The Enemy, expérience journalistique en réalité virtuelle

Par Diane Touré, France Télévisions, Direction de la prospective

Lors du festival Futur En Seine, France Télévisions a présenté The Enemy, une expérience journalistique en réalité virtuelle qui propose au public de se retrouver au centre d’un face-à-face entre deux ennemis, deux combattants.

Le photojournaliste Karim Ben Khelifa expérimente un prisme et un cadre différents pour comprendre les conflits immémoriaux et nous emmène dans une odyssée à travers les conflits les plus longs de l’histoire contemporaine.

« Le projet est un prototype, c’est aujourd’hui un test de ce qu’on peut raconter comme histoire à l’ère de la réalité virtuelle, à l’ère du numérique et donc, ce que seront potentiellement les histoires audiovisuelles de demain qui vous amèneront ailleurs et dans une autre réalité », explique Boris Razon, Directeur des Nouvelles Ecritures de France Télévisions.

Méta-Media a recueilli quelques  impressions à chaud après expérimentation, dont celles d’Axelle Lemaire, secrétaire d’Etat chargée du numérique.

 

Auteur : Karim Ben Khelifa.
Une coproduction : francetv nouvelles écritures, ONF/NFB, Camera Lucida, Emissive et Department

Avec le soutien de : Tribeca film institute, Sundance institute, MIT documentary lab & l’Open society foundations

 

 

La loi sur le numérique se précise

Par Barbara Chazelle, France Télévisions, Directions Stratégie et Prospective

Benoît Thieulin, Président du Conseil National du Numérique (CNNum), a remis ce jeudi au Premier ministre un rapport intitulé « Ambition numérique » avec 70 recommandations qui s’appuie sur 17.000 contributions de 5.000 contributeurs de tous horizons ayant fait entendre leur voix lors d’une concertation lancée en novembre.

« Il nous a fallu aller chercher ceux que l’on entend que trop rarement. (…) Durant ces 6 mois, nous avons cherché à relier des mondes qui ne se parlent pas toujours. (…) Il nous a fallu relier des mondes qui ne parlent parfois pas le même langage et qui se comprennent parfois difficilement. » a expliqué Benoît Thieulin.

La remise du rapport a été suivi à la Gaité Lyrique par la présentation de la stratégie numérique de la France par Manuel Valls qui repose sur quatre grands principes : la liberté d’innover, l’égalité des droits, la fraternité d’un internet accessible à tous et l’exemplarité du gouvernement.

Hasard du calendrier politique, cette rencontre s’est déroulée le même jour que l’effondrement de l’empire napoléonien en 1815 et que l’appel du Général de Gaulle en 1940. Benoît Thieulin a très justement fait remarquer que dans le premier cas, la France de l’époque était la première puissance d’Europe mais que « ses errements stratégiques » ont conduit à sa perte. « La stratégie sans la puissance. » Dans le second cas, le Général de Gaulle, seul mais visionnaire, n’avait pas de puissance, mais avait une stratégie.

« L’Europe est aujourd’hui la plus grande société numérique au monde, son plus grand marché, une terre d’innovation, de créativité, de culture sans équivalent, une puissance mais une puissance trop dépourvue de stratégie numérique » a déclaré Benoît Thieulin. L’appel du 18 juin 2015 est lancé.

1L’ambition Numérique du CNNum : politiser le numérique

« Nous avons besoin d’un changement culturel majeur pour que l’innovation puisse prendre une place décisive dans notre économie, pour dépasser la seule vision technologique et adopter une approche multidimensionnelle. Dans notre cadre actuelle, Twitter ou Steve Jobs n’auraient pas été éligibles au Crédit Impot Recherche ! (…) Il nous faut valoriser tout autant dans nos politiques publiques l’innovation sociale, l’innovation organisationnelle, l’innovation dans les modèles d’affaire. »

A la Gaité Lyrique, Benoît Thieulin a insisté sur 3 enjeux majeurs soulignés dans le rapport : la neutralité du net, la loyauté des plateformes et le rôle de l’Europe.

« Il est tant de faire rentrer dans notre droit positif les principes fondamentaux qui sont à l’origine de la fécondité d’internet : neutralité des réseaux, bien commun, loyauté. »

Neutralité du net, condition essentielle pour l’innovation

« Nous sommes convaincus que le développement d’une véritable économie européenne de l’innovation passera par l’ouverture. La neutralité du net reste une condition essentielle pour protéger la diversité des contenus, la liberté d’expression mais aussi préserver le permis d’innover, faire rempart contre la centralisation croissante de l’internet. »

« Cette ouverture devrait se traduire par la portabilité des données, la possibilité pour chacun d’être acteur dans la gestion de ses données, d’en construire de nouveaux usages, collectifs comme individuels. »

Loyauté et auto-détermination informationnelle pour les plateformes

« Les géants du net participent positivement au développement du numérique, de l’économie et de la société en général, en contribuant à l’ »empouvoirement » des individus, à la diffusion des connaissances et l’ouverture des possibles individuels et collectifs sans parler des gains de productivité qu’ils engendrent et qui rejaillissent sur toute l’économie. Mais dans le même temps ces acteurs incontournables concentrent dans leurs mains un pouvoir considérable qui peut leur permettre de prendre l’ascendant sur les individus, les entreprises et des institutions. »

« Or la révolution numérique n’a de sens que si elle tient ses promesses de redistributions des pouvoirs. Nous proposons d’assoir deux grands principes dans notre droit : loyauté et auto-détermination informationnelle. Le principe de loyauté comme moyen de répondre et combler le vide opérationnel du droit sur les plateformes numériques. L’auto-détermination informationnelle comme un moyen d’armer les individus face aux comportements parfois prédateurs de certains géants du numérique »

Le CNNum, qui estime que la régulation des plateformes « n’est pas qu’une affaire de loi et de normes contraignantes » propose la création d’une agence de notation des plateformes.

L’Europe doit politiser le numérique

« Il est temps de politiquer le numérique : l’internet est sorti du temps de l’innocence. (…) Politiser le numérique c’est dire qu’il n’y a pas de déterminisme technologique, que c’est à nous de choisir les évolutions possibles de la transformation numérique en faisant des choix davantage soutenables tant d’un point de vue social qu’économique ou environnemental. L’Europe a les moyens de s’emparer de cette vision alternative. »

Le président du CNNum a déploré la dépendance aux grandes plateformes en Europe, et a montré en exemple le Japon, le Brésil, la Corée du Sud, et l’Indonésie qui sont parvenus à développer des écosystèmes locaux.

« Cette situation de fait découle d’un manque de stratégie globale. (…) Nous n’avons en Europe aucune vision de politique industrielle du numérique, tout au plus cherchons nous à négocier nos intérêts immédiats. » a-t-il conclu.

Pour comprendre les grands enjeux du Rapport du CNNum


Le numérique nous concerne tous ! Les grands… par cnnumeriquefr

2Stratégie du gouvernement pour une « République Numérique »

La stratégie numérique de la France présentée par Manuel Valls repose sur quatre grands principes qui formeront le socle de la prochaine loi sur le numérique qui devrait être portée à l’Assemblée Nationale avant la fin de l’année. Une version « bêta » devrait être mise en ligne fin juin au plus tard pour consultation publique.

La liberté d’innover qui doit permettre au numérique de jouer son rôle de moteur de la croissance

Permettre la liberté d’innover passe par le soutien aux start-ups de la French Tech, selon le gouvernement mais aussi par la capacité donnée à toute l’économie d’innover. C’est par exemple l’objectif du plan « Industrie du Futur » qui vise à transformer notre modèle industriel et du programme « Transition Numérique » à l’intention des TPE et PME grâce auquel elles pourraient être plus visibles sur internet et gagner en efficacité dans leur gestion quotidienne.

Manuel Valls a déclaré que les nouveaux modèles de partage de l’innovation et les démarches d’innovation ouverte seront encouragés. La diffusion de l’innovation sera « rendue plus fluide » via la publication de revues de recherche ou par la promotion des licences libres.

« Nous devons tout faire pour préserver le désemploi, mais nous ne pouvons pas avoir comme seule stratégie industrielle de sauver les anciennes industries, l’ancienne industrie. » a-t-il déclaré.

Concernant l’emploi, le gouvernement a annoncé l’ouverture dans quelques semaines d’un « emploi store » qui regroupera les services numériques de Pôle Emploi et ceux développés par des tiers à partir des données de Pôle Emploi.
Interrogé en fin de séance sur les effets de l’automatisation sur la destruction d’emploi à terme**, Emmanuel Macron a affirmé que le numérique continuerait de créer des emplois, dans une nouvelle forme. Benoît Thieulin, moins schumpétérien que notre Ministre de l’Economie et des Finances, a annoncé qu’un groupe de travail devrait voir le jour cet été au sein du CNNum pour explorer ce sujet « très difficile et très prospectiviste. »

Enfin, des outils pour favoriser la création de start-ups dans les quartiers et encourager l’implication citoyenne par le numérique devraient être développés.

Egalité des droits pour garantir les nouveaux droits du citoyen à l’ère numérique

Manuel Valls a affirmé vouloir inscrire dans la loi « une définition claire de la neutralité du net qui assure à tous un même accès aux réseaux des opérateurs. » « Cette définition, nous la construirons avec vous pour permettre à chacun de continuer à innover. » a-t-il ajouté.

Le Premier Ministre souhaite par ailleurs que chacun « respecte ses devoirs ».

« Les données personnelles doivent être protégées pour que les utilisateurs puissent décider de leur devenir, y compris quand elles sont transférées d’un service à un autre. »

Et de préciser que c’est à l’échelle européenne que doivent être définis ces principes régulateurs des plateformes mais que « nous devons envisager des dispositions en droit français pour garantir aux utilisateurs une information non biaisée et des pratiques des référencements claires. »

Fraternité d’un internet accessible à tous

Pour le gouvernement, il est essentiel d’assurer une couverture numérique complète du territoire français en Très Haut Débit.

Manuel Valls souhaite ouvrir des discussions avec les opérateurs pour maintenir la connexion pour les personnes en situation financière difficile.

« Garder sa connexion aujourd’hui c’est du même niveau que garder l’eau et l’électricité. » a-t-il affirmé.

Une politique de médiation numérique devrait être renforcée avec l’expérimentation d’un compagnon numérique pour les personnes âgées et un travail pour permettre l’accessibilité numérique aux personnes souffrant d’un handicap. Une Charte pour l’accessibilité devrait être proposée d’ici quelques mois à l’intention des e-commercants.

Enfin, le gouvernement souhaite former davantage les enseignants au numérique et « moderniser radicalement nos outils d’enseignement » afin de former au mieux les citoyens de demain.

Exemplarité de l’Etat

L’Etat doit lui aussi moderniser son administration et compte développer un certain nombre d’outils pour se faire, comme une plateforme qui permettra aux citoyens de faire une simulation en ligne pour connaitre les prestations auxquels ils ont le droit (allocation logement, prestations familiales…), un site « Dites-le nous une fois » pour faciliter les dépôts de plainte en ligne et leur traitement et la création cette année de « EtatPlateforme.gov.fr » qui permettra aux développeurs de développer avec l’Etat de nouveaux services numériques.

Enfin, Manuel Valls a annoncé que « la politique de mise à disposition des données publiques sera renforcée en inscrivant dans la loi le principe d’open data par défaut. »

A l’issue de la conférence, Benoît Thieulin a déclaré à Méta-Media « être satisfait » des annonces du gouvernement. Voici ses réactions :

Et en bonus, pour compléter notre série, découvrez quel est l’objet connecté dont rêve le président du CNNum

Pour revoir la conférence :


Remise du rapport Ambition Numérique par Benoit… par cnnumeriquefr

 

** Pour en savoir plus sur le sujet : Vers une société sans emploi ?

Quelle valeur donner à la data ?

Par Alicia Tang, Direction de la Prospective, France Télévisions

Pour les auteurs du livre Datanomics, les nouveaux business models des données, Louis-David Benyayer et Simon Chignard, il n’existe pour l’instant pas de réflexions et discours exhaustifs sur les données : la pensée reste fractionnée, en silots. Il devient donc crucial d’avoir une vision plus large et transversale de la donnée, qui s’impose de plus en plus dans nos sociétés comme un nouvel eldorado. Pour cela, plusieurs clés de lecture de la data peuvent être proposées : technique et technologique, juridique, ou encore économique.

L’ouvrage, présenté à l’occasion d’une rencontre organisée par Renaissance Numérique, s’attache à penser la data du point de vue de sa valeur, car cet angle permet de faire dialoguer les autres composantes de lecture qui sont interconnectées, entremêlées. Si la donnée est le nouveau pétrole de notre économie, le combustible d’un nouveau système, il faut alors mieux la connaître pour l’exploiter, la partager et la protéger.

La triple valeur de la donnée

Selon les auteurs, il y a bien trois types de valeur de la donnée :

Cependant, au-delà du stock, c’est aujourd’hui la circulation de la donnée qui augmente sa valeur, et non sa thésaurisation, même s’il reste important d’avoir un stock massif qui s’alimente de manière continue.

La méta-donnée, la recomposition des chaînes de valeurs

Pour expliquer le rôle des méta-données, Simon Chignard prend l’exemple de la disparition du vol MH370 de la Malaysia Airlines. Personne n’arrive à savoir où il est, et c’est finalement le fabriquant d’un sous-ensemble du moteur qui va informer que celui-ci peut envoyer des messages de maintenance. C’est là qu’advient la puissance des méta-données.

« Maintenant, le moindre fabriquant d’un sous-ensemble est capable de produire des données. Les méta-données c’est déjà du contenu. Tout le monde dans la chaîne peut avoir une idée plus précise de ce qui est en train de se passer » souligne Simon Chignard.

Louis-David Benyayer de son côté précise que l’essor de nouvelles plateformes collaboratives de type Airbnb ou Blablacar insère un nouvel entrant dans la chaîne de production de la valeur des données : l’utilisateur lui-même, à travers ses notes, ses commentaires ou encore ses recommandations. En effet, ces données produisent de la confiance, ce qui est « un bon carburant aux échanges » affirme t-il. Ce type de plateformes ont permis de générer de la confiance sur des services qui ne sont pas naturels, comme le fait de prêter sa maison. Ainsi, les méta-données produisent de la valeur d’un point de vue industriel et les données deviennent une arme de négociation entre industriels.

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Les data lake et la protection des données

De plus en plus d’entreprises, notamment Orange, veulent créer des lacs de données ou data lake, pour croiser et augmenter la valeur des données. Mais de nombreux auteurs commencent à s’élever pour défendre la protection des données, notamment dans le but de préserver la vie privée. Une des propositions défend le cloisonnement et la limitation de l’utilisation des données dans le secteur dans lequel elles ont été produites, pour éviter la création de conglomérat de données.

Pour Simon Chignard, le fait de se demander si la data doit rester cloisonner à son secteur de production est une question très américaine. En Europe il existe une approche selon des grands principes, qui est ensuite déclinée en règle. Aux Etats-Unis, il existe une approche sectorielle et les règles du secteur du crédit par exemple sont différentes de celles qui s’appliquent au domaine de la santé par exemple.

Cependant, le big data et l’apparition d’entreprises spécialisées dans la collecte et la revente de données, comme l’entreprise américaine Acxiom (700 millions d’individus répertoriés selon presque 300 variables par individu) remet en question ce découpage. Alors qu’une société comme Acxiom vend des profils de type « jeune couple ayant du mal à finir la fin de mois » à une entreprise de crédit, elle n’est pas soumise à la régulation qui s’applique aux entreprises de crédit, ce qui pose bien évidement problème, notamment sur cette question de croisement de nos données et leur réutilisation.

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L’open data, une stratégie du gouvernement nord-américain pour ouvrir la donnée ?

L’ouverture de la donnée, c’est affaiblir sa valeur, mais c’est aussi permettre d’avoir les moyens nécessaire à son exploitation. Pour les deux auteurs, il s’agit actuellement du moins mauvais moyen trouvé pour favoriser l’exploitation de cette ressource.

Cependant, quand on sait par exemple que les supports financiers des politiques –comme Barack Obama– sont de plus en plus des entreprises de la Sillicon Valley et autres plateformes numériques, il convient de s’interroger sur la stratégie du gouvernement nord-américain de vouloir ouvrir ces données, car cela bénéficierait bien évidemment à ces entreprises.

Il semblerait que les données soient de plus en plus utilisées comme armes géo-stratégiques et de politiques nationales pour renforcer la domination des Etats-Unis. Concernant le leadership institutionnel normatif, c’est la Grande-Bretagne qui a un temps d’avance en Europe.

L’algorithme, la condition essentielle pour donner de la valeur à la donnée

Il est très difficile de savoir ce qui relève de la donnée ou de son traitement. Les algorithmes mangent de la données et produisent une autre donnée, il existe donc une relation ambivalente. Louis-David Benyayer précise qu’il s’agit en effet d’une réalité indissociable. Avoir des données colossales sans avoir de capacité de traitement ne permet que de vendre de la donnée au poids, d’être data broker. L’algorithme et le traitement de la données sont des coefficients multiplicateurs, voir des exposants des données. Inversement, avoir un algorithme parfait, très puissant, sans utiliser des données massives n’a pas beaucoup de valeur.

Notons que réduire la création de la valeur à un robinet et à la capacité algorithmique de les traiter est une vision très technicienne. Il convient de ne pas oublier qu’il faut toujours de bons stratèges, commerçants, analystes de dynamiques sociales liées aux consommateur, pour valoriser ces données et réussir à les utiliser pour renforcer une position concurrentielle. Ainsi, Amazon classe ses clients selon deux catégories : ceux qui sont sensibles au prix, et ceux qui le sont moins. De ce fait, ceux qui sont moins sensibles aux prix se voient toujours proposer le même produit un peu plus cher. Grâce aux données et aux algorithmes qui font émerger des patterns, Amazon devient en mesure d’analyser ensuite les seuils commerciaux pour rentabiliser ces tendances.

Qu’en est-il des business models ?

Il existe trois types de business model :

Implant Party #1 : pose de puces NFC sous-cutanées à Futur En Seine

Par Barbara Chazelle, France Télévisions, Directions Stratégie et Prospective

A l’occasion de Futur en Seine, le collectif de biohackers suédois Bionyfiken a organisé pour la première fois en France une « implant party » à la Gaité Lyrique. Durant ces soirées qui se multiplient dans le monde, des volontaires se font implanter des puces NFC sous-cutanées qui leur permettront de communiquer sans contact avec des équipements connectés comme leur téléphone, des bornes de transports, leur carte de paiement sans mot de passe…

Cette pratique de biohacking encore expérimentale soulève beaucoup de questions, notamment en terme de sécurité des données.  Hasard du calendrier, le projet de loi sur le renseignement a été adopté au Sénat cette semaine et nous fêtons cette année 70 ans de paix en Europe, une quasi exception dans l’Histoire.

Devenir cyborg c’est séduisant, mais à quel prix ?

Devenir augmenté, rien de plus simple !

Hannes Sjöblad, porte-parole de l’Université de la Singularité en Suède et fondateur de Bionyfiken, se veut rassurant : « nous implantons ce genre de puce à des animaux depuis des années ! »
Il est vrai que l’opération en elle-même n’est pas impressionnante : une fois le dos de la main bien désinfecté, une personne habilitée, comme le perceur Urd ce samedi à la Gaité Lyrique, vous implante la puce sous la peau grâce à une seringue hypodhermique. Quelques secondes plus tard, vous êtes augmentés.

Ne le sommes-nous pas déjà depuis que nous avons un smartphone dans la poche et tout un environnement d’objets intelligents qui nous entourent ? Certainement. Mais selon Hannes Sjöblad, c’est parce que ces objets connectés (et leurs mots de passe) vont se multiplier, 50 milliards d’ici 2020 selon Ericsson, qu’il va falloir les gérer faute de quoi nous serons submergés. Un bracelet ou un vêtement pourrait remplir cette fonction mais pour ces biohackers, l’Homme est l’interface ultime.

implantparty

Selon le fondateur de Bionyfiken, le corps connecté est là pour durer pour 3 raisons :
1. Il permettra une identification numérique rapide pour les utilisateurs quotidiens d’objets connectés
2. Le contrôle de la santé se fera sous la peau car cela permettra de collecter davantage de données de meilleur qualité, de manière « moins intrusive ».
3. Les implants pourraient permettre d’avoir un meilleur contrôle de la technologie grâce à des identifiants numériques et encryptés.

Mais est-ce utile ? risqué ?

Les cas d’usages sont encore à inventer : pour le moment, les cas d’usage ne sont pas très développés et les implants restent à améliorer, notamment en terme de capacité de stockage.

Protection des données : si vous ouvrez une porte avec notre implant, comment pouvez-vous savoir que votre clé ne sera pas copiée ? Comment être sûr que personne ne récupérera les données liées à votre santé ou à vos activités, y compris les plus intimes ? Hacker son propre corps pourquoi pas, mais ça devient tout de suite beaucoup moins sympa si quelqu’un (une personne, une compagnie privée, un Etat..) le fait sur vous, et sans laisser de trace.

Pas de déconnexion possible : l’avantage de l’implant c’est qu’on ne peut l’oublier chez soi. Mais contrairement à votre smartphone, vous ne pouvez pas l’éteindre ou l’enlever sans intervention chirurgicale. Avantage ou désavantage ? A chacun de trancher.

« La question est celle du choix. Si un jour certains refusent d’avoir un implant, seront-ils exclus de notre société si tout le monde en utilise un, notamment pour travailler ? (…) De plus en plus de personne veulent être augmentés ; c’est une déclaration. Nous ne devrions pas avoir peur d’être augmenté aussi longtemps que nous avons le choix et que nous n’oublions pas qu’il y a une vie sans être augmenté. » a conclu Nancy, designer.

Intégralité de la première « Implant Party » en France / Pose de l’implant à 37′

Les réactions à chaud de Awa, après sa pose d’implant :

Interview de Hannes Sjöblad :

Le premier concurrent de la SNCF ? Google !

Guillaume Pepy, Président du directoire de la SNCF, nous explique pourquoi les grands groupes doivent « lâcher prise » et ne pas vouloir tout faire tout seul. Et pourquoi, selon lui, Google est le 1er concurrent de la SNCF.

Interview de Barbara Chazelle, Directions Stratégie et Prospective de France Télévisions, à l’occasion de Futur en Seine 2015

KaosPilot, une vraie business school alternative

Christer Windeløv-Lidzélius est le directeur de Kaospilot qu’il a fondé en 1991 au Danemark. Ecole de commerce aux méthodes pédagogiques innovantes, le corps enseignant y a banni les manuels scolaires, pour ne faire réaliser à leur étudiants que des projets réels qui viennent du monde professionnel… à l’échelle internationale. Une pépinière d’entrepreneurs pour changer le monde !

Interview en anglais à l’occasion de Futur en Seine.

Futur En Seine 2015 : suivez les conférences en direct

Par Barbara Chazelle, France Télévisions, Directions Stratégie et Prospective

Le festival du numérique Futur En Seine commence aujourd’hui et France Télévisions vous offre de suivre en direct les grandes conférences de l’évènement, directement depuis cette page. Les vidéos seront ensuite disponibles sur les chaînes YouTube et Dailymotion de Méta-Media.

Et si vous n’avez pas le temps de visiter le Village des Innovations installé au CNAM et à la Gaité Lyrique jusqu’à dimanche, vous pourrez néanmoins avoir un aperçu du festival en regardant le documentaire produit par France Télévisions en 4K « Futur En Seine, Edition 2015 ».

Programme des conférences du cycle « Humain et Technologie »

Les conférences live:

Le live est aussi disponible sur le site de Futur en Seine et sur Dailymotion.

« Futur En Seine, Edition 2015 » en 4K

France Télévisions a produit à l’occasion du festival un film documentaire « Futur En Seine, Edition 2015 » en 4K : enjeux des technologies de demain, innovation numérique, le futur de l’humain et de notre environnement sont autant de thèmes abordés par Jean-Louis Missika, Eric Scherer, Camille Pène, Stéphane Distinguin et une dizaine de startups participant au festival.

Il est actuellement diffusé sur une chaîne événementielle Ultra-HD jusqu’au 21 juin, accessible sur TNT canal 81 sur Paris/Région parisienne – et sur le reste du territoire métropolitain via FRANSAT – Eutelsat 5°Ouest, canal 444.

Vous pouvez aussi le visionner sur YouTube en version HD, et d’ici quelques jours en version UHD si votre écran vous le permet.

(Réalisation : Patrick Profit, Atmosphère Production – Production :  France Télévisions)

Rendez-vous dans la Chapelle du Musée des Arts et Métiers pour découvrir la TV de demain

Enfin, n’hésitez pas à nous rendre visite d’ici dimanche dans la Chapelle du Musée des Arts et Métiers pour expérimenter plus d’une quinzaine d’innovations développées par de grands groupes et des startups sélectionnés par France Télévisions, autour de la télévision de demain. A l’honneur cette année, les images en Ultra-HD et la TV immersive à 360°. C’est ouvert à tous et c’est gratuit !

 

Un média est-il une marque comme une autre ? Et vice et versa.

Par Alicia Tang et Diane Touré, Direction de la Prospective, France Télévisions

Média et marketing, journalisme et publicité, liberté de la presse et annonceurs ; ces différentes notions et surtout leur porosité ont toujours fait frémir ceux qui craignent pour l’indépendance des médias. Même si l’inventeur de la presse en France, Théophraste Renaudot au XVIIe siècle, était également l’inventeur de la publicité. Sans compter que l’interdépendance entre ces deux mondes est vitale, même si elle a toujours été décriée et donc cachée.

Aujourd’hui, c’est la fonction et le statut même des médias qui sont interrogés, notamment en raison du développement des supports numériques qui engendrent une fragmentation des audiences et l’apparition de nouvelles plateformes de diffusion, et de production de contenus. La mutation de notre société et l’évolution de notre système économique capitalistique imposent aux médias de s’adapter et de se transformer, mais jusqu’à quel point ?

Méta-Media revient sur les conclusions d’un débat organisé le 3 juin dernier à la Sorbonne autour de la question “Un média est-il une marque comme une autre ?”

La marque média, “le contrat de confiance”

Avant de se demander si les médias sont ou deviennent des marques, il convient de rappeler dans un premier temps à quand remonte cette notion. Patrick Eveno, spécialiste de l’histoire des médias et professeur en histoire contemporaine à l’Université Paris 1 et à l’École Supérieure de Journalisme de Lille, rappelle que la conscience de marque arrive dès l’époque de Crésus, au VIe siècle, celui-ci ayant l’idée ingénieuse d’apposer son signe sur les galettes d’or récoltées dans le fleuve Pactole. Être identifié et identifiable, c’est avoir la possibilité de se démarquer, de devenir une référence, une enseigne. La marque permet donc de créer une relation, un “contrat de confiance” dans les échanges, qu’ils soient B to B ou B to C. Pour Patrick Eveno, les médias doivent être une marque afin de donner des repères aux lecteurs.

« J’entends beaucoup de journalistes dire “je ne travaille pas pour une marque mais pour un titre », alors qu’en réalité c’est bien une marque. Les médias sont des marques importantes. On n’écoute pas une chaîne de radio au hasard, on écoute Europe 1 ou France Inter, on regarde David Pujadas sur France 2 ou Gilles Bouleau sur TF1 » affirme t-il.

L’information est devenu un produit d’appel, une tête de gondole. Patrick Poivre D’Arvor ne disait-il pas lui-même qu’il était une icône ménagère ? L’apparition et le développement de platesformes numériques n’ont qu’accéléré ce phénomène.

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Les marques sont-elles devenues des médias ?

Avec Internet, les marques ont la possibilité et de plus en plus la nécessité de créer et de diffuser des contenus à un large public, et donc à devenir des médias. Ceux-ci ne sont plus les seuls producteurs et détenteurs exclusifs de contenus, qu’ils soient d’information ou de divertissement. Les entreprises ont bien compris tout l’intérêt de ces nouveaux supports de communication pour véhiculer des imaginaires et transmettre des messages à des cibles, des consommateurs. Regroupés sous la notion d’inbound marketing, les contenus développés reprennent souvent les formats éditoriaux journalistiques et sont mis au service de stratégies publicitaires et mercantiles : contenus sponsorisés, publi-reportage, développement de blog et plus généralement brand content ;  ces nouveaux formats de communication transforment les marques en média.

“La porosité entre les marques et les médias est de plus en plus forte car les marques ont la possibilité de créer des contenus, de se faire média » souligne Julien Rosenvallon, Directeur du Département Télévision chez Médiamétrie.

Un nouveau rapport conduit par la société de mesure d’audience entend nuancer cette tendance. Ainsi, alors que les sites de Renault, Peugeot ou encore Citroën peinent à atteindre le million de visiteurs uniques mensuels, avec un temps moyen de une à deux minutes passées sur ces plateformes, les sites de marques de télévision par exemple comptabilisent dix fois plus de fréquentation mensuelle, avec un temps passé également plus important. Il semble difficile pour les marques de capter et fidéliser une large audience sans passer par les médias.

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De la bataille de l’audience à la bataille de l’attention

Qu’en est-il des médias traditionnels et de leur stratégie de développement face à ce bouleversement des pratiques culturelles et de cette transformation des usages numériques ?

« Avec le numérique nous sommes passé d’une bataille de l’audience à une bataille de l’attention » affirme Patrick Eveno.

Alors que les médias traditionnels ne sont désormais plus seuls propriétaires et diffuseurs de contenus, avec l’apparition de Youtube et autres Konbini, il convient pour eux de proposer autre chose aux annonceurs afin de garder cette ressource financière vitale, sachant qu’un journaliste coûte en moyenne 90 000 euros par an et par tête. Du point de vue des annonceurs, le temps où les médias étaient les principaux espaces de vente et de diffusion de publicités est révolu.

“ Aujourd’hui l’audience peut être atteinte directement, sans passer par les médias” affirme Fanny Lederlin, Directrice au planning stratégique de l’agence Babel.

A partir de là, comment maintenir un contrat de lecture clair quand les médias tendent à rester des plaques de vente qui cherchent à garder leurs annonceurs face à la disruption des plateformes et des audiences ? L’enjeu principal pour les médias devient alors éthique et il semble alors impératif pour eux d’être des objets communiquants afin de véhiculer et transmettre leurs valeurs. On observe en effet que la réputation devient de plus en plus un des actifs clés dans la stratégie des médias en tant que marque. Les contenus quant à eux doivent être émotionnels pour engranger plus d’implication de la part de l’auditeur, qui reste donc un consommateur.

“15% des français ont déjà commenté un programme télé sur les réseaux sociaux. C’est le double chez les jeunes [15-24ans]. Ce nouveau type de pratiques s’ancre. Les programmes qui suscitent le plus d’engagement et d’usages multi-écrans sont des programmes clients, où le téléspectateur est invité à prendre partie, comme par exemple les télé-crochets, le sport ou encore la politique”, déclare Julien Rosanvallon.

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Quels leviers de communication pour les médias ?

Le principe fondamental est de ne pas communiquer sur l’information qui doit garder son indépendance.

Frédéric Olivennes, en charge de la communication et du marketing du groupe France Télévisions, précise que les marques médias ne sont pas des marques comme les autres étant donné que le marketing et la communication, bien qu’entrant en ligne de compte, doivent être distincts de la création même des contenus. Et, plus le contenu éditorial est généraliste, plus il convient de développer un territoire marketing qui soit fondé sur des valeurs, un état d’esprit et non sur une promesse éditoriale restreinte. Fanny Lederlin conclût en affirmant qu’un média, comme une entreprise, ne peut pas se permettre d’être assimiler à un autre et de ce fait, a l’obligation de se développer en tant que marque, c’est-à-dire de se positionner, de se différencier.

“Les médias ont pour obligation de se transformer. Pour cela, la marque est l’un des outils qui permet d’opérer cette transformation” résume-t-elle.

Liens vagabonds

A RETENIR CETTE SEMAINE :

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SAUVONS LA NEUTRALITE DU NET !

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SURVEILLANCE vs. CONFIANCE

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Fiche-toi pour aider l’Etat #UsualSuspect

NOUVEAUX USAGES, COMPORTEMENTS

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DISRUPTION, REVOLUTION, DISLOCATION

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Le projet de loi sur le renseignement mobilise les citoyens

Alors que le projet de loi sur le Renseignement est actuellement examiné par le Sénat, les citoyens se mobilisent pour protester contre ce texte et le risque de surveillance de masse de notre société.

Pour comprendre les enjeux sur le projets de loi sur le renseignement :

C’est par exemple le cas du collectif « 24 heures avant 1984 » qui a mis en place une « war room » le 4 mai dernier et à remis le couvert ce jeudi 4 juin, afin que les citoyens puissent appeler nos députés et sénateurs pour connaitre leur position face à ce texte.

L’interception de l’ensemble des données des citoyens français en temps réel sur Internet, la surcharge des services de renseignement qui ne seront soumis à aucun contrôle ou encore la légalisation de techniques de contrôle sont des problématiques dont les enjeux et les conséquences sont floues, aussi bien pour les parlementaires que pour les Français.

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Cependant, il s’agit bien d’un débat sociétal que le gouvernement tente d’esquiver en ayant mis le projet de loi sous une procédure d’urgence. Surfant sur l’émotion suscitée par les attentats de Charlie Hebdo, ce projet de loi pourrait néanmoins remettre en cause de nombreuses libertés fondamentales propres à nos démocraties.
Enfin, n’oublions pas que ces problématiques doivent trouver des réponses à l’échelle nationale certes, mais qu’elles doivent surtout s’inscrire dans un projet plus global, un projet de loi européen qui permettrait de définir des pratiques et des limites communes aux pays membres, afin d’harmoniser et d’augmenter l’efficacité de ces politiques, censées nous protéger.

Il est encore temps de se mobiliser !

Si vous souhaitez poursuivre le lobbying jusqu’au vote du 9 juin, 24 heures avant 1984 a conçu un outil en ligne : vous y trouverez l’état des lieux de la prospection du jour. En créant un compte, vous pourrez également éditer les positions de vote suite à vos coups de téléphone. Actuellement, la loi passe au Sénat avec 72% pour.

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* Image du Une :Capture d’écran Usualsuspect.org
Les internautes sont invités à « se ficher » autour du hashtag #UsualSuspect