Les enfants scandinaves préfèrent Netflix à la TV

Par Mickaël Mavoungou-Nombo, France Télévisions, Media Lab

La consommation de vidéo ne cesse de croître un peu partout dans le monde et les plateformes de streaming par abonnement se sont taillées une place de choix. Dans les pays scandinaves, Netflix est considéré par le public comme la première destination de contenus destinée aux enfants et à la famille, comme le révèle l’analyse de Mediavision, Inventory Insight, qui sera publiée prochainement. 

Netflix s’est imposé en Scandinavie sur le trône du contenu destiné aux enfants et à la famille, notamment grâce à une bibliothèque avec une très large palette. Il dépasse en usage la TV et les acteurs locaux. Mais attention, le prince devenu roi a des concurrents qui se montrent intéressés par le graal. De plus, la consommation de vidéo sur mobile et notamment sur les médias sociaux, qui se généralise à vitesse grand V dans les pays du Nord de l’Europe peut bien mettre des bâtons dans les roues du carrosse royal.

Les enfants privilégient Netflix à la TV mais aussi aux autres plateformes de VOD locales

La qualité l’emporte sur la quantité ? Pas si simple ! Il faut les deux. A titre d’exemple, Peppa Pig, l’émission de Entertainment One, est disponible à la fois sur Netflix et des acteurs locaux tels que DR TV, NRK TV et SVT Play en Scandinavie. Dans cette concurrence acharnée, c’est le géant américain Netflix qui obtient les faveurs du public. En Suède et Danemark, la plateforme américaine s’est imposée devant les services des télévisions publiques (SVT Play et DR) grâce à ses contenus de qualité mais aussi la taille de son catalogue.

L’exception revient à la Norvège où Netflix obtient la 2e place dans le cœur du public. Contrairement au Danemark et à la Suède, Netflix n’a pas la plus grande bibliothèque du marché. NRK, le radiodiffuseur de service public, a le plus grand nombre de titres pour enfants et familles dans sa bibliothèque, soit plus du double du montant de Netflix.

Netflix le roi, menacé par un coup d’Etat ?

Malgré sa place de leader, Netflix doit surveiller ses arrières car des diffuseurs locaux et internationaux passent à l’offensive sur le segment enfants/familles. A commencer par Disney, qui après avoir retiré ses contenus de Netflix, lancera  son propre service de streaming en 2019.

Mobile first : Netflix aussi doit évoluer avec son temps

Mediavision met par ailleurs en garde le géant américain contre une autre menace : la croissance des usages de la vidéo mobile, poussée par les plateformes sociales. dans les pays nordiques, plus de 60% des utilisateurs de médias sociaux des pays nordiques consomment de la vidéo en mobilité chaque jour. Chez les 15-24 ans, le nombre est encore plus élevé, avec une portée journalière de 85%. Même Netflix doit évoluer avec son temps et avec ses publics !

A noter que le segment vidéo sur les médias sociaux est de plus en plus encombré, avec les lancements de nouveaux services comme IGTV (Instagram) et Facebook Watch cet été.

Mais les géants mondiaux ne sont pas les seuls à faire de grands progrès sur le mobile. Le nouveau venu suédois Primetime s’est fait un nom depuis peu, attirant une foule considérable à ses quiz quotidiens en direct. Depuis sa première diffusion  le 16 mars, le jeu en ligne compte maintenant environ 40 000 joueurs en moyenne par jour, avec une moyenne d’environ de 230.000 téléchargements. La croissance rapide de Primetime montre clairement que le segment de la vidéo en ligne a encore de la place pour de nouveaux acteurs et de nouveaux formats.

Crédit photo Peppa Pig via Mediavision.

Twitter, l’histoire d’un retour gagnant

Par Mickaël Mavoungou-Nombo, France Télévisions, Media Lab

En 2016, Twitter enregistrait une croissance nulle côté utilisateurs et de 1% seulement pour ses revenus, avec un déficit de 167 millions de dollars. Nombreux étaient les médias qui prédisaient sa mort. Deux ans plus tard, la plateforme a repris du poil de la bête : selon Adweek, Twitter fait partie des 10 marques qui ont réussi leur retour, au même titre qu’Apple ou Levi’s.
Comment l’oiseau bleu renaît-il de ses cendres ? Prises de risque et confiance retrouvée font partie des explications données par Laurent Buanec, directeur général adjoint de Twitter France, qui s’est exprimé hier, lors de la première journée du HUBFORUM à Paris.

Les changements qui ont ramené Twitter au sommet

« Derrière chaque petit changement, se cachent de grandes décisions (… ) Cela passe notamment par la rationalisation des projets, par plus de transparence et surtout par plus d’écoute des feedbacks utilisateurs », a expliqué Laurent Buanec.

Car l’objectif principal affiché de Twitter est d’être à l’écoute de ses utilisateurs pour obtenir leur confiance et les fidéliser. Laurent Buanec a rappelé à son auditoire qu’il était nécessaire « d’améliorer la sérénité de la conversation publique pour renforcer la confiance ». C’est dans cette optique que la plateforme est passé du « favori » au « like ».

« Ca peut paraître rien comme ça, c’est juste un changement de signe, mais en une semaine on a eu +6% d’activités ».

Parmi les autres changements, on se souviendra aussi de l’amélioration de l’expérience vidéo, du live, de la multiplication des sponsorships mais surtout du passage de 140 à 280 caractères, une réelle prise de risque pour la plateforme.

« C’était un changement de la caractéristique principale de Twitter mais ce fut une décision payante, l’audience n’a pas baissé ! ».

Autre décision importante : le passage en catégorie « news » sur les magasins d’applications. En abandonnant la catégorie « réseau social », Twitter s’est hissé à la première place de sa catégorie.

Enfin, la plateforme a également fait de la sécurité de ses utilisateurs un enjeu primordial. Des milliers de comptes suspicieux ou inactifs ont ainsi été supprimés.

2018 : la confiance retrouvée

Les résultats des multiples mises à jour de Twitter ne se sont pas fait attendre. Depuis 7 trimestres d’affilée, la croissance est à 2 chiffres : 24% pour les revenus, avec un résultat net de 100 millions de dollars.

Twitter est longtemps resté numéro 1 des applications dans l’App Store ces derniers mois. Ce qui fait de l’application un outil indispensable pour les marques.

61% des twittos français privilégient les marques dont ils partagent les valeurs, contre 44% chez les internautes. Conséquences, 77% des clients vont davantage acheter des produits de leur marque favorite si elles ont un compte actif sur Twitter. La promotion des marques permet donc de produire du business. Parmi les bons élèves, Nike qui a mis ses sportifs en avant, Carrefour qui est très présent sur le réseau social en France et Danone qui a milité pour l’environnement.

Twitter est la preuve que rien n’est impossible, rien n’est joué d’avance sur le web, à condition d’être à l’écoute de ses utilisateurs et de prendre des risques.

4 choses que les journalistes peuvent faire pour reconstruire la confiance avec leur public

Par Lisa Heyamoto et Todd Milbourn, conférenciers en journalisme à l’université de l’Oregon. Billet originellement publié en anglais sur The Conversation

En août, près de 400 organes de presse ont insisté sur l’importance du journalisme en réponse à l’affirmation répétée du président Donald Trump selon laquelle les médias sont «l’ennemi du peuple». Dans les éditoriaux #FreePress publiés dans des journaux de tout le pays, les auteurs ont souligné le rôle du journalisme dans une démocratie et le fait qu’une presse libre est essentielle à une société libre.

Le message est arrivé à un moment où la rhétorique anti-presse monte en flèche et où les inquiétudes relatives à l’inexactitude et à la partialité des informations ont fait que la confiance des Américains envers les médias est au plus basCependant, nos recherches suggèrent que si les organisations de presse veulent vraiment combler le fossé de confiance, elles doivent aller au-delà des explications de ce que le journalisme signifie pour la démocratie et plaider directement pour ce que cela signifie pour les citoyens.

En tant que chercheurs et journalistes, nous avons lancé Le Projet 32% afin d’explorer comment les citoyens définissent la confiance et comment les organisations de presse peuvent mieux la gagner. Nommé d’après le pourcentage d’Américains qui avaient confiance dans les médias en 2016, le projet était guidé par le principe selon lequel le meilleur moyen de découvrir ce que veulent les citoyens est de leur demander.

Nous avons tenu des entretiens publics avec 54 personnes dans quatre communautés du pays et nous avons demandé ce que les agences de presse devraient faire pour accroître la confiance du public. Voici quatre idées tirées de ces entretiens.

1Ouvrez la boîte noire

Comment les journalistes décident-ils du contenu d’un reportage ? Où est la ligne entre le fait et l’opinion? Les annonceurs qui financent les nouvelles déterminent-ils ce que les journalistes couvrent ?

Pour de nombreux journalistes, les réponses à ces questions peuvent sembler aller de soi. Pour beaucoup de non-journalistes, elles sont un mystère. De nombreux participants à l’atelier ont déclaré qu’ils connaissaient peu la manière dont les informations sont produites, ce qui les rend sceptiques quant à ce qu’ils lisaient, entendaient et voyaient.

Pour que les médias d’information gagnent leur confiance, les citoyens ont estimé qu’ils devaient prendre des mesures actives pour communiquer à la fois sur leur mission et leurs méthodes. Les participants ont indiqué que cela pouvait aller de la mise à disposition d’interviews non éditées à l’explication de termes journalistiques en passant par l’ouverture de salles de rédaction pour des visites publiques.

Pour ce qui est de rétablir la confiance entre les citoyens et la presse, un étudiant d’un collège communautaire en Californie a affirmé que les journalistes devaient donner la priorité à une communication authentique et claire.

“Ne cherchez pas à ce que les gens vous parlent”, a déclaré l’étudiant. “Cherchez à ce que les gens parlent avec vous. »

2Créez une mission partagée

De nombreux journalistes se considèrent comme des chiens de garde indépendants d’institutions puissantes, ce qui signifie qu’ils peuvent publier des articles critiquant ces institutions et leurs dirigeants. Et tandis que les participants aux entretiens ont déclaré qu’ils attachent de l’importance à la fonction de chien de garde, beaucoup ont déclaré que les médias d’information doivent d’abord établir leur rôle de bon voisin.

Les citoyens ont besoin de savoir qu’une publication partage explicitement les valeurs de la communauté et que tout le monde travaille ensemble pour atteindre un objectif commun. Pour certains, cela signifiait faire du journalisme en tant que membre d’une communauté plutôt qu’en tant qu’observateur extérieur. Pour d’autres, cela impliquait d’exiger que les médias placent leur mission de service public avant les profits à court terme.

Les journalistes, ont-il déclaré, doivent considérer leur travail comme un service plus direct aux membres de la communauté et consacrer temps, argent et énergie à la construction de relations profondes et réciproques avec leurs lecteurs, leurs téléspectateurs et leurs auditeurs.

Sans un sentiment de mission commune, de nombreux participants ont précisé qu’ils continueraient à considérer les médias d’information comme travaillant pour les annonceurs – pas pour eux.

3Pas de diversité, pas de confiance

Dans toutes les entretiens, les participants ont déclaré qu’ils ne se reconnaissaient pas ou que leur vie ne se reflétait pas dans les nouvelles qu’ils consomment. Ils ont indiqué que les journalistes produisaient des récits découlant de leurs expériences, y compris personnelles, mais ont souligné que les personnes de couleur et celles vivant dans les zones rurales, par exemple, ne sont pas bien représentées dans les médias. Les salles de rédaction homogènes ont tendance à produire des histoires homogènes, disent-ils.

Photo de rawpixel via Unsplash

Pour les participants, cela signifie pour ces groupes de personnes que les informations ne leur sont pas destinées, tout en privant tous les consommateurs d’informations d’une image plus riche de la vie américaine.

“C’est l’une des raisons pour lesquelles les ruraux et les petites villes font de moins en moins confiance aux médias”, a déclaré un participant d’un village de l’Illinois. “Quand ils voient la couverture de leur propre environnement, l’interprétation est mauvaise ou il leur manque vraiment un élément important de l’histoire. »

Nous avons constaté que la diversité est essentielle pour gagner la confiance. Si les salles de rédaction veulent gagner en crédibilité, elles doivent refléter de manière large et authentique la composition de leur auditoire.

4Insistez sur le positif

L’une des plaintes les plus courantes que nous avons entendues était que les nouvelles étaient trop négatives. Et même si les récits sur la criminalité, les accidents de voiture et la corruption peuvent attirer l’attention du public, ils n’aident pas à gagner la confiance à long terme.

“Quand quelque chose de bien se passe dans mon quartier, je ne le vois pas”, a déclaré un activiste de Boston. « Mais si quelqu’un tire sur une personne, oh, première page. »

Les participants à la recherche ont déclaré qu’ils souhaitaient que les nouvelles reflètent plus fidèlement le sentiment positif général qu’ils éprouvent dans leur vie quotidienne. Mais cela ne signifie pas qu’ils s’intéressent uniquement à une couverture “ feel-good ”. De nombreux participants ont plutôt souligné le besoin de plus d’histoires mettant l’accent sur la solution des problèmes plutôt que sur les problèmes seulement.

À retenir

Si les organes de presse veulent gagner la confiance du public, il est impératif de commencer par refléter les caractéristiques des relations interpersonnelles de confiance. Cela veut dire être cohérent, transparent, authentique, positif et transmettre le respect de la diversité ainsi que le sens de la mission partagée.

“ Le journalisme est une relation ”, a déclaré un participant d’une banlieue de Los Angeles. « Ce n’est pas un produit. »

L’un des éditoriaux de #FreePress qui capture au mieux cet esprit provient de la San Diego Union-Tribune. L’auteur a saisi l’occasion pour souligner la rubrique récemment lancée du journal « Notre journalisme expliqué », qui invite les lecteurs à une conversation sur les normes et pratiques journalistiques de la publication.

Comme le suggère l’éditorial et que nos recherches ont confirmé, la confiance n’est pas quelque chose que les agences de presse peuvent simplement demander, mais bien quelque chose qu’elles doivent gagner constamment.

 

Crédit Photo de Une : Keenan Constance via Unsplash

Les moins de 13 ans plébiscitent toujours Snapchat, Instagram… et TikTok

Par Mickaël Mavoungou-Nombo et Barbara Chazelle, France Télévisions, Media Lab

Des hors-la-loi sévissent sur les réseaux sociaux. Pas de panique, ils sont inoffensifs. Bien que cela leur soit interdit, les moins de 13 ans sont de plus en plus nombreux à s’y inscrire, en mentant sur leur âge, tout simplement. L’agence Heaven, en partenariat avec l’Association Génération Numérique, vient de sortir la 3e édition de son baromètre* Born Social, une enquête organisée à la rentrée des classes pour analyser l’usage des réseaux sociaux par ces clandestins du web.

(Pour se remettre dans le bain, notre résumé de la 2e édition est disponible ici)

6h10 passées en ligne chaque semaine pour les 7-12 ans

Le smartphone est l’équipement multifonction incontournable pour les ados cherchant l’autonomie, la socialisation, et le divertissement. Mais c’est la tablette familiale qui sert de premier terminal pour s’inscrire sur les réseaux sociaux.
54,1% des enfants sont inscrits aux réseaux sociaux dès la 6e. Ce chiffre atteint 71,5% en 5e.

La consommation internet des 7-12 ans est en hausse depuis 2015. Ils ont passé en moyenne  6H10 en ligne chaque semaine en 2017. Soit une augmentation de 45 minutes entre 2015 et 2017, malgré une vigilance accrue des parents dont 79% qui ont des enfants de 6 à 12 ans déclarent limiter le temps passé devant un écran.

L’agence rappelle que si “la TV reste majoritaire en temps passé, cette durée baisse sensiblement : moins 9 minutes par jour pour les 4 à 14 ans entre 2017 et 2018.”

56% utilisent les réseaux sociaux pour regarder de la vidéo

Pour les pré-ados, les réseaux sociaux sont des outils de communication avec leurs proches avant tout. 75% d’entre eux déclarent utiliser les réseaux sociaux pour discuter avec leurs amis et leur famille. Par exemple, cela leur permet de se tenir au courant entre camarades de classes si un professeur est absent, ils s’envoient les devoirs à faire etc.

56% des élèves de 5e sondés font usage des réseaux sociaux pour regarder des vidéos, 40% pour partager des photos et des vidéos, 27% pour suivre des célébrités. La volonté de s’informer est faible : seuls 13% s’y informent sur l’actualité et 4% partagent des liens et des articles.

Les 7-12 ans présents sur de plus en plus d’applications sociales et multiplient ainsi leurs contacts

Ce qui est d’autant plus impressionnant c’est le nombre d’applications qu’ils utilisent qui ne cesse d’augmenter : les élèves de 5e sont inscrits en moyenne à 3,9 plateformes sociales en 2018. Près de 10% sont inscrits sur 6 réseaux.

On note également que chez les moins de 13 ans, les filles sont plus proactives que leurs camarades masculins : 58% d’entre elles sont sur les réseaux sociaux contre 50% chez les garçons, ce qui témoigne pour ces élèves de 6e, “d’un plus grand intérêt des filles pour les outils de socialisation” selon Heaven. La différence tend à s’estomper durant les années collège mais reste sensible : en 3en 88% des garçons sont inscrits contre 93% des filles.

Les réseaux sociaux leur permettent de multiplier leurs contacts, bien au delà de la classe dans laquelle ils évoluent : 53% des élèves de 5e interrogés affirment avoir entre 50 et 400 contacts dans le réseau qu’ils utilisent le plus. Les “super-sociaux”, ceux qui comptent entr 400 et plus de 1000 contacts, représentent 11% des élèves de 5e. Des influenceurs en herbe !

Snapchat et Instagram toujours en tête, TikTok et WhatsApp détrônent Facebook

Dans le monde des moins de 13 ans, le boss des réseaux sociaux c’est de loin Snapchat. 85,3% déclarent être présents sur l’application, soit une augmentation de 8,6 points par rapport à 2017. C’est la plateforme de prédilection des jeunes pour discuter, s’envoyer des photos des vidéos et ainsi la première messagerie à l’école élémentaire.

Parmi les avantages cités, le caractère éphémère des publications reste valorisé. Diverses fonctionnalités (lenses, bitmoji, flammes…) favorisent le jeu et l’engagement entre amis. La diffusion de “fichas”, snaps compromettants envoyés à un ami pour tester sa loyauté, reste une pratique courante. Les “fichas” sont ressortis par tous les amis à l’occasion d’un anniversaire par exemple. Les pré-ados ne trouvent pas un grand intérêt pour les médias présents dans Discover mais apprécient les contenus d’influenceurs de la télé réalité. Enfin, l’absence des parents sur la plateforme reste un avantage.

Instagram connaît aussi un franc succès chez les moins de 13 ans : 66,7% sont présents sur l’application. Car comme pour Snapchat, c’est une plateforme qui s’appuie d’abord sur le visuel. Le format Stories rencontre un grand succès et, chose étonnante, l’édition des stories est parfois préférée sur Instagram à cause du plus grand nombre de filtres proposés, entre autre. Le réseau social est lui aussi encore peu utilisée par les parents ce qui procure un sentiment de liberté mais dans le doute, les pré-ados font usage de la messagerie privée.

Enfin, la richesse et le nombre en augmentation de contenus diffusés sur Instagram augmentent le temps passé sur l’application, notamment la possibilité de suivre des contenus liés à ses passions grâce aux hashtags qui trient les contenus par thématique. L’application est aussi utilisée comme complément à Youtube pour trouver des contenus complémentaires publiés par leurs influenceurs préférés.

Tandis que Snapchat et Instagram ont obtenu les félicitations du jury, Facebook voit ses résultats régressés sévèrement. Le réseau social qui compte le plus d’utilisateurs à travers le monde, ne fédère que 28,7% d’inscrits chez les moins de 13 ans et perd 18,9 points en un an. Entre 2016 et 2018, le taux d’inscrits en 6e a été diminué par 2. Les seuls avantages de la plateforme de Mark Zukerberg sont les jeux sur Messenger et l’inscription aux sites qui facilitée par Facebook Connect.

Facebook, considéré comme étant démodé et ringard chez les plus jeunes, passe de la 3ème à la 5ème place, dépassé par l’application de playback TikTok et la messagerie instantanée WhatsAppHeaven rappelle que la désertion de Facebook est un “phénomène globalisé” : aux Etats-Unis, on a pu observé une baisse de 20 points d’usage entre 2015 et 2018 chez les 13-17 ans. “Aujourd’hui, ce sont les parents qui incitent leurs enfants à s’inscrire à Facebook” ! selon l’agence.

Twitter aussi connaît une importante diminution de l’usage chez les moins de 13 ans. 12,8 points perdus par le réseau social pour les élèves de 5ème. Certains ne connaissent même pas Twitter. Il y a un désintérêt de la majorité des pré-ados et pour ceux qui y sont, ils recherchent avant tout la possibilité de suivre des célébrités et leurs youtubers préférés. Twitter reste également largement associé à l’humour, aux traits d’esprit.

La croissance de l’année est pour l’application TikTok,  qui connaît une croissance de 12,6 points chez les 5e entre 2017 et 2018 ! Anciennement connue sous le nom “Musical.ly” avant son rachat par la firme chinoise ByteDance pour 1 milliard de dollars, l’application de playback compte 500 millions d’utilisateurs dans le monde, principalement en Asie. En France, le chiffre de 2,5 millions d’abonnés a été revendiqué par TikTok. C’est une application très largement féminine avec 62% des filles en 5e déclarent être inscrites.

La dimension “sociale” des plateformes vue comme un point de faiblesse. Les plateformes réagissent.

Les pré-ados sondés affirment vouloir rester sur les réseaux (surtout sur Instagram), mais les réseaux sociaux sont surtout perçus comme une “commodité de communication” : les contenus ne sont pas si essentiels et les jeunes n’hésitent pas à archiver ou supprimer des publications, voire à rebooter leurs comptes.

2018 a été une année de bascule dans la perception des réseaux sociaux avec une prise de conscience accrue quant au temps qui leur est consacré. Les moins de 13 ans ont par ailleurs une meilleure connaissance des possibilités de ciblage à disposition des réseaux sociaux. 28,25% d’entre eux savent que les réseaux sociaux n’ont pas le droit de collecter leurs données (ce sujet a été beaucoup discuté avec la RGPD). Mais une question subsiste : comment ces obligations peuvent-elles être respectées pour des enfants dont la présence sur les réseaux sociaux est interdite ? Des procédures légales ont été lancées, des sites ont été fermés et on assiste à un renforcement international des législations sur le sujet avec la COPPA aux Etats-Unis et en Chine.

Entre le RGPD, les nombreuses études publiées sur l’impact des écrans sur les plus jeunes et les récents scandales liés à la collecte abusives de données personnelles, les géants de la tech ont tenté d’apporter un début de réponse. Les plateformes affichent leur volonté de permettre une meilleure maîtrise de son temps et que celui-ci soit « intentionnel, positif et inspirant ».

Parmi les initiatives visant à protéger les plus jeunes, on retiendra :

Le rapport aux marques : le placement de produit par les YouTubers bien mieux assimilé que les pubs traditionnelles

Comme l’année dernière, les marques de luxe sont souvent citées parmi celles qui sont le plus suivies par les moins de 13 ans. Il est plus facile d’aller sur le compte Instagram d’une marque plutôt que d’aller sur son site internet. Les pré-ados auraient une “attirance pour les produits qu’ils ne voient pas dans la cour de récréation.”

Ces jeunes ont une bonne connaissance des placements de produits qui sont très visibles via les youtubers. C’est un type de publicité qui est beaucoup plus facile à identifier que certains formats plus traditionnels tels que les liens sponsorisés ou même les posts sponsorisés de marques. Conséquences : l’usage en hausse des adblocks. 17% des élèves de 5e déclarent en avoir déjà utilisé un. 

*sondage réalisé sur 16 578 élèves de classe de 6e et 5e

Liens vagabonds : le top management des TV fragilisé

A RETENIR CETTE SEMAINE  :

La patronne de la TV publique australienne a été remerciée et dans la foulée, le président de l’Australian Broadcasting Corp a démissionné. Aux Etats-Unis, le top management de NBC, Disney/ABC, Fox, CBS et Univision est fragilisé par de nombreux départs. En Europe, la RAI italienne est pilotée désormais par un eurosceptique.

Les co-fondateurs d’Instagram Kevin Systrom et Mike Krieger quittent Facebook. Les raisons de ce départ sont encore floues mais plusieurs sources affirment qu’il y avait des tensions avec Mark Zuckerberg à cause du contrôle persistant de Facebook sur la plateforme. Le NYTime le confirmeAdam Mosseri, responsable des produits d’Instagram, devrait prendre la suite. Certains demandent même que les deux entités soient séparéesCes départs arrivent 10 mois après celui de Brian Acton, co-fondateur de WhatsApp, qui a lancé en mars dernier un tweet avec la mention #deletefacebookPendant ce temps, Facebook avoue que 50 millions de comptes d’utilisateurs ont été piratés ! Pire : le piratage concerne aussi les sites connectés via Facebook. Les 3 choses à faire

On notera aussi quelques grosses transactions financières :

3 CHIFFRES

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE

Infographie: Où Google Pay est disponible | Statista

En partenariat avec Statista

DIGNE DE VOTRE TEMPS

 

DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION

USAGES ET COMPORTEMENTS

SURVEILLANCE, CONFIANCE, DONNEES PERSONNELLES

LEGISLATION, REGLEMENTATION

RÉSEAUX SOCIAUX

PLATEFORMES VIDEOS, OTT, SVOD

STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS

IMMERSION, 360, VR, AR

FAKE NEWS

JOURNALISME

 

AUDIO, PODCAST, BORNES

DATA, AUTOMATISATION, INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, BLOCKCHAIN

5G / TELCOS

CINEMA

PUBLICITE, MONETISATION

TECH, STARTUPS, SMART

OUTILS

 

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Le Canada, nouvel eldorado du monde de la création

Par Leora Kornfeld, consultante en médias et en technologie. Billet invité présenté dans le cadre d’un partenariat éditorial entre la plateforme FMC Veille du Fonds des Médias du Canada (FMC) et Méta-Media. © [2018] Tous droits réservés.

Equipes et installations de production à la pointe, paysages à couper le souffle… Nombreuses sont les raisons pour les créateurs de tenter leur chance au Canada. Si les professionnels canadiens aiment à partager leur temps entre leur pays et New York et/ou Los Angeles, le Grand Nord Blanc est loin de laisser Hollywood indifférent. 

« Au cours de mes 37 ans dans l’industrie, je n’ai travaillé que quelques fois à l’extérieur du Canada, révélait le Torontois et réalisateur récipiendaire d’un Oscar J. Miles Dale (The Shape of Water) dans le cadre d’une entrevue publiée dans le numéro de l’automne 2018 d’Indiescreen. Et, aujourd’hui, après 20 ou 30 ans à apprendre des meilleurs, je pense que nous avons atteint un très haut niveau. Nous pouvons affirmer que nous figurons parmi les meilleurs. »

Bien que le long métrage réalisé par Guillermo del Toro ne soit pas reconnu comme contenu canadien, Dale fait valoir que la production « est presque totalement canadienne » et se fait un point d’honneur de mentionner que plusieurs rôles clés au sein de l’équipe de production canadienne – conception de costumes, design artistique, son – ont été occupés par des personnes nominées pour un Oscar.

Le Canada, « le pays à un milliard de dollars »

Les Canadiens ne sont pas les seuls à vanter les mérites du Grand Nord blanc. En 2017, la publication hollywoodienne Variety a qualifié le Canada de « pays à un milliard de dollars », citant l’accès à des équipes de grande qualité, des installations de production à la fine pointe et une diversité de sites variant de vastes étendues de nature sauvage à de dynamiques centres urbains.
Il y a aussi le huard. Un réalisateur américain a fait le calcul et fait valoir que, sur un budget de 5 millions de dollars, une différence d’un cent réduit ses coûts de 50.000 $. « Ça peut sembler insignifiant, mais ce sont des ressources qui peuvent être ajoutées pour présenter quelque chose d’encore meilleur à l’écran. »
Entre nos magnifiques paysages et notre avantage concurrentiel sur le plan de la devise, le nombre de productions réalisées au nord de la frontière est impressionnant et augmente… Dans le cadre d’une étude annuelle réalisée par FilmLA, on rapportait que 20 des longs métrages ayant remporté le plus de succès au box-office américain avaient été filmés au Canada en 2017, en hausse de 13 par rapport à 2016.

Travailler localement et de vendre mondialement: un défi de taille

Cette année, un certain nombre de panels à la TIFF Industry Conference ont porté sur l’engouement suscité par la multiplication des productions canadiennes, qu’il s’agisse d’émissions télédiffusées, de longs métrages ou de productions de portée mondiale diffusées en continu par Netflix et Hulu, par exemple. Aussi, les services de diffusion en continu sont rapidement en train de devenir la nouvelle télévision. Par conséquent, produire des émissions et des films pour des auditoires internationaux est la nouvelle norme qui ouvre la porte à une foule de nouvelles possibilités.

Alors que, jadis, les réalisateurs canadiens pouvaient espérer fédérer entre 100.000 et 1 million de téléspectateurs dans le cas d’une émission télédiffusée à l’échelle nationale, aujourd’hui, un succès distribué sur une plateforme mondiale a le potentiel d’être vu par des dizaines de millions de personnes. Et des créateurs canadiens se montrent à la hauteur du défi. Corie Wright, directrice de la politique publique mondiale de Netflix, a récemment affirmé ceci dans le cadre d’une entrevue:

« Anne, Alias Grace, Travelers, Frontier, Between, Degrassi: Next Class, Orphan Black et Some Assembly Required représentent tous des contenus canadiens certifiés et nous, chez Netflix, avons choisi d’investir dans ces productions parce que nous jugions qu’elles racontaient de formidables histoires que nos membres adoreraient. Nous n’y avons pas investi pour satisfaire à une recommandation gouvernementale. […] Nous sommes une multinationale qui est à la recherche d’histoires universelles et de personnages qui transcendent les frontières nationales et linguistiques. Les Canadiens sont déjà très talentueux à cet égard. »

Bien que personne ou presque ne soit surpris d’apprendre que des émissions comme Anne with an E et Alias Grace connaissent un succès planétaire, de nombreuses productions canadiennes se méritent une attention internationale et des éloges mondiaux. Jocelyn Hamilton, président de la division canadienne de télévision d’Entertainment One, a offert quelques exemples précis de ce phénomène pendant un panel de la TIFF Industry Conference (2018) : le drame juridique canadien Burden of Truth s’est classée au premier rang des émissions les plus populaires sur les ondes de CW Network aux États-Unis, tandis que Private Eyes, mettant en vedette Jason Priestley dans le rôle de Matt Shade, un ancien joueur de hockey devenu détective, est diffusée dans 110 territoires sur la planète.  « Nous pouvons fièrement filmer avec des points d’attrait comme la Tour CN en arrière-plan, a plaisanté Hamilton. Nous n’avons plus besoin d’être Chicago ou New York, nous pouvons être nous-mêmes. » Cependant, une grande visibilité est assortie d’une grande responsabilité. « Nous devons désormais viser l’excellence, car se contenter d’être “bon” ne suffit tout simplement plus », a-t-il pris soin d’ajouter.

Le segment des longs métrages canadiens bénéficie également des services de diffusion en continu, qui offrent la possibilité de présenter des histoires d’ici à la planète entière et de rejoindre des auditoires dans les régions rurales du pays. Pendant un panel du TIFF intitulé « How Canadian producers are making it work » (ce que font les réalisateurs canadiens pour que ça fonctionne), la scénariste, réalisatrice et directrice Darlene Naponse, dont le plus récent long métrage – Falls Around Her – a été présenté en première au TIFF, a partagé son expérience personnelle de la valeur de Netflix et d’autres plateformes de diffusion en continu sur demande pour les communautés autochtones dans les régions non urbaines. « Ces communautés sont situées à des heures de route des salles de cinéma les plus proches et captent un nombre limité de postes de télé diffusés. Les services de diffusion en continu leur donnent donc accès à des films qu’ils ne pourraient pas voir autrement. Ces services leur permettent également de se voir entre elles. » La réalisatrice Jennifer Shin a fait valoir les autres avantages qu’elle perçoit depuis l’arrivée de services comme Netflix. « Le modèle a été perturbé et à la fois les acheteurs et les distributeurs sont devenus plus conservateurs. Cela mène à une concurrence accrue et force les artistes à repousser leurs limites. »

MediaLab Speed Training : 6 vidéos à voir sur l’innovation dans les médias

Par Mickaël Mavoungou-Nombo, France Télévisions, Media Lab

La 5e édition du MédiaLab Speedtraing organisé par le cluster Ouest Médialab a réuni il y a quelques jours  quelques 500 participants. Si vous ne faisiez pas partie de ces chanceux, petite session de rattrapage avec 6 émissions de débat qui donnent du grain à moudre sur le grand défi de l’innovation dans les médias et la communication.

Comment innover dans les médias ?

Quels sont les facteurs qui favorisent l’innovation des médias ? Diversité des supports, investissement, prise de risque, média labs… sont autant d’éléments qui permettent aux médias de se réinventer selon Cyril Frank (directeur de l’ESJ Pro) et Nicolas Becquet (manager des supports numériques de l’Echo).

Médias : comment améliorer les relations avec l’audience

Sur l’échelle de la confiance, les journalistes sont un étage en-dessous des banquiers et juste au-dessus des politiques ! Manque de vérification de sources, fake news et course au scoop ont suscité le rejet d’une partie des citoyens. Comment renouer cette relation de confiance entre les médias et le public ? Anne-Sophie Novel (journaliste freelance, auteur et documentariste) et Nina Fasciaux, (ambassadrice en Europe de Solution Journalism Network) évoquent le journalisme de solution et bien d’autres alternatives.

L’incubation des médias

De plus en plus de médias se lancent dans l’incubation et l’accélération de start-ups. Retour d’expériences de Paul-Alexis Bernard, (manager digital au Groupe Centre France) et Jean-Pierre Besnards (responsable projets à la Direction des services numériques de Ouest-France).

Comment rester à la page des outils numériques ?

Le monde du numérique évolue constamment ! Conséquences, des outils toujours plus sophistiqués et complexes… et on se sent vite dépassé ! Noémie Buffault (consultante en stratégie numérique) et François Montupet (chargé de communication du Ferrailleur) expliquent quelle veille mettre en place pour être toujours à la page des tendances numériques.

Les territoires numériques de l’audiovisuel public

Anne-Marie Amoros (directrice de France Bleu Mayenne) et Guénolé Seiler (délégué numérique de France 3 Pays de la Loire) racontent comment l’audiovisuel public innove pour renouer une relation de proximité avec le citoyen : réseaux sociaux, vidéo 360, son immersif… autant d’outils qui permettent d’atteindre cet objectif.

Les nouvelles voies de la communication territoriale

En 15 ans, les citoyens ont pris une place prépondérante dans la communication territoriale. Xavier Crouan, (directeur à l’information et à la relation au citoyen à Nantes Métropole) et Laurent Riera, (directeur de la communication et de l’information de Rennes- Ville et métropole) expliquent comment cela a changé la manière de lancer et conduire un projet public.

Crédit photo de Une G. Crescoli via Unsplash

L’innovation à l’Associated Press : partager une culture plutôt qu’un Lab

Billet originellement publié sur media-innovation.news. Il est présenté dans le cadre d’un partenariat éditorial entre WAN-IFRA et Méta-Media. © [2018] Tous droits réservés.

Pour encourager une culture de l’expérimentation et la collaboration au sein de son organisation, l’Associated Press (AP) développe un hub mondial qui encourage les efforts d’innovation internes et externes.

Avec des équipes dans plus de 100 pays, l’AP couvre l’actualité mondiale, depuis la breaking news jusqu’au reportage d’investigation, sous différents formats comme la photo, la vidéo et l’écriture. Sa démarche d’innovation a vu le jour il y a trois ans avec l’identification de trois piliers stratégiques : la création de contenus, la maîtrise de l’intelligence artificielle et l’exploration de modèles économiques au-delà du cœur de métier de l’agence. Une culture d’innovation était donc nécessaire pour faire fonctionner ces trois piliers ensemble.

L’Associated Press a fait le choix de ne pas créer de lab physique car cela limiterait le nombre de personnes qui pourraient y accéder et donc y collaborer.

« Étant donné que nous sommes une grande organisation avec des bureaux et des salariés dans le monde entier, se concentrer sur la diffusion de cette culture d’innovation semblait le meilleur moyen d’impliquer tout le monde dans le processus« , rappelle Francesco Marconi, Directeur de la stratégie de l’entreprise.

La communication est la clé

Et cette  culture d’innovation, l’AP la développe autour de trois axes principaux. Il y a tout d’abord AP Insights, un site web qui rassemble les bonnes pratiques de l’industrie médiatique en matière d’innovation et met en lumière les projets innovants de l’AP, qu’ils touchent à la technologie, aux modèles d’affaires ou encore à la collaboration avec les universités.

« Cela nous a permis d’attirer l’attention sur notre démarche et de susciter l’intérêt de beaucoup de monde », explique Francesco Marconi.

Un comité d’intelligence artificielle a également été créé pour travailler sur le déploiement de l’IA dans l’agence. Francesco Marconi est en effet convaincu qu’une utilisation novatrice de l’IA peut libérer des ressources sur des tâches journalistiques essentielles en permettant aux rédactions de se concentrer sur ce que les humains font le mieux. Lorsqu’elle est maîtrisée, l’intelligence artificielle peut aider à maximiser la production des rédactions – a fortiori dans un contexte de réduction des ressources et des budgets. L’IA pourra donc les aider à couvrir des terrains qui étaient auparavant laissés de côté.

Le troisième effort, peut-être celui qui sera le plus susceptible de changer les mentalités dans l’entreprise, est Inside AP : une sorte de Facebook interne qui permet aux salariés de suivre l’actualité de l’agence en matière d’innovation, des événements organisés aux annonces de partenariats avec d’autres entreprises innovantes.

Un hub plutôt qu’un lab

Toutes ces initiatives constituent le cœur du centre d’innovation de l’AP, construit autour de l’idée que la communication autour de son action permettra d’embarquer les collaborateurs de l’agence dans cette démarche, comme le souligne Francesco Marconi :

« Notre approche de l’innovation se fonde sur ce que l’on fait de mieux, créer du contenu et raconter des histoires. Nous avons commencé à organiser des webinaires et des séminaires où nous formons notre staff au design thinking, en tirant parti des nouvelles technologies comme la réalité virtuelle et l’intelligence artificielle. Et à long terme, nous partagerons aussi ces efforts avec le reste des acteurs du secteur. »

Cette combinaison d’apprentissage et de partage forme la base d’un centre d’innovation adapté à la structure internationale de l’AP. Un véritable effort est mené pour inclure tous les salariés de l’agence :

« Nous avons créé de petites affiches qui représentent les buts stratégiques de l’entreprise, et nous les avons distribuées dans toute l’agence. Encore une fois, il s’agit de nous assurer que les gens sont conscients que tout le monde peut contribuer, que l’avis de chacun est pris en compte, que leurs idées ont de la valeur et que c’est grâce à ce réseau de connaissance que l’entreprise avance. »

Investir dans les start-ups

L’AP est aussi partenaire de MatterVentures, incubateur de médias basé à San Fransisco et New York financé par des médias dont l’AP, le New York Times et McClathy. Une fois incubées, les start-ups entrent dans un programme ouvert aux équipes des sociétés de médias partenaires.

Dans le cadre de ce programme, une équipe de l’AP a travaillé sur un projet d’innovation dans le secteur du sport, et Francesco Marconi a également participé à un projet autour de l’IA, qui a d’ailleurs mené à la création du comité d’intelligence artificielle de l’AP.

Une stratégie pour guider l’innovation

L’innovation est un processus guidé par la volonté d’apprendre et de partager des expériences, et cela commence nécessairement avec les besoins de l’entreprise : “Tout l’argent que l’AP génère est réinvesti dans l’information ou le journalisme. Même si nous sommes une entreprise à but non lucratif, il est donc important de construire une entreprise saine.”

Adopter la mentalité d’une start-up n’est donc pas suffisant ; il s’agit de combiner les atouts de l’état d’esprit agile des start-ups avec l’histoire d’une entreprise de 170 ans.

Il ne s’agit pas de lancer des projets ou tester des technologies juste pour l’expérimentation. Nous préférons plutôt nous concentrer sur des projets très précis qui ont des résultats spécifiques que nous pouvons mesurer et qui ne doivent pas nécessairement être risqués”, explique Franscesco Marconi.

SERIE MEDIA LABS

Méta-Media décrypte : le design éthique

Alors que de plus en plus de designers fustigent les pratiques des géants du numérique pour lesquels ils travaillent, la question de l’addiction aux interfaces numériques s’imposent comme un véritable sujet de société. Plus encore, certains appellent à repenser la technologie comme un outil qui doit avant tout bénéficier à la société, à penser le design de manière éthique.

Les autres vidéos de la série

Liens vagabonds : les géants de la tech dans le viseur des autorités américaines

A RETENIR CETTE SEMAINE :

Les géants de la tech dans le viseur des autorités américaines – mercredi, Facebook et Twitter ont été auditionnés au congrès américain… mais la plupart des sujets qui fâchent ont été évités ! Le Département de la Justice a publié une mise en garde envers les plates-formes qui ne respecteraient pas la liberté d’expression et la Maison Blanche a elle aussi menacée de réguler Google. Pour certains, il serait temps de démanteler Facebook.

Neutralité du net – les telcos US ont bien profité de la fin de la neutralité du Net pour brider les plateformes vidéos comme YouTube, Netflix et Amazon Prime. Les chercheurs qui ont sorti l’étude ont utilisé l’application Wehe (utilisée aussi par l’ARCEP en France) pour contrôler le débit de différents services en ligne et ont constaté par exemple que celui de Netflix était de 1,77 mégabits par seconde sur T-Mobile, contre 6,62 mégabits en moyenne sur le réseau. Un FAI Californien exhorte ses employés à signer des pétitions pour éviter le retour de la neutralité du Net.

YouTube lance ses 2 premières séries originales françaises : Gromm et Les Emmerdeurs, à découvrir sur les chaînes Youtube de Studio Bagel et Golden Moustache (Groupe M6). Une avant-première est prévue au Grand Rex à Paris le 18 septembre.

3 CHIFFRES

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE 

Infographie: Si vous aviez parié sur Amazon à son entrée en bourse... | Statista

En partenariat avec Statista

MUST READ

DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION

USAGES ET COMPORTEMENTS

 SURVEILLANCE, CONFIANCE, DONNEES PERSONNELLES

LEGISLATION, REGLEMENTATION

RÉSEAUX SOCIAUX

Spectacles 2

PLATEFORMES VIDEOS, OTT, SVOD

STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS

IMMERSION, 360, VR, AR

JOURNALISME

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SPORTS

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DATA, AUTOMATISATION, INTELLIGENCE ARTIFICIELLE

PUBLICITE, MONETISATION

OUTILS

 

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