Social média : 7 tendances pour 2015

Par Barbara Chazelle, France Télévisions, Directions de la Stratégie et Prospective

Netino, agence spécialisée dans la modération des espaces participatifs et la relation client numérique, a partagé durant le Hub Forum qui se tient cette semaine à Paris, sept  tendances social média lourdes à suivre en 2015.

1 L’engagement

Fini le temps où l’on se focalisait sur le nombre de likes ou de fans. Désormais, ce qui compte, ce sont les commentaires, et les commentaires de qualité ! Le référencement naturel sur Facebook a d’ailleurs de fortes chances d’évoluer dans ce sens ; à bon entendeur donc.

2 Real Time Marketing vs. Calendrier de posts

La clé, c’est de donner l’impression d’improviser. Bien évidemment, l’improvisation ça se travaille, en anticipant les événements qui vont faire la Une des médias, en préparant plusieurs scenarii de communication, mais aussi en saisissant toutes opportunités qui ne figuraient pas à votre calendrier de posts. Ce dernier à toujours une utilité certaine ; il faudra juste qu’il apprenne à cohabiter avec les exigences du temps réel… à commencer par le raccourcissement des cycles de validation !

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La dernière coupe du monde de football a généré un grand nombre d’exemples de real time marketing, à l’instar de ce tweet de Snickers après l’incident Luis Suarez.

3 Mettre une dose de R&D dans votre stratégie social media

L’enjeu est ni plus ni moins de prendre un temps d’avance sur vos concurrents. Cela implique de prendre de la hauteur pour identifier les nouveaux usages et les tendances qui se profilent. Pas de temps ou de ressource en interne ? Les agences spécialisées et les cabinets d’étude sont là pour vous.

4 Une image vaut mieux que 1.000 mots

90% des informations qui nous arrivent au cerveau sont visuelles ; c’est sans surprise que les Pinterest, Instagram et autre Vine séduisent tant ! Les images faciliteraient l’engagement (vs. un texte). Conséquence logique de cette tendance : les graphistes, photographes, monteurs vidéos… ont de beaux jours devant eux, et viendront en appui des Community Managers, connus pour trouver les mots justes. Rien de nouveau sous le soleil donc : « le poids des mots, le choc des photos. » (ou de la vidéo)

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5 Prendre le virage du mobile (ou rester à l’arrêt)

Selon Sophie Poncin d’Orange, intervenue à une table ronde consacrée au mobile durant le HubForum « Il n’y a plus de frein au mobile ; le marché est désormais suffisamment structuré. Le mobile, ce n’est pas complexe ». D’autant que l’enjeu est de taille : 1 Français sur 2 possède un smartphone. 79% naviguent via leur mobile quotidiennement, à raison de 1h40.

3 aspects sont à prendre en considération :

La taille des écrans variant désormais du simple au triple, il est désormais nécessaire d’adapter son contenu de manière toujours plus fine
– Le mobile change en profondeur la manière de consulter les réseaux sociaux et d’interagir ; on n’écrit pas la même chose devant un clavier confortablement assis qu’en marchant dans dans la rue en essayant surtout de ne pas rentrer dans un autre piéton.
– Le mobile implique la segmentation du temps de consommation et des audiences.

6 Protéger sa communauté

« Plus on a de fans, moins ils le sont. » La majorité de vos plus grands fans sont probablement dans votre base de données depuis le début, ou presque. Le problème, c’est que plus votre communauté va gagner en visibilité, plus elle va attirer de squatteurs, de spammers et autres trolls qui vont polluer plus ou moins méchamment votre relation avec vos fans : insultes, arnaques (type prêt d’argent), malwares (logiciel malveillant), spams pornographiques… Ce phénomène est d’ores et déjà identifié comme un véritable fléau aux Etats-Unis ; la page de Rihanna compterait en moyenne 15 à 20% de spams !

7 La personnalisation

Les internautes sont conscients qu’ils sont très sollicités par les marques… et que leur temps à consacrer sur les réseaux sociaux n’est pas extensible. Donc, pourquoi le passer chez vous plutôt qu’ailleurs ? Parce que chez vous, ils peuvent espérer avoir des offres exclusives, des cadeaux, des codes promo spécifiquement générés pour eux… C’est le syndrome du « what’s in there for me » où ce qui compte c’est le « for me« .

* Crédit image de Une : CC Jason Howie ; image modifiée – http://bit.ly/1oQU4na

Profiter du numérique : outils éditoriaux pratiques et tutoriels

Par Mathias Virilli, France Télévisions, Direction de la Prospective
 
La 1ère édition du « SpeedTraining » de notre partenaire Ouest Médialab* s’est tenue il y a quelques jours à Nantes où des professionnels de l’information et de la communication ont partagé leurs bonnes pratiques des médias numériques, à travers 30 tutoriels et démos de 30 minutes.
   Au menu : réseaux sociaux, outils « low cost » pour diffuser en direct et en mobilité, outils interactifs (cartes, timelines, images, présentations), data-visualisation, récit transmédia, newsgames, etc.
A retrouver sur la chaîne Youtube de Méta-Media.
 
Extraits :
Tourner et monter en mobilité
Denis Vannier, journaliste reporter d’images et webmaster à Télénantes, explique comment tourner et monter des vidéos à l’aide d’un smartphone ou d’une tablette, des appareils tout à fait capables de diffuser avec une qualité convenable, à condition de s’équiper d’accessoires et d’applications. L’intérêt des appareils mobiles repose dans la capacité de les mettre en ligne directement, ce qui reste impossible à ce jour avec une caméra professionnelle. Netteté, exposition, gestion du son… Denis Vannier passe en revue les différents obstacles rencontrés et explique comment y remédier.
Mêler info et divertissement
Designer d’interaction, Bastien Kerspern fait partie de l’équipe de Casus Ludi, concepteur d’expériences interactives et ludiques. Il nous parle de newsgame, ces jeux vidéo qui traitent de sujets d’actualité, souvent chauds ou controversés. Le newsgame est une mise en situation complémentaire d’un traitement journalistique traditionnel.
S’il est proche par sa forme du serious game, il s’en différencie cependant à cause du principe de rhétorique procédurale : ce sont les choix de l’utilisateur qui vont lui permettre de comprendre les mécanismes à l’oeuvre, par exemple en nous plaçant dans la peau d’un pirate somalien. C’est également un fort levier d’engagement parce qu’il permet d’apprendre en s’amusant, sur des thématiques parfois graves, telle que la guerre en Syrie. D’où l’importance de choisir un ton adapté, qu’il soit éditorial ou d’investigation.
Dans une deuxième intervention, Bastien Kerspern explique comment utiliser les nouvelles formes et sources d’information que sont devenus les LOL, mèmes et détournements Internet.
Miser sur une narration transmédia
Benjamin Hoguet, animateur de Storycode Paris et co-fondateur de l’éditeur de logiciel Djehouti, proposait une introduction au transmedia storytelling, ou comment « raconter des histoires sur plusieurs plateformes » (Tim Kring). Sorte de « R&D dans la production de contenus » (Pierre Catan), le storytelling transmedia répond au problème d’éclatement des audiences en immergeant l’utilisateur dans un univers cohérent et interactif. Parce qu’il est expérimental, le storytelling transmedia peut prendre des formes diverses, investir de nouveaux espaces (numériques ou physiques) et ainsi combiner les médias de la manière la plus adaptée en fonction du contenu proposé.
A titre d’exemple, Type Rider est à la fois un jeu vidéo sur mobile et une exposition interactive à propos de la typographie ; Media Entity est un BD papier et en ligne, un ARG (alternative reality game), un projet de websérie ; tandis que Life in a Day est un film produit par Ridley Scott à partir d’un appel à contribution auprès des Youtubers. Tout l’enjeu est de concevoir un univers dans lequel le contenu va se décliner et qui valorise l’expérience de l’utilisateur. Cela implique une nouvelle forme d’écriture, plus collaborative et pluri-dimensionnelle, qui appelle donc une redéfinition du métier de storyteller.
Benjamin Hoguet présentait dans une deuxième session Racontr, une plateforme HTML 5 globale pour les créateurs interactifs qui permet de créer des webdocs ou des récits transmedia.
 Optimiser son usage des réseaux sociaux
Cyrille Frank, ancien journaliste, actuellement consultant et formateur médias, donnait ses conseils pour bien animer sa page Facebook. A commencer par les nouveautés de l’algorithme Facebook, qui réduit désormais le clickbait (les contenus « pousse-au-clic » type BuzzFeed), met en avant des liens simples (ce qui signifie potentiellement la fin des raccourcisseurs de liens type Bit.ly), et prend en compte de la résolution des photos (au moins 1200x630px).
Cyrille Frank livre aussi des règles d’écriture efficaces en partant d’un constat simple : Facebook doit servir à générer du trafic vers son propre site. Des posts courts et incisifs doivent mettre en valeur de l’information forte, mais ne pas tout dévoiler (teasing). De la même manière, il faut soigner ses visuels sans toutefois mettre toutes ses photos sur Facebook, sauf si c’est pour jouer l’interaction et le vote. Facebook doit également permettre de créer un lien privilégié avec ses lecteurs, en adoptant un ton décontracté, complice, parfois léger et surtout personnalisé ; mais aussi en leur proposant des services (bonus, promos, avantages, exclusivités) qui apportent au lecteur un bénéfice.
Enfin, ne pas oublier de mettre l’accent sur l’interactivité afin de booster l’engagement à travers des sondages, des jeux,  et du crowd-sourcing.
Une autre présentation était notamment proposée sur la création et l’animation d’une communauté Google +, animée par Cédric Motte. Ce journaliste web indépendant et formateur est à l’origine de la communauté Google « journalistes qui tâtent peu des outils modernes » qui regroupe plus de 2.000 professionnels.
Des outils interactifs et visuels
De nombreuses formations introduisaient des outils visant à faciliter son travail au quotidien ou à production des contenus interactifs : Mapbox ou Carto DB pour les cartes, Timeline JS pour les frises chronologiques, ou encore ThingLink pour les images. A noter aussi la présentation sur les outils de datavisualisation Infogram et Datawrapper, par Julien Kostrèche, co-directeur de Ouest Médialab.
Près de 350 professionnels ont participé à cette première édition, avec des intervenants locaux issus des médias ou du numérique ou des experts venus de Rennes, Paris ou Marseille.
*Co-financé par la Région Pays de la Loire et Nantes Métropole, Ouest Médialab est le premier cluster et labo numérique des médias. France Télévisions est un de ses partenaires.

Etudiants, faites des propositions sur les bons usages du web

Par Etienne Cointe, France Télévisions, Direction de la Prospective

Le collectif Educnum lance du 13 octobre au 15 décembre un concours demandant aux étudiants de créer des actions pédagogiques et innovantes pour sensibiliser les plus jeunes aux bons usages du web. Avec carte blanche en terme de création : applications mobiles, dataviz, vignettes Panini ou kits de survie sur les réseaux sociaux, goodies…*

5 bonnes raisons de participer aux Trophées Educnum :

Infos pratiques

 

Découvrez le conseil d’Isabelle Falque Pierrotin, présidente de la CNIL, aux futurs candidats: 

 Qu’est-ce qu’Educnum ?

Educnum est un collectif pour l’éducation au numérique, né en 2013 à l’initiative de la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés) et qui regroupe aujourd’hui près de 60 membres. Ces derniers proviennent de milieux très divers (éducation, recherche, économie numérique, …) et sont issus d’associations, de fondations d’entreprises, de confédérations patronales et syndicales ou encore d’institutions publiques.

Retrouvez les interviews de Sophie Pène, Michel Guillou et Thierry de Vulpillières sur l’éducation numérique, ayant eu lieu lors de Futur en Seine 2014:

 

* Dans le cadre de son programme d’éducation numérique, France Télévisions s’associe avec Educnum pour cette opération des Trophées.

 

Google : comment mettre en œuvre le droit à l’oubli ?

Par Isabelle Dupré, Direction Juridique, France Télévisions

Le 13 mai 2014, la CJUE créait l’évènement en reconnaissant, dans un arrêt Google Spain, que les moteurs de recherche étaient responsables du traitement des données personnelles. La CJUE consacrait le droit pour les personnes physiques à faire supprimer des résultats de recherche de Google les liens vers des pages mentionnant des données personnelles les concernant. Un pavé juridique dans la mare des moteurs de recherche.

Il ne s’agit pas juridiquement d’un droit à l’oubli mais d’un droit au déréférencement : les liens vers les pages mentionnant les données personnelles d’un individu sont supprimés des résultats de recherche mais les pages ne sont pas désindexées, c’est-dire, effacées d’Internet. L’information demeure mais est plus difficile à trouver.

L’expression « droit à l’oubli » est néanmoins communément reprise notamment par les médias.

Google n’a pas « accueilli cette décision avec beaucoup de plaisir » mais respectueux de la décision de la Cour, a rapidement mis en place un formulaire de demande de suppression de résultat de recherche. David Drummond, Directeur des Affaires Juridiques de Google, a expliqué qu’en obligeant Google à « délibérément omettre de l’information des résultats de recherche », cette décision allait à l’encontre de « la supposition non-écrite » qu’en allant sur le moteur de recherche, cette « bibliothèque pour le web »,  on trouverait ce qu’on est venu y chercher.

Le moteur de recherche a reçu, à ce jour, 135.000 demandes en Europe correspondant à 470 000 URLS. Selon Bertrand Girin, PDG de l’entreprise d’e-reputation Reputation VIP, 50% des demandes concernent une atteinte à la vie privée sur Google (66% sur Bing), telles que la divulgation d’une adresse personnelle, d’un numéro de téléphone, d’informations concernant un divorce ou un licenciement, etc. 15% correspondent à une atteinte à la réputation (par exemple pour injure) et 5% à l’image. On retrouve aussi parmi les motifs l’usurpation d’identité, l’atteinte à la présomption d’innocence, ou l’homonymie.

Les demandes de déréférencement s’avèrent difficiles à examiner à l’aune des critères plutôt vagues établis par la CJUE : les liens peuvent être supprimés des résultats de recherche lorsqu’ils font référence à des pages mentionnant des données inadéquates, pas ou plus pertinentes ou excessives  au regard des finalités du traitement ou du temps qui s’est écoulé.

Le Comité consultatif du droit à l’oubli mis en place par Google organise des consultations entre septembre et novembre 2014 dans sept capitales européennes afin de recueillir les recommandations des experts nationaux sur la mise en œuvre du droit au déréférencement. Suite à ces consultations, le Comité publiera « ses conclusions qui contribueront à orienter l’évolution de la politique » de Google en ce domaine. C’est dans ce contexte que le Comité consultatif du droit à l’oubli a organisé, le 25 septembre 2014, à Paris, sa troisième consultation, en présence d’experts français. Cette réunion fut l’occasion de soulever des questions d’ordre juridique et éthique.

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1 Le droit à l’oubli et la frontière entre vie privée et vie publique

Le droit à l’oubli tente de répondre aux questions suivantes :

Pour le psychiatre Serge Tisseron, les demandes de droit à l’oubli émanant de personnes qui ont (eu) un mandat public ou associatif doivent être examinées avec la plus grande prudence car « les personnalités politiques sont suffisamment attachées à fabriquer d’elles-mêmes une image lisse et conforme ».

La CJUE fait référence, dans l’arrêt Google Spain, au rôle joué par une personne dans la vie publique : « La Cour considère que si les droits fondamentaux de la personne prévalent en principe sur l’intérêt du public ( avoir accès à l’information), elle considère aussi cependant que tel ne serait pas le cas si l’intérêt du public apparaissait comme prépondérant et notamment du fait du rôle joué par la personne dans la vie publique ».

Cependant, comme le souligne Marguerite Arnaud, Avocate, la formulation « alambiquée » de la Cour ne permet pas une interprétation claire du rôle joué par la personne dans la vie publique. La notion de vie publique reste fluctuante.

2 Le droit à l’oubli et les mineurs : un régime d’exception ?

Serge Tisseron ne veut pas entendre parler d’un régime d’exception pour les mineurs : « Si nous cédons à la tentation que chacun puisse un jour effacer des informations qu’il a déposées lui-même sur Internet, on va rentrer dans une culture où les gens auront l’impression que tout est possible parce que tout peut être effacé. On ne parlerait plus de droit à l’oubli mais de droit au déni ».  Il ne faut pas officialiser l’irresponsabilité qui aurait un effet ravageur chez les mineurs (enfants et adolescents).

Céline Castets-Renard, Professeur de droit privé à l’Université de Toulouse 1 Capitole est plus nuancée. Beaucoup de données personnelles (photos notamment) sont mises en ligne par les amis de mineurs. Elle suggère de suivre l’exemple de la loi de Californie en adoptant un droit à l’oubli des mineurs.

3 Le droit à l’oubli face au racisme et aux crimes contre l’humanité 

Benoit Louvet de la LICRA a fait valoir que « les résultats d’une recherche qui concerneraient une personne physique identifiée ou identifiable et qui comporteraient à son égard des propos racistes ou antisémites relèvent clairement du droit à l’oubli reconnu par l’arrêt de la Cour de Justice de l’Union Européenne. Le droit à l’oubli de la victime ne peut être mis en balance avec d’autres intérêts. L’imputation raciste ou antisémite se suffit à elle-même pour que le retrait se fasse. »

Il s’agirait d’un droit absolu au retrait.

Benoit Louvet a souligné par ailleurs, le rôle essentiel d’Internet dans la préservation et la transmission de la Mémoire pour les générations futures. La LICRA s’inquiète de l’instrumentalisation du droit à l’oubli par les négationnistes. Il appelle donc les moteurs de recherche à la plus « extrême prudence » dans le traitement de demandes provenant de personnes physiques qui se seraient rendues coupables de crimes contre l’humanité.

4 Le droit à l’oubli et les risques d’instrumentalisation et d’automatisation

« Victimes collatérales » du droit à l’oubli, les éditeurs de presse, représentés par Emmanuel Parody, Directeur Général, CUP Interactive et Secrétaire général du Geste, traitent, depuis longtemps, les problèmes de données personnelles par la mise en œuvre du droit de retrait ou du droit de rectification. Emmanuel Parody résume la situation : « Internet n’a rien changé mais a compliqué l’affaire ». Il craint que la mise en œuvre du droit à l’oubli ne facilite une instrumentalisation des demandes par des personnes souhaitant « réécrire une histoire qui ne convient plus » et une automatisation et industrialisation de demandes par des tiers. Emmanuel Parody s’inquiète que l’application du droit à l’oubli ne réduise, de facto, la portée d’une information publiée dans un moteur de recherche et ne remette en cause la neutralité des moteurs de recherches.

5 Le droit à l’oubli : un droit européen ou mondial ?

L’arrêt Google Spain avait circonscrit le droit au déréférencement aux versions européennes des moteurs de recherche.

Laurent Cytermann, Rapporteur Général Adjoint au Conseil d’Etat, considère, au contraire, que le déréférencement doit s’appliquer à l’ensemble des versions des moteurs de recherche y compris le .com pour assurer lui « un effet utile ». Il serait, selon lui, facile de retrouver l’information occultée sur les autres versions, dans le cas d’un déréférencement seulement européen. La position du Conseil d’Etat rejoint celle des CNIL européennes.

David Drummond, Directeur des affaires juridiques de Google, n’est pas enclin à accepter le principe d’un déréférencement mondial et a laissé entendre qu’il ferait appel du jugement en référé du Tribunal de Grande Instance de Paris qui a ordonné, le 16 septembre 2014, la suppression de plusieurs liens menant vers des articles diffamatoires dans toutes les versions du moteur de recherche de Google.

Si plus de 90% des requêtes des internautes se font sur la version nationale du moteur de recherche, tout l’enjeu est de savoir combien iraient chercher l’information désirée sur google.com si elle était déréférencée en Europe.

6 Améliorations à apporter à la mise en œuvre du droit à l’oubli.

Les experts français ont suggéré plusieurs pistes d’amélioration dans la mise en œuvre du droit à l’oubli :

• Le principe de notification des éditeurs.

Bertrand de la Chapelle, Directeur de Internet & Jurisdiction Project, considère que la notification des éditeurs est essentielle car c’est « l’éditeur qui représente le mieux l’intérêt du public ». Laurent Cytermann, représentant du Conseil d’Etat, est également favorable à la notification et l’implication de l’éditeur et souhaite que celui-ci ait un délai raisonnable pour répondre à la notification.

• L’information de l’origine de la demande

• La motivation du retrait afin de pouvoir contester, le cas échéant, le déréférencement et rétablir la publication de l’information ; ainsi que la motivation du refus du déréférencement.

• La procédure judiciaire : Céline Castets-Renard, professeur de droit à l’Université Toulouse 1 Capitole,  préconise un contrôle du juge et non des autorités administratives. La procédure de déréférencement doit impliquer  l’autorité judiciaire qui est «  le juge de l’action », selon Emmanuel Parody.

• La mise en place d’un formulaire « plus élaboré ». La simplicité du formulaire actuel inciterait, selon Bertrand de La Chapelle, à déposer plus de demandes.

• La création d’une instance permanente préconisée par Bertrand de La Chapelle, pour définir et faire évoluer les critères avec un panel indépendant.

• La mise en place d’un processus commun de déréférencement pour l’ensemble des moteurs de recherche, selon les vœux de Laurent Cytermann (par voie d’une instance commune, reconnaissance mutuelle ou décision de justice homologuant une demande de déréférencement).

• Le recours à la médiation souhaité par le Conseil d’Etat et envisagé comme voie complémentaire ou alternative à la demande de déréférencement.

La réunion publique du Comité consultatif de Google sur le droit à l’oubli a permis de souligner les difficultés à appréhender le droit au déréférencement consacré par la CJUE. Le droit à l’oubli est un droit en construction, d’interprétation incertaine et subjective. Les experts appellent Google à la plus grande prudence dans l’exercice du déréférencement. Le législateur et les autorités européennes seront amenés à préciser les règles applicables au droit à l’oubli notamment dans le futur règlement européen sur les données personnelles.

Les algorithmes dévorent la pub vidéo

Par Mathias Virilli, France Télévisions, Direction de la Prospective

Le marché de la pub vidéo continue sa progression avec sa 5ème année de croissance consécutive. Une croissance qui s’appuie désormais sur les algorithmes, avec l’automatisation des inventaires vidéo qui ont envahi le web ces 18 derniers mois. 

Passé le scepticisme initial des éditeurs, l’acceptation croissante des algorithmes — similaire à l’automatisation des marchés financiers dans les années 80 — implique aujourd’hui une réallocation budgétaire de la télévision traditionnelle vers la vidéo en ligne, dont l’intérêt va de pair avec de nouvelles technologies « data-driven » qui permettent un ciblage cross-media.

Dépassant le modèle de ventes aux enchères, la data, désormais mise à contribution, amène le marché de la pub vidéo à maturité, même si des progrès technologiques restent à accomplir, notamment en matière de qualité des contenus.

Voici donc les éléments à retenir de l’étude Adap.TV sur l’état de l’industrie vidéo en 2014 :

Les algorithmes prennent leur place dans le marché 

D’abord vu comme un instrument de la marchandisation du contenu, la base de donnée automatisée permet aujourd’hui une approche plus data-driven pour vendre de la vidéo et renforcer sa relation avec des annonceurs qui en sont de plus en plus friands :

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A noter que le contenu vidéo premium des éditeurs est désormais majoritairement disponible via des environnements programmés (par algorithme). 60% des acheteurs ont trouvé du contenu premium disponible sur des chaînes programmées, mais n’en achètent pas forcément (seulement 23% du contenu acheté sur des chaînes programmées).

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Les fonds alloués à la publicité vidéo fuient la TV pour la vidéo en ligne

Signe que le marché de la publicité vidéo se porte bien, 47% des annonceurs sont prêts à sacrifier leur budget display pour investir dans la vidéo en ligne. Cette réallocation viendrait amputer sur les budgets TV broadcast (40%) et TV par câble (35%). C’est quatre fois plus que l’année dernière dans le cas de la TV broadcast! 

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La tendance se confirme donc, et se renforce même :

L’intérêt croissant des annonceurs pour la vidéo va de pair avec l’attrait pour les nouvelles technologies

43% des marques appliquent déjà des techniques dérivées de la vidéo en ligne pour acheter sur de la TV traditionnelle. Et ceux qui n’appliquent pas encore méthodes data-driven comptent bien s’y mettre (un bond à 60% en à peine deux ans).

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En outre, l’investissement dans la TV data-driven va impacter les dépenses vidéo en général : 88% des agences et 62% des marques prédisent que le budget TV va d’abord financer la TV data-driven plutôt que leur budget numérique.

Les algorithmes intégrés dans une stratégie cross-media

L’approche data intrônisée par l’utilisation d’algorithmes, si elle nécessite un investissement managérial, facilitent ensuite la mise en place de stratégies publicitaires cross-media.

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Avec de telles ressources, les marques seront beaucoup plus enclines que les agences à appliquer des méthodes data-driven pour leurs transactions TV traditionnelle. Elles sont également plus promptes à utiliser le data targeting sur leurs publicités vidéos.

Autre fait notable de cette tendance cross-media, 3/4 des acheteurs de publicité se consacrent à l’achat de vidéo mobile. Si 43% des marques en achetaient en 2013, elles sont 67% à le faire aujourd’hui.

Encore des progrès à faire sur la qualité vidéo

Malgré ces mutations technologiques, il subsiste quelques points sur lesquels le marché de la pub vidéo en ligne doit travailler. La qualité de la vidéo préoccupe principalement les publicitaires, devant les questions de fraude, de vérification et de placement.

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D’une manière générale, ces problèmes devraient se résorber à mesure des avancées technologiques.

Cependant, les nouvelles technologies soulèvent également un enjeu d’éducation : la plupart des marques n’ont aujourd’hui pas confiance dans les solutions technologiques actuelles pour résoudre les problèmes de fraude.

Numérique : les firmes françaises à la traîne des consommateurs

Par Barbara Chazelle, France Télévisions, Directions Stratégie et Prospective

Triste constat étonnant du cabinet Roland Berger* sur la transformation numérique en France: 

  1. Les entreprises y sont loin de s’être appropriées les leviers qui leur permettront de réussir leur transformation numérique.
  2. Bien que conscientes à 57% de l’importance du sujet, seules 36% des entreprises ont formalisé une stratégie numérique, et 20% ont nommé un « responsable dédié au numérique ».
  3. Paradoxe bien français : les consommateurs sont plus engagés sur internet que leurs voisins européens (entre 6 et 19 points au dessus de la moyenne) alors que les usages connectés des entreprises se situent jusqu’à 10 points en dessous de la moyenne européenne !

La transformation numérique n’est pas qu’une question technologique ; elle remet en cause toute la chaîne de valeur

« La transformation numérique est l’adoption intensive par l’entreprise et ses salariés d’outils et d’usages basés sur les technologies internet et de communication pour améliorer ses revenus, ses modes opératoires et des modes de collaboration internes et externes. »

Elle repose sur 3 axes stratégiques :

– les équipements, qui permettent la numérisation des processus internes
– les hommes, preneurs d’initiatives et ressources créatives
– les usages, qui poussent la dématérialisation à l’extrême

Si les équipements sont globalement bons, les usages sont encore peu intégrés. La grande majorité des entreprises s’appuient uniquement sur un socle d’usages basiques (site web vitrine, email…) mais laissent de côté de nouveaux usages (personnalisation du site, API, appli, réseaux sociaux, big data, open innovation…).

Ainsi, à titre d’exemples, seules 21% des entreprises françaises proposent un parcours multi canal, moins de 30% des entreprises utilisent des données en ligne, seules 15% ont développé une application mobile et 13% des API, et seulement 1 entreprise sur 5 est présente sur un média social.

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En cause, des expériences de projets SI lourds « ayant dérapés », la difficulté à investir sur des ROI encore peu mesurables, la résistance au changement ou le manque de compétence.

 Pourtant, le numérique est un véritable « réservoir de croissance »

En accélérant leur transformation numérique, les entreprises pourraient doubler leur taux de croissance. Selon Axelle Lemaire, la ministre du numérique, qui a introduit lundi la présentation de l’étude, le numérique pourrait représenter 25% de croissance potentielle pour la France (0,5% de PIB).

Aujourd’hui déjà, les entreprises les plus matures dans leur transformation numérique ont une croissance 6 fois supérieure aux autres.

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Il s’agit de s’emparer d’un réel « potentiel consommateur » dont les usages numériques sont bien développés ; par exemple, 59% des français achètent en ligne mais seules 11% des entreprises nationales vendent en ligne. Ces parts de marché sont ainsi abandonnés aux entreprises étrangères présentes sur le web.

De plus, les outils et usages numériques améliorent l’efficacité des processus internes mais aussi la capacité d’innovation.

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La transformation numérique est par ailleurs un facteur de cohésion sociale : les entreprises les plus matures dans le numérique ont aussi les salariés les plus heureux, avec un niveau de satisfaction 50% plus élevé que ceux des entreprises les moins avancées.

Notons que tous les secteurs de l’économie ne connaissent pas une maturité homogène. Si les entreprises de l’information et de la communication sont chefs de file en France, l’industrie de biens de grande consommation est en bas du classement. Enfin, les grandes entreprises sont en moyenne plus engagées dans la transformation que les autres.

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4 bonnes pratiques 

installer une culture d’entreprise portée, diffusée et valorisée par l’ensemble des employés
– faire de la DSI un facilitateur et du marketing un aiguillon
accompagner la transformation des partenaires pour catalyser l’évolution des usages
– aller chercher des stimulations extérieurs pour renforcer sa capacité d’innovation

6 chantiers pour favoriser la transformation numérique des entreprises en France

  1. Investir dans la formation (au numérique)
  2. Investir dans le partage de bonnes pratiques et la rencontre de l’offre et desPME/ETI, en lançant des pôles de support et en organisant la veille numérique sectorielle
  3. Développer l’interface entreprises/start-ups pour stimuler des écosystèmes numériques
  4. Introduire la culture de l’innovation dans les universités
  5. Faire de l’Etat un aiguillon de l’adoption du numérique
  6. Faire des pouvoirs publics des acteurs numériques avancés

 

* Du rattrapage à la transformation ; l’aventure numérique, une chance pour la France, étude publiée par Roland Berger, construite en collaboration avec Cap Digital et le soutien de Google France  http://www.rolandberger.fr/media/pdf/Roland_Berger_Du_rattrapage_a_la_transformation_20140929.pdf

YouTube mise sur ses stars

Par Etienne Cointe et Mathias Virilli, France Télévisions, Direction de la Prospective

A l’occasion de sa conférence annuelle « Youtube Brandcast » à Paris cette semaine, Google a dévoilé sa nouvelle stratégie basée sur ses Youtubers stars, devant plus de 1.500 personnes dans une ambiance de show à l’américaine assumée. Artistes, Youtubers français reconnus et professionnels de la publicité ont fait de la retape pour attirer les annonceurs !

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YouTube, c’est aujourd’hui une plateforme incontournable du web à la croissance folle (+ 34% cette année), qui attire les plus grandes marques, désireuses de profiter de cet engouement généralisé pour les vidéos en ligne. En France, Youtube c’est 26 millions de visiteurs uniques par mois. C’est aussi la plateforme préférée des français de 18 à 34 ans.

Yves Michaud, philosophe invité pour l’occasion, parle « d’un avant et d’un après YouTube. La plateforme permet une culture horizontale, où les Youtubers seuls disposent du pouvoir de prescription, désormais social. La publication prime sur le filtrage. »

Les clés de la réussite : découverte et engagement

En plus d’être nombreux, les Youtubers sont impliqués. La plateforme permet une créativité sans contrainte de temps, sans limite, où chacun gère sa chaîne comme il le souhaite, avec la fréquence de publication qu’il est en mesure d’assumer.

Pour l’internaute, YouTube est une plateforme de découverte du fait même de la diversité de contenus mise à disposition gratuitement. Découverte à la fois de divertissements, de talents, de tendances.

YouTube a d’ailleurs mis en avant deux temps forts de 2014 pour montrer l’interactivité entre créateurs et internautes, visant la formation de communautés de Youtubers :

Le véritable succès de Youtube réside dans l’engagement qu’elle a su créer avec les internautes, et les marques l’ont bien compris.

Youtube : une plateforme de choix pour les marques

Par l’emballement qu’elle suscite auprès des utilisateurs du web, notamment avec un temps de navigation sur la plateforme toujours plus important (les Français passent 2 fois plus de temps sur Youtube qu’il y a 4 ans), la firme de Google se dit être le réseau le plus efficace pour les lancements de produits. Désormais gage de sureté et de sécurité pour les grandes marques, concentrant 60% des vidéos visualisées du web français, elle bénéficie de 42% d’engagement supplémentaire comparée aux autres plateformes.

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Partant de ce constat, YouTube a décidé d’investir dans ceux qui ont fait sa richesse, sa diversité et son succès: ses Youtubers. On retrouve parmi eux Cyprien, Andy, EnjoyPhoenix… 10 d’entre eux ont ainsi été récompensés pour avoir franchi le pallier symbolique du million d’abonnés. Mais la Brandcast avait pour principal but d’inspirer les nombreux annonceurs présents dans le public : Youtube s’est donc concentré sur 4 des grandes catégories de contenus qui font sa réussite, en présentant chaque fois une étude de cas et des intervenants associés sur des partenariats entre Youtube, ses Youtubers stars, et les marques.

1Musique

Youtube, c’est d’abord une plateforme musicale, voire “la plateforme musicale de cette génération ».

Ogilvy a pour l’occasion présenté sa campagne On the Road Again réalisée pour Ford. Elle réunissait 4 anciens musiciens ayant quitté leur groupe avant qu’ils ne connaissent un succès mondial, le temps d’une tournée : Henry Padovani (ex guitariste de The Police), Dick Taylor (ex bassiste des Rolling Stones),  ainsi que deux membres de The Gossip et Archive. Une série de 8 webépisodes marquée par un fort engagement notamment sur mobile, qui permet à la marque automobile d’engager une cible autrement qu’avec des espaces publicitaires traditionnels (affichage traditionnel, écran télévision ou presse et magazines).

2Humour

L’humour est l’un des secteurs pionniers de Youtube en France avec des figures emblématiques tels que Cyprien ou Norman, qui possèdent d’ailleurs les deux plus grandes communautés françaises d’abonnés, respectivement 6 et 5 millions.

Cette popularité grandissante attire les marques qui commencent à investir dans ces créateurs du web : c’est par exemple le cas de Canal + qui a acheté Studio Bagel (2 millions d’abonnés à ce jour) afin de diversifier et d’enrichir son contenu humoristique déjà occupé notamment par Jérôme Niel (qui s’est d’ailleurs fait repérer grâce à sa chaîne « La ferme Jérôme »).

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3Sport

Le sport est un secteur phare de YouTube du fait de la visibilité qu’il génère sur la plateforme. Lors des grands évènements sportifs, YouTube est utilisée par les marques pour promouvoir leurs produits à grande échelle. Ainsi, les différentes publicités diffusées pendant la Coupe du Monde de Football au Brésil ont regroupées plus de 6 milliards de vues au total.

De même, YouTube est un outil pour se faire connaître à l’international : les vidéos de Roland Garros ont par exemple été suivies à 90% par des utilisateurs étrangers.

Enfin, YouTube permet d’éclairer et de développer des chaînes axées sur des sports moins connus du grand public : le milliard de vues dépassés récemment par la chaîne relatant les évènements sportifs Redbull en est un exemple.

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4Les chaînes beauté

Enfin, les chaînes beauté, qui représentent aujourd’hui 5 millions d’abonnés et 376 millions de vues depuis 2014. Youtube avait invité Marie Laure Sauty de Chalon, fondatrice d’Aufeminin.com – qui totalise 76 millions de vues sur Youtube – ainsi qu’EnjoyPhoenix, Youtubeuse au million d’abonnés. Pour cette jeune femme de 19 ans et déjà ambassadrice pour L’Oréal, la clé du succès, c’est l’authenticité. Selon elle, YouTube permet aux marques de se rapprocher du public à condition de rester sincère. Pourtant, d’après Marie-Laure Sauty de Chalon, même des commentaires négatifs engendre un acte d’engagement fort.

Youtube passe à la vitesse supérieure

S’il faut retenir une chose du message véhiculé par YouTube, c’est que la plateforme entend passer à la vitesse supérieure. Finie la plateforme amateur où tous les contenus étaient d’accessibilité égale. Aujourd’hui, YouTube compte bien asseoir sa place au sein de l’écosystème digital. Nick Ledder, DG de Google France, dont l’intervention clôturait le spectacle, le disait lui-même : après la phase “start-up”, il est de temps de “scale-up”.

La Brandcast était donc l’occasion pour Google de présenter deux nouveautés :

– D’une part l’Extra Reach, un outil d’analytics développé grâce à un panel Médiamétrie et disponible à partir du 1er octobre. Il permettra de mesurer le taux d’engagement d’une campagne publicitaire vidéo, que ce soit sur la TV ou sur Youtube, et ainsi de montrer aux annonceurs qu’aujourd’hui, Youtube permet d’engager ses clients à moindre coût comparé à la télévision traditionnelle.

– L’autre nouveauté, c’est Google Preferred. Le géant américain se dote d’un algorithme de recommandation basé à la fois sur le nombre de vues mais aussi sur les vidéos pour lesquelles l’engagement est le plus fort, une façon de faire du pied aux annonceurs. Google a d’ailleurs annoncé qu’elle travaillait déjà avec des agences media, sachant que l’outil devrait être fonctionnel dès le 1er janvier 2015.

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Cette évolution d’un Youtube populaire à un Youtube publicitaire ne va pas sans poser des interrogations : les Youtubers de demain seront-ils sous la tutelle des marques ? On se rappelle de Cyprien, qui a récemment collaboré avec Marvel pour la promotion du dernier X-Men – qui avait refusé de publier le branded content réalisé pour le compte de la CIC sur sa propre chaîne. 

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8 bonnes pratiques pour profiter du boom des mobiles

Par Etienne Cointe et Mathias Virilli, France Télévisions, Direction de la Prospective

A l’occasion de la sortie de l’iOS 8, Ad4Screen* nous rappelle les bonnes pratiques à avoir sur les terminaux mobiles, promis à un bel avenir. En France, le trafic mobile représente 30% de la navigation Internet aujourd’hui et devrait logiquement dépasser l’ordinateur dès 2015.

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La France voit son nombre de mobinautes augmenter : elle en compte aujourd’hui 27,7 millions – 17,5 millions d’utilisateurs smartphones et 8 millions de tablettes. La tablette, présente dans 1 foyer sur 3, a connu un boom de croissance de 94% sur l’année.

L’investissement publicitaire, bien qu’en hausse, tarde à suivre l’augmentation du trafic mobile en France. Actuellement de 10%, il devrait atteindre 20% en 2017, alors qu’il était déjà de 15% en 2013 au Royaume-Uni et devrait dépasser les 20% dès cette année.

Il faudra aussi prêter une attention particulière à la nouvelle version d’Apple. L’iOS7 avait fait l’objet de 200 millions de téléchargements 5 jours après sa sortie.

Voici donc 8 conseils pratiques pour mieux profiter du boom des mobiles :

1 Comprendre l’environnement mobile pour une stratégie différenciée 

Évidence : les usages mobiles ne sont pas les mêmes que ceux des ordinateurs.

Les sessions mobiles, plus nombreuses (45 par jour en moyenne), sont en revanche plus courtes que sur un ordinateur (5 à 7 minutes pour un smartphone, contre 15 à 20 minutes en moyenne pour un PC). Les tablettes, souvent supports du second écran, sont en moyenne utilisées par sessions de 20 à 30 minutes.

Ce comportement sur mobile implique que les attentes doivent obtenir une satisfaction immédiate, ce qui suppose des fonctionnalités simples d’utilisation, claires, dynamiques : 50% des utilisateurs vont voir ailleurs si le site n’est pas « responsive ».

Parce qu’il recouvre des formats et des outils différents, le mobile est donc un environnement complexe qu’il faut bien appréhender, afin de se doter d’une stratégie différenciée.

Par exemple, les applications (un cadre fermé), permettent une fidélisation plus forte de l’utilisateur que les sites évoluant dans le cadre ouvert du web. Les utilisateurs d’applications sont les meilleurs clients : une fois fidélisés, ils arrêtent d’aller voir ailleurs.

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De la même façon, les dispositifs mobiles ne seront pas les mêmes selon qu’ils soient mis en place sur smartphone ou sur tablette ; ou qu’ils répondent à une logique de l’ « ici, maintenant”, ou du “demain, ailleurs”.

Engager son audience avec de la personnalisation dynamique

Grâce à une diversité de technologies et d’outils, il est de plus en plus facile d’engager ses utilisateurs au-delà de la simple génération de trafic.

En mobilité, la géolocalisation est primordiale pour guider de façon personnalisée l’utilisateur vers un service ou un produit. Cet outil doit s’inscrire dans un souci de contextualisation (spatiale et temporelle) pour fournir à l’utilisateur le service le plus approprié. Pour cela, dissocier demande immédiate et demande prévisionnelle.

Technologie corollaire, le geofencing situe le consommateur dans des zones géographiques et permet de prolonger cette personnalisation dans l’espace.

Des balises (ou beacon) permettent quant à elles d’engager l’utilisateur à faible distance en lui transmettant une notification push quand il s’en approche. Ces notifications en mode push bénéficient d’une acceptation forte auprès des utilisateurs (plus de 50%) et un engagement à ne pas négliger (6-7% en moyenne, jusqu’à 40%). Les messages in-apps interagissent également avec le consommateur, à un moment-clé de sa navigation.

3 S’assurer que l’engagement soit durable

Les notifications en mode push permettent aussi de réengager des utilisateurs qui auraient délaissé une application après l’avoir téléchargée. Si un mobinaute installe en moyenne 40 à 50 applications, il n’en utilise qu’une quinzaine ou une vingtaine par mois. Parmi elles, seulement 35% des applications téléchargées font l’objet de plus de 10 visites, quand 20% ne sont suivies que d’une seule connexion. Une notification push peut présenter une fonctionnalité dont l’utilisateur n’aurait pas connaissance et qui pourrait améliorer son expérience utilisateur.

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Ces outils s’inscrivent dans une logique de fidélisation : outre le fait de consommer davantage (en moyenne 50% d’achats en plus), l’utilisateur qui conserve l’application est nettement moins enclin à se tourner vers un concurrent.

4 Optimiser son référencement

Le référencement est un outil essentiel de la vente en ligne. Apple l’a bien compris, en proposant d’inclure des trending searches, c’est-à-dire les mots clés du moment, à son AppStore version iOS 8. L’optimisation du référencement sur une application diffère d’ailleurs de celle du mobile.

Pour les applications, le référencement par mots-clés est aussi important que sur le web mobile, puisque 63% de la découverte d’applications se fait via des recherches sur les magasins d’applications. Les applications fonctionnant sur un principe de viralité, s’assurer une présence dans les top rankings peut ainsi entraîner une augmentation des téléchargements de 10 à 40%.

5 Un tracking des utilisateurs encore instable

Outre les problématiques légales qui entourent les cookies, le tracking des utilisateurs sur mobile laisse encore à désirer : en témoigne l’impossibilité d’utiliser les cookies sur les applications. Sur le web mobile, les cookies peuvent être à l’origine de temps de chargement excessifs, qui entraînent une fuite des consommateurs très importante pendant le chargement qui suit le clic (50% en moyenne, jusqu’à 80% en bout de chaîne).

6 Analytics : outils d’analyse en aval plutôt qu’en amont

Plus que la mesure de la simple génération de trafic, les outils d’analyse doivent aujourd’hui servir à estimer l’engagement final de l’utilisateur. Ainsi, plutôt que de s’attacher au coût par visite, mieux vaut s’intéresser à l’engagement qu’une telle visite peut apporter à la marque. De même, le chiffre d’affaire par installation peut venir coupler le coût par installation en tant qu’outil de mesure de l’efficacité d’un dispositif.

7 Des vidéos oui, mais courtes

L’explosion de la consommation de vidéos en ligne* sert les mobiles. Facebook par exemple, dont 55 à 60% du trafic provient du mobile, mise désormais beaucoup sur la vidéo, comme le décrit très bien Jeff Bercovici dans un Forbes.

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En revanche, les vidéos sur mobile doivent être plus courtes que sur un autre écran : une vidéo de 90 secondes aura peu de chances d’être regardée en entier. Ainsi, mieux vaut privilégier des formats courts (10-20 secondes maximum) pour garder l’attention de l’utilisateur.

En ce sens, l’iOS 8 d’Apple, sortie hier, permet désormais dans la présentation des applications sur l’AppStore d’incorporer une courte vidéo de présentation de 15 à 30 secondes, en plus des 5 screenshots déjà permises avec les versions précédentes.

8 Stratégie « cross-device »

Le mobile doit servir à proposer des contenus et services pensés pour le mobile. L’iOS 8 permet pour les marques aux identités plurielles de créer un app bundle, c’est-à-dire un groupement d’applications, rattachées à une application mère et téléchargeable en une fois.

Pensez « mobile first » n’empêche cependant pas de développer une stratégie cross-device, bien au contraire ! Le rôle du mobile aujourd’hui dépasse le m-commerce et impacte aussi l’audience générée sur les sites web desktop. Le retargeting cross-device commence à se généraliser chez les marques, avec des outils très simples, comme des pré-rolls web ou des bandeaux dans les newsletters pour inciter à télécharger l’application.

* Spécialisé dans la publicité et le CRM mobile, Ad4Screen a mené depuis 4 ans plus de 5.000 campagnes à travers 70 pays dans le monde.

4K, cloud, Android, immersion : clés des nouvelles technos TV

Par Jérôme Derozard, consultant pour France TV Editions Numériques et entrepreneur

L’IBC qui vient de fermer ses portes à Amsterdam a été l’occasion de mesurer les progrès réalisés dans le domaine de l’ultra haute-définition (U-HD) ou 4K. Encore limité à quelques démos prototypes l’année dernière, tous les équipementiers proposent aujourd’hui caméras, régies, plateformes d’encodage et de diffusions « 4K ready » à des tarifs de plus en plus abordables. L’industrie audiovisuelle rattrape ainsi l’électronique grand public qui a déjà pris le virage de la 4K depuis 2 ans.

Caméra 4K de studio chez Black Magic
Caméra 4K de studio chez Black Magic
Ecran de montage 4K panoramique - le réalisateur peut choisir l’angle de diffusion via un simple joystick tout en gardant à l’œil le reste du stade
Ecran de montage 4K panoramique – le réalisateur peut choisir l’angle de diffusion via un simple joystick tout en gardant à l’œil le reste du stade

Les décodeurs s’ouvrent eux aussi à Internet grâce à la « cloud UI »

Dernières briques de la chaîne audiovisuelle, les décodeurs s’ouvrent eux aussi à internet. Les anciennes générations d’appareils se voient dotées d’une seconde vie grâce à la « cloud UI » qui leur permet d’accéder à des applications Web comme Youtube ou Netflix.

Ceci est rendu possible grâce à un ingénieux système permettant d’une part de capturer les actions de l’utilisateur via sa télécommande, les transmettre à un serveur centralisé sur lequel s’exécute l’application, capturer en direct l’écran et le diffuser sous forme d’un flux vidéo vers le décodeur de l’abonné. Des sociétés comme ActiveVideo ou NPTV fournissent des solutions clés en main permettant aux opérateurs de créer des interfaces et services interactifs accessibles depuis – presque – n’importe quel décodeur TV.

Les fournisseurs proposent également une nouvelle génération de décodeurs, capable de décoder en temps réel les flux 4K compressés avec le nouveau codec HEVC (qui réduit la bande passante nécessaire), de servir de passerelle domotique, de stocker des heures de programmes TV dans le cloud, et bien sûr de faire fonctionner tout type d’application OTT.

Au niveau des plateformes logicielles plusieurs tendances se dégagent. Chez les opérateurs TV sur IP, Android continue sa marche en avant, que ce soit dans sa déclinaison « Google officielle » comme chez SFR ou Bouygues, ou dans sa version « open source » comme chez Swisscom. Pas un fabricant qui ne propose au moins un appareil sous Android, sous forme d’une « box » complète ou d’une « clé » plus discrète.

Chez les câblo-opérateurs c’est la plateforme RDK 2.0 (« reference design kit ») lancée par Comcast en 2012 qui était la star du show, promettant des économies importantes dans le développement des interfaces utilisateurs et des applications. Enfin dans le domaine de la diffusion hertzienne le standard HbbTV s’impose à présent en Asie avec les lancements en Malaisie et au Vietnam.

BBox Sensation, Freebox Révolution, Livebox Play, La Box… Les "french IPTV box" sur le stand Intel commencent à accuser leur âge...
BBox Sensation, Freebox Révolution, Livebox Play, La Box… Les « french IPTV box » sur le stand Intel commencent à accuser leur âge…
Une box Humax capable de décoder les flux 4K encodés en HEVC
Une box Humax capable de décoder les flux 4K encodés en HEVC
La box Android SFR présentée sur le stand LG
La box Android SFR présentée sur le stand LG

La télévision immersive comme futur de la TV ?

La vision la plus intéressante du futur de la TV se trouvait du côté des expériences de télévision immersive, permettant de plonger l’utilisateur au cœur d’un évènement via un système de caméras à 360°.
Chez Fraunhofer, institut de R&D Allemand, on démontrait une captation à 360° de la finale de la coupe du monde, par assemblage (« stiching ») en temps réel du flux de 10 micro caméras afin de constituer un seul flux vidéo de 10K sur 2K pixels.

Une fois la vidéo à 360° constituée les spectateurs peuvent utiliser leurs tablettes – ou demain leurs casques de réalité virtuelle – pour choisir librement un angle de vue, devenant ainsi leur propre réalisateur. La difficulté étant bien sûr de diffuser en direct le flux à 360° aux millions de spectateurs… Une opportunité pour la diffusion hertzienne ?

Chez Ateme, société française, c’est un concert qui a été capté en 360° via le service LiveSphere. Le spectateur peut ici choisir plusieurs caméras dans la foule afin d’apprécier le spectacle depuis différents points de vue.

Mais dans un concert l’important n’est pas seulement l’image mais aussi le son. Comment permettre aux téléspectateurs d’apprécier les différents instruments dans un orchestre simplement en tournant la tête ? La R&D de la BBC propose une solution mélangeant son spatialisé et détection de mouvement de la tête. Différentes pistes audio sont spatialisées pour donner l’impression qu’elles proviennent de différents points autour du spectateur, et lorsque celui-ci tourne la tête le logiciel modifie l’orientation des flux audios pour donner l’impression qu’ils proviennent toujours des mêmes points dans l’espace.

Le casque avec détecteur de mouvements et le logiciel permettant de spatialiser les différentes pistes audio
Le casque avec détecteur de mouvements et le logiciel permettant de spatialiser les différentes pistes audio

Ainsi en combinant image panoramique à 360° et son spatialisé, le tout diffusé dans un casque de réalité virtuelle, le téléspectateur aura-t-il l’impression d’être immergé au cœur du stade ou de la salle de concert – peut-être pour oublier qu’il vole à 10,000 mètres d’altitude.

Dernière initiative dans le domaine de la télévision immersive : le projet « free viewpoint television » de l’association MPEG permettant de diffuser en direct un flux en 3D afin de le restituer dans des lunettes 3D, ou via une projection holographique. C’est le projet de la société japonaise 3Dragons pour les J.O. de Tokyo en 2020 : capter en direct les évènements dans les stades tokyoïtes, les transmettre à l’autre bout du monde et les diffuser en taille réelle dans un autre stade –vide celui-là – via des projecteurs holographiques… La démo présentée à l’IBC se limitait à la diffusion d’un modèle réduit automobile à quelques centimètres de l’objet original, mais il reste encore 6 ans pour augmenter la taille et la distance !

Rendez-vous l’année prochaine pour je l’espère la commercialisation des premières solutions de diffusion 3D sous Oculus Rift !

La télévision n’a jamais été aussi bon marché à produire (IBC 2014)

Par Benjamin Thereaux, consultant Social TV chez France Télévisions

L’IBC, le plus grand salon européen dédié au broadcast, est chaque année en septembre le grand rendez-vous de l’industrie à Amsterdam. 

Fait marquant pour cette édition 2014 : jamais la production d’émissions de télévisions n’a été aussi bon marché grâce aux nombreuses nouvelles solutions technologiques qui placent au cœur de la révolution : ordinateur, logiciel et réseau.

 Le studio virtuel

Comparé à l’édition 2013, les solutions de studio virtuel se sont multipliées. Avec un studio fond vert, des caméras, le bon logiciel et un ordinateur puissant, les animateurs peuvent être incrustés en temps réel dans un plateau 3D virtualisé.

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Il est possible aussi de simuler dans le plateau des écrans plats ou des murs d’images pour y diffuser ses médias (magnétos, images de contexte, logos de l’émission, tweets, …).

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Le plus impressionnant : certaines solutions ne requièrent pas d’opérateurs caméra, mais uniquement quelques caméras fixes : les mouvements d’image sont simulés dans le logiciel (par exemple, un travelling ou un zoom). En filmant en 4K, il est possible de zoomer dans l’image sans dégrader un rendu HD. Pour garder le naturel de l’incrustation des personnes dans le décor, il faut veiller à produire des environnements 3D très bien dessinés et pas trop chargés en textures.

Cas d’école, à éviter donc :

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Au cœur de la nouvelle régie, une formule 1 et le logiciel qui fait tout

Deux sociétés sont à surveiller de près : NewTek et Vidigo. Leur approche ? Une solution clé en main et à bas coût pour produire des émissions de télévision de qualité professionnelle, en misant tout sur leur logiciel à faire tourner sur un ordinateur très puissant.

Le nouveau matériel, utilisé par les opérateurs en régie devenant de simples interfaces homme-ordinateur (une sorte de super clavier qui permet de piloter les fonctions du logiciel) fait radicalement baisser les coûts. On observe la même rupture qui a eu lieu dans la production musicale, entre un synthétiseur analogique (cher, car bourré de composants électroniques) et un clavier MIDI qui pilote un logiciel de synthétiseur.

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Le logiciel intègre une suite d’applications assurant le monitoring vidéo, la réalisation vidéo et audio, le trucage, le synthé (banc titres,…), le lancement des magnétos ou d’autres médias. Un seul ordinateur s’occupe de l’acquisition des sources audio et vidéo, restitue l’image sur des moniteurs, enregistre et diffuse la réalisation. Les différents opérateurs pilotent chacun une partie du logiciel mais travaillent en réalité sur cette unique station de travail.

Comptez 20.000 € pour le logiciel et le matériel.

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Les professionnels du secteur, habitués à des investissements beaucoup plus importants pour leur régie, mettront en évidence une perte de qualité à certains endroits du workflow (comme l’encodage numérique des sources).

Ils concluront peut-être que la solution n’est pas d’une « qualité broadcast ». Mais chacun aura son usage et pour un live stream sur internet la qualité sera d’une qualité inégalée. D’ailleurs, Newtek ne s’y trompe pas et a choisi d’inclure dans sa solution Tricaster des fonctions d’envoi simultané du master vers une plateforme de streaming ou encore la découpe temps réel pour partage sur les réseaux sociaux.

Post-production : l’export direct vers Final Cut, Adobe Premiere, Sony Vegas, …

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Fini le temps où il était fastidieux pour un opérateur de post-production TV de synchroniser dans son logiciel d’édition vidéo les pistes capturées en live avec le master du réalisateur. Comme on l’a vu plus haut, la nouvelle régie est un logiciel, le matériel n’est qu’une interface avec la machine permettant de commander un changement de caméra par exemple ou baisser le son d’un micro. Ces commandes (aussi appelées automation) sont donc enregistrées à la volée et il est maintenant possible de retrouver tout le séquençage du réalisateur dans Final Cut, Premiere, Vegas… Pour les connaisseurs du logiciel audio Ableton Live!, le principe est similaire.

Ainsi, si le réalisateur a changé de caméra trop tard capturant une image qu’il ne fallait pas, ce sera corrigé en post-prod en 2 clics de souris.

Vers le tout IP

Encore un domaine où la convergence passe et où les anciennes technologies trépassent. Si le signal SDI est encore le plus utilisé dans les studios TV et en régie, il se fait aujourd’hui sérieusement concurrencé par le tout IP.

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Les caméras de dernière génération encodent à la volée leurs images et envoient sur le réseau. Réseau local si la régie est au niveau du lieu de tournage, mais demain sur le Cloud et la régie n’aura plus besoin d’être sur place. On peut imaginer une même équipe de production (réalisateur, synthé, LSM,…) réalisant différentes émissions les unes après les autres, toutes tournées à l’autre bout du pays. Vidigo travaille aussi sur des interfaces web permettant demain à chaque opérateur de travailler depuis des endroits différents depuis un simple navigateur internet.

Le principal problème rencontré aujourd’hui est le temps de latence entre la capture et la réception en régie, qui peut aller de 2 à 4 secondes. Le réseau devra avoir une bande passante maximale !

Mais nombreux sont les plateaux où l’on tire déjà des câbles Ethernet entre la régie et les caméras. Ils permettront de piloter les caméras si elles sont robotisées, de déclencher la lumière rouge qui signale que la caméra est à l’antenne, etc…

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Combinées au streaming sur internet, les nouvelles technologies en régie, basées sur le logiciel et le réseau IP, ouvrent la voie à une très forte démocratisation de la production tv.

Demain, tous TV ?!