Liens vagabonds : Zuckerberg défend la liberté d’expression coûte que coûte
A RETENIR CETTE SEMAINE :
Réseaux sociaux & liberté d’expression – Durant plus d’une demi-heure, Mark Zuckerberg a évoqué les thématiques encadrant l’idée de liberté d’expression dans un manifeste. Le patron de Facebook semble cependant méconnaître le mouvement des droits civiques aux Etats-Unis. La plateforme Twitter annonce qu’elle empêchera les utilisateurs de retweeter les dirigeants qui enfreignent ses règles d’utilisation mais y ajoute des exceptions pour les personnalités politiques. Alors que Facebook et Twitter modèrent les contenus de manière isolée, les acteurs de la désinformation semblent adopter une stratégie globale et organisée.
GAFAS & France – Amazon lance en France son service de chaines payantes à la carte Prime vidéo channels. Facebook, de son côté, annonce en marge du MIPcom à Cannes son alliance avec M6 et Brut pour son offre de contenus dans l’Hexagone. M6 publiera pendant un an 1200 contenus sur Facebook Watch.
Journalisme – Sky News lance une chaîne d’information sans Brexit, afin d’attirer un public qui déclare à 70% être lassé d’entendre parler de cette saga aux informations. Baptisée « Sky News Brexit-Free », la chaîne a commencé à diffuser ses programmes le 16 octobre à 17 heures
3 CHIFFRES
- 100 K – c’est le nombre de skills d’Alexa
- + de 3/4 – c’est la part du marché publicitaire couvert par Facebook et Google en France
- 135 M d’Euros – c’est la somme revue en hausse investie par les actionnaires dans Salto
LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE
Vous trouverez plus d’infographie sur Statista
NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS
- Le système de droit pénal américain utilise des algorithmes prédictifs qui essaient de rendre le processus judiciaire moins biaisé. Mais il y a un problème plus profond.
- Comment les médias sociaux doivent se préparer à la désinformation en vue des élections de 2020
DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION
- “Podcast goes platforms”, avec leur succès grandissant, les podcasts prennent le chemin des autres formats et se concentrent sur quelques grandes plateformes
- L‘exode des talents d‘Hollywood vers Netflix
SURVEILLANCE, CONFIANCE, DONNEES
- Quels sont les arguments des défenseurs de la reconnaissance faciale du ministère de l’Intérieur ?
- Le CEO de Foursquare appelle le Congrès des Etats-Unis à réguler l’industrie des données de localisation
- L’Inde est l’un des trois principaux États de surveillance au monde
- Comment mettre fin à l’utilisation abusive des données de localisation
- Comment une arnaque massive sur Facebook a siphonné des millions de dollars
- Instagram veut donner plus de contrôle à ses utilisateurs
Les créateurs de Pokemon ont cartographié le monde. Maintenant ils cartographient leurs joueurs
LEGISLATION, REGLEMENTATION
- L’UE ordonne à Broadcom de cesser immédiatement ses pratiques anticoncurrentielles
- Sites pornographiques: le Royaume-Uni renonce à réclamer les papiers d’identité des internautes
- Deux sénateurs américains prévoient de présenter un projet de loi qui doterait chaque nouvelle voiture d’une technologie qui bloque les conducteurs en état d’ébriété
FAKE NEWS, LIBERTE DE LA PRESSE
- Le machine learning ne serait pas efficace pour identifier les fakes news
- Elections 2020 : comment instagram est devenu un haut-lieu de la désinformation
- Elizabeth Warren provoque Facebook avec une publicité politique intentionnellement fausse
JOURNALISME
Sick of Brexit? Do you want your news Brexit-free?
Tune in to the new Sky News pop-up channel which launches today at 5pm.
📺 You can find it on Channel 523.
Full details 👇
— Sky News (@SkyNews) October 16, 2019
- Comment faire un reportage sur une fuite de données
- Méfiez-vous des infographies
- Enquête @ICFJ: Les journalistes du monde entier adoptent la technologie pour relever le défi de la confiance
- La « culture de l’écoute » – quand des rédactions s’associent à leur audience pour produire des contenus de qualité
- Le projet Facebook Community News a permis aux reporters locaux de revenir à l’essentiel
- « Les éditeurs vont vivre ou mourir en fonction de leur relation avec les lecteurs » : Comment Quartz est en train de repenser ses offres d’abonnement
- ProPublica et Texas Tribune s’associent pour créer une nouvelle unité d’enquête
USAGES
- Sur TikTok, les adolescents utilisent l’humour pour partager leurs points de vue sur l’actualité
- Les usagers d’Amazon Pay en Inde peuvent désormais payer leur facture d’électricité, de câble et de mobile avec Alexa
- InHome : Walmart livre les courses directement dans le frigo des clients
- Une vidéo et au dodo ! Comment YouTube a remplacé la tisane du soir
- 78 % des millenials choisissent de dépenser pour des « expériences désirables », ce qui fait des événements une source importante de revenus pour les éditeurs
RÉSEAUX SOCIAUX / MESSAGERIES
- M6 débarque en force sur Facebook Watch
- Cinq réseaux sociaux pour ados dont vous n’avez jamais entendu parler
- La plateforme twitter annonce qu’elle empêchera les utilisateurs de retweeter les dirigeants qui enfreignent ses règles
- Masquer les likes sur Facebook permettrait de réduire la mésinformation.
- TikTok fait appel au cabinet d’avocats d’affaires K&L Gates pour du conseil sur une politique de modération de contenu américain
- Instagram : un sticker pour inviter ses abonnés à un événement depuis sa story
- L’Inde a eu sa première « élection WhatsApp ». Nous avons analysé les messages.
- Sur Snapchat, la génération Z veut des marques amicales et exemplaires
STREAMING, OTT, SVOD
- Rakuten lance son service AVOD en Europe
- AMC Entertainment, le plus grand opérateur de multiplex au monde, se lance dans le streaming
- La série ‘Stranger Things’ aide Netflix à augmenter le nombre d’abonnés
- Facebook Watch se renforce en France en s’alliant à M6 et Brut
- Canal+ Ciné Séries : nouvelle offre avec Netflix, OCS et Disney Cinema
- La série ‘Stranger Things’ aide Netflix à augmenter le nombre d’abonnés
STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS
- Fortnite a transformé le storytelling jeu vidéo
- Une enquête en vidéo sur les “gilets jaunes” par Le Monde
- Analyse comparative des discours de la reine d’Angleterre par The Guardian
AUDIO, PODCAST, BORNES
- Shonda Rhimes, productrice TV importante, signe un contrat de podcast avec iHeartMedia
- Guardian Australia lance un nouveau podcast hebdomadaire, ‘Full Story’
- Sony lance son format audio 360° cet automne
- Audion automatise la monétisation du podcast, et déploie sa technologie à l’étranger
DATA, AUTOMATISATION, INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, BLOCKCHAIN
- Comment Pinterest a construit l’un des plus puissants algorithmes de la Silicon Valley
- Le navire de recherche autonome Mayflower utilisera la technologie IA IBM pour traverser l’Atlantique en 2020
- Le système de droit pénal américain utilise des algorithmes prédictifs qui essaient de rendre le processus judiciaire moins biaisé. Mais il y a un problème plus profond.
4K, U-HD, 8K, HDR
- Hulu sort du contenu 4K sur Xbox One, avec Amazon Fire TV et d’autres à venir ‘bientôt’
- La société de diffusion UHD “Insight TV” étend sa production aux États-Unis
- Une nouvelle tournure dans la bataille TV 8K entre LG et Samsung
- Google améliore l’appareil photo sur le Pixel 4 avec Live HDR+
5G / MOBILES / TELCOS
- Les nouveaux smartphones de Google
- Les caméras de surveillance constitueront le plus grand marché mondial des solutions 5G IoT, selon Gartner, Inc.
- L’Allemagne donne son feu vert à Huawei pour la mise en place du réseau 5G
- Microsoft revient sur le marché du smartphone après l’échec de Windows Phone
PUBLICITE, MONETISATION
- Publicis et Omnicom remportent le budget média de 3 milliards de dollars de Disney
- CGV 2020 : Canal+ veut garantir puissance et performance
- News Revenue Hub lance un projet pilote pour aider les organisations de presse à fidéliser leurs lecteurs
IMMERSION, 360, VR, AR
- Google arrête la VR Daydream
- BBC ferme leur unité VR
- Pourquoi la réalité virtuelle n’est pas encore un fait accompli
JEUX VIDEO, eSPORT
- Avec Netflix et Tinder, Giphy suit le mouvement des jeux vidéo
- Le jeu vidéo Fortnite de retour pour le plus grand soulagement de millions de joueurs
- Google lancera Stadia sa plateforme de jeux vidéo streaming le 19 novembre
TECH, STARTUPS, INNOVATION
- Les annonces de Made by Google 2019
- Uber se lance dans la livraison des courses à domicile avec l’acquisition de Cornershop
- Uber supprime environ 350 emplois supplémentaires
- À connaître : les meilleurs start-ups tech d’Europe
OUTILS
- Comment faire un reportage sur l’extrémisme à l’ère du numérique
- La meilleure et la pire façon d’utiliser Reddit pour le journalisme local
- 10 startups pour simplifier le monde des médias
ES avec l’équipe Méta-Media
Crédit photo : Unsplash
Professionnels de la tech : vers une démarche éco-responsable (Médias en Seine)
Par Diana Liu, MediaLab de France Télévisions
Qui dit nouvelles technologies dit… émissions de carbone ? Dans les esprits, l’association entre technologies et pollution est encore loin d’être évidente. Les vidéos regardées sur YouTube, les messages WhatsApp envoyés, les appareils technologiques semblent appartenir à un « monde virtuel » bien éloigné des centrales à charbon et des décharges. Mais l’impact environnemental du milieu de la tech est loin d’être négligeable. Le secteur des nouvelles technologies représenterait à lui seul entre 6 et 10 % de la consommation mondiale d’électricité et près de 4 % de nos émissions de gaz à effet de serre. La transition écologique exige une transformation radicale de tous les secteurs de l’économie – quid de l’engagement des professionnels de la tech ?
Le cycle de vie d’un appareil électronique : un cycle polluant
Le cycle de vie d’un appareil comprend de nombreux risques de pollution. Nous pouvons les regrouper en trois étapes : la fabrication de l’appareil, sa consommation d’énergie, et son recyclage en fin de vie.
La fabrication
C’est la partie la plus polluante du cycle de vie des appareils électroniques. Selon un rapport de Greenpeace en 2017, 70-80% de l’empreinte carbone des appareils technologiques est émise pendant la phase de fabrication, via des chaînes logistiques complexes qui s’étendent sur plusieurs continents. Les composants minéraux utilisés dans ces appareils ne sont pas non plus faciles à obtenir. Leur extraction implique l’utilisation de produits nocifs pour l’environnement comme l’acide sulfurique qui endommage la terre de manière durable.
Selon Helio Matta, CEO de l’ONG brésilienne Akatu Institute qui promeut la consommation responsable, « Pour fabriquer un smartphone, 28,6 kg de matières premières, en moyenne, sont extraites. Ces dernières doivent ensuite traitées sous forme de composants et acheminées vers les usines d’assemblage pour fabriquer un smartphone. Celui-ci est ensuite acheminé vers les centres de distribution et enfin vers les points de vente. »
Source : Le rapport Greenpeace « Guide to Greener Electronics 2017«
La consommation d’énergie
La consommation d’énergie se fait via les appareils terminaux, les infrastructures réseau et les « data centers ». Avec les besoins de stockage qui ne cessent de grandir et le développement du « cloud computing », les « data centers » se multiplient aussi. Une cartographie de 2016 a géolocalisé 156 « data centers » en France — ce nombre devrait s’élever à 200 d’ici 2020.
À l’échelle mondiale, les « data centers » représentent environ 3% de la consommation mondiale d’électricité et 2% des émissions de gaz à effet de serre – soit la même empreinte carbone que l’industrie aérienne. Cela est dû à l’énergie consommée par les serveurs, mais aussi à leur besoin en refroidissement, qui représente selon Actu-Environnement 50% de la facture électricité.
Source : Globalsecuritymag.fr
Le recyclage
Quelle vie après la mort pour nos appareils ? Malgré l’existence de programmes de recyclage des e-déchets, il y a peu de reporting précis sur ce cycle de fin de vie. Quels e-déchets sont collectés ? Où sont-ils acheminés ?
Greenpeace estime que moins de 16% des e-déchets sont recyclés de manière réglementée. Le e-déchets restant, traités par des recycleurs informels et non réglementés, présentent des risques tels que l’empoisonnement au mercure pour les personnes qui doivent en extraire des composants. En effet, la plupart des appareils électroniques contiennent des plastiques non-recyclables et des matériaux non-biodégradables et toxiques comme le cadmium, le plomb et le mercure. Ces matières toxiques, si elles sont stockées dans une décharge peuvent s’infiltrer et contaminer le sol environnant.
« L’augmentation des déchets électroniques croit chaque année » affirme Ruediger Kuehr, directeur du programme des cycles durables de l’Université des Nations Unies. « Nous produisons 50 millions de tonnes d’e-déchets par an. Si nous ne modifions pas nos pratiques commerciales et de consommation, ce nombre passera à 110 millions de tonnes d’ici 2050. »
Source : Le rapport Greenpeace « Guide to Greener Electronics 2017«
Les géants de la tech : engagés pour l’éco-responsabilité ?
Un nouveau défi s’annonce pour les fabricants, les plateformes (GAFAs et BATX) et le reste de l’industrie. L’innovation ne doit plus uniquement passer par l’invention de nouvelles fonctionnalités, mais surtout par une démarche éco-responsable.
Trois domaines d’action s’imposent : la réduction des émissions carbone via l’efficacité énergétique et l’utilisation d’énergies renouvelables, le design durable via l’utilisation de matières recyclables et l’élimination de l’utilisation de produits chimiques.
Où en sont les géants de la tech ? Les GAFAs travaillent activement pour atteindre leurs objectifs de développement durable et leurs engagements en matière de climat tout en poursuivant une croissance exponentielle. Certains auraient gagné le droit de se vanter, ou en tout cas de communiquer.
Apple aurait atteint 100% d’énergie renouvelable dans l’ensemble de ses structures mondiales (points de vente, bureaux, centres de stockage de données, etc). En 2017, l’entreprise a annoncé sa volonté d’aller vers une chaîne logistique en circuit fermé : les matières seront issues de ressources renouvelables ou recyclables au lieu de ressources épuisables. Le but poursuivi : arrêter l’exploitation minière de la terre.
Source : Apple Environmental Responsibility Report 2019
Google a également accéléré sa transition écologique. Les deux dernières années, l’entreprise aurait contrebalancé 100% de sa consommation d’électricité avec des achats d’énergies renouvelables. Cette semaine, Google a mis ses initiatives éco-responsables au premier plan lors de l’événement « Made by Google » avec l’annonce de 150 millions de dollars d’investissement en énergies renouvelables et en compensations électriques pour les fabricants de matériel tiers. L’entreprise a également commencé à utiliser du plastique recyclé dans ses produits. Selon Ivy Ross, chargée du design de matériel informatique, une bouteille d’eau peut être transformée en deux housses en tissus pour le Nest Mini.
Amazon, en revanche, est fortement critiqué pour son manque de transparence sur le sujet. Lors de son dernier événement de présentation de nouveaux produits le mois dernier, l’entreprise n’a pas communiqué sur ses initiatives en matière d’environnement. Mais l’entreprise a annoncé mi-septembre son nouvel engagement pour le Climat — atteindre la neutralité carbone dans l’ensemble de ses secteurs d’ici 2040 – soit 10 ans avant le calendrier fixé par l’Accord de Paris. Les services de « cloud computing » comme AWS permettent aux entreprises de réduire leurs émissions carbone de 88% en moyenne. Amazon a dépassé un taux de 50% sur l’utilisation des énergies renouvelables pour ses serveurs l’année dernière. (En revanche, l’énergie utilisée par Google Cloud est déjà 100% renouvelable.)
Malgré les efforts déjà mis en œuvre, ces géants doivent faire face à d’autres défis, par exemple celui d’assurer assurer la mise en place d’énergies renouvelables et la sécurité des travailleurs dans l’ensemble de ses chaînes logistiques. La question de l’obsolescence programmée se pose également au vue de la stratégie d’innovation rapide et itérative que ces entreprises appliquent dans le développement de leurs produits. Selon un rapport de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) en 2017, la durée de possession moyenne d’un smartphone en France est deux ans, alors que ces appareils ont au moins quatre ans de durée de vie. L’année dernière, Apple et Samsung ont été condamnés à des amendes de 10 millions d’euros et 5 millions d’euros en Italie pour avoir délibérément ralenti les téléphones, afin d’encourager les consommateurs à l’achat de nouveaux produits.
La démarche éco-responsable : un engagement politique
Il n’y a pas que les géants de la tech qui travaillent pour un numérique éco-responsable — les projets de politique publique et d’entreprise se multiplient également.
Le programme européen PolyCE vise à réduire l’utilisation du plastique. Il propose un système de classement des plastiques recyclés qui guidera la conception de nouveaux produits électroniques. Le programme organise des initiatives de sensibilisation des consommateurs dans l’UE.
Les labels sont également un moyen de promouvoir l’achat de produits plus durables, tels que l’écolabel européen, le label allemand « Der Blaue Engel » , ou les labels privés comme Long Time (d’origine toulousaine). Ceux-ci prennent en compte les facteurs tels que la durée de vie et la réparabilité du produit.
Source : Fairphone
Des entreprises agissent à leur échelle. Eco-systèmes, un service de l’éco-organisme français ESR, s’engage dans la collecte et le recyclage des DEEE (déchets d’équipements électriques et électroniques) et élabore des démarches d’éco-conception pour réduire l’empreinte écologique de ces produits. Qarnot Computing, un autre start-up française, a eu l’idée de récupérer la chaleur dégagée par les « data centers » et de la revaloriser pour chauffer des bâtiments, logements et bureaux.
Des start-ups cherchent à faire avancer l’industrie dans une voie plus responsable. Fairphone, une entreprise néerlandaise a ainsi lancé une campagne de sensibilisation sur les minéraux de conflit dans les appareils électroniques, a sorti son troisième smartphone Android durable, facile à réparer et issu du commerce équitable. L’entreprise a également créé un réseau de consomm-acteurs de technologie responsable et partage ses travaux de recherche pour des pistes d’amélioration dans les chaînes logistiques.
Des changements vertueux se produisent dans les industries numériques, même si tout n’est pas encore acquis. La technologie peine à concilier son goût pour la nouveauté avec des valeurs éco-responsables de durabilité et de décroissance. Si ce secteur n’a pas encore été ciblé par la fureur des militants pour l’écologie — de nombreuses entreprises continuent à aborder l’innovation d’un point de vue fonctionnel plutôt qu’écologique. Le chemin vers une économie éco-responsable est encore long.
Visionnez le Talk du Media Lab de France Télévisions sur les Médias et l’environnement à l’occasion de Médias en Seine :
Invités : Nathalie Yserd d’Eco Systems, Quentin Laurens de Qarnot Computing, Gilles Bregant de l’ANFR et Arnaud Ngatcha de France.tv
Crédit photo : Screen Post, Unsplash
Enseigner l’innovation : il n’y a pas que le design thinking
Par Apolline Le Gall, co-fondatrice de l’agence de design Où sont les dragons ? et chercheuse associée au Centre de recherche en design, ENSCI-ENS Saclay. Billet originellement publié sur The Conversation et republié sur Méta-Media avec autorisation.
Alors que le design thinking s’impose comme un outil pour développer la créativité dans les entreprises, les professionnels du design pointent le côté simpliste de la méthode, voire la supercherie d’un design sans designers. L’occasion de faire le point variété des pratiques après plusieurs années d’expérimentation dans les universités françaises, et de voir comment celles-ci peuvent ouvrir de nouveaux champs à l’innovation.
Qu’est-ce que le design thinking ?
S’inspirant du travail et des modes de pensée des designers, le design thinking a permis de populariser le design dans les entreprises et l’enseignement. Mettant l’accent sur le processus de conception, cette méthode part de la compréhension intime de l’utilisateur, et invite au prototypage de solutions, au-delà des considérations de style traditionnellement associées au design.
Le design thinking aspire à deux choses :
- Formuler une lecture singulière d’une situation en partant de la compréhension des utilisateurs et de leurs pratiques, grâce à des observations ou des enquêtes de terrain,
- Formaliser une solution réalisable à court terme, en laissant généralement de côté sa dimension esthétique. Le mot d’ordre est de générer et de tester le plus rapidement possible les productions les plus concrètes et les mieux adaptées possibles.
Prenons l’exemple d’un groupe d’étudiants qui doit élaborer une proposition pour « repenser la rue ». Sur un tel projet, on peut imaginer qu’un travail d’observation et d’entretiens les conduise à identifier un « problème » pour un utilisateur : un parent qui a du mal à circuler avec une poussette dans des espaces envahis par les trottinettes.
L’enjeu du projet consiste donc ici à formuler un point de vue utilisateur : comment aider le parent à circuler avec sa poussette en toute sécurité sans être gêné par les obstacles sur le trottoir ? À l’aide d’un processus d’idéation, par exemple des séances de créativité, les étudiants sont amenés à formaliser un concept de service appelé aussi « expérience utilisateur » : une application qui indique au parent le chemin le plus dégagé d’un point à un autre en temps réel.
Cartographie des approches « design »
« Bon, ici on fait du vrai design, pas du design thinking à deux balles ! » Ce commentaire, relevé lors d’une réunion de designers, est typique de l’agacement que provoque souvent le design thinking dans les milieux professionnels. Certains vont jusqu’à l’apparenter à une maladie contagieuse, remplaçant les capacités d’analyse critique par de la gesticulation et des phrases creuses.
Dans son acception la plus courante, en réalité, le design thinking est essentiellement une version simplifiée d’une petite partie du design. Mais les pratiques de design sont bien plus vastes. Pour en saisir toute la richesse, revenons sur deux axes structurants des activités de design dont nous avons déjà parlé : formuler et formaliser.
Pour formuler un problème, on peut réaliser comme en design thinking des enquêtes et des observations de terrain (c’est l’approche « terrain ») mais on peut aussi proposer une vision ou un sens renouvelé, partant d’une intention d’action dans le monde, de valeurs, voire d’une posture politique (c’est l’approche « intention »).
Pour formaliser une solution, donc incarner dans une forme sensible les solutions et les dispositifs imaginés, on peut le faire comme en design thinking avec une solution réalisable à court terme (l’approche « expérience utilisateur »), mais aussi en formalisant les dimensions d’une situation complexe pour la comprendre et raisonner (c’est l’approche « systèmes »).
Se dessinent ainsi trois autres situations types :

Les espaces de pratique du design.
Le design de sens
Le quadrant « intention x expérience utilisateur » est le territoire privilégié du design dans son sens classique. C’est un champ dans lequel nous allons avoir des objets conceptuels déclinés sous forme de solutions précises.
Selon cette approche, dans le projet « repenser la rue » les étudiants sont invités à déployer une démarche de recherche sur l’environnement culturel de la rue du quartier étudié. Puis ils se focalisent sur un élément qui retient leur attention : le marché, par exemple, qui occupe la rue une partie de la semaine et constitue un lieu d’échange culturel, en même temps qu’un lieu d’échange économique.
À l’aide de recherches à propos des interactions sur les marchés dans différentes villes du monde, à différentes époques, les élèves proposent alors une expérience singulière : un système de mobilier urbain modulaire permettant aux habitants de la rue de faire leurs courses, rencontrer leurs voisins et leurs commerçants, voire proposer leurs produits d’auto-production. Cette proposition, centrée utilisateurs, vient renouveler le sens du marché dans la ville.
Le design projectif
Le quadrant « intention x systèmes » est le territoire d’un design plus visionnaire, plus centré sur des objets conceptuels. On peut trouver ici notamment les pratiques dites de design fiction.
Sur le projet « repenser la rue », il s’agit d’amener les étudiants à se projeter dans l’avenir, et à interroger son sens et sa « désirabilité ».
À l’aide d’outils permettant de se positionner sur des valeurs, sur des utopies ou dystopies, à partir de lectures issues de nombreux domaines, les élèves sont invités à formuler leurs aspirations vis-à-vis de la rue dans le futur, par exemple dans un manifeste.
Ils formalisent des scénarii qui permettent de soulever des questions sur le futur, souhaitable ou non, de la rue. Ce travail peut aboutir par exemple à l’esquisse d’une rue « métabolique », capable d’adapter sa configuration aux différents usages de la rue dans le temps.
Le design-recherche
Ce quadrant « terrain x systèmes » est le territoire de la modélisation et de la conceptualisation en vue d’une exploration. L’idée est de faire émerger des grilles de lecture singulières, avec une intention d’objectivité, basée sur des observations de terrain et des données scientifiques.
Sur le projet « repenser la rue », les étudiants sont invités à mettre en œuvre une démarche de recherche (entretiens, revue de littérature, cartographies d’acteurs) pour formuler une problématique qui mette en tension les acteurs et leurs enjeux. Ils identifient une question majeure peu travaillée à l’heure actuelle : la gestion des niveaux sonores aux différents moments de la journée.
Partant d’observations et de travaux scientifiques sur le son, ils proposent un « provotype » – c’est-à-dire un objet ayant vocation à déclencher des discussions et réflexions. Celui-ci peut être un jeu sérieux permettant de faire réfléchir les acteurs du quartier sur les enjeux de chacun en matière de bruit, et les leviers pour maîtriser le niveau sonore global dans une perspective systémique.
Le design thinking constitue ainsi l’une des formes possibles pour mobiliser le design dans l’innovation, mais n’est pas la seule. D’autres approches sont possibles, à condition de garder en tête ce qui fait la valeur du design, et donc d’associer des designers professionnels à ces démarches, pour éviter ainsi le paradoxe du design sans designers. D’un point de vue pratique, il faut être conscient que tout n’est pas faisable dans un temps réduit. Si une formation sur quatre ans en école de design devrait permettre de passer par les quatre différentes approches du design (design thinking, design projectif, design de sens, design-recherche), un projet sur huit semaines et a fortiori un challenge de quelques jours ne pourra se faire que sur un périmètre réduit.
Crédit photo : Unsplash – Sébastien Bonneval
Liens vagabonds : les Etats-Unis blacklistent les géants chinois de l’IA
A RETENIR CETTE SEMAINE
IA & géopolitique – Les Etats-Unis ont ajouté 28 sociétés chinoises spécialisées dans l’intelligence artificielle et la reconnaissance faciale à leur liste noire. Hikvision Digital Technology, Megvii Technology et SenseTime Group sont désormais blacklistés au même titre que Huawei Technologies qui y figurait déjà. Les autorités américaines justifient leur décision en citant l’implication de ces firmes dans la surveillance, la répression et la détention arbitraire de milliers de musulmans ouïgours et kazakhs dans le nord-ouest de la Chine.
Élections US & Facebook – Une politique de Facebook permet aux politiciens de mentir dans leurs publicités sur la plateforme.
GAFA – Les GAFAS échappent aujourd’hui massivement à l’impôt. L’OCDE propose un plan international pour remédier à cela. Le projet sera soumis aux ministres des finances du G20 le 17 et 18 octobre prochain à Washington.
France :
- Le plafond de publicité de Radio France pourrait être relevé
- Le nouveau site du Figaro met en valeur le format vidéo
3 CHIFFRES
37% des adolescents américains disent que YouTube est leur plateforme vidéo préférée. Pour la première fois, l’AVOD a dépassé Netflix qui est arrivé deuxième à 35%.
22 % des internautes âgés de 18 à 34 ans achètent des produits après la recommandation des influencers.
Plus de 6 millions d’écoutes ont été enregistrées sur les 6 premiers mois de l’année sur la plateforme de Radio France.
LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE
Vous trouverez plus d’infographie sur Statista
NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS
DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION
- Amazon, géant du complexe militaro-industriel américain
- La nouvelle rengaine de la Silicon Valley : être rentable
- James Murdoch prend une participation dans Vice Media
- Le 1er smartphone africain
SURVEILLANCE, CONFIANCE, DONNÉES
- France: la reconnaissance faciale bientôt imposée pour accéder aux services publics?
- Libération va retirer les trackers pub pour ses abonnés
- Facebook continue de diffuser des informations qu’il sait fausses ; mais peut-il empêcher les hommes politiques de mentir ? ; Elizabeth Warren diffuse une fausse pub sur Facebook pour montrer la duplicité du réseau social
- Fuite de données personnelles chez Twitter
- Le scandale des audiences bidons du pivot vers la vidéo se solde par une minuscule amende pour Facebook
- La Chine projette son appareil de surveillance hors de ses frontières
- L’Inde lance un programme national de reconnaissance faciale
LÉGISLATION, RÉGLEMENTATION
- Washington se sert désormais des deals commerciaux pour protéger les géants du web des régulateurs étrangers
- Les géants chinois de l’intelligence artificielle sur la liste rouge américaine
FAKE NEWS, DÉSINFORMATION, LIBERTÉ DE LA PRESSE
- Les médias d’Etat chinois et Tencent stoppent la couverture de la NBA en Chine
- DeepFake : 2 lois californiennes contre les manipulations vidéo
- Le Deepfake concerne surtout des vidéos pornos
- Facebook refuse d’enlever une publicité fausse sur Joe Biden par la campagne de réélection de Donald Trump ; tandis que NBC refuse de la diffuser
- « Tout comme la télé a favorisé un type nouveau de personnalités politiques propres sur elles, charismatiques et dynamiques, Facebook offre un avantage disproportionné à ceux qui sont le plus susceptibles de susciter des émotions négatives… ».
JOURNALISME
- Pourquoi chaque journaliste devrait connaître ses unités de mesure d’audience
- Médias et information : sale temps pour la complexité
- Si un journaliste critique l’impact du racisme, est-ce que ça montre un parti pris ?
USAGES
- Les ados US privilégient YouTube par rapport à Netflix
- Les supermarchés US ne veulent plus vendre de journaux et magazines imprimés
RÉSEAUX SOCIAUX / MESSAGERIES
- Les tendances de contenu pour les réseaux sociaux pour 2020
- Les réseaux sociaux ne peuvent pas se permettre d’oublier papa et maman
- Instagram lance leur mode Create avec des « throwbacks »
STREAMING, OTT, SVOD
- Netflix investit 200 millions € dans des contenus en Italie; s’allie à Mediaset et se lance sur Sky Italia
- 8% des foyers hollandais vont tester Disney+
- Dans les coulisses de l’unité de streaming de Disney : plus de 1.600 personnes à NYC
- 2,200 internautes ont visionné l’attentat en Allemagne avant que Twitch ne l’enlève
STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS
- Les nouveaux formats de divertissement invitent l’audience à faire partie de l’histoire
- Comment la plateforme d’e-sport Twitch pourrait changer votre manière de regarder du foot ou de la politique
AUDIO, PODCAST, BORNES
- Comment les producteurs de ‘The Thing About Pam’ ont transformé une émission en podcast
- Success story : comment France Culture renaît grâce au podcast
- ESPN va lancer un nouveau podcast matinal avec Mina Kimes, rédactrice confirmée
DATA, AUTOMATISATION, INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, BLOCKCHAIN
- IA: aucun Etat n’est à la hauteur
- Pourquoi l’appli de reconnaissance faciale du ministère de l’Intérieur inquiète
- L’approche risquée des États-Unis face à l’intelligence artificielle
- Augmentation IA : Le vrai avenir de l’intelligence artificielle
- Démystifier l’intelligence artificielle en entreprise
4K, U-HD, 8K, HDR
- ESPN diffuse son premier match en 4k natif samedi
- Les perspectives du marché des panneaux UHD/4K pour 2019-2024
- L’enthousiasme de 8K
5G / MOBILES / TELCOS
- La 5G va révolutionner le sport
- Europe prévient que des réseaux 5G pouvaient être attaqués par des hackers soutenus par des états
- AT&T et Verizon ne veulent pas que tu saches où se trouve la 5G
- BT lance des abonnements smartphone 5G pour les consommateurs et les entreprises
PUBLICITÉ, MONÉTISATION
- Brut, Loopsider : quel modèle économique pour les médias 100% réseaux sociaux ?
- YouTube va laisser des politiciens réserver des espaces publicitaires pour les élections américaines 2020
- Twitter a mal utilisé les informations personnelles des usagers pour la publicité
IMMERSION, 360, VR, AR
- Manifestations à Hong Kong : un projet de masque virtuel refait surface
- Satis 2019 : une place XXL pour les formats immersifs !
- Holoride ouvre son expérience VR en voiture au public
CINÉMA
- Disney utilise IA pour relire des scénarios afin de repérer d’éventuels préjugés sexistes
- Derrière le shift de stratégie de Amazon Studios
- Ang Lee mérite plus de respect pour ‘Gemini Man’, son expérience digitale ambitieuse
JEUX VIDÉO, eSPORT
- Le Washington Post lance une section dédiée aux jeux vidéo et à l’e-sport
- Podcast : Fortnite est-il un jeu d’argent ?
- Entre conscience verte et course à la puissance, l’industrie du jeu vidéo en pleine contradiction
TECH, STARTUPS, INNOVATION
- IA, faire en sorte que les IA de demain soient plus responsables que celles d’aujourd’hui
- Levi et Google s’unit pour créer un « smart jean jacket »
- Expériences immersives : moins il y a de tech, mieux votre marque se porte
OUTILS
- Protéger sa vie numérique avec un système de verrouillage de l’iPhone
- Faut-il utiliser les Google Docs dans les rédactions ?
- 3 façons d’utiliser l’audio pour booster ton business
ES avec l’équipe Méta-Media
Crédit photo : Daniel Foster – Unsplash
Professionnels des médias : relever le défi de la confiance (Médias en Seine)
Par Diana Liu, France Télévisions, MediaLab
La deuxième édition de Médias en Seine organisée aux Echos et à la Maison de la Radio était l’occasion de faire partager un regard optimiste sur l’industrie, mais également une tendance de fond – à laquelle les professionnels ont fait référence tout au long de la journée – la méfiance du public vis-à-vis des médias.
La crise de confiance : les chiffres
« On est à la trente-deuxième édition du baromètre de La Croix et la confiance est battue en brèche » affirme le rédacteur en chef François Ernenwein. Cela concerne tous les médias : de la radio, perçue par 50% des personnes sondées comme étant crédible (-6 points sur un an) jusqu’à Internet, qui comme l’année précédente se situe à 25%.
Source : Baromètre médias de La Croix, 2019
Fake news, deepfakes, clickbait, autopublication sur les réseaux sociaux, comment garantir une information vérifiée à l’heure ou les informations les plus falsifiées se trouvent à portée de clic ?
« La confiance est importante mais elle peut également être dangereuse. Nous souhaitons que les gens fassent confiance aux choses dignes de confiance et doutent du reste » explique Rasmus Kleis Nielsen, directeur de l’Institut Reuters pour le journalisme.
Selon le Reuters Digital News Report 2019, 42% des gens interrogés se fient aux informations. En France, seulement 24% des gens interrogés disent pouvoir faire confiance aux informations.
Source : Reuters Digital News Report 2019
La confiance n’est pas accordée de façon égale aux médias. Les Américains par exemple se fient davantage aux chaînes locales (avec une note de confiance de marque de 6,41 / 10) qu’aux chaînes de diffusion nationale (entre 5,8 et 6,09 /10) selon le Reuters Digital News Report 2019.
62% des gens interrogés considèrent que les médias les tiennent informés de l’actualité, mais seulement la moitié (51%) considère que les médias les aident à comprendre l’actualité. Enfin, 42% des gens interrogés estiment que les médias remplissent leur rôle de décryptage des enjeux politico-économiques.
Penser les facteurs de confiance de manière globale
On aurait tendance à penser que ce sont les pratiques éditoriales qui font pencher la balance dans la relation avec le public. Mais R.K. Nielsen souligne que la relation médias – audience doit être repensée de manière globale. Après avoir interrogé les consommateurs, R.K. Nielsen a regroupé les facteurs de confiance dans 3 catégories :
- Les pratiques et valeurs éditoriales. On parle ici d’impartialité, de transparence, de précision, et d’indépendance. Mais il faut également mieux communiquer et expliquer les méthodes journalistiques à l’audience, comme le rappelle Albert Moukheiber, docteur en neurosciences. « Il y a un effet du messager. Si je je trouve qu’il y a des conflits d’intérêt avec le messager, c’est perdu d’avance. Il y a tout un travail à faire pour expliquer comment fonctionne le journalisme. »
- Les valeurs, qu’elles soient sociétales ou politiques. Un média renvoie à des valeurs et des idéaux auxquels les personnes s’identifient… ou pas. Un exemple est le réel écart de confiance dans les médias entre les démocrates et les conservateurs sous l’ère Trump. Peu importe les pratiques éditoriales de certains journaux réputés, les conservateurs voient une presse qui éveille l’hostilité contre un personnage qu’ils aiment.
- Les identités, aussi bien individuelles que collectives. Un individu pourrait être amené à consulter un média par la recommandation ou le partage d’un article par un ami, ou bien en étant influencé par les habitudes de ses parents. L’effet du réseau (social) sur la consommation d’information est particulièrement prononcé chez les jeunes. En effet, 57% des consommateurs entre 18-24 ans aux États-Unis et au Royaume-Uni ont leur premier contact avec une information via les réseaux sociaux (Digital News Report 2019). Résoudre cette fragmentation reste une question compliquée. « Nous pourrions refléter les valeurs, les aspirations et les idéaux de certaines parties de la population qui se sentent attaquées, mais cela peut impliquer des questions inconfortables » dit R.K. Nielsen.
Les sources de confiance pour les consommateurs connectés … cela donne à réfléchir….#MediasenSeine @KantarFR pic.twitter.com/RRv4jzP6dH
— Ruhlmann (@nruhlmann) October 8, 2019
Mieux lutter contre la désinformation sur les plateformes sociales
Les plateformes sociales et leur algorithme de distribution de contenu ont un impact sur la diffusion des Fake News. Il faut donc réguler de manière plus efficace.
Paul Nemitz, conseiller principal à la DG Justice & Consommateurs de la Commission européenne, dénonce « l’idéologie de la Silicon Valley » selon laquelle « si on fait disparaître tous les intermédiaires entre un individu et une information, tout sera résolu. »
D’un point de vue réglementaire, Paul Nemitz considère que la mise en oeuvre de la directive européenne sur le droit d’auteur n’est pas claire.
« Il y a trop de place laissée au faux compromis » explique Paul Nemitz.
En effet, Google a annoncé le mois dernier qu’il appliquera la directive européenne dans ces termes : ils enlèveront tous les extraits optimisés d’articles (« featured snippets ») des éditeurs. Les éditeurs qui souhaitent avoir un extrait optimisé sur le moteur de recherche pourront en faire la demande mais ne seront pas rémunérés.
Christophe Leclercq, fondateur d’Euractiv rappelle les bonnes pratiques recommandées par la Commission Européenne contre la désinformation :
– Mettre en place des indicateurs de confiance sur les plateformes afin de déterminer la crédibilité qu’on peut accorder à telle ou telle source d’information.
– Promouvoir les contenus de qualité. Mais Christophe Leclercq rajoute avec ironie que pour les promouvoir, il faudrait déjà les financer… d’où la nécessité de la poursuite des négociations entre les éditeurs et ces plateformes.
Rasmus Kleis Nielsen cite également des “projets de confiance” tels que le DocumentCloud, une plateforme qui aide les journalistes à faire une recherche de fond sur un sujet et à trouver de sources primaires. « Les gens aiment la transparence et veulent savoir que les médias ont bien fait leurs recherches. » explique-t-il.
Etre dans un dynamique relationnelle
Renouer la relation avec le public reste l’enjeu primordial. Selon le baromètre de La Croix, seul un quart des personnes interrogées pensent que les journalistes sont indépendants du pouvoir politico-économique.
Les médias doivent procéder à une auto-évaluation. « Nous pouvons choisir d’être digne de confiance en étant professionnel. Mais la confiance est avant tout relationnelle. Nous devons nous connecter avec notre audience et démontrer ce en quoi nous croyons. » affirme R.K Nielsen.
Selon Albert Moukheiber, spécialiste en neurosciences, « Il y a un travail d’adaptation à faire aux nouveaux moyens d’information que ce soit Instagram, Twitter ou TikTok. « Pendant longtemps, les journalistes n’ont pas pris en charge la dimension cognitive et sociale de l’audience. On pensait qu’il fallait juste bien rapporter les faits, mais il y a aussi les récits que l’on en fait, l’identité du journaliste qui rapporte les faits et le média qui en rend compte »
La crise de confiance dans les médias est peut-être plus profonde que ce que nous avons imaginé, mais tout n’est pas perdu. Le plan de sortie de crise recommandé par les professionnels du secteur : repenser les facteurs de confiance, lutter avec les plateformes contre la désinformation et tisser une dynamique relationnelle avec l’audience. Cela impliquera une négociation avec toutes les parties prenantes, des pouvoirs publics jusqu’aux consommateurs, en passant par les grandes plateformes. Un chemin semé d’embûches, mais aussi d’opportunités – aux médias de s’en saisir.
Visionnez le Talk du Media Lab de France Télévisions sur la confiance dans les Médias à l’occasion de Médias en Seine :
Invités : Albert Moukheiber, docteur en neurosciences et François Ernenwein, rédacteur en chef de La Croix
Crédit photo : Krish Jones, Unsplash
L’audio : de réels atouts dans un écosystème en pleine mutation
Par Laure Delmoly, France Télévisions, MediaLab
Si les professionnels des médias se sont d’abord étonné du boom de l’audio, ils ont vite intégré les podcasts dans leur stratégie de marque média. L’audio possède de sérieux atouts dans un écosystème en pleine mutation. Retours d’expérience à l’occasion de la deuxième édition du festival « Médias en Seine » organisée aux Echos et à la Maison de la Radio.
Un usage facile
Dans une société où l’attention est devenue une ressource rare, le podcast possède un avantage concurrentiel indéniable. Il se consomme dans toutes les situations. On écoute du contenu en faisant du sport, dans nos trajets, en cuisinant. Selon une étude du cabinet Edison Research, 26% des écoutes de podcasts sont réalisées depuis un smartphone aux États-Unis. Les professionnels des médias ont bien compris que pour se démarquer ils devaient aller chercher leur public dans tous les temps de la vie quotidienne.
“L’audio est un moyen d’aller chercher un public à un moment de la journée où il n’est pas forcément disponible pour lire” déclare Renée Kaplan, responsable des publics et des nouveaux contenus au Financial Times.
L’écoute non linéaire de l’audio explose. Elle apparaît comme un réel relai de croissance, y compris pour les radios.
« Plus le contenu est fort, plus il est écouté sur la durée. Pour exemple les programmes Les chemins de la philosophie et Affaires sensibles qui dépassent les 4 millions de téléchargement en podcast pour une écoute de 100 000 auditeurs en direct « déclare Sibyle Veil, présidente de Radio France.
Plus qu’un nouveau format, le podcast devient un élément essentiel dans la stratégie d’audience des marques médias. Le quotidien britannique qui produit des podcasts depuis le début des années 2000 affirme avoir réellement déployé une stratégie podcasts début 2019.
France Culture, qui produit des podcasts natifs depuis deux ans en fait également un élément clef de sa stratégie d’offre de service public.
« Ce qu’on veut donner, c’est une véritable alternative à des gens qui ne veulent pas passer toute leur vie devant des écrans ou bien à des parents qui veulent que leurs enfants connaissent une forme de narration autre que visuelle » déclare Sandrine Treiner de France Culture à propos des podcast natifs.
Et jean-Paul Philippot, administrateur de la RTBF d’affirmer « La consommation non-linéaire d’audio est quatre fois plus importante chez les moins de trente-cinq ans que chez les plus de cinquante-cinq ans »
Cette facilité d’usage est renforcée par une stratégie de distribution multi-plateforme qui plaît à l’audience.
“L’audience des podcasts est éclatée et diverse. Elle n’est pas forcément attachée à une plateforme. C’est l’auditeur qui choisit son propre mode d’écoute” rappelle Thomas Rozec de la société de production de podcasts natifs Binge Audio.
Selon l’étude du cabinet Edison, Plus de la moitié des américains âgés de plus de 12 ans ont écouté un podcast, soit 144 millions de personnes.
Un format authentique
Si la radio reste le premier média de confiance, le podcast natif est apprécié pour son authenticité. Libéré des contraintes de la radio (flash info, pause musicale), il permet à la parole de se déployer sans interruption.
« Le podcast est un format de l’intime. On s’adresse à une personne qui a ses écouteurs » rappelle Thomas Rozec de Binge Audio.
L’audio réussi le pari d’allier la rigueur de l’éditorial à l’émotion. “L’émotion, c’est une façon de faire passer une information. L’animateur d’un podcast est le premier personnage du podcast. Quand il parle de lui, il crée tout de suite un lien avec l’auditeur” explique Jules Lavie, rédacteur en chef du podcast Code source, un podcast natif du Parisien.
Dans un contexte de défiance envers les médias, l’audio est donc un excellent moyen de restaurer le lien et donc la confiance. Lauren Bastide, productrice de la Poudre a réussi à créer un sentiment d’appartenance “Je voulais créer quelque-chose de familier. Je voulais que l’on rentre dans mon podcast, comme on rentre dans des chaussons”. Au delà de cette impression de familiarité, le Podcast La Poudre s’adresse à une communauté de femmes engagées : les auditrices comme les invités sont mobilisables à tout instant pour relier une initiative citoyenne ou féministe. Lauren Bastide sollicite cette communauté régulièrement via les médias sociaux. Cette communauté de valeurs entre la journaliste et son public vient renforcer la relation de confiance.
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« Ça c’est la surprise : les invitées de La Poudre sont devenues elles-mêmes une communauté. »
— La Poudre Podcast (@lapoudreNE) October 8, 2019
Une liberté de ton
Le podcast natif avec son temps long est un excellent moyen d’élargir une ligne éditoriale.
Code Source, le podcast d’information du Parisien permet de tirer profit de l’expertise des journalistes de la rédaction pour présenter des personnalités politiques ou sportives. Le podcast permet une approche magazine de l’information en la « mettant en récit ».
“Faire un podcast d’information, c’est apprendre à raconter une histoire. On ne pose pas les questions habituelles. Le journaliste raconte son sujet. A partir de ce son récit, je travaille la trame narrative. J’essaye de trouver un bon début, d’identifier un combat avec des hauts et des bas et de travailler la fin. Mais tout cela, je le fais avec des informations et des faits vérifiés” explique Jules Lavie.
[🎧 PODCAST 🎧] Crash, déprime, cocaïne… Frankie Dettori, le jockey star
🔊 L’italien est le favori du Prix de l’Arc de Triomphe, ce dimanche. Rescapé d’un accident d’avion, suspendu plusieurs fois, sa vie est un roman.
➡️ Écoutez > https://t.co/UEYmDBQNNa pic.twitter.com/n28pk049o8
— Code source (@codesource) October 5, 2019
“Code Source permet d’aller chercher une audience plus jeune et de montrer une autre facette de notre marque média” rappelle Pierre Chausse, directeur adjoint en charge du numérique au Parisien.
Et Renée Kaplan du Financial Times d’ajouter “L’audio est un moyen d’aller chercher un public plus large que celui du papier qui est très connoté. Les auditeurs découvrent qu’au FT nous traitons également des sujets politiques et culturels”
L’essor des smartspeakers
Du point de vue des usages, les amateurs de podcasts donnent le ton pour les années à venir. La révolution de l’audio déjà très visible dans le monde anglo-saxon est en marche.
« J’adore le podcast mais ce n’est pas l’incarnation du changement » alerte Mukul Devichand, directeur de BBC Voice.
Celui-ci invite à se pencher sur l’essor de la recherche vocale et la multiplication des enceintes connectées dans les foyers.
« 26% des britanniques ont un smart speaker chez eux. 1 million d’utilisateurs uniques mensuels écoutent via un smart speaker des contenus audio de la BBC » déclare-t-il Mukul Devichand.
“Plus de la moitié des foyers américains ont une enceinte connectée. Celles-ci sont pour l’instant adaptées à la langue anglaise mais au vue de la puissance de leur écosystème et de leur IA, elles vont bientôt se mettre à niveau et pénétrer le marché européen et asiatique. A partir de ce moment les chiffres UK et US se répandront dans le monde” a affirmé par ailleurs Tony Archibong, Vice Président de TuneIn.
Ce changement d’environnement technologique change le rapport des auditeurs au contenu qui passent d’une attitude passive à un comportement actif.
« Les nouvelles générations ne connaîtrons jamais un environnement où l’on écoute passivement une émission de talk ou un programme musical. Ils sont habitués à un environnement où l’on va chercher le contenu audio, où l’on peut le manipuler. Hey Alexa play… Hey Google Play… » explique John Saroff, CEO de Chartbeat.
Si la demande de programmes musicaux, d’information et de la météo se fait de plus en plus via la commande vocale, nous sommes tous déjà potentiellement équipés.
“Vous avez tous déjà tous un assistant personnel sonore dans votre poche. 30% du search des britanniques de moins de 44 ans se fait via le système google-android » explique Mukul Devichand.
Un fait remarqué par le directeur de BBC Voice : au delà de la simple recherche, la commande vocale fait naître la volonté d’engager une conversation.
« L’utilisateur ne demande pas à son assistant personnel « dis-moi ce que la BBC raconte sur le Brexit » mais « dis-moi ce qui se passe avec le Brexit » Tout l’enjeu pour la BBC sera d’être le média utilisé ! » conclut Mukul Devichand.
De même, l’utilisateur ne demande pas les prévisions météo du jour mais « Est-ce que j’ai besoin de porter un manteau aujourd’hui ? ». La BBC travaille actuellement sur la granularité des réponses à une telle question afin d’obtenir une réelle impression de conversation.
Voice AI assistants will approach audio not as « programs », but as « sets of knowledge » – discovery and bundling (and by extension eventually production and business) of audio may change as much w/ rise of voice as text did w/ rise of search, @MukulDevichand suggests #MediasenSeine pic.twitter.com/Qd0lJWUGTK
— Rasmus Kleis Nielsen (@rasmus_kleis) October 8, 2019
Nous assistons à un vrai changement dans la façon dont les gens s’informent et se fidélisent à une marque Media. Les médias doivent repenser la distribution de leurs contenus et leurs formats à la lumière de ces nouveaux usages et comportements. Facilité d’usage, authenticité et liberté de ton : l’audio a de réels atout pour faire la différence. « Un tiers des Européens ont pendant la dernière semaine écouté un contenu audio à la demande » rappelle Jean-Paul Philippot de la RTBF. La bataille à mener est désormais celle de la recherche vocale main dans la main avec les professionnels de l’IA.
Crédit photo : Laure Delmoly
Liens vagabonds : l’UE fait jurisprudence sur les contenus haineux en ligne
A RETENIR CETTE SEMAINE :
Internet & droit européen – les pays de l’UE peuvent désormais obliger Facebook à supprimer un contenu à l’échelle mondiale, mais également tout propos haineux équivalent provenant d’une autre source. Par ailleurs, la Cour de Justice européenne limite la portée de la loi “du droit à l’oubli” sur la protection de la vie privée en ligne.
Messages cryptés – Les Etats-Unis, la Grande Bretagne et l’Australie veulent en finir avec le cryptage de bout en bout des messages whats app. Aux termes d’un prochain traité avec les États-Unis, Facebook et WhatsApp devront permettre à la police britannique d’accéder aux messages cryptés des utilisateurs en cas d’enquête sur des crimes graves comme le terrorisme et la pédophilie. Le traité devrait être finalisé au cours du mois. “Nous croyons au droit d’avoir une conversation privée en ligne”, a répondu Facebook.
Crise Facebook – Zuckerberg entend se battre contre un éventuel démantèlement de Facebook. Dans un extrait audio qui a fuité, Mark Zuckerberg rallie les employés de Facebook à sa cause contre les critiques, les concurrents et le gouvernement américain.
Audience en ligne – Quand les deux pires entreprises du web Taboola et Outbrain fusionnent, ce que cela signifie pour les éditeurs; par ailleurs Vice Media rachète Refinery29 pour augmenter son audience.
3 CHIFFRES
- 7 milliards de dollars : c’est le chiffre d’affaire de ByteDance, la maison mère de TikTok au premier semestre 2019
- 88% des consommateurs lisent quotidiennement leurs mails à des moments clés (réveil, repas, coucher)
- 17,3 millions de Français ont regardé au moins un programme sur une plateforme de SVoD au cours de l’année écoulée (Médiamétrie)
LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE
NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS
- Et si la liberté d’expression était en train de nous tuer ?
- “Global Inventory of Organised Social Media Manipulation”, un rapport de l’université d’Oxford
- Les 10 tendances de la communication digitale pour 2020
- Pourquoi YouTube démonétise des vidéos ? Des vidéastes ont testé 15 000 mots-clés différents
SURVEILLANCE, CONFIANCE, FAKE NEWS
- Contrairement aux promesses de Zuckerberg, et à l’aube de l’année électorale 2020, Facebook n’a pas l’intention de partager des données sur la désinformation.. Mais les chercheurs y croient toujours
- Deep Fake : la technologie ne résoudra pas tout
- Une caméra chinoise capable de détecter un visage dans un stade
- Au Royaume-Uni, Facebook et WhatsApp devront partager les messages cryptés des utilisateurs avec la police
- La surveillance par les télés se confirme
LEGISLATION, REGLEMENTATION
- Droit voisins : Die Zeit aux antipodes des éditeurs français
- RGPD : Seule une entreprise sur trois est conforme, et voici pourquoi
- Pas de case déjà cochée pour les cookies : la Cour de justice de l’Union européenne a tranché
- Comment optimiser votre veille sur l’évolution des réglementations
DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION
- Les box doivent-elles payer les chaînes ?
- Intelligence artificielle : « La Chine entend s’appuyer sur cette technologie pour déchoir les Américains de leur rang à l’horizon 2049 »
- Pour Tim Cook, le patron d’Apple, « certains Gafa ont sans doute été arrogants »
- Les bons comptes de Netflix avec le fisc britannique
JOURNALISME
- Le journalisme divisé entre une arrière-garde conservatrice et l’avant-garde, qui accepte l’incertitude et la nécessité d’un changement sur le terrain
- Le journalisme ne fait jamais rire. Dommage
- Pourquoi on paie pour de l’info
- Les bilans de la semaine de la presse
USAGES
- Sky News diffuse sur Twitch
- Usages : le surf est mort, dommage !
- L’essor des podcasts au Royaume-Uni
- Les Français sont de plus en plus accros à la SVOD
Les gens n’utilisent pas TikTok « pour suivre l’actualité » ou pour « regarder des photos d’amis en vacances ». La différence est qu’il s’agit d’un contenu pur et addictif séparé de tout intérêt préexistant. Bienvenue dans l’avenir des médias sociaux https://t.co/fi4KrviUXP
— 🦁 Basile (@Basile_Viault) September 26, 2019
RÉSEAUX SOCIAUX / MESSAGERIES
- ByteDance (TikTok) bientôt rentable ?
- WhatsApp teste les messages éphémères
- Instagram lance Thread, une nouvelle app de messagerie destinée aux amis les plus proches
- Une faille sur Whatsapp permet à des hackers de récupérer vos messages avec des GIFS.
STREAMING, OTT, SVOD
- Disney interdit la pub pour Netflix
- Netflix expérimente le 1er épisode gratuit pour les non abonnés
- Le Brexit vient perturber le calcul des quotas pour les plateformes de SVOD
- Apple TV+ : certains films originaux sortiront au cinéma avant d’être disponibles sur la plateforme
- TwitchCon : l’industrie des streamers n’a jamais pesée autant
- Comment les TV locales se préparent à l’OTT
STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS
- Près de 300.000 personnes lisent des romans sur Instagram
- L’incroyable succès du Français Quentin Albert, 27 ans, influenceur star en Chine
- Tinder se met en mode Black Mirror avec sa nouvelle série interactive
- One Great Story : la newsletter quotidienne du NYT qui ne comprend qu’un seul article
- Les formats originaux sur la procédure impeachment : NYT, Politico, Buzzfeed et Axios
- Comment Dave Jorgenson du Washington Post obtient des millions de vues sur TikTok
Today’s @washingtonpost @tiktok_us features @realBobWoodward https://t.co/MxGxkFb9xg pic.twitter.com/BXdhZP3LXa
— Dave Jorgenspook 🎃 (@davejorgenson) July 22, 2019
AUDIO, PODCAST, BORNES
DATA, AUTOMATISATION, INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, BLOCKCHAIN
- Vous avez aimé la concentration de pouvoir des géants du web ? Vous allez adorer celle qui se dessine dans l’intelligence artificielle.Avec les … mêmes !
- AnotherBrain lève 19 millions d’euros pour rapprocher l’intelligence artificielle de l’humain
5G / MOBILES / TELCOS
PUBLICITE, MONETISATION
- Les annonceurs sortent enfin le porte-monnaie sur Snapchat
- Taboola et Outbrain, entreprises leaders du marché des liens sponsorisés, vont fusionner
JEUX VIDEO, eSPORT
- Roblox, la plateforme à mi-chemin entre le jeu vidéo et le réseau social, compte 100 millions d’utilisateurs
- Montpellier : Tim Cook, le grand patron d’Apple, en visite secrète à Ubisoft
TECH, STARTUPS, INNOVATION
- Un enregistreur audio intelligent pour Android
- Transformation numérique, comment l’Etat compte rattraper son retard.
- Transformation digitale : comment repenser le système de valeurs dans une économie de la connaissance
Toujours plus loin : un réfrigérateur autonome qui se balade dans votre maison pic.twitter.com/Q6ChNdQBbT
— Mathieu Flaig (@MathieuFlex) October 1, 2019
OUTILS
ES avec l’équipe Méta-Media
Transformation digitale : comment repenser le système de valeurs dans une économie de la connaissance
Par Laure Delmoly, France Télévisions, MediaLab
La façon dont nous pensons influence les produits que nous concevons. À l’occasion du lancement de la Chaire « Good in Tech » à l’Institut Télécom Paris, l’anthropologue du numérique Rahaf Harfoush nous explique comment les outils technologiques façonnent notre avenir. Un bon moyen de nous inciter à être vigilants et pro-actifs dans un écosystème en pleine mutation.
Des outils qui s’abreuvent de nos données personnelles
90 % des données mondiales ont été créées ces deux dernières années. Aujourd’hui, les entreprises n’utilisent que 12 % des données disponibles. La technologie est présente dans tous les aspects de notre vie quotidienne. Elle modifie notre façon de voyager, de draguer, de nous distraire. Ces applications récoltent des données de plus en plus précises sur nous au fil de nos utilisations : l’état de nos finances, nos heures de sommeil, le nombre de pas effectués par jour, nos performances sportives, et même notre dernier pic d’ovulation.
« Aujourd’hui votre smartphone vous connaît mieux que votre partenaire » déclare Rahaf Harfoush.
Cette intimité digitale donne de plus en plus de pouvoir à l’économie actuelle, mais il y a un coût humain à toute cette technologie. Désormais, les entreprises sont en mesure d’analyser toutes ces données personnelles pour nous cibler dans notre personnalité, nos habitudes de vie et de consommation.
« Nous devons commencer à obtenir de la transparence sur quelle entreprise collecte quel type de données et ce qu’ils en font », commente Rahaf Harfoush.
Des outils qui véhiculent des systèmes de croyances
« Il est très important pour nous de réaliser que les outils techniques que nous utilisons chaque jour dans notre vie quotidienne véhiculent des systèmes de croyances », rappelle Rahaf Harfoush.
Les produits développés héritent des biais cognitifs de leurs concepteurs. Ainsi, Marc Zuckerberg a une idée très spécifique du rôle que doit jouer la technologie dans la vie quotidienne des gens. Il ne croit pas à la notion de vie privée. Et cette croyance façonne l’évolution de son algorithme, des produits qu’il fait développer et de sa plateforme mondiale. Le système de croyances du patron de Facebook impacte plus de deux milliards d’utilisateurs. Et cette influence va bien au-delà des utilisateurs Facebook puisqu’elle a des conséquences géopolitiques.
Autre exemple : les filtres Snapchat et leur influence sur la santé mentale des jeunes. « Certains adolescents se rendent dans des centres de chirurgie esthétique et demandent à ressembler à leur selfie Snapchat. Cela montre bien que l’outil technologique lui-même véhicule certaines valeurs », commente Rahaf Harfoush.
« Tel le chien de Pavlov, quand notre téléphone vibre, nous consultons les likes et messages reçus qui nous fournissent un bon shoot de dopamine. Nous nous entraînons à devenir accros à cette interaction constante avec notre smartphone. Nous sommes en ce sens co-responsables » ajoute Rahaf Harfoush.
Co-construire un système de valeurs centré sur l’humain
« Nous commençons réellement à voir une vraie différence entre le système que nous avons et le système dont nous avons besoin. Il y a une vraie disruption dans la confiance envers les individus qui sont censés protéger l’intérêt public. C’est une situation sans précédent », alerte Rahaf Harfoush.
Selon l’anthropologue, notre modèle de productivité personnelle est inspiré du modèle de de la société industrielle et militaire. Nous vivons aujourd’hui clairement dans une économie de la connaissance. La compétence clef dans cet écosystème est la créativité. Or l’évaluation de la performance individuelle dans les entreprises est toujours inspirée du vieux modèle industriel. On mesure l’efficacité des salariés au nombre de tâches accomplies dans une journée de huit heures. Cela a fonctionné durant un temps. Mais dans une économie de la connaissance, les salariés sont davantage attendus sur l’élaboration de stratégies efficaces, la mise en place de nouvelles idées et la conception de produits originaux. Ces éléments-là ne sont pas mesurables avec des indicateurs de temps.
« Nous ne sommes pas créatif entre 9 h 00 et 18 h 30. Ça n’a aucun sens. D’autant plus que la créativité implique une période « hors du temps ». Pourquoi avons-nous toujours les meilleures idées sous la douche, en faisant la vaisselle ou en promenant notre chien ? Il faut trouver de nouveaux indicateur de performance qui font sens. »
Selon Rahaf Harfoush, nous vivons dans une société où les compétences techniques sont surévaluées par rapport aux connaissances en sciences humaines.« Aujourd’hui nous avons d’excellents ingénieurs qui sont capables de tout coder, mais qui ne savent pas quoi coder ». Pour que l’écosystème fonctionne, il faut que productivité et créativité soient entremêlées. Il faut designer en priorité des outils à partir d’une vision centrée sur l’humain.
« Lorsque nous acceptons les conditions générales d’utilisation d’un produit web sans les lire, nous disons « oui » à la vision de l’avenir de la personne qui a conçu le produit. Cet acte n’est pas anodin », commente Rahaf Harfoush. Une nécessité : éviter de tomber dans le piège aveugle du progrès et vérifier si nous partageons cette vision du progrès en tant qu’utilisateur.
« L’heure est à la co-création. La dimension humaine doit être au centre de l’innovation aujourd’hui. », conclut Rahaf.
La notion de « transformation » digitale est erronée, car celle-ci implique un changement qui n’aurait lieu qu’une fois. Il est plus pertinent de parler d’ »évolution digitale » puisque le travail n’est jamais accompli. Nous serons amenés à nous adapter constamment à des mutations technologiques. L’attitude préconisée selon l’anthropologue syrienne ? « Rester curieux et créatif. Tester chaque solution désignée et faire attention à nos biais cognitifs. »
Crédit photo : You X Ventures via Unsplash
Roblox, la plateforme à mi-chemin entre le jeu vidéo et le réseau social, compte 100 millions d’utilisateurs
Par Billet invité présenté dans le cadre d’un partenariat éditorial entre la plateforme FMC Veille du Fonds des Médias du Canada (FMC) et Méta-Media. © [2019] Tous droits réservés.
En franchissant la barre des 100 millions d’utilisateurs uniques mensuels, Roblox (un mix de « robots » et de « blocs ») vient de coiffer au poteau Minecraft et ses 91 millions d’adeptes. Et pourtant, il est fort probable que vous n’en n’ayez jamais entendu parlé !
Créée il y a 13 ans, cette plateforme à mi-chemin entre un réseau social, un monde virtuel et une plateforme de création qui pourrait faire penser à Second Life a réussi à fédérer une communauté fidèle et engagée de « créateurs d’expériences » dont la moitié a 12 ans ou moins et qui y passe 2,5 fois plus de temps que sur Youtube ! Forte d’une dernière levée de fond à 150 millions de dollars, l’entreprise vise le milliard d’utilisateurs. Retour sur ce succès préparé.
Réseau social ou jeu vidéo?
Fondée en 2006 par Dave Baszucki, le cocréateur d’un logiciel d’apprentissage en ligne et un des premiers investisseurs du réseau social Friendster, Roblox se définit comme un espace de « coexpérience » où les visiteurs donnent libre cours à leur imagination et interagissent entre eux plutôt que de se soumettre aux règles et aux contraintes d’un jeu traditionnel.
La coexpérience s’apparente ainsi au jeu créatif et non structuré auquel s’adonnent naturellement les enfants ; plutôt que de compléter des missions dans des niveaux de jeu, les participants explorent des expériences où les objectifs à atteindre peuvent être sans conséquence ou même inexistants. Une philosophie qui n’est pas sans rappeler celle qui animait les Second Life et autres Habbo Hotel il y a une quinzaine d’années.
Le public de Roblox
C’est en 2016, dix ans après le lancement de Roblox, que sa base d’usagers a commencé à croître de façon explosive : de 9 millions de visiteurs uniques par mois en février 2016 à 48 millions en mars 2017, puis à 90 millions en avril 2019. Et cette croissance ne montre aucun signe de ralentissement: d’avril à juillet dernier, Roblox a gagné plus d’adeptes que pendant toute sa première décennie d’existence.
Pour rejoindre de nouveaux clients, Roblox se fie au bouche-à-oreille et sur à la popularité d’un certain nombre de personnalités qui diffusent leurs séances de jeu, notamment sur YouTube.
La clientèle de Roblox est très jeune. En 2018, près de la moitié des visiteurs réguliers de la plateforme avaient 12 ans ou moins ; l’entreprise affirme d’ailleurs que la moitié des enfants américains de 9 à 12 ans comptent parmi ses fidèles. Cette jeune clientèle est aussi très assidue : selon une enquête réalisée pour le compte de Roblox par la firme d’analyse publicitaire comScore, les enfants de moins de 13 ans ont passé 51,5 millions d’heures sur le site en décembre 2018, comparativement à 19,4 millions pour YouTube et 3,4 millions pour Netflix, ce qui en ferait selon le magazine Fortune la destination Web par excellence pour ce groupe d’âge. Notons que chez les 13 à 17 ans, Roblox occupe le deuxième rang derrière YouTube.
Un modèle d’affaires basé sur la participation
Là où Roblox se distingue de ses prédécesseurs, c’est dans la robustesse de son écosystème de contenu participatif. L’entreprise met à la disposition de ses usagers un outil de conception nommé Roblox Studio, qui permet de construire et de partager des expériences avec un minimum d’effort en assemblant des composantes à l’esthétique et au comportement relativement standardisés. En faisant ainsi appel à l’imagination de son public, d’une manière comparable à ce que l’on observe dans Minecraft ou avec des blocs LEGO, Roblox s’est constitué un catalogue qui compte quelques 69 millions d’expériences et qui fait de l’entreprise une sorte de YouTube du jeu vidéo pour enfants.
(Curieusement, la version anglaise du site de l’entreprise annonce deux millions de créateurs différents pour ses 69 millions d’expériences tandis que les versions française et espagnole parlent plutôt de quatre millions de créateurs.)
En règle générale, les expériences offertes par ces développeurs de tierces parties sont relativement simples. Elles s’apparentent ainsi aux jeux gratuits des premiers temps du Web et aux premières applications pour appareils mobiles plutôt qu’à ce que l’on retrouve habituellement sur les autres plateformes d’aujourd’hui. Parmi les jeux Roblox à succès, on compte notamment des simulations d’haltérophilie, de pizzerias, de jardins zoologiques ou de simples parcs où passer du temps entre amis. La simplicité de Roblox Studio permet aussi à de jeunes créateurs de développer des expériences non traditionnelles ; un Montréalais de 11 ans a ainsi produit une activité conçue pour éduquer ses camarades aux enjeux reliés à la santé mentale.
Microtransactions
L’écosystème participatif de Roblox s’étend à la commercialisation des expériences. La plateforme propose à ses développeurs des outils de mise en marché qui permettent de conserver la promotion des expériences à l’intérieur de l’écosystème. Roblox héberge aussi les expériences sur ses serveurs, ce qui évite aux développeurs d’avoir à gérer des besoins en infrastructure qui peuvent croître rapidement en cas de succès. Dans un cas, le nombre d’utilisateurs simultanés d’une expérience est passé de 300 à 18 000 en quelques heures à l’occasion d’une campagne de promotion interne particulièrement réussie.
Les revenus générés par les expériences, surtout tirés de microtransactions comme l’achat de vêtements et d’accessoires pour les avatars, sont partagés entre les développeurs et Roblox. Ce modèle semble judicieux, tant pour Roblox que pour ses partenaires. La gratuité de la participation permet à un maximum de joueurs d’accéder à l’écosystème et d’y rester. La nature cosmétique des avantages acquis à l’aide des microtransactions fait en sorte que la concurrence (lorsqu’il y en a) n’est pas injustement influencée par la capacité de payer des participants. Enfin, pour les joueurs et pour leurs parents, le fait que les microtransactions soient effectuées à l’aide d’une monnaie virtuelle exclusive à Roblox, les Robux, permet de simplifier les achats et surtout de contrôler les sommes que les enfants peuvent dépenser.
Cependant, comme dans la plupart des écosystèmes numériques participatifs, une minorité de développeurs d’expériences Roblox reçoit la majorité des revenus. Si une dizaine de développeurs ont encaissé jusqu’ici une moyenne de trois millions de dollars chacun, la cagnotte totale versée à l’ensemble des développeurs atteint 150 millions de dollars… soit à peine plus de deux dollars par expérience publiée.
Les marques
La taille et la fidélité de la clientèle de Roblox attirent l’attention d’un nombre croissant de marques qui souhaitent rejoindre les enfants et les adolescents. Les adeptes de Roblox ont ainsi pu gratuitement habiller leurs avatars avec des costumes et des accessoires aux couleurs des clubs de football de Liverpool et de Barcelone ou à celles des lutteurs-étoiles de la WWE.
Des articles promotionnels associés à la populaire série de Netflix Stranger Things ont aussi été mis à la disposition des joueurs à l’occasion du lancement de sa plus récente saison ; pour les gagner, il fallait résoudre des puzzles quotidiens. Et lors d’un événement annuel de chasse aux œufs de Pâques numériques, les joueurs ont pu acquérir des objets virtuels aux couleurs du film Avengers : Phase finale, qui faisait son apparition sur les écrans à peu près au même moment.
L’avenir de Roblox
À court terme, Roblox compte poursuivre son expansion en attaquant le lucratif marché chinois. Un partenariat avec le géant chinois des services en ligne et de la publicité Tencent, qui a pour but de faciliter cette expansion, a d’ailleurs été annoncé au printemps.
Autre signe des ambitions planétaires de Roblox : sa page Web est disponible en 45 langues…
Mais Roblox vise également à s’étendre au-delà du marché jeunesse. Il reste cependant à voir si le modèle de la « coexpérience » pourra s’adapter à un public d’adultes : malgré une présence médiatique considérable, Second Life n’a jamais dépassé un public de quelques dizaines de milliers de fidèles. Et si Roblox devait démontrer qu’il est possible de construire un écosystème de création, d’édition et de consommation de jeux vidéo pour les adultes accessible à tous, les géants du domaine comme Sony, Nintendo ou Electronic Arts ne regarderaient certainement pas passer la parade sans réagir.
Liens vagabonds : Netflix en difficulté dans la guerre aux abonnés et aux productions locales
A RETENIR CETTE SEMAINE
Guerre du streaming – L’action Netflix a déjà perdu 46% depuis son plus haut de l’année. Les concurrents Apple et Disney sont déjà gagnants en terme d’offre tarifaire. Apple — qui va aussi sortir des films en salles — propose une offre à 4,99 dollars/ mois, Disney à 6,99 dollars/mois contre 8,99 dollars/mois pour Netflix. En France, pour se relancer, Canal+ casse les prix. Les analystes de Wall Street perdent foi en l’action de Netflix ; Dans cette guerre aux abonnés, le nouvel enjeu est la production de programmes dans la langue du pays de diffusion. Des petits Hollywood sont ainsi créés ici et là dans le monde notamment en Croatie, lieu de tournage de Game of Thrones. Mais AppleTV et Disney auront du mal a respecter les quotas européens au début.
Emmys Awards – « La télévision n’a jamais été aussi bonne », assure l’acteur Bryan Cranston durant la cérémonie des Emmys Awards. Peut-être mais plutôt sur les plateformes de streaming et les chaînes du câble et non plus sur le broadcast. HBO repart avec 9 awards pour Games of Thrones et Cernobyl., Amazon avec 7 trophées pour The Marvelous Mrs. Maisel et The very English Scandal. La plateforme Netflix, elle, est récompensée pour Bandersnatch et Ozark avec 4 awards. Consultez le Palmarès complet des Emmys 2019.
France – Cette semaine, de grandes annonces sur la future holding de l’audiovisuel public,mais la loi n’est pas tout. Tout l’enjeu sera de préserver les spécificités de chacune des structures. Un accord historique enfin trouvé au journal Le Monde.
Autre actu de la semaine :
- Projet Voldemort : la FTC travaillerait avec Snapchat dans le cadre d’une enquête antitrust contre Facebook
- Facebook accélère dans la VR sociale
- Surprise, surprise ! Comscore, le géant américain de la mesure d’audience et son ex pdg accusés de fraudes
- Droits voisins : Google ne veut pas payer les éditeurs ;
- Ce que les médias doivent faire pour garder leur référencement sur Google
3 CHIFFRES
100 minutes par jour : c’est ce que devrait peser la vidéo en ligne en 2021 selon Zenith
67 % des Français ne s’imaginent pas vivre sans Internet
LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE
NOS MEILLEURES LECTURES / DIGNES DE VOTRE TEMPS
- Pourquoi le travail est-il devenu absurde ?
- Les nouveaux prolétaires du Web : sélection d’articles à lire en complément de Cash Investigation
SURVEILLANCE, CONFIANCE, DONNEES
- La confidentialité numérique totale est impossible, mais l’obscurcissement –la dissimulation intentionnelle de l’identité par des informations inutiles– peut être un compromis.
- Loi de Finances 2020 française : l’Etat pourra collecter les données publiques des réseaux sociaux
- Google réussit à limiter le droit à l’oubli à l’Europe
- Facebook suspend des dizaines de milliers d’applications qui posent potentiellement un risque en termes de respect de la vie privée
- Amazon va vous permettre de supprimer automatiquement les enregistrements vocaux d’Alexa
- Après les citoyens, la Chine note maintenant les «bonnes» et «mauvaises» entreprises
LEGISLATION, REGLEMENTATION
- Les deux tiers des Américains désormais favorables au démantèlement des géants du web, comme Amazon ou Google
- Google réussit à limiter le « droit à l’oubli » à l’Europe.
- Amazon planche sur une réglementation pour la reconnaissance faciale
FAKE NEWS, DESINFORMATION, LIBERTE DE LA PRESSE
- Complice de la désinformation, Facebook ne vérifiera pas les discours des hommes politiques et ne bloquera pas leur contenu s’il est digne d’intérêt, même s’il enfreint les règles du site sur la propagande haineuse ou d’autres politiques.
- Comment TikTok censure les vidéos
- Le patron du Nytimes dénonce une attaque mondiale contre les journalistes et le journalisme, avec Trump qui montre l’exemple.
- MSNBC coupe la retransmission d’une conf de presse de Trump “car il ne dit pas la vérité” ; et si le sort de Trump était dans les mains de Fox News?
- La communication brouillée de Facebook et un barrage constant de mises à jour rendent impossible le travail des modérateurs externalisés à bas salaires
- Nous sommes à 6 mois de deepfakes quasi indétectables ; pour lutter contre les deep fake,Google en publie 3000
- Les derniers efforts de Google et de Facebook pour « sauver » le journalisme font débat
- Difficile consensus sur les infos vraies
- Un hacker portugais qui avait révélé les dessous du foot mis en examen pour 147 crimes
JOURNALISME
- Les méfaits psychologiques des infos négatives
- La bataille en cours au Monde entre Niel et Pigasse
- La grève à « France-Soir », dernier épisode d’un lent déclin
- Le Rad, le laboratoire de Radio Canada, expérimente des formats d’info pour les jeunes
USAGES
- La bataille de la tech pour le contrôle de notre salon se fera sur la caméra pas sur les écrans
- L’entourage, 1er média des jeunes
- Les usages des 10-13 ans sur les plateformes sociales
- A Manchester, des voies lentes pour les piétons qui consultent leur smartphones
- Les 15 principaux marchands français sont désormais « mobile first »
- Pourquoi les jeunes préfèrent louer plutôt que d’acheter
- En moyenne, nous disposons de plus de 8 comptes sur les réseaux sociaux
- La recherche vocale, une adoption pas si rapide que cela ?
RÉSEAUX SOCIAUX
- Les nouveaux concurrents de Facebook ? Les gouvernements autoritaires.
- Les 10 tendances TikTok du moment
- Contenus haineux sur Internet : Facebook, Google et Twitter créent une structure indépendante
- Facebook rachète Servicefriend, une start-up spécialiste des chatbots, pour renforcer Calibra
- Facebook annonce la fin des Stories de Groupe
- WhatsApp : vous pouvez désormais partager vos statuts sur Facebook Stories
- Snapchat : bientôt un onglet 100% dédié à l’actualité ?
Customizable timelines that are easy to access? We’re thinking about ways to do this! One idea we had is for you to be able to swipe to your lists from home. If you’re in the test tell us what you think! pic.twitter.com/g5WMaNZ57N
— Twitter (@Twitter) June 25, 2019
STREAMING, OTT, SVOD
- ESPN va proposer des contenus à Facebook Watch
- Netflix battu aussi en Pologne par une offre locale
- Les premiers distributeurs de Britbox
STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS
- Salut l’info, le podcast d’info pour les 7-11 ans de FranceInfo et Astrapi
- Instagram : 6 BD irrésistibles à scroller
- Tour d’horizon des pratiques des médias dans le monde sur le format des stories
- Les films qui reprennent des séries marchent bien
- Dopamine, la nouvelle série ARTE sur les applications qui vous rendent accro
- Sur YouTube, l’INA transforme ses archives vidéos en or
- Avatars & Influenceurs virtuels : un phénomène clé et ambigu à surveiller
- Vivez une explosion nucléaire sur les îles Marshall grâce à un format VR de la YLE
AUDIO, PODCAST, BORNES
- La nouvelle gamme de produits Alexa d’Amazon ; dont des lunettes
- La BBC va commercialiser son assistant vocal
- Collaboration de Reuters avec Amazon pour améliorer Alexa
- Alexa, la nouvelle RH de McDonald’s
DATA, AUTOMATISATION, INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, BLOCKCHAIN
- Interpréter la suprématie quantique de Google
- Un “Picasso” peint par un réseau de neurones
- L’ IA change notre perception du monde réel
- Un nouvel algorithme permet d’identifier les harceleurs sur Twitter avec un taux de 90% de réussite
5G / MOBILES / TELCOS
PUBLICITE, MONETISATION
- Facebook : gamification des publicités avec des formats jouables, interactifs, et en réalité augmentée
- Podcoin, l’application qui proposait de vous rétribuer pour écouter des podcasts n’a pas fonctionné
- Youtube propose un outil pour faciliter et optimiser le travail des publicitaires
IMMERSION, 360, VR, AR
- Facebook construit-il une couche social au web spatial ?
- Pimax 8K X : un nouveau casque VR offrant enfin une définition 8K native
- Les déclarations importantes de John Carmack, le patron d’Oculus
- En 2019, la réalité virtuelle est-elle enfin viable ?
- La réalité augmentée au secours des malvoyants en Californie
TECH, STARTUPS, INNOVATION
- Facebook rachète un bracelet capable de commander l’ordinateur par la pensée
- Transformation digitale : Il suffit de 10% des collaborateurs pour changer toute l’entreprise.
OUTILS
ES avec l’équipe Méta-Media
Crédit photo de Une : Thibault Penin via Unsplash