Canada : 50% des investissements contenus à l’initiative de services de vidéos en ligne
Par Mathias Virilli, France Télévisions, Direction de la Prospective
Même avec ses particularités linguistiques, les grandes tendances de la télévision au Canada confirment celles observées chez son voisin américain : une consommation traditionnelle qui s’effrite, et des Canadiens qui regardent de plus en plus leur contenus télévisuels en ligne, et sur différentes plateformes.
Un recul de la consommation de télévision tous âges confondus
Les canadiens passent en moyenne 20 minutes de moins par semaine devant leur télé qu’en 2012, indique la première partie du Rapport de surveillance des communications du CRTC qui détaille cette semaine l’état de l’industrie des communications canadienne pour 2013, soit 600 services de TV.
Cette baisse de consommation télé s’observe sur toutes les tranches d’âge, et particulièrement chez les jeunes : les 12-17 ans ont regardé la télé en moyenne 1h40 de moins en 2013 qu’en 2012, soit une baisse de 7,5%.
Les canadiens se tournent vers d’autres plateformes pour consommer leurs contenus télévisuels
Si la consommation de télévision a tendance à baisser, la TV par Internet connaît de plus en plus de succès : 41% des canadiens ont regardé la télévision sur Internet en 2013.
En moyenne, ils regardent près de 2h de contenu télé en ligne chaque semaine, contre 1h20 en 2012. Parmi les consommateurs réguliers, cette moyenne monte même à plus de 5h par semaine, soit deux heures de plus qu’en 2012.
3/4 des sondés auraient visionné au moins une vidéo en ligne, dont 64% sur Youtube. En termes de contenus, les vidéonautes canadiens sont également friands de films (30%) et d’actu (25%).
La consommation de vidéos et d’émissions TV connait de plus une adoption croissante sur les appareils mobiles. 12% des anglophones ont regardé la télévision sur leur tablette ou sur leur smartphone en 2013, soit deux fois plus qu’en 2012.
Cela dit, la télévision reste encore bien ancrée dans les usages : ainsi, 93% des canadiens ont regardé la télévision au moins une fois en 2013.
19% des canadiens anglophones et 4% des francophones sont aujourd’hui abonnés à Netflix, soit 8 points de plus au total qu’en 2012.
Le cord-cutting touche également le Canada, puisque le nombre de foyers canadiens abonnés à des services de télévision par câble, par satellite ou par IP est en légère baisse, de 85,6% en à 84,9% en 2013, soit une perte de 10 000 abonnés.
Des recettes en hausse, sauf pour la télé traditionnelle
Si les revenus de la télévision sont en hausse de 2009 à 2013, il faut surtout noter que la part des revenus des services spécialisés et payants, de pay-per-view et de VOD augmente par rapport à la part des revenus de la télévision traditionnelle.
Ainsi en 2013, les revenus de la télévision traditionnelle sont en baisse de 4,6% par rapport à 2012, tandis que ceux de la télévision payante, de pay-per-view et de VOD et des services spécialisés sont en hausse. Parce qu’ils tirent la majorité de leurs revenus de l’abonnement, les services payants, spécialisés, de pay-per-view et de VOD sont en outre moins dépendants de la publicité que la télévision traditionnelle, pour qui la publicité représente 90% de ses revenus.
Pour chaque dollar de recettes, 0,6 dollar a été réinvesti en contenu, pour des dépenses de programmation atteignant $ 4,1 milliards, dont $ 2,7 milliards de contenus canadiens (65%). Comme en France, la loi sur la radiodiffusion impose une contribution à la création canadienne.
Les services de vidéos en ligne représentent 50% des investissements de contenus
Les drames et les comédies sont les leviers d’audience principaux pour tous les services de télévision, que ce soit pour les services payants et spécialisés (43,2%) ou la TV traditionnelle (38,1%). Ces programmes concentrent logiquement la majorité des investissements de contenus.
Fait notoire, la télévision traditionnelle, privée comme publique, se désengage de la production de documentaires longs. Ce sont les services payants et spécialisés qui assurent le relais.
Le sport semble quant à lui être délaissé par la télévision traditionnelle privée comme publique, bien que 3 des 10 chaînes télé les plus lucratives soient consacrées au sport et que le sport reste le type de programmes le plus consommé (28,3%) sur le service public, SPR.

D’une manière générale, les services spécialisés investissent massivement dans les programmes, avec par exemple $200 millions pour les drames. Ils représentent aujourd’hui près de la moitié des dépenses de programmes.
Les chaînes de télévision privées misent quant à elle sur l’info (60% de leurs dépenses), le divertissement, ainsi que les drames et les comédies.
Les dépenses faites par les services de pay-per-view et de VOD sont quant à elles en hausse de 6,4% sur la période 2011-2013, pour un total de 17 millions de dollars en 2013.
Télévision interactive et sociale : Non, il n’y a pas que Rising Star !
Par Benjamin Thereaux, consultant Social TV chez France Télévisions
Channel 4 et Endemol ont profité de l’été pour tester un nouveau Talent Show, sous la forme de 4 épisodes d’une heure chaque vendredi soir à 21h au Royaume Uni. The Singer Takes it All (TSTIA) retient l’attention et réussit le pari de faire interagir en symbiose la mécanique télé avec une application pour smartphone lancée spécifiquement pour le programme.
Du casting des candidats au vote en temps réel pendant le direct, tout passe par le smartphone, gratuitement.
- Comment le programme a-t-il su tirer parti de tous les avantages d’une application ?
- En quoi le programme se différencie-t-il de Rising Star ?
- Pourquoi un format comme TSTIA mérite-t-il l’attention de l’industrie TV ?
Etude de cas.
Social TV is the word
Depuis quelques années, le thème de SocialTV est un buzz word, de ces thèmes clés qui doivent incarner le futur, voire pour certains, le salut de l’industrie télévisuelle (comme la 4K, l’ATAWAD ou le transmedia,…).
La SocialTV est en fait une grande boîte de Pandore mélangeant plusieurs usages des téléspectateurs et typologies de projets :
- l’exploitation au cœur des émissions des conversations sur les réseaux sociaux et d’autres types de contenus UGC
- l’enrichissement des programmes via des contenus additionnels (encyclopédiques, vidéos, …)
- l’engagement des téléspectateurs via des sondages, des quiz, des pronostics…
Le second écran, ou l’application compagnon, n’étant que le support d’opérations de SocialTV.
Mais la télévision est un média qu’on peut qualifier de traditionnel comparé au numérique. Comme dans d’autres médias traditionnels (print, radio,…), les rédactions bi-média mettent du temps à se mettre en place, l’innovation se heurte à de nombreux freins. La réflexion sur les dispositifs numériques démarrant souvent en retard par rapport aux premières phases de conception du programme.
Conséquence : des opérations qui viennent en surcouche, et souvent vivent quelque peu dans leur coin. Manque de promotion, manque d’audience numérique, manque de proposition de valeur, etc..
Mais après quelques années d’expérimentation, les chaînes qui y croient encore ne peuvent plus conduire les projets SocialTV de la même manière.
Rising Star comme porte étendard d’une interactivité « Nouvelle Vague »
(Rising Star, le 28/08/2014 en Allemagne)
Le tour de force des programmes comme Rising Star ou TSTIA est d’être nativement social et interactif.
Dès l’écriture du format, les supports numériques ont été complètement intégrés à la mécanique télévisuelle. La boucle fonctionne bien dans les 2 sens, assurant un cercle vertueux : la télévision invite à interagir avec l’appli, les résultats de cet engagement sont commentés à l’antenne et mieux, influencent la suite du programme.
Le double pari de ces nouveaux programmes ?
- Etre temps réel, l’impact des votes est immédiat sur le programme, plus besoin d’attendre la fin pour savoir qui reste, qui part, …
- Oublier le SMS et l’appel surtaxé, pour privilégier plutôt un vote gratuit via une application pour smartphone.
Stupeur dans l’assemblée ! Alors qu’il rapporte des millions aux chaînes TV, pourquoi diable se détourner du numéro surtaxé qui reste une véritable cash machine ?
Mais voyons, pour l’expérience utilisateur ! Pour le mettre au centre des programmes. Pour qu’il soit en charge, puisqu’il le peut ! Et parce que désormais le taux d’équipement en appareils connectés le permet.
Le parcours utilisateur par SMS est encore aujourd’hui imbattable pour effectuer un micro-paiement. Ni Paypal, ni la carte bancaire ne permettent de faire payer en quelques clics et de manière indolore une branche si large de la population.
Mais l’expérience utilisateur est incomparable à l’interactivité rich-media que l’on peut obtenir via une application ou un support web. C’est exactement comme comparer le passage du Minitel vers Internet : même progrès technologique, même rupture de modèle économique. L’Histoire a pourtant donné raison au modèle gratuit.
Quels sont alors les programmes qui se lancent sur ce créneau ? On a beaucoup parlé de Rising Star, notamment parce que son arrivée est imminente sur la chaîne privée française M6. Mais penchons-nous sur le plus confidentiel « The Singer Takes it All », un 2ème cas d’école de format qui « binôme » Télévision et Application.
The Singer Takes it All, le format interactif tout compris !
Pendant la semaine, l’application vit comme un casting géant où tout un chacun devient jury :
1. Si j’ai l’âme d’un chanteur, je peux enregistrer ma chanson
2. Les utilisateurs de l’app votent pour les performances (Hit or Miss). Une mécanique de présentation aléatoire, le vote est rapide et binaire et n’est pas sans rappeler le site Hot or Not, ou plus récemment l’app de dating Tinder.
3. Les 10 participants ayant reçu le plus de Hit sont invités à chanter live le Vendredi soir
Puis le soir du Prime arrive.
La mécanique en live est, elle aussi, diaboliquement efficace.
0. Présenté par l’excentrique et non moins sympathique Alan Carr
1. Le candidat prend place sur une plateforme qui va avancer ou reculer en temps réel en fonction du vote du public
2. Si le candidat reçoit + de 50% de Hit, la plateforme avance, direction la Gold Zone ! Si le candidat totalise + de 50% de Miss, elle se met à reculer, direction la sortie.
3. Je suis invité à voter toutes les 20 secondes, 4 fois au total
Parmi les 7 candidats, le vainqueur des 15.000 £ est celui qui aura chanté le plus longtemps en Gold Zone.
Pas un talent show, mais un jeu TV
On ne promet pas aux candidats autre chose que chanter en direct et tenter de remporter une coquette somme. Pas de contrat de maison de disque à la clé, pas de conseils de professionnels, ni de mots réconfortants dans ce grand karaoke qui ne se prend pas trop au sérieux. Semaine suivante, de nouveaux candidats (hormis le vainqueur qui est invité à remettre son titre en jeu) et à nouveau 15 K £.
Les lancements difficiles de Rising Star aux Etats-Unis ou plus récemment en Allemagne posent d’ailleurs des questions sur l’essoufflement du format Talent Show. Cherche t-on encore la Nouvelle Star ?
Audiences, premiers retours :
Les audiences TV du programme auraient été juste en dessous de la moyenne que connaît Channel 4 sur ce créneau. Ce qui n’est pas forcément étonnant pour un nouveau programme.
Les chiffres positifs sont à chercher du côté numérique. On parle de 15% de taux d’engagement (ratio entre le million de téléspectateur et les presque 150.000 utilisateurs de l’app en direct), un chiffre très élevé. C’est d’ailleurs le nouveau record en la matière, TSTIA détrônant l’application de Play Along sur l’émission The Million Dollar Drop qui engage 12.5% des téléspectateurs (aussi un programme Channel 4)
Certaines données ont aussi été annoncées par le présentateur au début de chaque émission, démontrant une progression naturelle :
– Episode 2 : 300.000 téléchargements, 10M de votes au total
– Episode 3 : 15M de votes au total
– Episode 4 : 20M de votes au total
On remarquera aussi que 3 épisodes sur 4 ont été remportés par le même candidat, Steve Dorset.
Les téléspectateurs se sont créés un favori et auront cherché à le faire gagner à chaque fois.
Professionnels de la Télé : ayez confiance !
Il n’y aura eu que 4 épisodes de TSTIA, malgré le coût de développement d’un tel format que l’on peut imaginer onéreux. Peut-être une nouvelle preuve de la frilosité de l’industrie face à l’interactivité nouvelle vague.
Pourtant, bien qu’innovants, ces formats ne sont pas en rupture totale avec ce que connaissent les téléspectateurs et les enjeux industriels :
- Ils tirent leur force de la foule de personnes présentes au même moment devant leur écran : respect de la notion de grande messe en direct où l’on se donne rendez-vous devant la télévision
- Ils ne sont pratiquement intéressants à regarder qu’en direct, lorsque je peux participer : respect des tunnels de publicité traditionnels et lutte contre la délinéarisation des programmes
- Ils occupent l’écran compagnon : respect des nouveaux usages numériques des téléspectateurs (le multi-tasking devant la TV est maintenant un comportement majoritaire)
- Ils créent une audience connectée et ciblée : respect des enjeux économiques, les tunnels de pub pouvant s’enrichir sur le mobile (ex : cliquez ici pour obtenir votre coupon de réduction)
Nous vivons donc une période excitante pour la télévision !
Tous les avantages de l’app et de l’écriture SocialTV native pourraient faire passer au vert plus d’un projet, particulièrement en France si Rising Star réussit à séduire. Encore faut-il que l’industrie TV s’entoure au plus tôt dans l’écriture de ses formats de profils « creative technologists » et accepte la transition de modèle économique. Comme l’ont fait à une époque les éditeurs de services Minitel en passant sur Internet, la survie était à la clé !
BONUS : les coulisses de cet article, regardez l’application TSTIA en action et en musique (merci à tous les candidats d’avoir prêtés leur voix à l’exercice !)
par @whoozben
La TV dans son 2ème âge d’or ? (étude US)
Par Barbara Chazelle, France Télévisions, Directions Stratégie et Prospective
Plus des deux tiers (67%) des Américains* considèrent que la TV est entrée dans son 2e âge d’or. Pour eux, non seulement les acteurs traditionnels parviennent tant bien que mal à faire face aux nouveaux usages créés par internet, mais il est désormais possible de se délecter de nouveaux types de narration, à la qualité de production souvent excellente, tout en profitant de la souplesse de nouveaux moyens d’accès aux programmes.
Un âge d’or ressenti à la fois par les Baby Boomers (55%) et la Génération Y (78%)
Pour le public, toute génération confondue, la TV a retrouvé sa grandeur d’antan. Ce ressenti est lié aussi bien aux contenus qu’à l’expérience TV renouvelée. Les facteurs les plus importants pour le public sont :
- le nombre de productions de grande qualité (65%),
- la variété de contenus disponibles (64%),
- la possibilité de consommer un contenu sur le terminal de son choix (45%),
- la disponibilité de contenus pouvant être regardés en streaming (40%).
Pour la majorité du public, le modèle de la TV par câble ou satellite est dépassé et 50% des sondés pensent que la TV du futur sera à la carte.
Les offres de destination sont plébiscitées par le public
A la longue liste des « contenus de qualité » cités, dont deux séries se détachent particulièrement du lot – The Walking Dead, plébiscité à 44% suivi de près par Game of Thrones à 41% – s’ajoute une autre liste intéressante, celle des « offres de destination », chaînes/bouquets/plateformes, où l’on peut trouver ces contenus de qualité.
HBO et CBS produiraient les meilleurs contenus, suivis par AMC et Netflix. Notons que HBO séduit davantage les jeunes alors que CBS fédère davantage les Baby Boomers.
Selon Justin Wheeler, vice président de Instant.ly, qui a réalisé l’étude, « les résultats de cette étude confirme que les grands diffuseurs sont en train de se faire doubler par des fournisseurs de contenus payants, comme HBO ou Netflix, et démontre que le public des générations Y et X est prêt à payer pour du contenu de qualité – via la pub ou un abonnement – pour en profiter dès sa sortie ».
Le public, insatiable, consomme en « binge viewing » et redemande des contenus courts
Selon 69% des personnes interrogées, on consomme en « binge-viewing » (entre 3 et 5 épisodes d’affilée). Seuls 13% affirment ne jamais avoir « bingé » ! (dont 1/3 cependant âgés de 65 ans et plus).
Le jeune public a de l’appétit ; 17% des sondés suivent au moins 10 séries simultanément ! L’usage général est un peu plus modéré, se situant entre 3 et 5 séries à la fois pour près de 50% des personnes interrogées. Seule 1 personne sur 5 éprouve de la culpabilité après avoir passé tout ce temps devant la TV.
Les contenus courts ont eux aussi le vent en poupe pour 66% des sondés et semblent être addictifs : 15% d’entre eux en consomment entre 2 à 5 fois par jour et 7% au moins 6 fois par jour !
Cette consommation vient en complément de la consommation TV. Pour 1 personne sur 7, ces contenus courts permettent de rattraper un programme TV ou d’en avoir les moments forts. 51% vont rechercher du contenu en lien avec un programme TV (coulisses, interviews des acteurs…) qu’il soit produit par la chaîne/producteur ou par d’autres fans (24%).
Le multitasking concerne plus de 50% du public
Le multitasking est une tendance forte pour plus de la moitié des sondés. 17% déclarent utiliser un 2e écran « tout le temps » et 36% « assez souvent ». Ceux qui utilisent un autre écran pendant qu’ils sont devant la TV ont principalement un ordinateur portable sur les genoux (54%). Les autres consultent leur smartphone ou leur tablette (réciproquement 41%).
Quant à l’usage qui en est fait, les activités sont variées. La majorité n’a pas de lien direct avec le programme regardé (lecture de ses mails, réseaux sociaux…) mais 36% déclarent faire des recherches liées au programme en cours de visionnage, 24% discutent en ligne avec leurs amis à propos du programme.
Pour 52% des personnes interrogées, le 2e écran sert à « tuer le temps » durant la pub. 22% vont néanmoins chercher à s’informent sur les produits/services dont il est question durant ces spots.
Le sport et l’info sauvent la TV traditionnelle
88% Américains interrogés paient un abonnement au câble ou au satellite. Mais 32% d’entre eux pourraient reconsidérer cet engagement si les plateformes en ligne offraient une meilleure couverture des évènements sportifs en général ainsi que des grandes rencontres internationales, comme les Jeux Olympiques par exemple (22%). 11% seraient sensibles à la couverture des élections.
Si le public estime que la TV est entrée dans un nouvel âge d’or, ce sont en fait les nouveaux acteurs de la vidéo qui créent et dynamisent tous les nouveaux usages plébiscités, à commencer par la consommation à la carte et en ligne. Le public est en fait le grand gagnant de cette bataille entre anciens et modernes; compétition et co-existence favorisant créativité et qualité des contenus et de l’expérience. Ces deux facteurs sont désormais indissociables.
Un bémol toutefois: Nielsen est venu confirmer, par ailleurs, cette semaine la désaffection des ados: le temps passé à la télévision par les jeunes Américains âgés de 12 à 17 ans a chuté de 7 % en 5 ans.
* Sondage réalisé auprès de 1.000 Américains par sociétés Instant.ly, plateforme d’étude marketing à la demande et YuMe, société de technologie de publicité vidéo multi écran.
Netflix arrive dans 1 mois : à qui cela va-t-il profiter ?
Par Barbara Chazelle, France Télévisions, Directions Stratégie et Prospective
Le 15 septembre prochain, à 20h, Netflix débarque en France, la même semaine qu’en Belgique, en Suisse, au Luxembourg, en Allemagne et en Autriche.
Depuis des mois maintenant, la plateforme de vidéo en ligne aux 50 millions d’abonnés dans le monde, agite les acteurs traditionnels français de la TV et de la vidéo, mais aussi l’administration, jusque dans les plus hautes sphères de l’Etat. Toute proportion gardée, si nous étions dans le secteur des télécoms, nous serions — pour quelques semaines encore– dans la période tranquille et stable précédant l’arrivée de Free dans les mobiles.
Car dans un mois, en opérant depuis le Luxembourg (et via les Pays-bas l’an prochain), Netflix échappera à notre bon vieux système de financement de la création –décret SMAD[1] en tête de liste–, passera entre les gouttes du contrôle du CSA, et remettra en question la pertinence de la chronologie des médias, qui n’a toujours pas évolué malgré les changements des usages et des modes de consommation du public. Enfin, Netflix connu pour la puissance de son algorithme de recommandation, met les acteurs français en face d’une de leurs grandes lacunes : leur capacité à personnaliser leurs services.
Mais si beaucoup lèvent le poing de la résistance, n’oublions pas qu’un grand nombre d’entre eux ont aussi à y gagner, un peu et même beaucoup. A qui l’arrivée de Netflix va-t-il donc profiter ?
Aux acteurs de la SVOD ?
Si l’on en croit Gregg Bywalski, Directeur Marketing et Digital du groupe AB, l’arrivée de Netflix sera « une opportunité, puisque Netflix, ou un autre acteur international, pourrait rapidement évangéliser sur la SVOD (vidéo à la demande par abonnement). Car nous avons un problème en France : les gens ne savent pas ce qu’est la SVOD. On estime qu’avec un budget marketing important, un opérateur comme Netflix mettra les moyens pour expliquer ce qu’est la SVOD. Il s’agira ensuite d’un marché concurrentiel et chacun tirera son épingle du jeu, en fonction des contenus qu’il proposera et en apportant sa valeur ajoutée. »
Si la proposition de modifications de la chronologie des médias d’Aurélie Filippetti est acceptée, rappelons que la fenêtre d’exploitation dédiée à la SVOD, aujourd’hui placée à 3 ans après la sortie en salles, passera à 2 ans, pour les acteurs « vertueux », c’est-à-dire ceux qui participent au financement de la création. Cela sera-t-il suffisant pour créer une offre véritablement attractive ? Disons que ce sera déjà ça à prendre pour les plateformes françaises de SVOD.
Mais, attention, d’autres grands acteurs étrangers de la SVOD sont aussi en embuscade. Nous pensons notamment à Amazon et à Wuaki (du japonais Rakuten).
Aux Fournisseurs d’Accès à Internet ?
Orange est le seul opérateur à avoir déclaré ne pas vouloir distribuer Netflix via sa box, « dans un premier temps, en France ». Il est vrai que lorsque l’on est désigné comme « le vaisseau amiral porteur de notre révolution numérique et souveraine » par Arnaud Montebourg, il ne serait pas bien vu de faire alliance immédiatement avec la puissante et disruptive plateforme américaine.
Quant aux autres, pas un mot. Est-ce que Free sera (comme souvent) le mouton noir de l’écosystème ? Du côté de Numéricâble/SFR, Patrick Drahi, a annoncé qu’il lancerait sa propre plateforme de séries en streaming sur la base du catalogue de Numéricâble. Quid de Bouygues ? Est-ce incompatible avec d’autres partenariats de distribution ?
Aux boutiques OTT ?
Il est fort probable que Netflix ait dû négocier sa place sur les boutiques OTT, celle de Google (dont Chomecast) et Apple, mais aussi sur les « stores » d’applications des constructeurs de TV Connectables et les box OTT qui commencent à fleurir, comme celles de TeVolution, VidéoFutur ou la récente Réglo TV proposée par E.Leclerc.
Aux médias qui vendront à Netflix des espaces publicitaires ?
Netflix ne va pas se contenter de quelques bannières égrenées sur le web pour se faire connaître à la France. En professionnel du marketing, Netflix va frapper fort et n’hésitera pas à acheter des espaces publicitaires qui iront chercher le grand public et particulièrement son cœur de cible, les 18-34 ans (aux Etats-Unis).
Au monde de la création ?
Ne nous y trompons pas, si la plateforme est connue pour la richesse de son fond de catalogue, Netflix, devenu producteur reconnu, est aussi désormais un acteur clé d’Hollywood. Dans sa dernière lettre à ses actionnaires du mois de juillet, Reed Hastings a annoncé pas moins de 8 séries originales (dont les 3e saisons de Orange is the new black et House of Cards) actuellement en tournage au quatre coins du monde, ainsi que la création d’un talk-show présenté par Chelsea Handler, mais aussi la production de stand-up de grands comiques US.
Le patron de Netflix a d’ores et déjà parlé — sur le mode ironique– de la production d’un « House of Versailles » spécifiquement créé pour le public français. Une série française serait déjà en tous cas sur les rails.
On peut tout à fait imaginer que Netflix puisse convaincre des producteurs de l’Hexagone à travailler avec/pour lui ; certains ont déjà, dans un passé récent, collaboré avec une autre plateforme américaine, YouTube qui lançait alors ses « original channels » en France. Et sauf erreur, Gaumont travaille déjà pas mal avec Netflix. Pourquoi pas un autre grand nom du cinéma français ?
En réalité, ce n’est pas le financement de la création qui est menacé par Netflix, car il est probable que l’entreprise mette la main au portefeuille (très bien fourni) pour en (faire) produire ; Netflix produira de la grande qualité grand public dans un objectif simple de rentabilité et de succès commercial. Le véritable risque, c’est la question de la diversité de cette production.
Aux chaînes TV ?
On lit souvent que les chaînes payantes vont être les grandes perdantes du raz de marrée Netflix. En réalité, c’est possiblement l’ensemble des chaînes qui sera impacté car une offre comme celle de Netflix, qui en plus de son catalogue, colle aux usages (à la demande, personnalisation, binge viewing…) concurrence de plein fouet le temps « télé » dans son ensemble.
Néanmoins, s’il est peu probable que les chaînes s’allient à Netflix pour la distribution de leurs contenus en France, du moins dans un premier temps, il ne serait pas impossible qu’elles nouent des partenariats de distribution à l’international, comme Canal Plus l’a fait avec les séries Engrenages et Borgia par exemple, et pourquoi pas signent des contrats de co-productions.
Au public ?
Pour toutes les raisons qui font le succès de Netflix à l’étranger : un catalogue riche, une offre personnalisée, à la demande, illimitée, très probablement vendus pour la somme modique de 7,99€ par mois pour un accès à Netflix sur un écran.

A Netflix ?
La vraie question reste le catalogue qui sera proposé : est-ce que le public français va y adhérer au même titre que les britanniques et les scandinaves l’on fait, assez massivement, ses derniers mois ? Netflix, qui mise gros sur l’extension de ses marchés internationaux encore peu rentables, espère sans doute un aussi bon démarrage qu’aux Pays-Bas ; lancée en septembre dernier, la plateforme y comptabilise 600.000 abonnés (sur une population de 16,8 millions d’habitants !). Rappelons aussi que les séries, qui assurent la majorité de ses visionnages, ne sont pas soumises à la fameuse chrono des médias. Les documentaires non plus.
Rendez-vous donc après Noël pour un premier bilan. Puis dans un an, pour savoir qui de l’Allemagne ou de la France aura enregistré –ou dépassé– en premier le million d’abonnés.
[1] Depuis le 12 novembre 2010, le décret SMAD – pour Service de Médias Audiovisuels à la Demande – fixe les obligations des distributeurs quant à l’exposition et au financement de la création des œuvres françaises pour les opérateurs qui émettent depuis la France. Il prévoit que les services de VOD et de SVOD qui réalisent plus de 10 millions de chiffre d’affaires participent au financement de la production d’œuvres cinématographiques et audiovisuelles, européennes et d’expression originale française
E-santé : 3 services qui vous feront aimer la technologie
Par Barbara Chazelle, France Télévisions, Directions stratégie et prospective
La technologie est un moyen. Quoi donc de plus réjouissant que de voir le foisonnement d’initiatives visant à aider concrètement les plus faibles d’entre nous ?
Voici 3 projets en cours de développement qui humanisent la technologie :
1 Talkitt, l’appli qui donne une voix à ceux qui n’arrivent pas à se faire comprendre
Environ 1,5% de la population des pays occidentaux est atteinte de graves troubles de la parole, liés à des maladies dégénératives (Alzheimer, Parkinson…) ou à des accidents qui rendent la vie sociale de ces personnes très compliquées, faute de pouvoir se faire comprendre.
La société Voiceitt a développé Talkitt, application pour smart phone de reconnaissance vocale, qui permet de traduire dans un langage intelligible les paroles exprimées par l’utilisateur, dans toutes les langues et depuis n’importe quel terminal ou « wearable ».

L’application doit néanmoins apprendre à reconnaître son utilisateur. Dans le cas d’une maladie dégénérative, le logiciel va enregistrer la manière de parler de celui-ci et s’adapter au fil de la maladie.
Dans le cas d’une personne souffrant déjà de troubles sévères de la parole, il faudra l’aide d’un proche habitué à communiquer avec le malade pour enrichir le dictionnaire de l’application.
Voiceitt est actuellement en campagne de crowdfunding sur Indiegogo et espère lever 50.000 $ pour lancer son application.
2 Un labo de poche, connecté et low-cost
Des chercheurs d’Harvard ont mis au point un détecteur low-cost qui pourra permettre au corps médical des régions les plus pauvres de diagnostiquer des maladies comme le diabète, la malaria ou d’évaluer la pollution environnementale. Contrairement aux machines utilisées dans nos laboratoires qui peuvent coûter des dizaines de milliers de dollars, ce boitier de la taille d’un paquet de cigarettes à deux boutons, « un pour sélectionner le test et l’autre pour le lancer », pourrait être fabriqué pour 25 dollars. 
La technologie utilisée se base sur les principes de l’électrochimie qui consiste à provoquer une réaction chimique en envoyant du courant électrique dans une solution de fluide corporel (sang, urine…) mélangé à un réactif. « Par exemple, en envoyant un peu d’électricité dans une goutte de sang mélangé à un réactif, le détecteur peut mesurer le taux de glucose. Même chose pour les métaux lourds dans l’eau, les antigènes de la malaria dans le sang ou le sodium dans l’urine » explique la Havard Gazette.
Pour Whitesides, le laboratoire qui a dirigé les recherches, il fallait aussi que « les informations révélées par les analyses puissent être facilement partagées sur le web, même via les téléphones portables de deuxième génération », c’est-à-dire sans avoir à passer par l’utilisation d’une application de smart phone dont le parc n’est véritablement répandu que dans les pays les plus développés. Les chercheurs ont donc conçu un logiciel qui permet de convertir les données en sons audibles, comme si cela était une voix humaine. Les données sont ensuite envoyées par le « réseau audio » du téléphone à un autre chercheur, physicien ou base de données.
Attendez-vous à voir fleurir ces « labos de poche » dans les années à venir, low-cost ou non, mais tous reliés à votre smart phone pour pouvoir communiquer avec votre médecin. D’autres sociétés vont plus loin encore en imaginant des solutions directement intégrées sur ou dans le corps humain (pilule, pansement, tatouage de puce électronique…).
Le cabinet ABI Research prévoit que le nombre de « wearables » sans fil à usage médical vendus par an soit supérieur à 100 millions d’unités d’ici 2016 !
[Photo: Stephanie Mitchell/Harvard Staff Photographer]
3 Moti, le Smart Toy robotisé et interactif à destination des enfants autistes
Moti est un robot sphérique spécialement conçu pour capter l’attention des enfants autistes, « deux à trois fois plus qu’un jouet classique », selon Leka, la société qui travaille à son développement. Les enfants autistes ont besoin d’être stimulés afin de pouvoir développer leur capacité de communication et d’interaction sociale. L’avantage de la robotique, c’est que c’est non seulement inépuisable mais aussi suffisamment prédictible et constant pour que le jouet ne soit pas un objet de stress pour l’enfant.

Moti roule, change de couleur, émet des sons et des vibrations ; « les comportements du robot offre une stimulation multi-sensorielle contrôlée et encourage le travail des capacités motrices » explique les fondateurs du projet. Il peut aussi « récompenser » l’enfant qui atteint un objectif fixé par un programme, en émettant une stimulation qui lui plaît (une couleur, un son…)
A terme, l’idée est d’équiper tous les Moti de capteurs pour récupérer les données d’utilisation de la sphère pour suivre non seulement l’évolution des enfants mais aussi dans le but plus général d’aider la recherche sur l’autisme ; le projet est depuis le départ en open source et les données sont à disposition des parents et des médecins.
Image de Une : Health by Christopher Holm-Hansen from The Noun Project
Attention, la mutation numérique n’est pas que technologique !
Par Barbara Chazelle, France Télévisions, Directions stratégie et prospective
« Les responsables de la stratégie assimilent souvent la “transformation numérique” à un changement dans l’investissement technologique. Ses réelles conséquences vont, en fait, bien au-delà de la technologie, pour impacter l’infrastructure, l’organisation et le leadership. Elle est surtout inspirée par une attention renouvelée à l’expérience client dans son ensemble. »
Dans son rapport « State of Digital Transformation 2014 », Brian Solis, l’un des plus importants experts américains du marketing numérique, fait état des stratégies et moyens mis en œuvre par les entreprises pour se réinventer. Ou à minima s’adapter à cette ère numérique.
Et, selon lui, trop peu, hélas, s’attardent sur l’essentiel : le client.
Comprendre le parcours client numérique
Si 88% des sondés affirment que leur entreprise a pris le chemin de la transformation digitale, seuls 25% d’entre eux ont mis le doigt sur le point qui compte le plus d’après Solis : la compréhension du parcours client numérique. L’expression « transformation digitale » n’ayant pas le même sens chez tout le monde le rapport propose de la définir comme « le réalignement entre le nouvel investissement dans la technologie et le business model pour engager plus efficacement les clients numériques à chaque point de contact du parcours client. »
Bien entendu, les investissements dans les nouvelles technologies numériques sont nécessaires. Mais la technologie est un moyen ; la fin, c’est le client. C’est donc de lui qu’il faut partir. Et plus précisément, des usages numériques du client. On ne le dit jamais assez : pensons « digital first » !
Solis préconise d’investir dans le +mapping+ du parcours client. A l’heure actuelle, seules 17% des entreprises interrogées ont réalisé l’exercice, à l’instar de Discover, dont le Directeur du numérique en a tiré de bonnes leçons : « le parcours client en ligne c’est le cœur, et nous avons besoin de comprendre comment ça marche et de le cartographier. Après avoir fait ce travail, nous avons voulu changer certains de nos produits. »
Cartographier le parcours client permet de comprendre où et comment introduire de la valeur dans la chaîne. Les entreprises peuvent ainsi plus facilement prioriser les zones de développement stratégiques et mais aussi faire des choix dans les investissements technologiques (social, mobile, big data, cloud…).
Solis insiste sur le fait que la cartographie du parcours client requiert de la data, et que la data requiert… un champion. Pour Adrian Parker (Patron Spirits Company), « les « confident data » sont la source de la transformation digitale. Elles permettent de traduire des intuitions en insights concrets qui vont façonner les stratégies, les priorités, les rôles et les responsabilités »
Les acteurs du changement doivent aider le leadership à changer la culture de l’entreprise
L’alignement de toute l’entreprise est un facteur clé de réussite.
D’après Solis, il faut arriver à avoir une approche holistique de l’expérience client numérique, et pour cela, faire travailler ensemble différents métiers. « Cela requiert plus que de la camaraderie ou de la collaboration entre les différentes équipes marketing. » affirme-t-il. En règle générale, la transformation digitale est menée par le Directeur Marketing (CMO) ou le Directeur Exécutif (CEO) lui-même ; on constate néanmoins une montée en puissance des Directeur du numérique ou Directeur Technique (CDO/CIO).
Solis suggère de créer des comités de pilotage ou « Centres d’excellence » avec des membres aux fonctions transverses, incluant des ressources dédiées et des centres de décisions (RH, juridique…). La tâche est loin d’être simple : 56% des sondées reconnaissent que la collaboration entre différents départements est difficiles. D’après Solis, les « hubs numériques cross-fonctionnel prospèrent lorsque les rôles et les responsabilités sont officiellement définies, déléguées et managées. »
Changer la culture d’une entreprise nécessite le soutien du top management qui décide quelles sont les ressources à allouer, en termes de personnes, technologie, expertise, budget… Mais celui-ci reste parfois sur ses succès passés et peut montrer une certaine aversion au risque. Les acteurs du changement doivent alors faire preuve de pédagogie envers leurs supérieurs et leur ré-appendre à observer des marchés en constantes évolutions… à travers le prisme du parcours client ! C’est encore l’argument qui marche le mieux.
Quels bénéfices ?
Pour Solis, « la transformation digitale porte en elle l’espoir que son impact pourra être mesuré au niveau du consommateur et du business. »
- A minima, la transformation digitale « impacte l’essentiel », à savoir un accroissement du trafic, des ventes, du taux de conversion et amplifie la voix de l’entreprise.
- En interne, elle « booste la collaboration et la productivité »
- Enfin et sutout, elle aide les entreprises à « évaluer la véritable expérience client » et ainsi à réinventer leur manière de faire du business.

Vers l’Homme connecté : le tatouage Motorola déverrouille votre smartphone
Par Barbara Chazelle, France Télévisions, Directions Stratégie et Prospective
Pas de bras, … pas de média ? Pour faire gagner quelques secondes aux utilisateurs de smartphone qui déverrouillent 40 fois par jour en moyenne leur téléphone, Motorola leur propose de se coller un tatouage éphémère sur le bras (ou ailleurs !). Ce tatouage, ou plutôt cet autocollant, communique avec le téléphone en NFC (communication sans fil à courte portée) grâce à un circuit imprimé.
Le corps, cette ultime interface, n’est qu’au début des expérimentations qui tentent de le connecter, toujours sous prétexte de confort/innovation ou de sécurité.
Motorola n’est pas le seul à explorer les possibilités qu’offre le corps humain pour appairer l’Homme et la machine.
La fonctionnalité TouchID d’Apple (reprise par Samsung) permet déjà de « définir votre empreinte digitale en tant que code d’accès. »
Les différents aspects de la biométrie sont par ailleurs étudiés de près par les constructeurs qui apprennent à leur terminaux à reconnaître leurs utilisateurs par l’iris de leurs yeux, la forme de leur visage et même leur comportement ou leurs émotions.
Si vous vouliez tester les digital tattoos, sachez qu’il vous faudra être équipés d’un Moto X ; en cas de succès, les tatouages pourraient être compatibles avec d’autres modèles de téléphone. Le sachet de 10 est vendu 9,99 dollars sur le site de la société qui les produit, VivaLnk. Résistant à l’eau, il est censé tenir 5 jours sur votre peau.
L’intérêt du produit est probablement discutable. Mais demain, ces puces corporelles pourront répondre à différents usages. Vous serez votre propre ordinateur, votre carte de paiement. Nous ne sommes qu’au stade des premières expérimentations, à l’échelle industrielle tout de même. Ce n’est plus de la science-fiction : l’homme connecté c’est pour demain.
TV / Vidéo : les lignes se brouillent de plus en plus, YouTube domine
Par Barbara Chazelle, France Télévisions, Directions Stratégie et Prospective
Plateformes en ligne et TV traditionnelles sont plus ou moins mis au même niveau par le public qui ne jure plus que par l’offre vidéo. Seules comptent désormais la richesse de l’offre et la facilité d’y accéder. Voici en gros les conclusions de l’étude sur les nouveaux usages Online Video : Look Who’s Watching Now réalisée au printemps par Adroit Digital*.
YouTube devient la première destination de consommation vidéo
68% des sondés vont sur la plateforme communautaire de Google lorsqu’ils veulent regarder des contenus vidéo, contre 51% qui ont gardé le réflexe d’allumer leur TV pour visionner un programme linéaire. Netflix arrive en 3ème position, à 49% ; les femmes semblent sont davantage séduites par Netflix que les hommes, à 56% vs 43%.
La consommation délinéarisée (vs. TV live) de 36% des personnes interrogées représente désormais plus de la moitié de leur consommation vidéo. Pour 13% d’entre elles, c’est 75% de leur consommation qui est à la demande !
Montée en puissance des consoles de jeux et des streamers (ou « web tv device »)
28% des personnes interrogées déclarent consommer au moins 15 heures de vidéo via une console de jeux ou un streamer (clés de streaming ou « Web TB device » tel que Apple, Roku ou Chromecast). Ces gros consommateurs ont majoritairement entre 35 et 44 ans.
La TV devient un moniteur pour « streamer » du contenu que le public sélectionne lui-même
Tous responsables de programmation ! 59% des personnes interrogées considèrent que leur téléviseur devient un simple moniteur, un écran comme un autre pour diffuser le contenu qu’ils souhaitent regarder. 63% des jeunes de 18-24 ans et 69% des hommes partagent cette idée.
La tentation du « cord-cutting » n’est pas un mythe
63% des sondés seraient prêts à se désabonner du câble si un fournisseur en ligne (comme Aereo, Skitter TV ou Nimble TV) répondait à leur besoin de TV broadcast. Ce chiffre monte à 67% chez les hommes (vs 57% pour les femmes) et 66% pour les 18-24 ans.
Les offres multi-streams ont de beaux jours devant elles
Au sein d’un foyer, les vidéos se consomment seul (à 70%) mais plusieurs streams peuvent être regardés simultanément au sein d’un foyer. 75% des sondés affirment qu’il y a souvent (à 30%) ou parfois (à 45%) quelqu’un d’autre dans le foyer qui regarde des vidéos en même temps qu’eux.
Notons par ailleurs que les contenus vidéo se consomment principalement le soir : 67% des sondés déclarent regarder des vidéos entre 16h et minuit, contre 13% le matin.
Le public ne saute pas forcément la pub d’une vidéo en ligne
Sans surprise, la majorité (56%) des sondés déclarent passer la plupart du temps les spots de publicité exposés sur les plateformes de vidéos en ligne. Mais 20% ne la sautent habituellement pas. Plus surprenant encore, 24% déclarent que cela dépend de la pub qui est diffusée. Une bonne nouvelle pour les créatifs !
Plus c’est court, mieux c’est
Si vous voulez que votre publicité soit regardée, il semble que 15 secondes soit la longueur optimale, 30 secondes un maximum.
* Sur la base d’un sondage portant sur 2.000 adultes américains de 18 ans ou plus, possédant un téléviseur, un smart phone et un ordinateur personnel.
Comment réussir sa stratégie social media ? Conseils de Franck Da Silva (Facebook) et Pierre Matuchet (Milky)
Par Barbara Chazelle, France Télévisions, Directions Stratégie et Prospective
L’écosystème des réseaux sociaux évolue rapidement d’où ces questions :
- Comment donc adapter sa stratégie marketing et sociale à la multiplication d’applications à fonctionnalité quasi unique, comme Instagram, Vine ou WhatsApp, mais aussi à l’arrivée des objets connectés ?
- Comment être « social by design » ?
- Quelle est la stratégie de Facebook en matière de Social TV ? La plateforme a réussi, rappelons-le, à engager pas moins de 350 millions de personnes qui ont généré 3 milliards d’interactions durant la Coupe du Monde !
- Quel bilan pour les hashtags sur Facebook où l’exploitation par les marques se heurte à une grande majorité de posts non publics ?
Regards croisés sur ces questions de Pierre Matuchet, Fondateur et DG de Milky, une agence spécialisée dans les médias sociaux, le mobile et l’innovation technologique et de Franck Da Silva, Directeur Commercial de Facebook.
Interview de Pierre Matuchet (MILKY) :
- 3 ans après avoir fondé Milky, qu’est-ce qui a changé dans votre métier ?
- Votre credo c’est « social by design » : qu’est ce que cela signifie ? [1’00]
- Quelles sont les plateformes et les applications sociales que les entreprises devraient apprendre à maîtriser, hors Facebook et Twitter ? [1’35]
- Quel va être l’apport des objets connectés dans le marketing numérique ? [2’44]
- 3 conseils pour réussir sa stratégie marketing sur les réseaux sociaux ? [3’40]
Interview de Franck Da Silva (FACEBOOK) :
- Facebook, c’est toujours un réseau social ou c’est une plateforme marketing ?
- On constate qu’à l’ère des plateformes succèdent celle des applications à usages uniques ou en tout cas très identifiés, comme Instagram ou What’s app. Quels impacts pour les marques ? [0’40]
- Quelles sont les armes de Facebook sur le marché de la Social TV face à Twitter qui se positionne sur le temps réel et l’instantanéité ? [2’10]
- Quel bilan pour le hashtag, quelques mois après son lancement sur Facebook ? [3’40]
- Si je poste un selfie sur ma page Facebook, comment faire pour qu’il soit « liké » et « partagé » ? [4’25]
Facebook : ses API médias passent la seconde
Par Benjamin Thereaux, consultant Social TV chez France Télévisions
Facebook lance une nouvelle version de ses API à destination des médias, en particulier les chaînes de télévision afin de se relancer dans la bataille de la « Social TV » face à Twitter, qui a pris une bonne longueur d’avance.
Le programme Public Content Solutions de Facebook ouvre à un nombre restreint de partenaires revendeurs (dont MassRelevance/Spredfast, Livefyre, Never.no ou Monterosa) l’accès à de précieuses informations sur les sujets les plus cités, « likés » ou partagés chez ses utilisateurs.
Quel responsable de rédaction n’a jamais rêvé de connaître les sujets qui suscitent le plus d’intérêt à l’échelle d’un pays ?
C’est désormais chose possible pour une poignée d’heureux élus dont CNN et NBC qui utilisent déjà quotidiennement à l’antenne ces « what’s trending right now ». L’expression « média social » prenant plus de sens que jamais.
Un premier lancement en demie-teinte l’année dernière
Si la sortie du premier jeu d’API aura beaucoup été commentée en fin d’année dernière, c’est surtout la volonté affirmée de Facebook d’investir le terrain de la SocialTV qui aura retenu l’attention, plus que les cas d’usages concrets pour l’industrie TV. Les requêtes possibles étaient de deux types :
– Public Feed, qui permettait de sortir en temps réel un flux de posts publics mentionnant le mot clé recherché. Outre le fait que Twitter propose cette fonctionnalité depuis longtemps via son système de hashtag, ce flux était limité par le fait que 70 à 85% des publications Facebook sont privées, c’est-à-dire réservées au cercle d’amis.
– Avec Keywords Insights, Facebook promettait, sur un mot clé et une période déterminée, de donner le nombre total de mentions (posts publics et privés), la répartition par sexe, âge et localisation géographique. Elles se sont avérées difficilement utilisables, ne pouvant pas porter sur une expression exacte. Même sur un vote en temps réel par mots clés (« Notre invité de ce soir vous a-t-il convaincu ? Envoyez OuiCarrément ou NonPasDuTout sur notre page Facebook« ), les intégrateurs de ces API comme MassRelevance se sont rapidement aperçus que les résultats n’étaient pas exhaustifs, faussant ainsi tout le sondage.
Les nouveautés enthousiasmantes de cette V2
Les deux grandes nouveautés : les sujets de conversation sont maintenant indexés dans une grande base de données et les sujets les plus populaires peuvent être décelés.
– Topic Search ouvre la voie à la recherche sémantique, un mot clé renvoyant à une liste d’ID des sujets correspondants. Par exemple sur le terme « Clinton » renvoie l’ID de Clinton la ville américaine mais aussi celui de Bill Clinton, l’homme politique. Facebook viendra aussi indexer sous le topic ID « PSG » tous les noms des joueurs, le parc des princes, etc…Un gros travail d’indexation a été fait par Facebook en se connectant aux principales bases de données (comme IMDB, Wikipedia,…). Mais ce service n’est disponible pour l’instant que pour une poignée de pays anglo-saxons.
– Topic Insight est tout simplement la V2 de Keywords Insights (voir plus haut) mais cette version conserve l’anonymat des sources.
– Topic Feed permet de connaître la popularité d’un flux de posts publics (via son nombre de like, de partages, …)
– Trends répertorie les sujets les plus populaires depuis des catégories pré-établies par Facebook (sport, divertissement, politique, science,…). Ex, en catégorie musique, le top 3 des artistes aux USA cette semaine est 1. Kanye West, 2. Rihanna, 3. Eminem
– Hashtag Counter. Dédié à l’industrie TV, il semble être un outil fiable pour organiser des votes par mots clés sur Facebook. Il est d’ailleurs promis un temps de réponse très acceptable de 15 secondes. Bien que déjà possible depuis longtemps sur Twitter (sur une base de 4,5 Millions d’utilisateurs français), c’est le grand nombre d’utilisateurs de Facebook (26 Millions) qui rendra vraiment accessible à tous des votes du type #JevotePatissierA ou #JevotePatissierB. A noter qu’il restera compliqué de détrôner le SMS surtaxé dans les grandes messes en Prime, directement générateur de revenus, mais les usages devraient aisément se trouver.
Cas pratiques :
- Les rédactions peuvent, par exemple, suivre au cours de la journée ou de la semaine les sujets qui font parler les Français et ainsi ajuster le contenu de leurs JT, magazines de sport, décider des invités du prochain talk-show,…
- Les talent shows ou la téléréalité peuvent faire état des candidats les plus cités, affiner leur connaissance de leur audience, voire des groupes spécifiques la constituant…
- Animer des votes ou sondages par mots clés (des hashtags battles) à la fois sur Twitter et Facebook
Il y a encore beaucoup à inventer ; la balle est dans le camps des éditeurs !