Comment prévenir et traiter les traumatismes secondaires des journalistes d’investigation open source

Par Hannah Ellis, chercheuse au Berkman Klein Center for Internet & Society at Harvard University. Billet originellement publié en anglais sur bellingcat et republié sur méta-media avec autorisation.

Qu’il s’agisse de victimes d’une attaque chimique ou d’un attentat à la bombe, les journalistes faisant des enquêtes open source sont tenus de regarder et d’interagir avec des images brutes provenant du terrain, qui sont au cœur des enquêtes open source en ligne. Avec l’augmentation du nombre de médias qui traitent l’information par l’image, les enquêteurs doivent s’adapter et traiter un nombre important de séquences audiovisuelles. Bien qu’elles soient des preuves potentielles à des fins d’enquête et de d’intérêt public, nous devons être conscients des effets traumatisants qu’elles peuvent avoir sur ceux qui entrent en contact avec elles régulièrement. La conséquence d’une exposition répétée pour les journalistes est ce que l’on peut qualifier de traumatisme par procuration ou secondaire. On parle de détresse mentale qui est la résultante de l’interaction avec ces images en ligne.

Ce guide est destiné à servir d’outil pédagogique à tous ceux qui travaillent dans le domaine de la recherche open source. Il inclut les recherches de Sam Dubberley, responsable du corps de vérification numérique d’Amnesty International / contributeur du centre EyeWitness Media Hub, ainsi que l’expérience de l’auteur au laboratoire d’enquêtes Open Source du Human Rights Center de la UC Berkeley Law School. Le guide se concentre sur des thèmes de travaux d’investigation liés au Moyen-Orient, mais peut être adapté à d’autres zones géographiques.

Prévenir les traumatismes secondaires

Le contenu des enquêtes open source au Moyen-Orient est souvent très visuel par nature. Savoir de quelle manière on peut prévenir les traumatismes secondaires est la première étape du ralentissement du burn out causé par les traumatismes par procuration dans le domaine des droits de l’Homme.

L’un des premiers aspects en matière de prévention des traumatismes secondaires est de se connaître soi-même et donc de savoir quelles images vous affectent le plus. Pour certaines personnes, le son des enfants qui pleurent est particulièrement traumatisant. Pour d’autres, il s’agit de blessures physiques explicites. Comprendre vos propres sensibilités est essentiel pour prévenir les traumatismes, car cela permet une préparation mentale. On est particulièrement vulnérable aux traumatismes secondaires lorsque l’esprit n’est pas préparé ou surpris par ce qu’il rencontre. En conséquence, il est impératif que vous vous prépariez mentalement à ce que vous allez voir, tout en avertissant vos collègues des images choquantes que vous avez l’intention de leur montrer.

La compréhension de vos antécédents et de votre environnement est un autre facteur important dans la prévention des traumatismes secondaires. Avoir un lien personnel avec l’objet de votre enquête peut intensifier le traumatisme secondaire. Vos aptitudes qui sont utiles et précieuses pour mener une enquête open source au Moyen-Orient, telles que la capacité de parler arabe ou des relations personnelles avec la région, peuvent souvent rendre l’impact des images encore plus traumatisant. Votre environnement peut également avoir un impact sur votre sensibilité aux traumatismes secondaires. Gardez votre travail d’enquête dans un bureau. Si vous travaillez à domicile, ne travaillez pas dans votre chambre à coucher. Il est important de garder un espace « sûr » chez vous. Instaurer une routine avec des horaires délimités par avance est également nécessaire. Fixez des plages horaires pour votre travail et faites un effort pour limiter le travail de nuit.

Se prémunir lorsque l’on travaille sur des plateformes open source

Lorsque vous travaillez sur Twitter, YouTube et Facebook, plusieurs outils permettent de réduire le risque de traumatisme secondaire.

 

enfant طفل / طفلة

attaque chimique الهجوم الكيميائي

martyr شهيد

bombe قنبلة

torture تعذيب

famille أسرة / عائلة

hôpital مستشفى

blessure الصابة

Identifier un traumatisme secondaire

Avec le temps, même avec vigilance, une exposition fréquente à des contenus violents peut commencer à affecter même l’enquêteur le plus averti. Voici quelques signes d’avertissement à prendre en compte dans votre propre vie.

Soyez vigilants aux changements concernant votre sommeil, votre régime alimentaire et vos relations :

Si vous vous écartez de vos habitudes habituelles, cela peut être un signe que votre travail d’enquête pourrait vous affecter négativement. Une fois que vous avez reconnu ces signes, il est temps de faire une pause et d’évaluer votre santé mentale.

Traiter le traumatisme secondaire

Si vous commencez à ressentir des symptômes de traumatisme secondaire, faîtes une pause et réfléchissez aux effets que cela peut avoir sur vous. Prenez du recul. En tant qu’enquêteurs open source, on veut souvent faire fit de ses émotions et les ignorer pour continuer son travail. Il y a un sentiment d’impuissance qui née du fait d’être inactif. Cependant, pour être un enquêteur productif au Moyen-Orient, vous devez faire face au traumatisme que vous subissez.

Prenez contact avec vos amis et votre famille. Souvent, les relations avec ceux qui ne sont pas dans le domaine des enquêtes offre une pause bienvenue. S’ouvrir à des collègues est tout aussi utile, sinon plus. Vos collègues savent exactement ce que vous vivez et à quoi vous êtes exposé quotidiennement. Prendre le temps de réfléchir et de se soutenir est essentiel pour affronter et surmonter les traumatismes.

Il est également important de trouver des activités de relaxation mentale à effectuer. Il a été démontré que faire de l’exercice et de la méditation atténuent les symptômes d’un traumatisme par procuration. Le sport peut contribuer à réduire l’anxiété et la dépression, et fournit un aspect de votre vie sous votre contrôle. La méditation peut être une activité utile pour détendre l’esprit. De nombreuses applications telles que Mindfulness, Insight Timer et Headspace vous guident à travers des programmes de médiation. Décompresser avec la télévision ou des vidéos légères peut également fournir une pause mentale nécessaire.

Trouvez ce qui marche le mieux pour vous. Si les symptômes persistent, vous pouvez envisager de consulter un professionnel.

Conclusion

Le Moyen-Orient est culturellement riche. Pourtant, en tant qu’enquêteurs, on n’intervient souvent qu’avec les aspects les plus abominables de la région. Au Centre des Droits de l’Homme, on consacre délibérément du temps pour la musique, les arts et la poésie du Moyen-Orient chaque semaine pour nous rappeler la beauté et l’humanité de la région. Cela a contribué à atténuer une vision monochrome et à réduire le sentiment de découragement qui pourrait se créer avec le temps.

Lorsque vous menez des enquêtes open source sur le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, soyez attentif à votre santé. Faites des pauses, interagissez judicieusement avec le contenu et maintenez le contact avec vos proches. La déstigmatisation du stress mental qui accompagne ce travail est tout aussi importante.

 

Crédit photo de Une :  Matt Wildbore via Unsplash

Le MAS, nouveau bras armé de l’innovation de Nice-Matin

Par Alexandre Bouniol, France Télévisions, MediaLab

Depuis 2015, Nice-Matin a entamé une profonde transformation numérique. Alors en proie à des difficultés économiques majeures, le quotidien a opté pour un virage à 180° pour s’imposer comme un média innovant à part entière. Dernier projet en date : le lancement du MAS en janvier dernier, le lieu d’innovation du journal.

Nous avons eu l’occasion de nous entretenir avec Damien Allemand, chef du service digital de Nice-Matin et à l’initiative du MAS, qui nous a exposé la stratégie, les ambitions et les projets de ce tout nouveau lieu d’innovation.

4 axes de développement

Lancé en janvier 2019, le MAS est piloté par une cheffe de projet, Marjorie Roubaud-Lubrano accompagnée de deux consultantes. Mais l’ensemble des services de Nice-Matin est aussi investi à des degrés divers nous affirme Damien Allemand, qui insiste sur l’importance d’une bonne communication en interne « pour que ce lieu ne soit pas vu comme un espace concurrent et pour essayer d’acculturer les autres salaries à ce lieu-là, qu’ils se l’approprient, que ce soit un lieu de passage. C’est important d’avoir un lieu qui soit sur le chemin des gens quand ils vont au bureau, que ce ne soit pas enfermé […] et après faire venir des gens de l’extérieur. »

Son développement repose sur quatre axes stratégiques :

Double incubation, apports réciproques

Pour la première année du MAS, Nice-Matin a accueilli six start-ups au sein de ses locaux : Dibster, Bee shary, Deserve Mi, Time N’ Joy, Ready Park et Yöma Family. Ces start-ups ne développent pas des innovations technologiques, mais proposent toutes des services en usage. Pour Damien Allemand, même si elles n’ont pas de lien direct avec une activité médiatique, « les starts-ups sont en parfaite cohérence avec la ligne éditoriale de notre offre abonnés » avec « le lecteur au centre de l’offre abonnés ou sur du journalisme de solutions qui apporte des réponses concrètes aux problèmes des gens ». Par exemple, Dibster propose aux personnes qui ont eu des vols annulés ou retardés, de gérer les démarches administratives pour obtenir un dédommagement.

Le journal met à leurs dispositions gratuitement leurs locaux mais leur offre également la possibilité de « beta-tester » leurs services auprès de leur communauté de lecteurs dès qu’ils sont viables. Les start-ups promeuvent des méthodes de travail, basées sur l’horizontalité, l’agilité et l’entraide qui peuvent ouvrir les perspectives de travail nouvelles au sein du quotidien.


Nice-Matin a aussi accueilli cette année deux médias au sein de son incubateur : Switch On Paper, un site d’actualités décryptées par le prisme de l’art contemporain et Radio Nizza qui produit de l’information locale en italien via leur blog et un podcast. Par exemple, Radio Nizza permet au journal de toucher une communauté (les Italiens à Nice) qu’il n’atteignait pas et d’investir le terrain du podcast sur lequel Nice-Matin souhaite plus s’engager que ce n’est le cas actuellement. Damien Allemand parle même d’une « sorte de Nice-Matin en italien » ce qui souligne d’autant plus la complémentarité et les apports réciproques que ces médias peuvent s’offrir.

Un modèle économique à développer

Pour financer ce nouveau lieu d’innovation, Nice-Matin mise à la fois sur les branches événement et formation du MAS qui permettent d’engendrer des revenus, mais aussi sur des subventions. Privées, à travers différents fonds comme ceux dédiés à la presse de Google et publiques, octroyées par le ministère de la Culture. C’est fonds sont absolument nécessaires pour innover martèle Damien Allemand : « si je n’avais pas tous ces fonds, je n’aurais jamais pu mener tous ces projets ». C’est d’ailleurs grâce au fonds de soutien à l’émergence et à l’innovation dans la presse que le MAS a pu être lancé.

Le MAS prend également tout son sens économiquement parlant pour le journal. Pour Damien Allemand, « c’est une diversification claire » de l’activité du groupe. C’est ce qui permettra à terme de trouver un modèle économique viable :

« Il faut se diversifier. Aujourd’hui personne n’a trouvé le modèle clé. Le modèle clé sera une combinaison de solutions qui, toutes mises bout à bout, arriveront à pérenniser Nice-Matin. Le MAS fait partie de ces combinaisons de solutions à mettre autour de Nice-Matin. » – Damien Allemand

L’innovation permanente

Le lancement de ce lieu d’innovation s’inscrit dans un cadre plus global d’innovation du groupe. Depuis 2015, Nice-Matin a lancé une multitude de projets disruptifs :

Le journal compte bien continuer sur cette voie-là et envisage des « chantiers de fond » en 2019, à commencer par la refonte du site internet et de l’offre abonnés.

« On essaie de bâtir un Netflix de l’info locale » nous confie Damien Allemand.

L’autre projet lancé en parallèle cette année est l’arrivée d’un robot-journaliste dans les locaux du quotidien, rendue possible grâce à un fonds Google européen. Il sera la pierre angulaire de l’automatisation de contenus, notamment des articles de faible valeur ajoutée comme la météo, qui permet de faire gagner du temps aux journalistes au desk. L’autre casquette du robot est le traitement de données ; il pourra envoyer des alertes aux journalistes afin de mettre en exergue une information pertinente.

« Le but sera de libérer du temps aux journalistes pour aller chercher des informations de meilleure qualité. » – Damien Allemand

SERIE MEDIA LABS – épisodes précédents

Liens vagabonds : Netflix, gagnant contesté de toute part !

A retenir cette semaine :

#Netflix : après un premier Lion d’or décerné au film Roma à la Mostra de Venise en septembre dernier, Netflix décroche cette fois trois Oscars, mais pas le meilleur film. Une distinction qui fait débat dans le monde du cinéma. Quelle légitimité a la plateforme ? Dans un article de la Harvard Business Review, les auteurs estiment que « Netflix n’est pas une firme qui vend tel ou tel film à de nombreux clients. Elle vend de nombreux films à telle ou telle personne, sous forme de forfaits ». On est bien loin de l’économie du cinéma

Sur le terrain de la SVOD, Netflix fait face à un nouveau concurrent en Europe : la BBC s’allie à son concurrent privé ITV en lançant une offre à £5 par mois pour investir ce marché en plein essor. Il est vrai que les derniers chiffres de croissance de l’entreprise de Los Gatos ont de quoi impressionner. Rien qu’en France, l’application Netflix a été téléchargée plus de 10 millions de fois en 2018, juste devant le Royaume-Uni. En terme de revenus, c’est l’Allemagne qui rapporte le plus avec plus de 35 millions de dollars générés. Pourtant, la plateforme pourrait gagner encore plus. Netflix perdrait ainsi 192 millions de dollars par mois à cause du partage de comptes. En attendant, un nouveau service extérieur joignant l’utile à l’agréable est possible sur la plateforme : il y est désormais possible d’apprendre une langue étrangère.

Aussi cette semaine :

Après l’annonce du Président Abdelaziz Bouteflika qu’il souhaiterait briguer un cinquième mandat, l’Algérie fait face à un fort mouvement de contestation. Alors que des journalistes étaient venus couvrir un rassemblement contre la censure, certains d’entre eux ont été interpellés, et incarcérés. Pierre Haski, Président de Reporters Sans Frontières fait état d’une « vraie bataille de l’information ».

Les difficultés économiques des médias s’étendent désormais aux agences de presse : après l’AFP, Reuters va supprimer 25 postes de journalistes en France

Les Etats-Unis commencent à penser qu’il faudrait renforcer l’arsenal législatif pour protéger la vie privée.

3 CHIFFRES

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE

Infographic: Netflix's Growing European Audience | Statista
Vous trouverez plus d’infographies sur Statista

DIGNE DE VOTRE TEMPS

DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION

USAGES ET COMPORTEMENTS

SURVEILLANCE, CONFIANCE, DONNEES

LEGISLATION, REGLEMENTATION

FAKE NEWS, LIBERTE DE LA PRESSE

JOURNALISME

Columbia Journalism Review

RÉSEAUX SOCIAUX

PLATEFORMES VIDEOS, OTT, SVOD

STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS

IMMERSION, 360, VR, AR

AUDIO, PODCAST, BORNES

https://soundcloud.com/bloomberg-business/everybody-makes-podcasts-can-anyone-make-them-profitable-read-aloud

SPORTS  

DATA, AUTOMATISATION, INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, BLOCKCHAIN

 5G / MOBILES / TELCOS

JEUX VIDEO, eSPORT

PUBLICITE, MONETISATION

TECH, STARTUPS, SMART

OUTILS

 

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ES avec l’équipe Méta-Media

Pour réduire leurs coûts et résister aux géants, les rédactions japonaises partagent une plateforme de publication commune

Par Tim Hornyak, journaliste indépendant. Billet originellement publié en anglais sur Splice et republié sur méta-media avec autorisation.

Les médias sociaux restent une source d’information dominante pour les consommateurs dans de nombreux pays. En 2018, ils dépassent les journaux aux États-Unis, où 45% des internautes s’informent par Facebook. Les fournisseurs de nouvelles ont besoin de tous les avantages concurrentiels possibles à une époque de baisse de la rentabilité et de fausses nouvelles.

Il n’est donc pas surprenant que l’externalisation de la gestion de contenu soit désormais vue comme une option de plus en plus viable pour les rédactions numériques.

Jesse Knight, qui a passé plus de sept ans à créer une première plateforme internationale pour Vice Media, a récemment appelé  à une plateforme de publication commune, affirmant que cela laisserait les publications utiliser leurs ressources de manière plus stratégiques :

« Si les entreprises peuvent mettre de côté leurs (considérables) différences et utiliser une seule plateforme de publication, elles pourraient organiser collectivement un combat gagnant contre Facebook. »

Nordot ,une entreprise basée à Tokyo, a lancée en avril 2015 avec le soutien des plus grandes sociétés de presse japonaises, Kyodo News Digital et Yahoo Japan. Elle opère exactement sur le genre de modèle que Knight préconise : une plateforme de publication commune offrant plus de 50 000 articles provenant de centaines d’éditeurs au Japon.

Crédit photo : Tim Hornyak

Mise en relation des fournisseurs avec les distributeurs

Nordot rassemble des fournisseurs de contenus et des distributeurs afin de minimiser les coûts, et vient de lancer une version en anglais de son site web.

Les grosses publications peuvent sourcer des informations a peu de frais, tandis que les petits éditeurs peuvent atteindre un public beaucoup plus grand ; chacun s’y retrouve donc avec plus de revenus publicitaires, selon Nordot. La startup indique que le Kumamoto Nichinichi Shimbun, un journal régional du sud du Japon, a doublé ses revenus publicitaires par article en utilisant Nordot tout en augmentant la notoriété de son public et de sa marque.

« Il s’agit d’une plateforme complètement nouvelle et il n’y a pas d’autre service comme celui-ci au Japon ou à l’étranger », déclare Ryutaro Nakase, fondateur et PDG de Nordot. « Elle peut rassembler des producteurs et des distributeurs, qui ont été séparés, dans une nouvelle forme de média.»

Lors d’une démonstration au Kyodo News à Tokyo, Nakase a montré comment un journal local de Kyushu, dans le sud du Japon, pouvait rechercher des sujets populaires dans les médias japonais, tels que des articles sur le cinéma, le sport et les animaux domestiques. L’ajout des résultats à un flux ou à un site web s’est fait simplement en quelques clics.

« Il peut être difficile pour les petits fournisseurs de contenus ou les distributeurs de travailler avec des plus puissants. Par exemple, un journal régional plus petit pourrait être confronté à des obstacles majeurs dans la vente de ses articles aux plus grands sites web agrégateurs de nouvelles au Japon », déclare Nakase. « Notre plateforme peut aider à corriger ce déséquilibre. De plus, les utilisateurs n’ont pas à négocier sur le partage de contenus et les revenus publicitaires. »

Attrait régional et international croissant

Nordot indique que sa plateforme a déjà quelque 6 millions de lecteurs. Environ 400 éditeurs l’ont adoptée, dont la majorité sont des journaux régionaux au Japon, tels que Kyoto Shimbum, Kobe Shimbum et Hokkaido Shimbum.

Parmi les autres utilisateurs figurent les grandes marques de médias Quartz et Huffpost, des sites de sport et de divertissement comme Rakuten NBA News et Cinema Today, ainsi que des sites web axés sur des villes étrangères tels que New-York et Macao.

Les fournisseurs peuvent stocker leurs contenus sur le service cloud de Nordot aux formats CMS, RSS et API. Les éditeurs peuvent ensuite rechercher et sélectionner ce qu’ils veulent inclure sur leurs sites, leurs applications ou leurs réseaux sociaux. Le contenu peut également être téléchargé automatiquement une fois que les mots clés sont choisis.

Quand les utilisateurs cliquent sur un aperçu,  les articles et les graphiques apparaissent dans une fenêtre sous le domaine de Nordot, avec la marque du fournisseur en haut, des liens vers le site du fournisseur, des comptes des réseaux sociaux, ainsi qu’une multitude d’articles suggérés en bas.

Les revenus publicitaires qui apparaissent en bas des articles sont alloués à 61,8% aux éditeurs et à 38,2% aux distributeurs, mais si aucun distributeur n’est impliqué, tout va aux fournisseurs. Les éditeurs peuvent également agir en tant que distributeurs, auquel cas ils obtiennent 38,2%. Nordot prend 19% de commission à la fin.

Construire une rédaction collective

Ancien journaliste, Nakase a fondé Nordot après avoir travaillé pour l’éditeur d’affaires Nikkei BP, Yahoo Japan et Kyodo. Il voulait créer une « newsroom collective » qui pourrait offrir un équilibre plus équitable entre les grands et les petits acteurs du marché du contenu.

Kyodo a accepté d’investir dans le concept Nordot à 85 % et Yahoo Japan à hauteur de 15 %. La société a actuellement environ dix employés à travers le Japon, les Etats-Unis et la Malaisie. Configuration rare pour une startup japonaise, Nordot n’a pas de bureau et, à part des réunions occasionnelles, tout le travail est effectué en ligne.

« Nous avons une très petite équipe mais nous avons été capables de construire ce service de cloud offrant de nombreux avantages aux utilisateurs », déclare le directeur de la technologie de Nordot.

Avec son nouveau site en anglais, Nordot se concentre désormais sur la croissance des éditeurs anglais et sur le développement de sa présence hors du Japon. Son nouveau modèle n’aurait pas pu arriver à un moment plus critique pour les petits fournisseurs de contenu.

« Il existe une multitude de médias et de bloggueurs à l’ère du web et comme les publicités sont également omniprésentes, les revenus publicitaires ont diminué », a déclaré Nakase. « Il est inefficace pour les éditeurs d’essayer de tout faire eux-mêmes alors qu’ils doivent essayer de concurrencer des géants de la distribution d’information tels que Google et Yahoo. C’est pourquoi il est préférable que les éditeurs coopèrent. Nous avons développé notre modèle pour renforcer cette coopération. »

Crédit photo de Une :Tim Hornyak

Paris Talks, 2e édition de la conférence sur le futur de l’humanité

Après le lancement de la conférence Paris Talks l’année dernière sur l’avenir de l’Humanité, Expats Paris vient d’annoncer l’édition 2019 qui se déroulera le 15 mars 2019, au siège social de l’UNESCO. Se succéderont tout au long de cette journée de nombreux acteurs qui mettront en lumière les origines des conflits du monde et de proposeront des solutions innovantes pour tenter de les résoudre. L’occasion de prendre un peu de hauteurs sur de nombreux sujets d’actualité. Méta-Media, partenaire de l’événement pour la deuxième année consécutive, vous propose un premier aperçu.

Plus de 400 leaders du monde rassemblés pour l’occasion

Construite autour de cinq grandes sessions thématiques, l’édition 2019 sera animée par une vingtaine de speakers parmi lesquels Kyle Matthews, directeur général de l’institut de recherche de Montreal sur le génocide et les droits de l’Homme, Miren Bengoa, directrice générale de la fondation CHANEL, Nicola Ayoub, danseuse et chorégraphe, Stefania Giannini sous-directrice générale de l’UNESCO ou encore Alex Taylor, écrivain et journaliste « européen ». Le but de ces interventions est d’apporter aux quelques 400 décideurs politiques, universitaires, diplomates, dirigeants d’entreprises ou encore d’ONG qui seront présents, des clés de compréhension pour aborder ensemble les défis de la prévention de conflits locaux et internationaux.

Les 10 keynotes à ne pas manquer :

  1. Global Pandemics: The Next Security Risk
  2. Hunger: the silent consequence of conflict
  3. Failing Global Leadership: Lessons From Brexit!
  4. Terrorism: Prevention In The 21st Century
  5. How To Design Better Policies Against Extreme Violence
  6. Are We Prepared For Nuclear War?
  7. The Global Cyber-WarFare Is Heating Up
  8. Climate Change & Energy Transition: A Lesson For The Future
  9. Gender Equality & Women Empowerment: Unlocking Human Potential On A Transformational Scale
  10. Education 2030: Making It Work For Real

Paris Talks se déroulera entièrement en anglais. Le programme complet ici.

Pour participer à l’événement, rendez-vous sur la billetterie en ligne.

5 places à gagner

Méta-Media est partenaire de l’événement et vous fait gagner 5 places

Il suffit de :

– suivre @metamedia sur Twitter si ce n’est pas déjà fait
– retweeter le tweet ci-dessous
– tirage au sort jeudi 7 mars. Bonne chance !

Liens vagabonds : #haine #pédophilie Facebook, YouTube et consorts continuent de laisser faire

A retenir cette semaine :

#haine : Comment répondre à la prolifération des contenus haineux sur Internet ? Facebook continue de laisser les annonceurs cibler des fans nazis, YouTube, malgré ses promesses, recommande toujours des vidéos conspirationnistes. Est-il seulement possible de contenir les stars du complot sur YouTube ? En attendant, des annonceurs stoppent des campagnes sur YouTube après les accusations sur la pédophilie, et ils sont de plus en plus nombreux. La plateforme durcit toutefois ses règles d’utilisation  et démonétise les vidéos anti-vaccins; tandis que Facebook modifie ses règles de localisation. Mais Facebook avait promis de donner plus de contrôle sur les données, mais n’a jamais concrétisé. L’Etat de New York va enquêter sur une nouvelle fuite de données au profit de Facebook, et dans un climat politique tendu, la France détaille un projet de loi pour lutter contre la haine sur Internet.

#confiance : Google est dans la tourmente après avoir “omis” d’informer les utilisateurs de Nest que le système contient un micro capable de synchroniser les conversations avec son Assistant. Mark Zuckerberg, au même moment, se contredit en affirmant ne pas vouloir équiper/surveiller chaque salon avec une caméra. GAFA, arrêtez juste de dire : “nous prenons très au sérieux la confidentialité et la sécurité de vos données. Facebook, un “gangster du numérique” ? C’est en tout cas ce que dit le parlement britannique cette semaine dans son rapport montrant que la firme a délibérément violé la loi en matière de protection de la vie privée et de concurrence. Pendant ce temps, Google se bat contre la désinformation, un peu, beaucoup, passionnément ? Facebook et les autres géants de la tech ont décidément besoin d’une supervision éthique.

Mais Google et Facebook ont gagné sur la publicité ! La pub numérique a désormais dépassé l’imprimée et la TV.

Aussi cette semaine :
Censée être invulnérable, la blockchain est désormais “hackable”.
La stratégie d’Amazon Studios : produire 30 films par an.; 
Canal+ lancera sa SVoD dédiée aux séries le 11 mars à moins de 10 euros par mois 

LinkedIn lance les « Infos à la Une » en France sur l’actu économique avec ses propres journalistes.
Samsung déplie son smartphone et dévoile un modèle 5G.

3 CHIFFRES

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE

Infographie: Le marché de la 5G devrait décoller en 2021 | Statista Vous trouverez plus de infographies sur Statista

DIGNE DE VOTRE TEMPS

DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION

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LEGISLATION, REGLEMENTATION

FAKE NEWS, LIBERTE DE LA PRESSE

 


JOURNALISME

RÉSEAUX SOCIAUX

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STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS

IMMERSION, 360, VR, AR

AUDIO, PODCAST, BORNES

DATA, AUTOMATISATION, INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, BLOCKCHAIN

4K,  U-HD, 8K, HDR

5G / MOBILES / TELCOS

CINEMA

JEUX VIDEO, eSPORT

PUBLICITE, MONETISATION

TECH, STARTUPS, SMART

EDUCATION, FORMATION, MOOC

OUTILS

 

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ES avec l’équipe Méta-Media

 

Les principales leçons du rapport britannique sur l’avenir du journalisme

Par Alexandre Bouniol, France Télévisions, MédiaLab

Quelques jours avant la publication du déjà fameux rapport des députés britanniques qualifiant Facebook de « gangster numérique », un autre rapport important est paru au Royaume-Uni. La presse est en danger; et si rien n’est fait rapidement, c’est toute une industrie, voire même la démocratie, qui peuvent mourir à petit feu, alerte ce document d’expert. Quelles solutions sont possibles face à ces menaces ?

Voici les principaux enseignements à en retenir pour « un futur durable pour le journalisme ».

Le journalisme au Royaume-Uni en pleine « disruption »…

Le rapport Cairncross, établi par une journaliste universitaire à la demande du Premier ministre, revient sur l’importance du journalisme dans une démocratie. Il est vital. Nécessaire. Il défend un journalisme  « d’excellence » pour que le régime soit le plus saint possible, répondant à des codes, des pratiques, des standards permettant de donner une légitimité à la profession. Mais c’est surtout sur la notion d’information d’intérêt général dont il est question dans ce rapport. Ce type d’information serait ainsi en péril au Royaume-Uni :

 … à l’instar du marché de l’information

Le marché de l’information au Royaume-Uni a profondément changé ces dix dernières années, suite à l’arrivée du smartphone en 2007. On constate tout d’abord une chute drastique de la distribution de quotidiens nationaux passant de 11,5 millions d’exemplaires en 2008 à 5,8 millions en 2018.

La presse locale est celle qui est la plus durement touchée, le nombre de quotidiens étant passé de 1303 à 982 entre 2007 et 2017.

D’un autre côté, on constate l’émergence de pureplayers avec l’arrivée d’acteurs comme Buzzfeed ou le Huffpost. Jamais l’information n’avait autant été accessible par les citoyens, même si ce sont les marques traditionnelles des médias qui en profitent le plus.

« Par exemple, BBC news est lu par 30 millions de lecteurs chaque semaine » constate Frances Cairncorss, l’autrice du rapport.

Cette transformation du marché a profondément impacté la manière dont les lecteurs accèdent à l’information. Désormais, ils passent principalement par des plateformes intermédiaires, comme Google News, Apple News ou Facebook. Cette méthode d’accès à l’information a plusieurs conséquences sur la réceptivité du lecteur :

Le rapport souligne le fait que les adultes britanniques passent moins de temps à s’informer et se sentent submergés par le flot d’informations. Pour exister dans cet écosystème, les médias ont dû adapter leur stratégie éditoriale. Ils ont réduit la taille de leurs articles, cherché à faire du contenu plus sensationnaliste et rédigé des titres à « haute portée d’audience ».

Le manque de clarté sur les plateformes pour distinguer les informations vérifiées des infox est aussi dénoncé. Plusieurs solutions sont proposées face à cela :

Une remise en cause du modèle économique de la presse

La presse britannique a donc subi une chute brutale de ses revenus à deux niveaux. Les annonceurs se retirent petit à petit de la publicité sur le print au profit de la publicité digitale. Les consommateurs achètent de moins en moins de journaux en format papier. Résultat, la baisse combinée de ces deux sources de revenus s’établit à -50% entre 2007 et 2017.

Historiquement, la presse a perçu le web comme un simple complément à la version papier et a cherché à maximiser le nombre de clics pour attirer les annonceurs sur leur site. Mais cette stratégie s’est avérée peu productive :

Pour essayer de rehausser la valeur de leurs espaces publicitaires, certains ont misé sur leurs contenus premium pour attirer des grandes marques soucieuses d’être associées à du contenu qualitatif. D’autres, comme le Financial Times, ont cherché à mieux cibler leurs lecteurs en proposant quelques contenus gratuits en échange d’informations personnelles. Plus généralement, « la publicité digitale n’est pas une source de revenus suffisante » d’après Frances Cairncross. Surtout pour la presse locale qui subit frontalement la publicité géolocalisée proposée par les plateformes. C’est la raison pour laquelle, certains journaux se sont lancés dans l’abonnement en ligne pour diversifier leurs revenus, dont certains à succès comme le New York Times ou le Washington Post. Mais « si l’abonnement en ligne fonctionne relativement bien pour les grandes marques nationales ou les journaux spécialisés ce n’est pas du tout le cas pour la presse locale ou les tabloïds » renchérit-elle.


D’autres sources de financement ont également été explorées. La donation et la notion d’adhésion à un média, initié par le Guardian, a porté ses fruits. Cette méthode a fonctionné sur une plus petite échelle, comme cela a pu être le cas pour le Bristol Cable. L’accès « à volonté » est une piste explorée par d’autres, comme Texture (racheté par Apple ndlr). C’est-à-dire agréger du contenu de plusieurs médias sur une même plateforme, rémunérant chaque média en fonction du nombre de clics. Le développement du micropaiement est décrit comme une opportunité dans la mesure où il pourrait favoriser l’achat d’article par article. Cependant, un des obstacles majeurs au Royaume-Uni est la très faible propension de la population à payer pour accéder à de l’information. Certains accusent la BBC de phagocyter le marché, mais des études tendent à prouver le contraire. Le rapport suggère en revanche d’abaisser la TVA pour les souscriptions d’abonnements en ligne pour la presse, comme c’est déjà le cas pour la presse papier.

Un rapport complètement déséquilibré entre les plateformes et les éditeurs

Tout le commerce (ou presque) de la publicité en ligne est faîte de manière « programmatique ». C’est-à-dire que le système publicitaire est géré par un processus automatique utilisant des critères très précis de ciblage grâce à l’ensemble des données récoltées par les plateformes sur les utilisateurs. Il est cependant très complexe de comprendre le fonctionnement précis de cette méthode, où les transactions financières entres les différents acteurs de la chaîne sont très opaques. Un éditeur a beaucoup de mal à connaître le montant exact qu’il perçoit par rapport à l’argent initialement investi par un annonceur. D’après différentes études menées, l’opacité et la multiplicité des acteurs sont devenues telles que le revenu est nécessairement rogné (bien plus que dans un système publicitaire classique) au détriment des éditeurs.

Le rapport fait état d’une situation de quasi-monopole de la part des plateformes sur l’ensemble de la chaîne de production de la publicité en ligne. Cette position dominante sur toute la chaîne de valeur ne fait que renforcer le pouvoir de négociation des plateformes par rapport aux autres acteurs.

Les plateformes jouissent aussi d’une supériorité dans la collecte des données. Personne d’autres qu’elles n’y ont accès. Il est très difficile de mesurer l’efficacité réelle de la publicité en ligne. Le manque de concurrence dans le domaine n’aidant pas, d’autant plus que l’arrivée de nouveaux acteurs semble impossible tant les barrières à l’entrée sont élevées.

Le changement potentiel d’algorithmes des plateformes, dont elles sont maîtresses, est également source de préoccupations pour les éditeurs, tant leur modèle économique en dépend. Ils en ont notamment fait les frais en janvier 2018 suite au changement d’algorithme de Facebook.

Le rapport s’intéresse ensuite à la manière dont Facebook et Google diffusent et classent l’information fournie par les éditeurs, qui est là aussi, assez opaque. L’affichage d’un article ne se fait pas de la même manière à partir d’un ordinateur ou d’un mobile. A partir d’un ordinateur, lorsque l’on clique sur un article à partir de ces plateformes, l’internaute se rend sur le site de l’éditeur. A partir d’un smartphone, il est question « d’affichage accéléré » qui a pour but initial d’améliorer le temps de chargement de la page. Le contenu ne s’ouvre pas sur le site de l’éditeur, mais « en complément » sur la page initiale de recherche. Dans le second cas, des anomalies ont été constatées. Sur Google, la publicité n’aurait souvent même pas le temps de s’afficher. Sur Facebook, l’éditeur doit passer par un autre système de publicité de la plateforme, système sur lequel Facebook récupère 30% des revenus générés…

Établir un rapport de force entre éditeurs et plateformes pour essayer de rééquilibrer la relation commerciale est très complexe, les dernières tentatives de négociations entre les deux secteurs ayant toutes tourné à l’avantage des plateformes. Certains avaient tenté de se retirer de Google News, mais la dépendance est telle qu’ils ont dû faire marche arrière. C’est tout l’enjeu de la directive européenne sur le droit d’auteur qui doit voir de quelle manière les pouvoirs publics peuvent instaurer un commerce équitable.

C’est ce que préconise le rapport : exiger plus de transparence de la part des plateformes pour « établir un environnement économique équitable, prédictible, durable et de confiance ». Le fait de connaître un maximum d’informations sur ces dernières permettrait de mieux comprendre le fonctionnement global du marché et donc de pouvoir intervenir plus efficacement.

Pour rétablir le déséquilibre entre plateformes et éditeurs, le rapport préconise deux choses :

Assurer un journalisme durable et de qualité

La presse locale et le journalisme d’investigation sont ceux qui sont à la fois les plus vitaux pour la démocratie mais aussi ceux qui ont le plus souffert des transformations digitales. Pour survivre, beaucoup de médias se sont lancés, à raison, dans le data-journalism, qui a permis de réduire les coûts de l’information (moins de besoin humain) et d’améliorer la qualité de l’information grâce à la pertinence des données. De belles réussites ont été constatées dans le domaine comme RADAR, qui collecte un ensemble de données publiques qui peuvent ensuite être analysées par des critères notamment géographiques, permettant de faire émerger des histoires aux journalistes.

Mais la presse locale est celle qui est le plus en péril. Ses chutes importantes de revenus lui donnent peu de marges de manœuvres financières. Elle ne peut, à l’instar de la presse nationale, procéder à des économies d’échelle de l’information, le bassin de population étant sensiblement bien plus réduit qu’au niveau du pays. Le rapport estime peu probable que la presse locale arrive à trouver un modèle économique (contrairement à la presse nationale) qui soit auto-suffisant.

L’autrice requiert une intervention de l’Etat face au danger qui guette le secteur. Une des premières interventions envisagées est la création d’aides pour l’innovation et l’usage des nouvelles technologies comme cela peut être le cas en France, aux Pays-Bas ou en Australie. Par ailleurs, certaines plateformes ont lancé des fonds similaires de leur propre chef comme Google avec le Google Digital News Innovation Funds. Frances Cairncross a l’intime conviction qu’une solution durable ne peut émerger aujourd’hui mais c’est pourquoi il est nécessaire d’investir dès maintenant pour trouver les solutions, demain. L’urgence sur le court-terme étant pressante, le rapport préconise une intervention directe de l’Etat. Comme cela peut être le cas dans différents pays européens à travers différentes aides et subventions allouées à la presse.

Sur une vision à plus long terme, le rapport suggère de donner un statut caritatif à la presse produisant des informations d’intérêt public. Cela lui permettrait de bénéficier de crédits d’impôts et donc encouragerait des actions philanthropiques. Le seul bémol est que les organismes caritatifs au Royaume-Uni s’engagent à adopter un comportement neutre vis-à-vis des politiques publiques menées par le gouvernement. Soit l’antithèse du journalisme. Si cet obstacle juridique ne parvient pas à être surmonté, le rapport suggère de créer des allègements fiscaux sur la presse, tel que cela peut-être le cas dans la production audiovisuelle.

Les 9 recommandations du rapport au gouvernement

  1. Les éditeurs dépendant massivement du trafic généré par les plateformes, il semble nécessaire d’établir une charte de bonne conduite qui permettrait d’encadrer les accords commerciaux pour rééquilibrer la relation entre les plateformes et les éditeurs. Le tout sous l’œil avisé d’une nouvelle instance de régulation (cf la neuvième recommandation).
  2. Approfondir le travail d’étude du marché de la publicité en ligne afin de mieux comprendre ses tenants et aboutissants pour limiter les abus de position de dominante et rendre la concurrence plus équitable. L’autorité de la concurrence et des marchés, à travers son pouvoir et ses compétences en la matière, est surement l’instance la plus à même à mener cette investigation.
  3. Les efforts des plateformes en ligne pour améliorer l’expérience des utilisateurs dans leur recherche d’informations, notamment en ce qui concerne la fiabilité des sources, doivent être poursuivis mais encadrés par le domaine public.
  4. Développer une réelle stratégie d’éducation aux médias en impliquant l’ensemble des acteurs concernés (les plateformes, les éditeurs, les ONG, les chercheurs, etc.).
  5. Bien identifier l’impact de la BBC sur le marché de la presse. Un équilibre doit être trouvé entre ses missions de service public (à savoir toucher un maximum de personnes) et la potentielle cannibalisation du marché au détriment de la presse locale. La BBC doit également faire plus en ce qui concerne le partage de son expertise technique et numérique au profit des éditeurs locaux.
  6. Créer un fonds pour l’innovation afin d’améliorer l’offre d’information d’intérêt général et piloté par une instance indépendante tel qu’un institut pour l’information d’intérêt public.
  7. Mettre en place une taxation particulière pour le journalisme d’intérêt général, comme une TVA à 0% pour la souscription à des abonnements en ligne ou encore un allègement fiscal du secteur à l’instar des industries créatives qui en bénéficient déjà.
  8. Subventionner directement la presse locale d’intérêt général au vu du caractère urgent de leur situation économique.
  9. Créer une nouvelle instance de régulation : l’institut pour l’information d’intérêt général. Cette nouvelle administration permettrait d’amplifier les efforts pour assurer le futur d’un journalisme d’intérêt public de manière durable, en travaillant main dans la main avec les éditeurs et les plateformes.

 

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Liens Vagabonds : Apple va encore tout bousculer (info, vidéo, TV, …)

A retenir cette semaine :

Apple prévoit d’organiser un événement spécial le 25 mars pour annoncer plusieurs produits. A l’affiche : son service d’informations par abonnement, surnommé « Netflix de l’info » et son nouveau service de streaming vidéo. Mais son nouveau kiosque de presse est encore pire pour les éditeurs que les conditions des autres géants de la tech ! En effet, Apple prévoit de conserver environ 50% des revenus d’abonnement provenant de son service d’infos par abonnement, et ne partagera probablement pas les données des clients avec les éditeurs. Pourquoi Apple veut la moitié de leurs revenus ? Car la société de Cupertino dit vouloir sauver le journalisme. Tout ce qu’elle veut en retour, c’est la moitié des revenus que gagnent les journalistes qui vendent leurs articles par le biais de leur nouveau service d’abonnement.

Le 8 février, Libération a fait éclater le scandale de la « Ligue du LOL », un groupe d’influenceurs web et de journalistes qui harcelait en ligne d’autres internautes notamment des journalistes féministes, il y a quelques années. Et ce lundi, les premières sanctions sont tombées. Quatre journalistes ont été mis à pied par leurs rédactions respectives. L’affaire a fait très grand bruit. Pour preuve, un méga-thread a été créé pour rassembler un maximum de contenus en lien avec ce scandale. La « Ligue du LOL » met en lumière les problèmes que posent le cyber-harcèlement. En réponse à cela, France Inter propose 5 leçons à tirer de cette affaire

Et d’ailleurs, que dit la loi en France sur le cyber-harcèlement ? Ce délit est passible de 3 ans de prison et 45 000 euros d’amende. Pour lutter contre ce fléau le gouvernement détaille en 10 points son plan d’action, sachant que 22 % des jeunes majeurs disent avoir été la cible de harcèlement en ligne selon un sondage Ifop.
Dans le même temps, le PDG de Twitter affirme que les géants de la tech n’ont pas suffisamment protégé les victimes d’abus. Il concède que c’est un « énorme échec ».

Autre aveu d’échec pour un réseau social, Facebook est en passe d’être condamné à une amende de plusieurs milliards de dollars par l’administration américaine pour atteintes à la vie privée.

Netflix se porte bien en France. La plateforme compte 5 millions d’abonnés après 4 ans et demi d’activité dans le pays. Soit davantage que Canal +.

« Chassé-croisé » involontaire entre LinkedIn et Brut. Le premier se lance dans la vidéo live tandis que le deuxième lance son site et une application. Quant à lui, le chinois Tencent investit dans Reddit.

Et aussi : le trafic de Snapchat désormais certifié par l’ACPM (ex OJD), c’est a priori la première fois dans le monde qu’un « GAFA » accepte de se soumettre aux règles d’un acteur local indépendant de la certification de la diffusion des médias. 2,29 milliards de visites mensuelles en France pour Snapchat, 74 millions de visites chaque jour via 13,2 millions de terminaux mobiles uniques.

A Bruxelles, étape décisive pour la réforme du droit d’auteur 

3 CHIFFRES

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE

Quelles situations de cyber-violence as-tu déjà subi sur les réseaux sociaux ?*

 

En partenariat avec Statista

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To honor the black community on Instagram and celebrate #BlackHistoryMonth, we’re kicking off a new series: #ShareBlackStories. This month and beyond, follow along and share your unique perspective using the hashtag. For artist Tawny Chatmon (@tawnychatmon), #ShareBlackStories, and Black History Month in general, is “not about having other people validate us. It’s about us celebrating ourselves — celebrating ourselves and creating that work that we want to be in this world.” Tawny creates compelling images by fusing together black history and art history — sometimes quite literally. For one of her series, “Deeply Embedded,” she took portraits of young girls and placed images of African women from the U.S. National Archives in their hair. “If you see work like this with black faces, it’s going to have some effect on you,” says Tawny, who lives outside of Washington, DC. The inspiration for these photo collages came after Tawny read about the real-life stories of children who were sent home from school because of their hairstyles and their natural hair. “It became personal,” Tawny explains. “I have three kids. So I just started feeling like, these are my kids. They are my responsibility.” Today on our story, we visit Tawny’s studio to see more of her powerful portraits. Photo by @tawnychatmon

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Dans un monde de la post-vérité, de nouvelles formes de luttes émergent

Par Alexandre Bouniol, France Télévisions, MédiaLab

« Le sort de la vérité a toujours été très fragile », a déclaré il y a quelques jours Edgar Morin lors du colloque sur la post-vérité à la Cité des sciences et de l’industrie à Paris. A cette occasion, chercheurs, décideurs publics et professionnels des médias ont décrit cette société de la désinformation, rétablit quelques faits sur les fake news et proposé quelques pistes pour lutter contre l’infox. 

Un monde pris dans les mailles de la post-vérité

Le terme de « post-vérité » a été utilisé pour la première fois en 2004 par l’écrivain américain Ralph Keyes. Il décrit la post-vérité comme l’apparition d’un système ou d’une société où la différence entre le vrai ou le faux n’a plus d’importance. Cette définition a éclaté aux yeux du monde en 2016 avec le vote pour le Brexit et l’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis. Et fake news a été élu terme de l’année 2017.

La montée des populismes va de pair avec la post-vérité, car leurs leaders cherchent ce clivage avec ceux qui sont censés savoir : le pouvoir, les élites. Et le relativisme de l’opinion l’a emporté. L’affirmation de faits absolument faux sont analysés comme s’ils étaient vrais.

Michel Wieviorka, président de la Fondation Maison des sciences de l’homme (FMSH) et directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) parle même « d’effondrement du système d’information classique ». Pour Myriam Revault d’Allonnes, philosophe et chercheuse associée au CEVIPOF à Sciences Po, « la post-vérité porte non pas atteinte à une vérité de type rationnelle ou théorique mais porte atteinte très profondément à la capacité de juger des citoyens qui se trouve très profondément ébranlée à partir du moment où le débat d’idées met en jeu des opinions qui n’ont même plus besoin d’être appuyés sur des faits ». Le débat d’idées est donc bien biaisé par les infox.

Michel Wieviorka – Colloque sur la post-vérité – 08/02/2019

Le phénomène est, on le sait désormais, accentué par les réseaux sociaux, qui en ont industrialisé la pratique et qui s’en auto-nourrissent du fait des biais structurants des algorithmes. Le sociologue Dominique Cardon a parlé de la polarisation du web, c’est-à-dire de la formation d’une bulle idéologique où des opinions similaires encouragent une radicalisation des prises de parole sur cet espace. Francesca Musiani, chargée de recherche au CNRS, fait état de « mise en silo » car le partage de l’information répond à des logiques d’affinité et de proximité. C’est notamment le cas du référencement du Google qui se fait par popularité mais pas uniquement.

Depuis 2010, Google a introduit dans son algorithme PageRank une personnification du résultat qui se base sur les sites précédemment consultés et les recherches récentes, accentuant de facto ce phénomène. L’activiste Eli Pariser parle même d’espaces cognitifs clos, qui conforterait chacun dans ses opinions. Ce sont évidemment des effets collatéraux du modèle économique du moteur de recherche, mais qui favorise et renforce le maillage de la post-vérité dans notre société. C’est d’autant plus vicieux, explique Romain Badouard, maître de conférence à l’université Paris 2 Panthéon-Sorbonne, qu’il s’agit en fait d’une forme de propagande intérieure indolore et satisfaisante.

 3 chiffres à retenir :

« From the bottom » : développer chez les jeunes un système de pensée analytique

Cette notion de « satisfaction » est fondamentale dans le processus cognitif. Selon le sociologue Gerald Bronner, « la robustesse d’une proposition intellectuelle n’est peut-être que la satisfaction intellectuelle qu’elle produit dans le cerveau de ceux qui l’accueillent ». Il est ici question de biais cognitif. Ce n’est donc pas lié à la qualité de son argumentation mais à l’intuition, à la satisfaction que le cerveau reçoit dans un premier temps.

Dans le prolongement de sa pensée, Gerald Bronner montre que cet aspect psychologique est intimement lié avec l’aspect social, dans la mesure où les fake news sont généralement « enrobées » dans des narrations idéologiques, politiques qui vont accélérer la puissance de diffusion de ces biais. La situation concurrentielle entre les infox et les informations vérifiées est donc problématique.

Pour lutter face à cela, Gerald Bronner préconise une nouvelle forme de régulation : une régulation individuelle. Cette forme de régulation consiste à développer un esprit critique, on parle même de « système de pensée analytique ». Scientifiquement, il a été prouvé que la stimulation de la pensée analytique réduit l’adhésion à des théories complotistes. C’est la raison pour laquelle le sociologue recommande d’apprendre aux élèves du cycle primaire jusqu’à l’université le fonctionnement de leur cerveau. Le principal biais dont il est question est le biais de la taille de l’échantillon. Biais sur lequel s’appuie principalement les infox. Par exemple, un compte Twitter avait « prédit » les attentats de Paris deux jours avant le 13 novembre.

Ce compte était en fait un bot qui publiait massivement des tweets sur des attentats fictifs partout dans le monde dans le seul but de susciter des clics. La probabilité que la teneur tweet soit réelle était donc très faible, mais nécessairement, avec un grand nombre de tentatives, la probabilité qu’un des tweets soit « juste » augmentait. Initier les élèves à ce type de situation pourrait permettre de lutter un peu plus efficacement sur le long terme contre les fake news.

« From the top » : pour un pacte sur l’information et la démocratie

Reporters sans frontières a, de son côté, initié en novembre 2018 un pacte pour la démocratie afin de « traiter non pas les phénomènes mais les causes de ce dérèglement de l’espace public » d’après Christophe Deloire, secrétaire général de RSF. Le problème majeur, selon lui, est lié au décalage entre la protection de la liberté d’expression et d’opinion, historiquement créée au niveau national (cf Loi Bichet, Loi de 1986, etc.) et la réalité de l’espace globalisé. Aujourd’hui tout le monde peut interférer dans l’espace public d’une démocratie même en étant à l’autre bout du monde. « La place du village qui, autrefois était une compétence des Etats, est déléguée à des entités privées ou étatiques d’autres pays. Ça peut être Mark Zuckerberg aussi bien que Xi Jinping ».

C’est pourquoi RSF a créé une commission sur l’information et la démocratie, composée de 25 personnalités de 18 nationalités différentes. Y figurent des lauréats du prix Nobel, des spécialistes des nouvelles technologies, des journalistes, des juristes et des anciens dirigeants d’organisations internationales. Cette commission a édicté une déclaration qui « vise à entrer dans cette nouvelle logique afin de définir les obligations des entités structurantes de l’espace public ». RSF a donc sélectionné douze pays qui vont s’engager à signer un pacte sur l’information et la démocratie sur la base de la déclaration évoquée ci-dessus. Le but est, à terme, de créer une entité qui associera des experts indépendants qui pourra édicter des propositions avec un monopole de l’initiative et qui pourront être mises en œuvre par des Etats.


Elle repose sur des principes forts :

En parallèle, RSF mène un combat en amont dans les process de fabrication de l’info. On parle ici de market regulation et self regulation. L’ONG préconise une standardisation des méthodologies du journalisme conçue par des experts indépendants, base à partir de laquelle ils pourraient construire un outil qui permettrait de mesurer l’intégrité d’une source d’information, une sorte de label. Cela permettrait aux plateformes d’intégrer cet outil dans leurs algorithmes pour pondérer certaines sources d’informations en fonction de ce critère objectif.

Pour aller plus loin :

 

Crédit de Une : Pixel2013 via pixabay

Le point sur les tendances du storytelling immersif

Par Mickaël Mavoungou-Nombo,France Télévisions, MediaLab

Les nouvelles technologies alliées au storytelling est un mariage qui marche à merveille. La technologie permet de toucher parfois un nouveau public à travers une expérience inédite ; le message a donc une visibilité plus importante, qui dépasse parfois les frontières nationales. Tous les genres sont impactés : documentaires, des films, des histoires, des BD… Le champ d’exploration est infini ! Lors de l’événement Futur.e.s Storytelling organisé par Cap Digital cette semaine à Paris, 15 nouvelles expérimentations pour le storytelling étaient mises à l’honneur. Tour d’horizon des tendances.

La Story fait sensation dans le storytelling

La jonction entre nouvelles technologies et storytelling propose de nouvelles opportunités créatives et permet de repenser le monde qui nous entoure. La réalité virtuelle et la réalité augmentée font partie de ces technologies mais celle qui sort sont épingle du jeu, c’est la story.

Les stories sur les réseaux sociaux, c’est un format vidéo court et vertical qui s’est développé depuis plusieurs années déjà. L’avantage des stories c’est qu’elles touchent une population bien précise qui sont les jeunes.  Lors de Fuur.e.s, on a pu découvrir l’expérimentation Instraviata. Ce documentaire qui prend la forme de stories sur Instagram permet de découvrir autrement la « Traviata » de Verdi. Pendant un mois, sur le compte Instagram d’ARTE Concert, Instraviata a proposé une manière inédite d’appréhender un opéra classique et l’histoire complexe de La Traviata depuis son mobile !

Autre exemple intéressant, Phenix Digital, le premier média digital outdoor qui bouge les lignes de la publicité en déployant des campagnes « stories » sur son réseau de plus de 1000 vitrines digitales. C’est la première plateforme de vidéos premium diffusées dans la rue avec une programmation originale inédite sur 1600 écrans urbains et les réseaux sociaux. Plus de 10 millions de personnes découvrent les stories de talents, d’influenceurs, d’éditeurs partenaires.

La réalité augmentée, technologie montante grâce… aux stories

Nombreuses sont les expérimentations autour de la réalité augmentée, qui s’est démocratisée grâce à Snapchat même si la technologie existe depuis très longtemps.

L’expérience Extra Pol, développée par WeDoData, est le premier dispositif innovant à avoir hacké les affiches officielles des candidats à l’élection présidentielle de 2017 pour informer via la réalité augmentée. Chaque jour, pendant le mois de la campagne officielle, les utilisateurs de l’application ExtraPol ont découvert des informations originales sur les candidats en scannant leurs affiches de campagne avec leur téléphone.

La réalité virtuelle : tout reste à faire 

La réalité virtuelle, elle, représente l’avenir du storytelling car elle propose une immersion extrêmement puissante et exceptionnelle. Elle n’est pas encore complètement développée car elle est très coûteuse en matériel. Mais sa capacité exceptionnelle à transporter le public dans des histoires toutes aussi captivantes les unes que les autres en fait la principale technologie pour le storytelling de demain.

Par exemple, Fugue VR, qui est une expérience de danse en réalité mixte. Dans l’expérience physique, les spectateurs qui auront le casque feront les mêmes mouvements sur l’impulsion de deux danseurs qui seront avec eux dans la ronde physique, qui les entraîneront à faire le mouvement. Le spectateur est complètement immergé dans le film, qu’il peut voir à 360 degrés. Il peut voir les murs, le plafond, le sol et c’est lui qui sera pilote de ce qu’il veut voir dans le film.

Un storytelling ancré dans le réel 

La tendance est donc bien à l’expérience, ancrée le plus possible dans le réel via la stimulation d’un ou plusieurs sens. Les objets connectés ont leur place dans le futur du storytelling, à l’instar de la Political Lamp qui réagit en temps réel aux messages postés sur Twitter, en créant un véritable orage lumineux chaque fois qu’un tweet est mis en ligne sur l’un des comptes qu’elle surveille. Chaque tweet se matérialise alors par une série d’éclairs, roulant dans le nuage et venant troubler la douce lumière de la lampe.