Liens vagabonds : Qui diable tue les médias ?
Dans Le Diable s’habille en Prada 2, toute ressemblance avec la réalité du monde de la presse n’est en rien fortuite. Vingt ans après le premier volet, le glamour a laissé place à la lente agonie du papier et plus largement des acteurs historiques de l’information. En moins de deux semaines, cette ode à la crise des médias version fashion dépasse déjà les performances du film de 2006, pourtant centré sur un univers en apparence bien moins scintillant. Avec près de 450 millions de dollars de recettes, un score de 78 % sur Rotten Tomatoes (contre 76 % pour l’original), cette suite a su s’imposer en tête du box-office partout dans le monde. Preuve que malgré son déclin annoncé, le journalisme fascine peut-être encore un peu, tout en donnant l’occasion d’exposer au public ce qui a changé… et ce qu’il reste à sauver. Spoiler alert cinéma, en plein festival de Cannes
Bye Bye le print
« L’avenir se précipite sur nous comme la lave à Pompéi », résume parfaitement l’intimidante rédactrice en chef Miranda Priestly. Dans ce nouvel opus, on continue de suivre le magazine « Runway », en version bien évidemment digitale, avec une approche « un peu plus politique qu’on aurait pu s’y attendre », souligne Jessica Matthys, journaliste cinéma pour le média belge BX1.
Dès les premières minutes, le tableau est posé : les métriques sont la nouvelle boussole, la revue est en passe de devenir un panneau publicitaire géant, sa réputation ne tient qu’à un fil face à un mauvais brand content soupçonné de greenwashing, les journalistes sont licenciés à la pelle par SMS, et tout le monde s’accroche aux millionnaires de la tech et aux rares annonceurs pour financer un journalisme en perte de vitesse. Depuis cette année, Vogue US est passé à seulement huit numéros annuels, contre douze, en calant ses parutions sur des moments clés comme le Met Gala ou les Fashion Weeks, preuve que même la bible de la mode mondiale capitule face au rythme imposé par les plateformes.
L’icône du bon goût, Miranda, incarnée par Meryl Streep, n’a jamais semblé aussi fragilisée face à ce nouvel écosystème. Dans la vraie vie d’ailleurs, Anna Wintour, figure tutélaire du journalisme de mode depuis 1988, a quitté la direction éditoriale de Vogue en juin 2025, symbole criant de la fin d’un modèle où un seul rédacteur en chef pouvait dicter les tendances mondiales. En attendant, Disney a réussi à réunir le quatuor iconique tant attendu par les fans. On retrouve Nigel, interprété par Stanley Tucci, fidèle bras droit de Miranda. Emily, jouée par Emily Blunt, est désormais chez Dior, l’un des principaux annonceurs du magazine. Et bien entendu, Andy Sachs, incarnée par Anne Hathaway, fait son retour chez Runway, propulsée par le CEO pour piloter les articles de fond, après sa tribune virale sur les réseaux sociaux au sujet de l’état du journalisme.
@devilwearspradamovie Miranda and Andy reunite on the big screen. Experience #TheDevilWearsPrada2 ♬ original sound – The Devil Wears Prada 2
«No us, no you »
Le premier réflexe en arrivant dans une rédaction ? Rencontrer les annonceurs. La scène de retrouvailles des figures emblématiques est ubuesque. Andy, dès sa première journée, est donnée en pâture face à l’avidité des marques. D’un ton glaçant, Emily, autrefois assistante de Miranda, illustre le changement de rapport de force : « Sans annonceurs, plus de Runway, pas de nous, pas de vous ». Ici, le quatrième mur ressemble de plus en plus à une vitrine. Tous capitulent, même la rédactrice en chef, bien consciente que l’éditorial dépend de ceux qui la financent.
On observe une Miranda Priestly dépossédée de toute sa chaîne de production, elle qui « incarne le sommet inaccessible de la chaîne alimentaire de la mode de luxe », insiste la journaliste CNN Alli Rosenbloom. Pourtant, elle maintient ses vieilles réflexes éditoriaux en les adaptant au numérique : elle hiérarchise le contenu de son magazine à coup d’épingles sur Instagram, elle lit les commentaires ou encore écoute des réunions de rédaction à base d’articles interactifs (et surtout de sacs banane), qui lui prêtent de futures phrases cultes : « Faites en sorte que mon suicide soit bref et sans douleur. »
En réaction, le « vous ne pouvez pas dire ça » répété par sa nouvelle assistante révèle aussi une rupture dans la cohabitation des générations au sein d’une rédaction. Andy, habituée à céder aux caprices de sa supérieure, découvre avec étonnement la Gen Z : « Cette génération m’inquiète ». Confirmé par les répliques consternées de Nigel : « C’est une urgence nationale ». Même les figures les plus influentes doivent désormais s’adapter, au risque de plaintes aux RH. Néanmoins, l’illustration de ces évolutions n’a pas suffi, sur les réseaux sociaux, à atténuer la perception d’une construction stéréotypée des personnages, dans un résultat final qu’il faut avouer manque de finesse.
Produire l’info pour qui ?
« Lorsqu’un article paraît sans que personne ne soit là pour le lire, peut-on encore prétendre qu’il ait le moindre retentissement ? Andy aurait dû l’apprendre, dans son ancien travail aussi “sérieux” soit-il. » s’étonne la journaliste Daisy Jones dans Vogue Australia. Comme dans le premier volet, le rôle d’Anne Hathaway revient constamment sur sa volonté de faire du “vrai journalisme”, considérant Runway comme une étape vers sa destinée. Un dédain assumé pour les magazines de mode, qu’elle paye côté audience en ne répondant pas à leurs besoins.
« Toute ma carrière, j’ai cherché à découvrir ce que les gens avaient besoin de savoir. Maintenant, je dois comprendre ce qu’ils ont envie de savoir. », confie-t-elle avec désarroi. La réponse de son assistante, à la fois espiègle et pleine de bon sens, rappelle qu’il n’est sûrement pas nécessaire d’attendre vingt ans pour commencer à écouter ses lecteurs : « Peut-être qu’il faut réussir à faire les deux en même temps. Le contenu intelligent… et le contenu divertissant. »
Si le film tente de survoler les enjeux de la presse, le personnage d’Andy Sachs rappelle vite qu’il s’agit d’abord d’une offre de divertissement. Daisy Jones estime qu’une bonne partie des missions de son poste ne sont pas illustrées, telles que les réunions d’équipe, la coordination, les commandes ou la préparation des sujets. « Certes, regarder pendant quatre-vingt-dix minutes quelqu’un taper frénétiquement des articles tout en répondant sur Slack ne ferait probablement pas un film très divertissant. Mais ce serait infiniment plus fidèle à la réalité. », ironise la journaliste.
On peut également regretter que le scénario n’inclut pas de passage franc sur la creator economy. Ils semblent bien être présents dans les défilés mais dans le film, peu de mention de leurs concurrences avec la posture du journaliste et de l’éditorialiste historique. Là où un rédacteur en chef suffisait autrefois à consacrer une tendance, il faut aujourd’hui compter sur une vingtaine de créateurs de contenu cumulant plusieurs millions d’abonnés, et leur aval se monnaye, lui aussi. La consommation de l’information en format vidéo est passée de 52 % des internautes en 2020 à 65 % en 2025, une bascule structurelle qui relègue l’article de presse écrit au rang de format minoritaire. 72 % des acheteurs Gen Z et millennials fondent leurs décisions d’achat sur les recommandations d’influenceurs, là où Vogue et ses productions millimétrées peinent à incarner l’authenticité que ces générations réclament.
Plus de financement ? Trouvez votre milliardaire
En revanche, le blockbuster met en exergue le problème du financement de la presse, et surtout les ingérences de ces richissimes patrons dans l’avenir des médias. À la mort du milliardaire derrière Runway, la protection financière associée s’en voit menacée, deux profils de milliardaires émergent : l’un veut sabrer les coûts à coups de conseils McKinsey, l’autre souhaite racheter le magazine simplement pour faire plaisir à sa femme. Dans les deux cas, le journalisme semble bien loin d’être la priorité. À la New York Fashion Week SS25, les influenceurs ont produit près de trois fois plus de contenus que les médias traditionnels accrédités, signe que les rédactions mode ont perdu la bataille du volume, et avec elle, une partie de leur emprise sur la conversation fashion.
Si le problème demeure entier, la fin du film reste toutefois perturbante : pour renverser la situation, les deux grandes stars finissent par s’unir pour se tourner… vers une autre milliardaire. Une conclusion amère, qui laisse l’avenir des médias suspendu à l’espoir de tomber sur un riche mécène sympa qui ne souhaite pas s’immiscer dans l’éditorial.
De plus, The Devil Wears Prada 2 est loin de constituer une critique anti-capitaliste. Du Diet Coke au Starbucks, les placements de produits sont omniprésents et Disney s’est assuré de maximiser le potentiel commercial en la transformant en véritable phénomène culturel « jusqu’au coupe-ongles ». Selon The Hollywood Reporter, les partenariats autour du film seraient valorisés à près de 250 millions de dollars, laissant même entrevoir la possibilité d’un troisième volet.
@devilwearspradamovie It's more than a magazine. It's a moment. Runway Magazine is now available in print at select locations in NY and LA and online at runwayonline.com. Experience The Devil Wears Prada 2 only in theaters May 1.
♬ original sound – The Devil Wears Prada 2
Mais au-delà des arcs narratifs, la forme même de la production est tout aussi révélatrice. Nick Lichtenberg, dans un article publié par Fortune, soutient l’essoufflement du modèle d’« IP maximization », fondé sur l’exploitation de propriétés intellectuelles nées dans les années 1990-2000. L’idée est simple, attendre que le public ayant grandi avec ces œuvres atteigne l’âge adulte afin de lui vendre les mêmes franchises, à travers leurs propres enfants.
Dans le cas de The Devil Wears Prada 2, le journaliste ne doute pas de la réussite du film mais prévient qu’il pourrait être le dernier de son genre pour les studios américains. Le public présent le week-end de la sortie était majoritairement composé de femmes (76 %), millennials, tandis que la génération Z semble plus réticente face à cette logique de recyclage permanent. Derrière la crise des médias que le film illustre, c’est toute une chaîne de légitimité qui s’est fracturée en l’espace de vingt ans. Le grand rédacteur en chef a cédé la place à l’influenceur, mais la confiance dans ces derniers s’érode déjà à l’ère de l’IA : entre 2023 et 2024, la part des consommateurs américains qui leur font confiance pour un achat a chuté de 5 points. Lorsque l’on demande directement aux consommateurs à qui ils font confiance pour une recommandation produit, ils placent le crowdsourcing en premier, les chatbots IA en deuxième et les influenceurs seulement en troisième position.
Le travail de l’influenceur, synthétiser de la confiance et orienter des décisions à partir d’une crédibilité perçue, c’est précisément ce que les chatbots IA font désormais en agrégeant les signaux de réputation à travers l’ensemble du web. Le relais de prescription se déplacé encore une fois, vers des cercles plus proches et plus personnels, ou vers des outils qui simulent cette proximité mieux que n’importe quelle bulle de filtre Instagram.
Ce mouvement redessine l’avenir de la presse magazine autant que celui du cinéma. Le modèle Runway, comme le modèle Hollywood des suites nostalgiques, repose sur une concentration du prestige, de la rareté de l’information et de la maîtrise des moyens de production qui n’existe plus. Hollywood et la presse papier partagent finalement le même défi : se réinventer non pas en capitalisant sur ce qu’ils ont été, mais en produisant ce que ni l’algorithme ni l’IA ne peuvent fabriquer, c’est-à-dire un point de vue singulier, assumé, que le lecteur ou le spectateur jugera suffisamment précieux pour le chercher lui-même.
CETTE SEMAINE EN FRANCE
- Droits voisins pour la presse : le feu vert européen que la France attendait (Les Echos)
- Avec CMA Média, Rodolphe Saadé bâtit un empire médiatique, ASO et M6 en ligne de mire (Le Monde)
- Grève chez Infopro Digital, tensions chez L’Équipe… Le déploiement de l’IA enflamme les rédactions (Le Figaro)
- L’homme d’affaire Matthieu Pigasse souhaite lancer « une chaîne d’info en continu de gauche » sur la TNT (Ecran Total)
- À lui seul, en France, « Le Monde » capterait 25,9 % des redirections de ChatGPT vers les sites de médias (La Revue des médias)

J’interroge le représentant de Google : en cas de conflit avec les USA, que se passera-t-il pour les Français qui utilisent leurs services ?
— Aurélien Taché (@Aurelientache) May 13, 2026
Réponse : tous les logiciels peuvent s'arrêter brutalement.
Les GAFAM ne sont que les armes de Trump, dont elles ont financé l'élection. pic.twitter.com/sZlAGbhFoY
3 CHIFFRES
- L’autoédition connaît un boom étonnant : chaque année, plus de 2.000 livres sont autoédités en Belgique, soit plus de 10 % de la production éditoriale totale, d’après le Soir
- LinkedIn s’apprête à supprimer 5 % de ses postes, s’ajoutant aux récentes coupes budgétaires de la tech, rapporte Reuters
- Les centres de données consomment 6 % de l’approvisionnement en électricité au Royaume-Uni et aux États-Unis, indique The Guardian
LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE
La plupart des centres de données européens se trouvent au Royaume-Uni, aux Pays-Bas, en Allemagne et en France

Source : The European Correspondent
NOS MEILLEURES LECTURES / LONG READS
- « AI eats the world », le rapport global de Benedict Evans, version mise à jour en mai (Benedict Evans)
- Votre utilisation de l’IA me grille le cerveau (404media)
- Des agents d’IA surmenés virent au marxisme, selon des chercheurs (Wired)
- Et si le smartphone était le coupable de la chute du taux de natalité ? (Financial Times)

- Ce « creator journalism » n’est plus une attraction secondaire. C’est en train de devenir le spectacle principal (The Guardian)
Les "créateurs de contenus" vont vite trouver les limites de tout faire reposer sur leur image plutôt que sur des marques médias et à l'inverse en développant des structures d'agences de prod classiques ils vont simplement se substituer à la génération précédente avec le même… https://t.co/WzQ01XNCX4
— Emmanuel Parody 🇪🇺 🇺🇦 (@eparody) May 13, 2026
DONNÉES, CONFIANCE, LIBERTÉ DE LA PRESSE, DÉSINFORMATION
- Les théories du complot sur le hantavirus se propagent déjà en ligne (Wired)
- La BBC abandonne discrètement son flux de fact-checking en temps réel (The Times)
- Une décision de justice au Brésil souligne les risques pour les photojournalistes en première ligne (Latin America Journalism Review)
- Les plateformes ont créé des labels IA… avant de les enterrer (The Media Copilot)
- La Chine a décimé le corps des correspondants étrangers en Chine (The Wire China)
ENVIRONNEMENT
- CNN lance l’application CNN Weather (Axios)
LÉGISLATION, RÉGLEMENTATION
- Droits voisins du droit d’auteur : la Cour de justice de l’UE valide le droit des éditeurs de presse à une «rémunération équitable» face à Meta (Le Figaro)
JOURNALISME
- Avec le déménagement de la RTBF à Média Square, que va devenir la tour Reyers, monument emblématique de Bruxelles ? (RTBF)
- Au moins, on sait que le Washington Post n’achète pas de vues (404media)
- Des rédactions de renom inondent discrètement le web de contenus poubelles sur les jeux d’argent (Popular Information)
- Face à la chute libre des JT, les présentateurs tentent de faire sécession (Hollywood Reporter)
- Pourquoi les Américains détestent les médias (The Atlantic)
STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS
- Le jeu phare du New York Times, Wordle, va devenir une émission télévisée sur la chaîne NBC (New York Times)
- Bravo produit des micro-séries sans scénario pour l’application Peacock (Techcrunch)
CREATOR ECONOMY
- Des “YouTube whisperers” conseillent les plus gros créateurs comme MrBeast et peuvent facturer +15 000 $/mois pour booster les vues, les abonnés et les revenus (CNBC)
- Les internautes commencent à devenir plus exigeants vis-à-vis des influenceurs qui apparaissent dans leur flux (Garbage Day)
- LinkedIn souhaite organiser des milliers d’événements par an dans le cadre de son engagement en faveur des créateurs (Business Insider)
- « Nous regarder, c’est comme regarder un cousin » : les créateurs en ligne qui remodèlent l’écosystème de l’information en Afrique (The Guardian)
@jaxxofalltrades_sa Attention 🫡 (I meant Kagame, sorry)
♬ original sound – Jaxx_Amahle
- Les écrivains fuient la « taxe Substack » (The Verge)
- « Je trouve qu’il est profondément contraire à l’éthique qu’un influenceur décide qu’il est le personnage principal et que nous ne soyons tous que des figurants involontaires dans ses vidéos » (Simon Owens)
RÉSEAUX SOCIAUX, MESSAGERIES, APPS
- Android ajoute une fonctionnalité pour vous empêcher de « doomscroller » (TechCrunch)
- Certaines célébrités vident entièrement leur grille Instagram lorsqu’elles veulent annoncer une sorte de rebranding ou une nouvelle « ère » artistique (Dazed)
- Instagram a ajouté « Instants », une fonctionnalité que l’on pourrait qualifier d’hommage à BeReal et Snapchat… ou de plagiat (TechCrunch)
STREAMING, OTT, SVOD
- L’avenir de Disney + reste flou (the Verge)
- Les promoteurs britanniques délaissent la construction de studios au profit des centres de données en plein essor de l’IA (The Guardian)
- Disney+ révèle sa dernière alliance de contenu avec un diffuseur : le mexicain TV Azteca (The Hollywood Reporter)
AUDIO, PODCAST, BORNES
- Spotify va adopter le standard HLS d’Apple pour les podcasts vidéo, afin de faciliter le travail des créateurs (9TO5Mac)
- Amazon Music a commencé à déployer les podcasts vidéo pour ses utilisateurs aux États-Unis (Pod News)
INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, DATA, AUTOMATISATION
- Les guidelines officielles de Google pour optimiser votre site web pour les fonctionnalités d’IA générative dans Google Search (Google Search Central)
- Le nouveau studio INKubator de Netflix va produire des courts-métrages d’animation avec l’IA (The Verge)
- La bataille entre Elon Musk et Sam Altman n’est qu’une distraction (The Guardian)
So much attention has been paid to the Musk v. Altman trial. But real accountability for the AI industry will not come from a billionaire mudfight.
— Karen Hao (@_KarenHao) May 14, 2026
It will come from the movements around the world resisting the empires of AI.
My op-ed for @guardian.https://t.co/MsHC9UsXgh
MONÉTISATION, MODÈLE ÉCONOMIQUE, PUBLICITÉ
- Le coup de force de YouTube lors des Upfronts : « Désormais, la télé, c’est nous » (The Hollywood Reporter)
- Les ambitions publicitaires de Netflix ne cessent de croître (The Verge)
Par Kati Bremme, Alexandra Klinnik et Loïc De Boisvilliers
Illustration : KB + ChatGPT