[ETUDE] Réseaux sociaux, désormais portes d’entrée de l’info

Par Barbara Chazelle, France Télévisions, MediaLab de l’Information

Plus des deux tiers des Américains (67%) s’informent désormais via les plateformes sociales, dont 20% fréquemment, selon le nouveau rapport du Pew Research Center* sur l’usage des réseaux sociaux dans l’accès à l’information. Et près de la moitié le font sur le seul Facebook.

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Facebook, Youtube, Twitter sont désormais les plateformes privilégiées pour s’informer, et Snapchat montre une progression importante sur l’année.

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Progrès sur les plus de 50 ans, les moins éduqués et les minorités

Deux tiers des américains interrogés déclarent donc s’informer du moins en partie via les médias sociaux en août 2017, un chiffre en légère augmentation par rapport à 2016 (62% vs 67%). Pour la première fois, plus de la moitié (55%) des américains sondés de 50 ans et plus consomment de l’information via les plateformes sociales, soit 10 points de plus en un an.

Augmentation aussi sur les populations minoritaires. 74% des non-Blancs font désormais usage des plateformes pour s’informent (vs 64% en 2016). Le rapport précise que « cette croissance implique que les non Blancs sont désormais plus enclin que les Blancs » à s’informer de cette manière.

Concernant les moins éduqués**, on est passé de 60 à 69% entre 2016 et 2017. La tendance s’inverse pour ceux qui ont au moins un diplôme universitaire dont l’usage des médias sociaux tend à décliner légèrement.

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Facebook, YouTube et Twitter premières plateformes sociales d’info

Concernant les plateformes, c’est sans surprise que l’on apprend que près de la moitié (45%) des américains adultes s’informent aujourd’hui sur Facebook. YouTube arrive en deuxième position du classement alors même que le réseau ne s’est jamais (pas encore ?) positionné activement sur le créneau de l’info : 18% des américains accèdent à l’actualité sur la plateforme vidéo, 11% seulement de la population s’informe via Twitter, 7% via Instagram, 5% via Snapchat.

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Néanmoins, en proportion, Twitter repasse en tête : avec 74% des twittos qui l’utilisent pour s’informer (52% en 2013, 59% en 2016), le site de microblogging tend à se spécialiser, d’autant que ce chiffre est en progression de 15% par rapport à 2016. Facebook n’est pas loin derrière, à 68%. Si les utilisateurs de Snapchat ne sont que 29% à s’y informer, l’application se fait remarquer par une progression de 12% de cet usage. Autre fait marquant, l’institut a intégré cette année WhatsApp dont le taux d’accès à l’info est déjà de 23%.

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L’étude montre que les internautes tendent au multi usage : 26% des sondés utilisent désormais plusieurs réseaux sociaux pour s’informer (vs 15% en 2013). Cette tendance est particulièrement forte pour les utilisateurs d’Instagram, Snapchat et WhatsApp.

Les médias traditionnels ne sont pas totalement délaissés

Selon le rapport, les consommateurs d’actualité sur les réseaux sociaux n’abandonnent pas pour autant les médias traditionnels et les utilisent en complément. Mais l’on constate des différences entre les utilisateurs des différents réseaux. Ceux qui s’informent sur Facebook sont par exemple plus enclin à s’informer via les chaînes de télévision locales que les utilisateurs de Youtube, Snapchat ou Twitter.

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* Etude menée en août 2017 sur 4971 adultes américains.

** Pour cette étude, sont considérées comme « moins éduquées » les personnes n’ayant pas de Bachelor (en deçà de BAC+3)

(Photo de Une by Kate SERBIN on Unsplash)

A la rentrée, l’info en ligne se met au bio

Par Clara Schmelck, journaliste à Integrales, philosophe des médias et chroniqueuse radio, billet invité

Le « detox », « la traçabilité » et la qualité : trois tendance du marché alimentaire bio que l’on retrouve aussi dans l’information en ligne en cette rentrée 2017. Preuve que les internautes se demandent non seulement ce qu’il y a dans leurs assiettes, mais aussi dans leur smartphone.

Contenu certifié

Les fake news sont aux médias ce que sont les pesticides aux fruits. Elles font gonfler les audiences, mais empoisonnent les contenus.

L’info sera t-elle bientôt à son tour labellisée, à l’instar d’un produit ou d’un ouvrage soumis à une norme ISO ? En juin 2017, l’ONG Reporters Sans frontières discutait avec plusieurs acteurs du secteur, dont des syndicats de journalistes, autour de l’éventuelle mise en place d’un label anti-fakenews. La création d’un label « journalisme » ou « presse » pourrait indiquer aux lecteurs qu’ils se trouvent en présence d’un site ou d’un média qui répond aux critères de qualité du journalisme : vérification de l’info, recoupements, correction, édition.

Suite à une demande et après avoir passé une procédure normalisée selon des critères transparents, une station de diffusion, un journal ou un portail Web serait classé et approuvé comme «TJ» ou rejeté. La note de travail de RSF esquisse trois critères :

A son tour, Facebook, nid à fake news,  vient de déclarer l’interdiction de publicité les pages renvoyant vers de fausses informations :

« Si des pages partagent de façon répétée des articles considérés comme des fausses infos, ces pages ne seront plus autorisées à faire de la publicité sur  Facebook », spécifie un billet posté sur le blog de l’entreprise. 

FAKE

Traçabilité des données

La traçabilité est une autre préoccupation du secteur alimentaire. Dans la presse en ligne, la question se pose en sens inverse : quel est le trajet des données produites par les internautes et récoltées par les sites et applications notamment via les cookie de traçage  ?

Les applis mobiles sont accusées de vendre à l’insu des internautes les données qu’elles récoltent de leur part. Une cinquantaine d’applications françaises, dont Le Figaro ou L’Équipe, fournissent à une entreprise tierce les données de localisation de 10 millions de Français, toutes les trois minutes, à des fins publicitaires, rapporte une enquête de Numérama. La startup Teemo développe un SDK (Software Development Kit) publicitaire pour des grandes applications populaires. Ce SDK est un logiciel dans le logiciel qui va, en se masquant derrière l’appli éditeur, accéder à vos données de localisation afin de les envoyer, toutes les 3 minutes, à Teemo, explique Numerama.

Certains médias anticipent une défiance croissance des internautes, et veulent leur garantir une gestion transparente de leurs données personnelles.

Dans un film diffusé le 29 août sur l’ensemble des chaines du groupe France Télévisions et bientôt visible sur france.tv, France Télévisions et Publicis Conseil communiquent sur la protection des données des utilisateurs de la nouvelle plateforme france.tv à travers la mise en scène de l’inscription à la plateforme de replay et de vidéos à la demande. Le court-métrage dépeint avec humour et ironie l’effet domino que provoquerait la fuite des données personnelles du héros du film.

Qualité des contenus

La qualité, le goût : autre axe de communication convergeant entre l’alimentation « alternative » et les médias en ligne, dont la TV délinéarisée. De la V.O, des émissions de qualité, expurgées d’infotainement. Lors de sa conférence de rentrée, la chaîne européenne ARTE a fait savoir qu’elle cultivait des programmes de qualité. Au menu de 2017-2018, : beaucoup de documentaires et du cinéma d’auteur (avec des cycles Clouzot, Spielberg et Melville). Bruno Patino, le directeur des programmes, a promis de proposer une «télévision ni assourdissante ni stroboscopique» qui «échappe aux standards et aux formatages» et produit parfois «quelques ovnis que nous revendiquons». Exactement comme l’agriculture biologique promet de se différencier des productions de masse avec des produits frais.

Toutes ces recettes de communication mises en place par les médias et les GAFA permettront-elles de gagner la confiance des citoyens ? En attendant, la tendance au « bio » dans l’info en ligne traite la presse tel un produit de grande consommation comme les autres, et sans doute même comme celui  qui comprend le plus de malfaçons…

Notifications : Je t’aime … Moi non plus

Par Lorraine Poupon, France Télévisions, Direction de la Prospective

L’appel de David Pierce de juillet 2017 a été vastement relayé sur les réseaux sociaux : Désactivez vos notifications. Toutes vos notifications ! Mais si ces alertes qui envahissent l’écran de verrouillage de votre smartphone peuvent paraître bien intrusives, faut-il suivre cette recommandation de manière indifférenciée ?

Breaking news, notification d’un like ou d’un commentaire sur Facebook, promotion dans un magasin devant lequel vous venez de passer sont-elles à toutes ranger dans la même catégorie des indésirables ? Un rapport de Reuters cherche à déterminer la manière d’optimiser le recours aux notifications par les grands titres de presse pour s’adapter aux vraies envies et besoins des utilisateurs.

Ecran verrouillé : chasse gardée

L’enjeu est majeur : parmi les 10 apps les plus utilisées ne figure aucun média d’information selon ComScore. Et les notifications pourraient être un moyen de lutter contre ce monopole. Cela se traduit par le fait, qu’à ce jour et parmi les alertes, celles concernant les nouvelles n’arrivent qu’après les communications mobiles et celles liées aux réseaux sociaux. Si le nombre moyen de notifications reçues, quel que soit leur sujet, est de 10 par jour, seuls 33% des Américains en reçoivent liés aux news et ce chiffre tombe à 24% en Allemagne d’après Reuters.

Ce n’est pas le fruit du hasard. Il existe une véritable réticence du côté des utilisateurs. Réticence à recevoir un contenu inadapté. Réticence à  leur format intrusif. Et de fait, 25% des propriétaires de smartphone interrogés ont déjà supprimé une app pour cette raison.

A l’inverse, pour 75% des utilisateurs d’apps d’information, la fonctionnalité notification fait partie de leur prérequis. Ce format d’alerte, par sa visibilité, participe à la fidélisation d’un lecteur à l’égard d’un titre. Il a été un levier puissant pour des leaders TV comme la BBC au Royaume Uni ou CNN et Fox News aux Etats-Unis pour exporter leur réputation pour les breaking news vers le portable.

Business People hangout together at coffee shop

Une ligne éditoriale pour les notifications ?

Mais alors, comment convaincre ? Au-delà des réglages par défaut acceptés à la va vite lors du téléchargement d’une application, il s’agit d’adapter le format, le contenu et la régularité des envois. En effet, parmi les propriétaires de smartphone ne recevant pas de notifications liées à l’actualité, si 38% ne sont pas intéressés, 31% le seraient avec une personnalisation des sujets concernés et 36% avec une flexibilité de la fréquence.

Le développement d’une offre « sur mesure » représente l’axe majeur d’amélioration recommandé par le rapport.

Et certaines expériences ont été concluantes. En lien avec l’attrait pour les local news, Otherworld à Manchester propose l’envoi de notifications géolocalisées en fonction des déplacements repérés par des balises réparties dans la ville. NZZ Companion anticipe même sur le risque de l’ultra-personnalisation avec le manque de diversité qui peut en ressortir. L’app combine ainsi deux critères pour la création d’une revue de presse personnalisée : à la fois les centres d’intérêt de l’utilisateur mais aussi la pure qualité éditoriale des contenus. A cela s’ajoute un feed commun à tous. Ces deux sources leur permettent de satisfaire leur désir de pouvoir découvrir un contenu qu’ils n’auraient pas trouvé par eux-mêmes. Une autre piste de développement consiste en la création de bots conversationnels en tant que relais d’informations personnalisés à l’instar de celui développé par FranceInfo sur Messenger et ceux d’autres médias d’information qui ont choisi d’expérimenter cette voie.

L’autre enjeu serait de développer des formats exploitant le potentiel de l’écran de verrouillage. The Guardian l’a fait lors des dernières élections générales britanniques avec des infographies, des données intégrées aux notifications mises à jour au fur et à mesure que les résultats tombaient et des contenus reliés interactifs.

Le potentiel de développement existe mais Reuters met en garde les éditeurs : mal utilisées, les notifications peuvent avoir l’effet inverse de celui escompté et détourner le lecteur. Le ton à adopter pour attirer sans tomber dans le titre clickbait est une question que doivent se poser les rédactions. Le New York Times le fait depuis 2 ans avec la création d’une équipe consacrée aux notifications. Elle a convaincu en interne de leur importance pour le succès d’un billet et cherche à développer un style plus relâché. Pour autant, aussi dans l’air du temps soit-il, le recours à des émojis est-il réellement adapté à l’annonce de toute nouvelle ?

MediaLab Speed Training : 5 places à gagner

À l’occasion de la Nantes Digital Week, Ouest Médialab organise le 19 septembre une journée de formation en mode « speed training » pour se former aux médias numériques.

Durant cette journée qui rassemble chaque année quelques 400 participants seront présentés plus de 40 tutos, démos et retours d’expérience à la carte pour monter en compétences sur les contenus numériques. Le Médialab SpeedTraining est un condensé de bonnes pratiques entre professionnels de la com’, des médias et du numérique, à partir de projets qu’ils ont mené et d’outils qu’ils ont eux-mêmes expérimenté. Le tout garanti 100% concret et surtout sans blabla.

Le programme détaillé : http://www.medialabspeedtraining.fr/ 

5 places à gagner

Méta-Media vous fait gagner 5 places pour cette journée de SpeedTraining aussi utile qu’inspirante.

Vous avez jusqu’au vendredi 8 septembre 16h avant le tirage au sort.

Il suffit de
– suivre @metamedia sur Twitter si ce n’est pas déjà fait
– retweeter le tweet ci-dessous avec le hashtag #medialabMM

 

5 PLACES A GAGNER (2)

Bonne chance et rendez-vous à Nantes!

Tendances : 10 choses à retenir de l’été 2017

Par Kati Bremme et Barbara Chazelle, France Télévisions, Direction de l’Innovation et MediaLab

Vous avez réussi à vous déconnecter cet été ? Bravo ! Pour faciliter la rentrée, nous avons sélectionné 10 points à retenir de l’été dans les mutations en cours des médias, du journalisme et de la TV. Les grandes tendances se confirment. Certaines annonces des derniers mois, qui peuvent paraître anecdotiques, pourraient être le signe de changements plus profonds que prévus.

1La Silicon Valley poursuit son assaut de la TV et du cinéma

Tous les grands de la Silicon Valley se lancent désormais dans la production propre de programmes, en s’associant pour certains aux stars des réseaux sociaux, ou encore aux grandes figures de la TV. Par exemple, Twitter a sorti une dizaine de programmes et s’est allié avec BloombergYoutube propose 40 nouveaux programmes natifs présentés par des stars et Facebook entend réinventer la TV avec Watch. Apple investira 1 milliard pour fabriquer des programmes. 

Netflix atteint les 100 Millions d’utilisateurs, veut imposer de nouvelles règles du jeu et créé la polémique en déclarant qu’ufilm peut-être à Cannes sans sortir en salle.

Facebook Watch
Facebook Watch

A surveiller : Amazon acquiert de plus en plus de sociétés de tous horizons (du prêt à porter aux cosmétiques, en passant par les accessoires technologiques et les contenus vidéo). Bezos est ainsi devenu l’homme le plus riche du monde (le temps d’une journée) et certains prédisent qu’Amazon pourrait bientôt avoir le pouvoir de casser le duopole Google/Facebook.

2La démultiplication du streaming génère un paysage confus où continuent de s’estomper les frontières entre vidéo et TV

Avec le morcellement du marché de streaming, il est de plus en plus compliqué d’accéder à son programme préféré. La simplicité promise par l’ouverture génère plutôt des surcoûts  : les télénautes risquent de payer plus pour moins de services dans les mois à venir.

Fait marquant de l’été, Disney a choisi de lancer ses propres services de streaming et de retirer ses contenus de Netflix. De son côté, Katzenberg réfléchit à une plateforme de contenus sur mobile. SFR lance sa chaîne Altice Studio.

3Sport : les GAFA gagnent du terrain

Les GAFA acquièrent de plus en plus de droits de diffusion d’événements sportifs à l’instar de Twitter qui veut lancer sa chaîne sportive Stadium d’ici l’automne ou encore d’Amazon qui souffle les droits de l’ATP à Sky.

L’eSport continue de prendre de l’ampleur : Twitch Prime devient mondial et Facebook compte surfer sur la tendance en diffusant des tournois sur sa plateforme.

4Toujours beaucoup d’engouement pour les plateformes sociales, notamment les messageries.

Les stories d’Instagram ont déjà dépassé celles de Snapchat alors même que les éditeurs commencent tout juste à s’y mettre et avec succès comme le montre les 29 millions de téléspectateurs séduit par le JT de NBC News lancé il y a un mois. CNN s’y met aussi avec CNN Update.

Les bots conversationnels continuent de faire couler beaucoup d’encre et les acteurs explorent comment les exploiter, en témoigne 100.000 bots créés uniquement via l’API Messenger.

Les grandes plateformes affirment toujours plus fort leur rôle d’éditeur. La neutralité face aux discours haineux ne semble plus une option suite aux événements de Charlottesville et Spotify a supprimé 37 groupes racistes/suprémacistes blancs haineux de son réseau.

5L’info se cherche et cherche son public

D’un côté, nous assistons à des questionnements profonds sur les métiers du journalisme. L’appel de Jon Snow (Channel 4) à Edimbourg exhortant la profession à retrouver son lien avec la population est un symbole fort.

Suite aux élections, la lutte contre les fake news perd de l’importance mais se diversifie : Wikipedia a lancé Wikitribune, Mozilla a annoncé Misinformation et Facebook a sorti un livre blanc sur les fake news et paye maintenant ses factcheckeurs.

Parallèlement à ces questions de fonds, l’info est toujours en quête de business models viables.
Nous consommerons bientôt l’info par abonnement sur Facebook et Google. Après avoir demandé aux éditeurs de leur donner leurs contenus (Google AMP et Facebook Instant Articles), le duopole songe à mettre en place des monétisations par abonnement pour compenser leur perte de publicité. Le défi des médias est de transformer les lecteurs internautes en abonnés cad le « log in » devient le cœur de la stratégie numérique des éditeurs. The Guardian quant à lui vient de créer une association pour diversifier ses sources de revenus. 

Les rédactions se réorganisent toutes désormais autour de la vidéo (“Pivot to video”), certaines même exclusivement, et tuent les jobs d’éditeur. Mais entre une mauvaise vidéo et du bon texte, les annonceurs et les lecteurs préfèrent le texte. L’équilibre reste donc à trouver.

6Le podcast bat des records

Avec + 62,4% d’utilisateurs en 2017, les podcasts deviennent un usage et une source de revenus intéressante, notamment grâce aux mesures d’audience plus précises. Aux Etats Unis, la pub s’intéresse aux podcasts, la France cherche à mieux connaître les utilisateurs.

L’avenir des podcasts paraît en effet radieux. Pendant ce temps, les playlists de Spotify ont remplacé les albums. L’enjeu : comment rendre l’audio découvrable en ligne.

7Publicité : alliances et surveillance

Les éditeurs s’associent contre le duopole Google/Facebook. Les médias français s’allient via Gravity à l’exception du Monde et du Figaro qui font front de leur côté avec Skyline.   

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La pub est désormais sous haute surveillance : d’un côté les marques veulent se réapproprier le contrôle de leurs campagnes publicitaires numériques ; de l’autre, Google va sanctionner les formats trop invasifs. Attention, signe de ralentissement de la pub aux US.

8L’Intelligence artificielle divise la Silicon Valley pour la première fois

La polémique est particulièrement incarnée par Zuckerberg et Musk, le premier incarnant les supers enthousiastes et le second ceux qui alertent sur les changements de société profond que cela implique.

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9Assistants personnels et montée en puissance de l’interface vocale

L’ensemble des GAFAM proposent désormais (ou très bientôt) leurs assistants, et ils arrivent en France à l’instar de la Google Home.

Les capacités de reconnaissance vocale deviennent de plus en plus précises (La reconnaissance vocale de Microsoft passe à 5,1% de taux d’erreur) et la voix est le nouveau moteur de recherche : 20 % des recherches sur mobile se font déjà par ce biais.

10Next ?

La prochaine révolution média devrait se dérouler dans la voiture autonome. L’iconique Google Car « firefly » prend déjà sa retraite car Google entend passer à une production de masse des véhicules autonomes.

Noyés dans l’élite déconnectée, les journalistes doivent retrouver le lien avec la population

Par Barbara Chazelle, France Télévisions, MediaLab de l’Information

Profondément tourné vers l’humain, le journaliste britannique vedette de Channel 4 News, a fait acte de contrition mercredi soir à Edimbourg pour sa profession en l’exhortant à reconnaître sa situation d’élite déconnectée, à retrouver un lien avec l’ensemble de la population, à remédier à l’exclusion, la déconnection et l’aliénation.

Le numérique oblige à la responsabilité, des journalistes premièrement, mais aussi des grandes plateformes – notamment Facebook et Google – et des gouvernements, a résumé Jon Snow lors du fameux keynote d’ouverture de l’International TV Festival annuel.

Pour lui, « A l’âge où tout le monde est un éditeur, le journalisme broadcast de service public est plus vital que jamais; l’humanité a besoin de faire coïncider la croissance spectaculaire des médias sociaux avec une renaissance de la mobilité au sein même de la société ».

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Retrouver une connexion avec le public

« L’explosion des médias numériques n’a ni comblé le vide laissé par la décimation de la presse locale, ni ne nous a connecté plus efficacement avec les laissés-pour-compte, les désavantagés, les exclus. Jamais nous n’avons été plus accessibles au public et en même temps plus déconnectés de la vie d’autrui » a regretté Snow.

Et de prendre l’exemple du Brexit que les médias, instituts de sondage et autres experts n’ont vu venir, y compris lui-même. De même, personne n’avait vu le blog de la Tour Grenfell, véritable « chronique de la mort », preuve selon le présentateur du JT de la déconnexion complète de la profession avec la population.

A l’heure des chambres d’échos sur les médias sociaux, jamais la confiance n’a été plus cruciale et les journalistes doivent la regagner et la protéger à tout prix.

Prendre ses responsabilités

Avant toute chose, pour que le changement soit possible, il faut savoir s’examiner soi-même et prendre ses responsabilités.

« Nous devons accepter que nous tous dans cette pièce faisons partie de l’élite, par définition. Je crois que nous avons, par la nature de notre business, une obligation d’être au courant de, d’être connecté avec, de comprendre les vies, les préoccupations, les besoins de ceux qui ne le sont pas. »

« Nous pouvons accuser les classes politiques pour les échecs, et nous le faisons. Mais nous sommes coupables d’eux » déclara Snow.

Le journaliste a encouragé son auditoire à rechercher la diversité, dans les rédactions mais aussi à s’engager dans une communauté plus large, qui est une « voie fertile pour découvrir des vies et des problématiques » dont il n’aurait l’opportunité d’apprendre sinon.

Demander des comptes à Facebook et Google

« Mark Zuckerberg dit se soucier de l’info. Mais est-ce vraiment le cas ? Ne se préoccupe-t-il pas plutôt de garder des gens sur Facebook ? »

Jon Snow déplora que le même algorithme qui permet de prioriser beaucoup d’excellents articles ait pu aussi répandre des fake news à grande échelle :

 « Facebook a le devoir moral de prioriser la véracité à la viralité. C’est fondamental pour notre démocratie. »

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Si le reach des vidéos Facebook dépasse celui des audiences broadcast, il reste pour le moins incertain et peut chuter considérablement si l’algorithme de la plateforme est modifié. De plus, les revenus générés sont loin de remplacer ceux des médias traditionnels. Selon le présentateur, Facebook devrait prévoir une « compensation qui financerait l’information de haute qualité » plutôt que de vouloir « inventer et établir un journalisme de quantité » comme le déclare Zuckerberg dans son manifesto, car celui-ci existe déjà mais a été décimé par le duopole Facebook/Google.

« Maintenant nous devons tous travailler ensemble et trouver d’autres moyens de le porter, avant qu’il ne soit trop tard » a exhorté Snow tout en déclarant que Facebook, Google et les autres devraient payer plus de taxes.

« Facebook se régale de nos produits mais ne paie rien pour eux. Cela ne peut pas durer : les gouvernements, l’Union Européenne et d’autres doivent s’efforcer de les faire payer. »

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Se battre pour la liberté de la presse

Jon Snow s’est montré particulièrement soucieux des projets de loi visant à accroitre les capacités de surveillance des autorités : après l’accès aux conversations privées sans supervision judiciaire (Snoopers Charter), il pourrait être question en Grande Bretagne d’inculper les journalistes et leurs sources qui feraient fuiter des informations gouvernementales.

La profession ne doit rien prendre pour acquis et continuer de se battre pour sauver la liberté de la presse.

Le pire et le meilleur moment

Jon Snow a conclu le discours MacTaggart en présentant deux scenarii :

« C’est le pire et le meilleur moment pour être sur le pont… il a encore tout le potentiel pour prouver être l’Age d’Or. Saisissons-le ! »

Une : Photo by GoaShape on Unsplash

Liens vagabonds : Fin de la neutralité face à la haine

A RETENIR CETTE SEMAINE

John Berkeley, The Economist
John Berkeley, The Economist

capt

FAKE NEWS / POST TRUTH

“MUST READ”

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A VOIR

SURVEILLANCE / CONFIANCE / WINNER TAKES ALL

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ES avec Barbara Chazelle et Kati Bremme

 

[Etude] L’avenir de la confiance en ligne

Par Lorraine Poupon, France Télévisions, Direction de la Prospective

Le paradoxe est criant : jamais nous n’avons été si conscients des risques liés à notre présence sur Internet et pourtant jamais nous n’en avons été aussi dépendants. Et s’il y a une chose à retenir de l’étude conduite par le Pew Research Center, c’est que quelle que soit l’évolution de notre confiance en ligne au cours de la prochaine décennie, elle ne sera pas nécessairement corrélée à notre usage effectif du web.

L’enjeu de la confiance est loin d’être anodin à l’ère de la dématérialisation et de la numérisation. Lorsqu’elle est acquise, elle permet de faire société, participe au bien-être, à la stabilité politique et au développement économique. A l’inverse, la question posée par le Pew Research Center arrive à un moment où les institutions traditionnelles, que ce soit les gouvernements, les médias ou le système financier et bancaire, s’isolent progressivement du corps citoyen par une fracture qui semble de plus en plus insurmontable.  L’ère du temps est au renouveau et le rôle que jouera internet dans notre quotidien va aller grandissant. Cela, aucun des experts interrogés ne le nie. Toutefois, trois tendances se distinguent dans l’issue possible.

1En dehors du Web, point de salut

Pour 48% des interrogés, c’est la voie qui sera empruntée : la confiance va progresser, parallèlement donc, à la dépendance à l’égard d’internet. Cela sera le fait d’un effet de rattrapage aussi bien technologique que légal et institutionnel. Le cryptage des données va se généraliser. Avec les systèmes de vérification de l’identité, l’existence en ligne sera plus sécurisée.

Et cela dépasse la seule nécessité. Si effectivement, certains services ne seront bientôt plus disponibles qu’en ligne et qu’il sera donc impossible d’utiliser une porte dérobée, Internet a donné naissance à de nouvelles communautés et à de nouvelles relations interpersonnelles avec leurs propres codes. Plus encore, pour les jeunes générations qui n’auront pas connu de monde déconnecté, leur familiarité avec le web assure leur confiance.

Les Etats doivent rattraper leur retard et même anticiper sur le progrès technologique en alignant leur législation sur l’enjeu de la protection des données.

S’ils sont optimistes, ceux qui croient en l’augmentation de la confiance sont néanmoins lucides: la vigilance reste nécessaire et il n’est pas question de faire preuve de naïveté face aux enjeux et risques inhérents à une présence accrue sur le net. L’éducation sur ces questions reste un défi pour être conscient des risques au-delà des avantages et avoir un usage raisonné des outils à disposition.

« DIY world »

Les blockchains ont, à cet égard, un grand rôle à jouer. Ces bases de données cryptées recensent un historique de transaction visible par chacun des utilisateurs d’un réseau pré-défini. Elles sont inaccessibles pour tout individu extérieur. Elles permettent aux internautes de prendre leur indépendance vis-à-vis des intermédiaires qui sont ceux qui suscitent la méfiance.

Encore peu connues du grand public, elles pourraient se généraliser si toutefois les premiers exemples à succès font leur preuve car ils constitueront pour les novices un cas d’école. La possibilité de la désintermédiation reste toutefois menacée du simple fait qu’elle n’est pas dans l’intérêt des GAFA.

2Internautes résignés, la confiance par défaut

La deuxième tendance développée par le Pew Research Center est le temps de la « confiance par défaut » : l’usage d’internet continuera d’augmenter sans que la confiance ne progresse pour 28% des sondés. Le bras de fer entre les GAFA et les défenseurs des droits individuels face aux abus de ces géants du Web continuerait. C’est le scénario de la résignation où, bien que conscients des risques, les internautes resteraient passifs et choisiraient la praticité et le confort que leur offrent ces outils en ligne. Et que celui qui n’a jamais coché la case « J’ai lu et j’accepte les termes et conditions » sans les avoir effectivement consultés leur jette la première pierre !

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3Dans l’ombre du doute

Pas une semaine ne se passe sans l’annonce d’une nouvelle cyber-attaque par un groupe de hackers anonymes contre une agence gouvernementale ou même d’un Etat dans les affaires d’un autre. Pour les derniers 24% des interrogés, ce climat est la nouvelle norme et va même aller en s’empirant.

Internet n’a pas été créé avec cette question de la sécurité en tête et a pris une tournure inattendue pour ses créateurs. Les intérêts économiques des géants du Web continueraient ainsi à s’opposer aux droits individuels. Ces derniers seraient même voués à perdre cette partie de bras de fer, le monopole des GAFA en ce qui concerne la concentration des données permettant la surveillance de masse au nom de la raison d’Etat.

Si l’optimisme est la voie choisie par la majorité des sondés, on peut se demander si ces derniers sont représentatifs de l’attitude qu’adoptera l’ensemble des internautes. Conscients des enjeux, des risques mais aussi et surtout des promesses qu’offre une société nouvelle et connectée, ils connaissent et même établissent ses règles renouvelées. Dès lors, leur optimisme n’est-il pas résigné plutôt qu’éclairé ?

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A RETENIR CETTE SEMAINE

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ES avec Barbara Chazelle et Kati Bremme

Données Personnelles : Home Sweet Google Home

Par Lorraine Poupon, France Télévisions, Direction de la Prospective

Plus personne ne s’étonne de voir un bout de scotch posé sur la webcam d’un ordinateur pour se protéger des coups d’œil indiscrets en provenance directe de la Silicon Valley. Paranoïa ? Non, simple précaution vous dira-t-on. Mais alors pourquoi accueillir l’assistant vocal made in Mountain View au cœur de son domicile ?

L’oreille de Google à domicile

C’est que le Google Home a certains atouts considérables. Il est fort d’une réputation vieille de quelques mois qui se construit depuis sa sortie sur le marché américain en octobre 2016. Le logiciel a été adapté aux spécificités culturelles et linguistiques bien françaises et est désormais prêt à répondre à la moindre de vos questions, de la plus terre-à-terre à la plus complexe. Du moins, sur le papier. Recettes, flashes info, agenda  interactif, musique ou mobilier connecté : toutes ces informations sont à portée de voix. C’est ce qui ressort de la majorité des tests produits publiés depuis sa sortie : les micros de l’appareil sont très performants. Et c’est là où le bât blesse.

Si elles paraissent relativement informelles grâce à « l’intelligence artificielle » de Google formatée pour le langage naturel, l’intégralité des interactions avec votre assistant est enregistrée. Le géant du web plaide la transparence en expliquant qu’elles sont toutes accessibles depuis un gestionnaire d’historique. Et d’ajouter que si l’écoute est continue, les données ne sont transmises que lorsque la demande commence par la formule-désormais-magique « OK Google ». Heureux ceux qui croient sans avoir vu ?

Inviter le Google Home à pénétrer chez soi revient donc à accepter un énième micro dans son domicile, une oreille qui, et c’est de notoriété publique, a tendance à traîner là où on l’attend le moins. Certaines marques ont même pris le parti d’en jouer dans leurs campagnes.

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Une Intelligence Artificielle encore très limitée

Si malgré cela on accepte de passer le cap, il faut s’attendre à quelques surprises quand les algorithmes rencontrent leurs propres limites. Il est encore difficile d’enchaîner des questions en contexte ou de comparer des données. C’est probablement là que réside la plus grande marge de progression de l’appareil. Il faudra attendre quelques mois pour voir si les utilisateurs français trouvent un réel intérêt à ce service que certains considèrent comme un gadget.

Si vous hésitez encore avec la version Amazon de l’assistant à domicile, l’agence numérique Stone a effectué un test comparatif pour savoir lequel des deux était le plus performant entre le Google Home et Echo. Le premier a répondu correctement à 89,5% des questions face à 86,9% pour son concurrent. Alors entre la peste le choléra en matière protection de la vie privée, on vous laisse choisir !