Plus de 50% des vidéos en ligne seront mobiles d’ici fin 2015
Par Barbara Chazelle, France Télévisions
Près de la moitié des vidéos consommées en ligne l’ont été depuis un terminal mobile au 2ème trimestre 2015. Soit un bond de 74% par rapport à l’année dernière. Et les smartphones n’y sont pas pour rien : le nombre de vidéos visionnées y est 8 fois supérieur à celui des tablettes ce trimestre.
Ooyala, qui vient de publier son Global Video Index pour le deuxième trimestre 2015 (dont sont issus ces chiffres) estime que plus de 50% des vidéos en ligne devraient être mobiles d’ici la fin de l’année.
Le mobile pour toutes les vidéos, pas seulement les formats courts
Ce rapport n’est pas le seul à aller dans ce sens. Selon ZenithOptimedia, le temps passé à regarder de la vidéo en ligne devrait augmenter de 23% dans le monde en 2015 et de 20% supplémentaire sur l’année 2016. La vidéo mobile devrait croître de 44% en 2015 et de 35% en 2016 (vs. respectivement 10% et 7% sur les autres terminaux). Le temps passé à regarder de la vidéo sur mobile devrait ainsi représenter 53% du temps passé à la consommation de vidéo en ligne en 2016.
Le mobile est privilégié pour les contenus courts avec 67% du temps passé à regarder des contenus de moins de 10 minutes et 32% pour des vidéos d’une à trois minutes.
Mais avec des écrans toujours plus imposants, le public rechigne de moins en moins sur la durée de la vidéo :
« De plus en plus de personnes se tournent vers le mobile pour toutes les vidéos, que ce soit de l’info, un épisode de série et même des formats longs premium comme des films » indique Ooyala. […] « Les consommateurs commencent à fermement adopter le concept selon lequel une vidéo peut être vue sur n’importe quel écran, peut importe le genre. »
Sur le graphique ci-dessous, on voit qu’il n’y a que peu de différence entre le temps engagé à regarder un contenu de 1 à 3 minutes sur mobile et un autre d’une durée supérieure à 10 minutes.
Les jeunes restent les principaux consommateurs de vidéos sur mobile, et les considèrent comme « le cœur de leur univers de divertissement. » Ooyala affirme que 57% des 2-12 ans préfèrent regarder des vidéos sur leur mobile car cela leur donne un sentiment d’indépendance en plus de leur permettre de naviguer au sein des contenus.
« Diffuser des vidéos sur mobile n’est pas un élément tactique mais stratégique qui requiert de l’habileté pour engager l’audience avec une expérience proche de la TV, incluant la capacité de surveiller la qualité de service, de fournir un moteur de recherche et de la recommandation qui aident à attirer le public et à utiliser des tactiques diverses de monétisation, toutes soutenues par un éventail de leviers actionnables basés sur des données. »
Le programmatique en progression
En conséquence, les revenus publicitaires sur le mobile sont en net progression : 40 brodcasters et éditeurs européens (panel Ooyala) ont vu leur CPM augmenté de plus de 25% en moyenne et leurs revenus issues du programmatique de 119% entre mars et juin 2015.
Cette croissance s’explique en partie par le nombre de plus en plus important d’accords directs. eMarketers prévoit que les deals directs représentent 42% des dépenses en programmatique d’ici 2016.
« Tout tourne autour du mobile. Des terminaux sur lesquels on regarde la TV jusqu’à la manière dont l’industrie a commencé à traiter les inventaires publicitaires, tous les signes pointent le mobile comme la clé pour un plus gros et un meilleur business TV » a déclaré Jim O’Neill, l’analyste principal de Ooyala.
Liens vagabonds (Apple, BBC, NatGeo, Twitter ….)
A RETENIR CETTE SEMAINE :
- La nouvelle Box TV d’Apple : l’avenir est aux applis et aux jeux; et au dégroupage des offres classiques
- L‘application news d’Apple (et la page pour les développeurs); Google et Twitter travaillent ensemble sur l’info
- La BBC entend être une plateforme ouverte
- Murdoch rachète les médias de National Geographic
“MUST READ”
- Quand les géants du web (Apple, Facebook, Google…) arrivent dans l’info…
- Multitasking : comment survivre au 21ème siècle – FT
- Sports à l’image : l’action n’est plus au stade – NYT
A VOIR
- Joli format court
- The true size of : la carte du monde en taille réelle
- Le compte Instagram de Hipster Barbie qui dénonce les codes de la plateforme
SURVEILLANCE vs. CONFIANCE
NOUVEAUX USAGES, COMPORTEMENTS
- PewDiePie : 1er YouTuber à plus de 10 milliards de vues !
- Le temps streaming va bientôt dépasser le temps TV linéaire (Rapport Ericsson)
- Netflix, déjà 2ème offre de SVoD en Allemagne
DISRUPTION, REVOLUTION, DISLOCATION
- Quand Obama fait ses annonces sur Quora et non la télé
- Dans les coulisses de Popcorn Time, le site de piratage qui croit le plus vite
- Dans les coulisses de Spotify ; guide des offres de streaming musical
- Les stratégies des Vox, Mashable au autres MIC
- Les grands groupes de presse US discutent d’une fusion de leurs activités publicitaires
- La 5G et un internet mobile 50x plus rapide, c’est pour 2017
- IFA 2015 : les barbares ont envahi le salon
- Alibaba se lance dans la diffusion des contenus d’Universal Pictures
MOBILITES / WEARABLES :
- Le rôle « vital » du mobile pour les migrants
- 15 secondes : c’est le temps accordé par 60% des utilisateurs d’iPhone pour qu’une vidéo se lance
ROBOTS, INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, AUTOMATISATION, BIG DATA, MACHINE LEARNING
- Comment les données déterminent ce que vous regardez
- Apple embauche à tour de bras dans l’intelligence artificielle et rachète Whetlab, un groupe spécialisé dans l’intelligence artificielle
- TV : les algorithmes ne sont toujours pas à la hauteur du défi de la recommandation et de la découverte
- Les algorithmes peuvent-ils raconter de meilleures histoires que les humains ?
- Comment les marques vont se servir de l’intelligence artificielle
NOUVEAUTES
- Periscope : arrivée du mode paysage
- Le nouveau site de Libération
- Bientôt une tablette Amazon à 50 $
- La BBC va lancer une version pour enfants de son iPlayer
- Time Warner dédie une chaîne TV à la visite du pape aux US
- Youtube ouvrira un studio à Paris à l’automne
- Le Wall Street Journal lance un service pro
REALITE VIRTUELLE / REALITE AUGMENTEE
- Comment les journalistes peuvent utiliser la réalité virtuelle
- L’histoire d’Oculus Rift – Vanity Fair
SMART TV / STREAMERS / VIDEO / MULTI-ECRANS :
- Comment NowThis calibre ses vidéos selon la spécificité des plateformes
- Periscope développerait une appli pour la nouvelle Apple TV
- Les 4 ruptures de la vidéo verticales
PUB
- Le WashPost a commencé à bloquer les ad-blockers
- Facebook va continuer de booster la pub mobile
- Article ou publicité (native) : les lecteurs ne font pas la différence
- Vous voulez atteindre les jeunes : arrêtez le bullshit
JOURNALISME 2.0
- Quand les géants du web (Apple, Facebook, Google…) arrivent dans l’info
- Lancement du Washington Post Video
- L’approche de 4 éditeurs de l’Apple News app
- Les journalistes peuvent streamer live sur Facebook (et choisir qui peut regarder)
- Le journalisme de demain, un ensemble d’écosystèmes
- Greenpeace monte une équipe de journalistes d’investigation et débauche des anciens de la BBC et du NYT
- 14 cours de journalisme innovant pour cet automne
- La BBC à la rescousse de la presse locale en mettant à disposition des contenus et des hommes
OUTILS
- QuickQuote du Times London génère des citations à partir de vidéo
- Le kit du journaliste mobile pour moins de 100€
- Outils de veille dans la jungle des internets
- Comment les journalistes vont utiliser le nouvel iPhone 6 ?
(Avec Barbara Chazelle)
MediaLab Speed Training : 10 places à gagner
À l’occasion de la Nantes Digital Week, Ouest Médialab, premier cluster et labo numérique des médias, organise le 22 septembre une journée de formation en mode « speed training » pour se former aux médias numériques : 30 tutoriels et démos en 30 minutes « garanties sans blabla » par 30 intervenants professionnels qui partageront leurs retours d’expérience. Et en plus cette année, la French Tech ligérienne et bretonne sera à l’honneur.
Le détail de la journée, c’est ici : http://www.medialabspeedtraining.fr/
10 places à gagner
Vous ne pouvez pas imaginer rater ce MediaLab Speed Training ? Méta-Media vous fait gagner 10 places.
Il suffit de
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Vous avez jusqu’au mardi 15 septembre 17h avant le tirage au sort.
TV / video : toujours aussi difficile de trouver un contenu
Par Barbara Chazelle, France Télévisions
« Y’a rien à la télé ! » Cette frustration, bien connue des téléspectateurs, semble aussi s’appliquer à ceux qui consomment la télévision de manière délinéarisée ; trop de choix tue le choix, et les algorithmes ne sont pas encore à la hauteur du défi de la recommandation et de la découverte.
C’est ce que révèle le denier rapport TV and Media 2015 d’Ericsson*, parmi d’autres tendances désormais familières : la montée du mobile et du streaming, la réalité des « cord-nevers », le binge-viewing, qui devient une norme de consommation, et l’apparition de nouveaux types de contenus.
Il est toujours aussi difficile de trouver un contenu
50% des téléspectateurs interrogés qui regardent la TV linéaire affirment « qu’ils ne trouvent rien à regarder au quotidien ». Ce chiffre atteint 62% chez les 25-34 ans. Devant le poste de TV, 40% des consommateurs font appellent à un guide des programmes dont seuls 29% d’entre eux se disent satisfaits.
Pour ceux qui se tournent vers les offres de TV non linéaire, leurs attentes ne semblent pas mieux comblées, et nombreux sont ceux qui trouvent que les recommandations qui leur sont faites ne sont pas assez « intelligentes » ou « personnelles ». En bref,« il n’y a toujours rien à la télé ».
Pour que change la donne, 31% des sondés seraient prêts à donner des informations personnelles pour obtenir une meilleure expérience et se voir proposer des contenus en fonction de leurs habitudes de consommation et de données démographiques. Les jeunes sont non seulement plus enclins à donner leurs données personnelles mais aussi plus confiants (naïfs ?) envers leur opérateur TV : 50% d’entre eux déclarent avoir confiance que ce dernier gèrera ses données de manière responsable en assurant leur sécurité.
Les consommateurs de services TV non linéaire sont aussi en quête de sérendipité, c’est-à-dire le fait de découvrir un contenu de manière inattendue/accidentelle. L’heureux hasard. Contrairement à la TV traditionnelle, les services délinéarisés donnent l’impression aux consommateurs de connaître par avance le catalogue et la surprise est dans une certaine mesure plus difficile à susciter.
« Le challenge quand on reçoit un grand nombre de suggestions et de recommandations durant la journée c’est de se souvenir ce qui vaut la peine d’être regardé », explique Ericsson.
Proposer la création de listes pourrait être une fonctionnalité intéressante, selon le rapport.
Toujours plus de streaming, toujours plus mobile
Plus de 50% des sondés déclarent regarder des vidéos à la demande au moins une fois par jour. C’est 30% de plus qu’en 2010. Aujourd’hui 1/3 du temps passé à regarder la TV ou de la vidéo est passé sur un service de vidéo à la demande.
Selon Ericsson, cette tendance s’explique par les prix compétitifs des services de vidéos à la demande et par la prolifération d’écrans connectés. Par exemple, 86% des abonnés à un service de SVOD ont une TV connectée, contre 64% pour ceux qui n’ont pas ce type d’abonnement.
Les smartphones contribuent aussi à la consommation croissante de vidéos à la demande. Ericsson estime que depuis 2012 il y a eu une augmentation de 71% du nombre de consommateurs qui regardent des vidéos sur leur téléphone. Si cette tendance est forte chez les jeunes, elle ne les concerne pas exclusivement : aux Etats-Unis 86% des utilisateurs de smartphones y consomment de la vidéo. 2 sondés sur 10 y consomment aussi de la TV linéaire. Au total, le temps moyen passé à regarder la TV et des vidéos sur un terminal mobile, en incluant les tablettes et les ordinateurs portables, a augmenté de 3h par semaine en l’espace de 3 ans. Dans ce contexte, un tiers des sondés souhaiteraient que leur abonnement TV/vidéo soit associé à un forfait data mobile illimité.
Enfin, le binge viewing s’impose comme la nouvelle norme de consommation : 50% des interrogés pratiqueraient le « binge viewing » au moins une fois par jour. Cette pratique est plus courante chez les abonnés à un service de SVOD : 87% d’entre eux déclarent « binger » au moins une fois par semaine, contre 74% pour les non abonnés.
Les nouveaux contenus rois
Aujourd’hui, les consommateurs estiment passer 6 heures par semaine à regarder des séries, programmes TV et films en streaming. En 2011, c’était 2 fois moins.

D’autres formats de contenus prennent une place croissante dans ces nouvelles habitudes de consommation, à l’instar du e-sport et des vidéos éducatives ou tutoriels : les sondés en consomment respectivement 46 minutes et 73 minutes par semaine en moyenne.
Les UGC ne sont pas non plus négligeables : 1 consommateur sur 3 estime « qu’il est très important d’y avoir accès depuis leur téléviseur à la maison ». C’est 9% de plus qu’en 2014.
Même les cord-nevers ont une propension à payer
La moitié des cord-nevers pensent ne jamais payer pour un service de TV managé.
Les cord-nevers « ont du mal à comprendre la valeur de la TV traditionnelle, avec ses packages inflexibles, ses contrats longue durée, beaucoup de publicités et des prix élevés. »
Néanmoins 22% d’entre eux sont enclins à payer pour des services OTT de TV ou de vidéo. Ils seraient prêts à payer pour un service de TV si l’approche était différente. Pour ceux qui chercheraient à atteindre cette cible, mieux vaut savoir que ces personnes consomment moins de vidéos que les autres de manière générale ; ce qui importe donc, ce n’est pas tant de leur donner accès à plus de contenus mais de leur offrir des contenus de haute qualité.
* Etudes quantitative sur la base de 20 marchés (Brésil, Canada, Chine, Colombie, France, Allemagne, Grèce, Ireland, Italy, Mexique, Portugal, Russie, Espagne, Corée du Sud, Suède, Taiwan, Turquie, UK, Ukraine, US) et qualitative sur la base de 9 marchés (Brésil, Chine, Allemagne, Espagne, Corée du Sud, Suède, Taiwan, Turquie, UK, US)
Journalisme : quelle éthique en réalité virtuelle ?
Par Barbara Chazelle, France Télévisions
La réalité virtuelle n’en est qu’à ses débuts, mais le fort potentiel narratif de cette technologie est frappant. Certains y voient déjà le futur du journalisme, la promesse d’attirer un nouveau public.
« Le pouvoir de la réalité virtuelle transforme l’expérience de celui qui reçoit une information ; il n’est plus juste informé d’un événement, il s’y trouve au cœur. Ca a le potentiel d’attirer les jeunes vers l’info comme jamais auparavant », estime sur Medium Tom Kent (médiateur éditorial d’Associated Press et prof à la Columbia University).
Dans son article, il pose un certain nombre de question sur cette pratique : « jusqu’à quel point la réalité virtuelle est-elle censée être réelle ? Où se situe la ligne entre l’événement réel et la licence artistique du producteur ? Est-ce que le journalisme en réalité virtuelle est supposé être l’événement lui-même, une conception artistique de l’événement ou quelque chose de l’ordre d’un récit historique “inspiré de faits réels” ? »
Ces questions suggèrent la nécessité de réfléchir à ce que pourrait devenir l’éthique journalistique dans ce contexte de narration. Tom Kent conseille la transparence vis-à-vis des spectateurs, qui pourrait prendre la forme de pré-rolls ou de notifications qui redonneraient des éléments de contexte.
Définir ce qui est réel de ce qui relève de la production ?
La production d’expériences en réalité virtuelle se base souvent sur des photos ou même des vidéos qui ont forcément été prises selon un angle de vue particulier. Comment représenter ce que l’on ne voit pas sur la une photo prise en 2D ? Faut-il même le représenter ? Le flouter ?
Nonny de la Peña de Emblematic Group, qui a travaillé sur la réalisation de narration en réalité virtuelle (notamment sur le cas des réfugiés syriens) dit s’inspirer de techniques développées dans les documentaires « pour re créer une scène qui n’a peut-être pas été captée par la caméra, et je crois qu’il y a beaucoup de bonne pratiques que les documentaristes utilisent pour être certains que quelque chose est exact et j’essaie de les transposer à un environnement virtuel. »
« Dans le futur, nous pouvons imaginer davantage d’améliorations de la réalité virtuelle grâce à l’addition de sensation tactiles, comme des vibrations que l’utilisateur pourra sentir si un train passe par là ou la production de vent, d’odeurs. Chaque nouvel élément méritera une discussion propre pour déterminer s’il affecte ou non la réalité. » ajoute Tom Kent.
Préserver l’intégrité des images ?
Un réalisateur doit-il modifier des images réelles d’un contenu d’information, pour cacher des images choquantes par exemple ou des informations relevant de la vie privée ?
James Massahebi, un producteur de réalité virtuelle dont les propos sont rapportés dans un article de Thomas McMullan, estime que cette nouvelle technologie pourrait avoir un effet positif sur la démocratisation du reportage :
« Je ferai le parallèle avec Twitter, comment cela a amené le journalisme sur le terrain même et a donné une perspective aux gens qui n’auraient pas eu l’opportunité de se faire entendre. Prenons un cas hypothétique de vidéo 360 en réalité virtuelle de zones sinistrées, cela pourrait permettre de donner aux gens une perception plus honnête de ce qui se passe sur le terrain. Oui, il y a des questions éthiques, mais de la même manière, certains tweets provenant de zones sinistrées ou en guerre nous donnent une perspective que les broadcasters et la presse auraient pu censurer. »
Proposer différents points de vue ?
Tom Kent rappelle dans son billet qu’il n’y a jamais un seul point de vue, une seule narration pour relater un événement. Les producteurs de réalité virtuelle devront aussi se demander comment gérer cette question.
Le Reynolds Journalism Institute et Dan Archer de Empathetic Media se sont servis de cette difficulté pour créer une expérience de réalité virtuelle autour de l’affaire Michael Brown en donnant la possibilité à l’utilisateur de choisir son angle de vue en fonction des témoins.
Quelle motivation ?
On sait que la réalité virtuelle a tendance à créer de l’empathie.
« Mais créer de l’empathie est un but en soi qui va au-delà de l’histoire. Si l’objectif ultime est de créer de l’émotion, un journaliste pourrait être tenté d’omettre ou de nuancer une information « gênante » qui pourrait interférer avec l’effet émotionnel souhaité » avertit Tom Kent.
Que se passe-t-il derrière la scène de réalité augmentée ?
Tom Kent rappelle aussi que « le monde de la réalité virtuelle est un environnement contrôlé » et les options de déplacements/de points de vue ne sont pas illimités, même si une expérience bien conçue doit justement donner l’effet inverse. Là encore, des éléments de contexte seraient probablement les bienvenus pour expliquer à l’utilisateur ce qui s’est passé hors cadre.
« La réalité virtuelle est en passe de devenir une technique très puissante pour garder et influencer le public consommateur de news. Mais si les producteurs se concentrent seulement sur l’optimisation de la technologie ou à créer de l’empathie pour les personnages, la crédibilité du journalisme en réalité virtuelle va être menacée. Une compréhension commune de ce qui est éthiquement acceptable en termes de technique et ce qui a besoin d’être divulgués au spectateur peuvent faire partie des moyens pour préserver le futur de la réalité virtuelle comme un outil journalistique légitime », conclut Tom Kent d’AP.
TV : les jeunes américains prêts à passer au tout OTT
Par Barbara Chazelle, France Télévisions, Directions Stratégie et Prospective
Les services OTT (Over The Top), comme Netflix ou Amazon Prime Instant Video restent des compléments à la TV traditionnelle ; ils ne la remplacent pas, selon le rapport Multiplatform Content and Services de Horowitz Research. Mais chez les jeunes, la donne est un tout petit peu différente…
78% des consommateurs de SVOD ont aussi un abonnement à la TV
Le rapport nous informe qu’aux Etats-Unis,
– 40% des internautes ont souscrit à la fois à un service multi-chaînes de TV payante et à un service de SVOD ;
– 42% n’ont souscrit qu’à un abonnement au câble ou au satellite
– …contre 11% pour ceux qui ont opté pour un service de SVOD uniquement.
Mais 78% des consommateurs de SVOD en OTT ont aussi un abonnement TV.
La majorité des millenials pourraient passer au tout OTT
« Pour les millenials, le streaming est aussi naturel que d’allumer le téléviseur, » précise Adriana Waterston vice-présidente sénior chez Horowitz Research.
Le rapport met en lumière que 51% des utilisateurs du web ont accès à un service OTT. Ce chiffre atteint 75% chez les millenials. Parmi eux, 48% déclarent passer plus de la moitié de leur temps passé à regarder de la video en streaming.
21% des américains de moins de 35 ans ont souscrit à un service OTT sans avoir d’abonnement à la TV ; c’est 3 fois plus que les plus de 35 ans (7%).
De plus, 55% des millenials qui ont un abonnement TV déclarent que si le prix était attractif, ils délaisseraient le câble/satellite pour un service de TV en ligne. En comparaison, 43% des plus de 35 ans seraient prêts à faire de même. Des services comme Sling TV ou Yaveo, lancés par des distributeurs traditionnels « pourraient commencer à changer la donne » d’après Horowitz Research.
Ce que révèle le lancement de « Live » sur la stratégie de Facebook
Par Barbara Chazelle, France Télévisions, Directions Stratégie et Prospective
Après Meerkat et Périscope, c’est au tour de Facebook de se lancer sur la vidéo diffusée en streaming et en direct. Cette nouvelle fonctionnalité, nommée « Live » est néanmoins réservée aux célébrités.
Comment ça marche ?
Facebook offre à ses VIP l’accès à « Mentions », une application développée spécialement pour les stars afin qu’elles puissent mieux gérer leur communauté. Depuis hier, il leur est désormais possible de diffuser une vidéo en direct qui apparait dans le fil d’actualité des personnes suivant leur page. Les fans de leur côté peuvent interagir (liker, commenter) pendant la diffusion.
Contrairement à Meerkat et Periscope, les vidéos ne disparaissent pas après la diffusion mais restent sur le mur des célébrités et tout à chacun peut les revisionner.
Serena Williams, Lester Holt, Ashley Tisdale, Ricardo Kaka ou encore Michael Bublé ont déjà tenté l’expérience.
Une déclaration de guerre à Twitter ?
Twitter s’étant lancé sur le live streaming quelques mois auparavant en rachetant Périscope, on pourrait penser que Facebook vise à marcher sur les platebandes de l’oiseau bleu.
Selon Buzzfeed, c’est peut-être Meerkat qui a du souci à se faire ; alors que n’importe qui streame n’importe quoi sur Périscope, Meerkat a réussi à convaincre certaines célébrités d’utiliser son réseau, comme Bono ou Michelle Phan (une YouTubeuse célèbre) en mettant en avant leurs vidéos.
Le lancement de « Live » confirme 2 axes de la stratégie de Facebook :
Créer de nouveaux cas d’usages (et donc de nouvelles raisons d’aller sur Facebook) : après avoir lancé Place Tips plus tôt cette année, une fonctionnalité de géolocalisation qui permet aux utilisateurs de Facebook de recevoir des informations sur le lieu où ils se trouvent, et « Live » maintenant, il semble que le réseau social de Mark Zuckerberg souhaite mettre l’accent sur le temps réel et créer des cas d’usages plus spécifiques que celui de tuer le temps.
Faire exploser la vidéo : avec « Live », la plateforme fait aussi un pas de plus dans le domaine de la vidéo, dont la stratégie offensive tend clairement à concurrencer YouTube. Facebook revendique aujourd’hui 4 milliards de vidéos vues par jour.
Rencontre avec Sami, un robot avatar semi-humanoïde
Par Diane Touré, France Télévisions, Direction de la prospective
Méta-Media s’est rendu au Centre de Robotique Intégrée d’Ile de France (CRIIF) à Paris et a fait la connaissance de SAMI, un robot avatar semi-humanoïde.
Intégré au sein du Robot Lab, un incubateur de solutions robotiques et objets connectés à Paris, le CRIIF développe des solutions technologiques au service de projets de grands groupes industriels, de PME et porteurs de projets à partir des travaux issus de laboratoires de recherche en robotique, mécatronique et systèmes intelligents.
Sami, semi-humanoïde, se démarque des autres robots
Grâce à son torse anthropomorphe, Sami peut reproduire les mouvements d’un humain à distance ou être contrôlé grâce à un casque cérébral qui mesure l’activité du cerveau (EEG), une caméra 3D et des lunettes d’immersion (type Oculus Rift).
De la taille d’un petit garçon, Sami est à la fois un robot d’aide à la personne à destination du grand public mais il peut également intervenir en milieu hostile. Un prototype déjà promis au succès…
Neutralité du net : de faibles règles européennes pourraient nuire à notre compétitivité
Par Barbara Chazelle, France Télévisions, Directions Stratégie et Prospective
Selon un récent rapport de la Commission Globale sur la Gouvernance d’Internet (CIGI), des divergences significatives en cours sur les règles concernant la neutralité du net entre les Etats-Unis et l’Europe pourraient « avoir un impact sur la compétitivité » des entreprises du vieux continent.
Les débats sur le sujet font rage depuis une dizaine d’années : alors que les Etats-Unis viennent d’adopter une position ferme, bannissant toute forme de discrimination pour des motifs uniquement commerciaux, l’Union Européenne n’est plus très loin d’adopter ses propres règles du jeu, plus souples, pour certains ou trop faibles, pour d’autres. Mais pas sans conséquence.
Conséquences d’une fragmentation d’internet
Dans le cas où l’Union Européenne adopterait des règles trop éloignées de la position américaine, le rapport prévoit que cette fragmentation d’Internet pourraient avoir 4 conséquences :
1. Cela pourrait créer un écart de compétitivité, au détriment de l’Europe
« Si l’UE autorise des business models “pay-for-play” (par exemple avec une interprétation assez libre des restrictions sur les offres de services spécialisés), il est fort probable que cela renforce la position des entreprises de télécommunications titulaires au dépend de l’industrie numérique naissante européenne. Cela exacerberait la faiblesse des entreprises tech européenne, en comparaison de leurs concurrents internationaux ».
2. Les start-ups européennes qui souhaiteraient concurrencer les géants de la Silicon Valley devraient faire face au renforcement de barrières à l’entrée
« Les opposants à la neutralité du net soutiennent à Bruxelles que de donner plus de poids au telcos européens en leur permettant de faire payer la qualité de service mettra des bâtons dans les roues aux géants du net. Au contraire, un marché qui permet la monétisation de la congestion des réseaux va certainement s’enfermer dans un marché monopolistique des géants déjà existants. Dans un marché qui requiert beaucoup de liquidité pour acheter des traitements prioritaires (et des armées d’avocats pour négocier des deals séparés avec des dizaines d’opérateurs), les acteurs les plus importants du marché actuel auront un énorme avantage. Et l’intention des géants d’aujourd’hui sera de lever des barrières à l’entrée de ces voies rapides pour conserver leur avance sur les éventuels concurrents. Les gagnants de ce nouveau marché seront les telcos européens et les fournisseurs de contenus et de services américains. »
3. Des règles faibles concernant la neutralité du net engendreraient des divergences d’expériences au sein des utilisateurs
« Certains contenus, services et applications qui ne justifient pas la dépense ne seront pas proposés à des populations, et fera ainsi disparaître le grand idéal d’un centre d’informations commun, accessible à tous. »
4. Des pratiques discriminatoires aux points d’interconnexion pourraient voir le jour
La CIGI précise que les implications d’une telle hypothèse n’ont pas été pleinement étudiées par les analystes et les régulateurs.
Le rapport conclut que plus la réglementation entre les États-Unis et l’Europe sera divergente, plus il est probable que les deux marchés se développent de manière « significativement différente. »
« Le débat sur la neutralité du net est bien plus qu’une politique de décisions concernant la technologie par les régulateurs des communications. Les choix que les nations feront ne vont pas seulement déterminer l’architecture et la structure du marché de leur propre système d’informations (incluant les mass médias, le commerce électronique et les communications personnelles), cela va aussi déterminer si l’Internet global va rester un centre d’informations ou se fracturer en un ensemble de politiques économiques nationales et régionales. »
Lectures de l’été (2/2)
Vous n’avez pas encore trouvé votre livre de plage? Voici une seconde vague de recommandations de lectures pour mieux comprendre et apprécier le monde qui vient :
Information Doesn’t Want to Be Free: Laws for the Internet Age
Cory Doctorow
Les petits artistes peuvent-ils encore prospérer à l’ère d’internet ? Les labels géants peuvent-ils éviter l’aliénation de leur public ? Ce livre, découpé en quatre chapitres, traite des écueils à éviter et des opportunités auxquelles sont confrontées les industries créatives ainsi que les individus. Il explique notamment pourquoi les anciens modèles ont échoué ou alors se sont adaptés, et ce qui les remplacera peut-être bientôt.
The Data Journalism Handbook
Jonathan Gray, Lucy Chambers
Si l’on combine l’immensité de l’information numérique disponible aujourd’hui avec « le flair pour l’actu » d’un journaliste et sa capacité à raconter des histoires, alors un nouveau monde de possibilité s’offre à vous. The Data Journalism Handbook explore les utilisations potentielles et les limites de ce nouveau champ fascinant. A travers une collection de tuyaux et de techniques mises au point par des journalistes, des professeurs, des développeurs ou encore des data analystes, cet ouvrage permet d’apprendre comment la data est à la fois à la source de l’information, un outils pour raconter une histoire, ou bien parfois même les deux.
Sauver le monde
Michel Bauwens
Dans cet ouvrage le belge Miche Bauwens, reconnu comme l’un des plus grands spécialistes de l’économie collaborative, dessine magistralement les perspectives du nouvel ordre économique et social qui va bouleverser le monde.
MOOCs
Jonathan Haber
En 2012, le New York Times déclarait que cette nouvelle année serait celle « des MOOCs” : des millions d’étudiants s’étaient engagés dans des cours en ligne, des millions de dollars avaient été investis par des entreprises, et les médias déclaraient que les MOOCS allaient redistribuer les cartes dans le domaine de l’éducation supérieure. L’inévitable secousse qui a suivi a révélé le taux élevé d’abandon scolaire, le peu de chance de rentabiliser son investissement, et finalement, une situation qui ne s’était finalement pas améliorée grâce aux MOOCs. Dans cet ouvrage, Jonathan Haber propose de rétablir certaines vérités en évitant les visions trop optimistes ou catastrophistes.
Terms of Service: Social Media and the Price of Constant Connection
Jacob Silverman
Dans cet ouvrage, Jacob Silverman appelle les utilisateurs de médias sociaux à se réapproprier leur identité et leur personne, directement auprès des entreprises de la Sillicon Valley. Intégrant des aspects sociologiques, de sécurité nationale, de pop culture ou encore technologiques, l’auteur révèle la conformité surprenante qui persiste dans la culture Internet, expliquant comment les médias sociaux agencent leurs produits pour favoriser l’engagement et décourager la dissidence.
Data and Goliath: The Hidden Battles to Collect Your Data and Control Your World
Bruce Schneier
Votre portable produits des données sur votre localisation et sait avec qui vous vous trouvez. Vos habitudes de consommation en ligne et dans les boutiques sont enregistrées et peuvent révéler si vous êtes chômeur, malade ou enceinte. Vos mails et textos mettent à jour votre intimité. Google sait à quoi vous pensez parce qu’il enregistre vos recherches privées, Facebook peut déterminer votre orientation sexuelle sans que vous ne l’ayez jamais mentionnée. Désormais, les organisations ne nous surveillent pas que pour stocker des informations, cela devient un moyen pour manipuler, discriminer, censurer, bâillonner la liberté d’expression et mettre les gens en danger dans le monde entier.
La vie algorithmique, Critique de la raison numérique
Eric Sadin
Le phénomène de numérisation à l’œuvre depuis une trentaine d’années gagne aujourd’hui des pans de plus en plus étendus de la réalité, notamment avec l’arrivée et le développement des capteurs et des objets connectés, permettant aux flux de data de témoigner et d’expliciter des phénomènes réels.
Ce livre examine, en s’appuyant sur une foultitude d’exemples, la quantification et la marchandisation intégrales de la vie qui s’instituent, soutenues par l’industrie du traitement des données, aujourd’hui dotée d’un pouvoir qui perturbe nombre d’acquis démocratiques fondamentaux.
Les algorithmes secrets qui contrôlent l’économie de l’information – La boîte noire de l’Internet
Frank Pasquale
Les médias ont longtemps mis en avant les côtés réjouissants des géants de l’Internet. Cependant, ces articles omettaient de parler du fonctionnement interne de ces entreprises. C’est le principe de la boîte noire : ce qui se passe dans les entreprises est protégé par le secret. Ainsi, voilées dans le secret et la complexité, les outils de la Silicon Valley et de Wall Street ont longtemps eu l’apparence de la neutralité et de la technicité.
Mais des fuites dans la presse et l’action de lanceurs d’alertes ont dévoilé l’inquiétant principe de la gouvernance algorithmique. Ce sont des algorithmes cachés qui font ou défont les réputations, décident du destin d’une entreprise, anéantissent des pans entiers de l’économie, servent des intérêts particuliers en s’abritant derrière le secret du code.
Geeks Bearing Gifts: Imagining New Futures for News
Jeff Jarvis
La technologie a bouleversé l’industrie de l’information : ses relations, ses formes, ses business modèles. Elle a également fourni des possibilités illimitées pour innover, étendre, réimaginer, et soutenir le journalisme. Ce livre est une exploration du ou des futur(s) possible(s).
The Big Disconnect: Why the Internet Hasn’t Transformed Politics (Yet)
Micah L. Sifry
Maintenant que la communication peut aller aussi vite que la pensée, pourquoi n’arrivons nous pas à nous organiser politiquement, à engendrer des gains et au-delà, à les maintenir, à suivre le rythme ?
Micah L Sifry, analyste de la démocratie et de son rôle sur le net, examine ce qu’il appelle « The Big Disconnect » : pourquoi les politiques menées sur la data ou le numérique ont échoué ou nous ont induites en erreur, et comment peuvent-elles être conduites aujourd’hui pour nous servir et rééquilibrer la balance entre citoyens et gouvernement.
Zero to One: Notes on Startups, or How to Build the Future
Peter Thiel
Si vous voulez construire un monde meilleur, il faut croire qu’il y a toujours des secrets. Le grand secret de notre temps, c’est qu’il y a toujours des frontières inexplorées et de nouvelles inventions à créer. Dans Zero to One, l’entrepreneur et investisseur Peter Thiel nous montre comment trouver un moyen singulier de créer des choses nouvelles, présente une vision optimiste du progrès et du futur aux Etats-Unis et de nouvelles manières de penser l’innovation : cela commence par apprendre à poser des questions qui permettent de trouver de la valeur dans des endroits inattendus.
The Digital Diet: The 4-step plan to break your tech addiction and regain balance in your life
Daniel Sieberg
Nous connaissons tous quelqu’un qui aurait besoin d’un régime numérique. La technologie a submergé notre vie quotidienne, et beaucoup d’entre nous ne peuvent plus se concentrer lors d’une conversation en face à face sans vouloir essayer de retourner dans leur monde numérique toutes les cinq minutes.
Cet ouvrage propose un parcours en quatre étapes pour vous aidez à reprendre le contrôle de votre vie. Ce programme permet aux familles de mieux communiquer, aux employés d’être plus productifs, et aux amis de rester en contacte. Sieberg nous apprend comment utiliser les technologies pour en faire des atouts, sans les laisser nous contrôler.
The End of Absence: Reclaiming What We’ve Lost in a World of Constant Connection
Michael Harris
Bientôt, plus personne ne se rappelera de la vie avant Internet. Qu’est ce que cela signifie ? Pour les générations future, cela ne signifiera rien de très évident. Ils seront tellement immergés dans les contenus en ligne que les questions sur le but ou le sens même d’Internet disparaîtront. Mais ceux d’entre nous qui auront vécu avant, et pendant ce monde ultra connecté, seront parmi les seuls à avoir l’opportunité de reconnaître la différence entre Avant, et Après. Dans cet ouvrage éloquent et provoquant, Michael Harris met en exergue que parmi toutes les choses auxquelles nous nous attendons, la plus intéressante relève de ce que les générations futures auront du mal à saisir : la fin de l’absence et la perte du manque.
The New Censorship: Inside the Global Battle for Media Freedom (Columbia Journalism Review Books)
Joel Simon
Le nombre de journaliste emprisonnés et tués atteint des records. La surveillance en ligne annihile la vie privée, et Internet peut être mis sous contrôle du gouvernement à tout moment. Joel Simon nous met ainsi en garde sur le fait que nous ne pouvons plus penser que notre écosystème mondial de l’information est stable, protégé et robuste. Les journalistes deviennent de plus en plus vulnérables aux attaques menées par les gouvernements autoritaires, les militants, les criminels et les terroristes, qui cherchent tous à utiliser la technologie, à exercer des pressions politiques et la violence, afin d’établir un nouvel ordre mondial de l’information.
Digital Media and Society: Transforming Economics, Politics and Social Practices
Andrew White
Ce livre est une intervention critique dans les discussions traitant de l’impact de la prolifération des technologies médiatiques numériques en politique et dans les pratiques économiques et sociales, comme la surveillance, l’identité, la crise financière mondiale ou encore la fracture numérique.
The Best Interface Is No Interface: The simple path to brilliant technology
Golden Krishna
Notre histoire d’amour avec les interfaces numériques est hors de contrôle. Nous les avons adoptées en salle de réunion, au lit et dans la salle de bain. Les écrans prennent le dessus sur nos vies. La majorité des gens passent plus de 8 heures par jour à regarder un écran et des « innovateurs technologiques » cherchent un moyen de capter toujours plus notre regard. Dans ce livre, Golden Krishna nous montre comment nous pouvons construire un monde technologiquement avancé sans interfaces numériques. Que vous travaillez dans la technologie ou que vous soyez juste méfiant vis-à-vis des gadgets, vous allez découvrir que la meilleure interface est sans interface.
Beyond Design Ethnography: How Designers Practice Ethnographic Research
Edité par Nicolas Nova avec Lysianne Léchot-Hirt, Fabienne Kilchör et Sebastien Fasel
Qu’est-ce que les designers veulent dire quand ils utilisent le terme “d’ethnographie” ou “d’étude de terrain” ? Quelle est la relation entre les observations réalisées par les designers et leur travail de création ? Est-ce qu’il y a une manière d’observer propre au design ? Cet ouvrage rapporte les résultats d’un projet de recherche conduit à la HEAD – Genève sur le rôle de la compréhension des utilisateurs dans le champ du design d’interaction. Il décrit la diversité des approches d’observations permettant de cadrer leur travail, de trouver des sources d’inspiration et de spéculer sur des futurs possibles. Ce livre présente et illustre les tactiques employées par les designers via des études de cas, tout en dépassant la vision du design comme activité de résolution de problème en le prenant comme moyen de reformuler des enjeux ou de réaliser une forme de prospective singulière.
(Avec l’aide précieuse d’Alicia Tang et Dian Touré, direction Prospective).
ES