Liens vagabonds : le pape contre les nouveaux prophètes
Le premier pape américain a publié Magnifica Humanitas, quarante mille mots sur l’intelligence artificielle et la dignité humaine, 135 ans après Rerum Novarum, où Léon XIII à l’époque répondait à la révolution industrielle qui broyait les corps. Ce que la révolution industrielle posait comme question sociale du capital et du travail, la révolution de l’IA la pose avec une transformation potentiellement encore plus grande.
Face aux prophètes milliardaires de la Silicon Valley, leurs eschatologies, leurs évangiles de l’optimisation, leurs milliards de fidèles numériques, et à leur version de la révolution de l’IA qui risque de broyer les esprits, Magnifica Humanitas défend une anthropologie simple et radicale : l’être humain n’est ni un système à optimiser, ni une série de données à collecter.
« Jamais l’humanité n’avait détenu un pouvoir aussi grand sur son propre destin. »
On n’attendait pas de l’Eglise un texte sur l’IA, surtout pas une analyse aussi poussée (pour les quelques-uns qui ont lu le texte entier sans en confier la tâche à Claude, NotebookLM ou à un autre modèle comme ChatGPT). La révolution de l’intelligence artificielle redistribue non seulement les rapports de force géopolitiques, mais le rôle même de l’humain dans la société, et à terme son utilité tout court. Elle le fait à une vitesse que les États ne suivent pas, avec une profondeur anthropologique qu’aucun parlement n’a encore mesurée, et au bénéfice d’une poignée d’entreprises privées qui n’ont de comptes à rendre qu’à leurs actionnaires. Dans ce vide, que les États et la société dans son ensemble auraient dû combler et ne comblent pas, un lundi de Pentecôte, symbole de transmission et de compréhension entre les peuples, Léon XIV a présenté son Magnifica Humanitas.
Artificial intelligences do not undergo experiences, do not possess a body, do not feel joy or pain, do not mature through relationships, and do not know from within what love, work, friendship or responsibility mean. Nor do they have a moral conscience, since they do not judge…
— Pope Leo XIV (@Pontifex) May 29, 2026
Consacrée, dit le sous-titre, à « la protection de la personne humaine à l’ère de l’intelligence artificielle », c’est la première encyclique de l’histoire publiée sans version officielle en latin, un signal en soi : le texte est écrit pour être lu par tout le monde. Léon XIV a choisi de le présenter en personne, contrairement à une tradition centenaire qui délègue cette tâche aux cardinaux, entouré, entre autres, de Christopher Olah, cofondateur d’Anthropic et catholique pratiquant, et Eli Pariser, l’auteur qui, dès 2011 dans The Filter Bubble: What the Internet Is Hiding from You, avait décrit ce que l’internet nous cachait. S’appuyant sur le Livre de la Genèse et le Livre de Néhémie, Léon XIV invite les bâtisseurs de notre époque à choisir entre Babel et Jérusalem. Construire une tour verticale de puissance concentrée entre les mains de quelques-uns, ou bâtir la cité habitée ensemble. La question n’est pas simple rhétorique, elle désigne un adversaire, et nomme précisément le danger de l’idolâtrie, qui empêche de se poser des questions fondamentales. Loin (depuis l’époque récente) de condamner le progrès en tant que tel, l’Eglise l’évalue à l’aune de la personne humaine, ce que toute société devrait faire naturellement. Comme le rappelait le pape François au Forum de Davos en janvier 2025 : « utilisée correctement, l’intelligence artificielle aide les êtres humains à accomplir leur vocation, dans la liberté et la responsabilité. »
Les évangiles de la Silicon Valley
Pendant que Sam Altman parle d’AGI qui résoudra toutes les maladies, qu’Elon Musk se présente en sauveur cosmique, et qu’Andreessen déclare que « l’IA est fondamentalement bonne » (ce qui est vrai en soi) , des philosophes moraux comme Émile Phil Torres documentent que de nombreux dirigeants de la Silicon Valley qui se prennent pour les messies des temps modernes, embrassent une vision transhumaniste dans laquelle les humains biologiques seront remplacés par des êtres numériques dotés de superintelligence.
La Silicon Valley s’est en effet munie, en moins d’une génération, de tout l’attirail du sacré : des prophètes (Andreessen, Altman, Musk) qui tiennent des discours eschatologiques sur la fin de la mort, la fusion de l’homme et de la machine, l’avènement d’une intelligence qui dépassera l’espèce ; des textes fondateurs (le Techno-Optimist Manifesto d’Andreessen, les lettres annuelles d’Altman à ses utilisateurs, lues et commentées comme des épîtres) ; des rites (les keynotes d’Apple, cérémonies millionnaires où les fidèles s’agenouillent devant des objets qu’ils achèteront avant même de savoir à quoi ils servent) ; des lieux de pèlerinage (San Francisco, les campus de Mountain View, les salles de conférence de Las Vegas en janvier, pleines d’une ferveur que Lourdes n’égale plus) ; et surtout des fidèles (des milliards autour du monde) qui confient à ces systèmes non seulement leurs recherches mais leurs doutes, leurs peurs, leurs deuils et leurs désirs. ChatGPT revendique aujourd’hui 900 millions d’utilisateurs hebdomadaires. Meta rassemble plus de 3 milliards d’âmes quotidiennes dans sa nef numérique. Apple dispose d’une base installée de 2,5 milliards d’appareils actifs, autant d’autels domestiques où commence et finit chaque journée de milliards d’humains. L’Église catholique, elle, compte 1,4 milliard de fidèles. Elle était, il y a encore un siècle, la plus grande institution transnationale du monde. Elle est désormais distancée, en nombre, par une seule application.
« N’ayons pas peur de nous salir les mains sur le chantier de notre époque. »
La différence, objectera-t-on, c’est la nature de la fidélité. On ne confesse pas ses péchés à Instagram. On ne prie pas Zuckerberg (pas encore). Mais la distinction s’efface. Les algorithmes organisent désormais la hiérarchie des émotions, la perception du réel, la frontière entre le vrai et le faux, pour des milliards de personnes, chaque jour, sans concile, sans synode, sans le moindre contre-pouvoir institutionnel. Ce que le théologien appelle une formation des consciences, le chef de produit l’appelle de l’engagement. Le résultat, sur les âmes, n’est pas si différent.
Cinq thèses pour gouverner ce que personne ne gouverne
Le principe de subsidiarité devrait s’appliquer : les grandes plateformes technologiques ne doivent pas imposer de décisions opaques d’en haut, mais permettre aux communautés locales et aux citoyens de participer au discernement sur les choix qui affectent leur vie. Le bien commun exige une gouvernance politique de l’IA. La question que pose Wired, quelques heures après la publication : si Léon XIV appelle à limiter certains usages, qui aura l’autorité nécessaire pour faire appliquer cette décision ? La réponse est simple : personne, du moins au sens juridique du terme. En attendant, l’encyclique met en avant cinq thèses, déjà connues, mais rarement mises dans le contexte de leur impact sur l’humanité :
La technologie n’est jamais neutre. Elle « prend les caractéristiques de ceux qui la conçoivent, la financent, la réglementent et l’utilisent ». Elle n’est pas une force antagoniste à l’humanité, ni intrinsèquement mauvaise, mais elle n’est jamais neutre.
La vérité comme bien commun menacé. L’un des premiers messages de l’encyclique mis en évidence par la chercheuse Leocadie Lushombo est la « sauvegarde de la vérité ». Bien que les machines puissent, « dans un certain sens », la fournir en restituant des informations correctes, il ne faut pas leur déléguer la « responsabilité personnelle d’émettre des jugements ». Léon XIV cite Hannah Arendt : « le sujet idéal d’un régime autoritaire est celui qui ne reconnaît plus la distinction entre le vrai et le faux. » La vérité, affirme le pape, n’est pas seulement rationnelle mais aussi relationnelle. Sujette à des révisions et à des échanges qui naissent des réalités concrètes, en particulier des plus pauvres, car ce sont ces réalités « qui nous disent ce qu’est le monde ». Des concepts qui trouvent leur expression dans les différentes cultures : en Amérique latine, dans les dynamiques de convivencia e conjunto, en el cotidiano (vivre ensemble au quotidien) ; en Afrique, dans la philosophie Ubuntu (« je suis humain parce que j’appartiens, je participe, je partage ») ; en Asie, dans l’idéogramme coréen 정, qui désigne « le sentiment de lien émotionnel, par lequel les personnes voient les autres comme fondamentalement liés à elles-mêmes ».
La dignité du travail. L’IA doit être employée pour aider les travailleurs, non l’inverse. Le potentiel de chômage massif doit être abordé, sous peine de laisser d’immenses portions de la population sans travail significatif. En Afrique, des responsables de l’Église en Algérie, en Afrique du Sud, au Kenya et en Côte d’Ivoire ont immédiatement saisi cet enjeu : « Nous excluons davantage de personnes de l’économie, nous excluons davantage de personnes de la capacité à nourrir leur famille si nous laissons l’IA et l’automatisation simplement prendre le contrôle. » Pendant ce temps, la Chine a déjà posé un premier jalon juridique : plusieurs tribunaux, notamment à Hangzhou et Pékin, ont jugé qu’un employeur ne pouvait pas licencier un salarié au seul motif que son poste pouvait être remplacé par l’intelligence artificielle, l’automatisation relevant d’un choix d’organisation et non d’une cause légitime de rupture du contrat.
L’interdiction morale des armes autonomes. Les systèmes d’armement sont désormais augmentés par l’IA. « Le développement et l’utilisation de l’IA dans la guerre doivent être soumis aux contraintes éthiques les plus rigoureuses. » Léon XIV met en garde contre « un monde en état de belligérance permanente » qu’il juge plus menaçant encore que l’ère de la Guerre froide, où, malgré l’existence de conflits graves, « la conscience persistait qu’un nouveau conflit mondial devait être évité à tout prix ». Ce n’est plus le cas. La délégation algorithmique de la vie et de la mort n’est plus un scénario de science-fiction.
Désarmer l’IA. « L’intelligence artificielle demande aujourd’hui à être désarmée, libérée des logiques qui en font un instrument de domination, d’exclusion et de mort. » Les systèmes actuellement déployés à l’échelle planétaire sont, dans leur architecture même, des instruments de pouvoir qui, encore une fois, ne devraient pas être concentrés dans les mains de quelques-uns.
Le silence des prophètes
Le New York Times a reproché à l’encyclique d’être « décevamment modérée », là où ce rôle aurait encore une fois dû être pris en charge par d’autres institutions que l’Église. Dans ces mêmes colonnes, Matthew Walther, rédacteur en chef de The Lamp et l’une des voix catholiques américaines les plus radicales sur la technologie, va plus loin : l’IA serait selon lui « sans ambiguïté mauvaise » et devrait être rejetée sans compromis. Il critique aussi le choix d’avoir invité Christopher Olah, le cofondateur d’Anthropic sur scène. Walther voudrait que l’Église quitte le terrain de bataille intellectuel ; le premier pape américain a choisi d’y entrer.
MIT Technology Review retient la formule « la technologie n’est jamais neutre » comme méritant « l’attention sérieuse des technologues et des décideurs ». La BBC décrit l’encyclique comme « un message direct et sans détour à ceux qui détiennent le pouvoir sur leurs responsabilités à endiguer les menaces qu’elle pose ». Forbes l’interprète dans des termes quasi-apocalyptiques, mettant en avant l’avertissement sur la Tour de Babel. Dans une lecture séculière plus fine, TechCrunch affirme que « si l’IA est l’accroche, les problèmes sur lesquels se concentre Léon sont plus anciens et profonds » : le travail, l’aliénation, la dépendance, le pouvoir. Le Grand Continent fait le travail analytique de fond : une articulation entre critique du capitalisme technologique, réflexion géopolitique sur la guerre et interrogation sur l’avenir de l’humanité sur ce que nous sommes en train de devenir.
La plupart des géants de la tech sont restés silencieux. NBC News a documenté le vide : Sundar Pichai, Mark Zuckerberg ou Elon Musk ne se sont pas manifestés . Amazon, Google, Meta, Microsoft, Nvidia, OpenAI, xAI n’ont pas répondu aux demandes de commentaires. OpenAI a publié quelques lignes sur « l’importance du dialogue entre foi, éthique et technologie ». Seul Jack Dorsey, le fondateur de Twitter, a partagé l’intégralité du texte avec ses abonnés et a réagi à un extrait par un simple mot : « oui ». Au même moment, Sam Altman nous explique que l’IA sera comme l’électricité que l’on pourra acheter au mètre. Exactement ce contre quoi le pape mettait précisément en garde.
Le pape et Le Seigneur des anneaux
En citant Le Seigneur des anneaux dans son encyclique, Léon XIV a adressé d’ailleurs une pique particulièrement bien sentie aux milliardaires de la tech qui persistent à lire Tolkien de travers. Comme le rappelle Wired, Peter Thiel a baptisé son entreprise Palantir, du nom de la pierre de vision omnisciente du roman. Elon Musk et d’autres entrepreneurs lisent Le Seigneur des anneaux comme une célébration des élites capables de protéger ou de guider le monde. Or Tolkien défendait presque l’inverse : son œuvre est profondément méfiante envers la concentration du pouvoir, l’obsession du contrôle, la domination technique et les rêves de toute-puissance. L’anneau est la métaphore d’un pouvoir qui corrompt précisément ceux qui veulent s’en emparer. En citant Gandalf, Léon XIV ne célèbre pas les bâtisseurs d’empires technologiques. Il rappelle une idée centrale chez Tolkien : nous ne sommes pas appelés à maîtriser le monde entier, mais à agir avec responsabilité dans la part du monde qui nous est confiée.
Conclusion
L’encyclique identifie un danger plus profond que la perte d’emplois ou la surveillance : que les êtres humains commencent à se voir eux-mêmes et les autres comme des processeurs de données. Ce glissement ontologique, se percevoir comme une machine, est précisément ce que la rhétorique techno-évangéliste normalise. La déclaration du Dicastère pour le Développement Humain Intégral est explicite : il s’agit de « faire de la question du contrôle de l’IA, et au service de qui elle est mise, un sujet de conversation autour des tables familiales et dans les paroisses, et non dans les seuls conseils d’administration technologiques ou sommets gouvernementaux ». Magnifica Humanitas est peut-être un des grands textes du XXIe siècle à opposer à la théologie immanente du progrès technologique une anthropologie transcendante fondée sur l’inaliénabilité de la personne humaine. Reste à savoir s’il pourra ouvrir le débat civilisationnel dont notre époque a besoin, au-delà de l’affrontement stérile entre technophobes et technophiles. Car la véritable question n’est peut-être pas ce que les machines deviendront, mais ce que nous accepterons de devenir à leur contact.
CETTE SEMAINE EN FRANCE
- Le média Suisse Le Temps se lance dans la presse française (France Inter)
- Le fils de Vincent Bolloré appelle à « l’apaisement » après la tribune anti-Bolloré dans le cinéma français (Le Figaro)
- Le Média raconte ses difficultés économiques (Le Média)
- L’intelligence artificielle menace-t-elle les emplois dans les médias ? (Arrêt sur Images)
- Reworld Media accélère sa stratégie autour de l’intelligence artificielle (Bourse Direct)
- Radio Nova revendique son humour acide dans la bataille culturelle face à l’extrême droite (Le Monde)
3 CHIFFRES
800 milliards $, c’est le montant qu’Alphabet, Amazon, Meta, Microsoft et Oracle vont dépenser cette année pour remplir des entrepôts d’ordinateurs afin de faire fonctionner des modèles d’intelligence artificielle, explique The Economist
La valorisation d’Anthropic grimpe à 965 milliards de dollars, dépassant OpenAI, selon Reuters
Selon le Nieman Lab, environ 400 médias dans le monde, dont The New York Times, CNN, USA Today et The Guardian, bloquent désormais l’archivage de leurs contenus sur Wayback Machine
LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE
La carte des métiers pour naviguer dans l’ère agentique

Source : Ezra Eeman
Nos meilleures lectures / Long Reads
- La Chine transforme ses sites touristiques grâce à l’intelligence artificielle (Rest of World)
- Un entrepreneur de 28 ans relance les « dumb phones » et la tech rétro auprès de la Gen Z (Business Insider)
- Le sentiment partagé d’être exploité au profit du futur (The New York Times)
When I was asked by the American Academy of Arts and Sciences to write an essay on my thoughts on how AI will accelerate Science, I felt honored but also felt that it would require a lot of thoughtfulness and diligence to distill my thoughts on paper.
— Pushmeet Kohli (@pushmeet) May 27, 2026
The essay has now been…
Disruption, dislocation, mondialisation
- Un vibecodeur crée un tracker de jets privés pour détecter les signes d’une possible apocalypse (Business Insider)
- Les rapports de Microsoft mettent en lumière le problème de coût de l’IA : utiliser la technologie [américaine] reviendrait plus cher que rémunérer des employés humains (Fortune)
Données, confiance, liberté de la presse, désinformation
- L’Iran rétablit partiellement internet après un blackout massif du réseau (The Guardian)
- Des médias britanniques piégés par une fausse image IA de policiers thaïlandais déguisés en drag queens (Press Gazette)
- Associated Press signe un accord avec OpenAI pour garantir l’accès aux données électorales (Variety)
- Les employés du New York Times contestent l’usage de l’IA pour surveiller leur travail (The Verge)
- « Toujours sur X ? Demandez-vous pourquoi » : The Guardian critique les dérives de la plateforme d’Elon Musk (The Guardian)
Environnement
- « Hum », le roman sur la « disneyfication » de la nature et l’IA remporte un prix de fiction climatique (The Guardian)
Législation, régulation
- La Malaisie va introduire des restrictions sur les réseaux sociaux pour les moins de 16 ans (NHK World)
- Le monde s’aligne sur l’interdiction australienne des réseaux sociaux. Le Royaume-Uni s’apprête à rejoindre le mouvement (ABC News)
- « Nous avons des leviers que nous n’utilisons pas assez » : l’Union européenne se prépare à durcir un bras de fer commercial avec la Chine (Le Figaro)
Journalisme
- Les take-aways de Laura Ellis, technologue et journaliste à la BBC du Nordic AI in Media Summit (Substack Laura Ellis) ; et le résumé par le Reuters Institue
- Une ancienne journaliste de CNN s’associe à Paris Hilton pour diffuser un documentaire sur TikTok (Press Gazette)
- Une journaliste de “60 Minutes” affirme que CBS n’a pas renouvelé son contrat après une controverse liée à un reportage sur l’administration Trump (NBC News)
- Les suppressions de postes dans le journalisme continuent de s’accélérer en 2026 (Press Gazette)
- Variety recrute un journaliste spécialisé dans l’intelligence artificielle (Variety)
- Que se passe-t-il lorsque le public prend davantage conscience de la manière dont les organisations de presse utilisent leurs données ? (Nordicom Review)
Storytelling, nouveaux formats
- Google met désormais en avant les sources préférées des utilisateurs dans ses réponses IA (The Verge)
- La DW transforme ses journalistes en créateurs de contenus (Reuters Institute)
- The Economist lance une application dédiée sur ChatGPT (Nieman Lab)
Creator Economy
- Les créateurs spécialisés dans la santé trouvent progressivement leur place dans la creator economy (Digiday)
- Plusieurs YouTubeurs stars soutiennent une nouvelle école dédiée aux créateurs de contenus (Business Insider)
- Le youtubeur chypriote Fidias poursuit son parcours politique au Parlement européen (ABC News)
Réseaux sociaux, messageries, apps
- Face à la baisse du trafic Google, certains éditeurs misent davantage sur les réseaux sociaux (Digiday)
- Reuters lance son premier documentaire pour toucher de nouvelles audiences (Press Gazette)
- En Suède, des partis politiques apprennent à maîtriser les codes des mèmes internet (Fojo Media Institute)
- Meta lance officiellement des abonnements payants sur Instagram, Facebook et WhatsApp (TechCrunch)
Streaming, OTT, SVOD
- YouTube automatise la détection des vidéos générées par IA (Variety)
Star Wars continue de dominer l’imaginaire culturel malgré son absence des salles de cinéma (The Economist)
Audio, podcast, bornes
- Spotify lance un outil de remix IA censé protéger les artistes du « slop » généré automatiquement (The Guardian)
- Spotify déploie des articles narrés issus de médias comme The Atlantic ou Vogue (Reuters)
- ElevenLabs affirme que son nouveau générateur musical IA peut produire des morceaux changeant de genre en temps réel (The Verge)
- Amazon dévoile « Alexa for Shopping », son nouvel assistant vocal dédié au commerce (The Media Leader)
Intelligence artificielle, data, automatisation
- Google propose aux utilisateurs de sélectionner une source d’information afin d’être mis en avant dans AI Overview et AI Mode (The Verge)
- Même les utilisateurs critiques envers l’IA finiront par utiliser la recherche générative de Google (Wired)
"I’m here to tell you the mission of your generation is to destroy AI." https://t.co/umrT42o31W
— Futurism (@futurism) May 30, 2026
- Des milliers de bus scolaires américains embarquent désormais des caméras IA peut-être bientôt accessibles à la police (404 Media)
- Character.AI illustre les dérives de « l’enshittification » des plateformes d’IA (404 Media)
- L’IA accélère fortement la création de brevets dans les hubs technologiques indiens (Reuters)
- Un consultant en intelligence artificielle a confié à Axios que l’un de ses clients avait récemment dépensé un demi-milliard de dollars en un seul mois après avoir omis de fixer des limites d’utilisation aux licences Claude mises à disposition de ses employés (Axios)
The AI numbers are starting to look very ugly.
— Yoshik (@AskYoshik) May 28, 2026
Even under "best case" assumptions, FT's own data shows Microsoft AI ROI at -9%, Google at -15%, Meta at -28%, Oracle at -35%. Only Amazon barely comes out positive.
This is exactly why I keep comparing this to the dot-com era.… pic.twitter.com/O9Sfaya5Oa
Monétisation, modèle économique, publicité
- James Murdoch construit un nouvel empire médiatique loin du modèle traditionnel de sa famille (The Washington Post)
- OpenAI avance encore prudemment sur la construction de son modèle publicitaire (Digiday)
- Les micropaiements pour l’information ont échoué presque partout… sauf peut-être au Kenya (Reuters Institute)
Par Kati Bremme et Loïc de Boisvilliers
Illustration KB + ChatGPT