles en lien avec la politique dans son fil d’actualité. Cette décision implique que l’entreprise reconnaît tacitement que les génèrent le plus d’engagements ne sont pas significatifs de ce que les gens veulent voir sur leur réseau. Cette décision arrive des mois après celle de l’interdiction des publicités à visée politique, intervenue après l’assaut du capitole par les supporters de Donald Trump. Mais il n’est pas encore dit que cette intervention empêche la propagation de la désinformation, qui génère 6 fois plus de likes que les informations avérées sur Facebook. Au même moment, le Texas prépare une loi qui viserait à empêcher Facebook de censurer les posts d’élus conservateurs.

Cette semaine en France

3 CHIFFRES

1 million C’est le nombre de vidéos contenants de la désinformation que YouTube affirme avoir retiré depuis le début de la pandémie. 

Une centaine de millions d’euros L’estimation par le CNC des investissements par les plateformes étrangères dans les séries française en 2021 (contre 37 millions en 2020, avant le décret Smad) 

Plus de 50 millions d’abonnés pour le service Music Premium de YouTube 

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE

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  1. Zoom a changé la vision que l’on a de notre apparence, tant et si bien que cela nous poursuit dans la réalité
  2. Je suis né aveugle. Voici comment j’utilise la technologie pour me permettre de comprendre les expressions faciales

OUTILS

  1. L’accréditation de Nielsen par le MRC suspendue suite à des accusations de sous-évaluation des audiences
  2. Comment Fontmaker s’est fait une place au sommet des téléchargements de l’AppStore.

 

ES avec Kati Bremme & Mathilde Caubel 

Liens Vagabonds : Twitch doit muscler son jeu de modération

#TwitchDoBetter – Depuis une semaine, des milliers de streamers en colère ont utilisé le hashtag #Twitchdobetter sur Twitter pour appeler la plateforme à leur donner plus d’outil pour luteer contre les commentaires haineux et le harcèlement. Ce hashtag, accompagné de plusieurs pétitions et d’extraits de streams où les créateurs montraient leurs réactions en direct aux “Hate Raids” qu’ils ont pu subir. Ces vagues de messages haineux visent souvent les streamers issues de minorités, et ce même si la chaîne est très suivie et possède plusieurs modérateurs ; ce qui pousse les créateurs à bricoler des techniques pour les stopper. Twitch à répondu en fin de semaine sur Twitter (ci-dessous) en promettant d’améliorer la plateforme pour mieux filtrer les chats et détecter les comptes qui contournent le “channel ban” pour harceler certains streamers.

Facebook/Afghanistan – En plein période d’ébranlement politique, les afghans s’accrochent aux réseaux sociaux comme à une bouée de secours. Ils représentent un dernier moyen de témoigner ; et ce notamment pour les journalistes afghanes, particulièrement mises en danger. Mais les réseaux sociaux représentent aussi un risque majeur pour la population afghane se dressant ouvertement contre les talibans, qui les utilisent pour surveiller ou menacer leurs opposants. Ainsi, Facebook a décidé de mettre en place des mesures pour que les Afghans vulnérables protègent leur compte, comme la possibilité de cacher les listes d’amis par exemple. Mais Facebook doit aussi faire face à l’utilisation de son application de messagerie WhatsApp par les Talibans pour communiquer avec les Afghans. Même si Facebook prend des mesures pour bloquer les comptes de Talibans ou pour fermer des groupes qu’ils ont créés, cet usage reste difficilement quantifiable et les discussions très peu accessibles pour avoir un impact efficace. Les talibans accusent maintenant Facebook de porter atteinte à leur liberté d’expression.

A RETENIR CETTE SEMAINE : 

Cette semaine en France

3 CHIFFRES

Un demi milliard – D’abonnés pour le trio des géants du streaming : Netflix, Amazon Prime et Disney+

Un tiers – Des grandes entreprises internationales ont été victimes d’au moins un ransomware au cours ces 12 derniers mois 

10 milliard de $ – La valuation de Reddit ne cesse d’augmenter alors que le réseau envisage une entrée en bourse

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Liens Vagabonds : Une loi polonaise contre Discovery

A RETENIR CETTE SEMAINE :

Pologne vs. Discovery – Cette semaine la Diète Polonaise a voté en faveur de la nouvelle loi de l’audiovisuel proposée par le parti nationaliste Droit et Justice (PiS) actuellement au pouvoir. Cette loi stipule entre autre que les médias polonais ne peuvent pas être détenus à plus de 49% par des groupes étrangers. Les conditions du vote de ce texte sont controversées et son impact sur la liberté d’information et d’expression des polonais inquiète. Cette nouvelle loi n’impacte en réalité que la principale chaîne privée du pays, TVN, qui est actuellement détenue par le groupe américain Discovery, mais aussi un des seuls médias donnant la parole aux opposants. Alors que la tension monte entre les États-Unis et la Pologne, le premier ministre polonais balaye les critiques et Discovery prévoit une action en justice. Ci-dessous : Photos des manifestations contre l’adoption de cette loi partagées par le compte Twitter officiel de la chaîne TVN.

Streaming Biz – Serait-ce le début d’une vague B2B dans le monde du streaming ? Le géant américain des logiciels et du cloud Salesforce a annoncé le lancement en septembre de sa propre plateforme : Salesforce+. Même si le nom fait penser à d’autres plateformes affublées d’un + (Discovery+, Disney+, ESPN+ ou encore Apple TV+), l’entreprise souhaite se démarquer en proposant un service de streaming destinées aux entreprises et aux professionnels. En termes de contenus, on peut s’attendre à 4 chaînes, avec de l’information business et des contenus produits par la communauté Salesforce. La stratégie est claire : acquérir de nouveaux clients et fidéliser ceux qui utilisent déjà les outils de l’entreprise.

Cette semaine en France

3 CHIFFRES

7h53 – Temps moyen passé par un français devant les Jeux Olympiques sur France Télévisions 

x7 – Les vues YouTube des Jeux Olympiques de Tokyo ont été multipliées par sept par rapport à ceux Rio

116 millions – Le nombre d’abonnés à Disney+ dépasse ses propres attentes

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Liens vagabonds : Zoom sur la sécurité des visioconférences

A RETENIR CETTE SEMAINE : 

#Zoombombing – Victime de sa croissance tonitruante depuis le début de la pandémie, Zoom fait l’objet de plus en plus de plaintes liées à la confidentialité des réunions des utilisateurs. Les efforts de l’entreprise pour mieux sécuriser les visio-conférence sont entachés par le phénomène du “zoombombing”. Inspiré du mot “photobomb”, cela consiste en des intrusions de pirates dans des réunions privées pour y diffuser du contenu illicite. Poursuivie à ce sujet devant un tribunal californien, l’entreprise a accepté de payer une amende de 85 millions de dollars. Les entreprises plaignantes ont ainsi souligné leur inquiétude face au manque de protection de la vie privée, et à la vente de données à des entreprises tierces comme Facebook, LinkedIn ou Google.

Influenceurs & Vaccin – Le monde des influenceurs regorge de tentatives de manipulation et de dispersion de fausses informations au sujet du vaccin contre la Covid-19… et les gouvernements en sont bien conscients. Plusieurs YouTuber de vulgarisation scientifiques avait récemment révélé avoir été approché par une agence de marketing russe, qui leur demandait d’avoir un discours anti-vaccin Pfizer contre rétributions. F ce trafic d’influences, les autorités américaines ont décidé de recruter leur propre équipe de célébrités et d’influenceurs pour communiquer autour de la vaccination. En France, c’est Emmanuel Macron qui s’est lui-même prêté au jeu de TikTok pour organiser une session questions-réponses à propos de la vaccination. Le but restant dans les deux cas, de toucher des publics qui s’informent en priorité sur les réseaux sociaux.

@emmanuelmacron♬ son original – Emmanuel Macron

Cette semaine en France

3 CHIFFRES

81% – des droits de diffusions sportifs en France concernent le football

2,5 millions – de chats virtuels créés par Google pour entraîner ses nouveaux appareils domotiques

$4,809 – Le prix de l’expérience immersive “Star Wars : Galactic Starcruiser” dans le nouvel Hotel Disney

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE

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Liens vagabonds : Une tempête pour changer Blizzard

Activision Blizzard – Mobilisation historique dans l’industrie du jeu vidéo. Une partie des équipes de l’éditeur de jeux vidéo américain Activision Blizzard est actuellement en grève pour lutter contre le sexisme et les discriminations au sein de l’organisation. Plus particulièrement, cette grève intervient suite aux réponses jugées insuffisantes de la direction face aux récentes affaires de harcèlement sexuel et de discrimination à l’embauche. Ce mouvement rassemble des milliers d’employés, signataires d’une lettre ouverte contre la culture d’entreprise machiste et discriminante. L’entreprise américaine fait aussi l’objet d’une plainte déposée par l’état de Californie, alléguant que l’entreprise aurait abrité une culture d’entreprise intensément sexiste. « Nos premières réponses […] ont été, très franchement, dénuées de sensibilité » a écrit Bobby Kotick, le CEO d’Activision Blizzard, dans une lettre à ses salariés. Il a aussi annoncé une série de mesures, qui sont encore jugées trop faibles par les salariés mobilisés. Ces derniers ont notamment reçu, par le biais d’une lettre, le soutien de centaines de salariés de l’éditeur français Ubisoft et de nombreux streamers qui ont arrêté de streamer les licences éditées par Activision Blizzard (Call of Duty, Overwatch ou encore World of Warcraft).

Amazon & RGPD – Amazon remporte le record de l’amende pour non-respect de la réglementation européenne sur les données privées la plus haute ! La CNPD (Commission nationale pour la protection des données) du Luxembourg a ainsi infligé une amende de 746 millions d’euros à l’antenne européenne d’Amazon pour non-respect du RGPD. Mais pourquoi par le Luxembourg ? Cette amende fait suite à une décision européenne mais a été infligée par la CNPD car le siège social d’Amazon Europe est situé dans le Grand-Duché. Cette sanction fait suite aux mises en demeure par la CNIL française de plus de soixante entreprises pour leur manque de respect du RGPD en ce qui concerne les cookies. Amazon avait ainsi écopé d’une amende de 35 millions d’euros en 2020. Amazon juge l’accusation de la CNPD “sans fondement” et compte faire appel de cette sanction. 

A RETENIR CETTE SEMAINE :

Cette semaine en France

3 CHIFFRES

200 – Nombre de nouveaux postes créés par NBC dans son push digital vers le streaming

+22% – de visites pour les applications de médias audiovisuels français en un an selon le CSA

1 sur 153salarié américain travaille pour Amazon

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Liens vagabonds : Pégase espionne les puissants

A RETENIR CETTE SEMAINE :

Pegasus – Le collectif d’investigation Forbidden Stories et Amnesty International ont révélé en début de semaine le vaste annuaire de numéros de téléphones espionnés par le logiciel Pegasus. Parmi ces numéros, des ministres ou chefs d’États, des personnalités politiques et leur entourage, mais aussi plus de 180 journalistes du monde entier. NSO, la société israélienne à l’origine de ce logiciel, nie toute responsabilité dans cette utilisation illégale de leur technologie malgré la lourdeur des accusations. “C’est une industrie qui ne devrait pas exister” a déclaré Edward Snowden en réaction à cette affaire. Les identités de tous les détenteurs des numéros espionnés ne sont pas encore révélées mais nombreux sont les services qui vous proposent de savoir si vous en faites partie (ce qui est peu probable) ou de se prémunir face à ce genre d’intrusions.

L’information en OTT : La chaîne CNN annonce le lancement de CNN+, sa plateforme payante de streaming, pour début 2022. La plateforme offrira à la fois 8 à 12 heures de live quotidien et des contenus à la demande. On pourra y retrouver le travail de célèbres journalistes de la chaîne mais aussi celui des centaines de journalistes recrutés pour l’occasion. Pour Jeff Zucker, l’actuel président du network, ce lancement représente “le projet le plus important depuis Ted Turner”, qui avait fondé la chaîne en 1980. Au même moment, The Independant veut étendre l’impact des contenus vidéo de son “TV Hub” à la télévision avec une nouvelle offre OTT.

Cette semaine en France

3 CHIFFRES

7 heures – la moyenne de temps quotidien passé par les internautes sur le web, le double du temps passé devant la télévision. 

85% – des internautes déclarent jouer à des jeux vidéos 

7% – La part du visionnage télévisuel que représente Netflix au États-Unis

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE

Infographie: Apple en tête de course à l'intelligence artificielle | Statista Vous trouverez plus d’infographie sur Statista

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