Neutralité du net : Internet est désormais un « bien public » aux Etats-Unis
Par Barbara Chazelle, France Télévisions, Directions Stratégie et Prospective</p#>
Le 26 février sera désormais une date anniversaire majeure dans l’histoire d’Internet. Le régulateur des communications américain, la FCC, a en effet consacré jeudi, après une bonne décennie de débats aussi houleux que passionnés, le principe de « neutralité du net ». </p#>
Il sera désormais interdit de bloquer ou ralentir des contenus ou des services, mais aussi d’offrir une qualité de trafic supérieure contre rémunération. Cerise sur le gâteau, ces règles devraient s’appliquer aussi aux réseaux mobiles. Avant le vote, Tom Wheeler, le président de la FCC, avait précisé que le trafic internet étant croissant sur les réseaux mobiles et que “cela fait sens d’inclure ses connections” dans la réglementation.</p#>
Une victoire pour les citoyens et les entrepreneurs</p#>
Grâce à ce texte, c’est la liberté d’expression, le droit à l’information mais aussi la liberté d’entreprendre qui sont protégés.</p#>
« Internet est le vecteur ultime de la liberté d’expression. Internet est tout simplement trop important pour permettre aux fournisseurs d’accès à Internet de fixer les règles eux-mêmes. On a décrit cette proposition comme “un plan secret pour réguler Internet”. C’est ridicule ! Ce n’est pas plus un plan pour réguler Internet que le premier amendement n’est un plan pour réguler la liberté d’expression ! » a déclaré Tom Wheeler.
« Le positionnement que nous avons pris aujourd’hui est un reflet irréfutable du principe que personne, que ce soit le gouvernement ou les entreprises, ne devrait contrôler l’accès libre et ouvert de l’Internet »
Et d’ajouter après le vote « Les mesures de protection que nous avons adoptées pour un Internet ouvert aujourd’hui devraient rassurer les consommateurs, les innovateurs et les marchés financiers sur l’avenir du haut-débit dans notre nation ».
Même sentiment pour Steve Wozniak, co fondateur d’Apple, dans une interview pour Bloomberg TV :</p#>
« C’est une victoire pour les gens, pour les consommateurs, pour Monsieur-Tout-Le-Monde contre ces fournisseurs [d’accès à Internet] qui ont tout le pouvoir et l’argent et qui prennent des décisions qui vont dans leur sens. »
« Le débat sur la neutralité du net est en fait la question de qui gagne et qui perd en ligne : les fournisseurs d’accès à Internet ou les consommateurs. Aujourd’hui la FCC a tranché : les consommateurs gagnent. » a résumé Anne Marie Squeo, une porte parole de Netflix.
Les européens devraient s’inspirer de la mobilisation des citoyens américains</p#>
Durant ces derniers mois, des millions de mails ont été envoyés à la FCC par les citoyens, qui n’ont pas non plus hésité à descendre dans la rue pour exprimer leur attachement à la neutralité du net.</p#>
Le Président Obama a remercié personnellement la communauté Reddit qui s’est fortement mobilisée pour la cause, suite notamment à un post d’un internaute sur le forum dédié à la technologie il y a 8 mois, s’intitulant « Reddit, il n’y a que 45 000 commentaires sur les règles contraires à la neutralité du net que proposent la FCC. Règlons ce problème.»</p#>
« Aujourd’hui, la FCC a voté pour protéger un Internet libre et ouvert, un Internet qui permet aux entrepreneurs, quel que soit leur taille et leur nature, de se développer. Cela ne serait pas arrivé sans l’activisme et l’engagement de millions d’américains comme vous. Et c’est un résultat direct de communautés comme Reddit. Donc à tous les Redditors qui ont participé à ce mouvement, j’ai un simple message : merci. » – Président Barack Obama</p#>
Preuve qu’il est encore possible dans nos pays démocratiques de se faire entendre et de passer outre des intérêts économiques qui peuvent paraître être la clé de voûte de toute décision politique. Les européens seraient bien inspirés de se manifester sur les questions de la neutralité du net mais aussi de l’utilisation de leurs données personnelles par les entreprises du web (et pas que les américaines !), de la montée de l’intelligence artificielle, de la recrudescence de la surveillance de masse…</p#>
A voir ou revoir pour bien comprendre de quoi on parle et surtout à partager pour commencer à réveiller sa famille, ses amis, sa communauté…</p#>
Vie privée: Facebook enfreint toujours les règles européennes
Par Alicia Tang et Diane Touré, France Télévisions, Direction de la prospective.
« Your privacy is very important to us. We designed our Data Policy to make important disclosures about how you can use Facebook to share with others and how we collect and can use your content and information «
Alors que Facebook tente de rassurer ses utilisateurs concernant l’utilisation de leurs données personnelles, en assurant qu’ils en détiennent le contrôle, un rapport belge vient accabler le géant mondial pour non respect des règles européennes sur la protection des consommateurs. Commandité par l’Autorité Belge de Protection des données et rédigé par des chercheurs et des juristes de l’Université de Louvain et de la Vrije Universiteit Brussels, ce rapport d’une soixantaine de pages retient 8 chefs d’accusation contre Facebook concernant le consentement des utilisateurs, les paramètres de confidentialité, les termes du contrat, le croisement et le partage des données, la réutilisation des UGC, la géolocalisation imposée, la politique de « tracking » et le droit des utilisateurs à être propriétaire de leurs données.
Faux sentiment de contrôle pour les utilisateurs
Facebook justifie bon nombre de ses activités, du fait du consentement de ses utilisateurs concernant leurs données et leur utilisation. Mais la législation européenne précise qu’un utilisateur qui donne son consentement doit le faire « librement », «en connaissance de cause », et sans aucune « ambiguïté ». Or Facebook ne délivre que quelques informations peu intelligibles, que ce soit sur ses agissements ou sur la protection des données. L’utilisateur n’est plus en mesure de comprendre ce jargon flou et confus, et accepte les conditions d’utilisation sans prêter attention aux conséquences (et sans avoir même eu le courage de les lire).
Contrôler son profil Facebook est devenue quasiment impossible.
Exemple: si un utilisateur veut supprimer son profil, la suppression ne s’appliquera que sur certaines données comme les statuts ou les photos. Un compte n’est de ce fait jamais réellement effacé, des données être stockées quelque part dans la Silicon Valley.

Les données représentent le plus gros enjeu pour Facebook et l’entreprise utilise allègrement les User Generated Contents (contenus générés par les utilisateurs) à des fins commerciales et publicitaires, comme les « Sponsored Stories » ou encore les « Social Ads ». Alors que la nouvelle version de ces conditions vante la transparence dont fait figure Facebook, le réseau social ne propose en réalité aucun moyen de contrôle du mécanisme. De plus, cette pratique n’est pas du tout transparente, car les utilisateurs ne savent ni quand ni comment leur nom peut être associé à une marque ou à une publicité.
Le croisement et le partage des données rendent Facebook quasiment omniscient : l’entreprise collecte des données venant, bien évidement du réseau social lui-même, mais également d’Instagram ou encore Whatsapp, deux applis qu’il possède.
Ainsi, en combinant toutes ces informations, Facebook est en mesure de cerner de manière plus précise et plus profonde qui sont ses utilisateurs. Il est donc plus facile par la suite de vendre ces données personnelles à d’autres acteurs. Même si le réseau social se protège derrière le système « opt-out » qui permet d’enlever la publicité, celui ci n’est en aucun cas en accord avec les exigences juridiques européennes. D’autant plus que les informations concernant ces opt-outs sponsorisés ou encore la collecte des données de géolocalisation ne sont tout simplement pas fournies.
Facebook is watching you
Si l’utilisateur a donc clairement du mal à contrôler le réseau, Facebook n’a en revanche aucune difficulté à examiner ces moindres faits et gestes, estime le rapport belge. L’internaute a la quasi-impossibilité de désactiver la traçabilité de ses emplacements. Facebook collecte des informations sur la géolocalisation de ses utilisateurs depuis de nombreuses sources (comme des photos), notamment via son application mobile. Le réseau devrait proposer des paramètres de gestion de données de géolocalisation à un niveau compréhensible pour tous.
En réalité, le problème résulte dans le fait que Facebook dispose de méthodes de tracking diverses et variées. Même si le réseau social donne à ses utilisateurs de nombreuses informations concernant ses pratiques de pistage, les chercheurs et juristes ayant rédigé le rapport affirment que la collecte et l’utilisation de ces informations ne respectent pas l’article 5(3) de la Directive sur la e-vie privée.
Facebook reste en contradiction avec le droit européen depuis 2013, date à laquelle il avait promis de s’adapter; et l’entreprise n’a pas l’air de vouloir faire beaucoup avancer les choses, même si quelques actions ont été prises ici et là. Après tout, personne ne semble lui mettre une pression suffisamment forte pour qu’il saute le pas.
TV Connectée : déjà près de la moitié des Français intéressés
Par Barbara Chazelle, France Télévisions, Directions Stratégie & Prospective
Les résultats de la 3e vague de l’Observatoire des Objets Connectés de Harris Interactive et de l’EBG révèlent l’intérêt et les intentions d’achat croissants des Français pour les objets connectés, et plus spécifiquement la TV Connectée.
40% des Français se disent « intéressés » par la TV connectée
Les chiffres sont en progression par rapport à la vague précédente de l’Observatoire en octobre dernier : 40% des Français se disent « intéressés » par la TV connectée (+5 points) et 8% auraient l’intention d’en acheter une d’ici un an (+2 points).
Chez les technophiles, qui représentaient 13% des Français, la tendance est plus accentuée encore : 75% d’entre eux montrent un intérêt (+10 points) et 20% une intention d’achat (+4 points).
Le rapport note cependant que le concept de TV connectée « recouvre sans doute des réalités et perceptions différentes auprès des individus interrogés : des téléviseurs connectés directement aux téléviseurs connectables via une box ou une console de jeux. »
« Wearables » en recul
Les intentions d’achat des objets connectés à porter sur soi sont en recul, notamment chez les technophiles : 12% d’entre eux projettent d’acheter une montre connectée dans l’année (-6 points), 7% un bracelet sportif (-12 points) et 3% des lunettes connectées (-13 points)
Meilleure connaissance des objets connectés, mais intentions d’achat stables
Le niveau de connaissance des objets connectés est de manière générale en progression, passant de 63% à 69% sur les 20 objets testés auprès du grand public et de 77% à 85% auprès des technophiles. En tête de liste, le contrôle central de la maison (89%, +2 points), la TV Connectée (86%, +1 point) et les montres connectées (85%, +5 points).
Néanmoins, les intentions d’achat restent globalement stables pour l’ensemble des produits testés, à l’exception de la TV connectée. En cause, les consommateurs craignent – à raison – pour leurs données personnelles (66%), de devenir dépendants (63%) ou estiment que ces objets, souvent vus comme des gadgets (60%), sont trop chers (60%).
Enquête réalisée en ligne du 04 au 11 février 2015. Echantillon de 974 répondants représentatifs des Français âgés de 18 ans et plus, issus de l’access panel Harris Interactive et interrogés selon la méthode des quotas (sexe, âge, CSP et région).
Instagram : pourquoi les médias et les marques ont tout à y gagner
Par Alicia Tang et Diane Touré, France Télévisions, Direction de la prospective
En décembre dernier, Instagram a dépassé la barre des 300 millions d’utilisateurs. L’application de partage de photos et vidéos, qui fêtera ses 5 ans en octobre prochain, ne baisse pas en popularité. Un succès important qui place l’application au-dessus de Twitter et de ses 284 millions d’abonnés actifs. Instagram a su réinventer et valoriser la communication par l’image. Comparativement au texte, la photographie est le contenu partagé qui génère le plus d’engagement de la part des membres d’une communauté. Les marques et les médias s’y intéressent donc de près ! A raison.
1Photographie et réseaux sociaux : combinaison gagnante
Selon une étude publiée par Track Social auprès de 100 marques américaines actives sur Facebook, la photo génèrait ainsi jusqu’à 4 fois plus de « likes » que les autres types de posts en 2012.
Pour Laurence Allard, sémiologue et maîtresse de conférences en sciences de la communication, ces contenus visuels, qu’ils soient fixes ou animés, sont la force d’Instagram sur ses concurrents.
« L’image a une dimension sociale, une porosité plus importante. Les jeunes aujourd’hui se socialisent et conversent par l’image ».
L’interface d’Instagram, simple, pourrait être décrite comme un mash-up de ce qu’il y a de meilleur sur les autres réseaux sociaux. L’application pioche et n’hésite pas à copier les dernières tendances. L’exemple le plus démonstratif est bien l’apparition de la fonction vidéo, quelques semaines seulement après le lancement de Vine en 2013. On note également le développement de nombreuses applications et extensions à utiliser en complément d’Instagram (Polabox, Hyperlapse, ou encore Theshow), qui ont assis la notoriété du réseau social.
2Optimisme et communauté : les clés de succès dont se saisissent marques et médias
La grande force d’Instagram — racheté 1 milliard $ il y a 3 ans par Facebook — réside également dans son ergonomie, car le réseau social induit une socialisation positive. Les « #follow4follow » ou «#tagforlike », incombant explicitement un retour du destinateur au destinataire font partie des plus utilisés et encouragent les interactions sociales entre utilisateurs. Le tag également, offre aux usagers la possibilité d’associer leur nom à d’autres personnalités ou contenus. C’est une première étape de lien social, d’acceptation, et potentiellement de participation à une communauté virtuelle.
Et qui dit communauté, dit cible marketing : avec 20% des internautes âgés de 16 à 64 ans disposant d’un compte Instagram, le réseau social s’avère être un atout pour les marques. Pour ses utilisateurs, Instagram est un moyen de s’exprimer, de montrer son quotidien de manière originale en valorisant sa créativité.
Quant aux marques, il s’agit de réutiliser ces codes et de proposer un visuel exclusif en construisant un univers où l’utilisateur peut s’immerger. Ce picture marketing crée un double enjeu : faire rentrer dans les coulisses du quotidien tout en montrant le savoir-faire et la culture de l’entreprise.
Pour Laurence Allard, Instagram, c’est la « performance et la démonstration de l’ordinaire ».
Le fait de dévoiler l’intimité des marques créé un lien privilégié avec l’utilisateur, permettant de générer plus d’engagement, de faciliter la viralisation des contenus à court terme, et de favoriser l’adhésion et le recrutement de fans à long terme.
Les médias s’emparent également d’Instagram pour créer du storytelling autour de leur rédaction. Les contenus privilégiés deviennent alors des photos de coulisses, dévoilant aux lecteurs l’envers du décor. En 2013 la chaîne de radio américaine NowThisNews devient le premier média à lancer une chaîne d’information vidéo exclusivement sur Instagram. Le New York Times, a misé que une stratégie de diversification et de segmentation des comptes : on relève ainsi près de 8 comptes Instagram (events team, marketing department ou encore food et travel). Alexandra MacCallum, assistant managing editor for audience development au Times précise que le but principal est de fidéliser les lecteurs, et non pas de créer du trafic vers le site Internet.
En France, Les Echos, Libération ou encore iTélé se sont laissés tenter par Instagram. Avec la couverture médiatique de la marche Républicaine le 11 janvier dernier, les médias ont ainsi préféré l’angle de l’« intime » avec le public, afin de créer un lien plus direct et personnel entre journalistes et internautes.
« Aujourd’hui, il faut faire parler les publics » souligne Laurence Allard.
Instagram devient cette plateforme d’échange souhaitée par les lecteurs avec le média.
3Instagram : vers une professionnalisation des utilisateurs
Un des principaux enjeux actuels pour les marques est d’être visible sur les plateformes digitales. De ce fait, les utilisateurs eux-mêmes, deviennent de plus en plus des ambassadeurs à travers leur communauté.
C’est le constat de Franck Jamet, co-fondateur de l’agence Tribegram Lab en 2014, spécialisée dans la mise en relation marque/instagramer.
« Instagram est devenu une plateforme grand public qui génère plus de visibilité que les grands médias traditionnels » précise t-il.
De plus, la réception de la part du public, ou client, est bien plus positive que sur n’importe quel support ou réseau social : un instagramer avec 100 000 followers peut avoir entre 4 000 et 10 000 interactions par photo (like ou commentaire). Ainsi, en échange d’une rémunération (allant d’une centaine à plusieurs milliers d’euros, ou indemnités en nature), les instagramers influents publient à leur communauté des clichés « brandés ».
Cela fonctionne, malgré la mention évidente de la marque, car Instagram permet de parier sur l’authenticité : les utilisateurs sont plus à même d’être réceptif car les codes et l’univers de l’instagramer sont respectés ; les clichés ne semblent pas sortir du service marketing d’une entreprise.
Pour Franck Jamet, « être aujourd’hui un Instagramer influent, c’est potentiellement être un média qui se révèle très efficace pour les marques ». Il permet de « promouvoir l’offre des marques grâce à son audience, d’enrichir leur bibliothèque d’images, et de partager une expérience sociale en tirant parti du très fort lien tissé avec sa communauté, c’est-à-dire créer de l’engagement».
Ainsi, avec Instagram, l’User-Generated Content de qualité devient possible, la relation entre Instagramer (influent ou non) et les marques fonctionnent. Par exemple, Starbucks a lancé le hashtag « #5more« , en demandant à ses fans d’illustrer en image ce qu’ils feraient avec 5 minutes de plus par jour.
Le futur d’Instagram ? Laurence Allard suppose une montée de la vidéo, notamment grâce à l’amélioration de la circulation des contenus mobiles. Ainsi, l’image animée conversationnelle devrait s’affirmer de plus en plus, aux cotés de l’image esthétique.
Bonus : conseils aux instagramers et aux marques (de Franck Jamet)
Aux instagramers qui veulent percer :
- Créez une communauté : partagez des photos, likez et commentez d’autres profils. Faites des photos virales afin qu’elles deviennent des supports conversationnels.
- Trouvez votre identité, votre style : allez à des photowalks et à des événements autour de la photo mobile pour bénéficier de conseils pour améliorer vos photos, partagez votre expérience.
- Soyez proactifs : une fois votre communauté créée, il faut conserver cette proximité avec elle, entretenir les conversations
Aux marques qui veulent travailler avec des instagramers :
- Laissez de la liberté artistique à vos instagramers ; n’essayer pas de mettre trop en avant votre produit
- Faites appel à des agences qui connaissent bien les instagramers, qui pourront vous proposer du sur-mesure, et vous aidez à identifier des photographes dont l’univers, le style seront en adéquation avec votre marque
- Faites appel à des instagramers influents mais aussi au grand public via des concours photo. Cela vous permettra d’enrichir votre contenu de marque et d’élargir votre audience, stratégie bien plus efficace que d’acheter des abonnés !
Signe important : aux Etats-Unis, désormais, le logo d’Instagram est quasiment toujours accolé aux trois autres grand réseaux sociaux !
10 prédictions tech/médias pour 2015 (Deloitte)
Par Barbara Chazelle, France Télévisions, Directions stratégie et prospective
Comme chaque année, Deloitte a présenté ce mardi à Paris ses prévisions mondiales pour l’année 2015 pour le secteur des Technologies, Médias et Télécoms. On retiendra principalement parmi ces 10 tendances le désintérêt toujours grandissant des jeunes vis-à-vis de la TV, le décollage du paiement mobile et l’adoption généralisée par les entreprises (et non le grand public) des objets connectées, imprimantes 3D et des drones.
1TV : plus que jamais, les jeunes désertent
Globalement, le temps TV reste relativement stable en moyenne… sauf pour les personnes qui avaient déjà tendance à la regarder moins que les autres, c’est-à-dire les jeunes, qui passent encore moins de temps qu’auparavant devant le grand écran du foyer. Aux Etats-Unis, les 18-24 ans regardent la TV près de 25% moins qu’il y a 3 ans.
« Je suis l’évolution des médias depuis un moment. Une baisse de 25%, c’est quelque chose qu’on voit sur des décennies, pas sur 3 ans ! » a déclaré Duncan Stewart, directeur de la recherche de Deloitte Canada. « Les jeunes ne regardent plus les infos ; ils sont sur Twitter. Ni la météo, ils ont une app sur leur téléphone pour cela. Ni les comédies, les séries, les films ; ca, c’est Netflix. Mais ils continuent de regarder le sport à la TV ! »
Mais même le sport reste 3 fois moins regardé par les jeunes que les 55 ans et plus.
Sur le sujet de Netflix en France sur lequel Duncan Stewart a été interrogé, il estime que la plateforme « n’a pas vraiment pris en France (même si on n’a pas encore les chiffres officiels), mais que Netflix n’a pas vraiment essayé non plus ! ». Il a rappelé que le service de SVOD a connu des départs relativement lents au Canada et en Grande Bretagne durant la première année et conseille d’attendre Marseilles, la série en cours de production par Netflix spécifiquement conçue pour le marché français, qui pourrait s’accompagner d’une stratégie de contenus plus élaborée pour l’Hexagone.
2Vidéos courtes : un futur, et non le futur
Quant aux vidéos courtes, « c’est un futur, mais pas le futur de la télévision » d’après Deloitte. Elles représenteront 3% des vidéos regardées cette année dans le monde, soit un marché de 5 milliards de dollars, à mettre en perspective avec les 400 milliards de dollars que représenteront les revenus tirés de la publicité et des abonnements TV. Deloitte prévoit que les vidéos longues rapportent 1000% plus de revenus sur la prochaine décennie.*
3La génération Y mettra bien la main au porte monnaie
Souvent pointée du doigt pour sa fâcheuse tendance à pirater des contenus numériques, la génération Y, en Amérique du Nord du moins, devrait débourser cette année 62 milliards de dollars pour un accès aux technologies, aux médias et aux télécoms, soit en moyenne 750 dollars chacun.
Près de la moitié de ce budget ($360) est dédié à la télévision payante, via l’abonnement à des bouquets de chaînes. La musique vient en seconde position ($125), mais le téléchargement de musique dématérialisée n’est qu’une petite partie de ce budget, principalement réservé aux concerts. Viennent ensuite les jeux vidéo, films, livres, vidéo à la demande avec abonnement (SVoD), évènements sportifs en direct et journaux.
« Les jeunes sont prêts à payer pour une expérience qui les sort de leur quotidien numérique » a affirmé Duncan Stewart.
4 Livres : le papier restera le support préféré de tous
Dix ans après les premières liseuses, 80% des livres vendus seront imprimés. La grande particularité de cette industrie, c’est que contrairement à la musique ou aux films, les jeunes (18-34 ans) restent attachés au livre papier, lisent à peu près autant que les générations précédentes, et sont même prêts à payer !
5Paiements mobiles : adoption généralisée
En 2015, les nombreuses exigences des institutions financières, des commerçants, des consommateurs et des fournisseurs d’équipements seront réunies pour une adoption généralisée des paiements via mobiles. Apple a d’ores et déjà lancé Apple Pay aux Etats-Unis et la tendance pourrait s’accélérer au cours de l’année.
« Les consommateurs ont déjà intégré l’utilisation des smartphones pour des opérations bancaires simples : consultation des comptes, virements etc. Ils étaient jusqu’ici encore peu nombreux à s’en servir comme moyen de paiement. Nous considérons que 2015 sera l’année du paiement mobile avec 10% des smartphones dans le monde qui serviront à régler des achats en magasin au moins une fois par mois », selon Duncan Stewart, ce qui équivaudrait à une augmentation de 1000% vs 2014.
6Smartphones : un marché de renouvellement
1,35 milliard de smartphones pourraient être vendus en 2015 dans le monde, ce qui constituerait une augmentation de 12% par rapport à 2014. Parmi ces ventes, plus de 1 milliard seront des renouvellements.
Notons par ailleurs que les phablets (mobiles dont la taille se situe entre le smartphone et la tablette) ont représenté 36% du marché en 2014 et que cette tendance a de fortes chances de perdurer.
7Haut Débit : les disparités se creusent
Le volume de connexions Internet haut débit dans le monde augmentera d’environ 2 % pour atteindre 715 millions de foyers en 2015. De même, la vitesse moyenne des connexions dans la plupart des pays augmentera de 15 à 20 %.
Cependant, la qualité des débits et les expériences clients seront loin d’être uniformes et les écarts vont encore se creuser : les foyers les plus favorisés pourront avoir une connexion jusqu’à 10 fois plus rapide que les autres.
Aux Etats-Unis, la FCC a modifié il y a quelques jours la définition du haut débit, le faisant passer de 4 Mégabits à 25 Mégabits par seconde. Selon Deloitte, de nouvelles technologies pourraient faire leur apparition : 2015 sera aussi l’année de l’innovation en matière de connectivité.
« La neutralité du net va être un sujet très important cette année encore, aux Etats-Unis et ailleurs » a déclaré enfin Duncan Stewart.
8Internet des objets, imprimantes 3D et drones : d’abord pour les entreprises
Selon les prédictions de Deloitte, un milliard d’objets connectés supplémentaires devraient être achetés en 2015, un chiffre en augmentation de 60% par rapport à 2014. Le marché pourrait atteindre 10 milliards de dollars. Mais la manne ce trouve véritablement dans les services qui y seront associés, dont la valeur serait de 70 milliards ! Grâce à ces objets, les entreprises peuvent recevoir des informations en temps réel, anticiper les problèmes et concevoir les améliorations nécessaires ou désirées par les utilisateurs.
Ainsi, Deloitte estime que 60% des objets connectés seront achetés et utilisés par les entreprises et non par le grand public dont les bénéfices économiques liés à l’utilisation de ces produits ne dépassent pas plus de quelques centaines d’euros.
Même chose pour les drones et les imprimantes 3D, souvent décevants pour le grand public à cause de leur coût et de leur fiabilité, mais dont les avantages et bénéfices potentiels séduisent les entreprises.
Près de 220 000 imprimantes 3D seront vendues dans le monde en 2015, pour une valeur de 1,6 milliard de dollars. 80 % de ce marché profitera aux entreprises. Selon Deloitte, une entreprise sur quatre dans les pays développés en sera équipée ou envisagera de le faire à la fin de l’année.
Quant aux drones, Deloitte prévoit la vente de 300 000 drones pour usage personnel dans le monde, ce qui porte le nombre de drones privés à 1 million au niveau mondial.
9Commerce : « cliquez, ramassez »
Il s’agit du service qui consiste à faire un achat sur internet et venir le chercher dans un point de vente. Les estimations de Deloitte chiffrent le nombre d’établissements proposant cette option à 500.000 en Europe, ce qui constituerait une augmentation de 20% sur 2014. Ce service, déjà relativement populaire sur le vieux continent devrait prendre de l’ampleur en Amérique du Nord.
10Pas une prédiction mais une résolution : davantage de femmes !
Le directeur de la recherche de Deloitte Canada a conclut sa présentation par un constat : le secteur des nouvelles technologies est un piètre exemple sur le sujet de l’intégration des femmes dans les conseils d’administration.
« On devrait être les premiers sur ce domaine ! » s’est indigné Duncan Stewart.
Selon une étude publiée par le Crédit Suisse, 41% des grandes entreprises technologiques n’ont aucune femme dans leurs CA. Une opportunité ratée selon lui de faire davantage de profits !
Posséder une route n’autorise pas à choisir les voitures qui l’empruntent (#NetNeutralité)
« Posséder une route n’autorise pas à choisir les voitures qui l’empruntent. Sur Internet tous les paquets naissent libres et égaux en droit », ainsi débute la dernière courte vidéo de la mini-série « Data Gueule ». Ce programme web de datavisualisation de France TV vise ici à alerter sur les menaces qui pèsent sur la neutralité du Net, principe qui garantit l’égalité de traitement des données circulant sur le réseau.
Le but est bien d’éviter:
- que le facteur — ici les FAI– ouvre l’enveloppe et réécrive la lettre selon ses besoins.
- que ces FAI bouchent les tuyaux ou mettent en place une voie rapide « VIP » pour quelques grosses berlines ayant les moyens pendant que les autres resteraient coincés dans les embouteillages.
- un Internet à deux vitesses.
« En visant la neutralité du Net, les FAI s’attaquent à la liberté d’expression en ligne et glissent vers un modèle qui a fait ses preuves, celui de la télévision où quelques uns décident ce que la masse doit voir. »
Le débat fait actuellement rage des deux côtés de l’Atlantique. Le président Obama s’est clairement prononcé à l’automne pour considérer Internet comme un service public, qui doit rester neutre et ouvert. La FCC, l’autorité de régulation américaine, doit se prononcer d’ici la fin février. Alors que les pressions des lobbies des telcos sont gigantesques, un ancien président de la FCC a apporté son soutien à Obama.
En Europe, le parlement européen avait affiché son soutien clair en 2015 à la neutralité du Net. Le nouveau commissaire européen à l’économie numérique, Günther Oettinger avait indiqué mi janvier à Münich son attachement à ce principe et son opposition à toute discrimination, tout en évoquant la possibilité de prioritisation pour certains services publics. La présidence lettone fait actuellement circuler un texte parmi les 28, qui devrait laisser aux pays la possibilité de choisir eux-mêmes les services spéciaux. Puis ce sera aux ministres de décider.
Alors que cette question pourrait figurer dans la prochaine loi sur le numérique en France, le groupe public France Télévisions, défendant fermement depuis plusieurs années la neutralité du Net, vient de plaider de nouveau pour un Internet ouvert en contribuant à la plateforme publique contributive, mise en place par le Conseil National du Numérique pour aider les pouvoirs publics à adapter la société française au monde qui vient.
Même si la presse française reste étrangement silencieuse sur cette sérieuse menace contre les libertés d’expression, d’information et d’innovation, le Groupement des éditeurs et services en ligne (GESTE), qui rassemble la plupart des grands médias français, s’est aussi prononcé en ce sens, réclamant également la neutralité des plateformes.
L’Union Européenne de Radio/Télévision (UER), fort de ses multiples membres internationaux, ainsi que plusieurs autres organisations viennent aussi de demander à Bruxelles de garantir la neutralité du Net. Il y a quelques mois, France Télévisions avait déjà diffusé sur le web une vidéo expliquant les enjeux de cette question cruciale.
A suivre !
Numérique : beaucoup d’emplois, peu de candidats
Par Barbara Chazelle, France Télévisions, Directions de la stratégie et de la prospective
Secteur en pleine croissance dans un marché du travail très déprimé, le numérique fait figure d’exception : près de 10.000 offres d’emplois (dont 93% de CDI) auraient été proposées dans le domaine du numérique au dernier trimestre 2014 selon le premier baromètre publié par Cap Digital et Multiposting. Développeurs et spécialistes, particulièrement recherchés (plus des 2/3 des offres d’emplois), sont devenus une denrée rare et les entreprises manquent de candidats pour répondre à leurs besoins.
Près de 30% de croissance pour les administrateurs et les métiers autour de la data
Probablement un phénomène unique sur le marché de l’emploi, les offres d’administrateurs et d’analystes de l’information connaissent une augmentation de près de 30% en un an. Pour Stéphane Distinguin, président de Cap Digital, « ce chiffre est un véritable indicateur de transformation », prouvant que les entreprises françaises basculent vers une activité plus numérique. La demande en spécialistes par exemple témoigne de l’émergence de questions de plus en plus spécifiques comme la sécurité, la gestion des données personnelles…
Chez les développeurs aussi, les métiers « data » (data scientist, ingénieur big data..) ont le vent en poupe, en augmentation de 25,5% en un an.
A l’inverse, les métiers marketing, vente et communication, ne représentent qu’1% des offres totales dans le numérique, en baisse de 24% par rapport à 2013. Cela s’expliquerait par le basculement des compétences classiques demandées vers des compétences plus « numériques », comme le référencement par exemple.
Pénurie de candidats
La mauvaise nouvelle, c’est qu’il est de plus en plus difficile pour les entreprises de recruter, et particulièrement des développeurs et des spécialistes ; alors même que ces derniers se voient souvent offert un CDI 4 mois avant la fin de leur formation, a précisé Stéphane Distinguin.
A contrario, le traitement de l’information et marketing, communication, vente sont les postes les plus attractifs pour les candidats.
« Ce premier baromètre confirme la montée du numérique avec une augmentation continue de la demande pour ces métiers. Tout semble indiquer qu’il s’agit d’un accroissement continu, mais il y a un réel décalage entre l’offre et la demande qui augmente progressivement. Mais le volume de candidats n’augmente pas suffisamment vite, ce qui accroît les tensions sur le marché du recrutement. Le baromètre Cap Digital nous permettra de monitorer cette tendance dans le temps » a affirmé Simon Bouchez, Directeur Général de Multiposting.
Guerre des talents
« Ce qui nous réunit tous, les petits, les grands, les industriels, les universitaires, les français, les internationaux, c’est la recherche de talents » a déclaré Stéphane Distinguin. Et de préciser, que pour certains métiers, il faut être plus que réactif. « Si un développeur ne trouve pas de travail ici, il part pour la Silicon Valley », où les stages de trois ou quatre mois sont rémunérés… $10 000 !
Que faire face à cette tension du marché ?
Payer mieux les candidats ? Peut-être.
Proposer des offres plus en phase avec l’évolution des technologies ? Probablement. Le baromètre montre par exemple que pour les développeurs, les compétences les plus demandées dans les offres d’emplois sont la maîtrise de technologies plutôt anciennes, parfois même sur le déclin. Les langages de programmation plus récents, comme Javascript, Angular JS ou Scala semblent ne pas trop intéressés les entreprises, qui par conséquent, apparaissent moins attractives aux yeux des développeurs de pointe.
Enfin, les centres de formations ont-elles aussi leur rôle à jouer pour attirer les jeunes vers ces métiers d’avenir. Pour Stéphane Natkin, titulaire de la chaire des systèmes multimédias au CNAM, il faut mettre en avant la variété des secteurs d’activité qui s’ouvrent au numérique : jeux vidéos, villes intelligentes, santé… et sortir de la logique de catégorie de métiers au profit de la valorisation de séries de compétences.
Eduquons les enfants aux médias et au numérique !
Par Barbara Chazelle, France Télévisions, Directions Stratégie et Prospective
A l’heure d’une société en mutation, d’une « blended reality » où le numérique s’incruste dans la vie réelle et inversement, tout le monde peut devenir un média grâce au smart phone qu’il a dans la poche.
« Tous médias, mais les codes qui s’y appliquent (droit d’auteur, calomnie, diffamation, divulgation d’identité, plagiat, …) ne sont pas toujours connus », a rappelé Eric Scherer, directeur de la prospective de France Télévisions qui animait la remise des Trophées EducNum, mercredi soir à Paris à l’occasion de la Journée Européenne de la Protection des Données.
Le concours « Opération vie privée » invitait les étudiants à créer des projets pédagogiques, innovants et créatifs pour sensibiliser les plus jeunes aux bons usages du web.
Tous médias ? L’éducation aux médias et au numérique doit être une priorité
« Nous devons demain dispenser une éducation au numérique qui permette à nos enfants, à nos élèves d’acquérir une culture générale à l’informatique, à la compréhension des fondements de la programmation, aux développements de capacités de raisonnement nouvelles mais aussi à la maîtrise de ce qu’on peut appeler une véritable civilité numérique. […] Il est très important pour nos enfants d’acquérir cette culture numérique pour penser, pour agir, pour exercer sa citoyenneté, pour travailler dans une société de plus en plus connectée » a déclaré Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Education Nationale lors des remises des Trophées EducNum.
L’école a un rôle déterminant à jouer dans ce domaine, mais pas seulement. « Ce mouvement doit être accompagné dans les écoles, les familles, les institutions et les entreprises » selon Divina Frau-Meigs, directrice scientifique du CLEMI, en charge de la liaison de l’éducation nationale avec les médias.
Ce que ces Trophées EducNum ont par ailleurs révélé, c’est que les jeunes, qui maîtrisent souvent mieux les codes du numérique que leurs aînés, ont certainement une responsabilité pour transmettre aux plus petits les bonnes pratiques du web, et peuvent le faire de manière créative et particulièrement impactante.
« Les aventures croustillantes de Prince Chip » reçoit le Grand Prix du jury
Le Grand Prix du Jury a été remis à une équipe de 4 étudiants de l’Université Panthéon Sorbonne pour leur conte interactif et pédagogique destiné aux 6-10 ans, « Les aventures croustillantes de Prince Chip » réalisé en stop motion.
« Le but était de les sensibiliser sans leur faire peur, de stimuler leur imagination et les faire rire » ont précisé les gagnants.
Vous pouvez découvrir la plateforme ici : https://beta.racontr.com/projects/les-aventures-croustillantes-de-prince-chip/
« Datafiction, le site dont vous êtes le héros », projet crée par 2 étudiants de l’Ecole Boulle, a reçu le Prix Spécial du Jury. La plateforme permet de se familiariser avec trois différents enjeux des données (la géolocalisation, l’historique de navigation et l’agenda) en devenant acteur d’un jeu.
Pour davantage d’information sur le projet encore à l’étape de prototype : http://www.thomas-thibault.fr/portfolio/datafiction/
Quelques conseils pour bien vivre connecté
Après la remise des Trophées EducNum, les lauréats ont livré à Méta-Media leurs bonnes pratiques du web :
La CNIL a elle aussi une liste de 10 conseils pour rester net sur le web : à (re)découvrir !
1. Réfléchis avant de publier !
Sur Internet, tout le monde peut voir ce que tu mets en ligne : infos, photos, opinions…
2. Ne dis pas tout !
Donne le minimum d’informations personnelles sur Internet. Ne communique ni tes opinions politiques, ni ta religion, ni ton numéro de téléphone…
3. Attention aux photos!
Ne publie pas de photos gênantes de tes amis ou de toi-même, car leur diffusion est incontrôlable.
4. Sécurise tes comptes !
Paramètre toujours tes profils sur les réseaux sociaux afin de rester maître des informations que tu souhaites partager.
5. Attention aux mots de passe !
Ne les communique à personne et choisis-les un peu compliqués : ni ta date de naissance ni ton surnom!
6. Vérifie tes traces !
Tape régulièrement ton nom dans un moteur de recherche pour découvrir quelles informations te concernant circulent sur Internet.
7. Respecte les autres !
Tu es responsable de ce que tu publies en ligne, alors modère tes propos sur les blogs, les forums… Ne fais pas aux autres ce que tu n’aimerais pas qu’ils te fassent.
8. Utilise un pseudonyme !
Seuls tes amis et ta famille sauront qu’il s’agit de toi.
9. Fais le ménage après ton surf !
Si tu te connectes d’un autre ordinateur que le tien, pense à te déconnecter de tes comptes Internet, sinon n’importe qui pourrait poster des contenus à ta place.
10. Crée-toi plusieurs adresses e-mail !
Tu peux utiliser une boîte e-mail pour tes amis et une autre boîte e-mail pour les jeux et les réseaux sociaux.
Pour en savoir plus sur le collectif EducNum : http://www.educnum.fr/
Father.IO, jeu de réalité augmentée sur mobile (interview)
Par Etienne Cointe, France Télévisions, Direction de la Prospective
Quel joueur de jeu vidéo n’a jamais rêvé de prendre la place du personnage qu’il incarne ? Qui n’a jamais envisagé la fusion du monde numérique et du monde réel ?
Si les films Tron ou plus récemment Ultimate Game (dans lequel un joueur contrôle un condamné à mort dans des combats où la 30e victoire est synonyme de libération) ont investi pleinement dans cette problématique, le jeu Father.IO développé par Proxy42 va plus loin que la simple fiction.
Portée par un credo ambitieux, « Nous sommes l’interface entre la réalité et les jeux vidéos » , la start-up italienne basée à San Francisco réduit la barrière qui sépare les deux mondes. Avec Father.IO, les joueurs évoluent dans un environnement qu’il maîtrise bien… puisqu’il s’agit du monde réel. Nous avons interviewé Francesco Ferrazzino, le CEO de la start-up.
Comment joue-t-on à Father.IO ?
Father.IO est un free-to-play stratégique de géo-localisation où deux factions s’opposent. Elles évoluent dans une réalité alternative à notre futur proche où une intelligence artificielle basée sur le cloud, appelée Ethereus, a pris le contrôle du monde. Notre monde réel est alors divisé en grandes zones hexagonales. Chaque « hex » est contrôlé par un joueur et sa faction et fournit des ressources basiques telles que l’énergie, l’argent, la nourriture, l’eau et les points de recherche.
Les joueurs peuvent profiter du gameplay stratégique du free-to-play, du même type que le jeu Ingress de Google mais en plus sympa ! S’ils veulent conquérir et défendre leur hex, ils auront néanmoins besoin d’acheter le Trigger (un petit appareil vendu 50$, connectable via Bluetooth et qui améliore la précision de la caméra, ndlr) qui permet de toucher des ennemis à plus de 50 mètres avec une grande précision.
Comment vous est-il venue l’idée de créer ce jeu ?
Depuis la sortie des premiers mobiles avec caméra vidéo, je réfléchis sur la possibilité d’une interaction avec l’environnement extérieur. Quand j’ai commencé à travailler sur la réalité augmentée, j’ai compris qu’avec la technologie actuelle il était temps de réaliser le rêve de beaucoup : transformer la réalité en jeu vidéo.
Aujourd’hui, les mobiles ont beaucoup de capteurs et une bonne capacité de calcul mais nous n’utilisons que 10% des opportunités de gameplay que ces outils peuvent fournir. Le potentiel d’un GPS, d’une boussole, d’un accéléromètre, d’une connexion internet, d’une caméra ou encore d’un gyroscope est énorme ! Nous voulions prendre le gameplay de jeux comme Call of Duty ou Battlefield et le transformer en expérience de vie réelle.
Comment expliquez-vous le succès de Father.IO jusqu’à présent ?
Nous avons immédiatement compris que le concept de tirer sur quelqu’un avec un mobile était une idée à laquelle tout le monde avait pensé… mais que personne n’avait réalisée ! Nous avons donc tourné une vidéo pour présenter le gameplay : elle est rapidement devenue virale sur Facebook et 56.000 personnes se sont abonnées pour la version bêta qui sort dans moins d’un mois.
Sur quels supports pourra-t-on jouer ?
Sur Android, iOS et Windows Phone. Vous pourrez également profiter de certaines fonctions du gameplay stratégique sur votre navigateur.
Proxy42, vous êtes italiens mais installés à San Francisco : quelles sont les raisons qui vous ont convaincu de travailler là bas ?
En ce moment le marché des jeux mobiles est en Californie : les investisseurs américains investissent rarement dans les start-ups en Italie !
Pensez-vous que le futur du jeu vidéo s’inscrit dans la réalité augmentée ?
Notre vision est la suivante : le jeu vidéo doit être le plus proche possible de la réalité. La réalité augmentée n’est qu’un outil de ce qui deviendra tôt ou tard la façon de jouer aux jeux vidéos. Nous voulons créer une plateforme pour la nouvelle génération avec une expérience de jeu basée sur l’interaction avec les gens, les lieux et les objets qui nous entourent. Le jeu Father.IO n’incarne que le début de ce projet.
Nous imaginons un monde où les gens peuvent jouer à des jeux dans la vie réelle avec l’aide de la technologie. Notre but est d’amener les gens à jouer à l’extérieur, de renforcer le composant social du gaming et nous pensons que cela peut être accompli grâce au potentiel des nouvelles technologies.
Yandex, géant russe de la recherche web, se lance dans le Big Data (interview)
Par Mathias Virilli, France Télévisions, Direction de la Prospective
Connaissez-vous Yandex ? Si Google détient plus 90% du marché européen du search, le moteur de recherche russe Yandex est le plus utilisé des russophones avec 62% des requêtes (devant Google à 27%). Après avoir lancé récemment un navigateur web, le portail russe vient d’annoncer se lancer dans le Big Data avec la Yandex Data Factory. En proposant des offres de traitement de données aux entreprises, Yandex compte bien se diversifier en s’appuyant sur ce qui a fait son succès jusqu’ici : le machine learning.
En marge de la conférence LeWeb’14, Méta-Media a posé quelques questions à Vladimir Isaev, chargé des relations presse chez Yandex :
Yandex est le premier moteur de recherche en Russie. Quelles sont les clés de votre succès et la spécificité de votre algorithme de recherche ?
Nous pensons que le principal facteur ayant contribué à notre succès est le fait que nous comprenions mieux nos utilisateurs – en Russie et dans d’autres pays – que d’autres moteurs de recherche.
La Russie est un vaste territoire (deux fois la taille de l’UE) avec une large population ; elle compte ainsi de nombreuses différences culturelles et autant de manières de voir les choses !
Nous nous démarquons par notre capacité à comprendre ce que les gens de différentes parties du pays veulent dire quand ils utilisent le même mot dans une requête. Cette compétence et l’expérience font de Yandex un moteur de recherche très naturel et natif pour la plupart des Russes, Ukrainiens, Biélorusses et Kazakhs – et nous espérons que ce sera le cas pour les Turcs également.
Comment abordez-vous chacun de vos marchés ? Avez-vous prévu une expansion en Europe ou ailleurs ?
Tous les marchés sont assurément différents, et nous essayons de mettre en place un modèle trans-local dans chaque nouveau territoire. Trans-local veut dire que nous considérons en profondeur tous les facteurs lors de la construction de produits pour un marché spécifique : la législation, la langue, le climat, la religion, la démographie, l’influence des médias de masse – tout. On essaie donc non seulement de s’adapter mais de reconstruire nos produits pour différents marchés.
Nous avons aussi développé des services en ligne qui aident à résoudre des problèmes dans une région particulière.
Par exemple en Russie, nous avons un service de comparaison de prix extrêmement populaire appelé Yandex.Market, qui aggrège et trie les offres de prix de dizaines de milliers d’e-shops (des meubles à l’électronique, du matériel de réparation aux pièces détachées de voitures). Nous avons lancé ce service parce que le e-commerce en Russie était désordonné, et les utilisateurs ne savaient jamais où trouver la meilleure offre de prix et le meilleur service de livraison.
Nous avons aussi Yandex.Taxi – un service d’aggrégation de taxis à Moscou et Saint Petersbourg. Là encore, nous l’avons lancé parce qu’il était impossible de trouver un taxi libre à proximité rapidement à Moscou à cause des embouteillages, des services de taxi clandestins et des coûts très élevés des taxis officiels. Maintenant, vous n’avez plus qu’à vous connecter à l’appli mobile et le taxi vient en 4 minutes où que vous soyez. Cependant, Yandex.Taxi est un service d’aggrégation, nous nous associons avec des compagnies de taxis sans leur faire concurrence, puisque nous n’avons pas notre propre parc de véhicules, comme pour beaucoup d’autres services.
En Turquie, nous supportons depuis longtemps un service pour le Ramadan afin de suivre quand le soleil est levé ou couché. Ce service a été développé spécialement pour la Turquie.

Il nous est impossible de parler de nos plans futurs dans d’autres régions. Ce qu’on peut dire, c’est qu’à priori nous ne prévoyons pas d’offrir de services aux consommateurs dans d’autres régions ; bien qu’il ne faille jamais dire jamais.
Vous avez annoncé à LeWeb’14 que vous vous lanciez dans le Big Data avec Yandex Data Factory. De quoi s’agit-il ?
Cela fait plus de 15 ans que nous utilisons des systèmes de machine learning pour fournir les meilleures réponses aux utilisateurs de notre moteur de recherche. Le search peut se résumer à la Big Data (base de données d’index) et aux mathématiques (pour la pertinence). Il y a quelques années, nous avons vu que les données étaient accumulées non seulement sur Internet, mais dans presque toutes les industries, de la finance aux télécoms en passant par les smart cities et l’agriculture.
Nous pensons pouvoir appliquer nos algorithmes, basés sur le machine learning, pour faire des outils business pratiques à partir de ces grands volumes de données que les entreprises possèdent. Les objectifs sont tout ce qu’il y a de plus concrets : augmenter les ventes, réduire les coûts, optimiser les processus, éviter les pertes, prédire la demande, développer de nouvelles méthodes ou améliorer les existantes pour cibler un public.
Pour nous, Yandex Data Factory est comme une nouvelle page de l’histoire : ce marché est aussi jeune et émergeant que le marché de l’Internet quand Yandex a commencé avec son moteur de recherche en 1997.
Avez-vous prévu d’aller plus loin dans la diversification de vos activités en 2015 ?
Il m’est impossible de commenter nos plans pour l’avenir, désolé. Ce qui est sûr c’est que nous allons travailler sur Yandex Data Factory comme une nouvelle direction de business international ; le projet n’est pas lié à une région particulière, car les algorithmes et les mathématiques sont universels !