BBC Pop Up : un bureau mobile en Amérique du Nord
Jolie initiative de la BBC qui prend la route et démarre aujourd’hui un périple de six mois en Amérique du Nord. Une petite équipe de journalistes, dotés d’équipements ultra-légers, s’arrêtera un mois dans six endroits différents du continent pour raconter à une audience mondiale la vie locale.
La 1ère étape de « BBC Pop Up » (qu’on peut traduire par « la BBC surgit ») se déroule actuellement à Boulder dans le Colorado, où l’équipe a déjà organisé des réunions avec la population pour connaître ses soucis et répondre à ses souhaits de sujets à couvrir.

Les aventures et les coulisses de l’aventure sont racontées sur un Tumblr déjà bien alimenté !
La télé est le nouveau cinéma (IFA Berlin)
Difficile de trouver, cette année dans les allées de l’IFA à Berlin, les téléviseurs HD que vous, comme moi, possédez. L’heure est aux écrans de toute taille – de 1 à 100 pouces— et désormais le plus souvent en Ultra Haute-Définition (U-HD), souvent courbés, et à des prix enfin plus démocratiques.
La tendance, entre-aperçue il y a un an, se confirme : tout est fait, via de spectaculaires images immersives 4K (et bientôt 8K), des systèmes audio à haute résolution et des projecteurs lasers impressionnants, pour encourager le public à profiter, sans bouger de chez lui, d’une offre super abondante de contenus et d’œuvres, de plus en plus transmise par Internet, et disponible, sans friction, sur tous les écrans.
Car, bien évidemment, tous ces équipements sont aujourd’hui connectés et communiquent ! On ne parle d’ailleurs plus guère de smart TV. Mais bien plutôt de « smart home », de maison intelligente, où tout est relié. Y compris, et surtout, à votre smart phone.
« La télévision est le nouveau cinéma », a martelé le patron Europe de Samsung, 1er fabricant mondial.
Alors que la 3D a quasi disparu, cette édition IFA 2014 est bien l’année pivot pour cette industrie, tous les fabricants sans exception exposent des gammes extrêmement importantes de téléviseurs Ultra-HD.
Quels contenus 4K ? Ceux du Net et d’Hollywood !
Les fabricants, qui savent que les groupes audio-visuels traditionnels ont déjà du mal à passer en full HD sur toutes leurs chaînes, se tournent de plus en plus vers les acteurs du web ou s’adressent directement à Hollywood.
Netflix, Amazon, Chili, Maxdome, Paramount sont autant de fournisseurs, via le net. Attention, il faut disposer toutefois d’au moins 16Mb/s de débit à la maison !
Samsung n’a pas hésité à faire venir le grand patron de la 20th Century Fox pour confirmer ses propos et s’engager dans une coopération R&D. Tous les studios d’Hollywood tournent aujourd’hui en 4K. Sony met en avant son catalogue de VoD, soit déjà 160 films en 4K. Samsung signe aussi avec l’Opéra de Vienne pour des concerts captés en 4K.
Les fabricants proposent aussi des dispositifs, qui sans aller jusqu’à la 4K, réhaussent l’image HD.
Cette année France Télévisions était aussi présent avec une nouvelle démo sur le stand de LG en proposant un service VOD Ultra-HD (utilisant le standard européen HbbTV). A en croire l’Arcep, plus de 3 millions de foyers disposeraient en France de ces capacités en bande passante nécessaires. Aux FAI de laisser correctement transiter ces flux !
Les prix baissent vite : 500 $ pour l’entrée de gamme !
D’aucuns pourraient évoquer le paradoxe entre la débauche de ce type de matériel et notre époque de crise. Mais nous sommes ici en Allemagne où le contexte économique est différent, et surtout les prix baissent fortement !
En entrée de gamme le chinois Changong propose la 4K à 500 $ pour son 48‘, 799€ pour un 55’ (équipements compatibles avec le dernier cri des technologies particulièrement HEVC le fameux standard de compression dédié à l’Ultra-HD, nous assure-t-on).
Outre ces TV 4K chinoises (Philips, Changhong, Hisense et autres Thomson TCL), la plupart des autres produits UHD sont compris entre 1.500 € à 3.000 €, parmi les grands constructeurs présents (LG, Samsung, Sony, Panasonic etc.). Compter 2.000 euros pour l’entrée de gamme 4K chez Samsung (écran 55 pouces)
Samsung, qui revendique déjà 60% du marché de la 4K, parie sur les écrans courbes pour renforcer encore l’immersion. Caméras et appareils photos arrivent aussi progressivement à la 4K, chez Sony ou Panasonic. Objectif : « autant YouTube que la TV ! »
A noter que même si l’Oled est présent chez beaucoup de fabricant, c’est chez le coréen LG que cette technologie d’affichage de très haute qualité est massivement présente puisque sur des lignes de produit très vastes jusqu’au très haut de gamme flexible en 77′.
Saluons aussi Sony qui a présenté un produit époustouflant de qualité Ultra-HD avec son projecteur laser « 4 K Ultra Short Throw Projector » qui transformera peut-être fin 2015 vos salons en vraie salle de cinéma (les chinois s’y préparent aussi : notamment Changhong avec pour l’instant la Full-HD).
Samsung à profité de sa conférence de presse pour enfin annoncer le logo Ultra-HD qui devrait imposer à tous les constructeurs un « kit de base » obligatoire de technologies embarquées à tout téléviseur pour se prétendre Ultra-HD.
(détail technique : contrairement aux salons précédents, les constructeurs ont enfin décidé de généraliser dans ces téléviseurs les technologies de réception DVB-T2 et DVB-S2 accompagnées des nouveaux codec H265, le fameux HEVC, destiné à l’Ultra-HD, beaucoup plus efficaces que le MPEG4 en terme de bande passante nécessaire).
L’audio revient en force
Il revient en force, on l’a dit, avec des partenaires web, comme Spotify. Mais aussi en relançant des grandes marques de la hi-fi (amplis, serveurs…) comme Technics par Panasonic. Sony, inventeur du Walkman, renoue aussi avec cette tradition de qualité : l’Audio-HD ! Le japonais l’intègre sur ses produits nomades destinés aux audiophiles mais aussi sur ses nouveaux et très réussis smartphones comme le Z3 et Z3 compact.
LG, confirmant l’intérêt que portent ces fabricants à la gestion intelligente de l’audio dans les foyers, après Bose ou Sonos, a présenté sa solution LG Music Flow, mais la concurrence sera sévère.
L’américain Harman transmet vos sources audio depuis votre smartphone en bluetooth et très astucieusement les fait suivre en WIFI dans le reste des pièces sur ses enceintes adaptées.
Vous allez aussi parler à votre montre !
Evidemment beaucoup de montres connectées, nouvelles vedettes du salon. Une vraie déferlante ! A commencer par celles de LG, Sony ou Samsung. Souvent en partenariat avec Google. En attendant peut être l’iwatch d’Apple ! Mais le « wearable » reste une technologie qui se cherche.
Distinguons déjà deux catégories :
- le nouvel écran du geek, hors de toute mode, juste de la très haute techno portée au poignet de ses fans
- l’objet classique modernisé et connecté
Porterez-vous l’ASUS Zenwatch ou la Samsung Gear S parce que vous la trouvez jolie ou parce-qu’elle est incroyablement puissante ?
En tout cas elle a déjà séduit le constructeur automobile BMW qui permet depuis cette montre de démoder les inventions les plus folles confiées à l’agent 007 ! Depuis votre Gear S vous pourrez télécommander le véhicule électrique phare de la firme de Munich la i3 !
Beaucoup plus sages, les très performantes montres de Sony (Smartwatch) ou son bracelet original utilisant la techno e-paper d’affichage pour son Smartband Talk, objet hybride de montre et de capteur d’infos personnelles, ou celle de LG.
Le foyer connecté, la vraie tendance de l’IFA 2014
En fait, c’est moins l’addition de gadgets, censés nous faciliter la vie, qu’une nouvelle vision qui est en train de s’imposer : celle d’un univers domestique extrêmement communicant au coeur d’une révolution industrielle qui s’annonce (Internet des objets et mégadonnées).
Sans exception tous les ténors avaient sur leur stand leur vision de la maison du futur. Sony nous a fait visiter le sien, LG avait aussi son concept, Haier et ses prototypes communicants de réfrigérateurs de l’IFA 2020. Mais aussi le turc Vestel ou Panasonic (dont les miroirs intelligents, analysant votre mine, vous donne des conseils alimentaires et cosmétiques) et bien sûr Samsung.
Un signe : ils regroupent maintenant sur la même surface d’exposition les équipements (produits bruns et blancs) présentés jusqu’ici dans des halls différents.
C’est la maison du futur de tous ces constructeurs qui entendent interconnecter nos vies avec leurs matériels: équipements de loisir, électroménager, chauffage, voiture, sécurité, santé etc….Européen, Chinois, Coréens tous y voient des enjeux business considérables alors que l’électronique grand public s’essouffle et que smartphones et tablettes représenteront à eux deux l’an prochain, selon l’IFA, la moitié des revenus du secteur !
C’est le géant Samsung Electronics qui a poussé le plus loin le concept en plaçant physiquement la « smart home » au centre de son gigantesque stand du nouveau hall « City Cube » de l’IFA à Berlin.
Son président en personne, BK Yoon, lors d’une keynote mémorable vendredi, a surpris un auditoire par sa vision futuriste autour de l’Internet des objets et des Big Data. A la tête d’une groupe high tech de plus de 220.000 personnes dans 24 pays, cet industriel balaie les détails techniques. Pour lui, l’avenir c’est surtout quatre grand défis qui vont tout dominer:
- La connectivité des hommes (aujourd’hui 6,8 milliards d’abonnements mobiles et 2,7 milliards d’abonnements internet).
- L’urbanisation croissante (avec en 2020, 60 % de l’espèce humaine urbaine).
- Le vieillissement de la population (en 2023, 1 milliard d’homme aura plus de 60 ans)
- Les risques climatiques (puisque depuis 1990, les conditions météo ont varié de 200 % par rapport aux relevés habituels).
Pou Samsung, Kent Larson, Directeur des sciences de la ville au MIT de Boston, imagine déjà nos foyers de demain qui seront transformables, hyper efficaces (8 personnes dans 28 m² ) et personnalisables.
Illustration:
L’IFA fête cette année ses 90 ans de foire électronique grand public qui a débuté avec l’exposition des radios et a eu comme keynote en 1931 un certain … Albert Einstein.
Billet réalisé à quatre mains avec Bernard Fontaine, France Télévisions Prospective & Editions Numériques
Liens vagabonds old et new media
A RETENIR CETTE SEMAINE :
- Un second journaliste américain assassiné par l’Etat islamique
- Box Office : Hollywood connait son pire été depuis 1997
- Jeff Bezos met un des fondateurs de Politico à la tête du Washington Post
- Vice ne s’arrête plus et lève 250 M $ supplémentaires, 500 M en une semaine ! Les investissements reviennent dans le journalisme
- Paiement électronique : accord Apple et toutes les cartes bancaires
- Vie privée: le “celebgate”, incident majeur via smart phones d‘Apple
- YouTube pourrait valoir plus de 40 milliards $
- Michael Bloomberg reprend les commandes de Bloomberg
- Le conflit Amazon vs. éditeurs s’étend au Japon
- Mercredi 10 septembre, journée de l’Internet ralenti
- Twitter veut réduire le bruit et adopter un tri algorithmique
“MUST READ” :
- Les vrais grands magnats de la presse sont dingues ! – Sarah Lacy
- Le niveau de hacking est invraisemblable, prévient un hacker
- Comment Google pourrait vraiment aider les journalistes – Om Malik
- Hollywood va devoir vraiment changer ! – HR
- Ralentir le temps, c’est possible: avec l’iPhone débarrassé des distractions. Mode d’emploi – Medium
- Les luddites n’étaient pas technophobes, c’étaient des stratèges sociaux – MotherBoard
SAUVONS LA NEUTRALITE DU NET :
- Manif sur Internet : ralentissement de grands sites US pour dénoncer menaces sur neutralité du Net – Guardian
- Si la neutralité du net disparaît, nous disparaissons aussi – Wired
SURVEILLANCE vs. CONFIANCE :
- Face au contrôles, vive l’Indie Web – GigaOm
NOUVEAUX USAGES, COMPORTEMENTS:
- La SVoD déjà grand public aux USA et UK – BBTVN
- Le streaming vidéo pratiquement au niveau de la TV linéaire – AT
- 4 TV connectables sur 5 sont connectées – DTVE
- Esports : le nouveau grand sport spectacle – Guardian
DISRUPTION, REVOLUTION, DISLOCATION :
- Le Los Angeles Times démarre la diffusion de documentaires originaux
- La nouvelle guerre NYTimes / WashPost sur les niches et le numérique – Ken Doctor; 3 choses bien faites par le WashPost – GigaOm
- Vice Media : nouvelle levée de 250 M $ – NYT
- Une dirigeante de Google devient CTO des Etats-Unis – Fortune
- Vous ne connaissez pas O2L ? Danger ! – Kernelmag
- Comment un magazine est sauvé par la vidéo – NYT
- La révolution numérique va aussi pulvériser l’édition scientifique – TC
- Les journaux allemands se mettent à publier en anglais les uns après les autres h– Mediabriefing
- USA Today : 60 à 70 licenciements, moitié à la rédac – Poynter
- Nouveaux luddites : les technophiles sceptiques – The New Republic
MOBILITES / WEARABLES :
ROBOTS, INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, AUTOMATISATION, BIG DATA, MACHINE LEARNING :
- La nouvelle censure algorithmique – Guardian
- Grévin, Tussaud au renccart : les stars ont des robots à leur image – 33rdsquare
NOUVEAUTES :
- Brief.me : le tri dans l’actu du jour
- The Most : site de pure curation externe du WashPost
- GoMet’ : média métropolitain pour la région de Marseille
SMART TV / STREAMERS / VIDEO / MULTI-ECRANS :
- BBC : 3 émissions sur la fashion week uniquement sur l’iplayer – DTVE
- VoD : Wuaki.tv démarre en France – Zdnet
- Vodafone : offre 4K dès l’an prochain – DTVE
AMAZON
NETFLIX :
- Netflix pourrait bientôt proposer des formats courts pour mobiles – GigaOm
- Netflix peine à décoller au Québec – JournaldeQuebec
- Suisse : Liberty B-Global lance un service de SVoD juste avant l’arrivée de Netflix – DTVE
- Popcorn Time (streaming illégal) dépasse Netflix aux Pays-Basht– BBTVN
- Netflix : 1re fenêtre exclusive SVOD de la série Gotham (Fox) après la diffusion en TV
#SOCIALTV :
YouTube & Co:
- Hausse annuelle de 40% du trafic pour les chaînes stars de YT – Guardian
- Awesomeness TV : la télé des ados
HOLLYWOOD :
STORYTELLING :
- Trois applis gratuites très visuelles pour iOS – Journalism
- John Oliver sur HBO : must share TV – New Yorker
PUB :
- La vidéo en ligne prend de la pub à la TV – Deadline ; le beau futur de la pub vidéo, notamment pour YouTube – Jefferies
JOURNALISME 2.0 :
OUTILS :
Régie IP, images 4K: technos TV du futur, pour la BBC
Par Olivier Jouinot et Claire Mérienne Santoni, France Télévisions, innovations&développements
Production « low cost » de programmes via Internet et mix d’images 4K/HD ont donné un aperçu des technos de la télé de demain, présenté cet été par la BBC, lors des XXème jeux du Commonwealth à Glasgow en Ecosse, retransmis aussi en direct sur IP.
1 La régie IP
Le projet « IP Studio » a montré qu’une production TV avec des équipements informatiques standards, remplaçant des produits broadcast, dédiés et coûteux, sera bientôt possible en utilisant un réseau IP classique pour le transport des flux.
Seuls restent aux deux bouts de la chaîne caméras et micros, d’une part, et écrans et haut-parleurs, d’autre part (ainsi que le mélangeur audio qui reste traditionnel dans cette expérimentation).
Plusieurs sites furent impliqués dans l’expérimentation : l’Hydro, le stade d’athlétisme (avec 4 caméras Ultra HD), Hampden Park, le stade principal (1 caméra Ultra HD alimentant l’application Venue Explorer), le studio de production (Centre des Sciences de Glasgow, lieu de la démo), des locaux de la BBC à Londres (régie audio où sont mixés les commentaires) et 2ème régie de production en démo à Salford.
Réseau public managé
Ces lieux sont reliés par un réseau public managé « JANET » (Joint Academic Network), offrant un débit de 100 Gbs (mais des problèmes rencontrés lors du démarrage ont forcé l’équipe à travailler avec seulement 10 Gbs pour la liaison avec Londres, suffisant à l’expérience) et un réseau de fibre noire opéré par Virgin Media pour les liaisons avec les stades. Les switches réseau sont fournis par Cisco. Tous les signaux sont disponibles sur l’ensemble du réseau, en version U-HD et HD.
Quatre caméras Ultra-HD Sony F55 sont situées dans l’un des stades de la compétition. Les caméras ne disposant pas encore d’interface IP embarquées, leur flux SDI alimente des PC équipés de cartes vidéo. Un logiciel développé par la BBC réalise ensuite l’encodage et l’empaquetage des données en un flux RTP.
Deux qualités sont encodées simultanément; un flux U-HD en AVC Intra à 800 Mbps (les premiers essais débutèrent avec un flux à 1,2 Gbp, mais en raison de pertes de paquets et d’une trop grosse charge sur le mélangeur IP, le débit dut être abaissé), ainsi qu’un flux HD à 100 Mbps. Ces PC sont situés au plus proche des caméras.
La régie de production (située à quelques centaines de mètres du lieu de captation) est équipée d’une mosaïque alimentée par les flux RTP disponibles sur le réseau (les 4 caméras UHD ainsi que les retours des différents lieux de production).
Une application Web en Java développée par la BBC réalise la commutation des sources (le « mélangeur IP »), et un moniteur affiche la sortie programme. L’application peut gérer 3 flux RTP simultanés en entrée et 1 flux de sortie, une pré-sélection est donc nécessaire pour pouvoir passer « à l’antenne » une source qui n’est pas déjà dans ce flux RTP, un léger délai (temps d’ajout de la source au flux multicast) est donc nécessaire avant de pouvoir commuter une source.
Le réalisateur présélectionne chaque source sur une barre de premix avant de la passer « à l’antenne », seules les transitions « cut » sont possibles. Les commutations, parfaitement propres et instantanées, se font à l’image sur le flux HD et sont reproduites à l’identique sur la même image sur le flux U-HD, via des données de contrôle.
Dans la régie se trouvent deux points de contrôle qui assurent un monitoring en continu du réseau et enregistrent la totalité des données (qui permettront une analyse plus fine des résultats à la fin de l’expérience, mais qui permet aussi un ajustement au besoin chaque nuit des développements et réglages des différentes applications par les équipes de Londres). Ces points permettent également le contrôle des différentes applications, et la communication via Chat des ingénieurs qui « customisent » au fur et à mesure leur installation.
Ce genre d’installation est donc encore loin d’être « plug’n’play », d’autant que doit être optimisée en permanence la charge CPU des ordis, très sollicités compte tenu des débits utilisés.
Enfin, en aval de cette démonstration de production tout IP, les flux sont encodés pour transmission expérimentale en numérique terrestre (HEVC 35 Mbs) et en broadband (MPEG DASH HEVC 35 MBps). Deux écrans témoins affichent les résultats des 2 transmissions.
U-HD à 100 images / seconde
Plusieurs autres démonstrations ont été installées autour de ce studio tout IP. Une captation Ultra HD High Frame Rate: les images tournées à 100 images par seconde offrent sans surprise une plus grande fluidité des mouvements sur les images d’athlétisme présentées que leurs voisines à 50 images secondes. Plus surprenante est la faible augmentation de débit sur le flux encodé qu’elles génèrent : plus 8% en moyenne.
2 L’explorateur de stade pour ré-inventer le direct
L’appli web « Venue Explorer » permet au spectateur d’explorer et de zoomer de manière interactive dans une image panoramique de très haute résolution lors d’un évenement en direct, via un le flux MPEG DASH. La bande son s’adaptant automatiquement au choix retenu. Des infos en sur-impression peuvent aussi être fournies sur l’écran pour compléter (données sportives, background…).
Elle exploite les possibilités spatiales d’une image Ultra HD, additionnée à 9 images HD recouvrant la même zone de captation.
L’image source est une vue d’ensemble d’un stade qui se prête bien à ce dispositif puisque plusieurs compétitions s’y déroulent simultanément à différents endroits. Lors de la démonstration, le passage d’une définition à l’autre n’est malheureusement pas très fluide. L’interface développée en HTML 5 permet à l’utilisateur de choisir entre différents modes audio : mélange automatique suivant la sélection image ou choix parmi les sons des différentes compétitions en cours. Jusqu’à 10 composantes audio peuvent être intégrées au flux.
L’utilisation de méta-données superposées à l’image vient compléter le dispositif, en plus du nom des compétitions, l’utilisateur peut accéder à des informations contextuelles supplémentaires sur la discipline, les athlètes, etc.
A suivre !
Liens vagabonds old et new media
A RETENIR CETTE SEMAINE :
- BBC: l’audience en ligne pourrait bientôt dépasser celle de CNN (+ 30% depuis 2012)
- Vice Media: Disney et Hearst prennent 10% (pour 250 mlns $) valorisant la start-up à 2,5 mds $
- Avec Twitch, Amazon se dote de son propre YouTube ou d’un ESPN des jeux vidéos
- Facebook change son algorithme pour réduire le “clickbait”
- Amazon lance sa plateforme publicitaire et Google expérimente des drones
- Breaking Bad, grand gagnant des Emmys Awards
- “Marseille”, la série française de Netflix, écrite par Dan Franck
“MUST READ” :
- YouTube: l’émergence de toute une industrie, style Hollywood – Bloomberg/BusinessWeek
- Fiction : une soirée en 2022, fin de la TV ou la TV sans fin – Jerome Derozard
- Réalité virtuelle : les hauts, les bas, les hauts ! – The Verge
- Prédictif first ! – TC
A VOIR :
- Images de synthèse qui font croire à la réalité – Gamersbook
- La carte mondiale des connexions Internet – Gizmodo
SAUVONS LA NEUTRALITE DU NET :
- Mesh : vers un Internet sans opérateurs ? – Medium ; solution hyperlocale: simplement relier les gens entre eux – Fred Wilson
- Ferguson : nouvel argument pour sauver la neutralité du Net – Salon
- Netflix assure que 99% de ses connexions avec les FAI ne sont pas payantes – ArsTechnica
SURVEILLANCE vs. CONFIANCE :
- Combien vaut votre vie privée ? – MIT
- La NSA a son propre Google – The Intercept
- 25 ans après, le web n’est plus égalitaire : que s’est il passé ? – Guardian
NOUVEAUX USAGES, COMPORTEMENTS:
- Les ados préfèrent la tech aux fringues – NYT
- La SVoD a conquis plus d’un tiers des foyers américains – Marketing Charts ; hausse de 26% en un an – emarketer
- TV : baisse de 7% du temps passé par les ados de 12-17 ans en 5 ans – Etcentric ; ce qu’ils regardent est assez éloigné de la TV tradi – WashPost
- SnapChat a plus de 100 millions d’utilisateurs – WSJ
DISRUPTION, REVOLUTION, DISLOCATION :
- Musique : d’ici 5 ans le streaming assurera 70% des revenus – GigaOm
- BuzzFeed monte une équipe jeux vidéos – TC
- La pub numérique supérieure à celle de la TV en 2017 – Poynter
- Le journalisme va très bien. C’est le modèle des mass media qui est en crise – GigaOm
- Turner : Plan de départs volontaires de 6% du personnel (600 personnes éligibles) – CNN
- Quel avenir pour les magazines ? – NYmag
- SnapChat évalué à 10 mds $ – WSJ
MOBILITES / WEARABLES :
ROBOTS, INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, AUTOMATISATION, BIG DATA, MACHINE LEARNING :
- Détecter automatiquement les faits saillants d’une émission – BBC
- Facebook change de nouveau son algo pour réduire le « clickbait » de BuzzFeed, UpWorthy – GigaOm
- Pub TV en 2020 : l’essentiel sera fait par des robots – MediaPost
NOUVEAUTES :
- Twitter : vous pouvez consulter vos statistiques
- Instagram propose une appli de timelapse ; l’équivalent d’un matériel pro de 15.000 $ – Wired
- N3twork: une appli pour faire le tri dans les vidéos – Wired
- La nouvelle Une de Quartz et les explications
SMART TV / STREAMERS / VIDEO / MULTI-ECRANS :
NETFLIX :
YouTube & Co:
- PewDiePie : 30 millions d’abonnés ! – Tubefilter
- Mashable met le paquet sur YouTube – Digiday
HOLLYWOOD :
- Emmys Awards : la liste des gagnants – HR
- Cinéma : la fin des projectionnistes – Indiewire
STORYTELLING :
- Le nouveau Vine n’est plus le même – Mashable
PUB :
- Amazon prépare une plateforme de pub – WSJ
- Le réseau de pubs natives de Yahoo – AdAge
- Médias, dont TV: la part de la pub diminue – MediaLifeMag
JOURNALISME 2.0 :
- Ferguson : quand le HufffPost fait du crowdfunding pour financer son reportage – The Awl
- Blendl, l’iTunes du journalisme: de 0 à 100.000 utilisateurs en 4 mois – Medium
- Une banque d’images libres de droit sur Flickr – BBC
- Le Guardian noue des partenariats locaux – CJR
EDUCATION
- Versal, outil en ligne pour enseigner
- Et si l’éducation se fragmentait comme le reste, s’interroge le MIT
OUTILS :
L’absence de débat, vraie raison du carnage dans les hebdos allemands
Par Robert Amlung, directeur de la stratégie numérique de la chaîne publique allemande ZDF
- 14 août : le directeur du Stern doit rendre les clés.
- 22 août : le directeur du Spiegel est dans le collimateur des propriétaires du journal. Il reste – en sursis.
- 26 août : le directeur du Focus est remplacé.
Ce mois d’août en Allemagne est frais et pluvieux. Mais dans les grands hebdomadaires, il est chaud, et surtout très orageux.
La classe médiatique allemande est stupéfaite : que se passe-t-il ?
A première vue, le recul des chiffres de la distribution est évoqué. Le Stern a perdu 11% de son tirage en trois ans, le Spiegel 8% et Focus 14%. La tendance est claire, et elle est négative. Et, comme partout en Europe, les recettes de la publicité reculent aussi, fortement. Les perspectives économiques sont perturbées dans les grands groupes de presse allemands.
Que faire ? Le reflexe, comme en France, est de remplacer le chef quand les temps deviennent difficiles. On attend donc le nouveau chef, ses projets, son style, ses méthodes.
Pure illusion ! Les problèmes de la presse, des médias, du journalisme dépassent de beaucoup une seule personne, fut-ce un grand boss ! C’est désormais évident.
Est-ce vraiment une crise ?
Regardez le Spiegel. La maison est divisée. D’un côté, les journalistes du journal papier, de l’autre, ceux du site web, Spiegel Online. Les uns copropriétaires de l’entreprise, les autres mal payés. Les uns gardiens d’une vénérable institution, les autres innovateurs insolites et provocants. Les deux parties, où règnent de forts égos, se détestent et ne veulent pas se comprendre.
C’est probablement là que se situe le cœur de la crise. Mais est-ce vraiment une crise ? Le mot vient du grec « krisis » qui signifie « décision ». Une crise c’est le moment décisif d’une maladie. On en est hélas bien loin. Aujourd’hui, la presse écrite est malade, c’est vrai. Mais la krisis, elle, n’est pas en vue. Pour le moment, c’est le blocage total.
Et pourtant, il y aurait tant à discuter, à échanger, ensemble.
Comment bien réagir, nous journalistes professionnels, à cette nouvelle concurrence du public (« qu’on appelait autrefois l’audience », selon Jay Rosen) ? Quel sera notre rôle demain ? Comment amener nos pratiques professionnelles en direction d’une plus grande conversation itérative, en temps réel, avec nos lecteurs, téléspectateurs et utilisateurs ? Dans quel esprit voulons-nous faire désormais du journalisme ? Et quels sont les événements qui méritent aujourd’hui notre couverture professionnelle ?
Cette discussion n’a pas lieu en Allemagne.
En France, pas beaucoup plus, semble-t-il, si on en croit le tweet réagissant à l’excellent documentaire d’ARTE « Presse sans papier » diffusé cette semaine :
#PresseSansPapier Dans les rédactions web, on n’a rien appris mais on espère que les copains du papier ont regardé. #arte
— Flavien Plouzennec (@FlavienP) 26 Août 2014
Hélas, dans cette époque de malaise et de dialogue de sourds qui dominent notre profession, ce sont malheureusement les chiffres qui règnent : diffusion du dernier numéro, parts d’audience, clicks, pages vues, nombre d’abonnés sur Twitter, etc.
Certes, c’est important. En plus, c’est simple. Mais les nécessaires et délicates prises de consciences sont délaissées, ajournées.
Suivre de près ses statistiques ne suffira pas. Il nous faudra avant tout produire du journalisme passionnant de qualité, communiquer avec le public, avoir le courage aussi de le confronter, débattre enfin !
Pour moi, passion et courage sont les deux clés du grand journalisme, d’aujourd’hui et de demain. Sans eux, il n’y aura pas de salut.
Discutons-en ! Ensemble.
Par @robertamlung
Twitch: 3 raisons de racheter le diffuseur des championnats mondiaux de jeux vidéos
Par Jérôme Derozard, consultant pour France TV Editions Numériques et entrepreneur
C’est finalement Amazon qui a eu le dernier mot au nez et à la barbe de Google, que l’on disait gagnant depuis des mois: Jeff Bezos vient donc de faire une offre acceptée de 970 millions de dollars pour le rachat de Twitch.tv, encore inconnu du grand public début 2013.
Initialement Twitch est un spin-off de Justin.tv, l’un des premiers sites à proposer aux internautes une plateforme de « livestreaming » vidéo. Cofondé par Justin Kan en 2007 pour diffuser en direct sa vie 24h sur 24 dans une sorte de Truman Show volontaire, Justin.tv s’est ensuite transformé en plateforme pour permettre la diffusion de chaînes vidéos amateur, souvent filmées par de simples webcams.
Les chaînes y étaient organisées en catégories thématiques, l’une des plus populaires étant la catégorie « gaming » constituée de chaînes dédiées au jeu vidéo. Devant le succès grandissant de cette catégorie l’équipe de Justin.tv décide en Juin 2011 de créer une filiale dédiée au gaming sous toutes ses formes : twitch.tv.
Après sa filialisation et une levée de fonds de 15 millions de $ en 2012 (soit plus que le site Justin.tv lui-même), Twitch est rapidement adopté par les joueurs mais aussi les professionnels (Twitch devient le partenaire officiel des grandes messes du jeu vidéo comme l’E3) pour diffuser des gameplays, parties filmées et commentées par le joueur et proposées en direct et en replay.
Une communauté se crée autour du site, avec des spectateurs de plus en plus nombreux pour assister aux diffusions des jeux populaires du moment. Le site est alors massivement adopté par la communauté de l’eSport qui le transforme en diffuseur officiel des championnats mondiaux de jeux vidéos.
Une finale à plus de 32 millions de spectateurs !
La consécration a lieu en 2013, avec l’intégration directe de Twitch sur les nouvelles consoles Xbox One et Playstation 4 pour permettre aux joueurs de diffuser leurs parties directement depuis leur salon et de visionner des compétitions eSport directement sur leur TV.
Mi-2013 plus de 40 millions de spectateurs se connectent chaque mois sur le site, fin 2013 32 millions de personnes assistent à la finale du championnat mondial League of Legends dont 8.5 millions en simultané, et le site est classé dans le top 5 des sites générant le plus de trafic aux Etats-Unis début 2014 (derrière Netflix, Youtube et iTunes). Le succès est tel que les fondateurs de Justin.tv décident de fermer la maison mère pour se consacrer uniquement à Twitch à l’été 2014.
Et aujourd’hui la diffusion de concerts
L’ambition de Twitch va au-delà du jeu vidéo, et fin juillet cette année le site a diffusé son premier concert, une performance en direct du DJ Steve Aoki depuis Ibiza. La ligne éditoriale s’est également progressivement étendue pour permettre la diffusion de débats et d’émissions non liées au jeu vidéo. Les origines de Justin.tv, premier reality show 100% internet, laisse également envisager des développements vers d’autres types d’émissions habituellement réservées à la TV.
Le jeu vidéo, centre d’attention des géants du web
A partir de mai dernier, les premières rumeurs de rachat par Google se précisent, et le montant fuite très tôt : 1 milliards de dollars, à comparer aux 1,65 milliard déboursés pour l’achat de YouTube en 2006. La raison est claire : renforcer l’offre de chaînes Live de Youtube.
En effet, même si le site de partage de vidéo domine très largement le secteur de la vidéo à la demande amateur et semi-professionnelle, l’audience des chaînes pro de YouTube n’a jamais vraiment décollé malgré les multiples offres de pré-financement.
L’acquisition de Twitch aurait représenté également une opportunité pour Google de se développer dans le secteur du jeu vidéo, occupé par Microsoft et Sony et de plus en plus par Apple. Le succès des championnats eSport dans la population des 15 – 30 ans ouvre la voie d’une audience fidèle – et solvable.
D’autres rumeurs évoquaient d’autres prétendants comme Yahoo qui aurait proposé près de 1 milliard pour compléter son offre de TV Yahoo Screen, avant qu’Amazon ne finisse par emporter l’enchère.
Trois grandes raisons d’acheter pour Amazon
Pourquoi donc racheter une startup qui réalise certes une très forte audience mais génère aujourd’hui un chiffre d’affaires faible et basé uniquement sur la publicité ?
1. Tout d’abord contribuer à positionner l’Amazon Fire TV comme console de jeu « qui a tout d’une grande ». La diffusion de parties en direct est un atout important des Xbox One et PS4, et avec Twitch Amazon pourra à la fois s’aligner en terme de fonctionnalité et mieux faire connaître les capacités de la mini console aux spectateurs de Twitch.
2. Développer sa plateforme de Cloud gaming ensuite, en utilisant Twitch comme canal de promotion de jeux vidéos vendus sur Amazon en téléchargement ou à la demande. Il ne serait pas étonnant qu’Amazon annonce rapidement une offre intégrée à Twitch de cloud gaming sur le modèle de Steam, accessible depuis un PC, une tablette, un smartphone ou une Fire TV, et permettant aux spectateurs d’une partie diffusée sur Twitch de jouer au jeu présenté sans avoir besoin de télécharger ou installer le jeu. Amazon propose d’ailleurs déjà une offre de « game hosting » offrant aux éditeurs la possibilité d’héberger leurs jeux les plus complexes sur le cloud Amazon pour les rendre accessibles depuis n’importe quel écran.
3. Enfin Twitch permet à Amazon de renforcer son offre vidéo « UGC », suite au lancement de « Video shorts » en juillet dernier, et de concurrencer frontalement YouTube. A la clé la possibilité pour Amazon de proposer un véritable bouquet OTT à ses abonnés premium combinant films, séries TV, vidéos virales, clips musicaux et diffusion eSports.
Quelle réponse attendre de Google ?
Se développer dans les secteurs traditionnellement réservés aux chaînes de TV comme les retransmissions sportives ?
Se renforcer dans le secteur de la SVOD pour mieux concurrencer Amazon Prime ?
Le rachat de Twitch pourrait en tout cas contribuer estomper les frontières entre le jeu vidéo et les autres formes de divertissement dans les prochaines années, et à en monétiser une audience qui est aujourd’hui déjà constituée pour près de la moitié de femmes, au moment où Amazon prépare le lancement prochain de sa propre plateforme publicitaire en ligne.
Par @derozard, fondateur Cybronics SAS et blogueur
L’industrie de la TV aurait-elle déjà tout compris ? (Edimbourg)
Un an après la spectaculaire apostrophe de Kevin Spacey au retentissement mondial, difficile de dire où en est aujourd’hui l’industrie britannique de la TV qui a peu parlé déferlement numérique et nouveaux usages, cette année au Festival International de Télévision d’Edimbourg.
Analyse optimiste : le numérique, parfaitement intégré, irrigue désormais l’ensemble des programmes et des stratégies. Plus besoin d’en parler. Le contenu est bien roi. Le reste n’est qu’affaire de tuyaux. </p#>
Analyse pessimiste : « business as usual ! ». Faisons comme si de rien n’était. Comme si la famille était toujours réunie le soir devant le poste, les ados impatients de parler du film le lendemain à la récré. Comme si smart phones et tablettes n’étaient pas devenus le premier écran des foyers. Comme si les données ne permettaient pas désormais d’offrir une expérience personnalisée et à la demande. Comme si une offre pléthorique ne s’était pas démultipliée ailleurs. Comme si le public n’était pas devenu l’éditeur de sa consommation média. </p#>
J’exagère à peine. Mais chacun sait bien aujourd’hui que beaucoup se jouera sur l’endroit où se placera d’ici quelques années le curseur entre consommation linéaire et consommation à la demande, appelées à co-exister.
Et pourtant, des signes concrets des changements en cours étaient bien visibles dès le hall d’accueil du Festival, entièrement trusté par YouTube, Skype (qui lance une solution pro d’interview en ligne) et NowTV !</p#>
Et pourtant, Ernst & Young, un des sponsors de la conférence, a exhorté l’industrie de la TV à opérer des changements fondamentauxdans 5 domaines-cléspour survivre face à la puissance des forces disruptives (importance de l’usager, efficacité de la production, innovation cross-media, personnalisation via les données, nouveaux partenariats).</p#>
A Edimbourg, j’avais donc parfois l’impression de retrouver, 10 ans après, les patrons de journaux US, qui, en complets trois pièces, assuraient toujours qu’il suffisait de plaquer sur le web leurs fabuleux contenus.
Bon, je n’ai pas, non plus, assisté à toutes les sessions à Edimbourg ! Beaucoup se déroulant simultanément.
Voici donc les grands points que j’ai retenu :</p#>
Info TV : décrochage brutal </p#>
Et confirmé par une étude (commandée pour le Festival) de l’institut Enders Analysis qui montre une chute de 15 % du temps passé depuis 2010 par les jeunes britanniques de 16-34 ans sur l’info télévisée.
L’info TV court désormais après les jeunes, mais aussi après … Vice News. Et rares sont ceux qui pensent aujourd’hui que les jeunes imiteront les usages de leurs parents une fois arrivés dans la vie active !
Pour l’ensemble du temps passé devant la TV, le recul atteindrait 12% au Royaume Uni ces trois dernières années pour les 18-24 ans, estime YouTube, qui avertit : « si cette tendance se poursuit, cela voudra dire que vous n’êtes pas en prise avec eux ».
Sous pression US, nécessité accrue de co-productions européennes : </p#>
Le patron de Channel 4, David Abraham, a lancé un appel pour dénoncer l’envahissement du paysage audiovisuel britannique par les groupes de médias et géants du web américains. Pour lui, le service public est désormais un des seuls remparts.
La puissance des séries US – et leur succès– poussent actuellement les acteurs européens à se regrouper, car les budgets nécessaires sont importants. Un diffuseur unique ne peut plus financer de grandes séries.
Les sous-titres sont de mieux en mieux acceptés par l’audience en Europe. De même que les intrigues compliquées et les différences culturelles. L’extraordinaire réussite des séries scandinaves (The Killing, The Bridge,…) en témoigne. Mais, attention ! Aujourd’hui les talents scandinaves ont déjà leur agent US avant même d’aller sur le marché européen ! Et, pendant que les autres européens passent leur temps sur le montage financier, eux travaillent à l’américaine : écriture, tournage, écriture, tournage, etc.
L’Union Européenne entend aider l’industrie créative et vient de relever ses subventions pour la production (100 millions $). Des enveloppes d’un million d’euros sont disponibles pour des co-productions européennes, a annoncé Creative Europe.
Pour éviter les délocalisations, Londres vient aussi d’accorder une forte incitation fiscale pour les tournages réalisés au Royaume Uni, mais évite pour l’instant de trop intervenir, faute d’avoir – comme tout le monde– une vue précise sur la TV de demain, a indiqué un député conservateur.
A noter, comme l’an dernier, la présence à Edimbourg, d’une très forte délégation scandinave, de quelques allemands et d’une maigre poignée de Français. Après la Scandinavie, les nouvelles nations en pointe pour les formats et les programmes semblent être les Pays-Bas, Israël et l’Australie.
La prise de risques reste le point sensible </p#>
Les producteurs, inquiets, trouvent les diffuseurs toujours bien trop prudents dans ce nouveau paysage pourtant dominé par une concurrence intense liée à la nouvelle offre pléthorique. Ils n’hésitent plus à être infidèles et proposent désormais leurs projets à toutes les nouvelles plateformes de distribution. Dont Netflix, de plus en plus concurrent des diffuseurs sur la première fenêtre d’exploitation.
Pour rafraichir son offre et élargir son audience, Channel 4 a annoncé son intention de dépenser plus sur des fictions originales très contemporaines, mais aussi des prises de participation (60 millions £) dans plusieurs petites et modernes maisons de production britanniques.
Gros problème sur les données incomplètes d’audience </p#>
Tout le monde s’accorde à juger cruciale l’exploitation –désormais disponibles– des vraies données de consommation, de plus en plus importantes dans les prises de décision.
Mais la télévision, toujours incapable d’agréger données de l’antenne et données en ligne, a 15 ans de retard sur Internet et les mobiles pour en profiter. D’autant, ajoutent les professionnels, que les outils de mesure d’audience restent pilotés par des gens de télé et non par les nouvelles plateformes bien mieux expertes.
Or aujourd’hui, l’audience n’est pas la même, à l’antenne et sur le numérique, qui pour Freemantle, « est le seul moyen aujourd’hui d’accroître l’audience ». « Les données sont bien aujourd’hui les amies de la créativité », a renchéri Camilla Harrison, patronne de M&C Saatchi.
Channel 4, toujours, a engagé ces dernières années une politique volontariste pour profiter des données du numérique et affiner son offre.
La BBC toujours sous pression et très critiquée </p#>
Comment justifier une redevance annuelle élevée (autour de 182 €) quand tout le monde sait que la productivité n’y est toujours pas au rendez vous, que son journalisme manque d’audace et que les offres alternatives prolifèrent ?
Des voix s’élèvent donc pour réclamer un modèle volontaire d’abonnement, voire même la fin de la production de programmes et de fictions en interne et la transformation de la BBC en éditeur/diffuseur.
Et si la BBC, qui reconnaît avoir plus de mal à attirer des talents, reste un objet de fierté nationale, elle est malmenée en Ecosse où lui est reproché son alignement déplacé sur Londres dans le débat sur le vote sur l’indépendance qui aura lieu le 18 septembre. Il est vrai qu’elle joue gros l’an prochain dans les négociations avec le prochain gouvernement britannique pour renouveler sa charte.
Toujours de gros soucis liés aux stéréotypes de classe et à la diversité </p#>
La télévision britannique reste pilotée par des hommes blancs, issus des célèbres écoles privées. La BBC et Sky ont annoncé des quotas de diversité pour l’antenne. Channel 4 les annoncera cet automne.
Quelle conclusion pour cette édition 2014 du Festival d’Edimbourg ? </p#>
La télévision reste-t-elle, comme l’assure Peter Fincham, patron d’ITV, « un riche espace d’opportunités » ou ressemble-t-elle aujourd’hui, comme le déplore le comique écossais Frankie Boyle*, « à un programme de divertissement pour bateau de croisière » ?
A suivre !
* Boyle, qui a fait les beaux jours de nombreux shows TV, est aujourd’hui interdit d’antenne.
Liens vagabonds old et new media
A RETENIR CETTE SEMAINE :
- Un journaliste américain exécuté en Syrie, des reporters arrêtés à Ferguson
- Google, Facebook et Twitter de plus en plus arbitres de ce que nous lisons
- Les applis mobiles sont devenues le 1er média numérique
- Roku lance le 1er téléviseur dédié d’abord au streaming
“MUST READ” :
- La dernière génération qui se rappelle l’ère pré-Internet – Qz
- Terrible dernier appel de Clay Shirky aux journalistes du print : partez vite, la fin est proche – Medium
- La BBC est avant tout une idée – The Guardian
- Pour sauver le Net, il faut en prendre possession, selon le pdy de Mozilla – Wired
- Un Internet à visage humain – Maciej Ceglowski
A VOIR :
ABUS DE POSITION DOMINANTE – The winner takes all !
- Les auteurs de langue allemande se joignent au mouvement contre Amazon – NYT
- Typo : Google veut créer un font universel – RW
SAUVONS LA NEUTRALITE DU NET :
- Sir Tim Berners-Lee, inventeur du web, estime qu’il est en danger – video TED
- Avec Time Warner Cable, Netflix paie désormais les 4 grands FAI US pour un trafic plus rapide – GigaOm ; mais le boss de Netflix souligne que la bande passante n’est pas une ressource limitée – Wired
SURVEILLANCE vs. CONFIANCE :
- Chrome envoie tous vos mots de passe à Google – Numerama
- Twitter confirme insérer des tweets ds votre timeline venant de cptes auxquels vous n’êtes pas abonné
NOUVEAUX USAGES, COMPORTEMENTS:
- Conso média numérique : la majorité sur des appli mobiles – TC ; Editeurs UK : le trafic mobile supérieur aux ordis fixes – Digiday
- Netflix: 7% des hollandais sont abonnés (2ème trim.) – BBTVN , et un foyer britannique sur 10 soit 3 millions d’abonnés – Telegraph
- La TV continue de dominer la conso média mondiale, mais les jeunes la consomment au tiers en ligne – MediaPost
DISRUPTION, REVOLUTION, DISLOCATION :
- TV : le service public, dernier rempart britannique contre l’invasion US, selon patron de Channel 4 – Guardian
- NowThisNews diffuse l’actu dans les applis des autres : Vine, Instagram, SpapChat – The Awl
- Tsars du développement de l’audience: nouvelles stars des rédactions – Digiday
- Roku lance le 1er téléviseur dédié d’abord au streaming – Variety
- Google entend s’attaquer au marché des moins de 13 ans – WSJ
- YouTube, aussi doit être disrupté – Medium
- News Corp (Murdoch) se sépare discrètement de 1.000 personnes en Australie – Guardian
- Channel 4 investit 20 M £ dans de petites maisons de production britanniques – Rapidtvnews
MOBILITES / WEARABLES :
- Média, votre concurrent mobile n’est pas un autre média, c’est Google Now – GigaOm
- Le FC Barcelone disponible en mobilité dans 40 pays – BBTVN
ROBOTS, INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, AUTOMATISATION, BIG DATA, MACHINE LEARNING :
- Facebook et Twitter contrôlent ce que voyez de Ferguson – WP; – Greenwald
- Les algorithmes meilleurs que les syndicats pour défendre les intérêts des travailleurs – TC
- Les algorithmes meilleurs que les historiens d’art – Medium
NOUVEAUTES :
- Le FT teste un filtre Twitter pour ses lecteurs
- Spotify vous montre celui/celle qui écoute la même musique au même moment – VB
- L’ex-patronne du numérique de la TV publique canadienne CBC lance #Vubble, site de curation vidéo – StreamDaily
- Apparemment le nouveau plan de Google dans la musique – AndroidPolice
- Deux nouveaux sites français font le pari du long format – Les Echos
- Nextdoor: le réseau social des quartiers – The Verge
SMART TV / STREAMERS / VIDEO / MULTI-ECRANS :
- Et si HBO vendait ses programes sur le Web ? – Recode
- Sky : nouveau guide des prgrammes avec moteur de recos
NETFLIX :
- L’Europe représentera 20% de la conso l’an prochain – AT
- Quelques réalisations issues du dernier Netflix Hack Day
- UK : Netflix utilise plus de bande passante que YouTube – PlusNet
- PBS, la TV publique US, céder du terrain à Netflix et autres SVoD – Baltimore Sun
YouTube & Co:
STORYTELLING :
- La radio publique norvégienne utilise SnapChat pour réconcilier jeunes et infos –
- NiemanLab
- Comment Comedy Central est devenue une chaîne majeure en quelques années – Vox
- Microsoft propose l’hyperlapse: reconstr. partielle de l’image pour rendu stabilisé de vidéos GoPro, Glasses
- Transformer facilement une vidéo YouTube en GIF –
- Storytelling: 22 règles, par une ancienne de Pixar
VISUAL
PUB :
JOURNALISME 2.0 :
- Ferguson : le Guardian s’allie au journal local – NiemanLab
- BuzzFeed et Vice sont loin d’être pareil – TheMediaBriefing
- Mieux vaut proposer aussi des pistes de solutions que de seulement exposer les pbs – Journalism
- Visualisation de données : un ebook gratuit pour les journalistes – RJI; un travail réalisé de part le monde par 50 contributeurs – Pleasure2work
L’info TV court après les jeunes et … Vice News
Vice News dérange. Mais, une nouvelle fois, Vice News fait bouger les lignes de l’information.
Entre répulsion, admiration et provocation.
— Répulsion d’abord : aucune des quatre grandes rédactions TV britanniques n’auraient diffusé tel quel le récent reportage vidéo choc de Vice News sur l’Etat Islamique proclamé, ont assuré vendredi à Edimbourg les patrons de l’info de BBC News, Sky News, Channel 4 News et ITV News.
« Manque de contexte, de mise en perspective et de récusation », a résumé Mary Hockaday, patronne de la rédaction de BBC News. « Oui, ce reportage nous permet d’en savoir plus et de mieux comprendre +l’Etat islamique+. Mais en aucun cas nous ne l’aurions diffusé ainsi. D’autant qu’il a l’air de valider l’existence même de cet Etat ».
« Jamais nous n’aurions montré les têtes décapitées sur les grilles », a renchéri Geoff Hill, éditeur d’ITV News.
— Admiration ensuite : aucun autre journaliste d’un grand média n’est parvenu à ce jour à raconter l’Etat islamique de l’intérieur. Seul Vice News a réussi*.
Son reportage, réalisé par Medyan Dairieh, photo-journaliste et reporter de guerre palestinien, basé à Londres, a déjà été « vu 7 millions de fois » depuis une dizaine de jours, a indiqué Kevin Sutcliffe, patron de l’info de Vice News en Europe.
« Vous savez désormais ce qu’est cet Etat islamique, ce qui s’y passe (…). C’est brutal, inacceptable. C’est un vrai témoignage qui a dominé les débats sur les télés américaines la semaine dernière, pas une opération de relations publiques (…) Le contexte est aussi sur notre site web ».
« La série n’a bien sûr pas été revue ou visionnée par l’Etat islamique avant diffusion », m’a, par ailleurs, assuré Sutcliffe.
— Provocation, enfin :
« Notre audience a 20 ans en moyenne. Elle est partie de la télé classique comme de la télé en continu. Les jeunes ne veulent plus de l’info distillée par de vieux journalistes depuis un plateau derrière leur bureau. Ils veulent du journalisme de terrain réalisé par des gens de leur génération », ajoute Sutcliffe, sur la scène du Festival International de Télévision d’Edimbourg.
« Nous parvenons même à les engager sur des documentaires sur l’actu internationale qui font entre 12 et 14 minutes ».
Hauts de cœur de ses collègues, qui voient là plus un « journalisme Jackass » que la version moderne de leur métier, qui mettent en avant la confiance dans leur marque et critiquent l’uniformité très masculine de l’audience de Vice.
Pourtant les jeunes désertent les JT. </p#>
« Une chose est sûre, confirme Hockaday de la BBC, les jeunes n’imiteront pas les comportements des générations précédentes ».
En d’autres termes, tout comme il est à peu près acquis que les jeunes n’achèteront pas la version imprimée du Monde le soir en sortant du travail, il est de moins en moins probable qu’il s’assiéront le soir devant le JT.
En Grande Bretagne, les chiffres de l’Ofcom (le CSA local) sont sans appel : les anglais adultes de plus de 34 ans ont regardé de l’info télévisée durant 115 heures l’an dernier. Une durée qui chute à … 27 heures pour les jeunes de 16 à 24 ans.
Une autre étude, publiée aujourd’hui par l’institut Enders Analysis pour le Festival, montre une chute de 15 % du temps passé par les jeunes britanniques de 16-34 ans sur l’info TV depuis 2010.
« Les gens plus âgés ont toujours plus regardé la TV que les jeunes. Surtout pour l’info. Mais ce qui est très frappant ici c’est que la polarisation est devenue beaucoup plus extrême. Et cet éloignement encore plus marqué des jeunes vis-à-vis de l’info TV suscite des interrogations sur la réversibilité de cette tendance », commente l’analyste Toby Syfret d’Enders.
Pire : la vieille hypothèse d’un transfert de la consommation d’infos TV classiques sur les mobiles ou les tablettes, prisés par les jeunes, « n’est plus valable ».
Nouveaux formats pour engager les jeunes audiences : courts et …. longs</p#>
La BBC, reconnaissant des usages différents chez les jeunes, dit travailler sur des formats « plus puissamment visuels, sur des reportages plus longs et des analyses qui iront trouver les jeunes là où ils sont ».« Il faudra aussi que nos journalistes y aillent aussi ! ». Elle expérimente déjà aussi les plateformes Instagram et Reddit.
Les formats courts et visuels de NowThisNews sont aussi cités en exemple.
« Ce qui ne change pas chez les jeunes, ajoute la dirigeante de la BBC, c’est leur volonté d’être informés, de comprendre et d’avoir confiance dans l’info ».
Channel 4 News, qui assure que 17% de son audience est composée de 17-24 ans, indique pareillement vouloir « aller là où vivent ces jeunes ». Son format « Unreported World » a connu un bond de 20% dans cette catégorie d’âge et elle va mettre en ligne des reportages de 12 à 14 minutes dédiée à cette audience sur des grands sujets d’actu.
Sky News lancera aussi dans les prochaines semaines une campagne d’infos destinée à l’audience jeune avec des débats, l’accueil et le partage des vidéos du public.
Deux recettes s’avèrent, en tous cas, désormais indispensables : « éviter d’être pompeux et utiliser l’humour », assure Channel 4.
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- * FranceTV info a expliqué il y a quelques jours les circonstances de ce reportage en 5 parties réalisé fin juin au cœur de l’état islamique à Racca en Syrie.
- Nous avions interrogé Tim Pool l’an dernier à Amsterdam : il nous avait montré ses outils de couverture en terrain difficile. Il couvre cette semaine en direct les émeutes à Ferguson pour Vice News.