Edinburgh TV Festival 2022 : face à la crise, la fin de l’impartialité et le « reboot » ?

Entre inflation et populismes, la télévision, et plus particulièrement celle de service public, est en pleine crise. Le Festival de TV d’Edimbourg est de retour « dans la vraie vie », devant un contexte marqué par la pandémie mondiale, le Brexit et les impacts économiques de la guerre en Ukraine. Les professionnels de la télévision britannique remarquent avec effroi l’absence de public international qui animait encore la dernière édition de 2019 dans la capitale écossaise.

Par Kati Bremme, Direction de l’Innovation et de la Prospective

Au programme de ce festival, où les services de streaming internationaux ont désormais la même place que les grandes chaînes nationales : comment créer de la valeur (et pour qui) avec des moyens réduits drastiquement ? Globalisation versus contenus locaux, inclusivité et accessibilité, développement durable et couverture de la crise climatique – autant de challenges dans un monde, où la préoccupation première des spectateurs sera bientôt le choix entre « heating, eating or streaming » (se chauffer, manger ou s’abonner à un service de streaming).

Configurer une mise à jour pour récupérer les nouvelles sorties du système, le mot « reboot » était dans la bouche de tout le monde, avec différentes interprétations. Pour les uns, il s’agit de faire revivre les grands succès de la télé (le retour de Big Brother sur ITV, Gladiators sur BBC1…) ; pour les autres c’est aussi de comprendre ce que la génération Z entend sous « regarder la télé » (i.e. streamer sur l’écran TV, voire même regarder une série originale sur Snapchat), quand on est confronté aux derniers chiffres de l’OFCOM qui indiquent que les 16-24 ans regardent 7 fois moins la télévision que les plus de 65 ans.

Autre grand débat qui animait les trois jours du festival : dans un monde marqué par la montée des populismes et les « faits alternatifs », quelle est la meilleure façon d’informer ? La BBC (et les représentants du gouvernement conservateur) défendent bec et ongles l’importance de « l’impartialité » de la télévision de service public, quand la journaliste Emily Maitlis explique dans sa lecture MacTaggart que l’impartialité mal appliquée sous forme d’un « both sides-ism » excessif fait le jeu des populistes.

Retour sur trois jours de débats animés (et parfois tendus) entre plusieurs interprétations de la télévision : 

La bataille pour la survie du service public

Pour l’ouverture du festival, le président de la BBC, Richard Sharp, a révisé l’image négative qu’il avait du service public britannique avant d’en prendre les rênes il y a deux ans : « I Used To Think It Was Bloated, Self Important & Heard Too Much Of Its Own Voice », une télévision gonflée, égoïste, trop centrée sur elle-même. Alors que l’avenir du modèle de financement de la BBC est en jeu, l’ancien de Goldman Sachs a affirmé que la BBC doit désormais « développer une certaine sensibilité commerciale » tout en s’efforçant de s’adresser à tous les groupes démographiques, aux minorités et aux nations mal desservies. Le tout avec un budget réduit de 200 millions de livres d’ici 2027, le départ de 1000 collaborateurs et l’objectif d’engager un employé sur quatre issu du milieu ouvrier.

Pendant qu’il vante le succès de l’iPlayer de la BBC, nommé meilleur service de TV à la demande, qui n’est qu’à « 5 à 10 % derrière Netflix » à une fraction du coût de ce dernier, il rejette cependant l’idée qu’il puisse (pour l’instant) être monétisé en dehors du Royaume-Uni. Richard Sharp a aussi mis en avant le lancement du TV Access Project (TAP), une initiative en faveur de l’accès des personnes handicapées (dans la continuité de la thématique clé de la lecture MacTaggart 2021 de Jack Thorne). La BBC en a pris la tête, un moyen supplémentaire pour se différencier des services de streaming internationaux (Netflix y a participé mais n’a pas signé le protocole).

Concernant l’avenir de la BBC, l’ancien conseiller de Boris Johnson a ajouté : « Je communiquerai avec le gouvernement et je suis convaincu qu’il m’écoutera ».

Mais tout le gouvernement britannique ne semble pas être conscient des énormes efforts que les chaînes publiques ont déjà fait pour s’adapter à la transformation technologique : Baroness Tina Stowell, présidente de la commission Communication et Numérique de la Chambre des Lords, avance dans le débat de clôture du festival que le plus grand problème des médias de service public en Grande-Bretagne serait la menace des géants de la tech et l’urgence de passer au « digital first ».  Or, tous les autres participants au débat (et le public dans la salle) affirment que le plus grand problème des services publics britanniques est bien le gouvernement.

L’autre sujet de débat était la privatisation de Channel 4 (qui est rejetée par 96% des interrogés d’un sondage mené par le gouvernement ) et dont la popularité n’est plus à prouver : Channel 4 a remporté le prix de la chaîne de l’année 2022 avec sa philosophie « Alltogether Different », après avoir enregistré un résultat financier record et 13 RTS Awards et 44 nominations aux BAFTA.

Alex Mahon, directeur général de Channel 4, a déclaré : « Être nommée chaîne de l’année est un honneur fantastique et prouve le rôle unique que nous jouons à la télévision, en ligne et dans les communautés à travers le Royaume-Uni. »

La « reboot » serait-il la solution pour pallier le manque de moyens ?

Le directeur de Channel 4, David Abraham, a lancé le sujet mercredi et son directeur des contenus, Ian Katz, est monté sur scène un jour plus tard pour souligner la tendance « déprimante » de la reprise de formats. Charlotte Moore, la directrice des contenus de la BBC, a défendu de son côté que ces reboots demandent « de la créativité et sont un défi ». « Je ne pense pas qu’il soit facile de ramener des titres et d’en faire un succès », a déclaré Moore. « Ce serait un problème si c’était tout ce que nous faisions, mais si vous voulez avoir un impact auprès des jeunes téléspectateurs et inciter les gens à venir, il ne fait aucun doute que [les reboots] peuvent aider. » Relancer un film en tant que série ou réoutiller un format permettrait une percée instantanée auprès du public.

Mais il n’y a pas que la BBC qui reprend des programmes comme Gladiators. ITV vient d’annoncer la reprise de Big Brother, et il ne s’agit pas seulement d’un phénomène britannique ou d’un problème lié au genre : le directeur fiction de Paramount+, David Nevins, a présenté l’offre de streaming, qui comprend des reboots tels que Sexy Beast et American Gigolo, ainsi qu’un spin-off de Grease. 

Pour optimiser les coûts, Fiona Campbell, directrice BBC Three, a aussi souligné l’importance de se concentrer davantage sur la manière d’apporter de la valeur aux audiences, de ne pas penser en fonction de la programmation, mais en fonction de la mise en avant sur l’iPlayer. Pour elle, l’obsession de l’audience en soirée doit cesser. Pour faire des économies, la BBC pourra produire moins de programmes unitaires et plus de séries.

Un autre moyen de diminuer les coûts a été annoncé par David Nevins, qui a indiqué que des émissions telles que sa prochaine série avec Ewan McGregor dans l’adaptation de Gentleman Of Moscow sont un moyen de recentrer les dépenses, avec un prix plus bas en raison de leur localisation dans un hôtel. Il faudra, selon lui, s’attendre à des changements similaires dans les scénarios, les diffuseurs réduisant leurs budgets et se concentrant sur les personnages plutôt que sur le spectacle.

Journalisme face au populisme – la fin de l’impartialité tant chérie par la BBC ?

Emily Maitlis, la journaliste britannique qui a, entre autres, réalisé l’interview au cours de laquelle le prince Andrew a évoqué ses liens avec Jeffrey Epstein, et qui est une star y compris pour les chauffeurs de taxi, a profité de sa conférence MacTaggart « Boiling the frog : pourquoi nous devons arrêter de normaliser l’absurde » pour inviter les journalistes et les diffuseurs à s’adapter à une nouvelle vague de politiciens pratiquant le populisme pour s’assurer le pouvoir. 

Cette nouvelle époque aurait commencé avec son interview de Donald Trump le soir de son élection en 2016, où son supérieur Ian Katz l’aurait exhorté : « Ne normalisez pas ce moment ». Dans sa lecture, elle a retracé le long chemin qu’il lui aurait fallu pour comprendre que face aux « faits alternatifs », le traditionnel both-sides-ism n’est plus l’outil adapté pour rendre compte de la réalité

Revenant sur son temps en tant que journaliste de Newsnight à la BBC, elle a admis « sa honte » d’essayer de défendre le diffuseur britannique contre les accusations de partialité plutôt que de demander des comptes au pouvoir. Maitlis a pointé du doigt une interview en 2016 avec « l’acolyte » de Donald Trump, Sebastian Gorka, sur Newsnight, dans laquelle elle a passé « la moitié du temps d’interview qui nous était imparti à essayer de défendre notre objectivité et le reste à se plier en quatre pour concilier sa version étranglée de la vérité, juste pour prouver que les critiques qu’il a formulées à mon égard étaient fausses. »

La journaliste, qui a quitté la BBC pour rejoindre le groupe de radio Global au début de l’année, a déclaré que les téléspectateurs étaient « en train de s’anesthésier face à la vitesse croissante à laquelle les faits se perdent, les normes constitutionnelles sont mises à mal, les affirmations sont souvent incontestées. »

Pour Emily Maitlis, « nous faisons preuve d’impartialité lorsque nous rendons compte sans crainte ni faveur, lorsque nous n’avons pas peur de demander des comptes au pouvoir, même si cela nous met mal à l’aise. »

Ian Murray, secrétaire d’État pour l’Écosse (Labour), a décrit la situation avec une image très simple, et juste : Quand le ciel est bleu, on ne doit pas présenter un avis opposé qui dit que le ciel est vert sous prétexte de couvrir « les deux côtés », mais plutôt mettre en avant qu’il y a des gens qui prétendent que le ciel est vert, mais que ce n’est pas vrai – il suffit de regarder dehors (le ciel est gris d’ailleurs à Edimbourg, NDLR).

Face à ce changement de paradigme et ces accusations, Charlotte Moore a défendu l’impartialité et l’indépendance de la BBC à l’égard des pouvoirs politiques, au même moment où Liz Truss, la candidate au remplacement de Boris Johnson, a ajouté de l’huile sur le feu des débats en déclarant que tous ceux qui croient que la BBC est impartiale se trompent. Elle préfère un « honest bias », un parti pris honnête, à une prétendue impartialité. La BBC reste sur sa position : Le public fait confiance à la BBC, il s’attend à ce que nos journalistes « laissent leur opinion à la maison ». Deux visions du journalisme qui s’opposent.

Raconter la crise climatique – du changement à la crise à la catastrophe

En lien évident avec la question d’impartialité est le sujet du traitement de la crise climatique. À une époque où l’urgence environnementale est indiscutable, comment transformer cette crise complexe et déroutante en un sujet auquel les téléspectateurs peuvent s’identifier ? Comment exploiter la créativité mondiale pour susciter un changement positif et placer la conversation sur le climat au centre de l’actualité ? La table ronde Based on a true story: How to tell the climate crisis narrative a essayé de répondre à la question.

Pour le producteur Stephen Garrett, le public ne veut pas être assommé par le contenu ou culpabilisé, il faudrait des ‘chevaux de Troie‘. Lisa Simpson qui devient végétarienne a plus d’impact sur le comportement des publics qu’un documentaire de 52 minutes. Il ne faudrait pas se contenter de cocher encore une case (en plus de la diversité et de l’accessibilité), mais intégrer le sujet dans les succès existants. Pour les représentants du service public, il s’agirait encore une fois à ne pas (trop) s’affirmer militants mais de rester dans un rôle qui rend compte des faits, en y mettant tout d’abord les bons mots : changement climatique ou catastrophe climatique en passant par la crise climatique.

Pour Thimali Kodikara, la solution se trouve aussi dans le format des podcasts : « Vous pouvez obtenir 5 % avec la science et 10 % avec le pessimisme, mais tous les autres ont besoin de quelque chose à quoi se raccrocher – plus d’humour, plus de femmes – vous pouvez avoir des conversations croustillantes et désordonnées. »

Netflix, interrogé sur le sujet, a confirmé vouloir « divertir et non pas faire la leçon à notre public », tout en avouant qu’ils sont toujours à la recherche d’un format à succès sur le changement climatique qui générerait le même impact et engagement que The Social Dilemma

Talents :  ce que les géants du streaming veulent, et ne veulent pas

Anne Mensah, responsable Netflix du Royaume-Uni, a pointé du doigt la « monoculture de la télé » et vanté sa plateforme comme le meilleur partenaire des producteurs britanniques, en mettant l’accent sur les programmes non scénarisés (non scripted). En même temps, Netflix a fait comprendre qu’il ne voulait pas d’émissions « de niche et avant-gardistes » et qu’il recherchait plutôt des programmes « pour un public large et amusants » par des créateurs affirmés (« We dont set you up for failure »), y compris des formats de talent show musical : « We’d love to find a music talent format. A singing talent format ». Netflix a annoncé d’ailleurs une série documentaire sur Robbie Williams, et aussi davantage d’histoire contemporaine après le succès de 9/11.

Un peu en contradiction avec cette annonce de contenus « mainstream » et malgré le contexte économique difficile et des coûts de production qui explosent, Netflix a souligné son souhait de rester « innovant » et de « prendre des risques » tout en collaborant sur plus de coproductions avec la BBC entre autres. Anne Mensah : « Je pense qu’il faut prendre des risques dans le mainstream. Nous sommes donc constamment à la recherche de moyens d’entrer dans la conversation culturelle et d’entrer en contact avec un grand nombre de personnes. Nous sommes une plateforme mondiale, donc un grand nombre de personnes, c’est facile pour nous ».

Lee Manson, directeur de la fiction chez Disney+, (qui vient de dépasser Netflix en termes d’abonnés, même si Netflix a commenté ce fait avec la remarque « cela dépend comment on lit les chiffres ») a parlé de l’importance des contenus régionaux, en utilisant l’exemple de la popularité d’Ignorant Angels en Italie pendant que son collègue de l’Unscripted, Sean Doyle, a affirmé que Disney recherche de « grandes histoires britanniques ». Disney+, comme les autres streamers, souligne l’importance de leurs équipes locales (à l’accent « british ») : « Les décisions sont prises ici, en Europe. Beaucoup de gens ne nous croient pas quand nous disons cela, mais nous sommes vraiment autonomes. Nous avons toujours fonctionné selon le principe que les équipes locales savent mieux que quiconque ce qui va fonctionner sur leur marché local. »

« Nous voulons de grands contenus de qualité… mais cela peut prendre de nombreuses formes », a déclaré de son côté Gabriel Silver de Sky, ajoutant qu’il y a toujours chez eux une place pour des contenus idiosyncrasiques comme I Hate Suzie à côté des émissions à grande échelle.

« La fiction documentaire originale est un élément clé de notre liste croissante au Royaume-Uni, du sport à suspense aux whodunnits et à l’histoire stranger-than-fiction », a déclaré Dan Grabiner, responsable des originaux pour Amazon Studios au Royaume-Uni. « Nous sommes ravis de travailler avec des cinéastes extrêmement talentueux, qu’il s’agisse de nouveaux réalisateurs ou de légendes du genre, pour faire connaître ces histoires humaines remarquables à un public mondial. » Amazon a mis en avant son approche « très différente » de celle de ses rivaux, avec une liste plus restreinte de produits « sélectionnés » – une stratégie menée par Jennifer Salke, responsable d’Amazon Studios. Pour Georgia Browne, Amazon’s Head of European Originals « The UK is the place where people have highest propensity to consume non-English language content ».

Le directeur général d’ITV chargé des médias et du divertissement, Kevin Lygo, a confirmé à l’occasion du festival le lancement en novembre d’ITVX qui remplacera la plateforme de streaming actuelle d’ITV, ITV Hub. « Le contenu qui sera commandé spécifiquement pour ce service […] sera plus audacieux et considéré comme un accompagnement de la chaîne linéaire traditionnelle » , a déclaré Lygo. Chaque semaine, un nouvel événement sera lancé en exclusivité sur ITVX, en plus de flux en direct.

Les thématiques en vogue sur les services de streaming (au-delà des reboots) : true crime, mariages, et de plus en plus de sport, qui devient, par la même occasion, un événement payant.
L’OPA sur les créatifs britanniques par les services de streaming américains ne fait que commencer.

Copier c’est créer – comment faire connaître les marques aux jeunes publics ?

Autre serpent de mer du festival : l’accès aux jeunes publics. Dans un monde où les jeunes se voient offrir une prolifération de choix sur YouTube et TikTok, Patrick Holland de Banijay UK  a appelé à un « doublement » des dépenses pour les jeunes publics en exhortant la BBC à investir 200 millions de livres sterling par an pour BBC Three plutôt que les 80 millions actuels.

Snapchat, depuis longtemps, n’est plus la plateforme de vidéos qui disparaissent, mais renforce de plus en plus la création de contenus originaux. Amanda Krentzman, Head of International Original Series, et Lucy Luke, Head of UK Partnerships chez Snap Inc. ont échangé avec Sam Barcroft, l’un des pionniers de la création de contenus originaux pour les réseaux sociaux, sur la stratégie contenus de Snap et la volonté de développer des séries en dehors des Etats-Unis. « Come to be informed and entertained » est désormais la devise de l’entreprise d’Evan Spiegel , qui teste, avec ses 800 partenaires, du contenu court premium dans Discover : news highlights (pas de news), entertainment, sports.

Pour Snap, le contexte très interruptif de la consommation sur smartphone, appelle un contenu immersif (et bien-sûr court, 5-7 minutes) qui doit être animé par la mission de « Changer le monde » (rien que cela). Tricot et athlétisme olympique y sont connectés grâce à Tom Daley, Anthony Joshua raconte son combat pour se sortir de ses conditions et They wanna get better explique l’histoire de troubles mentaux. Snapchat met en avant son accompagnement des producteurs pour proposer le bon format, le plus authentique possible, face à la caméra pour créer un lien intime et engageant à travers le smartphone.

Dans une autre table ronde, Dan Biddle, Strategic Partnerships Manager [Entertainment] de Meta et Rich Waterworth, General Manager de TikTok, ont souligné le changement de paradigme avec des publics qui ne sont plus seulement des consommateurs de contenu, mais aussi des producteurs de contenu. Il ne suffit plus aujourd’hui de montrer les coulisses des programmes à succès, mais il faut créer un réel engagement, une véritable relation – qui passe aussi par l’appropriation des contenus. Pour Rich Waterworth, il faut passer de l’idée « Ils piratent nos affaires » au constat de succès que la marque fait partie intégrante du lexique des jeunes, le piratage n’étant au fond que la preuve de la popularité d’un programme (un modèle économique pas forcément partagé par les producteurs de contenus).

Waterworth a insisté sur le concept de « l‘engagement actif » : « Si vous avez un contenu que les spectateurs peuvent utiliser et avec lequel ils peuvent jouer, ils se sentent proches de ce contenu, pas seulement en le regardant, mais parce qu’ils sont actifs et qu’ils remixent et partagent avec d’autres, cela leur donne intrinsèquement une proximité qu’ils veulent continuer à partager et dont ils font partie, ce qui les fait passer d’un public passif à un public actif. » TikTok se positionne aussi sur un volet nouveau : « not only make people laugh, but also learn », et a réinsisté sur son ADN : l’importance de l’engagement par la musique (cf. Kate Bush et Stranger Things). Dan Biddle de Meta, ancien de la BBC, a mis en avant le côté social des publics, qui ont envie de partager des contenus ‘Open Source’ (quitte à mixer les marques entre-elles). Il a  par ailleurs vaguement évoqué l’importance de la réalité augmentée pour créer de l’engagement (il y aurait définitivement une place pour Dan Snow’s History Hit), sans aller dans le détail, et n’a pas parlé du tout du métavers… 

Digital Media Killed the TV (Guide) – réseaux sociaux et télé, des vases communicants

Comment les téléspectateurs naviguent-ils sur une multitude de plateformes pour découvrir ce qu’ils aiment ? Alors que les streamers et les diffuseurs occupent un marché de plus en plus encombré (24 plateformes de streaming au UK) et que l’on passe en moyenne 4 jours par an pour chercher un contenu à regarder tout en faisant défiler la hauteur de Big Ben sur l’écran de notre smartphone chaque jour, à qui les jeunes téléspectateurs font-ils confiance pour décider de ce qu’ils vont regarder ensuite ?

LADbible a présenté à Edimbourg une récente étude menée auprès de la génération Z sur sa façon de découvir des contenus, avec quelques résultats amusants, qui soulignent le décalage générationnel dans la façon de chercher et trouver des programmes à voir. Pour la génération Z, ‘Regarder la TV’ serait en effet la deuxième activité la plus importante après ‘Ecouter la musique’, mais tout le monde n’entend pas la même chose sous « Watching tv content ». Pour les 18-34 ans, n’importe quel contenu long regardé à la télé y est compris.

Les réseaux sociaux sont la première source de découverte de contenus, avant le bouche-à-oreille, avec Instagram en tête, suivi par TikTok. Une majorité fait d’ailleurs plus confiance à une recommandation par des amis que par l’algorithme de Netflix (même si celui-ci reste le plus plebiscité parmi les algorithmes des plateformes de streaming). Et la moitié d’entre-eux est submergé par la masse de contenus, à tel point qu’ils regrettent les « guides tv » qu’ils feuilletent avec leurs grands-parents ou de se résigner à revoir des programmes déjà visionnés.

Avec des talents qui naviguent de plus en plus entre les univers en passant du digital à la télé et de la télé au digital, la compréhension de l’écosystème et de son ADN s’élargit et réseaux sociaux et télévision se mettent réellement à fonctionner en vases communicants.

En conclusion 

Qu’il s’agisse de remarques désobligeantes sur le « passage au micro-ondes d’anciens programmes », de la bataille entre impartialité et vérité ou des tentatives de Netflix de s’affirmer comme le lieu de prédilection des producteurs britanniques, le festival de la télévision d’Édimbourg a une nouvelle fois donné lieu à de nombreux débats dont certains ne font que commencer, et dont d’autres sont vitaux pour la survie du service public. Pour l’acteur écossais Brian Cox il s’agira d’un combat dans lequel « il faut établir et maintenir des normes » , et la plupart des participants (y compris les représentants du gouvernement) étaient d’accord que l’enjeu principal est d’atteindre les publics avec un excellent contenu sur la plate-forme de leur choix et de ne pas chercher « à plaire au gouvernement », mais plutôt à plaire aux publics, en particulier à ceux qui se sentent mal desservis, en mettant en avant les talents locaux. La télévision en Grande-Bretagne n’est, pour l’instant, pas encore prête à accepter la prise de pouvoir des Américains.  

 

 

Liens vagabonds : Les éditeurs américains face à Google et Meta

A RETENIR CETTE SEMAINE :

Aux Etats-Unis, un projet de loi sur la concurrence et la préservation du journalisme – a été publié lundi soir à l’initiative d’un groupe bipartite de sénateurs et membres du congrès américain. Cette loi, dite JCPA (Journalism Competition and Preservation Act), permettrait aux organes de presse de négocier plus facilement avec Google et Meta pour la reprise de leurs contenus. La version de la loi publiée lundi ne concernerait cependant que les médias locaux et les petits points de vente nationaux : seuls les éditeurs de moins de 1 500 employés à temps plein sont concernés. L’objectif est d’apaiser les républicains, traditionnellement opposés aux lois réglementant la concurrence entre les industries. 

La proposition législative intervient face au détournement de milliards de dollars de revenus publicitaires des agences de presse par Google et Meta, et un mois après l’annonce du groupe de Mark Zuckerberg de ne plus rémunérer les éditeurs américains pour leur contenu suite à la baisse des revenus du groupe. La loi JCPA intervient également dans un contexte particulier pour la presse locale américaine, alors que le pays a perdu plus d’un quart de ses journaux depuis 2005 et que près de 70 millions de citoyens se retrouvent dans un “désert d’actualité”, dépourvus d’information locale. Pour de nombreux médias, la loi sur la concurrence et la préservation du journalisme est le dernier espoir pour une presse locale américaine libre, vitale pour une démocratie saine. Selon un rapport sur l’état des nouvelles locales de 2022, il y aurait en effet une corrélation entre le manque de source crédible d’information locale et la baisse de la participation électorale. 

La loi JCPA répond à une problématique journalistique globale autour des droits voisins des éditeurs de presse. La France n’est pas le seul pays à avoir réagi législativement face aux dangers des GAFA pour les revenus publicitaires de la presse : l’Australie a adopté cette année une loi similaire qui a apporté 140 millions de dollars de revenus aux organes de presse, et le Canada envisage la même solution.

Le nouveau problème de Twitter s’appelle Peiter « Mudge » Zatko – “La sécurité de Twitter est un énorme fiasco”, a accusé l’ancien chef de la sécurité de Twitter, Peiter « Mudge » Zatko. Ce dernier aurait déposé une plainte auprès du ministère de la Justice, de la FTC et de la SEC dans un contexte déjà très tendu par la bataille juridique entre Elon Musk et Twitter. Célèbre pirate informatique et pionnier d’internet, Peiter Zatko avait été engagé dans le cadre de la faille de sécurité de Twitter en juillet 2020, qui avait compromis les identifiants d’importants comptes comme ceux d’Elon Musk, Barack Obama et Bill Gates. Cette affaire avait permis de révéler qu’à l’époque plus de 1000 employés avaient accès aux outils nécessaires pour compromettre ces comptes. Toutefois, selon les informations partagées par Peiter Zatko, en 2022, plus de la moitié du personnel de Twitter – soit 8000 personnes – ont désormais accès à l’environnement de production en direct et aux données sensibles des utilisateurs. 

“Mudge”, qui aurait quitté ses fonctions quelques semaines avant l’annonce de rachat par Musk, a déclaré que les outils informatiques de la plateforme seraient obsolètes au point de mettre en danger des données sensibles des utilisateurs. Cette audience s’inscrit dans une contexte où les législateurs américains se sont engagés à protéger la confidentialité des données et à demander plus de comptes aux Big Tech. La SEC n’a d’ailleurs pas attendu les révélations de Peter Zatko pour enquêter sur les pratiques de Twitter, avait déjà échangé avec le réseau social au mois de juin sur ses doutes dans la méthodologie de calcul utilisée pour les faux comptes. 

BeReal en plein décollage – L’application française BeReal vient de passer les 10 millions d’utilisateurs. Fondée il y a seulement 2 ans, elle s’impose comme la plateforme du moment auprès de la génération Z en se positionnant comme “l’anti Instagram”. Alors qu’Instagram a justement été vivement contesté dans les mois précédents quant à son possible impact sur la santé mentale des jeunes comme l’avait révélé la lanceuse d’alerte Frances Haugen, BeReal souhaite mettre l’emphase sur la vie quotidienne, “sans artifices”. Le fonctionnement de plateforme est simple : prendre une double photo de soi (avec la caméra avant et arrière) au moment où l’application nous l’ordonne, à un moment précis de la journée. Le succès de cette application “qui ne vous rendra pas célèbre » n’a pas tardé à arriver aux oreilles d’Instagram qui prévoirait de lancer la fonctionnalité “Candid Challenge” qui repose sur les mêmes mécanismes que BeReal. Cette offensive s’inscrirait dans l’ambition de Mark Zuckerberg de retenir les jeunes qui passent de plus en plus de temps sur d’autres plateformes que celles de Meta. 

Cette semaine en France

3 CHIFFRES 

18 – c’est le nombre de journalistes assassinés cette année au Mexique après la mort de Fredid Roman ce lundi 

40 millions – cela devrait être la valeur des transactions mondiales de NFT d’ici 2027 d’après Juniper 

25% – c’est la part d’audience que les principales chaines russes menées par l’Etat ont perdus depuis le début de l’invasion de l’Ukraine, au profit de Télégram 

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE

Infographie: Musique : vingt ans de mutation économique | Statista Vous trouverez plus d’infographie sur Statista

NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS / LONG READ

DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION

GAFA / BATX 

DONNÉES, CONFIANCE, LIBERTÉ DE LA PRESSE, DÉSINFORMATION

Source : capture d’écran de l’application InAppBrowser.com via Felix Krause qui permet de répertorier les commandes JavaScript exécutées par une application (ici Tiktok)

LÉGISLATION, RÉGLEMENTATION

JOURNALISME

STORYTELLING, NOUVEAUX FORMAT

ENVIRONNEMENT

RÉSEAUX SOCIAUX / MESSAGERIES

Source : capture d’écran de Brendan Gahan via Twitter

Les signaux d’alerte se multiplient autour du réseau social de Trump

Le contenu le plus populaire sur Facebook appartient à la poubelle

STREAMING, OTT, SVOD

AUDIO, PODCAST, BORNES

DATA, AUTOMATISATION, INTELLIGENCE ARTIFICIELLE 

Source : capture d’écran de Kelsey Piper via Vox

BLOCKCHAIN, CRYPTO, NFT, MÉTAVERS, Web3

Source : capture d’écran de l’étude “Sonder la réalité et le mythe dans le métaverse” de McKinsey

MONÉTISATION, MODÈLE ÉCONOMIQUE, PUBLICITÉ

JEUX VIDÉO, eSPORT

Source : capture d’écran du métavers Paradox via BeyondGames

TECH, STARTUPS, INNOVATION, TRANSFO NUM

OUTILS

 

ES avec Kati Bremme, Louise Faudeux & Isya Okoué Métogo

Liens vagabonds : Une modération mitigée des Big Tech pour les élections américaines

A RETENIR CETTE SEMAINE : 

Les Big Tech se préparent à la désinformation des Midterms américaines – Les élections de mi-mandat approchent aux États-Unis. Les plateformes sociales nous partagent comment elles comptent lutter contre la désinformation en hausse durant la période électorale pour aider les utilisateurs à faire des choix plus éclairés sur leurs votes. TikTok lancera une section “Elections Center” qui rassemblera des informations utiles aux internautes concernant les bureaux de vote, les candidats et les élections en général. Twitter prévoit de déployer des stratégies antérieures  notamment en plaçant des étiquettes devant certains tweets trompeurs et en insérant des informations fiables dans les timelines. Pareil pour Meta qui souhaite mettre en œuvre les mêmes efforts qu’en 2020, et empêchera les annonceurs politiques de diffuser de nouvelles publications une semaine avant l’élection. 

On reproche dors et déjà aux plateformes de manquer leur cible sur plusieurs enjeux. Entre autres par l’absence de modération dans les groupes fermés et de comptes personnels de politiciens, où avaient par exemple éclos les prémices de l’assaut du Capitole. De nombreux analystes s’inquiètent également du fait que les plateformes de médias sociaux ont peut-être consacré moins de ressources à la lutte contre la désinformation au cours de l’année dernière, n’en faisant une priorité que lors des élections majeures. Alors que Facebook se concentre davantage sur le métavers, la société a réduit le nombre d’employés travaillant sur l’intégrité des élections de 300 à 60 plus tôt cette année, selon le New York Times.

Capture d’écran Meta via Social Network Today

Horizon World est disponible en France et en Espagne – depuis cette semaine et annonce le lancement de l’expansion européenne du métavers de Meta. La plateforme métavers du groupe était jusque là disponible uniquement aux Etats-Unis et au Canada depuis décembre 2021 pour toute personne majeure en utilisant le casque VR de Meta. L’Espagne est particulièrement stratégique : le pays apparaît au premier plan de la tech européenne, grâce notamment aux deux hubs de Barcelone et de Madrid. Meta a donc choisi le pays hispanophone comme pied à terre européen, afin de profiter de son émulation technologique entrepreneuriale et des partenaires locaux. Le groupe investit aussi dans la construction d’un data center dans la région de Talavera de la Reina. Une des contraintes de la société de Zuckerberg sera de se conformer aux lois nationales en termes de collecte et de gérance des données de ses utilisateurs, un point non négligeable pour l’Espagne. 

Le déploiement de Horizon World en Europe ne fait que souligner le développement croissant du métavers. La courbe de Gartner, qui représente le cycle de maturité des nouvelles technologies, fait d’ailleurs apparaître l’innovation dans son hype cycle cette année. Cependant, tous les défis de l’implantation pérenne du métavers sont loin d’être réglés et les utilisateurs se sont montrés très critiques du lancement de Horizon World. De nombreux usagers ont pointé du doigt le niveau de graphisme et la qualité peu flatteuse du design du monde imaginaire de Meta, en le comparant à l’esthétisme des jeux vidéo du début des années 2000. 

Le streaming dépasse la télévision linéaire – Selon les nouvelles données de Nielsen, le streaming a officiellement dépassé le câble pour la consommation de contenu télévisuel par les Américains, avec Netflix en tête en termes de part d’audience (0,8%). Le streaming représente désormais plus d’un tiers de la consommation de télévision aux États-Unis (34.8% pour le streaming contre 34,4% pour la télévision) bien que la télévision traditionnelle demeure numéro une en quantité de temps d’écoute pour le moment. Si le rythme de déclin se poursuit, le streaming pourrait très bien dépasser la télévision traditionnelle en tant que principal moyen de consommer du contenu télévisuel dans les prochaines années. Pendant ce temps, de l’autre côté de l’Atlantique, au Royaume-Uni, le rapport de l’Ofcom révèle que pour la première fois, les jeunes adultes passent plus de temps sur TikTok que devant la télévision. Le média est bel et bien en perte de vitesse. 

Données : Nielsen ; Graphique : Visuels Axios

Cette semaine en France

3 CHIFFRES 

1 milliard – c’est le nombre d’adultes touchés par les publicités TikTok par mois 

1 million – c’est le nombre d’abonnés à la version payante de Snapchat en seulement 6 semaines 

200 millions de dollars australiens – c’est la somme versée par Google et Facebook aux éditeurs Australiens suite aux accords du Code

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE

Infographie: Comment est financé l'audiovisuel publique en Europe ? | Statista Vous trouverez plus d’infographie sur Statista

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Liens vagabonds : La Russie veut aussi contrôler l’Internet ukrainien

A RETENIR CETTE SEMAINE :

La Russie prend doucement le contrôle de l’internet ukrainien – dans les territoires occupés. Dans la ville de Kherson, les soldats russes ont obligé les fournisseurs internet à renoncer au contrôle du réseau, afin de dévier ce dernier vers le réseau russe. Le New York Times montre grâce à une carte interactive comment internet est dévié par la Crimée vers la Russie. Dans les régions ukrainiennes concernées, Facebook, Instagram, Twitter mais aussi les sites d’information ukrainiens et les sources d’information indépendantes ont été supprimé au profit de l’information russe contrôlée. Les réseaux cellulaires ont aussi été impactés pour obliger les habitants à utiliser des fournisseurs russes et les puces téléphoniques du nouveau réseau sont vendues après un contrôle d’identité. Dans d’autres villes, le réseau cellulaire et internet ont simplement été fermés. De l’autre côté du globe, les entreprises de médias sociaux ont pris des mesures pour restreindre la prise d’influence de la Russie sur l’information par les comptes contrôlés par l’Etat russe, mais le New York Times met en avant la propagande sans limite de Poutine qui se déploie en espagnol ou encore en arabe pour toucher un public le plus large possible. Pour de nombreuses ONG, la vigilance des médias n’est pas assez importante face à l’ampleur du phénomène. Tiktok est notamment pointé du doigt par Tracking Exposed pour rendre accessible de la propagande russe dans ses recommandations algorithmiques de manière plus ou moins discrète. Une pratique baptisée shadow promotion

En plus des réseaux sociaux, Tracking Exposed met en lumière la multiplication des sites de désinformation russe depuis 6 mois. L’ONG est passée de 116 sites qui étaient identifiés en mars à 250 aujourd’hui. Des sites qui profitent en plus de revenus issus de la publicité, alors même qu’un code de conduite de la Commission européenne avait prié d’engager les géants du web à plus de vigilance. 

Source : Kentik (données sur le trafic) ; Institute for the Study of War avec le Critical Threats Project de l’American Enterprise Institute (territoire occupé).

Disney+ rattrape Netflix – selon une annonce du groupe mercredi. Avec ses offres de streaming, Disney a rattrapé Netflix, leader du marché depuis de nombreuses années. Les services Disney+, Hulu et ESPN+ ont totalisé environ 221 millions d’abonnés au cours du dernier trimestre. C’est à peu près le nombre qu’avait Netflix après avoir perdu environ un million d’abonnés. Une hausse de 14,4 millions qui dépasse les attentes, fixées à 10 millions. Le groupe en a profité pour annoncer un abaissement de ses prévisions pour 2024, une révision à la baisse motivée par le lancement récent de la plateforme en Inde, même si pour l’instant les débuts de la compagnie en Inde et Asie du Sud-est leur a ammencé 8,3 millions d’abonnés. 

La Walt Disney Compagny a aussi annoncé l’augmentation du prix de son abonnement sans publicité aux Etats-Unis, qui passera à 10,99$ contre 7,99$ auparavant. Une augmentation qui correspond au lancement d’un abonnement avec publicité au prix de l’abonnement classique aujourd’hui. 

Les jeunes générations pensent mieux détecter la désinformation en ligne – selon une étude menée par l’Institut Poynter MediaWise, des données de recherche internationales YouGov et Google. L’étude, qui porte sur la maîtrise de l’information, compare la façon dont chaque génération navigue sur internet et détermine si elle peut faire confiance ou non à un contenu en ligne. Le rapport de l’étude avance que les génération Z, Y et X se sentent plus confiantes dans leur capacité à vérifier de l’information, en comparaison avec les baby-boomers et la génération silencieuse. Plus de la moitié des moins de 26 ans ont aussi déclaré craindre l’exposition de membres de leur famille à la désinformation. Pour autant, les critères pour juger la véracité d’une information restent les mêmes dans la majorité des générations : la source et les faits. L’étude, qui examine aussi les outils et les techniques préférées de chaque génération pour vérifier du contenu, montre cependant que la génération Z est plus équipée et utilise des outils plus pertinents. La jeune génération va avoir tendance à vérifier les commentaires mais aussi à effectuer une lecture latérale, qui consiste à ouvrir de nombreux onglets dans des moteurs de recherche et comparer les informations de différents sites internet.  

Cette semaine en France

3 CHIFFRES 

1/3 : c’est la proportion d’adolescents américains qui utilisent encore Facebook 

50% : c’est la part du prix des objets virtuels vendus sur HorizonWorlds qui sera prélevé par Meta 

525 millions – c’est le prix de vente en dollars d’Axios, racheté par Cox Entreprises cette semaine

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE

Infographic: War & World Economy Spark Mass Tech Layoffs | Statista You will find more infographics at Statista

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Sendit, Yolo, NGL : les applications sociales anonymes reprennent le dessus, mais elles ne sont pas sans risques

Avez-vous déjà confié à un inconnu un secret sur vous-même en ligne ? Avez-vous ressenti une certaine liberté en le faisant, notamment parce que le contexte était éloigné de votre vie quotidienne ? La divulgation de renseignements personnels et l’anonymat sont depuis longtemps un mélange puissant qui se retrouve dans nos interactions en ligne.

par Alexia Maddox, chargée de recherche, Blockchain Innovation Hub, RMIT, RMIT University

Nous l’avons vu récemment avec la résurgence des applications de questions anonymes destinées aux jeunes, notamment Sendit et NGL (qui signifie « not gonna lie »). Cette dernière a été installée 15 millions de fois dans le monde, selon des rapports récents.

Ces applis peuvent être liées aux comptes Instagram et Snapchat des utilisateurs, ce qui leur permet de poster des questions et de recevoir des réponses anonymes de leurs followers.

Bien qu’elles soient très tendance en ce moment, ce n’est pas la première fois qu’on les voit. Parmi les premiers exemples, citons ASKfm, lancé en 2010, et Spring.me, lancé en 2009 (sous le nom de « Fromspring »).

Ces plates-formes ont une histoire mouvementée. En tant que sociologue de la technologie, j’ai étudié les rencontres entre l’homme et la technologie dans des environnements conflictuels. Voici mon point de vue sur les raisons pour lesquelles les applications de questions anonymes ont une fois de plus pris d’assaut l’internet, et sur l’impact qu’elles pourraient avoir.

L’application NGL est destinée aux « adolescents » sur la boutique d’applications Google. Capture d’écran/Google Play Store

Pourquoi sont-elles si populaires ?

Nous savons que les adolescents sont attirés par les plateformes sociales. Ces réseaux les relient à leurs pairs, les aident à se forger une identité et leur offrent un espace d’expérimentation, de créativité et de rapprochement.

Nous savons également qu’ils gèrent la divulgation en ligne de leur identité et de leur vie personnelle par une technique que les sociologues appellent « ségrégation d’audience » ou « changement de code ». Cela signifie qu’ils sont susceptibles de se présenter en ligne différemment à leurs parents et à leurs pairs.

Les cultures numériques utilisent depuis longtemps l’anonymat en ligne pour séparer les identités du monde réel des personnalités en ligne, à la fois pour préserver la vie privée et en réponse à la surveillance en ligne. Des recherches ont montré que l’anonymat en ligne favorise la divulgation de soi et l’honnêteté.

Pour les jeunes, il est important de disposer d’espaces en ligne pour s’exprimer à l’abri du regard des adultes. Les applications de questions anonymes offrent cet espace. Elles promettent d’offrir ce que les jeunes recherchent : des occasions de s’exprimer et des rencontres authentiques.

Risqué par conception

Nous avons maintenant une génération d’enfants qui grandit avec l’internet. D’un côté, les jeunes sont salués comme les pionniers de l’ère numérique, de l’autre, nous craignons pour eux en tant que victimes innocentes.

Un article récent de TechCrunch a fait état de l’adoption rapide des applications de questions anonymes par les jeunes utilisateurs, et a soulevé des inquiétudes quant à la transparence et à la sécurité.

NGL a explosé en popularité cette année, mais n’a pas résolu le problème des discours haineux et de l’intimidation. L’application de chat anonyme YikYak a été fermée en 2017 après être devenue truffée de discours haineux – mais elle est revenue depuis.

Ces applications sont conçues pour attirer les utilisateurs. Elles tirent parti de certains principes de plateforme pour offrir une expérience très attrayante, comme l’interactivité et la gamification (qui consiste à introduire une forme de « jeu » dans des plateformes non ludiques).

En outre, étant donné leur nature expérimentale, elles illustrent bien la manière dont les plateformes de médias sociaux ont été développées au fil de l’histoire, avec une attitude consistant à « aller vite et casser les choses ». Cette approche, énoncée pour la première fois par Mark Zuckerberg, PDG de Meta, a sans doute atteint sa date limite d’utilisation.

Casser des choses dans la vie réelle n’est pas sans conséquence. De même, s’affranchir d’importants garde-fous en ligne n’est pas sans conséquence sociale. Les applications sociales qui se développent rapidement peuvent avoir des conséquences néfastes pour les jeunes, notamment la cyberintimidation, la cybercommunication, l’abus d’images et même le grooming en ligne.

En mai 2021, Snapchat a suspendu les applications de messagerie anonyme intégrées Yolo et LMK, après avoir été poursuivi en justice par les parents désemparés d’adolescents qui se sont suicidés après avoir été victimes d’intimidation via ces applications.

Les développeurs de Yolo ont surestimé la capacité de leur modération de contenu automatisée à identifier les messages nuisibles.

À la suite de ces suspensions, Sendit a grimpé en flèche dans les palmarès des boutiques d’applications, les utilisateurs de Snapchat cherchant à le remplacer.

En mars de cette année, Snapchat a ensuite interdit la messagerie anonyme sur des applications tierces, dans le but de limiter l’intimidation et le harcèlement. Pourtant, il semble que Sendit puisse toujours être liée à Snapchat en tant qu’application tierce, les conditions de mise en œuvre sont donc variables.

Les enfants sont-ils manipulés par les chatbots ?

Il semble également que ces applications puissent comporter des chatbots automatisés se faisant passer pour des répondeurs anonymes afin de susciter des interactions – c’est du moins ce qu’ont constaté les équipes de Tech Crunch.

Bien que les chatbots puissent être inoffensifs (ou même utiles), des problèmes se posent si les utilisateurs ne peuvent pas dire s’ils interagissent avec un robot ou une personne. À tout le moins, il est probable que les applications ne filtrent pas efficacement les robots dans les conversations.

Les utilisateurs ne peuvent pas faire grand-chose non plus. Si les réponses sont anonymes (et qu’aucun profil ou historique de publication ne leur est associé), il n’y a aucun moyen de savoir s’ils communiquent ou non avec une personne réelle.

Il est difficile de confirmer si les bots sont répandus sur les applications de questions anonymes, mais nous avons vu qu’ils causaient d’énormes problèmes sur d’autres plateformes, en ouvrant des voies à la tromperie et à l’exploitation.

Par exemple, dans le cas d’Ashley Madison, une plateforme de rencontres et de drague qui a été piratée en 2015, des bots ont été utilisés pour discuter avec des utilisateurs humains afin de les garder engagés. Ces bots utilisaient de faux profils créés par des employés d’Ashley Madison.

Que pouvons-nous faire ?

Malgré tout ce qui précède, certaines recherches ont montré que la plupart des risques auxquels les adolescents sont exposés en ligne n’ont que des effets négatifs de courte durée, voire aucun. Cela suggère que nous accordons peut-être trop d’importance aux risques auxquels les jeunes sont confrontés en ligne.

Dans le même temps, la mise en place d’un contrôle parental pour atténuer les risques en ligne est souvent en contradiction avec les droits numériques des jeunes.

La voie à suivre n’est donc pas simple. Et interdire les applications de questions anonymes n’est pas la solution.

Plutôt que d’éviter les espaces en ligne anonymes, nous devrons les traverser ensemble, tout en exigeant des entreprises technologiques autant de responsabilité et de transparence que possible.

Pour les parents, il existe des ressources utiles sur la manière d’aider les enfants et les adolescents à naviguer dans des environnements en ligne délicats de manière raisonnable.

 

Cet article est republié de The Conversation sous une licence Creative Commons. Lire l‘article original.

Liens vagabonds : L’empire Musk contre-attaque

À RETENIR CETTE SEMAINE : 

Musk / Twitter, suite du feuilleton – Elon Musk réplique à la suite de dizaines d’assignations à comparaitre du réseau social. Le patron de Tesla demande aux banques de remettre des documents et des communications sur la manière dont elles ont conseillé Twitter pendant les négociations. Elon Musk cherche aussi à savoir si d’autres acheteurs étaient envisagés pour l’accord. Ces nouvelles assignations rejoignent la défense principale du milliardaire, qui est le manque de transparence du réseau social sur les données des faux comptes de la plateforme mais aussi le licenciement récent de cadres supérieurs et d’un tiers de l’équipe d’acquisition de talent. Deux éléments qui nuiraient premièrement aux revenus publicitaires de Twitter (si les annonceurs n’atteignent pas de clients avec la présence de nombreux faux comptes) et à l’obligation du réseau social de “préserver pratiquement intacts les composants matériels de son organisation commerciale actuelle”. 

Les experts juridiques avancent de leur côté que Twitter essaie de prouver que le milliardaire avait délibérément torpillé le financement de son achat. Le réseau social, de qui vient le procès à venir, voudrait forcer Musk à respecter l’accord initial. Un procès qui s’ajoute à celui déposé vendredi dernier par un actionnaire de Twitter. L’actionnaire en question demande cette fois au tribunal d’ordonner à Musk de conclure un accord pour non respect de son obligation fiduciaire en raison de sa participation dans la société et pour le droit de veto sur certaines décisions de la société qu’il aquiert. Elon Musk avait commencé à acquérir des actions de Twitter en début d’année et était devenu l’actionnaire principal en avril, en rejettant l’offre de Twitter de rejoindre son conseil d’administration et en optant à la place pour une tentative de prise de contrôle rapide et agressive. Une stratégie dont le milliardaire et son entourage – aussi convoqué – voient aujourd’hui le retour de bâton.

Des pays européens veulent faire payer les télécommunications aux GAFAM – et réclament une nouvelle réglementation à la Comission européenne. La France, l’Italie et l’Espagne souhaitent équilibrer le coût de développement des infrastructures réseau entre les fournisseurs d’accès internet et les géants du web les six plus gros diffuseurs de contenus en ligne représentant 55% du trafic internet en Europe. Google, Meta et Netflix sont de la partie. La proposition de loi déposée par les trois pays européens a été révélée par Reuters, qui a pu s’en procurer une copie. Ce n’est pas la première fois qu’une telle idée émerge : un appel similaire avait été lancé par les treize plus gros opérateurs télécoms européens en décembre 2021 et la Fédération française des télécoms avait formulé 15 propositions en ce sens pour le quinquennat 2022-2027. Si le projet permettrait à l’Europe de booster son économie à hauteur de 52 à 72 milliards d’euros, il inquiète aussi les défenseurs de la neutralité d’internet, qui avaient signalé en juin le danger d’un tel financement. 

Nouvelle vague de piratage dans la cryptomonnaie – après la chute vertigineuse de la devise digitale. Si les méthodes varient, les butins, eux, restent à chaque fois colossaux. Un Youtubeur français, à l’origine de la chaine Crypto Gouv, est arrivé à dérober plusieurs millions d’euros à ses abonnés grâce à une stratégie qui a visé entre 200 et 300 personnes. La chaine, qui disait donner des conseils en cryptomonnaie, s’est très rapidement constitué une communauté de plus de 4000 membres. Le Youtubeur, pas encore connu à ce jour des services de gendarmerie, échangeait avec ses abonnés via Discord et Telegram. Des conversations qui ont rapidement mis en confiance les abonnés, au point de confier à leur mentor les fonds amassés pour investir dans les cryptomonnaies avec la promesse d’un retour sur investissement. Les sommes volées s’élèvent à plus de 4 millions d’euros. 

La cryptomonnaie Solana, présente dans le top 10, a aussi fait face à un hack énorme cette semaine : plus de 8 000 portefeuilles ont été vidés par une attaque massive qui a profité d’une vulnérabilité sur la blockchain. Un peu plus de 6 millions de dollars ont été volés à des investisseurs. Une troisième attaque s’est déroulé du côté du bridge Nomad à cause d’une faille de sécurité qui aurait conduit au piratage de près de 200 millions de dollars en crypto. Presse Citron qualifie la faille de sécurité de particulièrement grossière : le pont Nomad, qui est régi par contrat intelligent en open source, permet à n’importe qui de consulter le code, débusquer les failles mais aussi en cas d’erreur de configuration de revalider des transactions déjà effectuées en changeant l’adresse du destinataire. Un procédé relativement simple qui a amené les utilisateurs à essayer de récupérer les sommes volées par le même moyen, en créant alors le premier “pillage” de masse de l’histoire des crypto. 

Cette semaine en France

3 CHIFFRES 

10 secondes – c’est le temps qu’un modérateur marocain de Tiktok a pour regarder chaque vidéo 

25 milliards de dollars c’est ce que YouTube a rapporté à l’économie des Etats-Unis en 2021, en soutenant l’équivalent de 425 000 emplois  

16 – c’est le pourcentage de journalistes américains employés au moins à temps partiel dans un média membres d’un syndicat au sein de leur organisation

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE

Infographie: Les services d'Apple en pleine expansion | Statista Vous trouverez plus d’infographie sur Statista

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Lectures de l’été : nos recommandations (2/2)

Vous avez dévoré notre première sélection ou vous n’y avez pas trouvé votre bonheur ? Pas de panique, l’été n’est pas fini ! Voici le deuxième volet de nos recommandations de lectures, de la fiction à l’essai, pour en apprendre toujours plus sur le monde de demain. 

The Ascent of Information: Books, Bits, Genes, Machines, and Life’s Unending Algorithm – Caleb Scharf

Par une approche combinant biologie, informatique et théorie de l’information, Caleb Scharf plaide l’interdépendance que nous créons avec nos données. Leurs quantités les façonneraient comme une forme de vie agrégée régie par des objectifs et des besoins, et surtout capable d’influencer nos comportements. Cette relation avec l’information ne fait pas seulement des données quelque chose que nous produisons mais une des raisons pour lesquelles nous existons. Interroger le rôle des données dans notre développement en tant qu’espèce et la relation que nous entretenons avec elles devient alors crucial pour préserver la possibilité d’un avenir humain. 

Building a Second Brain – Tiago Forte

Pour la première fois dans l’histoire, nous avons un accès instantané à la connaissance du monde. Pourtant, au lieu de nous sentir habilités, nous nous sentons souvent dépassés par cet afflux constant d’information. Le savoir même qui était censé nous libérer nous a plutôt conduit à croire que nous ne saurons jamais assez. Ce guide montre comment vous pouvez facilement créer votre propre système personnel de gestion des connaissances, autrement dit un second cerveau : référentiel numérique fiable et organisé de vos idées, notes et travaux créatifs les plus précieux, synchronisé sur tous vos appareils et plateformes.

Futureproof, 9 Rules for Humans in the Age of Automation – Kevin Roose 

Après des décennies de battage médiatique et de fantasmes de science-fiction, l’intelligence artificielle sort des laboratoires et s’invite au cœur de nos vies. Et tandis que le débat séculaire sur la question de savoir si l’automatisation va détruire des emplois fait rage, une question encore plus importante est ignorée : Comment pouvons-nous être des humains heureux et performants dans un monde de plus en plus construit par et pour les machines ? Dans cet ouvrage, le chroniqueur technologique du New York Times Kevin Roose expose une vision pragmatique et pleine d’espoir de la manière dont nous pouvons prospérer à l’ère de l’IA et de l’automatisation.

How the World Really Works: A Scientist’s Guide to Our Past, Present and Future – Vaclav Smil

Ce livre explique sept des réalités les plus fondamentales qui régissent notre survie et notre prospérité. De la production d’énergie aux risques, en passant par notre monde matériel et sa mondialisation, notre environnement et son avenir, How the World Really Works propose un examen de la réalité bien nécessaire – car avant de pouvoir s’attaquer efficacement aux problèmes, nous devons comprendre les faits. S’appuyant sur les dernières avancées scientifiques, et s’attaquant de front aux sources de désinformation, Vaclav Smil répond finalement à la question la plus profonde de notre époque : sommes-nous irrémédiablement condamnés ou une utopie plus brillante nous attend-elle ? 

The Candy House: A Novel – Jennifer Egan

Bix Bouton a 40 ans, quatre enfants, et est désespérément à la recherche d’une nouvelle idée, lorsqu’il tombe par hasard sur un groupe, composé essentiellement de professeurs de Columbia, dont l’un expérimente « l’externalisation » de la mémoire. Nous sommes en 2010. En l’espace d’une décennie, la nouvelle technologie de Bix, « Own Your Unconscious » – a permis d’accéder à tous vos souvenirs et de les partager en échange de l’accès aux souvenirs des autres. Dans des récits envoûtants qui s’enchaînent, Jennifer Egan expose les conséquences de Own Your Unconscious à travers la vie de plusieurs personnages dont les chemins se croisent sur plusieurs décennies. 

The Journey of Humanity – Oded Galor

À une époque où les mauvaises nouvelles sont incessantes, l’économiste Oded Galor offre un antidote au catastrophisme. Sa conviction que notre avenir est relativement rose s’appuie sur des données relatives au développement économique qui suggèrent que le progrès technologique et la baisse de la fécondité signifient que non seulement nous serons en mesure de nourrir le monde, mais que nous pourrons bientôt le réparer.

Reward System – Jem Calder 

Julia a pris un nouveau départ dans un restaurant paneuropéen. Nick flirte avec la sobriété. La vie aurait dû commencer à prendre forme maintenant – mais au lieu de cela, nous essayons de nouvelles versions de nous-mêmes, en glissant à gauche et à droite. Reward System est un ensemble de fictions ultra-contemporaines sur une génération en pleine ascension ; l’histoire de deux personnes empêtrées dans les zooms et les verrouillages, la solitude et l’amour, le tout sous l’emprise de l’algorithme.