Influence dérisoire des médias français auprès des leaders mondiaux
Mesurée à l’aune des comptes Twitter suivis par les dirigeants de la planète, l’influence des médias et des journalistes français apparaît bien faible.
Alors que, dans l’ordre, le New York Times, Reuters, CNN, The Economist et la BBC figurent dans le top 20 des abonnements des 647 chefs d’Etat, de gouvernements et de diplomaties, étudiés par le Cabinet Burson-Marsteller, les premiers médias français arrivent en…. 195ème et 196ème positions (Le Monde et France24, suivis par 39 d’entre eux), et en 262ème position (AFP, suivie par 33 leaders).
Le compte @NYTimes est suivi par 22% des leaders mondiaux dans une « twiplomacy » qui se joue, bien sûr et avant tout, en anglais.
Les premiers comptes français suivis sont ceux de Laurent Fabius (24ème), FranceDiplo (28ème) et L’Elysée (31ème).
Christiane Amanpour et Fareed Zakaria de CNN et les éditorialistes du New York Times Nicholas Kristof et Paul Krugman, sont les journalistes les plus suivis. Suivis de près par Arianna Huffington, première des nouveaux médias.
Les comptes les plus suivis sont ceux de l’ONU (@UN), avant @BarackObama, @WhiteHouse, @StateDept, @Number10gov et @EU_Commission.
TV à la demande : « Quand on y a goûté, on ne revient pas en arrière »
Par Mathias Virilli et Etienne Cointe, Direction de la Prospective, France Télévisions
« Le futur de la télévision est sur Internet et à la demande. Quand on y a goûté, on ne revient pas en arrière ». Le message est clair. Son auteur, Joris Evers, VP Communications de Netflix pour l’Europe est venu articuler aujourd’hui à Paris le discours de son boss, Reed Hastings : « la TV traditionnelle linéaire sera remplacée par l’Internet TV d’ici 2030 ».
Pour Netflix, c’est une tendance irréversible, a-t-il expliqué devant la Commission TV Connectée du GESTE. « La TV classique est mûre pour être remplacée. D’ici 2030, elle aura migré sur Internet ou aura disparu si elle oublie d’innover ».
Le chemin reste toutefois long à parcourir : si Netflix représente « aujourd’hui 2 milliards d’heures visionnées par mois », la TV linéaire équivaut à « 1 milliard d’heures par … jour ». Pourtant, Netflix affirme que « les chaînes de TV sous leur forme actuelle seront à la télévision ce que le téléphone fixe est aujourd’hui au téléphone. Présent, mais forcément utilisé ».
Netflix, c’est un site de rencontres
L’Internet TV ou la fin de la tyrannie de la programmation : les grandes chaînes de la télévision traditionnelle organisent leur grille de programmes autour de rendez-vous à heure fixe (y compris le fameux prime-time) avec des titres susceptibles d’attirer le plus grand nombre. Elles s’engagent dans une course à l’audience dont elles sont en partie dépendantes. Netflix dit ne pas être soumis à ce type de contraintes.
Les Américains peuvent ainsi découvrir une obscure série originale norvégienne, Lilyhammer, ou des documentaires qui n’entreraient pas en temps normal dans la programmation des grandes chaînes télévisées. Le géant de la vidéo à la demande ne cherche pas à attirer une audience massive sur chaque titre, « mais plutôt la bonne audience au bon moment, c’est-à-dire le titre qui convient le mieux au téléspectateur, quand il le préfère ».
« Nous sommes comme un site de rencontre, mais un site de rencontre entre des utilisateurs et des films ».
Joris Evers #Netflix Évolution vers un service de Dating (joke) ? pic.twitter.com/3No3vhA16m
— Satellifax (@Satellifax) 1 Décembre 2014
Cette liberté permet, selon Netflix, de proposer « un meilleur storytelling, avec de nouveaux formats, notamment en termes de durée et de visionnage des programmes ». Comme les chapitres d’un livre ne font pas tous le même nombre de pages, une série peut avoir des épisodes de durées variées.
Des séries comme House of Cards ou Marco Polo, dont tous les épisodes sortent le même jour, s’envisagent plus comme des films courant sur une dizaine d’heures que des épisodes individuels d’une heure, alimentant ainsi le nouveau binge viewing.
La TV traditionnelle n’est qu’une commodité
La TV par Internet ou la consécration de la personnalisation : « la télé classique c’est comme le gaz ou l’électricité, une denrée banale pour tous ». Netflix met l’accent sur le fait qu’il y a autant de chaînes sur sa plateforme qu’il y aura d’utilisateurs.
La TV de demain sera une TV personnalisée à l’image d’un iPad : l’utilisateur y choisira sa programmation comme il sélectionne les applications sur sa tablette. Une tendance qui s’observe d’ores et déjà avec les dégroupages progressives des offres TV : les téléspectateurs ne veulent plus payer pour un contenu qu’ils ne regarderont jamais.
D’où l’importance pour Netflix de cerner au mieux les attentes de ses utilisateurs. Si son algorithme est responsable de plus de 70% des films et séries TV visionnées, Netflix se sert également de la data pour choisir ses prochaines productions originales.
Enfin, la TV par Internet c’est une meilleure qualité d’images : le 12 décembre, sortira mondialement, sa nouvelle série Marco Polo en … 4K ! Une Ultra-HD augmentée de technologies HDR (high dynamic range), HFR (high frame rate) et un travail approfondi sur les couleurs et la profondeur de champs pour immerger davantage les téléspectateurs. On apprenait le même jour que la 3ème saison de House of Cards serait diffusée le 27 février prochain.
La France, plus engagée !
Pour sa 1ère prise de parole publique à Paris depuis son lancement français le 15 septembre, Netflix dit avoir noté « un engagement supérieur aux précédentes implantations », mais se garde bien de donner des chiffres. Les séries les plus populaires dans l’Hexagone sont, pour l’instant, Orange is the New Black, Breaking Bad, Walking Dead, Suits.
Netflix compte désormais aussi beaucoup sur les box des opérateurs (Orange, Bouygues, SFR) pour accélérer son déploiement sur le marché français.
Bataille pour l’UX
L’objectif pour Netflix est clair : accélérer son expansion internationale pour avoir une base d’utilisateurs à 80% hors US, sachant qu’aujourd’hui 37 des 53 millions d’utilisateurs actuels sont américains.
A terme, prédit Netflix, si la télévision par Internet s’imposera, la diffusion linéaire y subsistera en se resserrant probablement autour de grands évènements en direct comme les élections, les compétitions sportives, ou les performances artistiques. Le reste sera surtout une affaire de « bataille pour l’expérience utilisateur » avec les FAI, Google et autre géants et les constructeurs, ajoute Evers.
A suivre !
Liens vagabonds old et new media
A RETENIR CETTE SEMAINE :
- Montée du débat aux Etats-Unis sur la moralité de la Silicon Valley
- Le parlement européen accroît la pression sur Google ; Paris et Berlin demandent à Bruxelles une consultation sur les acteurs de l’OTT
- BuzzFeed a dépassé toutes les TV US chez les 18-34 ans et a déjà engrangé plus de 100 millions $ cette année !
- Sony réduit ses gammes de TV et smart phones pour privilégier les jeux vidéos et la captation d’images

“MUST READ” :
- Manager des journalistes ? Pas si facile ! Les géants du web s’en rendent compte ! – InTheseTimes
- La séduisante unité “journalisme visuel” de la BBC – Digiday
- Qu’est ce qu’un hacker ?Tentatives de définition
- Pourquoi la télé n’y arrive toujours pas avec Internet – Dailydot ; C’est quoi aujourd’hui la télévision ? – LAT
- La TV disparaîtra d’ici 15 ans, vers 2030, selon le patron de Netflix – Digital Trends
A VOIR
A ECOUTER :
- “Serial” transforme le podcast en Netflix de la radio publique – NYT ; le coût des podcasts – Glennf
SAUVONS LA NEUTRALITE DU NET
- Le N°2 de la Commission de Bruxelles clairement pour la neutralité du Net – DTVE
- Trois prix et vitesses différentes pour la fibre Google à Austin – BetaWired
- Un ancien patron de la FCC soutient les positions d’Obama – Wharton
ABUS DE POSITION DOMINANTE – The winner takes all !
- Le Google bashing bénéficie-t-il aux consommateurs ou aux autres entreprises ? – The Economist
- 10 points à retenir de l’étude faberNovel sur les GAFA – Stratégies
NOUVEAUX USAGES, COMPORTEMENTS:
- UK : les enfants regardent moitié moins de TV que les adultes – Ofcom
- Minecraft : 47 MILLIARDS de vidéos vues sur YouTube – Tubefilter
- Tumblr et Pinterest, réseaux sociaux à plus forte croissance aujourd’hui – Mashable
- L’addiction à Internet est-elle une réalité ? – New Yorker
DISRUPTION, REVOLUTION, DISLOCATION :
- L’amoralité croissante de la Silicon Valley – ZDNet ; la tech et la morale – Om
- Des développeurs décharnés à demi nus sur les panneaux publicitaires de la Silicon Valley ! – BBG
- Non, les artistes ne sont pas lésés par Internet – Salon
- La BBC continue les coupes dans les coûts – DTVE
- Vieux et jeunes médias travaillent ensemble – LAT
- La BBC partage ses contenus avec la presse régionale britannique – HFP
MOBILITES / WEARABLES :
- La montre à encre electronique de Sony – ibtimes
- Les erreurs des éditeurs avec les applis – Digday
- Homescreen : découvrir les écrans d’accueil des smart phones des autres
ROBOTS, INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, AUTOMATISATION, BIG DATA, MACHINE LEARNING :
- Robots journalistes : Narrative Science lève 10 $ – Chicago Business
- L’arrivée des designers et artistes des données – Wired
- Spotify et Deezer, l’algorithme dans la peau – Libération
SMART TV / STREAMERS / VIDEO / MULTI-ECRANS :
- RTL Group parle d’une plateforme SVoD multi-territoires – CBNews ; Wuaki.tv se lance en Allemagne – DTVE
- Chromecast embarque de plus en plus de chaînes – PcWorld
- La chaîne sportive ESPN proposera une offre de SVoD pour la coupe du monde de Cricket – Re/code
- Google propose un box de streaming : le Nexus Player – Betawired
YouTube & Co:
- Maker Studios agrège 5 nouvelles chaînes de jouets avec 300 millions de vues / mois à la clé – Tubefilter
- Vimeo fait payer 8$ pour 6 épisodes de “High Maintenance” – HR
4K / U-HD
- Le point complet (en VF) sur la 4K aujourd’hui – Forum Hardware
STORYTELLING :
PUB :
- Twitter va identifier les applis de votre smart phone et vous cibler la pub – Wired
- Nouveau dispositif aux annonceurs pour mieux profiter de Tumblr – TC
JOURNALISME 2.0 :
- 4 compétences trop souvent absentes des journalistes à l’embauche – AJR
- Vine : outil de reportage de Channel 4 pour couvrir Ebola en Sierra Leone – Guardian
- La réalité virtuelle, nouvelle frontière du journalisme – CJR
- Pourquoi le podcast “Serial” est important pour le journalisme – CJR
- Journalisme web : 5 outils indispensables pour 2015 – newsresources
- Bien présenter les news sur mobiles: les solutions de BuzzFeed – NiemanLab
- Se familiariser avec les chiffres – PBS
EDUCATION
Qualité Internet: l’ARCEP trop naïve ?
Par Jérôme Derozard, consultant pour France TV Editions Numériques, et entrepreneur
Cette semaine l’ARCEP a publié une première édition de son observatoire de la qualité des services internet fixe. Si on se réfère aux conclusions « brutes » du rapport, les abonnés de l’opérateur Bouygues sont les mieux lotis alors que les freenautes sont à l’autre extrémité de l’échelle. C’est particulièrement visible pour la lecture des vidéos en streaming. Mais quand on regarde dans le détail la méthodologie appliquée pour réaliser cette étude on ne peut que s’interroger sur la validité des résultats.
L’Arcep l’indique clairement, en nommant son étude « version – test (bêta) « (un peu comme une application qui n’aurait pas encore été testée), et en ajoutant un avertissement en première page de l’étude :
Les griefs qui peuvent être adressés à l’étude d’un point de vue de l’internaute sont très bien détaillés dans l’article du blogger Korben.
La première critique concerne le protocole de test utilisé, qui repose sur des robots hébergés dans des « data centers » urbains (Dijon, Paris et sa banlieue, Marseille, Nantes, Toulouse, banlieue de Lyon, banlieue de Strasbourg). Ils ont simulé l’activité de connexion d’un internaute sur des sites jugés « représentatifs » en utilisant des modems Haut débit « standard » fournis par les Fournisseurs d’Accès Internet (FAI) et des outils permettant de reproduire l’effet d’une vitesse de connexion dégradée par la distance.
Cette procédure n’est pas représentative du comportement « réel » des internautes. Des mesures effectuées directement chez un panel d’internautes sur l’ensemble du territoire, ou via un système de « crowdsourcing » des tests (comme le projet européen Samknows) auraient permis d’avoir des mesures plus proches de la réalité. Le fait d’avoir utilisé des robots hébergés dans des centres d’hébergement accueillant également des équipements des FAI fait également craindre que ceux-ci aient mis en place des outils pour « améliorer » la qualité de service spécifiquement pour ces robots.
Ceci amène à la seconde critique contre cette étude : la trop forte influence des FAIs eux-mêmes dans la mise en place de la procédure de tests. Même si des représentants des associations de consommateurs et des experts techniques ont participé à la rédaction des spécifications des tests, les fournisseurs d’accès internet ont été seuls impliqués dans leur mise en œuvre. Les tests ont effectués par la société IP-Label, qui a pour clients tous FAI français (hors Free). Cette société a été choisie – suite à un appel d’offres – par les opérateurs eux-mêmes, réunis au sein de la Fédération Française des Télécoms (dont ne font pas partie ni Free ni Numericable). Les engagements de « transparence » ne suffisent pas à balayer les soupçons de connivence entre le prestataire choisi et les sociétés qu’il devait mesurer.
Ces critiques mettent à mal le premier objectif de l’observatoire, la meilleure information de l’utilisateur.
Du point de vue d’un éditeur de services internet (comme France Télévisions) de nombreuses critiques peuvent également être adressées concernant la capacité de l’observatoire à remplir son second objectif : détecter les atteintes à la Neutralité du Net.
Tout d’abord au niveau de la liste des sites représentatifs testés par les robots, liste dont ont été exclus un grand nombre d’acteurs du web comme ceux de France TV.
Raison invoquée : la majorité du trafic proviendrait de Pluzz qui est un site de streaming. Passons sur le fait qu’il aurait été facile d’exclure le trafic spécifique à ce service ; l’autre surprise de l’étude est que Pluzz n’a pas été intégré au panel des sites de streaming, tout comme l’ensemble des sites de vidéo à la demande ou de Replay.
En revanche le site « Metacafé » a été intégré au panel, alors qu’il s’agit d’un site pratiquement inconnu en France (la majorité du trafic provient d’Inde, Pakistan, ou Indonésie selon Alexa)
L’explication avancée est d’ordre technique : le protocole de tests (pour rappel, défini par les FAI) impliquait que les vidéos téléchargées par les robots aient été uploadées par le prestataire sur le site testé, ce qui n’est possible que sur des sites de type « User Generated Content » comme YouTube, Dailymotion, Vimeo ou Metacafé. L’indicateur « streaming » n’en est donc pas un ; il s’agit d’un indicateur « accès aux vidéos générées par l’utilisateur ».
En outre on remarquera que Skype a été exclus de la mesure, ainsi que l’ensemble des sites Apple qui comprend le trafic iTunes et Facetime (raison invoquée : une grande part du trafic proviendrait des mises à jour iOS).
Dernier point et non des moindres : la procédure de test exclut le trafic provenant des services IPTV managés des opérateurs et de leurs box IPTV (qui ne sont pas intégrés dans les robots de test). Ceux-ci ont un impact très important sur les performances des services de l’internet « ouvert » en ADSL (majorité des accès en France), comme indiqué dans le tableau fourni dans le rapport :
Quand on combine ces différents éléments, on en vient à la conclusion que la procédure de test de l’observatoire telle que définie ne pourra pas détecter les éventuelles dégradations de qualité de service mises en place par les FAI à l’encontre des services OTT concurrents à leurs propres services. Cela inclus les éventuelles mesures pour pénaliser :
- Les services de vidéo à la demande qui ne passent pas par les réseaux managés
- Les services d’audio et vidéo conférence comme Skype
- Les Smart TV et box OTT type Chromecast, Apple TV … qui offrent des services similaires à ceux fournis par les box IPTV.
Ainsi si l’un des FAI concernés par l’étude mettait en place un ralentissement systématique de tous les services de vidéo à la demande « over the top » qui ne passent ni par son réseau managé ni par sa box (moyennant rémunération), l’effet de cette mesure sur le trafic ne serait pas visible pour l’observatoire.
Encore plus fort : le FAI pourrait même se voir attribuer la meilleure note dans la catégorie streaming s’il améliorait en parallèle la qualité des services vidéo « user generated » qui eux ne concurrencent pas ses propres services. On fait mieux en matière d’information de l’utilisateur !
Pour conclure, l’observatoire dans sa version Beta ne remplit aucun des deux objectifs qui lui sont fixés : une meilleure information des utilisateurs et une préservation de la neutralité des réseaux.
Espérons que la version finale fera mieux !
liens vagabonds old et new media
A RETENIR CETTE SEMAINE :
- Le parlement européen pourrait demander le démantèlement de Google
- Les Américains passent plus de temps à regarder leur téléphone que leur télé !
- Nielsen va mesurer Netflix et la SVoD
- Amazon préparerait une nouvelle offre de vidéo en streaming financée par la pub
- Microsoft assurera la transformation numérique du Real Madrid avec expérience personnalisée pour les supporters
“MUST READ” :
- L’humanité devient “mobile first” (non, pas “L’huma” !)
- Comprendre les nouveaux pouvoirs – Harvard Business Review
- L’avenir de Facebook, machine d’optimisation, est loin d’être assuré – The Atlantic
- Comme les rock stars, les bons développeurs ont désormais leurs agents – New Yorker
- W3C, le petit groupe qui régente tout le Web – New Yorker
A VOIR
Une brève histoire du graphisme dans les jeux vidéos :
ABUS DE POSITION DOMINANTE – The winner takes all !
- Les 5 grandes firmes de l’Internet : près de 2.000 milliards $ de capitalisation (x2 en 3 ans) – BattelleMedia
SURVEILLANCE vs. CONFIANCE :
NOUVEAUX USAGES, COMPORTEMENTS:
- Allemagne : le streaming video fait baisser la TV – BBTVN
- Pourquoi Instagram est si addictif – BI
- Champion de Call of Duty : préparation physique intensive et nutrition d’athlète – NYT
DISRUPTION, REVOLUTION, DISLOCATION :
- USA : 77% des petites annonces ont migré vers le numérique – Alan Mutter
- Les tickets de cinéma deraient varier en fonction du coût du film – Screendaily
- Musique : tous les artistes ne vivront pas sur Spotify – New Yorker
- Des programmes de radio publique US financée par Kickstarter – NYT
- Vice embauche une ex responsable de la Maison Blanche – NYT
- Comment les plus vieux magazines US monétisent leurs archives – Foliomag
- Le WashPost gratuit sur les Kindle – NYT
- La vie secrète des mots de passe – NYT Magazine
MOBILITES / WEARABLES :
- Les applis sont en train de tuer le web – WSJ ; Faux ! Le web est vivant et en bonne santé – Qz ; les applis vivent juste au dessus du web – Fireball
- AppleWatch : la boîte à outils pour les développeurs disponible
- Stratégie mobile d’ESPN : moins d’applis sur plus d’écrans – GigaOm
ROBOTS, INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, AUTOMATISATION, BIG DATA, MACHINE LEARNING :
- Un algorithme peut-il être créatif ? – Huff Post
- Google est plus une société d’intelligence artificielle que de search ou de pub – techpinions
- Profiter des données: oui, mais avec un seul langage – PBS
- Reco : Time Inc. signe avec Outbrain – AdAge
- Nouveaux progrès en reconnaissance photo et vidéo – NYT
- L’informatique à dispo : comme la musique en bruit de fond – GigaOm
- L’effet Shazam (ou la prédiction) dans l’industrie de la musique – The Atlantic
- Design : les algorithmes vont aussi régner – Medium
- Votre nouveau boss ? Un algorithme ! – TC
NOUVEAUTES :
- Google lance un outil de crowd funding pour les éditeurs
- Super, la nouvelle appli de messagerie texte/photo/video de Biz Stone – TNW
- Bientôt des podcasts sur Spotify – TC
- Marshall Project, plate-forme d’infos et discussions sur le système judiciaire US par un ex du NYTimes
SMART TV / STREAMERS / VIDEO / MULTI-ECRANS :
- Nielsen va mesurer la SVoD – Deadline
- Le guide wev/TV/Vidéo Pluto.tv lève 13 M $ – Re/code
- Wuaki.tv dans 15 pays en 2015 – AT
NETFLIX :
- Netflix pique à NBC le retour de Tinay Fey dans une série – The Verge
- Prochains pays : Australie et Nouvelle Zélande en mars – DTVE
- Netflix ferme son API au public – GigaOm
- Netflix = 35% de la bande passante US – Variety
YouTube & Co:
STORYTELLING :
- Magic Leap crée une nouvelle réalité – Gizmodo
- Story design par Adam Westbrook – Howtostory
PUB :
JOURNALISME 2.0 :
- Créer une rédaction plus agile avec Studio20
- Encore une étude qui montre que les programmes satiriques informent mieux que l’info traditionnelle – techdirt
- Re/code supprime les commentaires de son site
- L’AFP et NUMA lancent leur labo d’innovations
EDUCATION
- Ecole de journalisme idéale ? Former à bâtir les médias indispensables au monde souhaité de demain – PBS
OUTILS

Le programmatique, nouvel eldorado de la pub
Par Yannick Lacombe, Directeur Général adjoint, France TV Publicité
L’offre publicitaire n’a jamais été aussi importante et sa valeur marginale aussi faible
Le marché de la publicité subit un bouleversement sans précédent. Les possibilités qu’offrent les nouvelles technologies déterminent une nouvelle donne d’usage et bousculent les équilibres. Les chaînes de contenus se multiplient, tout comme les points d’accès à ces contenus, qui deviennent apatrides : ils peuvent se consommer loin de leur émetteur d’origine. Le monde du social devient un accélérateur de diffusion : les contenus se viralisent, prolifèrent, se transforment.
Les technologies numériques introduisent ainsi une rupture radicale dans la manière de consommer et de concevoir les contenus. Et parce que la gratuité reste le modèle dominant dans la consommation des contenus, la publicité est un élément déterminant dans l’équilibre de l’écosystème.
Et pourtant … Les contenus sont partout, tout le temps, protéiformes, parce que l’usage le demande. La publicité l’est aussi. A chaque instant, dans chaque environnement quel que soit le point d’accès, la publicité est présente. Elle cohabite avec le contenu. Tantôt immersive, tantôt intrusive, tantôt native, elle rémunère la création, contribue au champ des possibles.
Le paradoxe est que face à une offre publicitaire qui n’a jamais été aussi importante, la demande, elle, n’a jamais été aussi faible. Ce profond déséquilibre crée une vive tension sur les prix. Les raisons sont certes conjoncturelles mais surtout structurelles et au caractère durable. Alors que le monde des médias revit sans doute une époque pionnière, leur équilibre économique n’a jamais été aussi incertain.
Les acteurs du marché de la publicité doivent réinventer leur modèle, le programmatique en est la pierre angulaire
Face à ce constat, les acteurs de la publicité – comme de nombreux autres — doivent se réinventer et il leur appartient de repenser leur modèle. Le plus impressionnant dans cette mutation c’est la revisite des modes de transaction, des techniques de commercialisation allant vers plus de d’automatisation, de productivité, de fluidité, de personnalisation et d’efficacité. La technologie est sans aucun doute le moteur de cette réinvention.
Ce n’est pas une réelle surprise de voir l’industrie de la publicité soumise à de profondes mutations sur ses techniques de commercialisation. D’autres grandes industries présentant les mêmes caractéristiques : inventaires périssables, ventes par réservation, couts variables unitaire faibles, ont déjà engagé leur transformation.
Le tourisme, la distribution, les marchés financiers. Tous ces secteurs ont révolutionné leurs techniques de commercialisation en mettant la technologie, l’intelligence artificielle au cœur de leur transformation :
- L’utilisation de l’internet puis des applications comme un nouveau canal de vente
- L’utilisation de la technologie pour adapter en temps réel le prix à la demande et à l’environnement concurrentiel
- L’utilisation de la technologie et de la data pour personnaliser le merchandising des sites et les offres commerciales associées en temps réel
- L’utilisation de la technologie pour réunifier les mondes physiques et virtuels en les adressant de manière transversale et holistique
Digitalisation des ventes, automatisation des échanges commerciaux, fixation des prix et des offres en temps réel, c’est exactement la révolution qu’est en train de connaitre le marché de la publicité.
Le programmatique en est l’emblème absolu, le nouvel eldorado des publicitaires.
A l’origine du programmatique, le RTB
Le programmatique est né avec le RTB (Real Time Bidding), il y a à peine 3 ans. C’était il y a une éternité tant le cycle d’apprentissage fut rapide.
Le principe est simple. Mettre en relation des acheteurs et des vendeurs de publicité via des technologies d’achat (DSP – demand side platform) et de vente (SSP – sell side platform) leur permettant d’émettre de manière automatisée des ordres d’achat et de vente en temps réel aux enchères, impression par impression et donc cookie par cookie.
Si le programmatique adressait originellement l’environnement display web, il s’est universalisé avec la vidéo et les applications mobile et tablette. Il a aussi petit à petit enrichi son offre de formats, allant même jusqu’à proposer des formats de Native Advertising.
Le cycle d’échange entre un acheteur et un vendeur est formidablement court. Moins de 120 millisecondes du chargement de la page par l’utilisateur jusqu’à la diffusion de la publicité.
Le marché de la publicité s’est organisé pour adopter cette nouvelle manière de concevoir une transaction publicitaire.
Les agences médias ont créé leurs trading desk, les régies médias se sont alliées pour créer des places de marché premium, La Place Média ou Audience Square pour ne citer qu’elles, les géants du web ont intégré ces technologies dans leur écosystème (Google avec Doubleclick, Facebook avec FBX) et une multitude d’acteurs indépendants sont nés, les uns spécialisés dans l’achat ou la vente, les autres dans la technologie car l’organisation du secteur permet l’intégration de nombreuses briques permettant l’optimisation des campagnes sur du ciblage, de la conversion, de la répétition, etc …
Parmi ces briques technologiques, celle figurant la data au travers des DMP (Data Management Platform) est sans doute la plus structurante de l’écosystème. Elle permet, une fois interfacée avec les plateformes d’achat et de vente, de qualifier en temps réel les cookies qui naviguent au sein des contenus de critères permettant de rendre plus efficace le ciblage. Ces critères pouvant émaner des bases propriétaires des éditeurs ou des annonceurs ou des comportements de navigation observés sur leurs environnements propres (First Party data du CRM par exemple) ou être approvisionnées par des acteurs tiers (Third Party data).
Le mouvement est fort, le mouvement est radical. Le programmatique est le catalyseur d’une transition. Celle du passage d’une logique média planning vers une logique audience planning.
La technologie, les solutions, les usages, ont d’abord été mis en place aux Etats-Unis. Ensuite, les premiers marchés qui ont adopté le programmatique ont été le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie et la France. Désormais, les acteurs de l’industrie affirment vouloir se tourner vers l’Allemagne et les pays émergents, comme la Chine et le Brésil.
50% de croissance moyenne par an jusqu’en 2017 !!!
Le cycle d’adoption du programmatique fut très court. Après 2 ans d’éclosion, 2013 a marqué l’explosion de ce nouveau mode de transaction. Selon l’observatoire de l’E-pub SRI-UDECAM-PwC, le taux de croissance s’établit en France à 125% entre 2013 et 2012 pour atteindre 117 millions d’euros. En 2014, la croissance devrait être de 50% et ce, chaque année jusqu’en 2017.
En France, le programmatique pèse déjà 22% des achats du display sur le 1er semestre 2014. A horizon 2017, il en représentera près de 35% selon PwC alors qu’aux Etats Unis, il atteindra près de 45% des achats.
La croissance est fulgurante et certaines grandes agences médias, au travers de leur trading desk, consacrent déjà plus de 50% de leur achat vidéo au programmatique.
Le programmatique ? Les programmatiques !
Aujourd’hui les technologies ont évolué, se sont précisées, se sont adaptées aux pratiques du marché publicitaire. Il est difficile de parler d’un programmatique au sens originel du terme tant les modalités de transaction se sont diversifiées, se sont étoffées.
L’achat programmatique peut toujours se concevoir aux enchères, mais aussi avec un CPM fixe. Il peut également être associé à une garantie de livraison d’inventaire alors que le temps réel et les enchères imposaient la non-garantie de livraison comme un facteur inaltérable entre un acheteur et un vendeur.
En substances, les pratiques historiques des agences et des régies adoptent ce nouveau canal de transaction. Il est maintenant possible de garantir un volume de vente avec un CPM fixe dans un cadre de diffusion choisi et opéré par le canal programmatique avec tous les bénéfices qui lui sont associés en termes de ROI.
Le programmatique, une affaire de simplification du workflow, de data, de ROI mais aussi de nouveaux métiers
Les annonceurs utilisent l’achat programmatique pour un meilleur ciblage de leurs prospects ou clients. Les algorithmes, de plus en plus rapides, intègrent des sets de données de plus en plus volumineux. Le couplage des données de navigation à des données internes de type CRM permet de toucher avec une plus grande précision les cibles recherchées. Au final, les gains en termes de ROI sont considérables. Plus de leads qualifiés et des niveaux de conversion de plus en plus importants.
L’achat programmatique se conçoit de manière universelle. Plus de frontières entre les différents canaux. Les annonceurs ont une vision globale de leur audience. Les technologies permettent aux annonceurs de reconnaitre leur cible tout au long du parcours utilisateur et leur offre donc la possibilité d’activer la juste pression publicitaire avec une création adaptée étape par étape jusqu’à la conversion.
En résumé, les annonceurs ont désormais la possibilité d’enchérir sur des impressions publicitaires en fonction de l’environnement auprès duquel leur campagne obtient le plus de succès indépendamment du canal ou de la technologie utilisée par l’audience ciblée.
Pour les éditeurs, le programmatique est une véritable opportunité. L’efficacité des campagnes RTB a permis aux éditeurs de revaloriser la publicité numérique. Par ailleurs, l’automatisation d’un nombre croissant de formats permet de se concentrer sur des emplacements premium ou des opérations spéciales à plus forte valeur ajoutée pour les éditeurs.
Enfin, le programmatique améliore la productivité par une simplification du workflow. Ces nouvelles pratiques permettent d’optimiser les coûts de commercialisation.
Mais cela s’accompagne de l’adoption de nouveaux métiers par le marché publicitaire. Pour maitriser ces technologies et apprivoiser les logiques d’optimisation liées à la data, de nouveaux profils, de nouvelles compétences ont émergé. Ne parle-t-on pas de Data Scientist, de Chief Data Officer ou encore de Yield Manager ? C’est toute la chaîne de valeur entre l’acheteur et le vendeur qui se redessine pour redéfinir un environnement métier en pleine transformation. La formation et le recrutement de talents deviennent donc un enjeu crucial pour le secteur.
La transition d’un modèle classique vers celui faisant usage de technologies et solutions pouvant tirer profit des données au sujet des utilisateurs en temps réel de manière à leur montrer des messages ultra-personnalisés à une échelle industrielle semble quasiment achevée. La promesse de 2013 du « programmatique partout » paraît en effet devenir rapidement une réalité en 2014.
Le programmatique, partout ou presque !
Le programmatique ne restera pas cloisonné au monde du digital. La prochaine grande transformation, elle est cross canal. Adapter les techniques de commercialisation du programmatique au monde des médias linéaires et réunifier ces deux mondes autour de l’optimisation temps réel et de l’automatisation.
Pour les médias qui sont naturellement connectables (la télévision, la radio), l’adoption des logiques programmatiques est une évidence. La seule question qui se pose est celle du temps d’apprentissage et l’adaptation du cadre réglementaire.
Pour les médias dont les capacités de connections semblent moins évidentes (la presse), il s’agira sans doute de réinitialiser un workflow entre l’achat et la vente davantage simplifié, plus productif, enrichi de données sans pour autant aller jusqu’à la diffusion temps réel.
Les signaux ne sont plus si faibles, car de nombreuses initiatives existent déjà. Un certain nombre aux Etats Unis dont celle de Dish Network, le second opérateur américain de TV par satellite, et quelques-unes déjà en France au travers d’un projet collectif d’éditeurs de la presse écrite.
Liens vagabonds old et new media
A RETENIR CETTE SEMAINE :
- Obama demande à la FCC de réguler Internet comme un service public
- Elon Musk va déployer une flotte de mini-satellites pour un Internet bon marché
- Reuters se lance dans la TV personnalisée
- YouTube lance son service de musique en streaming
- Yahoo rachète une firme de pub vidéo pour 640 M $
- Sony lance un service de web TV
- Edition : accord Amazon / Hachette
A ECOUTER :
- Après le binge watching, le binge listening ! – WSJ ; Serial, le podcast phénomène de NPR: une série dramatique à partir d’un fait divers réel raconté à la sauce HBO/Netflix (1 mln de téléchargement / épisode) – Vox ; une vraie obsession culturelle aux US en ce moment – WashPost ; le guide des personnages – Vox
- Le modèle d’affaires du journalisme long format – MediaTwits
“MUST READ” :
- Le journalisme veut-il vivre dans le monde de Facebook ? – A. Golis
- Nos décideurs n’ont pas remis en cause leur vision du monde pour y intégrer la transit. numérique – Nicolas Colin
- CBS News en OTT n’a rien à voir avec plaquer la TV sur le web ou la VoD – The Wrap
- Vers un nomadisme numérique urbain ? – Factor-tech
A VOIR
SAUVONS LA NEUTRALITE DU NET
- La neutralité du net est bien plus importante qu’une histoire de tuyaux – Danah Boyd ; un combat aussi important que celui de l’électricité il y a un siècle – Susan Crawford;
- Non, Internet n’appartient pas aux FAI – David Weinberger ; Les CTO de l’administration Obama s’expliquent – WP
- La FCC pourrait reporter sa décision à l’année prochaine – WSJ ; la solution hybride défendue par le NYTimes
- Les FAI pas seuls à casser la neutralité du Net. Les intermédiaires réseaux aussi – StreamingMedia ; La FCC demande des explications au gel des projets fibre d’AT&T – recode ; De nombreuses grosses firmes US poussent aussi en faveur de la neutralité – BW
- Les FAI bcp plus gros donateurs politiques que les firmes du web – NYT
- Elon Musk songe à déployer des centaines de satellites pour l’accès Internet – WSJ

ABUS DE POSITION DOMINANTE – The winner takes all !
- Risques sérieux liés à l’activisme politique et la collecte d’infos croissants de Google – Public Citizen
SURVEILLANCE vs. CONFIANCE :
- Le programme de surveillance des mobiles US par avions – WSJ
- Données personnelles : Facebook réduit d’un tiers le mode d’emploi ! – WSJ ; mais vous commercialise de plus en plus – RW
- AT&T va arrêter de traquer la navigation web de ses abonnés – DesignTrend
NOUVEAUX USAGES, COMPORTEMENTS:
- Skype lance sa messagerie web via le navigateur
- Les patrons de TV US le reconnaissent : le streaming est en train de gagner – BuzzFeed
- Une télé, mais pour quoi faire ? – NYT
- Reuters TV essaie de convaincre les jeunes de regarder la TV sur leurs smart phones QZ
DISRUPTION, REVOLUTION, DISLOCATION :
- Le modèle d’affaire d’Internet (par Fred Wilson) :
- Les secrets des équipes de Pinterest et AirBnb en 7 citations – VB
- Vox : objectifs de fin 2015 déjà atteints ! 12 M de v.u après 5 mois d’existence ! – NNC
- Mais marier techno et média n’est pas facile – Digiday
- Spotify a déjà versé 2 milliards $ aux ayants droits ; les maisons de disques n’auraient jamais du exister – Medium
- La pub auto, une des 1ères sources d’oxygène des médias US, a filé en quelques années – Alan Mutter
- Pour ne pas rester métayer à vie dans les champs de Google – Salon
- La guerre éditeurs / Amazon définira la manière dont nous lirons – Vanity Fair
- Des informaticiens US demandent à la justice d’exclure les APIs de la protection des droits d’auteur – Ars Technica
- E-commerce / UK : Amazon représente 22?5% du marché du divertissement – DTVE
- La vision des cadors de la Silicon Valley via un sondage – The Atlantic
MOBILITES / WEARABLES :
ROBOTS, INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, AUTOMATISATION, BIG DATA, MACHINE LEARNING :
- Le mythe de l’intelligence artificielle – Discussion avec Jaron Lanier – Edge
- Algorithmes : Internet n’est pas une démocratie ! – WashPost
- Abondance et dépréciation du travail: à la recherche d’un nouveau capitalisme – Forbes
- Histoire des robots en images – Futuremag
- Les Big Data accessibles à tous – VentureBeat
NOUVEAUTES :
- Les nouveautés de Twitter ; Les fonctionnalités à attendre – WSJ
- This, réseau social concurrent de Facebook, qui réduit le bruit – Pando
- Latterly, le magazine web qui ne regardera pas ses chiffres de trafic – Journalism
SMART TV / STREAMERS / VIDEO / MULTI-ECRANS :
- Sony propose un bouquet de chaînes TV via Internet et une console Playstation Vue – NYT
- La stratégie vidéo de Bloomberg TV – VB
NETFLIX :
- Netflix a 53 millions de chaînes différentes – Fortune
- Amérique Latine : Netflix détient les deux tiers du marché OTT – Emarketer
#SOCIALTV :
YouTube & Co:
- Facebook de plus en plus concurrent de YouTube – Guardian
- Vimeo investit dans des séries originales (et fait payer) – NYT
- Le réseau Fullscreen rachète la chaîne Rooster Teeth – TF ; L’énorme succès des MCN – Strategy-business
- Coopération gagnante entre un magazine auto et chaînes YouTube – NYT
4K / U-HD
- Amazon prime ne fera pas payer de supplément (contrairement à Netflix) – AT
- 4K : déjà 17% du marché UK – AT
- Samsung propose un service de VoD en 4K – Mesalliance
STORYTELLING :
- Le ciné-vidéo journalisme – Medium
- John Oliver (HBO) bat Colbert et le Daily Show – Vulture
PUB :
- Même le Super Bowl n’est pas immunisé contre le recul de la pub – AdAge ; les télés commencent à sentir le recul de la pub – BuzzFeed
- Attention, possible fin de la pub ! – WSJ
- L’OTT sports aide bien la pub en ligne – nscreenmedia
JOURNALISME 2.0 :
- Chez Quartz, journalistes et développeurs travaillent ensemble – Digiday
- Les nouvelles règles du journalisme mobile – Alan Mutter
- Belle liste des compétences requises pour les journalistes du monde qui vient – Jay Rosen
- Journalisme d’investigation : 75 outils numériques – Journalism
- Utiliser les réseaux mesh dans les rédactions – NiemanLab
- La vidéo mobile à la BBC et au Telegraph – Journalism
- Utiliser Twitter, YouTube et Google+ pour le reportage – Journalism
- StoryTracker, pour retrouver les home pages des journaux – NiemanLab
- La Une de Vice News :
EDUCATION
- Narration digitale pour les profs – Edudemic
OUTILS :
Samsung : une caméra 3D 360° pour la réalité virtuelle – The Verge
Cloud : bientôt stockage illimité et prix nul – VB
Obama : Internet est un service public
Le Président des Etats-Unis a frappé les esprits hier en prenant très fermement position pour défendre à la lettre un Internet libre et ouvert face aux menaces d’un web à deux vitesses réclamé par les fournisseurs d’accès (qui veulent être payés deux fois) mais aussi par une bonne partie du camp républicain. Dans l’un des plus importants débats de notre société connectée qui déterminera l’avenir d’Internet, la bataille ne fait que commencer, et elle s’annonce rude des deux côtés de l’Atlantique !
Alors que la FCC, l’autorité américaine de régulation des télécommunications penche d’ici quelques semaines ses conclusions sur le sujet, Barack Obama demande à son administration de tout faire, pour préserver l’acquis historique de la neutralité du Net, jugé équivalent à un service public, comme l’eau, le téléphone ou l’électricité, auquel tout citoyen a droit sans discrimination, et pour empêcher les telcos et les câblo-opérateurs de trier, choisir et privilégier certains contenus par rapport à d’autres.
En d’autres termes de ralentir ou bloquer l’accès à Internet selon leurs critères. Au nom de la protection des consommateurs, il demande aussi que cette liberté soit valable pour les utilisateurs de téléphonie mobile :
La FCC, qui, dans sa consultation publique pour préparer sa décision a reçu près de 4 millions d’avis ces dernières semaines pour défendre un Internet ouvert au sein d’une vaste campagne citoyenne, a pris acte de l’engagement ferme et solennel du Président Obama, et a assuré aussi être opposée une voie rapide sur le web. Mais depuis plusieurs mois elle donne l’impression de flotter en cherchant un compromis impossible autour d’un principe qui doit garantir l’égalité de traitement des données qui circulent sur le réseau.
Aux Etats-Unis, les Américains auront encore moins de possibilité de choisir leur fournisseur d’accès puisque les deux plus gros, Comcast et Time Warner Cable, veulent fusionner ! Et le camp républicain a immédiatement réagi hier en comparant la prise de position de la Maison Blanche à l’Obamacare. Les FAI et câblos US n’ont pas tardé non plus à protester.
Débat européen aussi !
En Europe, après le vote du parlement européen partisan d’un Internet libre et ouvert, le nouveau commissaire chargé du marché unique numérique, Andrus Ansip, a aussi récemment indiqué que « la neutralité du net devait être un droit ».
La présidence italienne de l’UE a fait récemment circuler un texte en ce sens et vise à obtenir un consensus général lors de la prochaine réunion des ministres en charge des télécommunications le 27 novembre à Bruxelles pour pouvoir négocier de nouveau avec la nouvelle Commission et le nouveau Parlement.
Au niveau des Etats, les Pays-Bas et la Slovénie sont les plus intransigeants puisque cette position y est déjà inscrite dans la loi. Suivent la Finlande, l’Allemagne et la Belgique. Le Royaume Uni continue de prôner une approche d’auto-régulation et la France semble vouloir inclure, dans une révision du paquet télécom, la neutralité des plateformes et donc l’OTT.
L’Union européenne de Radio-Télévision, soutenant pleinement les positions prises par le Parlement européen, s’est récemment mobilisée : elle vient de co-signer une lettre ouverte avec d’autres organisations, exhortant les pays membres à garantir un Internet ouvert dans leurs prochaines discussions. La lettre ouverte de l’UER prévoit la co-existence d’un Internet ouvert avec des services managés et des services spécialisés à la condition qu’il n’y ait pas de discrimination contre des contenus spécifiques et que cet Internet managé soit strictement contrôlé et transparent.
Un nouveau danger
Mais après la menace du web à deux vitesses, c’est désormais l’apparition d’offres de FAI dites « à tarif zéro » pour certaines applications (type Wikipedia, Spotify ou Facebook) qui inquiète. Certains opérateurs décident ainsi de ne pas facturer pour l’utilisation en mobilité de certains de leurs services ou de ceux de leurs partenaires, discriminant de facto les autres. Tout le monde n’a ainsi plus accès au même Internet !
En France, où règne pour l’instant un silence inquiétant sur le sujet, notamment de la part des médias, le président d’Orange, le plus gros FAI, Stéphane Richard, a jugé il y a quelques jours que la neutralité du net était « un attrape-couillon ». Les marges des opérateurs restent toutefois confortables: Orange dégage une marge de 33 % ! Aux Etats-Unis, Verizon engrange 23 milliards $ de bénéfice net , AT&T 28 milliards et Comcast un excédent de trésorerie de 8 milliards $. Ca laisse quand même de quoi investir dans des réseaux performants ! Pourtant, ni la France, ni les USA ne figurent dans la liste des 15 premiers pays pour leur vitesse d’accès à Internet.
Défenses des libertés publiques
L’avenir d’Internet, système nerveux de notre société contemporaine, se décide en ce moment en Amérique et en Europe, où les lobbys des telcos sont ultra puissants au Congrès US comme à Bruxelles, mais ne redescend hélas pas au niveau des citoyens, faute d’intéresser les médias traditionnels. Il est donc temps d’affirmer haut et fort que la neutralité du net est bien plus qu’un sujet économique ou technique. Elle protège nos libertés publiques : liberté d’expression, d’accès à l’information, aux services et contenus de son choix sans entraves, liberté d’entreprendre, d’innover et de créer de la valeur. Rien que ça !
Voici un petit film rappelant les principes d’un Internet ouvert :
Logiciels, algorithmes, robots : journalisme sous influence
« Le numérique dévore le monde », prévient, depuis quelques années, le gourou de la Silicon Valley, Marc Andreessen, et il est en train d’absorber le journalisme. Pour le meilleur ou pour le pire ?
Jusqu’ici, pour assurer leur médiation sur l’actualité, les journalistes dépendaient des événements, de leurs sources, des experts et de leur rédaction-en-chef (ou si l’on préfère de leur ligne éditoriale). Ils sont désormais de plus en plus à la merci des nouvelles boites noires de l’ère numérique qui s’intercalent pour trier, choisir et distribuer l’information. Et parfois en produire !
Aidés de nouveaux filtres automatiques, les nouveaux géants de la technologie — Google et Facebook en tête–, ont pris en quelques années les clés d’accès d’une information consommée désormais en majorité sur terminaux mobiles, désintermédiant de facto les médias historiques.
Triple défi pour les rédactions
- S’il n’est pas déjà trop tard, il est grand temps pour les journalistes d’aller regarder sous le capot, de mettre les mains dans le cambouis, d’enquêter sur ces boites noires, de réclamer des comptes aux algorithmes qui prennent des décisions opaques et de plus en plus autonomes, échappant à tout contrôle et d’examiner quels sont les nouveaux leviers sociologiques derrière les nouvelles manières dont l’information est proposée.
- Comme il est grand temps aussi pour eux de vraiment mieux profiter des nouveaux outils et de l’explosion des méga-données pour enrichir leur journalisme, en faire bien plus qu’un contenu : un service d’informations adapté à l’ère du temps, aux usages de la société connectée, une aide à la transition entre deux époques.
- Mais surtout, enfin, de mieux redéfinir leurs nouvelles missions dans ce nouveau monde chaotique et souvent inintelligible. Ici, comme ailleurs, la question est moins de savoir comment améliorer le métier existant avec de nouveaux outils, que de réinventer le journalisme dont a besoin ce nouveau monde.
Réseaux sociaux et mobiles, très imbriqués, reformatent l’information
Pilotée par une poignée de firmes américaines, la grande mutation digitale – sociale/mobile/temps réel- , caractérisée par une connectivité de masse, est en train de réorienter le monde. Les médias d’informations, aussi. Avec des paramètres et des critères qui n’ont, parfois, plus rien à voir avec le journalisme traditionnel.
« Organiser l’information mondiale », fut le but initial de Google dont le moteur de recherche est aujourd’hui un des plus importants services mondiaux d’informations à la demande, présentées dans l’ordre choisi par ses algorithmes. Passant à la suite, Google accélère pour placer sa base de connaissance « Knowledge Graph », puis bientôt « Knowledge Vault », au coeur du réacteur. De vrais moteurs de réponses de plus en plus visibles à côté des résultats du search où Google propose ses propres couches d’informations pertinentes (et non plus seulement des liens), bâties sur les milliards de milliards de sollicitations et d’actions en ligne ingurgitées en 15 ans d’apprentissage et d’entraînement du moteur de recherche, et retraitées pas des algorithmes d’intelligence artificielle sur la base d’informations sémantiques issues des métadonnées, des cartographies, de la robotique, des technos de reconnaissance, etc…
Après la connaissance, Google, est donc en train de passer à l’intelligence à la demande. Employant déjà une bonne partie des experts mondiaux de l’intelligence artificielle au milieu de ses 55.000 employés et les poches remplies de 60 milliards $ de cash, il met la main – comme ses concurrents— sur toute une série de firmes en pointe sur la robotique, la reconnaissance vocale, la reconnaissance des visages et des images, le traitement du langage.
Au centre du jeu se trouve aussi, bien sûr, Facebook, devenu pour de nombreux médias, en quelques mois, la principale source de leur audience en ligne ; un acteur surpuissant dont ils dépendent pour accéder au public, mais dont ils ignorent tout du fonctionnement, des objectifs, des algorithmes, qui dissocient, fractionnent et réarrangent incessamment l’information.
Aujourd’hui, un cinquième de l’humanité (1,3 milliard de personnes !) est sur Facebook, où s’informe, déjà, près d’un tiers des Américains. Le public fait plus confiance à ses amis qu’aux éditeurs historiques et compte désormais sur Facebook et Twitter pour trier, en son nom, ses infos quotidiennes.
La perte de contrôle des médias d’informations sur leurs contenus et de contact avec le public, liée à la démocratisation de la distribution, est spectaculaire. Un public d’ailleurs friand de ce type de mises en priorité, qui réduisent le bruit d’Internet, résultat du foisonnement numérique, de l’abondance des contenus, de la multiplication infinie des canaux de distribution.
Personne ne sait plus comment choisir quoi lire, écouter ou regarder. La vidéo aujourd’hui est même plus facile à faire qu’à trouver ou à regarder ! La plupart des contenus sont ignorés. Mais ce qui est retenu se propage très vite par ces réseaux sociaux et les mobiles.
Le mobile, aussi, dévore le monde
Zuckerberg et Facebook exercent donc un contrôle inédit sur les choix de lecture de dizaines de millions de personnes en choisissant et déterminant les infos qui leur sont destinées. Twitter prend aussi ce chemin au nom d’une personnalisation accrue. Ils « poussent » des contenus en fonction des choix et interactions antérieures de l’utilisateur. Mais pas seulement. Facebook, qui vit de la publicité, montre ce qui peut résonner chez un lecteur, mais aussi ce qui correspond aux choix éditoriaux de l’entreprise, et sûrement pas tout ce que le journalisme produit pour ses lecteurs.
En somme, chez Facebook, qui ne vous montre pas tout, vous n’entendrez pas beaucoup parler de certains de vos amis ; chez Google, vous ne verrez que ce que le moteur de recherche veut bien vous montrer ; et chez Twitter vous en verrez plus que ce que vous souhaitiez !
Archi-dominant désormais, Facebook représente près de 80 % du trafic venant des réseaux sociaux. Ajoutez à cela la quasi-fusion des réseaux sociaux avec les mobiles d’où vient 80 % du trafic de Facebook, 75% de Twitter, et, depuis cette année, plus de la moitié de celui de YouTube et des grands médias d’informations (New York Times, Guardian, CNN, Atlantic…), et vous avez les clés des bouleversements actuels dans les nouvelles voies d’accès à l’info.
Algorithmes, les nouveaux éditeurs
Non seulement l’accès direct au public est filtré par des biais automatiques, mais la dépendance des citoyens à l’égard de tiers incontrôlés grandit dangereusement : leurs décisions sont prises à partir d’informations choisies par ces algorithmes, censés savoir ce qu’ils veulent lire, écouter et regarder. Au nom de la pertinence, de la personnalisation et du vacarme d’Internet, des machines et des applications mobiles, exerçant un nouveau pouvoir quasi-souverain, remplacent donc les éditeurs. Les notifications sur mobiles devenant le nec plus ultra de l’info !
La génération Y peut donc déclarer : « l’info finira bien par me trouver ». Même si ce n’est pas toujours le cas. Sur mobiles, le « search » ce sont les réseaux sociaux. Et si l’info nous trouve, c’est grâce à leurs algorithmes, capables aujourd’hui de prioriser, classer, associer, filtrer, masquer, notifier.
Des machines qui échappent à leurs créateurs
Or même codés par des humains, ces algorithmes ne sont pas transparents. Ce sont des recettes de cuisine mystérieuses, des séquences d’instructions et des formules opaques, concoctées par des informaticiens et des designers d’applis, avec leur biais, leur manque de formation éthique, leur maladresse dans les choix éditoriaux à prendre.
Pire : ces logiciels se développent désormais empiriquement, quasiment seuls, sans surveillance, grâce aux accélérations colossales de l’intelligence artificielle de machines qui apprennent en ingurgitant nos données (chaque jour Facebook engloutit 500 fois plus de données que Wall Street), puis décident. Des décisions qui ne sont d’ailleurs pas nécessairement connues immédiatement des ingénieurs : leur complexité et leurs incessantes modifications devenant vite des barrières.
Aucun outil, aucune procédure, aucun garde-fous, aucune régulation n’existe pour l’instant pour contrôler les algorithmes, à qui on fait confiance sans poser de questions alors que surgissent –à cause d’eux– de nouvelles formes de discriminations, censures, impasses, erreurs, artefacts, normes sociales non choisies, fausses informations et prédictions.
Quand Google met en avant ses propres services dans les résultats de recherche, le consommateur n’obtient pas une réponse objective. Quand Facebook ignore un événement, des minorités ou abuse de la pudeur, quand Apple interdit une application, quand Twitter « blackliste » des utilisateurs qui retweetent des contenus louches, la liberté d’expression est bafouée et le citoyen pénalisé.
Nous ne savons ni évaluer le bien fondé de ces informations, ni stopper la désinformation en ligne. Notre appareil juridique n’est pas encore au niveau. Entre citoyens, nous ne savons pas, non plus, nous mettre d’accord sur la nature des tâches à sous-traiter aux algorithmes.
Reconnaissons, aussi, que bien souvent les rédactions ont longtemps fonctionné de manière opaque et en « top-down ». Leurs choix peuvent être peu transparents, faillibles et moutonniers, les faisant passer à côté de courants d’opinion importants de la société et encourageant le développement d’une information alternative, de stratégies de contournement et … les réseaux sociaux.
Mais une chose est sûre : les algorithmes n’ont plus rien à voir avec une ligne éditoriale. Le journalisme devient fongible, interchangeable. Peu importe finalement d’où nous arrive l’interview d’Obama, les images d’inondations ou le dernier dribble de Messi. C’est l’effet « good enough is perfect », bien connu dans le numérique : peu importe que ce soit du journalisme, pourvu que l’essentiel du service demandé soit rendu. Et les applis de résumés algorithmiques (Yahoo, Circa, Flipboard) deviennent les nouvelles « homepage » de l’info.
Internet, nouvel espace public, piloté par des algorithmes
A l’ère de la personnalisation et à quelques exceptions près, le média de masse est aussi de moins en moins un synchronisateur social. Quand il y a tant d’expériences différentes possibles, partager des choses importantes en commun devient plus compliqué.
Comme avec les « playlists » musicales individuelles qui dominent le streaming, nous lisons et regardons, hors de temporalités collectives traditionnelles, des informations qui n’ont plus grand chose à voir avec celles des autres, et qui sont souvent poussées (« notifiées ») en fonction de notre position géographique. Avec les risques avérés de chambres d’écho, de bulles, de moindre sérendipité.
Nous vivons en tribus dans des silos où nous ignorons ce qui compte pour les autres tribus. Cela nous est même complètement indifférent. On croit que l’information – et la culture — sont partagées, mais elles le sont de moins en moins. En revanche, ce qui est partagé l’est de mieux en mieux, avec plus d’acuité, de pertinence. Et de nouvelles communautés transfrontalières, synchronisées elles, se créent.
Le problème se complique lorsque même les tuyaux veulent choisir l’information que vous allez consommer. Dans la grande bataille de la bande passante et de l’Internet ouvert, croît le risque que le débit que vous achetez ne vous garantisse plus un accès égal à tout ce qui est sur Internet, et que ceux que vous payez (les fournisseurs d’accès) choisissent eux-mêmes les contenus auxquels vous pourrez avoir accès rapidement.
« Datafication » des individus : que faire ? Et quel rôle pour les journalistes ?
Les remèdes semblent d’abord passer par des exigences accrues de visibilité sur les quelques grandes firmes qui actionnent ces algorithmes pour gagner de l’argent, par une régulation enfin à la hauteur, par l’éducation au numérique des citoyens, par la neutralité du Net, par une réappropriation des données par ceux qui les émettent, et par l’ingénierie inversée (« regarder sous le capot »).
Hélas, aujourd’hui, les rédactions en restent à la transparence, à la protection des sources, à l’éthique du métier, tous sujets importants, sans encore enquêter sur les algorithmes, cibles qui, il est vrai, bougent tout le temps, très vite, et se cachent derrière des couches de complexité.
Elles négligent leur responsabilité si elles ne tentent pas de désosser les mécanismes de Facebook, LinkedIn, YouTube qui prennent de plus en plus la place du New York Times, de la BBC ou du Monde dans le débat d’idées de la Cité.
Alors que croît l’urgente nécessité de surveiller ceux qui utilisent nos données, surgit déjà un nouveau casse tête pour les médias : les compétences manquent cruellement dans ces domaines pointus du numérique. Les médias, même américains, se disputent les rares experts onéreux des données qui, eux, préfèrent s’envoler pour la Silicon Valley chez les géants du web ou dans de prometteuses start-ups. Les journalistes et les dirigeants de médias feraient bien d’être un peu plus obsédés par la technologie !
Mais aussi par la sociologie ! C’est elle qui nous aidera aussi à comprendre comment l’information nous est aujourd’hui proposée, comment les nouveaux réseaux sociaux de notre vie désormais connectée impactent les représentations et les comportements du nouveau « vivre ensemble ».
L’oxygène des journalistes aspiré à son tour
Avec la pub programmatique en temps réel, l’intelligence artificielle se met aussi au service des annonceurs et profitent aux nouveaux distributeurs en ligne.
Là aussi, non seulement les géants du web aspirent la publicité des médias traditionnels en faisant chuter les prix, privant le journalisme d’une partie de son oxygène, mais ils réussissent à imposer leurs méthodes via les achats programmatiques instantanés d’espaces qui représentent entre 20 et 30% de la pub digitale de bannières en France et près de la moitié aux Etats-Unis.
Ces nouvelles méthodes algorithmiques dominantes redéfinissent les métiers historiques des régies et des agences et font de la technologie et de l’intelligence artificielle les éléments fondamentaux de leurs nouveaux modèles d’affaires. Le risque : la désintermédiation de la chaîne de valeur et le court-circuitage d’un marché en plein déséquilibre. Associées aux mobiles — qui avec moins de 10 ans d’existence, vont attirer cette année plus de pub que les journaux centenaires ou la radio du siècle dernier–, elles répondent aux nouvelles exigences des médias de précision qui privilégient le ciblage pertinent et personnalisé.
Qui donc accomplira la tâche cruciale de demander des comptes aux algorithmes ? La génération aux manettes, la seule qui se rappelle encore l’époque pré-Internet ? La génération Y des natifs numériques qui représentera d’ici cinq ans plus de la moitié de la population active ? La génération selfie qui voit la technologie comme une extension d’elle-même ? Ou bien … les machines elles-mêmes ?
Robots enquêteurs ?
L’enquête sera peut être menée, en fait, un jour, par des robots … journalistes.
Car ces machines ne sont pas forcément des ennemis. Au contraire. Elles peuvent aussi être employées judicieusement par les rédactions pour renforcer considérablement leurs capacités et leurs forces. Pour les augmenter, non pour les battre. Comme un vélo électrique aide la propulsion du cycliste ou un GPS améliore la conduite.
Pour l’instant, les premiers spécimens de ces robots-journalistes, qui ne dorment jamais et produisent en abondance avec peu d’efforts, sont utilisés à la rédaction automatique de courts articles de résultats financiers et sportifs. Ils sont déjà capables d’écrire et d’envoyer les premières dépêches/alertes de tremblement de terre. Là encore, des algorithmes cherchent, extraient, trient des données pour en faire des articles compréhensifs. Certaines applications proposent de résumer et d’agréger automatiquement des contenus. Des drones sont aussi utilisés pour capter des images sur des terrains difficiles.
On dit que les voitures autonomes seront plus sûres qu’avec conducteur. Sera-ce le cas du journalisme dévoyé et sans journalistes ?
Ces robots n’ont pas besoin d’être parfaits. Ils ont juste besoin de faire moins d’erreurs que les humains. En allégeant la rédaction de tâches ingrates, ils peuvent surtout lui permettre de se consacrer à des activités journalistiques à plus forte valeur ajoutée, à penser « mobile first » pour confectionner et présenter leurs infos.
Le tri algorithmique – qui gère les grands nombres et donc explique des choses qu’on ne peut pas voir — peut l’aider également à détecter des signaux faibles, à pointer vers des sujets où les rédactions restent frileuses, à réduire un peu la complexité croissante, à mieux décider quand, comment distribuer l’information pertinente, et, lorsque trop d’infos tue l’info, à en donner … moins (oui, moins !).
En somme, à les aider à être aussi de meilleurs journalistes.
Le « push » personnalisé
Ils seraient bien inspirés de réaliser qu’ils ne travaillent plus dans le secteur des contenus, mais dans celui de l’information et des services, dépendants de plus en plus de logiciels et des données.
Profitons-en ! Apprenons enfin à travailler avec les ingénieurs, les designers et les développeurs, qui ne peuvent pas être les seuls nouveaux organisateurs du débat public. Familiarisons-nous, comme les autres, avec le code et la programmation. Rappelons-nous que l’écriture avait été rejetée par Platon et l’imprimerie par les moines copistes !
Balbutiant pour l’instant, le journalisme de données aidera des éditeurs (notamment sur le marché de l’intelligence économique) à se démarquer en contextualisant l’actualité et en menant des enquêtes. Elles permettront aussi de livrer au client des produits plus attirants (dataviz) et utiles (bases de données « cherchables »).
La technologie n’est plus une rubrique, mais un ingrédient essentiel de chaque rubrique. Le numérique n’est plus un département d’un média, mais le cœur de tous les services. L’informatique et le code déterminent une nouvelle vision algorithmique, computationnelle du monde. C’est une révolution conceptuelle de même nature que lorsqu’au 17ème siècle, la mise en équations mathématiques a entraîné une bonne part de la modernité.
Rédactions et médias ne doivent pas choisir entre programmation et recommandation. Entre les hommes et les machines. Entre les éditeurs et les algorithmes. Mais tenter d’emprunter une voie hybride, tirant partie du meilleur des deux mondes : un accompagnement humanisé à partir des données, une contextualisation à partir des outils du numérique et d’une forme d’intelligence extérieure. Autrement dit : le « push » personnalisé, dans une économie de plus en plus de la demande, deviendra une offre requise.
A condition de maîtriser davantage les boites noires, de faire preuve de transparence. A condition, — ce qui n’est pas sûr–, que les données ne finissent pas par tout piloter, de ne pas réduire l’audience à des statistiques. Supprimant, au passage, spontanéité, intuition et « news judgement ». A condition aussi que les journalistes ne travaillent pas –souvent à leur corps défendant – à faire avancer des intérêts privés.

Intelligence artificielle ambiante
Car même si le discours anti-technologies grandit, même si les vieux acteurs, dénonçant l’hérésie progressiste du numérique, prônent la répression pour sauver leurs contenus dépassés, la grande course, rapide, coûteuse, sans précédent, vers l’intelligence artificielle est lancée.
Dans cette nouvelle ère socio-technique, le numérique et Internet sont de plus en plus prégnants, de moins en moins visibles. Le paysage change vite, chacun le voit.
Dans 10 ans, les technos d’aujourd’hui nous paraitront primitives, nous ne nous rappellerons même plus du nombre d’objets connectés sur nous et mesurerons notre consommation mensuelle en gigabit. Dans la réalité virtuelle, IBM, Google et Apple seront peut-être notre médecin, l’intelligence artificielle, distribuée par le cloud, sera ambiante.
Et si vous avez aimé les GAFA, vous allez adorer les BAT (Baidu, Alibaba, Tencent), les trois cadors de l’Internet chinois fondés en même temps que Google à la fin des années 1990 et en plein essor mondial.
La révolution robotique qui vient
Tout a commencé avec des systèmes d’exploitation des années 60. Des couches de systèmes d’information s’y sont greffées pour donner les premiers ordinateurs individuels. Puis, avec Internet, les logiciels ont superposé des couches empilées de savoir empilées en questions/réponses, des moteurs de recherche ont fait le tri, puis sont apparus des moteurs de résumés et les recommandations issues du raisonnement prédictif du web intuitif.
Aujourd’hui, les silos se brisent. Des corrélations naissent. Le prix de la puissance de calcul chute, de même que le coût de la transmission de données à haute vitesse.
L’informatique décentralisée en réseau, non contrôlée par un individu ou une entreprise, mais partagée, se développe. Tout comme l’informatique quantique, qui accroît la puissance des machines, et l’intelligence des robots, qui prendront les jobs d’un nombre croissant de gens, y compris dans les classes moyennes, ou plutôt les changeront.
Toutes les grandes firmes – Google, Facebook, Amazon, IBM en tête– investissent aujourd’hui le terrain de l’intelligence artificielle dont les couches se superposent, lentement mais sûrement, les unes après les autres. Le Japon vient d’annoncer le début d’une révolution robotique.
QI à la demande : robots libérateurs ou asservisseurs ?
Dans cette marche vers une super intelligence – peut être l’événement le plus important de l’histoire de l’espèce humaine–, de nombreuses voix s’élèvent pour réclamer plus de contrôle, de surveillance et de régulation de ces machines, sans morale ni conscience, mais aussi des quelques firmes à mêmes de les faire tourner. Même si elle reste sommaire, toujours incapable de produire une pensée logique complexe, de clarifier des questions imparfaites, de bien réagir à l’inattendu, ou de mener un vrai dialogue avec l’homme, l’intelligence artificielle est de plus en plus un service invisible distribué à la demande, en arrière-plan, comme le cloud.
On évoque déjà à Washington la création d’une agence fédérale de la robotique, à Paris celle d’un CSA des algorithmes. Pourquoi pas un médiateur ou un audit collaboratif permanent ? Il faudra créer des infrastructures pour inspecter ces algorithmes et probablement se doter d’une éthique collective sur les données. La transparence seule ne suffira pas. Et gare à la dangereuse tentation actuelle des dirigeants politiques, démunis de solutions, à sous-traiter les affaires publiques à la Silicon Valley, nouveau fournisseur – par défaut– de solutions aux grands maux actuels de la société.
Est-il déjà trop tard ? Notre dépendance à l’égard de technologies que nous ne comprenons ni ne contrôlons est-elle déjà addictive ? C’est ce que craint le philosophe Bernard Stiegler qui dénonce « la société automatique », ou l’auteur américain Nicholas Carr qui regrette « la cage de verre » où nous sommes déjà enfermés, privés par les automates d’éléments essentiels de nos existences.
Même le fameux physicien Stephen Hawking ou la nouvelle superstar de l’innovation américaine, Elon Musk, sont inquiets : il y a un risque, disent-ils, de « provoquer le diable », un risque que nous ne soyons que les starters biologiques d’une super-intelligence qui arrive. « Encore plus dangereux que le nucléaire ! ». Peut-être même la pire erreur de notre histoire ! Car si la connaissance est transmissible, la sagesse, elle, ne l’est pas, nous a appris Hermann Hesse.
Eric Scherer
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ps : Nous développerons tous ces sujets d’influence et de dépendance dans notre Cahier de Tendances Méta-Media N°8, Automne – Hiver 2014 / 2015, et notamment les chapitres suivants :
- dépendance aux médias sociaux
- dépendance aux données
- dépendance à Google
- dépendance aux algorithmes
- dépendance aux robots
- dépendance aux tuyaux
Le cahier sera disponible ici, sur Méta-Media en pdf, à la fin du mois.
(Illustration : Jean-Christophe Defline)
Génération hashtag : la culture à l’âge du numérique natif
Par Clara Schmelck, journaliste médias à Intégrales Mag, billet invité
Non, cette fois, les jeunes ne feront pas comme leurs aînés et ne reprendront pas l’héritage (analogique) ! C’est même l’inverse qui se produit : les plus de 35 ans adoptent les usages des « digital natives » et basculent à leur tour vers le numérique, confirme cette semaine une étude de Bain & Company pour le Forum d’Avignon.
Le numérique natif se consomme partout et à tout âge
Intitulée « Génération #hashtag », l’expertise sur les enjeux de la consommation de contenus culturels dématérialisés fait bien apparaître comment les « migrants du numériques », c’est-à-dire les plus de 35 ans, s’approprient les formats numériques natifs des jeunes nés avec l’internet, qui représentent la seule génération montante qui n’imitera pas les comportements des anciens. Une vraie transmission inversée entre les générations.
Si l’étude a choisi de nommer cette génération « hashtag », c’est pour insister sur la consommation croissante des médias de deuxième génération numérique, qui se consomment connectés, et sont conçus pour être partagés. Les oeuvres littéraires produites pour et par le numérique sont ainsi en train de remplacer les e-books, qui n’étaient qu’une transposition sur format digital des livres imprimés.
Ainsi, 93% des plus de 36 ans interrogés par Bain déclarent écouter de la musique en streaming, et la plupart d’entre-eux la partagent ponctuellement sur les réseaux sociaux. Angry Bird n’est pas réservé aux Early Birds : 55% des plus de 36 ans plébiscitent le format « numérique natif » pour jouer, quand la proportion des 15-25 ans à jouer en ligne n’atteint que 46%.
Cette tendance est mondiale :aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, France, en Allemagne et en Suède, 59% des consommateurs âgés entre 26 et 35 ans et 38 % des plus de 35 ans participent déjà à la Génération #hashtag. Ils sont 11 et 13% respectivement à être caractérisés comme des « irréductibles de l’analogique ». Dans les pays émergents (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), plus de 30 % des consommateurs âgés de plus de 25 ans ont déjà migré vers les supports numériques natifs.
Investir dans les formats natifs
« Musique et vidéo en streaming, jeux en formats courts : les contenus privilégiés par la nouvelle génération d’audiences ont dépassé l’héritage des supports analogiques pour devenir nativement numériques. Les industries culturelles doivent une fois de plus s’adapter pour s’approprier ces formats, rencontrer de nouveaux publics, et trouver de nouveaux relais de croissance, notamment dans les pays émergents ».
« Avec cette troisième vague, après l’analogique et le numérisé, il ne s’agit pas seulement d’une modification des supports, mais de changements fondamentaux débouchant sur une nouvelle forme de créativité« , souligne Laurent Colombani, associé chez Bain, et l’un des auteurs de l’étude. Pour créer de la valeur, l’industrie de la culture doit donc éclater, recomposer, donner à partager. Disney, en achetant Maker Studio, spécialisé dans la production de films destinés à YouTube, anticipe l’avenir proche en se lançant dans la création participative et dans les formats courts.
Monétiser ces nouveaux contenus, la valeur est dans la reco
Le défi le plus délicat à relever pour l’industrie de la culture réside moins dans la capacité à innover en terme de création qu’à parvenir à monétiser efficacement ces nouveaux contenus culturels. Les industries culturelles doivent se réinventer pour survivre.
« Tandis que les nouveaux modèles, libérés du bagage analogique, gagnent du terrain et que les exigences de la Génération #hashtag augmentent, le succès futur des industries créatives dépend de leur capacité à réinventer leur approche : de la production à la distribution. », explique Laurent Colombani.
Le micro-paiement apparaît comme une solution satisfaisante : elle répond à la logique de fragmentation des contenus. Les ventes de musique en ligne n’ont décollé que lorsque l’offre musicale a été personnalisée. Mais ces sources de revenu sont insuffisantes. L’écart de rémunération pour l’artiste avoisine la proportion de de 1 à 20 entre la chanson vendue par téléchargement et la même sur streaming.
Le 3 novembre, la chanteuse Taylor Swift, qui vient de vendre 1 million de CD en une semaine avec son dernier album « 1989 », a décidé de retirer l’ensemble de ses titres musicaux de la plate-forme de streaming Spotify, qu’elle considère trop peu rémunératrice. Les consommateurs de contenus numériques natifs qui consentent à payer pour écouter de la musique sont encore trop peu nombreux, par rapport à ceux qui consomment du streaming gratuitement.
Les entreprises de contenus culturels développent de multiples stratégies payantes fondées sur la perception de la valeur par les consommateurs. Mais, pour le consommateur, où réside la valeur de l’objet artistique dématérialisé ? Il semble que le curseur se soit déplacé, dans une première phase, du créateur vers le support technologique. En prenant la place des albums sur Vinyle et sur Compact Disc, qui valorisaient l’artiste, l’Ipod met en valeur le confort de l’écoute (un objet de portatif de la taille d’une paume qui possède en mémoire un immense répertoire).
L’étude de Bain montre qu’aujourd’hui, la valeur ne réside plus dans le support technologique, qui, par ses fonctionnalités de pointe, mettaient en valeur le mode de consommation d’un contenu, mais dans la pertinence des recommandations. 75% des visionnages de contenus cinématographiques sur Netflix sont déclenchés par les recommandations de l’algorithme. Ce que payent les gens lorsqu’ils souscrivent à un abonnement à Netflix, ce ne sont pas des films et des séries, mais le service apporté par une plate-forme capable d’exploiter leurs données personnelles.
Rééquilibrer le marché
Enfin, l’étude, réalisée dans 10 pays auprès de 7.000 répondants, montre qu’il est urgent d’opérer à un rééquilibrage du marché de la culture : en 2013, l’Europe de l’Ouest et l’Amérique du Nord représentaient près de 70% des revenus de l’industrie de la musique et de l’audiovisuel.
Quelle force exercera l’Europe dans ce puissant relais de croissance ? Le vieux continent semble pris en tenaille entre le continent américain, d’où proviennent les plateformes et les formats numériques de la génération #hashtag, et les pays émergents, les vrais grands porteurs des marchés de demain.
Les BRICS, un vivier d’un milliard de nouveaux consommateurs potentiels, sont demandeurs de ces médias de troisième génération. Ces pays, qui n’ont pour la plupart pas connu la 2ème génération de médias, mais où le taux de pénétration des smart phones explose (50% en Chine, 54% au Brésil) passent directement à l’âge du numérique natif, où le modèle freemium pourrait bien s’imposer.
par @ClaraSchmelck