Edinburgh TV Festival 2020 : une révolution provoquée par la pandémie et #BlackLivesMatter

Par Kati Bremme, Direction de l’Innovation et de la Prospective 

Deux événements ont ébranlé cette année la TV britannique “intrinsèquement snob” (Ben Frow) : une pandémie sans précédent depuis le début de la télévision, et le mouvement Black Lives Matter. Dans une industrie, où l’apogée de la diversité était pendant longtemps atteint par le juste équilibre entre les diplômés d’Oxford et de Cambridge, les voix fortes qui réclament un passage à l’acte pour une télé plus inclusive ont de quoi bouleverser les vieilles habitudes. 

Une révolution d’autant plus inévitable qu’elle se joue sur fond de concurrence avec les services de streaming omniprésents (YouTube et Netflix sont parmi les principaux sponsors de ce festival en ligne qui scelle chaque année la rentrée des chaînes de TV britanniques). Eux, offrent aux talents de tout origine un espace d’expression libre, et ce en pleine pandémie qui exacerbe les inégalités dans l’industrie TV.

Comment attirer les talents et refléter l’ensemble de la société dans une époque où la TV a encore la capacité de rassembler ? Pendant 4 jours, 3.000 délégués se sont retrouvés devant leurs écrans respectifs pour 46 sessions qui explorent, débattent et dissèquent le spectre de l’industrie de la télévision avec les principaux talents et cadres de l’industrie, autour de la diversité et la transformation numérique accélérée par le coronavirus. 

Une TV de service public plus importante que jamais 

Le directeur général sortant de la BBC, Tony Hall, est monté sur le podium virtuel pour une défense passionnée du service public, indispensable à la démocratie. La pandémie fut l’occasion de (re)créer le lien avec les téléspectateurs, avec 94 % des Britanniques qui ont regardé la BBC, dont 87% des 16-34 ans. En quelques semaines de pandémie, l’écoute de la télévision a augmenté de près de 50 % par rapport à l’année précédente.

« Pendant cette période, environ 24% du temps passé en ligne, en vidéo et en audio, par l’adulte moyen en une semaine, était consacré à la BBC. Pour Netflix c’était environ 4 %« . La BBC était aussi la première source d’une information vérifiée impartiale (“la clé de voûte du journalisme” selon Tony Hall), avec un indicateur de confiance des plus élevés y compris à l’international. 

Mais ces très bons chiffres ne cachent pas l’importance d’une révolution profonde du plus grand service public européen. En effet, mis en cause par les partisans comme par les opposants du Brexit, la BBC doit désormais défendre l’existence même de la redevance, sous pression politique.

Une piste évoquée par Tony Hall : « En 2018, les services publics de radiodiffusion ont fourni plus de 32.000 heures de contenu original fabriqué au Royaume-Uni contre seulement  221 heures pour les grands streamers« .

Tony Hall va même plus loin, en déclarant que la BBC doit se déplacer encore davantage vers les régions pour refléter plus de points de vue, avec 70% des équipes de la BBC qui pourrait se retrouver à l’extérieur de Londres. L’enjeu principal sera que les contenus proposés par la BBC, et les autres médias de service public,  soient capables de répondre aux questions sociétales brûlantes de cette année 2020 si particulière pour rester pertinents face aux géants Netflix, Amazon Prime Video et Disney +. 

L’impact Black Lives Matter, une politique “Pas de diversité, pas de commande”

L’assassinat de George Floyd a déclenché des protestations mondiales qui ont relancé un nouveau débat sur la diversité à la télévision. Un besoin de réflexion et d’action encore plus mis en évidence par l’utilisation récente du mot « N… » sur les écrans de la BBC. Le premier panel du festival virtuel posait la question : « La TV a-t-elle besoin de responsables de programme noirs »,  question déjà posée il y a 12 ans. Cette année, la réponse est définitivement “oui”, et elle devra être suivie d’actions concrètes.

Les discussions autour de la diversité et de l’inclusion étaient en tête du programme d’Edinburgh 2020, mais l’action était également mis en avant, avec, entre autres, le duo de diffuseurs britanniques ITV et Channel 4 qui ont tous deux dévoilé des plans pour mieux représenter leur audience, avec notamment un “Black Takeover day”. Cette initiative s’inscrit dans le cadre de « l’engagement continu de C4, en tant qu’organisation antiraciste, d’améliorer la représentation des Noirs à l’écran et hors écran et de favoriser un changement à long terme« , a expliqué le directeur des programmes Ian Katz. 

Mais la représentation ne doit pas s’arrêter aux contenus. C’est toute une industrie qui doit révolutionner sa politique de recrutement et de développement de carrière.

Dans une impressionnante conférence MacTaggart (à revoir ici), David Olusoga, présentateur et historien a évoqué des décennies de faux espoirs sur la diversité dans l’industrie. Se comptant lui-même dans une « génération perdue » de talents noirs, il a révélé le véritable impact de la marginalisation des personnes de couleur par le secteur. Olusoga a déclaré que le mouvement Black Lives Matters avait « forcé notre société à avoir des conversations qui ont été repoussées ou évitées pendant des décennies« . Dans la table ronde “Reporting Racism, TV Journalism and Black Lives Matter” très animée, où la journaliste Katie Razzall a présidé un panel de journalistes pour explorer les questions de race, de diversité, d’impartialité et de reportage responsable à une époque de tremblements de terre sociaux et politiques, il était en effet question de savoir si les organisations de presse peuvent réellement refléter les expériences d’une population de plus en plus diversifiée alors que beaucoup d’entre elles ne reflètent pas elles-mêmes cette diversité. Un sujet repris dans l’Alternative MacTaggert, en parfaite symbiose cette année avec le MacTaggart, par Jameela Jamil interviewée par Afua Hirsch. 

En attendant un éventuel encadrement règlementaire de la diversité par l’OFCOM, un certain nombre d’industriels ont présenté des actions concrètes, comme la société américaine FX Networks qui a révélé que 63% des réalisateurs de sa production en 2021 seront issus de la diversité – ce sera la première fois que la majorité de ses réalisateurs ne seront pas des hommes blancs -, encadrés par un poste de directeur de la diversité, tout comme l’UER qui vient de créer un bureau pour la diversité et l’inclusion, ou encore Sky avec son “Diversity Action Group”. Ben Frow, directeur des programmes de ViacomCBS Networks UK, a de son côté présenté sa nouvelle politique “Pas de diversité, pas de commande”. Covid et BLM ont décidément déclenché une réaction en chaîne que l’industrie aura du mal à arrêter. 

L’inextricable problème d’accès aux programmes 

Reste la question de l’accessibilité de ces programmes désormais parfaitement diversifiés. « Whose Screen is it Anyway? »

L’âge d’or du contenu signifie plus de choix de contenu, mais aussi plus de façons de le regarder. Le téléviseur est-il toujours le premier choix pour regarder avec autant d’autres appareils à portée de main ? Une fois la télévision allumée, comment accéder au contenu que nous voulons regarder ? Et qui tire les ficelles et décide de ce qui sera diffusé sur les écrans domestiques d’aujourd’hui et de demain ? L’ère du “couch potato” est abolie, annonce la chercheuse Leah Kurta, l’état végétatif du téléspectateur est désormais remplacé par un processus plus actif. Aujourd’hui, nous regardons la télé pour réguler nos émotions, et, selon l’actualité, obtenir des informations. La concurrence sur l’écran, et même la télécommande, est rude. Les géants de la Silicon Valley se sont découvert le « hobby » de la TV à côté de leurs activités principales. Et la bataille avec les services de streaming devient encore plus ardue avec l’élargissement des formats de leurs programmes.

Amazon et de Netflix passent de plus en plus à l’écriture non scénarisée (un format auparavant réservé à la TV), avec des commandes de formats de rencontres et de jeux télévisés. La directrice des contenus européens d’Amazon, Georgia Brown, a déclaré qu’elle souhaitait proposer davantage de documentaires, suite au succès de son format “All Or Nothing”, et Nathaniel Grouille annonce des programmations “plus ambitieuses” pour Netflix, dont une partie est désormais accessible gratuitement et sans abonnement. Ben McOwen Wilson, YouTube UK, rappelle que les personnes qui ont du succès sur YouTube sont le « reflet de la Grande-Bretagne moderne« , et que YouTube n’a d’ailleurs pas attendu la régulation pour mettre en place sa propre politique de diversité. Sam Barcroft parle d’une nouvelle “méritocratie pour les fournisseurs de contenu”. 

L’interactivité grâce à la 5G

Un des leviers de créativité des éditeurs et créateurs de contenu pourra être l’arrivée de la 5G. Comprendre l’impact de la 5G sur le secteur du contenu est essentiel pour débloquer de nouvelles opportunités de narration. Alors que les principales plates-formes créent de plus en plus de contenus interactifs, il est crucial pour les médias de service public de comprendre comment et pourquoi la 5G peut contribuer à repousser les limites de la créativité. Qu’il s’agisse de nouvelles façons pour les spectateurs d’interagir avec les personnages et les récits, ou de créer des expériences immersives plus profondes, le champ d’innovation s’élargit grâce à la latence diminuée par cette nouvelle technologie. Pour Alex Connock, la télé devrait d’ailleurs s’inspirer davantage d’autres industries, qui sont largement en avance sur les cas d’usage de la 5G. Tout comme la 4G a révolutionné le visionnage des vidéos sur smartphone, selon Geoffrey Goodwin,Studios, Ryot + Verizon Media, la 5G changera complètement la façon dont on consommera le contenu. La télé « deviendra un lieu fantastique pour travailler« , grâce à une interactivité au plus près des audiences. 

Un besoin de souveraineté européenne

Comme la BBC au Royaume-Uni, les radiodiffuseurs publics européens doivent s’adapter pour conserver leur public au fur et à mesure de l’évolution des comportements, repousser la concurrence alors que les streamers américains à forte audience (et moyens) se taillent une part du gâteau, et faire en sorte de garantir leur financement. Les médias de service public restent une partie intégrante de la structure de la télévision, et de la culture, dans de nombreux pays, et les patrons de plusieurs des plus grands acteurs européens ont donné leur avis à Edimbourg sur la manière dont ils peuvent rester pertinents et servir leurs téléspectateurs, jeunes et moins jeunes.

Ulrich Wilhelm, directeur du Bayerischer Rundfunk (BR), rappelle l’importance d’une souveraineté numérique pour l’Europe, d’une indépendance vis-à-vis des plateformes des Etats-Unis et de la Chine, qui ont aujourd’hui un impact direct non seulement sur la vie privée, mais aussi la vie publique et politique. Le rôle des services publics sera d’éviter toute intolérance, et de servir comme “colle de la nation” comme l’évoquait Tony Hall dans son discours d’entrée. 

Une aide aux emplois précaires de l’industrie audiovisuelle 

Incontestablement, pendant le lockdown, le numérique a débloqué l’ingéniosité des créateurs. Mais la crise du coronavirus a aussi particulièrement touché les talents freelance, malgré les efforts des gouvernements pour offrir un soutien financier.

Pour venir au secours d’une population en danger, Edinburgh 2020 a présenté la “TV Coalition For Change”, qui réunit les principaux diffuseurs (BBC, ITV, Sky) et organismes industriels britanniques autour de l’engagement à trouver des solutions aux problèmes rencontrés par les travailleurs indépendants de l’industrie du cinéma. Le support pour le secteur indépendant est aussi un argument pour continuer à justifier le financement du secteur public, les travailleurs indépendantes étant en effet un vivier important de diversité qu’il s’agit de protéger dans le contexte actuel. 

Vers une industrie écoresponsable 

Avec une pandémie mondiale qui a fait passer les questions environnementales au premier plan de l’actualité en 2020, et la COP26 à l’horizon de l’année prochaine au Royaume-Uni, le sujet de la télévision « sustainable » se devait d’être évoqué à Edinbourgh 2020. Le directeur général du groupe Sky, Jeremy Darroch, a parlé d’une décennie critique pour le climat, et a expliqué pourquoi Sky s’est engagée à passer à un bilan carbone nul d’ici 2030 – vingt ans avant les objectifs gouvernementaux.

Jeremy Darroch, ambassadeur du WWF, qui a lancé la campagne « Sky’s Ocean Rescue » pour sensibiliser aux dangers de la pollution plastique, souhaite à travers la diffusion de contenus et une réorganisation interne importante, passer “de l’inspiration à la participation”. Pour Darroch, l’écoresponsabilité est aussi un levier pour attirer les jeunes générations, qui, selon lui, ont besoin de trois éléments : des contenus concernants, une attitude consciente des enjeux écologiques, et des industries qui collaborent autour d’un enjeu global, au lieu de se déchirer dans des concurrences locales.

Conclusion

On vous rassure, on était bien à notre bureau pour écrire ce billet. Mais les rencontres fortuites et un peu de sérendipité sous la pluie d’Edimbourg nous ont manqué cette année, malgré la qualité d’organisation des sessions en ligne. La principale conclusion à tirer de ces bouleversements est peut-être celle de Ben Frow, qui a déclaré que l’industrie télévisuelle britannique “snob” (et pas qu’elle) devrait moins se soucier des origines des gens et plus de leur talent.

Edinburgh 2020 mettait en avant les nouvelles missions de la TV : favoriser la diversité, l’inclusion, l’échange de connaissances, la liberté d’expression, la critique constructive et la positivité à une époque charnière de changement pour l’industrie et de la société dans son ensemble. Si la nouvelle génération n’est pas convaincue que les médias de service public reflètent la composition  et les préoccupations de la société, elle ne viendra pas.

 

 

Liens vagabonds : Facebook contre Apple sur fond de publicité

A RETENIR CETTE SEMAINE : 

Apple contre Facebook –  Une nouvelle bataille oppose Apple et Facebook, cette fois-ci à propos du modèle publicitaire des géants de la tech, qui pourrait être bouleversé par une mise à jour de l’iPhone. Apple veut empêcher les annonceurs de suivre les utilisateurs sur le web, Facebook prévient que les limites au ciblage publicitaire prévues dans iOS 14 nuiront fortement aux développeurs d’applications, et accuse Apple de pilonner la publicité en ligne.  L’affaire met en exergue lopposition de modèles d’affaires des deux géants américains.

En pleine guerre publicitaire, Apple bloque une mise à jour de Facebook visant à informer les utilisateurs de la « taxe Apple », et comme Fortnite, Facebook cherche à contourner les règles de l’Apple Store. En même temps, Facebook News, qui annonce rémunérer les éditeurs, se lance à l’International et arrivera bientôt en France. Facebook se prépare déjà à ce que Trump mette en doute les résultats des élections

Facebook renforce aussi sa présence dans la vente en ligne. Contrairement au Marketplace, déjà disponible en France, qui met des particuliers en relation, la fonctionnalité de shopping en ligne propose à des marques de vendre leurs produits depuis Facebook. 

Feuilleton TikTok – Le président de TikTok démissionne après seulement 3 mois de son poste, sur fond de pressions américaines. La semaine dernière, TikTok avait porté plainte contre l’administration Trump. Dans la course pour l’acquisition de TikTok, Microsoft sublime son pouvoir à Washington. Autrefois un exemple de manque de diplomatie, le géant y exerce aujourd’hui une influence réussie. Comment les discussions de TikTok avec Microsoft se sont transformées en “Soap OperaFacebook aurait intrigué pour évincer TikTok des États-Unis. Début août, Facebook avait lancé Reels, une fonctionnalité intégrée à Instagram, pour concurrencer TikTok. L’interdiction de TikTok par les États-Unis fait suite à une mesure similaire en Inde. Mais pourquoi Walmart s’intéresse-t-il à TikTok? Londres pourrait aussi imposer à TikTok de laisser les données de ses utilisateurs outre-Manche

Cette semaine en France : 

Le plan de relance économique Post-Covid inclura un important volet numérique
La presse obtient à son tour un plan de relance

3 CHIFFRES

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE

L’année dernière, pour la première fois en Europe, plus d’argent a été investi dans la publicité en ligne que dans l’ensemble des médias traditionnels, comme la télévision et les journauxInfographie: Publicité : le digital a détrôné les médias traditionnels | Statista Vous trouverez plus d’infographie sur Statista

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ES avec Laure Delmoly, Kati Bremme, Diana Liu et Mathilde Floc’h

 

 

 

 

Liens vagabonds : QAnon face à la Big Tech

A RETENIR CETTE SEMAINE :

La Big Tech face à la mouvance complotiste de QAnon : Complotiste, pro-Trump et prête à prendre les armes… faut-il avoir peur de la mouvance QAnon ?. Comment parler de ce mouvement que certains journalistes ont approché ? Les réseaux sociaux n’ont pas créé la mouvance, mais l’ont démocratisée, à travers leurs systèmes de recommandation designés pour prioriser l’engagement. Facebook cherche désormais à combattre les théories de la conspiration, et  retire 790 groupes QAnon. Pour le Washington Post, QAnon est une menace, et l’ignorer n’est pas une option. Trump affirme que les adhérents QAnon ‘aiment leur pays’...mais pour la Big Tech, le problème lié à la gestion de cette mouvance ne fait que commencer. (vidéo)

Le conflit entre Epic Games et Apple s’accentue – Epic Games prend d’assault Apple. Si « pendant le confinement, Fortnite a permis de recréer du lien social », la société Apple a assuré qu’elle ne ferait pas d’exception pour Fornite. Epic Games n’est pas au bout de ses peines puisqu’il est également attaqué en justice par le parc d’attraction Coral Castle.Quelles seront les conséquences d’un bannissement du studio de jeux vidéos de tout l’écosystème d’Apple ? La guerre entre Epic et Apple menace de toucher d’autres créateurs de jeux, et Epic Games cherche donc à former une coalition de critiques d’Apple. Le studio organise un tournoi anti-Apple ce week-end.  La bataille qui se déroule actuellement sous nos yeux nous rappelle également qu’il faut scruter de plus près le pouvoir d’Apple. Le New York Times et le Wall Street Journal sont parmi les compagnies qui recherchent une amélioration des termes de l’App Store. tweet.

Les opérations autour des activités américaines de TikTok continuent – Le bannissement de TikTok était prévisible dans la mesure où les Etats-Unis en veulent à “l’internet nationaliste” chinois. Cette nouvelle guerre froide avec la Chine nécessite toutefois un réagencement radical de l’industrie américaine. Donald Trump ordonne à  ByteDance de vendre ses activités TikTok dans moins de 90 jours, mais soutient Oracle dans le rachat de l’application. Cette firme serait en effet en pourparlers pour acquérir les activités américaines de TikTok. De son côté TikTok s’associe à la compagnie de distribution musicale UnitedMaster, pour permettre aux créateurs de distribuer des chansons directement aux plateformes de streaming. Quant à WeChat, il aidait les réfugiés tibétains à se réunir…mais à quel prix ? 

Cette semaine en France : 

3 CHIFFRES

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE 

Infographie: Les plus grandes entrées en Bourse de l'histoire | Statista

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Liens vagabonds : à l’aube des élections américaines, la big tech s’organise

A RETENIR CETTE SEMAINE :

Les plateformes s’organisent pour sécuriser les élections américaines – Google, Facebook et les autres forment une coalition tech pour sécuriser les élections. Facebook lance un centre d’information sur le vote, tandis que l’on peut taper « comment voter » sur Google pour obtenir des instructions localisées. Facebook limite la portée des médias partisans, liés à des groupes politiques, et démantèle un réseau roumain de faux comptes américains pro-Trump. Sensible aux accusations de biais, le géant relâche quand même ses règles de désinformation pour les pages conservatrices. La Big Tech perce également dans la campagne Biden.

Rachat TikTok et interdiction WeChat aux États-Unis – Suite à l’ordre exécutif de Trump, TikTok et ses concurrents directs attisent l’appétit des géants numériques. Le conglomérat indien Reliance souhaiterait acquérir une partie de TikTok. Microsoft fait face à des difficultés dans le processus de rachat de l’application. Mais un tiers des utilisateurs américains de TikTok ont peut-être 14 ans ou moins, ce qui soulève des questions de sécurité. Apple, Ford et Disney désapprouvent le ban de WeChat. Menacé par Trump, Tencent réalise une de ses meilleures performances.

Érosion de la liberté de la presse à Hong Kong –  La police a arrêté Jimmy Lai, fondateur du journal d’opposition Apple Daily à Hong Kong et Agnes Chow, militante pro démocratie connue de 23 ans. Deux cents policiers ont fouillé la rédaction du Apple Daily. Les Hongkongais montrent leur soutien en achetant en masse des copies du journal. Le président du syndicat de la presse locale déclare qu’une intervention de cette ampleur était du « jamais-vu » à Hongkong. Jimmy Lai a été libéré sous caution et a appelé à ses journalistes à « se battre ». 

Epic Games s’oppose à Apple et Google – Apple et Google bannissent Fortnite de leurs magasins d’appli après que Epic Games a essayé de détourner les commissions imposées. Epic répond en attaquant en justice les deux entreprises pour violation des lois antitrust. Cette bataille lancée contre Epic bloque les futures mises à jour de Fortnite sur iOS. Fortnite exclu d’iOS et d’Android : quels changements pour les joueurs ?

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Credit photo : Morning Brew – Unsplash

Au seuil de l’âge adulte : zoom sur la Génération Z

Par Mathilde Floch, MediaLab de France Télévisions

Dans l’étude «On the Cusp of Adulthood and Facing an Uncertain Future: What We Know About Gen Z So Far », parue en mai 2020, le Pew Research Center dresse un portrait politique, démographique, sociologique et numérique de la Génération Z aux Etats-Unis. 

100% digital natives, les « Gen Zers » n’ont aucun souvenir du monde avant les smartphones. Cette génération ultra-connectée est également plus multiculturelle et mieux instruite que les précédentes, et plus progressiste sur de nombreux sujets politiques et sociétaux. 

En 2020, une personne ayant le droit de vote sur dix aux Etats-Unis fait partie de la génération « Gen Z ». Les plus « vieux » Gen Zers atteignent 23 ans cette année, et ce sont 24 millions de jeunes qui pourront voter en novembre. 

Une génération plus instruite

Les Gen Zers sont sur une trajectoire éducative différente de celle des générations précédentes. Ils sont moins enclins à abandonner leurs études. L’étude du Pew Research Center établit un lien avec le fait que ces jeunes sont de plus en plus souvent issus de familles  avec des niveaux d’éducation plus élevés. En 2019 44% des Gen Zers âgés de 7 à 17 ans vivaient avec un parent en possession d’un baccalauréat ou d’un diplôme supérieur, contre 33% des Millenials au même âge.

Cette tendance globale à la poursuite des études chez les jeunes Américains s’accompagne logiquement d’une baisse du nombre de jeunes travaillant dès l’adolescence. Seulement 18% des adolescents américains (15-17 ans) étaient employés en 2018, contre 27% des Millenials en 2002 et 41% des Gen Xers en 1986.  Et pour la tranche d’âge 18-22 ans, 62% des Gen Zers étaient employés en 2018, contre 71% des Millenials et 79% des Gen Xers au même âge.

pewsocialtrends.org

Une génération fortement impactée par la pandémie

Contrairement aux Millenials, la Génération Z bénéficiait aux Etats-Unis d’une solide économie et d’un taux de chômage relativement bas. Mais la pandémie à bouleversé le paysage social, économique et politique du pays, et les jeunes naviguent donc désormais en eaux incertaines.

Selon un sondage du Pew Research Center, en mars 2020 dernier la moitié des 18-23 ans (les plus « vieux » membres de la  Génération Z) rapportait qu’un membre de leur foyer avait perdu son emploi ou connu une baisse de salaire, du fait de la crise du coronavirus. Un chiffre plus élevé que chez les Millenials, où 40% des individus rapportaient de tels faits (36% chez les Gen Xers et les 25% chez les Baby Boomers). Les jeunes sont particulièrement vulnérables face à la perte d’emploi, un fait déjà établi avant la crise de la Covid-19.

Une génération progressiste sur le plan politique

Millenials et Gen Zers semblent au premier abord se retrouver sur les questions sociales et politiques. Un sondage du Pew Research Center, conduit à l’automne 2018 (plus d’un an avant la pandémie Covid-19) parmi les américains âgés de 13 ans et plus, indiquait que les deux générations étaient plutôt progressistes et confiaient en l’appareil administratif pour gouverner le pays (7 Gen Zers sur 10 croient à la capacité des gouvernements à résoudre les problèmes), voyant l’augmentation de diversité ethnique comme une bonne chose pour leur pays, et jugeant moins qu’avant les Etats-Unis comme étant une nation supérieure.

pewsocialtrends.org

Gen Zers et Millenials reconnaissent plus facilement que leurs anciens la responsabilité humaine dans le réchauffement climatique, et sont plus sensibles à la persistance du racisme aux Etats-Unis (2/3 des Gen Zers et des Millenials, contre 50% des Gen Xers et Boomers). 

pewsocialtrends.org

Sur certains points la Génération Z se démarque cependant des générations précédentes. Concernant la présidence Trump, un sondage du Pew Research Center conduit en janvier 2020 a ainsi indiqué que 22% seulement des votants âgés de 18 à 23 ans appréciaient la conduite présidentielle de Donald Trump, contre 32% des Millenials, 42% des Gen X et 48% des Baby Boomers. Concernant les élections 2020 61% des votants Gen Z voteront probablement pour le parti démocrate, tout comme 58% des Millenials.

Une génération multiculturelle et progressiste sur les questions sociétales

La multiculturalité est une caractéristique clé des membres de la Génération Z, qui est en effet le miroir de la diversité de la population aux US. Une faible majorité de cette génération aux Etats-Unis est blanche et non hispanique (52%). Un Gen Zer sur 4 est hispanique, 14% sont noirs, 6% asiatiques, et 5% d’autres origines. Cette génération deviendra majoritairement non blanche en 2026, d’après les projections du Census Bureau, et c’est déjà une réalité dans certaines régions des Etats-Unis (à l’Ouest, seulement 40% des Gen Zers sont blancs et non hispaniques).

pewsocialtrends.org

Les Gen Zers ne sont pas directement issus de l’immigration, mais sont plus souvent des enfants d’immigrants (22% d’entre eux contre 14% des millenials), et de couples non mariés. Ils voient généralement les mutations familiales et sociétales de façon positive. Ainsi 48% des Gen Zers et 47% des Millenials approuvent le mariage gay (contre 27% des Boomers) et les mariages multiculturels. Ils sont également plus tolérants envers les femmes qui élèvent leurs enfants seules.

Le positionnement des citoyens américains sur le genre évolue rapidement, et la Génération Z affiche une position progressiste sur ces questions. Le Gen Zers sont 35% à connaitre quelqu’un préférant l’utilisation des pronoms neutres, contre 25% des Millenials et 16% des Gen Xers. Ils exigent également plus souvent l’existence d’autres options qu’homme ou femme sur les documents officiels.

pewsocialtrends.org

Bien sur de telles positions varient selon l’engagement politique des Gen Zers, mais les différences générationnelles sont présentes au sein de chaque parti politique, et très marquée chez les républicains. 3 Gen Zers républicains sur 10 considèrent que la société n’accepte pas assez les personnes non-binaires,  contre deux Millenials républicains sur 10.

Des digital natives qui n’ont aucun souvenir du monde avant les smartphones

Selon un sondage de 2018 du Pew Research Center, 95% des 13-17 ans ont accès à un smartphone et utilisent au moins l’une des 7 principales plateformes sociales en ligne. 85% des adolescents utilisent YouTube, 72% Instagram, 69% Snapchat. Facebook est moins populaire chez ces jeunes, qui l’utilisent à 51% seulement. 45% des ados affirment être en ligne « presque constamment ». Des chercheurs établissent un lien de cause à effet entre la quantité de temps passée par ces ados sur leur portable et l’accroissement de l’anxiété et de la dépression chez ces derniers. Les principaux intéressés ont un avis mitigé sur la question : 31% des Gen Zers optent pour un effet positif de ces nouvelles technologiques sur leur génération (argument principal : le maintien du lien avec leurs proches), 24% les jugent négatives (mentionnent l’essor du cyberbullying), et 45% n’ont pas d’avis tranché sur la question.

 

Les « Gen Zers » sont une génération qui affiche des avis plus progressistes que les générations précédentes. Au delà de la question du vote, le poids politique de ces jeunes est indéniable, puisque la génération Z ultra connectée use fortement des réseaux sociaux pour s’exprimer. En témoigne l’activisme digital décelé notamment sur TikTok lors du mouvement Black Lives Matter. Restent à analyser les retombées politiques d’une pandémie ayant déjà fortement impacté ces jeunes adultes sur le plan économique.  

 

Credit photo : Callum -Shaw

Liens vagabonds : « Clean Network » – Trump veut purger les applications chinoises

A RETENIR CETTE SEMAINE :

Trump purge les géants chinois – Donald Trump revient sur sa décision d’interdire TikTok et donne le feu vert à Microsoft pour entamer des négociations du rachat de l’appli. Après avoir confirmé vouloir racheter seulement la branche américaine de TikTok, Microsoft envisagerait de racheter la totalité… mais TikTok ne semble pas vouloir tout vendre. Trump interdit d’ici quarante-cinq jours toute transaction avec les propriétaires chinois de TikTok et de WeChat pour raison de sécurité nationale. Mais les risques soulevés par TikTok s’appliquent en réalité à tous les réseaux sociaux. Les États-Unis lancent « Clean Network » un vaste programme qui bloquera les entreprises chinoises.

Disney & abonnements aux services de streaming – Disney subit de lourdes pertes trimestrielles, mais voit son nombre d’abonnés streaming gonfler. L’entreprise compte plus de 100 millions d’abonnés sur ses services de streaming, et Disney+ a dépassé les 60 millions d’abonnés plus tôt que prévu. Mais le chiffre d’affaires par utilisateur est beaucoup plus faible que chez son concurrent Netflix. Disney prépare d’ailleurs une nouvelle plateforme de streaming qui visera un public plus adulte. Ce que la sortie de “Mulan” en streaming veut dire pour Disney et Hollywood.

New York Times & transformation numérique – Au New York Times, les revenus du web dépassent pour la première fois ceux du print. Le journal a ajouté 669.000 nouveaux abonnés digitaux pour un total de 6.5 millions d’abonnés. Le journal publie un résultat meilleur qu’espéré grâce au numérique. Le Covid-19 accélère la fin de la presse papier à travers le monde

Cette semaine en France

3 CHIFFRES

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE 

Infographie: Les médias en ligne avec le plus d'abonnés payants | Statista Vous trouverez plus d’infographie sur Statista

NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS / LONG READ

DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION

Source : Axios

DONNEES, CONFIANCE, LIBERTE DE LA PRESSE, DESINFORMATION

Cybersécurité

Source : New York Times

Applis de tracing 

Désinformation et sensibilisation

Source : Nieman Lab

Liberté de la presse

LEGISLATION, REGLEMENTATION

JOURNALISME

STORYTELLING FORMATS

ENVIRONNEMENT

USAGES

RÉSEAUX SOCIAUX / MESSAGERIES

Source : TechCrunch

STREAMING, OTT, SVOD

Source : Numerama

AUDIO, PODCAST, BORNES

DATA, AUTOMATISATION, INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, BLOCKCHAIN

PUBLICITE, MONETISATION

JEUX VIDEO, eSPORT

5G, 8K

TECH, STARTUPS, INNOVATION, TRANSFO NUM

OUTILS 

 

ES avec Laure Delmoly, Kati Bremme, Diana Liu et Mathilde Floc’h

 

Credit photo : Kon Karampelas – Unsplash

[Étude] Digital News Report 2020 : quel impact du coronavirus sur l’information en ligne ?

Par Diana Liu, MediaLab de France Télévisions

Selon le Digital News Report 2020, le rapport annuel du Reuters Institute qui met en exergue des données récentes sur la transformation numérique des médias d’information, la pandémie a été en quelque sorte une arme à double tranchant. La digitalisation s’accélère, tandis que la crise économique se creuse, exigeant de nouveaux modèles économiques. La pandémie a influencé de manière positive la confiance et la valeur accordée aux médias d’informations, même si cette tendance n’est probablement que temporaire. Mais d’autres changements nous dirigent vers un paysage médiatique plus digitalisé, plus multicanal et plus dominé par les plateformes.

L’enquête principale a été menée dans 40 pays en Europe, Amérique du Nord et Amérique latine, Asie et Afrique au début de l’année 2020, donc avant que la crise n’éclate. Des enquêtes supplémentaires ont été ajoutées en avril pour comprendre l’impact du coronavirus sur la consommation des médias dans 6 pays — le Royaume-Uni, les États-Unis, l’Allemagne, l’Espagne, l’Argentine et la Corée du Sud. Il faut donc comprendre l’étude comme un mélange entre tendances historiques et tendances suscitées / accélérées par la pandémie.

1La digitalisation de l’information s’accélère

Les informations télévisées et les informations en ligne en hausse

La pandémie a fait considérablement augmenter la consommation d’information dans les 6 pays où les enquêtes ont été menées avant et après l’éclatement du coronavirus. La consommation des informations télévisées, auparavant en déclin par rapport aux informations en ligne, affiche une hausse de 5 pour cent en moyenne.

Source : Reuters Institute

Cependant, cette hausse de la consommation de l’information à la télévision est certainement temporaire. Une tendance à long terme à observer : l’essor de la consommation des informations en ligne et via les réseaux sociaux.

Source : Reuters Institute

Les données indiquent une hausse du trafic importante sur les sites d’information en ligne, surtout pour les médias de référence. Par exemple, le BBC a enregistré 70 millions de visiteurs uniques au début du confinement, un record pour les audiences britanniques.

Avant et pendant la pandémie, les sites d’information ont fortement innové en matière de formats et « produits d’information » : journalisme de données, « explainers » visuels, newsletters et des podcasts. Une stratégie pour tisser les liens avec les lecteurs hors des plateformes et pour améliorer la proposition de valeur avec l’objectif d’inciter à l’abonnement (beaucoup de contenus Covid-19 étaient disponibles gratuitement). Les podcasts connaissent un succès majeur (31 % en écoutent chaque mois), malgré une légère baisse en écoute due à la pandémie. 59 % des personnes qui écoutent les podcasts aux États-Unis considèrent que le format permet « une compréhension meilleure et plus approfondie des sujets complexes ».

La « distribution » des informations : les réseaux sociaux deviennent une source encore plus importante

Malgré les tentatives des éditeurs de fidéliser les internautes hors des plateformes des GAFAs et les inquiétudes liées à la désinformation, les internautes continuent à utiliser les messageries et les réseaux sociaux pour discuter, trouver et partager des informations sur la Covid-19. 24 % (+ 7 après la pandémie) des individus sondés durant la crise utilisent WhatsApp pour trouver et partager des informations sur le virus, et 18 % ont rejoint un groupe de soutien ou de discussion avec des inconnus sur Facebook ou WhatsApp pour parler de la Covid-19.

Chez les jeunes, Instagram, Snapchat et même TikTok deviennent des plateformes importantes pour accéder aux informations sur le virus. En Argentine, 49 % des personnes sondées entre 18-24 ans se tournent vers Instagram, et 38 % en Allemagne. Aux États-Unis, 11 % accèdent aux informations Covid-19 via TikTok, et 9 % en Argentine.

Source : Reuters Institute

Même si les réseaux sociaux sont en général utilisés en combinaison avec d’autres sources d’information, il ne faut pas ignorer l’essor de ces plateformes en tant que source d’actualité. 11 % des personnes sondées dans 12 pays utilisent Instagram pour les informations au cours de la semaine, et 64 % des personnes ayant moins de 25 ans utilisent la plateforme régulièrement. Avec ses formats visuels innovants (stories, IGTV), Instagram est devenue une source d’information presque aussi populaire que Twitter.

Source : Reuters Institute

Pour atteindre les jeunes, qui sont moins sensibles aux sites des grands médias et plus dépendants des réseaux, les éditeurs devraient continuer à améliorer leur visibilité sur ces plateformes.

2La crise économique des médias se creuse, exigeant de nouveaux modèles économiques

Les médias locaux, appréciés par le public, sont pourtant les plus touchés

Si la consommation d’information a fortement augmenté, il n’en va pas de même pour les revenus des médias d’information, fortement dépendants des revenus publicitaires et événementiels. À l’horizon : l’accélération de la réduction des coûts, de la concentration des médias et du changement des modèles économiques.

La crise menace particulièrement les médias locaux, qui ont pourtant plus que jamais montré leur utilité pendant la pandémie. Cependant, le public tient aux journaux locaux — même avant la crise, 47 % des personnes sondées dans les différents pays se disaient très intéressées par les médias locaux.

Source : Reuters Institute

Le soutien des gouvernements et des entreprises comme Facebook et Google seul ne suffira pas pour sauver les médias locaux. Les médias, et surtout les médias locaux, doivent relever avec urgence le défi de trouver de nouveaux modèles économiques viables, d’attirer la nouvelle génération et de réussir la transformation numérique.

Des opportunités émergent dans les revenus lecteurs

Face à la crise, des modèles de paiement en ligne, que ce soit l’abonnement, l’adhésion, les dons ou le micropaiement, continueront à se développer. Certains pays ont vu une hausse importante en matière de paiement pour les informations en ligne, par exemple 20 % (+4) aux États-Unis et 42 % (+8) en Norvège.

Source : Reuters Institute

Cependant, on constate dans ces pays une tendance « winner takes most » — entre un tiers et la moitié des abonnements vont vers les grandes marques nationales. Dans tous les pays, la plupart des personnes qui paient pour s’informer ne s’abonnent qu’à un seul média. Or, aux États-Unis et en Norvège, une minorité (37 % aux États-Unis et 38 % en Norvège) a deux abonnements, voire plus, souvent à un journal local ou une revue spécialisée.

En revanche, il ne faut pas oublier que la plupart des personnes ne paient pas pour accéder aux informations, se contentant des informations accessibles gratuitement. 40 % aux États-Unis et 50 % au Royaume-Uni disent même que « rien ne peut les convaincre de payer ». En essayant de naviguer la récession, les éditeurs doivent donc avoir des attentes réalistes par rapport aux revenus lecteurs. Mais à long terme, ces revenus seront clairement au cœur des nouveaux modèles économiques des médias.

3Post-pandémie, les médias seront-ils mieux armés pour retrouver la confiance du public ?

Une confiance en hausse pendant la crise

Si la pandémie a ravagé les revenus des médias, elle leur aura aussi donné l’occasion de prouver leur utilité et leur valeur. Selon les sondages en janvier 2020, les niveaux de confiance dans les médias étaient au plus bas. Dans tous les pays, seulement 38 % (-4 comparé à 2019) disent pouvoir faire confiance aux informations la plupart du temps. Moins que la moitié des personnes (46 %), affirment faire confiance aux informations qu’ils regardent.

Source : Reuters Institute

Cependant, les sondages menés en avril ont trouvé que 60 % des sondés considèrent que les médias ont bien aidé le public à comprendre la crise. La confiance accordée aux médias à propos des informations Covid-19 était plus de deux fois supérieure à celle accordée aux réseaux sociaux, plateformes de vidéo ou messageries (quatre sur dix estiment que les informations provenant de ces sources ne sont pas dignes de confiance).

Source : Reuters Institute

Il est toutefois difficile de prédire les effets à long terme de cette hausse de confiance. Selon Reuters Institute, cette « aura de confiance » vis-à-vis des médias pourrait vite disparaître, surtout lorsque l’on commence à débattre du « monde d’après ».

Climat, objectivité, désinformation : les inquiétudes du public

Si les médias veulent s’appuyer sur la confiance acquise pendant la pandémie, ils doivent répondre de manière pertinente aux préoccupations des lecteurs.

La majorité (69 %) considère que le changement climatique est un problème sérieux. 47 % des personnes disent que les médias d’information donnent des informations précises sur le climat, mais on les critique également pour une couverture qui ne soit pas assez audacieuse, trop négative ou influencée par des intentions cachées.

La majorité du public (60 %) préfère également des informations objectives et sans point de vue précis. Cependant, les répondants aux États-Unis, en France et au Brésil ont des préférences plus « partisanes ». Les jeunes de mois de 35 ans ont également plus tendance à privilégier des sources qui partagent et énoncent clairement leur point de vue. « Mais il ne faut pas comprendre cela de façon manichéenne — la plupart des personnes aiment mélanger des informations fiables avec des opinions qui mettent au défi ou qui soutiennent leurs points de vue. »

Source : Reuters Institute

Dernièrement, la plupart des personnes (56 %) s’inquiètent des fake news en ligne, avec des chiffres élevés dans des pays où les institutions traditionnelles sont plus faibles comme le Brésil, le Kenya et l’Afrique du Sud. 40 % considèrent les réseaux sociaux comme la source de mésinformation la plus inquiétante, bien au-delà des sites d’actualités, des messageries ou des moteurs de recherche. Cependant, des pays plus polarisés sont plus susceptibles de blâmer les journalistes. Aux États-Unis, 43 % des personnes de droite accusent les journalistes de propager de fausses informations.

La pandémie aura donc permis de prouver l’importance d’une information de confiance pour le public et la société toute entière. Reste aux médias de renforcer la conquête des publics à travers une information vérifiée et des formats pertinents comme moteur essentiel de la démocratie.

Crédit photo : United Nations – Unsplash

Liens vagabonds : une audition et des résultats inédits pour les GAFA en pleine pandémie

A RETENIR CETTE SEMAINE :

GAFA, audition inédite & résultats financiers – Les patrons de Google, Apple, Facebook et Amazon ont été auditionnés en visioconférence mercredi devant les parlementaires américains pour de possibles abus de position dominante. Les élus ont interrogé les dirigeants sur le respect de la concurrence et de la vie privée, sur leur rôle dans la diffusion de fausses informations, leur capacité à limiter leur propagation, et leurs biais politiques. Voici les petits mensonges que les patrons ont proférés lors de l’audition et les moments forts à retenir. Malgré la chute record de l’économie américaine au 2ème trimestre, les chiffres d’affaires des GAFAs sont en hausse. Les régulateurs européens ciblent les GAFA avec de nouvelles lois pour limiter leur pouvoir monopolistique.

Désinformation & réseaux sociaux – Facebook, YouTube et Twitter ont supprimé de leurs plateformes mardi une vidéo de désinformation Covid-19 à très fort succès aux États-UnisLe président Trump et son fils l’ont partagée sur leurs comptes Twitter. La plateforme a réagi en bridant temporairement le compte de Donald Trump Jr. Comment cette vidéo de désinformation Covid-19 est devenue virale. Après une décision de la justice brésilienne, Twitter et Facebook bloquent des comptes de partisans de Bolsonaro dans le cadre d’une enquête sur une campagne présumée de désinformation.

Revenus médias, Google & Facebook – L’Australie va obliger Facebook et Google à payer les contenus des médias. Le gouvernement vient de dévoiler le code de conduite qui impose à Google et Facebook de partager les recettes publicitaires tirées des contenus produits par les médias. Si les entreprises ne respectent pas les règles du code, elles peuvent encourir des amendes allant jusqu’à 6 millions d’euros par infraction, 10% du chiffre d’affaires ou le triple des bénéfices obtenus.

Cette semaine en France

3 CHIFFRES

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE 

Infographie: Le big bang du big data | Statista Vous trouverez plus d’infographie sur Statista

NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS / LONG READ

DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION

DONNEES, CONFIANCE, LIBERTE DE LA PRESSE, DESINFORMATION

Cybersécurité

Applis de tracing 

Désinformation et sensibilisation

Liberté de la presse

LEGISLATION, REGLEMENTATION

JOURNALISME

Crise & transformations

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ENVIRONNEMENT

USAGES

Source : Reech

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STREAMING, OTT, SVOD

AUDIO, PODCAST, BORNES

DATA, AUTOMATISATION, INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, BLOCKCHAIN

PUBLICITE, MONETISATION

IMMERSION, 360, VR, AR

JEUX VIDEO, eSPORT

Source : Blog du modérateur

5G, 8K

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Source : E.gg

OUTILS 

 

ES avec Laure Delmoly, Kati Bremme, Diana Liu et Mathilde Floc’h

Credit photo : Joakim Honkasalo – Unsplash

« Notre couverture climatique implique une expérimentation sans cesse » — Interview avec Hannah Fairfield, cheffe de rubrique Climat au New York Times

Par Diana Liu, MediaLab de France Télévisions 

La prise de conscience mondiale des enjeux climatiques ces dernières années s’est accompagnée d’une transformation en matière de couverture des thématiques climatique et environnementale au sein de nombreuses rédactions, y compris le New York Times. En début 2017, le quotidien new-yorkais a ouvert son service climat (climate desk), qui compte aujourd’hui une douzaine de reporters et de rédacteurs. Le journal se démarque par son traitement innovant et transversal du climat : en 2019, environ 900 articles ont paru sur le climat — des formats graphiques « explainer », des reportages d’investigation utilisant de nouvelles technologies et des enquêtes visuelles sur les conséquences du réchauffement climatique dans le monde entier.

Comment raconter le climat de manière accessible, mais aussi puissante et novatrice ? Méta-Media en a discuté avec Hannah Fairfield, cheffe de rubrique Climat au New York Times.

Personnaliser et visualiser les enjeux climatiques

Selon Hannah Fairfield, la stratégie du journal sur le climat est « d’en révéler le plus possible sur la politique et la science du changement climatique, et de montrer la manière dont ces changements affectent toutes nos vies ». Ainsi, la représentation personnalisée des effets immédiats et à long terme du changement climatique s’avère un angle particulièrement important.

« L’un de nos plus grands projets s’appelait, À quel point votre ville natale s’est-elle réchauffée depuis l’année où vous êtes né ? (How much hotter is your hometown than when you were born?). Nous invitons nos lecteurs à indiquer leur ville natale et leur année de naissance afin de leur révéler combien de jours de l’année ont atteint en moyenne 32 °C ou plus, comment cela a évolué aujourd’hui et comment cela évoluera dans l’avenir. Le projet a été conçu à l’échelle mondiale — vous pouvez voir des résultats pour des villes en Chine, en Inde, en France, au Royaume-Uni. Nous avions envie de montrer l’expérience partagée du réchauffement. »

Source : New York Times

Un autre axe de communication central est celui de la visualisation. « La personnalisation permet aux gens de voir comment le changement climatique les touche directement. Mais pour raconter le climat, une des choses les plus importantes est de le rendre visible aux gens » affirme Hannah Fairfield.

L’année dernière, le journal a publié un projet qui réunissait les deux aspects. L’article, « Découvrez comment l’air le plus pollué du monde se compare à celui de votre ville » (« See How the World’s Most Polluted Air Compares With Your City’s »), se sert de la réalité augmentée pour montrer aux lecteurs à quoi ressemble la pollution atmosphérique. Le but : visualiser la pollution dans la ville du lecteur lors de la pire journée en termes de la qualité de l’air, puis la comparer à la pollution lors des incendies en Californie en 2018 et à celle à New Delhi lors des pics de pollution extrêmes en fin 2019.

Source : New York Times

Innover avec les nouvelles technologies de storytelling

Dataviz, réalité augmentée, imagerie aérienne par drone ou photojournalisme – l’expérimentation avec des nouvelles technologies de storytelling est toujours au rendez-vous au NYT. « Nous expérimentons beaucoup afin de présenter les informations de manière novatrice pour le lecteur. » Ces nouveaux outils journalistiques viennent s’ajouter aux formats plus traditionnels, comme des informations sur les mesures climatiques. « Nous avons besoin de tous ces outils pour raconter de la manière la plus puissante possible le changement climatique et ses tendances à long terme », affirme Hannah Fairfield.

Un exemple de cette innovation se trouve dans un article autour des fuites de méthane peu réglementées sur des sites pétroliers et gaziers aux États-Unis. Cette « menace climatique invisible » a été rendue visible par le biais d’une caméra thermique, déployée par un vidéographe lors du reportage. Ensuite, les journalistes ont juxtaposé des images des sites à l’œil nu contre des images prises de la caméra thermique afin de révéler la quantité de méthane qui s’échappait. « C’était une opportunité pour les journalistes de se servir d’une nouvelle technologie qu’ils n’avaient pas encore employée, puisque la bonne occasion ne s’était pas présentée. »

Source : New York Times

Ces innovations sont accueillies avec enthousiasme par les lecteurs, qui se montrent très réceptifs aux nouvelles technologies de storytelling. « Aujourd’hui, les lecteurs s’y connaissent très bien en visualisation et en cartographie des données. Cette demande et leur capacité de compréhension nous permettent également de raconter des histoires plus puissantes ».

Rendre le climat plus accessible à des publics variés

Étant un domaine qui exige certaines connaissances scientifiques et techniques, la couverture du climat pose souvent un défi particulier : comment engager le sujet d’une manière qui soit à la hauteur des enjeux, sans pour autant aliéner les novices ?

Pour Hannah Fairfield, cela revient au pouvoir du visuel de faire rentrer les lecteurs dans le vif du sujet. « Lorsque nous avons publié des articles sur l’impact du changement climatique sur des sites culturels et naturels, nous avons combiné des informations plus techniques avec de très belles photographies du parc national de Yellowstone ou du Liban. Cet élément de storytelling visuel peut vraiment être une manière d’engager des publics variés ».

Source : Josh Haner – New York Times

Une autre tactique consiste à contextualiser le climat autrement, en le reliant aux sujets plus pratiques… comme celui de la nourriture. L’année dernière, une collaboration entre la rubrique Climat et la rubrique Food du journal a donné naissance à un article « explainer » pour répondre aux questions les plus pressantes concernant les liens entre la nourriture et le changement climatique. « Cet article contenait beaucoup d’informations complexes et de données, mais nous les avons présentées et mises en forme de manière très accessible. C’était donc très réussi et nos lecteurs l’ont trouvé assez utile ».

Source : New York Times

Le journal a également publié des articles sous forme de « cours intensif » pour informer ses lecteurs des bases du changement climatique.

Apporter des solutions que les individus et les communautés peuvent mettre en place

Suite aux demandes des lecteurs, le journal a lancé une rubrique dédiée aux actions concrètes au sein de sa newsletter Climat, Climate Fwd:. « La newsletter est pour nous un espace de communication avec nos lecteurs. Je pense que c’est important de faire passer le message que leurs actions sont importantes. Cela comble en quelque sorte le fossé entre les journalistes et nos lecteurs. La newsletter est également une bonne porte d’entrée pour un public qui n’a pas forcément des connaissances techniques très pointues, mais est quand même très actif et intéressé par nos contenus ».

Illustration : Melissa Bradley sur Unsplash

Liens vagabonds : la montée en puissance de TikTok entraîne un véritable “backlash”

A RETENIR CETTE SEMAINE :

TikTok, croissance & contrecoups – Netflix désigne TikTok comme un concurrent majeur pour la première fois, et trois des plus grandes stars de TikTok décrochent des contrats majeurs hors plateforme. En même temps, l’appli se retrouve au cœur d’une cyberguerre opposant les États-Unis et la Chine. Soupçonné d’être un agent de Pékin, TikTok pourrait être vendu à ses actionnaires américains. TikTok stoppe ses pourparlers avec le gouvernement britannique pour construire des bureaux pour son business non-chinois à Londres. Après l’Inde, le Pakistan menace de bloquer TikTok. Ce que l’on sait de la collecte de données par TikTok.

Twitter, interdiction QAnon et abonnement – Twitter a banni définitivement des milliers de comptes liés à la théorie complotiste QAnon. Facebook s’apprêterait à prendre des mesures similaires. Voici pourquoi les mesures prises contre les conspirationnistes de QAnon marquent une nouvelle étape pour le petit oiseau bleuTwitter donne une vue d’ensemble de ce qu’il sait du hack de mercredi dernier. La plateforme note tout de même une très forte hausse du nombre d’utilisateurs, mais cela n’empêche pas ses revenus de plonger. Jack Dorsey confirme que Twitter réfléchit à un système d’abonnement.

Podcasts, NYTimes & Spotify – Même avec le télétravail, les recettes publicitaires des podcasts continuent d’augmenter. Le New York Times rachète la société derrière le podcast phare « Serial » pour un montant entre 25 millions et 50 millions $. Quelques mois avant, le journal a également racheté Audm, une plateforme audio par abonnement qui produit des articles écrits en formats audio. Spotify lance les podcasts vidéo et signe un nouvel accord avec le groupe Universal qui assure à la plateforme l’accès au catalogue du label de musique.

Cette semaine en France

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Infographie: Plus de la moitié de la planète est connectée sur la toile | Statista Vous trouverez plus d’infographie sur Statista

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Source : BuzzFeed News

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