Tristan Jurgensen (RTL NET) : « la radio doit conserver sa puissance de prescription et maîtriser sa distribution »

Par Barbara Chazelle, France Télévisions, Directions Stratégie et Prospective

Méta-Media a rencontré Tristan Jurgensen, DG de RTL NET, pour une interview en 5 questions. L’occasion de parler du tournant numérique de la radio, d’évoquer les atouts de ce média vieux d’un siècle, mais aussi des défis à relever.

Pour Tristan Jurgensen, « la radio doit conserver sa puissance de prescription, notamment dans le domaine musical. […] C’est important de garder des marques fortes et d’être clairement positionné. Et rester maître de sa distribution. » C’est cette volonté de maîtriser la distribution qui a poussé les grands groupes radiophoniques nationaux  (NextRadioTV, NRJ Group, Lagardère, RTL et Radio France) à préparer un « Hulu à la française » version radio, Direct Radio, qui sera lancé à la rentrée.

Le DG de RTL nous explique pourquoi les radios indépendantes ne font pas partie du projet. Toujours dans l’actualité, nous reviendrons sur le lancement du nouveau site RTL.fr intégralement développé par les équipes de RTL NET ; après la TV Augmentée de France Télévisions, RTL propose désormais une offre de « Radio Amplifiée ».


En bonus, après Axelle Lemaire, Fleur Pellerin et Gilles Babinet, Tristan Jurgensen nous dévoile les objets connectés dont il rêve.


L’objet connecté rêvé d’Axelle Lemaire

Par Barbara Chazelle, France Télévisions, Directions Stratégie et Prospective

Axelle Lemaire, secrétaire d’Etat chargée du Numérique, a révélé à Méta-Media l’objet connecté qu’elle souhaiterait avoir.
Il n’existe pas encore ; c’est peut-être une idée à développer !

Découvrez en image sa réponse.  Dites-nous si ce concept vous inspire !

 

A (re)découvrir aussi, les objets connectés rêvés de Fleur Pellerin et Gilles Babinet



 

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Android partout ! Everywhere, Anytime, Anywhere, Any Device…

Par Arthur Mayrand, France Télévisions Prospective & Editions Numériques 

Google I/O 2014, conférence annuelle des technologies Google et rendez-vous immanquable pour les geeks de la planète, vient de se terminer à San Francisco avec son lot habituel d’annonces. 

Au programme cette année : Android one, Android “L”, Android auto, Android wear, Android TV

Bref, on a parlé d’Android, beaucoup, beaucoup, beaucoup et surtout beaucoup plus que les années précédentes.

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Des absents remarqués

Google a tellement parlé d’Android que ça a éclipsé d’autres sujets pourtant devenus récurrents durant les keynotes de Google I/O :
Pas un mot sur les Google Glass, rien sur Google + … ni aucune annonce de nouveau téléphone Nexus ou de tablette alors que ces terminaux plutôt à destination des développeurs sont habituellement annoncés et lancés lors de Google I/O.

Android, partout !

  • Android, tout d’abord dans les smartphones et tablettes, c’est ce que l’on connaissait déjà et les chiffres sont impressionnants : 1 milliard d’utilisateurs actifs dans le monde.
  • Android one, un smartphone pour les marchés émergents à moins de 100$, de l’avis des experts sur place, principalement pour éviter de se faire doubler sur ce marché par Samsung avec son système Tizen ou par Mozilla avec Firefox OS.
  • Android auto, car les voitures sont les objets connectés de demain. Le lancement est prévu dans quelques mois avec de nombreux fabricants partenaires, notamment Renault et Parrot en France.
  • Android wear, pour les objets connectés à porter sur soi : des montres pour le moment mais aussi des lunettes (les fameuses Google Glass), des bracelets connectés, etc…
  • Android tv, parce qu’après le flop de Google TV et du Nexus Q, Google aimerait surfer sur le succès de Chromecast. A noter que désormais Google va pouvoir s’appuyer sur des partenaires de choix comme Sony, Philips mais aussi pour le marché français Bouygues Telecom et SFR qui préparent des box compatibles !
  • Chrome OS, le système d’exploitation qui a l’ambition de remplacer Windows sur les PC fixe et portable, se dote d’une nouvelle fonctionnalité : Il sera désormais possible d’y installer les applications Android.
  • … ah et aussi une nouvelle version d’Android appelée “L” qui vient avec un nouveau design pour les applications.
    Google incite d’ailleurs largement les développeurs à utiliser ces nouvelles guidelines de design qui visent à rendre les applications compatibles avec toutes les tailles d’écran : de la montre à l’écran de TV en passant bien sûr par le smartphone.

Mais revenons un instant sur la stratégie globale autour d’Android, le système d’exploitation maison de Google même si il devient désormais bien plus que cela:

Android, la plateforme stratégique de Google

Keynote Google I/O 2014 + déclinaisons d’Android pour chaque suppor
Keynote Google I/O 2014+ déclinaisons d’Android pour chaque support
Auparavant Android n’était qu’un système d’exploitation pour téléphone, lancé principalement pour concurrencer le succès fulgurant de l’iPhone d’Apple.

Puis devant le succès de l’iPad, Android a été contraint de s’adapter pour fonctionner sur tablette, les premiers versions sur tablettes ont été assez… rustiques… mais au fil du temps, Android est devenu crédible également sur tablette.

Désormais, Android devient une plateforme globale, un écosystème complet permettant de donner accès aux services de Google.

Et après ?

Maintenant que Google a abattu ses nouvelles cartes, il reste encore du chemin à parcourir pour Android pour qu’il rencontre le succès espéré par Google dans tous ces secteurs.

Il reste également deux domaines à explorer et conquérir :

Android à la maison

Les acquisitions récentes par Google de Nest, start-up spécialisée dans les objets connectées, et de Dropcam, start-up qui conçoit des caméras Wi-Fi à mettre chez soi, est en logique totale avec la stratégie dévoilée ici…

Présentation de Nest sur un stand dédié à Google I/O
Présentation de Nest sur un stand dédié àGoogle I/O
Google est cependant prudent sur le sujet de la domotique, car il n’en est pas à son premier essai. En 2011/2012, Google avait révélé le projet Tungsten aussi appelé Android@home qui fut une tentative avortée.

Mais à l’époque, la plateforme Android était beaucoup moins aboutie… donc en s’appuyant sur l’expertise de partenaires et le rachat de sociétés spécialisées, un nouveau lancement n’est pas à exclure.

Android sur son ordinateur

Dernière brique de l’édifice, venir concurrencer Microsoft et Apple sur le domaine des systèmes d’exploitation pour ordinateurs fixes et portables.

C’est l’ambition de Chrome OS mais pour l’instant ses fonctionnalités sont trop restreintes pour être véritablement crédible. Initialement lancé comme un PC qui ne dispose que du navigateur Chrome (et qui n’a pas grande utilité dès lors qu’il n’est pas connecté à internet), il n’a pas été vraiment pris au sérieux.

Mais maintenant qu’il devient compatible avec Android et son catalogue d’applications, notamment bureautiques, les choses vont peut-être commencer à changer…

– Dis Cortex, tu veux faire quoi cette nuit ?
– La même chose que chaque nuit, Minus. Tenter de conquérir le monde !  » 
         — Gimmick de la série Minus et Cortex

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L’innovation ? D’abord – et avant tout – des questions !

Par Alain Buzzacaro, France Télévisions, Directeur technique des éditions numériques

Une des toutes meilleures conférences sur l’innovation en France vient de s’achever à Paris, apportant nombre d’idées, quelques réponses et surtout son lot de questions, vrai terreau de la créativité !

Comme l’explique Francois Hisquin, son fondateur et pdg de la firme de conseil OCTO, la conférence USIa subi une transformation darwinienne, portée aujourd’hui par le tsunami de la révolution numérique : « l’Université du Système d’Information, le rendez-vous des geeks et des boss pour une informatique qui transforme nos sociétés, a laissé la place à l’USI, Unexpected Sources of Inspiration. »

Après des speakers de renom (Michel Serres, André Comte-Sponville, Albert Jacquard, Ray Kurzweil, Vint Cerf, Patti Maes, Juan Enriquez, ou même Neil Amstrong), la 7ème édition a accueilli cette année plus de 700 participants, du membre de Comex au développeur, autour des thèmes de l’innovation, de la complexité, des neuro-technologies et des nouveaux paradigmes du management.

Voici les sessions qui nous ont le plus inspirés.

L’innovation

Dans la keynote d’ouverture, le futuriste Patrick Dixon a prédit un avenir Rapide, Urbain, Tribal, Universel, Radical et Ethique.

Le mot le plus important qui,  pour lui, dominera, sera : EMOTION. « Vous pouvez avoir la meilleure technologie mais si celle-ci ne se connecte pas avec l’émotion, personne ne l’utilisera… »

En ce sens, la chorale virtuelle du compositeur américain Eric Withacre fut un très bel exemple de projet qui a touché l’émotion de nombreux internautes:

France Televisions a d’ailleurs francisé le concept.

Dans une présentation passionnante, teintée d’esprit et d’humour, le savoureux philosophe belge du BCG, Luc de Brabandère a revisité l’histoire pour nous parler du Big Data en 5 étapes  :

1 Comment on pense

2 Comment pense la technologie

3 Comment pense le Big Data

4 Qu’est-ce que la créativité

5 L’incertitude.

De son point de vue, le Big Data aidera parfois à découvrir, mais très peu à inventer. Face à l’incertitude de notre monde, à la remise en question des règles établies, il faut se préparer et le big data peut y aider. Captivant ! 

Hal Gregersen, auteur avec Clayton Christensen et Jeffrey Dyer du best-seller « Le gène de l’innovateur: cinq compétences qui font la différence » (Innovator’s DNA) est revenu sur les fondements de l’innovation (rupture) et sur les compétences fondamentales des innovateurs (associer, penser différemment, questionner et challenger, observer, réseauter et expérimenter).

Il nous rappelle que pour innover, il faut questionner et sortir du cadre. Pour appuyer son discours, il nous a conté l’histoire de ce produit chimique servant à nettoyer les murs des noirceurs des fumées de bougies et de la suie avant l’arrivée de l’électricité; voyant ses ventes décliner, son entreprise a réussi à le transformer en pate à modeler pour enfant, sous la marque maintenant internationalement connue, Play-doh.

Son souhait est de mettre l’innovation au service d’un monde meilleur, « pour nous, pour les autres, pour les enfants de 4 ans qui sont notre avenir !» 

 

Anne Lauvergeon a d’ailleurs insisté : « si on n’innove pas, on est fichu! ». Elle a présenté les ambitions et les actions de la Commission Innovation 2030 qu’elle préside.

Une démarche à la fois pragmatique, qui a permis de financer quelques 200 start-ups avec 300 M€, et volontariste « en introduisant un principe d’innovation comme on a déjà un principe de précaution dans notre constitution. On va aller plus loin: une charte de l’innovation, pour enlever les contraintes ».

 

Le message de pragmatisme autour de l’innovation est finalement souvent le même : il faut essayer et ne pas avoir peur de l’échec. « Expérimentez! Pensez petit, pensez vite, pensez pas cher » (« Experimenting! Think small, think fast, think cheap! »).

Il est d’ailleurs renforcé « Echouez bien, échouez vite »  (« Fail big! Fail fast! »), « vous pouvez tout faire bien, et échouez tout de même!(mauvais timing, compétition…) » 

Evidemment, cet état d’esprit très anglophone a encore du mal à trouver écho dans notre société sun peu ouvent trop franchouillarde, où le rapport à l’échec est toujours aussi délicat.

Pire, l’innovation serait brimée parce qu’elle change le rapport de force établie entre ceux qui ont le pouvoir (et qui pourraient le perdre) et ceux qui pourraient le prendre en innovant

A quand des sociétés qui pourront se targuer d’avoir échoué, parce qu’elles auront, au moins, essayé? Ne pas voir l’échec comme une fatalité mais comme une source d’apprentissage, voilà un principe que nous devons essayer d’introduire dans les grands groupes.

Complexité et neuro-technologies

Le droit à l’échec, Edgar Morin nous en parle dans son discours sur le défi de la complexité : « Tu cherches les Indes et tu trouves l’Amérique ».

Il nous donne les clés pour comprendre la complexité par la systémique, les connaissances, la communication, l’étude de l’être humain (individu + espèce + société),  la partialité, l’intuition…:

« La complexité, c’est simplement que les choses ne sont pas isolées, séparées. C’est un problème de connaissance et de pensée. La connaissance est au centre du problème de la complexité.

La pensée complexe nous permet d’affronter les incertitudes. Il faut se méfier du probable. Attends toi à l’inattendu. Donc, RELIER, RELIER, RELIER ».

Il en conclut que nous sommes des victimes de l’enseignement traditionnel qui nous empêche de voir les relations entre les parties (morcèlement des matières).

 

En pendant de cette présentation sur la complexité, Felix Schurmann (prof à l’EPFL de Lausanne) présente un projet concret et ambitieux : arriver à faire collaborer toutes les équipes dans le monde qui travaillent à faire avancer la connaissance du cerveau humain. Un sacré projet connecté!

Avec un style à la fois inspirant — et inquiétant–, le docteur Laurent Alexandre nous présente sa vision de l‘évolution des biotechnologies. Les neuro-sciences et l’informatique convergent progressivement. Les NBIC (carrefour nanotech (N) – biotech (B) – intelligence artificielle (I) – sciences cognitives (C)) remplacent les vieilles NTIC. Le monde de l’IT va devenir un monde de neuro-hackers, les geeks des cogniticiens.

Evidemment, Laurent Alexandre en remet une sacré couche sur les ambitions messianiques de Google qui, imprégné d’une idéologie trans-humaniste, est en train de créer l’Humanité 2.0, c’est à dire le transfert de l’âme dans les circuits intégrés. Google, estime-t-il, n’a pas un projet managérial, mais un projet politico-philiosophique...

Les enjeux sont multiples et les inquiétudes sont grandes. Nous pouvons maintenant créer un cerveau à partir de bouts de peau, mais ce cerveau doit-il avoir des droits ? Est-ce la mort de la mort? La mort de l’argent? Est ce que le vieux clivage Gauche vs. Droite ne va-t-il pas laisser la place à un clivage Humain 1.0 vs. Humain 2.0, c’est à dire Bio-conservateurs contre trans-humanistes?

L’enjeu majeur est donc d’assurer la démocratie neurologique. Bon, en France, « comme le Président n’a même pas d’ordinateur, il paraît peu probable que le futur des NBIC soit compris… »

 

Inverser les paradigmes du management : bonheur, optimisme et … jardinage

En contraste avec le pessimisme et ce discours anxiogène, plusieurs présentations ont traité de la recherche du bonheur, du bien-être et de la manière de manager différemment. Et il y a urgence puisqu’au-delà des 9% des employés « engagés », il en reste quand même 65% désengagés et 26% activement désengagés! 

Dans la lignée des précurseurs (Zappos, Spotify, Valve & co), cette nouvelle dimension s’invite dans l’entreprise. Enfin!

Isaac Getz, prof de leaderhsip et d’innovationpropose donc de transformer les organisations en arrêtant de vouloir motiver les gens démotivés, puisqu’on ne décrète pas la motivation. Au contraire, il propose que le manager devienne un jardinier en créant le bon terreau :

1 Respecter et faire confiance

2 Donner des perspectives de développement illimitées

3 Laisser les employés décider par eux-mêmes. Bref, lâcher prise !

 

Alexis Nicolas, artisan en management, nous propose de voir le management comme l’OS, l’Operating System (Prioriser / Allouer / Coordonner) des systèmes humains.

Yaël Gabison, management et storytelling, ne dit pas le contraire : un bon manager doit comprendre les désirs de ses héros, définir des quêtes collectives, trouver le juste méchant, récompenser collectivement et individuellement.  

Elle et l’auteure Nuancy Duarte nous donnent des techniques pour mieux raconter nos histoires, créer de l’émotion pour engager l’audience.

Dans une présentation dynamique et enjouée, Philippe Gabillet fait l’éloge de l’optimisme.

Ses clés :

1 Trouver les forces (talents et passion)

2 Aller aux endroits favorables (où on peut faire bouger les choses)

3 Se focaliser sur les solutions à venir

4 Avoir foi dans l’avenir  (on ne sait pas de quoi demain sera fait mais les grandes bifurcations du futur seront surprenantes).

Rafraichissant !

Spotify, justement, était présent et, par l’intermédiaire de Joakim Sunden, a présenté son modèle et surtout la manière dont ils s’y prennent pour rester efficace alors que l’entreprise grossit : modèles d’organisation émergents (feature teams, squads, tribes), communauté de pratiques (guilds), alignement des missions, équipes compactes co-localisées, autonomie, transparence, simplicité… Et bien sûr, célébration de l’échec. Excellent!

Le lean est aussi en vogue. Outre-atlantique, il n’est pas synonyme de réduction de personnel et autre raccourci négatif comme, par manque de connaissance ou de mauvaise application, beaucoup de nos concitoyens le résument… Il est plutôt présenté comme un système efficace, tendant à la performance mais aussi au respect et à la responsabilisation des individus. Si seulement, il pouvait enfin obtenir ses lettres de noblesses!

Niklas Modig, chercheur suédois, nous explique cela de manière claire et didactique. Le lean, c’est optimiser le flux de production (plutôt que les ressources) + superviser la progression du système global (plutôt que locale) + apprendre de manière pro-active (plutôt que réactive). 

 

Dans la même veine, le consultant spécialiste du lean, Claudio Perrone a aussi mis l’emphase sur le besoin d’agilité dans toute l’entreprise et non pas uniquement au sein de quelques équipes de développement, en insistant sur l’optimisation du flux de production et l’amélioration continue.

« Le lean est donc une stratégie d’entreprise pour atteindre son but (faire du profit) au travers du développement des gens. » Sa proposition : ajouter la notion de flux de connaissance à celle de flux de production. « La distance entre ce que l’on souhaite obtenir et la réalité de ce qui est produit est l’apprentissage! » L’entreprise sera alors chargée de trouver les stratégies pour optimiser ces deux objectifs, même s’ils paraissent orthogonaux.

Jabe Bloom, management de la complexité, a quant à lui discuté de la valeur du capital social. C’est-à-dire la capacité d’une organisation à distribuer et capitaliser sur la CONFIANCE. En d’autres termes, la valeur créée par la collaboration entre les individus parce qu’ils sont mieux connectés entre eux, par le réseau.  

Le problème à résoudre selon lui est simple et lié à nos modèles d’organisation hiérarchique où les managers prennent des décisions alors qu’ils ne connaissent pas forcément le problème… Ses propositions : introduire des courtiers (brokers) entre les équipes qui vont faciliter le partage de la connaissance et aider à la prise de décision locale. Faire tourner les individus d’une équipe à une autre tous les 3 mois. Laisser du temps aux individus pour apprendre, lire sur le lieu de travail.

J’ai moi-même présenté un retour d’expérience de la mise en place de certaines de ces pratiques qui ont permis d’accompagner la transformation agile au sein de France Télévisions Editions Numériques.

Transformation = sentiment d’urgence + changements de paradigme + courage.

Il y avait beaucoup de présentations, certaines en parallèle, il a fallu faire des choix. Le Palais Brogniart, qui l’accueillait est devenu trop petit pour l’événement. L’USI déménagera donc l’an prochain au Carrousel du Louvre!

La chaine YouTube dédiée à l’USI va continuer de proposer les vidéos de l’ensemble des présentations. Vous pourrez donc tout rattraper ici : https://www.youtube.com/user/usievents

Par @abuzzacaro

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LaPresse+ : enfin un média qui sort de la décroissance !

Guy Crevier l’a martelé : l’enjeu pour son groupe de journaux canadiens, c’est de sortir de l’atmosphère générale de décroissance – qui plombe aujourd’hui tous les médias traditionnels–  pour retrouver enfin une dynamique générale positive. En gros, réussir sa transition numérique. 

Et d’après ses calculs, c’est pratiquement fait ! Lancée il y a 13 mois, le succès de son application gratuite pour tablette, LaPresse+, lui permet de « tabler sur l’équilibre fin 2015 ».

« Nous espérons alors avoir transféré 85 millions $ canadiens (58 M €) de revenus publicitaires sur cette appli », a expliqué le Président et éditeur du groupe La Presse, cette fin de semaine à Paris, lors de la conférence annuelle des journaux francophones de l’INMA.

Les résultats de l’appli sont impressionnants :

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L’application est web native et embarque des publicités interactives multimédias haut de gamme qui transforme le quotidien en magazine.

« Ces 13 mois ont eu plus d’impact sur le groupe que les cent ans précédents. Nous avons changé la conversation avec nos lecteurs et nos annonceurs. Nous sommes parvenus à rester un média de masse en devenant aussi un média de croissance. »

Nous avions décrit ici à l’automne dernier l’investissement initial du groupe pour cette aventure : 40 millions de $ canadiens (26 millions €), dont l’embauche de nombreux journalistes et spécialistes web. La rédaction compte aujourd’hui 300 personnes.

Pour Crevier, « le papier est un produit de baby boomer (…) Aujourd’hui, vivre sans imprimerie est à la portée des médias écrits ».

Pour lui, « il suffit désormais de 10 millions € pour créer un quotidien numérique ».

Axelle Lemaire : la vision numérique de la France en 3 points

Axelle Lemaire, secrétaire d’Etat chargée du numérique, en visite samedi après-midi au Festival Futur en Seine à Paris, nous a expliqué la « démarche politique offensive » actuelle de la France en matière numérique, « déclinée autour de 3 axes : croissance, confiance et inclusion ».

1 – La croissance : aide aux start-ups pour accéder aux marchés et aux grands groupes, notamment à l’international, virage numérique impératif pour les industries souffrantes « sinon elles vont disparaitre », objets connectés, Big Data, cyber-sécurité, logiciels embarqués etc, plus mission en cours qui étudie tous les secteurs.

2 – La confiance : « le numérique aujourd’hui fait peur et effraie, les gens ne savent pas comment seront utilisées leurs données personnelles », donc réintroduire la confiance,« source d’attractivité et de compétitivité » pour la France, et produire des technologies qui produisent de la confiance.

3 – L’inclusion « : « risque d’une France qui se numérise à vitesse rapide et une autre qui soit exclue », utiliser aussi le numérique comme outil d’inclusion « par l’éducation dès le plus jeune âge, par la formation continue », politiques ciblées à destination des quartiers difficiles, des jeunes des banlieues, des seniors.

 

(Images : Barbara Chazelle, France Télévisions, Directions Stratégie et Prospective)

 

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