Liens vagabonds : Netflix se prend au jeu du gaming

A RETENIR CETTE SEMAINE : 

Netflix veut jouer – Après les séries, les films, les documentaires, l’animation et la téléréalité, Netflix veut proposer des jeux vidéo sur son interface. Pour cela, la plateforme de streaming a embauché cette semaine un ancien de chez Facebook et EA pour développer cette nouvelle offre de jeux dérivés de ses séries cultes. Ces jeux devraient arriver courant 2022 mais l’effort va être considérable pour se faire une place dans l’univers du gaming. Le secteur est hautement concurrentiel et beaucoup de franchises de Netflix disposent déjà d’adaptations en jeu vidéo (certes de qualités variables) ou sont inspirées de best-sellers comme The Witcher, Castelvania et Resident Evil. Justement, The Witcher – Monster Slayer, l’équivalent de l’expérience Pokémon Go dans l’univers de The Witcher sors cette semaine sur mobile, et ce sans lien avec les ambitions gameuses de Netflix. 

Le Streaming fait recette – … pendant que le cinéma lutte pour retrouver sa rentabilité pré-pandémie. Selon les prévisions de PwC, “le box-office ne devrait pas retrouver son niveau de 2019 avant 2024”. Cependant, il était aussi prévu que les recettes globales du streaming atteignent 94 milliards de dollars en 2025. Toujours selon le “Global Entertainment & Media Outlook” de PwC, l’industrie des médias et de l’entertainment aurait tout de même vu ses bénéfices baisser de 3.8% en 2020. Le rapport prévoit aussi une hausse du taux de churn entre les plateformes de streaming due à la hausse du nombre d’offres et à une attention croissante que portent les utilisateurs à leur budget streaming. 

State of Mobile 2021 – Le rapport d’App Annie sur les usages des téléphones mobiles montre chaque année l’installation du smartphone dans le quotidien, la consommation de contenus et les dépenses des utilisateurs. Le temps moyen passé sur un mobile a augmenté de 20% en 2020 pour arriver à 4,2 heures par jour. Le temps passé sur un mobile a dépassé de 8% celui consacré à la télévision chez le public américain. Les dépenses des utilisateurs sur les différents App stores ont aussi augmenté de 20% en une année, avec une recette annuelle globale de 143 milliards de dollars. Les annonceurs ont dépensé plus de 240 milliards de dollars en publicités mobiles sur l’année 2020, un chiffre en augmentation de 26% par rapport à 2019.

Cette semaine en France

3 CHIFFRES

La version AVOD de Discovery Plus rapporte 40% de plus que la version payante 

Chaque mois, les français consomment en moyenne 17,3 heures de contenus sur TikTok (App Annie)

Le marché français de la publicité en ligne va atteindre une valeur record de 8 milliards d’euros en 2021

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE

Infographie: Une brève histoire des émojis | Statista Vous trouverez plus d’infographie sur Statista

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ES avec Kati Bremme & Mathilde Caubel 

 

Bonus :

Liens vagabonds : La Chine déconnecte le Bitcoin

A RETENIR CETTE SEMAINE :

Coupure de Bitcoin ?  – Après une montée phénoménale dans la première partie de 2021, la valeur du Bitcoin est maintenant retombée en dessous de 30 000 dollars pour la première fois depuis Janvier. La cause de cette plongée ? Elon Musk, encore, mais aussi le gouvernement chinois, qui entend bien chasser la crypto-monnaie numéro une de son territoire. La Chine coupe l’alimentation en électricité des entreprises qui exploitent le Bitcoin, provoquant ainsi un exode et une vente massive de crypto-monnaies. La Chine a ainsi vu disparaître 90% de sa capacité d’exploitation de Bitcoin en seulement quelques jours. Mais il ne faut pas pour autant en conclure que Pékin s’oppose radicalement aux crypto-monnaies : l’objectif est d’exclure les devises qui ne peuvent pas être contrôlées. 

Privatisation de Channel 4 – Le Royaume-Uni a relancé cette semaine la piste de la privatisation de Channel 4, qui revient de façon récurrente depuis les années 1980. Malgré une année record en termes d’audiences et un excédent d’exploitation de 71 millions de livres, la chaîne pourrait être vendue dans le cadre d’une réorganisation du paysage télévisuel britannique face au virage de la SVOD. La décision n’est pas encore prise mais des figures de Channel 4, telles que Dorothy Byrne, s’opposent et alertent sur le danger de cette privatisation pour la diversité des programmes télévisés britanniques.  

DMA & DSA – Cette semaine, les discussions entre les GAFA et l’UE sur le DMA (Digital Market Act) et le DSA (Digital Service Act) reprennent de plus belle. Ces deux textes composent l’offensive de l’UE contre les pratiques anti-concurrentielles des GAFA mais sont accueillis différemment par les plateformes. Alors que le DSA empêcherait les pays européens d’établir des réglementations plus strictes au niveau national, le DMA menace fortement les positions quasi monopolistique des GAFA . Alors que Tim Cook critique le texte de la DSA qui “menacerait la sécurité de l’IPhone”, Facebook dénonce un texte trop pénalisant qui « n’aideront pas l’Europe à devenir plus compétitive” et prépare sa riposte. Ces directives seront appliquées directement après le vote du Parlement Européen mais on ne peut prévoir combien de temps dureront les négociations ; d’autant plus que certains pays appellent à une réglementation encore plus sévère. 

Cette semaine en France

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3 CHIFFRES

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Infographie: 5G vs 4G : quelle différence ? | Statista Vous trouverez plus d’infographie sur Statista

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#VIVATECH2021 : le futur hybride d’un monde hyper numérique

Par Mathilde Caubel, MediaLab de l’Information à France Télévisions

Après son annulation au printemps 2020, la 5ème édition de Viva Technologie s’est tenue du 16 au 19 juin au Parc des Expositions de la Porte de Versailles. Pour ce premier évènement tech en mode hybride, des speakers de choix comme Tim Cook ou Mark Zuckerberg sont intervenus de l’autre bout de la planète. Pandémie oblige, le salon a dû innover pour coordonner les espaces physiques et virtuels.

Cette année, la tech se voulait plus responsable et bienfaisante que jamais. La pandémie a mis en exergue des besoins inédits qui ont parfois permis de trouver des solutions à des problèmes historiques (notamment dans le domaine du travail et de la santé). Le monde des nouvelles technologies, et en particulier celui des géants de la tech, est plus conscient que jamais de son impact laissé sur l’environnement. L’édition 2021 s’est d’ailleurs tenue en pleine tension entre les médias traditionnels et les Big Tech. Entre désinformation et droits voisins, il devient stratégique de développer des synergies entre la tech et les médias. 

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Green Tech et RSE

Que ce soit en termes de mobilité, de santé ou de stockage de données, la Tech ne s’est jamais voulue aussi verte que cette année. En effet, l’impact écologique des centres de données et des solutions de cloud interrogent sur l’avenir des nouvelles technologies. Tant au niveau individuel qu’organisationnel, la gourmandise en énergie de la blockchain ou des solutions de cloud sont la piste d’amélioration principale des Big Tech. Sébastien Missoffe, le directeur général de Google France a exprimé la volonté du géant américain de voir tous ses centres de données « alimentés exclusivement par des énergies renouvelables d’ici 2030. » Tim Cook a lui aussi montré sa volonté d’obtenir une chaîne de production totalement neutre en carbone dès 2030 pour Apple, tout en soulignant le défi que représente cet objectif pour une entreprise qui souhaite continuer à proposer des nouveaux produits régulièrement. 

Du côté des start-ups présentes, la biotechnologie de stockage de donnée de Grow Your Own Cloud a été très remarquée. Cette solution propose de stocker les données dans le code génétiques des plantes, en remplaçant le système binaire par les quatre bases azotées (A,T,C,G) qui composent l’ADN.

Le salon Viva Technology 2021 a aussi été le lieu de lancement du Tech for Good Score par le mouvement Impact France.

Future of Work : Entre lien et flexibilité

Selon une étude Malakoff Humanis, plus de 8 télé-travailleurs sur 10 aimeraient poursuivre le télétravail, et cela même après la levée des restrictions sanitaires. Le télétravail va sûrement perdurer et avoir un impact significatif sur nos modes de vie. La société de conseil Colliers International France, généralement spécialisée dans l’immobilier, à présenté lors du salon son étude sur le futur du travail. Débutée en 2018, cette étude propose différents scénarios pour prévoir ce que sera le travail (et le télétravail), ainsi que les mutations démographiques et sociales que cette nouvelle donne va entraîner. Cette étude souligne les avantages qui poussent les salariés à l’adoption du télétravail (ou modes hybrides) ainsi que les problèmes qu’il faudra tenter de régler (la différence d’accès aux équipements, l’isolement des collaborateurs, la précarisation d’une frange de la main d’oeuvre).

Infographic: Workers Want to Stay Put in Home Office | Statista

L’édition 2021 de Viva Technology étant sous le signe de l’hybride, de nombreux exposants ont proposé des solutions pour s’adapter. La start-up française Klaxoon a notamment profité du salon pour révéler de nouvelles fonctionnalités de « Board Hybrid », qui permettra en outre de combiner visio-conférence et tableau virtuel sur la même plateforme et avec jusqu’à 50 participants et 250 spectateurs en simultané.

Abe Smith est venu parler du succès de Zoom, illustré par un chiffre ahurissant : 3 mille milliards de minutes ont été passées en visio sur Zoom juste pendant le mois de septembre 2020. Pour lui, c’est la sur-représentation de la Gen Z dans la main d’oeuvre (75% de la main d’oeuvre européenne en 2025) qui a permis l’adoption aussi rapide d’outils déjà existants. Avec leur flexibilité et leur maîtrise des outils numériques, ils ont guidé l’acculturation du reste de la population à ces nouveau modes de communication. Abe Smith a aussi identifié le défi principal pour que Zoom continue son développement : travailler sur la sécurité et la protection des données des utilisateurs tout en améliorant l’expérience d’utilisation.

Du côté des start-ups françaises, les idées ne manquent pas pour permettre aux salariés de garder le lien et de maintenir un travail d’équipe en distanciel. Teamstories propose ainsi un réseau social d’entreprise inspiré du principe des stories pour que les collaborateurs communiquent de manière visuelle et spontanée.

Réalité Virtuelle et Métavers

« Nous avons besoin d’une technologie qui nous fasse nous sentir réellement aux côtés de la personne que nous contactons, et cette technologie c’est l’AR/VR. Elle donne un réel sentiment de présence, différent d’un écran de TV ou de téléphone, à tel point que certaines personnes peuvent en avoir des vertiges. L’AR/VR va être une révolution informatique au même sens que l’ont été le PC et le smartphone.”– Mark Zuckerberg, CEO (Facebook)

Dans son intervention très attendue, Mark Zuckerberg s’est dit très impressionné de la vitesse à laquelle les technologies de VR/AR s’installent dans les pratiques. Alors que lOculus Quest 2 n’est sorti qu’il y a quelques mois, le CEO de Facebook s’est montré très enthousiaste vis-à-vis des perspectives de création d’un Métavers, une « expérience formidable » qu’il verrait arriver dans « 5 ou 10 ans ». L’entreprise emploie actuellement 10 000 personnes qui travaillent à temps plein sur les projets VR/AR dont le développement d’outils plus perfectionnés, plus petits et légers, mais aussi moins coûteux, pour les rendre plus accessible et diversifier les usages.

Au-delà du monde des jeux-vidéos et de l’audiovisuel interactif, Mark Zuckerberg projète des utilisations qui vont enrichir les évènements hybrides (notamment grâce à l’usage d’hologrammes), de prendre des cours de sport avec un coach AR ou un environnement virtuel, etc. Il voit aussi dans le développement d’un Métavers une opportunité économique qui permettrait une dématérialisation de certains objets du quotidien et qui permettrait ainsi à un grand nombre de personnes de vendre et créer leurs produits sans s’inquiéter de la logistique et des distances.

 

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Du côté des exposants, une même volonté de faire de l’AR/VR une boîte à outils pour tous les secteurs d’activités était présente. Notamment avec des outils simples permettants de générer des contenus virtuels ou encore des avatars hautement fidèles à la réalité. Dans ce courant, la start-up portugaise Didimo propose un outil de génération de « digital twins » pour rendre nos interractions dans le monde digital plus humaines.

Tech & Médias : des combats en commun

Pendant un panel réunissant des PDG de médias (Pierre Louette du Parisien/Les Échos, Laurent Prud’homme de L’Équipe et Nicolas Thompson de The Atlantic) et Laurent Solly (directeur de Facebook en Europe du Sud), Viva Technology s’est proposé d’explorer les synergies possibles entre les Médias et la Tech. Le besoin d’une meilleure compréhension et collaboration a été souligné par les deux partis, particulièrement dans la lutte contre la désinformation. Nick Thompson a souligné l’interdépendance des deux milieux : les journalistes couvrent les sujets liés à la Tech tout en ayant à se reposer sur celle-ci pour leurs publications et pour les revenus publicitaires du numérique.

La question des droits voisins a aussi été abordée, ainsi que celle des nouvelles formes de journalisme que proposent les plateformes comme Facebook. En effet, face à la création de Facebook News et de leur plateforme de newsletter « Bulletin », les 3 PDG de médias présents ont exprimé une crainte de création d’un journalisme de synthèse par la Tech elle-même pour décrédibiliser les médias qui la critiquent. La question d’un respect du savoir-faire de la presse, et donc d’une collaboration, est notamment intervenue dans la discussion sur la lutte contre les contenus de désinformation sur les plateformes sociales. L’intelligence artificielle et les data des plateformes sociales ont notamment été évoquées comme des points de collaborations pour aider les fact-checkers et les plateformes à lutter contre la viralité des fausses nouvelles.

“Le principal problème qu’ont les plateformes sociales avec les fakes news est dû à la taille des dites plateformes. C’est comme si vous étiez un pompier cherchant à lutter contre un feu de forêt en Amazonie : vous cherchez la source du feu, mais des étincelles viennent de partout. Et quand il s’agit de deepfake, c’est encore plus complexe : 35% des deepfake arrivent à passer à travers les algorithmes de détection des plateformes.” – Jean-Claude Goldenstein, Founder & CEO (Creopoint.AI)

Un robot superstar

Pour terminer ce récapitulatif en beauté : quelques images de Spot (Boston Dynamics), un des quatre robots superstars présentés par Intuitive Robots. En 2020, ces robots tout-terrain avaient fait le buzz avec leur talents de danseurs. Spot est rapidement devenu l’attraction principale, voire la mascotte, de cette édition 2021, et à même pris la pose pour quelques photos.

Crédit Photo de Une : Viva Technology 2021

Liens vagabonds : Quand les petits commerçants indiens font trembler Amazon

A RETENIR CETTE SEMAINE :

Amazon vs. CAIT –  Le marché indien est plus que prometteur pour les géants du e-commerce avec ses 90 millions d’acheteurs connectés – nombre qui va presque quadrupler avant 2025. Mais les géants américains, comme Amazon et Flipkart, pourraient voir cette opportunité s’envoler. En effet, ils doivent faire face à une association de plus de 80 millions de petits commerçants; rassemblés dans la la CAIT (Confederation of All India Traders) – qui les attaque pour non-respect de la FDI (Foreign Direct Investment) Policy, et qui a lancé cette semaine une « semaine de la purification du e-commerce ». Ils appellent à bannir Amazon et veulent offrir une alternative locale avec leur propre plateforme de e-commerce : ‘Bharat e Market’. A leur tête : Praveen Khandelwal, petit commerçant devenu proche du président Modi et meneur de manifestations anti Jeff Bezos. Amazon et Walmart (Flipkart) nient en bloc mais le gouvernement indien prend position au côté de la CAIT et semble bien décidé à accélérer la procédure d’enquête sur les pratiques des deux entreprises

WhatsApp vante le “end-to-end encryption” – WhatsApp a lancé une vaste opération séduction cette semaine avec sa campagne en faveur du chiffrement de bout en bout des conversations. La messagerie souhaite montrer que la protection des données personnelles est la pierre angulaire de son fonctionnement et qu’il n’est pas question d’y renoncer, malgré les inquiétudes de nombreuses personnes ayant migré vers d’autres applications de messagerie cryptée suite aux changements de ses conditions d’utilisation. Pourtant, dans plusieurs pays, comme en Amérique Latine, des enquêtes ont été ouvertes pour s’assurer que cette nouvelle politique respecte bien la vie privée des utilisateurs. Le patron de WhatsApp a également réagi aux propos de certains politiques contre le cryptage des données, attaques jugées “orwelliennes”. Le chiffrement de bout en bout est de plus en plus utilisé par les plateformes et messageries, à l’image de Microsoft Teams qui a annoncé que ses appels seront concernés par cette technologie dès cet été.  

Remise en question de l’adtech de Google – Cela a été révélé en fin de semaine : l’Union européenne s’apprêterait à ouvrir une énième enquête sur Google, cette fois-ci sur ces pratiques publicitaires. Déjà la semaine dernière, la France avait condamné la firme américaine à une amende de 220 millions d’euros pour un abus de position dominante dans l’adtech. Ailleurs en Europe et dans le monde, Google fait aussi face à d’autres enquêtes, comme au Royaume-Uni où Google a déclaré collaborer avec le régulateur britannique sur le dossier épineux du tracking publicitaire. Nul doute que les décisions qui y seront prises auront des répercussions sur tout le marché de l’adtech, beaucoup espérant notamment plus de compétition.

Cette semaine en France

et bien-sûr VivaTech, le premier grand salon professionnel post-Covid qui s’est ouvert à Paris, mixant présentiel et distanciel (notre résumé complet à venir)

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Liens vagabonds : Apple voit grand avec iOS15

A RETENIR CETTE SEMAINE : 

L’ombre de la pomme – Apple présentait en début de semaine les nouveautés d’iOS15 lors de la WWDC. Apple mise sur les données avec des nouvelles fonctionnalités comme Apple Wallet (qui permet, entre autres, de conserver ses pièces d’identités dans son iPhone) ou bien la mise à jour d’Apple Health permettant de partager ses données de santé avec famille et médecins. Pour vos appels en FaceTime, vous pourrez également partager des vidéos ou de la musique venant de TikTok ou Hulu par exemple. Une chose est sûre, c’est que les règles de confidentialité sont devenues un atout commercial à part entière pour la marque à la pomme, et elles seront encore renforcées avec iOS 15 – à l’exception notable de quelques pays, dont la Chine qui ne bénéficiera pas de la fonction VPN “relais privé”. Pourtant, bien qu’étant une entreprise exerçant un fort contrôle sur son modèle économique, Apple reste une firme précurseure reconnue

Sale temps pour les newsletters – Alors que Facebook, surfant sur la vague des newsletters, va lancer “Bulletin”, concurrent de Substack à la fin du mois de juin, Apple a fait une annonce qui pourrait bien mettre fin à cet engouement. La marque à la pomme va désormais laisser ses utilisateurs décider ou non de bloquer le traçage des pixels des emails, très utilisé par les auteurs de newsletters. Cette mesure, décidée au nom de la protection de la vie privée, pourrait surtout pénaliser les petits éditeurs. Du côté des grands noms du secteur, ils sont surtout concernés par des fuites de leurs contributeurs vers des plateformes jugées plus claires sur leur positionnement éditorial, comme Substack qui perd des auteurs au profit de Ghost

Les créateurs de contenus, leur rémunération et les Big Tech – Alors qu’on se dirige de plus en plus vers une économie de la monétisation en ligne et non plus de l’attention, les Big Tech ont fort à faire avec les réclamations des créateurs de contenus qui s’estiment lésés. Chez Apple, la colère des développeurs continue de monter face aux commissions jugées trop élevées de l’Appstore et aux nouvelles conditions de confidentialité d’iOS. Du côté de Facebook, il a été annoncé en début de semaine un projet d’interface pour les aider à savoir quel montant est prélevé par les grands noms de la tech sur les revenus des créateurs de contenus. Mark Zuckerberg a également affirmé que Facebook ne percevra aucune commission de leur part jusqu’en 2023. Quelques jours plus tard, c’est au tour d’Instagram d’annoncer permettre aux influenceurs de toucher des commissions sur les ventes de produits qu’ils mettent en avant

 

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Diversité dans les médias : l’audiovisuel public a des cartes à jouer

Par Mathilde Caubel, MediaLab de l’Information à France Télévisions

La première édition du rapport de l’EBU sur la diversité dans les médias publics a été révélé fin mai, dans un contexte de demande grandissante pour des contenus plus inclusifs. 

L’étude fait intervenir des sources académiques, des cabinet d’études privés (Nielsen, Reuters), autorités de régulation de l’audiovisuel (CSA), ainsi que des ONG. Elle se concentre sur 5 piliers qui sont la diversité raciale et ethnique, l’orientation sexuelle, le handicap, l’âge et le genre. Chacun des piliers est analysé selon leurs représentations à l’écran et sur les ondes, mais aussi au sein des organisations.

Ce rapport fait état de la représentation de la diversité dans le secteur de l’audiovisuel européen et les problèmes que pose le manque de diversité pour l’identification des publics et la cohésion sociale. Il expose aussi les actions menées par les médias membres de l’EBU pour être plus inclusifs et pour brosser un portrait plus fidèle de la société.

Constat général : les progrès sont timides

Généralement l’augmentation de la représentation médiatique de la diversité est très lente. La part de personnes issues de minorités ethno-culturelles ou sexuelles reste toujours de loin inférieure dans les contenus audiovisuels par rapport à la composition réelle de la population. Cependant, les études et données chiffrées viennent parfois à manquer pour identifier cet écart, comme par exemple pour les LGBTQI+.

Malgré une hausse de la diversité dans les castings, la composition reste parfois déconnectée des réalités démographiques nationales. Par exemple, malgré une grande diversité des casting sur la télévision britannique, les personnes métisses et noires sont surreprésentées par rapport aux asiatiques.

De façon générale, la représentation de la diversité dans l’audiovisuel souffre d’un vice d’essentialisation : l’homme noir ou métisse reste sur-représenté par rapport aux femmes et aux hommes d’autres minorités ethniques, l’homme gay compose une grande majorité des représentations LGBTQI+ et le handicap est souvent uniquement montré comme lourd et moteur. De cela découle une invisibilisation de certaines populations s’identifiant comme faisant partie de la diversité. Comme le montre les chiffres du Royaume-Uni ci-dessus, c’est souvent les asiatiques qui sont le plus sous-représentés dans les médias européens. 

Le pilier de la diversité qui voit le moins de progrès est la représentation du handicap à l’écran, alors même que l’on considère aujourd’hui que 15% de la population mondiale vit en situation de handicap. Par exemple, le handicap est nettement sous représenté à la télévision française (0,7% des personnages) et britannique (7%), alors que 18% de la population de ces pays souffre d’un handicap. Cependant, il faut garder à l’esprit que beaucoup de handicaps sont invisibles dans de courtes expositions médiatiques.

Suivre la demande des publics

Le besoin de représentation de la diversité dans les médias va au-delà de la cohésion sociale et de l’objectivité des contenus d’informations car elle compose aussi un argument commercial de poids. En effet, selon le rapport, 45% des téléspectateurs citent la diversité comme une caractéristique importante pour le choix d’un programme.

La demande pour des contenus plus divers n’a jamais été aussi forte à l’échelle internationale. Par exemple, aux États-Unis, entre 2017 et 2019, la demande de fictions au casting hautement diversifié à augmenté de 211%.

Les médias ont déjà généralement identifié cette demande, en particulier dans l’audiovisuel public. En effet, selon l’EBU, 53% des médias de service public ont déjà mis en oeuvre au moins une politiques DE&I (Diversity, Equity & Inclusion) au sein de leur organisation ou dans la production de leurs programmes originaux. Par exemple, Radio France à lancé le programme « Égalité 360° » qui comporte 60 mesures pour plus de diversité au sein des effectifs du groupe ainsi que dans ses programmes. De même, la BBC investit 100 millions de livres pour encourager la diversité dans ses programmes et s’engage à une part minimale de 20% dans ses effectifs derrières les caméras.

Mais, comme il est visible ci-dessus, le Streaming, et notamment les plateformes de SVOD, ont su répondre plus rapidement à cette hausse de la demande que les acteurs historiques de l’audiovisuel. En terme de représentation LGBTQI+, le rapport prend l’exemple de la série norvégienne SKAM et de ses adaptations pour montrer le succès rencontré par des programmes en phase avec la diversité auprès des jeunes. Le fait que Nielsen ait décidé d’intégrer les ménages et les couples homosexuels dans ses mesures d’audiences montre aussi l’importance d’identifier la diversité au sein des publics pour pouvoir répondre à ses demandes. 

La demande de contenus représentants le handicap est aussi très forte : 53% des téléspectateurs américains souhaiteraient voir plus d’acteurs handicapés dans des rôles principaux. Cette demande émane principalement des publics vivant avec un handicap et des jeunes publics. Ces publics sont d’autant plus susceptibles d’être abonnés à des plateformes de streaming (Netflix, Hulu, Amazon Prime Vidéo), sur lesquelles la représentation du handicap est supérieure au linéaire.

Dans les programmes de flux, plus de diversité contre les stéréotypes

Représentation des personnes racisées dans différents types de contenus audiovisuels

Le rapport fait état d’un manque de représentation dans les contenus « non scénarisés » comme les informations, les documentaires et magazines. En comparaison, c’est dans les contenus pour enfants que la représentation est la plus variée. En particulier, le manque de diversité dans les programmes d’information et l’inégalité de la représentation des communautés favorisent des storytelling stéréotypés, ce qui menace l’objectivité des contenus ; et in fine, la cohésion sociale.

La diversité dans les contenus d’information est cruciale quand les publics qui ne sont pas ou peu en contact avec des minorités dans leur vie quotidienne se reposent presque exclusivement sur les médias pour se faire une image de certaines communautés.

En ce sens, une représentation forte mais négative des minorités peut être préjudiciable car elle crée et cimente des préjugés contre différents groupes. Voici quelques conclusions issues des recherches qualitatives de la VRT (Belgique flamande) pour contrer cet effet :

Au delà des rôles secondaires et stéréotypies

C’est dans la fiction que la diversité représentée progresse le plus vite. Mais les personnes issues de minorités ethniques y incarnent statistiquement moins de rôles principaux et de figures de leader. Par exemple, à la télévision française, seulement 15% des rôles sont attribuées à des personnes racisées, et 36% de ces rôles sont au mieux secondaires.

Dans le cas des LGBTQI+, malgré une normalisation de l’homosexualité dans les fictions, on observe une prévalence de stéréotypes dans les rôles. Les personnages LGBTQI+ sont représenté comme moins intelligents, plus sexualisés et ayant une espérance de vie plus faible que leurs homologues hétérosexuels. D’après un rapport de l’Ofcom sur la BBC, une représentation plus juste et nuancée des LGBTQI+ est essentielle pour lutter contre les discriminations et les violences homophobes.

L’intersectionnalité est aussi un sujet à intégrer pour des fictions plus inclusives. L’incarnation de la diversité à l’écran repose le plus souvent sur un seul des 5 piliers choisis pour ce rapport. Par exemple, 70% des personnes handicapées visibles à la télévision sont des hommes et seulement 15% sont racisées.

Représentation du handicap dans différents types de programmes audiovisuels

Comme pour la diversité raciale et ethnique, le handicap est statistiquement plus présent dans les programmes de stock et notamment dans les contenus jeunesse. Cependant l’auto-représentation est presque remarquablement faible. La fiction a beau plus représenter le handicap, elle ne donne pas pour autant plus de visibilité aux acteurs souffrants eux-mêmes de handicaps : en 2016, 95% des personnages handicapés de séries américaines étaient joués par des valides. Les personnages handicapés sont souvent défini uniquement par leur handicap dans le storytelling et présentés comme dépendants et fragiles. Ils sont donc rarement représentés dans des rôles principaux.

Le progrès commence par les organisations

Avant d’apparaître à l’écran, la diversité devrait être incarnée dans les effectifs des organisations du secteur médiatique.

Présentement et malgré de légers progrès, les rédacteurs en chef des médias d’information issus de minorités sont très peu nombreux. Ces postes ont une influence directe sur les rédactions mais aussi sur l’image des médias auprès des publics. Ainsi, la diversité dans le leadership des rédactions est aussi importante car elle impacte directement le choix des sujets, des angles et donc la représentation de la diversité à l’écran. 

D’après l’EBU, les médias de services publics européens détiennent un avantage comparatif pour porter le progrès vers un audiovisuel plus inclusif. En effet, les membres de l’EBU administre actuellement 225 services de TV, radio ou streaming qui visent en priorité les minorités ethniques, linguistiques et les citoyens issus de l’immigration.

Du côté des minorités sexuelles, il y a peu de statistique à propos de la part de LGBTQI+ dans les effectifs des médias. C’est justement du côté des médias de services publics que l’on peut en trouver, ainsi qu’une représentation plus forte que la moyenne du marché. Par exemple, on voit ci-dessus que les LGB ont une forte contribution créative chez la BBC. Cependant, la représentation des personnes transgenre dans les médias britanniques reste anecdotique (seulement 0,2% des employés).

 

Le handicap est de son coté sous-représenté au sein des effectifs des médias publics. Parmi les membres de l’EBU ayant pu partager des statistiques à ce sujet, la part de personnel handicapé va de 1,7% en Bulgarie et république Tchèque jusqu’à 10% au Royaume-Uni. La BBC se différencie justement sur ce point par rapport aux autres antennes de télévisions britanniques : en 2020, elle avait en moyenne 30% de plus de représentation du handicap que la concurrence. La présence d’handicapés au sein des organisation est de plus un fort apport pour l’accessibilité des médias et pour la mission d’inclusivité des médias de service public. Ainsi, 56% des médias de services publics déclare cette année qu’inclure davantage d’handicapés dans leurs effectifs et une de leur hautes priorités.

Toucher une audience plus large

La conclusion finale que l’on peu tirer de ce rapport est l’injonction à la réactivité et à une meilleure connaissance des publics pour les MSP. L’inclusivité et l’accessibilité sont nécessaire pour toucher un public plus large, mais aussi pour enrichir et diversifier les effectifs des médias publics. On retiendra aussi que les jeunes publics sont particulièrement sensibles à la représentation de la diversité dans les contenus qu’ils choisissent de consommer. Ce public étant une cible capitale pour l’avenir de l’audiovisuel public et des médias historique, il est important de réagir rapidement à cette demande. Des acteurs privés de la SVOD comme Netflix ou Amazon Prime Vidéo l’ont déjà compris.

Change Now 2021 : Pour un futur vert, jeune et connecté

Par Lisa Rodrigues, MediaLab de l’Information à France Télévisions

L’édition 2021 de Change Now entièrement en distanciel a une nouvelle fois présenté les grands défis et acteurs du monde de demain. Entreprises, startups, médias et politiques issus de 150 pays en ont esquissé les contours.

Le futur sera résolument connecté tout en étant respectueux de l’environnement : c’est, en substance, le point de départ des discussions de Change Now 2021. Le temps n’est plus au quand faut-il agir, mais au comment protéger au mieux la planète et notre société avec les technologies à notre disposition. Des solutions, parfois encore en développement, ont été présentées, comme cette startup soutenue par Microsoft qui s’est inspirée des abeilles pour cartographier et mesurer l’évolution des écosystèmes dans plusieurs pays européens. 

Le monde de la tech est ainsi en première ligne sur ces questions environnementales et sociales, et il est conscient de sa capacité d’action. Il est facile de retenir les grandes promesses des géants du numérique : un bilan carbone neutre ou négatif d’ici 2030 a été annoncé par la plupart d’entre eux. Ces actions sont réclamées par une part croissante de la population, en particulier par les jeunes à l’image de Greta Thunberg aperçue dans une vidéo de promotion d’une initiative d’entreprises de la tech pour « protéger, restaurer et financer » la biodiversité.    

L’importance de l’intelligence collective

Une collaboration et une coopération de tous les acteurs impliqués est indispensable, et cela a été rappelé à de nombreuses reprises. La mise en commun de données et d’outils doit aider à créer une “intelligence collective” capable de résoudre une partie des problématiques liées au changement climatique. Pour y arriver, l’intelligence artificielle est largement déployée, notamment pour pouvoir traiter et analyser la quantité importante de données nécessaires à des projets comme celui d’un “planetary computer” mesurant en temps réel la déforestation ou la fonte des glaciers, et accessible par tous. 

Cette “IA for good and for all” soulève toutefois certaines questions et craintes. La technologie n’est pas parfaite, et est notamment prompt à recourir à des biais dans ses analyses. Il faut ainsi l’envisager avant tout comme un outil, et non une solution, pour acquérir plus rapidement des connaissances nécessaires à l’humanité, selon la définition de l’IA du fondateur de DeepMind rappelée lors d’une table ronde.

La jeunesse très engagée sur le sujet 

Sans grande surprise, la jeunesse a particulièrement été mise en avant par les différents panels pour son engagement en faveur d’un futur plus vert. Problème, leur voix est parfois éloignée des pouvoirs publics. Ils sont considérés comme inexpérimentés ou  – ironiquement – trop jeunes. Pour aider à faire remonter leurs demandes, des acteurs de l’entertainment et des médias proposent davantage de contenus reflétant leurs combats. Ils sont également de plus en plus nombreux à verdir leur fonctionnement, tout comme les entreprises de la tech. Citons Radio France qui, prenant exemple sur The Guardian, s’est engagé à privilégier certains annonceurs plus respectueux de la planète. 

La prise de conscience de cette jeunesse engagée vient parfois suite à un sentiment d’impuissance face à la catastrophe environnementale et à la désinvolture des générations précédentes à ce sujet. Cette “éco-anxiété” touche différemment les jeunes suivant l’exposition de leur pays aux catastrophes – ils sont 70% des 18-24 ans à déclarer l’être au Royaume-Uni. Pourtant, ce sont aussi eux qui peuvent faire bouger les lignes, et nombre d’intervenants appellent à mieux les intégrer dans les processus décisionnels et projets en faveur d’un monde plus vert.   

 

Illustration en une : Markus Spiske Unsplash

Liens vagabonds : Les conflits internes des géants du numérique deviennent publics

A RETENIR CETTE SEMAINE : 

Les Big Tech attaqués de l’intérieur – Depuis quelques semaines, les Big Tech voient une partie de leurs effectifs s’opposer publiquement à leurs pratiques. Chez Facebook, la complaisance du réseau social envers les gouvernements indien et israélien a déplu à une partie des employés. Plusieurs ont même appelé dans une lettre ouverte à l’ouverture d’une enquête interne sur les soupçons de censure de contenus pro-palestiniens. A cela s’ajoute l’épineuse question de la modération des contenus politiques par Facebook, qui a d’ailleurs annoncé cette semaine l’arrêt du traitement de faveur pour les publications des politiques sur sa plateforme. Du côté d’Instagram, les critiques internes se sont récemment concentrées sur l’algorithme du réseau social accusé de biais racistes envers les musulmans. Apple n’est pas non plus épargné par cette vague de conflits internes rendus publics, tout comme Google pressé par les Démocrates d’améliorer le traitement des minorités dans ses pratiques managériales et ses outils.    

Un futur sans cookies est-il possible ? – Depuis que Google a déclaré vouloir abandonner les cookies tiers au profit de la technologie FLoC et de ses cohortes, les professionnels du digital essayent tant bien que mal de s’y préparer. Le géant américain a d’ores et déjà annoncé cette semaine qu’il ne se créera pas de porte dérobée pour accéder aux données personnelles des internautes, mais certains restent tout de même sceptiques car la firme californienne contrôlera toujours ledit système. Le secteur du e-commerce a commencé à réfléchir à une nouvelle manière de collecter des données indispensables pour le bon fonctionnement de son activité. Ces questions touchent aussi les médias, certains ayant développé leur propre alternative aux cookies tiers. D’autres sites Internet doivent encore se mettre en conformité avec la législation actuelle sur les cookies avant de penser à l’avenir. 

Les médias sociaux deviennent en partie payants – Les plateformes sont de plus en plus nombreuses à envisager la mise en place d’abonnements et de services payants, et ce n’est pas nouveau. Nous étions déjà habitués à des fonctionnalités payantes sur des réseaux comme LinkedIn, ou à des offres premium pour la musique sur YouTube. Il faudra désormais aussi compter sur Twitter avec son service Twitter Blue, pour le moment uniquement disponible au Canada et en Australie. Pour 3 dollars par mois, les abonnés auront droit à des fonctionnalités exclusives, dont celle, très attendue, de la prévisualisation de ses tweets et de leur modification après publication. D’autres réseaux pensent également à créer des services de ce type, à l’image d’Instagram. Si cela venait à se concrétiser, nous pourrions, peut-être, assister à la fin des médias sociaux en libre accès.


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Liens vagabonds : L’Inde veut faire sa loi chez les Big Tech

A RETENIR CETTE SEMAINE : 

L’Inde contre la tech US – Sale temps pour les entreprises tech en Inde. Alors que la pandémie fait rage dans le pays, le gouvernement a ordonné aux réseaux sociaux de retirer toutes les mentions d’un “variant indien”. C’était également depuis ce mercredi, dernier délai, que les plateformes doivent se conformer aux nouvelles règles édictées par les autorités indiennes. Google a annoncé qu’il les acceptait et Twitter demande un peu plus de temps. D’autres ne veulent pas se laisser faire. WhatsApp a ainsi poursuivi cette semaine en justice le gouvernement indien sur ces lois, arguant que les messages des utilisateurs seraient plus facilement traçables. Les plateformes sont toutefois sur une corde raide face à un Narendra Modi qui veut imposer sa politique à la tech. Les autorités font pression sur les réseaux, à l’image de Twitter qui a vu la police faire une descente dans ses bureaux après que des tweets du BJP aient été signalés comme “média manipulé”.  

Les médias, les plateformes, et le cinéma – L’évènement était déjà annoncé depuis plusieurs jours, mais c’est désormais officiel : Amazon a racheté la MGM pour 8,45 milliards de dollars. Les raisons de ce rachat sont nombreuses, mais il permet surtout au géant américain de se composer une bibliothèque de contenus parmi les plus fournies du marché pour alimenter Amazon Prime. En France, cette avancée des plateformes de streaming dans l’industrie du cinéma soulève des inquiétudes quant à la chronologie des médias. Dernièrement, c’est Canal+ qui a lancé un ultimatum au cinéma français. Le groupe souhaite pouvoir diffuser les films trois à quatre mois après leur sortie, comme les géants du streaming.

L’ère de la surveillance – Vous souvenez-vous de Clearview AI ? Et bien, après avoir fait parler d’elle aux États-Unis, on la retrouve en Europe à la suite d’une plainte déposée par une ONG contre la société. En France, une enquête a également été demandée par la Cnil sur les pratiques de Clearview. Ces dernières péripéties font remonter plusieurs critiques à propos de la reconnaissance faciale dans l’espace public, en Europe et ailleurs. On a par exemple appris qu’en Chine une IA sert à analyser les émotions des Ouïghours, renforçant ainsi le contrôle déjà strict de cette minorité. Aux Etats-Unis, la surveillance est même devenue un marché à part entière accessible à tous les consommateurs, comme avec l’application Citizen dont l’utilisation s’est parfois révélée dangereuse.

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Crédits Photo Une : Ravi Sharma, Unsplash

Liens vagabonds : Face au streaming, la TV se concentre

A RETENIR CETTE SEMAINE : 

La concentration dans la télévision s’accélère – Que ce soit aux Etats-Unis avec AT&T et Discovery en discussion pour fusionner leurs branches média ou en France avec TF1 qui va fusionner avec le groupe M6, le monde de l’audiovisuel est en effervescence. Côté américain, l’ambition assumée est de créer un nouveau géant du streaming composé de WarnerMedia et de Discovery. Certains y voient aussi l’occasion pour les vieux routiers de la télévision de reprendre le pouvoir dans ce secteur de plus en plus concurrentiel. Côté français, non seulement la fusion de TF1 et M6 va accélérer le chamboulement du paysage audiovisuel français, mais les ambitions sont aussi dirigées vers le numérique pour concurrencer Netflix, Disney+ ou Amazon. Ce dernier serait même prêt à racheter la MGM pour la modique somme de 9 milliards de dollars

Le streaming audio montre les dents – Cascade d’annonces cette semaine avec Apple qui a annoncé un meilleur son pour Apple Music et ce, gratuitement. Il y aura le choix de la qualité du son pour tous les abonnés de la plateforme. Dans la même veine, Amazon dévoile Amazon Music HD qui offrira également un son studio à ses abonnés sans surcoût. On remarquera l’absence de Spotify sur cette tranche de la qualité audio accessible à tous, mais la marque suédoise devrait suivre très bientôt devant les sorties de ses concurrents. En attendant, elle propose d’abord une série de concerts virtuels. Spotify doit également digérer le coup de poker de Deezer qui permet aux utilisateurs d’écouter de la musique hors ligne via son application sur Apple Watch.

La fuite des CEO chinois – Pékin n’en a pas fini de faire peur aux géants de la tech chinoise. Après le torpillage de l’empire de Jack Ma et le départ de Colin Huang de Pinduoduo, un autre grand patron des Big Tech chinoises bat en retraite. Zhang Yiming, fondateur et CEO de ByteDance a annoncé son retrait de sa position de directeur exécutif d’ici six mois. Suite à son départ, c’est Liang Rubo (actuellement directeur des ressources humaines) qui prendra la tête de l’entreprise mère de TikTok. Cette annonce intervient après des mois de durcissement des réglementations et de sanctions financières infligées par le gouvernement chinois – mais aussi dans un climat de défiance de l’Occident envers les BATX

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