Comment prévenir et traiter les traumatismes secondaires des journalistes d’investigation open source
Par Hannah Ellis, chercheuse au Berkman Klein Center for Internet & Society at Harvard University. Billet originellement publié en anglais sur bellingcat et republié sur méta-media avec autorisation.
Qu’il s’agisse de victimes d’une attaque chimique ou d’un attentat à la bombe, les journalistes faisant des enquêtes open source sont tenus de regarder et d’interagir avec des images brutes provenant du terrain, qui sont au cœur des enquêtes open source en ligne. Avec l’augmentation du nombre de médias qui traitent l’information par l’image, les enquêteurs doivent s’adapter et traiter un nombre important de séquences audiovisuelles. Bien qu’elles soient des preuves potentielles à des fins d’enquête et de d’intérêt public, nous devons être conscients des effets traumatisants qu’elles peuvent avoir sur ceux qui entrent en contact avec elles régulièrement. La conséquence d’une exposition répétée pour les journalistes est ce que l’on peut qualifier de traumatisme par procuration ou secondaire. On parle de détresse mentale qui est la résultante de l’interaction avec ces images en ligne.
Ce guide est destiné à servir d’outil pédagogique à tous ceux qui travaillent dans le domaine de la recherche open source. Il inclut les recherches de Sam Dubberley, responsable du corps de vérification numérique d’Amnesty International / contributeur du centre EyeWitness Media Hub, ainsi que l’expérience de l’auteur au laboratoire d’enquêtes Open Source du Human Rights Center de la UC Berkeley Law School. Le guide se concentre sur des thèmes de travaux d’investigation liés au Moyen-Orient, mais peut être adapté à d’autres zones géographiques.
Prévenir les traumatismes secondaires
Le contenu des enquêtes open source au Moyen-Orient est souvent très visuel par nature. Savoir de quelle manière on peut prévenir les traumatismes secondaires est la première étape du ralentissement du burn out causé par les traumatismes par procuration dans le domaine des droits de l’Homme.
L’un des premiers aspects en matière de prévention des traumatismes secondaires est de se connaître soi-même et donc de savoir quelles images vous affectent le plus. Pour certaines personnes, le son des enfants qui pleurent est particulièrement traumatisant. Pour d’autres, il s’agit de blessures physiques explicites. Comprendre vos propres sensibilités est essentiel pour prévenir les traumatismes, car cela permet une préparation mentale. On est particulièrement vulnérable aux traumatismes secondaires lorsque l’esprit n’est pas préparé ou surpris par ce qu’il rencontre. En conséquence, il est impératif que vous vous prépariez mentalement à ce que vous allez voir, tout en avertissant vos collègues des images choquantes que vous avez l’intention de leur montrer.
La compréhension de vos antécédents et de votre environnement est un autre facteur important dans la prévention des traumatismes secondaires. Avoir un lien personnel avec l’objet de votre enquête peut intensifier le traumatisme secondaire. Vos aptitudes qui sont utiles et précieuses pour mener une enquête open source au Moyen-Orient, telles que la capacité de parler arabe ou des relations personnelles avec la région, peuvent souvent rendre l’impact des images encore plus traumatisant. Votre environnement peut également avoir un impact sur votre sensibilité aux traumatismes secondaires. Gardez votre travail d’enquête dans un bureau. Si vous travaillez à domicile, ne travaillez pas dans votre chambre à coucher. Il est important de garder un espace « sûr » chez vous. Instaurer une routine avec des horaires délimités par avance est également nécessaire. Fixez des plages horaires pour votre travail et faites un effort pour limiter le travail de nuit.
Se prémunir lorsque l’on travaille sur des plateformes open source
Lorsque vous travaillez sur Twitter, YouTube et Facebook, plusieurs outils permettent de réduire le risque de traumatisme secondaire.
- Avant tout chose, lorsque vous travaillez à partir d’une vidéo sur YouTube, désactivez les sons. Les recherches montrent que les bruits sont souvent plus traumatisants que les images.
- Pendant que la vidéo est en pause, utilisez votre curseur pour passer la souris sur la barre de progression pour la prévisualiser sous forme de vignettes (cela ne fonctionne que pour les vidéos YouTube et Facebook, pas sur Twitter), ce qui vous permet de voir si / quand du contenu pourrait être traumatisant et vous préparer en conséquence. Si une vidéo contient quelque chose de particulièrement explicite ou que vous devez la regardez plusieurs fois à des fins de vérification, vous pouvez utiliser un post-it ou votre main pour couvrir les images.
- Toujours désactiver la lecture automatique. Cela vous évite d’être surpris par une autre vidéo qui pourrait être choquante. Sur Facebook et Twitter, cela doit être fait manuellement dans les paramètres.
- Enfin, si vous ne parlez pas arabe, traduisez le titre et la description de la vidéo sur laquelle vous travaillez. Commencez à reconnaître les mots susceptibles de signaler un contenu explicite. Voici quelques mots à garder à l’esprit.
enfant طفل / طفلة
attaque chimique الهجوم الكيميائي
martyr شهيد
bombe قنبلة
torture تعذيب
famille أسرة / عائلة
hôpital مستشفى
blessure الصابة
Identifier un traumatisme secondaire
Avec le temps, même avec vigilance, une exposition fréquente à des contenus violents peut commencer à affecter même l’enquêteur le plus averti. Voici quelques signes d’avertissement à prendre en compte dans votre propre vie.
Soyez vigilants aux changements concernant votre sommeil, votre régime alimentaire et vos relations :
- Êtes-vous en train de dormir plus que la normale, ou au contraire vous ne trouvez plus le sommeil ? Faîtes-vous des cauchemars?
- Avez-vous commencé à manger plus de « malbouffe », ou alors votre appétit a-t-il diminué?
- Passez-vous plus de temps seul, voire repoussez ceux qui vous entourent?
- Votre relation à la drogue et / ou à l’alcool a-t-elle changé?
Si vous vous écartez de vos habitudes habituelles, cela peut être un signe que votre travail d’enquête pourrait vous affecter négativement. Une fois que vous avez reconnu ces signes, il est temps de faire une pause et d’évaluer votre santé mentale.
Traiter le traumatisme secondaire
Si vous commencez à ressentir des symptômes de traumatisme secondaire, faîtes une pause et réfléchissez aux effets que cela peut avoir sur vous. Prenez du recul. En tant qu’enquêteurs open source, on veut souvent faire fit de ses émotions et les ignorer pour continuer son travail. Il y a un sentiment d’impuissance qui née du fait d’être inactif. Cependant, pour être un enquêteur productif au Moyen-Orient, vous devez faire face au traumatisme que vous subissez.
Prenez contact avec vos amis et votre famille. Souvent, les relations avec ceux qui ne sont pas dans le domaine des enquêtes offre une pause bienvenue. S’ouvrir à des collègues est tout aussi utile, sinon plus. Vos collègues savent exactement ce que vous vivez et à quoi vous êtes exposé quotidiennement. Prendre le temps de réfléchir et de se soutenir est essentiel pour affronter et surmonter les traumatismes.
Il est également important de trouver des activités de relaxation mentale à effectuer. Il a été démontré que faire de l’exercice et de la méditation atténuent les symptômes d’un traumatisme par procuration. Le sport peut contribuer à réduire l’anxiété et la dépression, et fournit un aspect de votre vie sous votre contrôle. La méditation peut être une activité utile pour détendre l’esprit. De nombreuses applications telles que Mindfulness, Insight Timer et Headspace vous guident à travers des programmes de médiation. Décompresser avec la télévision ou des vidéos légères peut également fournir une pause mentale nécessaire.
Trouvez ce qui marche le mieux pour vous. Si les symptômes persistent, vous pouvez envisager de consulter un professionnel.
Conclusion
Le Moyen-Orient est culturellement riche. Pourtant, en tant qu’enquêteurs, on n’intervient souvent qu’avec les aspects les plus abominables de la région. Au Centre des Droits de l’Homme, on consacre délibérément du temps pour la musique, les arts et la poésie du Moyen-Orient chaque semaine pour nous rappeler la beauté et l’humanité de la région. Cela a contribué à atténuer une vision monochrome et à réduire le sentiment de découragement qui pourrait se créer avec le temps.
Lorsque vous menez des enquêtes open source sur le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, soyez attentif à votre santé. Faites des pauses, interagissez judicieusement avec le contenu et maintenez le contact avec vos proches. La déstigmatisation du stress mental qui accompagne ce travail est tout aussi importante.
Crédit photo de Une : Matt Wildbore via Unsplash
Le MAS, nouveau bras armé de l’innovation de Nice-Matin
Par Alexandre Bouniol, France Télévisions, MediaLab
Depuis 2015, Nice-Matin a entamé une profonde transformation numérique. Alors en proie à des difficultés économiques majeures, le quotidien a opté pour un virage à 180° pour s’imposer comme un média innovant à part entière. Dernier projet en date : le lancement du MAS en janvier dernier, le lieu d’innovation du journal.
Nous avons eu l’occasion de nous entretenir avec Damien Allemand, chef du service digital de Nice-Matin et à l’initiative du MAS, qui nous a exposé la stratégie, les ambitions et les projets de ce tout nouveau lieu d’innovation.
4 axes de développement
Lancé en janvier 2019, le MAS est piloté par une cheffe de projet, Marjorie Roubaud-Lubrano accompagnée de deux consultantes. Mais l’ensemble des services de Nice-Matin est aussi investi à des degrés divers nous affirme Damien Allemand, qui insiste sur l’importance d’une bonne communication en interne « pour que ce lieu ne soit pas vu comme un espace concurrent et pour essayer d’acculturer les autres salaries à ce lieu-là, qu’ils se l’approprient, que ce soit un lieu de passage. C’est important d’avoir un lieu qui soit sur le chemin des gens quand ils vont au bureau, que ce ne soit pas enfermé […] et après faire venir des gens de l’extérieur. »
Son développement repose sur quatre axes stratégiques :
- L’incubation de start-ups (Le Mas start-up), qui a pour vocation d’être « un accélérateur de business et de réussite pour les entrepreneurs et entreprises locales», comme avait pu le déclarer le PDG du groupe Jean-Marc Pastorino.
- L’incubation de médias émergeants (Le MAS média) pour « inventer les journalistes de demain ».
- Le MAS événement pour organiser des conférences sur l’innovation.
- Le MAS formation pour former les entreprises locales à la transformation digitale et à la communication. Les formations sont dispensées par des professionnels de Nice-Matin et des intervenants extérieurs.
Double incubation, apports réciproques
Pour la première année du MAS, Nice-Matin a accueilli six start-ups au sein de ses locaux : Dibster, Bee shary, Deserve Mi, Time N’ Joy, Ready Park et Yöma Family. Ces start-ups ne développent pas des innovations technologiques, mais proposent toutes des services en usage. Pour Damien Allemand, même si elles n’ont pas de lien direct avec une activité médiatique, « les starts-ups sont en parfaite cohérence avec la ligne éditoriale de notre offre abonnés » avec « le lecteur au centre de l’offre abonnés ou sur du journalisme de solutions qui apporte des réponses concrètes aux problèmes des gens ». Par exemple, Dibster propose aux personnes qui ont eu des vols annulés ou retardés, de gérer les démarches administratives pour obtenir un dédommagement.
Le journal met à leurs dispositions gratuitement leurs locaux mais leur offre également la possibilité de « beta-tester » leurs services auprès de leur communauté de lecteurs dès qu’ils sont viables. Les start-ups promeuvent des méthodes de travail, basées sur l’horizontalité, l’agilité et l’entraide qui peuvent ouvrir les perspectives de travail nouvelles au sein du quotidien.
En mode happy, #LeMas @Nice_Matin est né. Le bébé #Innovation se porte bien. Nos #Startup are in da place. Bienvenu à @bonjour_dibster , @BeeShary, @TimeNjoy, Yoma Family, @ready_park, @deserve_her @switchonpaper et Radio Nizza ! pic.twitter.com/Cu8BRCyR3s
— Marjorie Lubrano-Roubaud (@MarjLubrano) 27 février 2019
Nice-Matin a aussi accueilli cette année deux médias au sein de son incubateur : Switch On Paper, un site d’actualités décryptées par le prisme de l’art contemporain et Radio Nizza qui produit de l’information locale en italien via leur blog et un podcast. Par exemple, Radio Nizza permet au journal de toucher une communauté (les Italiens à Nice) qu’il n’atteignait pas et d’investir le terrain du podcast sur lequel Nice-Matin souhaite plus s’engager que ce n’est le cas actuellement. Damien Allemand parle même d’une « sorte de Nice-Matin en italien » ce qui souligne d’autant plus la complémentarité et les apports réciproques que ces médias peuvent s’offrir.
Un modèle économique à développer
Pour financer ce nouveau lieu d’innovation, Nice-Matin mise à la fois sur les branches événement et formation du MAS qui permettent d’engendrer des revenus, mais aussi sur des subventions. Privées, à travers différents fonds comme ceux dédiés à la presse de Google et publiques, octroyées par le ministère de la Culture. C’est fonds sont absolument nécessaires pour innover martèle Damien Allemand : « si je n’avais pas tous ces fonds, je n’aurais jamais pu mener tous ces projets ». C’est d’ailleurs grâce au fonds de soutien à l’émergence et à l’innovation dans la presse que le MAS a pu être lancé.
Le MAS prend également tout son sens économiquement parlant pour le journal. Pour Damien Allemand, « c’est une diversification claire » de l’activité du groupe. C’est ce qui permettra à terme de trouver un modèle économique viable :
« Il faut se diversifier. Aujourd’hui personne n’a trouvé le modèle clé. Le modèle clé sera une combinaison de solutions qui, toutes mises bout à bout, arriveront à pérenniser Nice-Matin. Le MAS fait partie de ces combinaisons de solutions à mettre autour de Nice-Matin. » – Damien Allemand
L’innovation permanente
Le lancement de ce lieu d’innovation s’inscrit dans un cadre plus global d’innovation du groupe. Depuis 2015, Nice-Matin a lancé une multitude de projets disruptifs :
- Une rubrique dédiée au journalisme de solutions avec #MonJournal, rubrique dans laquelle les abonnés choisissent les dossiers traités par la rédaction.
- Un chatbot expert de l’info local en 2017.
- Kids-Matin, un média d’actualité destiné aux moins de 13 ans ; communauté qui a été inclue dès le début du projet dans une campagne de crowdfunding.
Le journal compte bien continuer sur cette voie-là et envisage des « chantiers de fond » en 2019, à commencer par la refonte du site internet et de l’offre abonnés.
« On essaie de bâtir un Netflix de l’info locale » nous confie Damien Allemand.
L’autre projet lancé en parallèle cette année est l’arrivée d’un robot-journaliste dans les locaux du quotidien, rendue possible grâce à un fonds Google européen. Il sera la pierre angulaire de l’automatisation de contenus, notamment des articles de faible valeur ajoutée comme la météo, qui permet de faire gagner du temps aux journalistes au desk. L’autre casquette du robot est le traitement de données ; il pourra envoyer des alertes aux journalistes afin de mettre en exergue une information pertinente.
« Le but sera de libérer du temps aux journalistes pour aller chercher des informations de meilleure qualité. » – Damien Allemand
SERIE MEDIA LABS – épisodes précédents
- Episode 9 Enquête sur les Média Labs : à la recherche de ce que les médias et l’information peuvent devenir
- Episode 8 APA-MediaLab : le Lab doit être tourné vers l’avenir
- Episode 7 L’innovation à l’Associated Press : partager une culture plutôt qu’un Lab
- Episode 6 Next Media Accelerator : comment l’Agence de Presse allemande accélère des start-ups médias et marketing
- Episode 5 Ouest Médialab, un cluster et laboratoire des médias qui accompagne les acteurs régionaux dans leur transition numérique
- Episode 4 BBC News Labs : une cellule dédiée à l’innovation média et au développement produit
- Episode 3 « Media and Democracy » : un lab de recherche et d’innovation au service du journalisme et du débat public
- Episode 2 Le MediaLab « Théophraste » de Sud Ouest : créer des relations avec l’écosystème régional de startups
- Episode 1 Le Medialab de l’AFP : la vérification de l’info et l’UX au cœur de l’innovation journalistique
Liens vagabonds : Netflix, gagnant contesté de toute part !
A retenir cette semaine :
#Netflix : après un premier Lion d’or décerné au film Roma à la Mostra de Venise en septembre dernier, Netflix décroche cette fois trois Oscars, mais pas le meilleur film. Une distinction qui fait débat dans le monde du cinéma. Quelle légitimité a la plateforme ? Dans un article de la Harvard Business Review, les auteurs estiment que « Netflix n’est pas une firme qui vend tel ou tel film à de nombreux clients. Elle vend de nombreux films à telle ou telle personne, sous forme de forfaits ». On est bien loin de l’économie du cinéma !
« Netflix n’est pas une firme qui vend tel ou tel film à de nombreux clients. Elle vend de nombreux films à telle ou telle personne, sous forme de forfaits ».
Ça n’a rien à voir avec l’économie du cinéma ! https://t.co/rzArXJvTmg— Eric Scherer (@EricScherer) 26 février 2019
Sur le terrain de la SVOD, Netflix fait face à un nouveau concurrent en Europe : la BBC s’allie à son concurrent privé ITV en lançant une offre à £5 par mois pour investir ce marché en plein essor. Il est vrai que les derniers chiffres de croissance de l’entreprise de Los Gatos ont de quoi impressionner. Rien qu’en France, l’application Netflix a été téléchargée plus de 10 millions de fois en 2018, juste devant le Royaume-Uni. En terme de revenus, c’est l’Allemagne qui rapporte le plus avec plus de 35 millions de dollars générés. Pourtant, la plateforme pourrait gagner encore plus. Netflix perdrait ainsi 192 millions de dollars par mois à cause du partage de comptes. En attendant, un nouveau service extérieur joignant l’utile à l’agréable est possible sur la plateforme : il y est désormais possible d’apprendre une langue étrangère.
Aussi cette semaine :
Après l’annonce du Président Abdelaziz Bouteflika qu’il souhaiterait briguer un cinquième mandat, l’Algérie fait face à un fort mouvement de contestation. Alors que des journalistes étaient venus couvrir un rassemblement contre la censure, certains d’entre eux ont été interpellés, et incarcérés. Pierre Haski, Président de Reporters Sans Frontières fait état d’une « vraie bataille de l’information ».
Les difficultés économiques des médias s’étendent désormais aux agences de presse : après l’AFP, Reuters va supprimer 25 postes de journalistes en France.
3 CHIFFRES
- +60% – c’est la croissance moyenne du trafic vidéo sur mobile par an
- 100 millions – c’est bientôt le nombre de smartphones qui seront équipés du bouton Google Assistant
- $5,7 millions – c’est l’amende imposée à TikTok pour collecte illégale de données personnelles de mineurs
LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE

Vous trouverez plus d’infographies sur Statista
DIGNE DE VOTRE TEMPS
- Les réseaux sociaux sont des fournisseurs de statuts
- Le traumatisme quotidien des modérateurs américains de Facebook, payés 10 fois moins que ses employés ; entretien avec certains de ces gardiens de l’Internet
- Si l’info est en train de mourir, qui va garder la démocratie ?
- Vous connaissiez les vidéos « bizarrement satisfaisantes » ?
- L’irrésistible ascension de TikTok
DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION
- AT&T décidé à secouer les fiefs de Time Warner (HBO, CNN…)
- Les éditeurs étaient parvenus à repérer les lecteurs qui contournaient leur paywall au compteur en navigation privée, mais Google veut les empêcher
Who told the @nytimes about incognito mode? 😒 pic.twitter.com/YmOTJncQxk
— Rebecca Day (@RebeccaDay93) 26 février 2019
- Le NYTimes va faire plus de TV
- Que peut retenir la presse du succès du Nytimes ?
- 5 mythes sur le journalisme
- La Russie compte réaliser un test pour se déconnecter du réseau internet mondial en avril
USAGES ET COMPORTEMENTS
- Hulu et YouTube revendiquent 3 millions d’abonnés pour leur flux live
- La fréquentation des cinémas dans l’UE diminue en 2018
- Comment rompre avec son téléphone
SURVEILLANCE, CONFIANCE, DONNEES
- Une IA est-elle en fait possible ?
- YouTube promet de faire le ménage (une nouvelle fois) ; et interdit les commentaires sur les vidéos montrant des mineurs
- Facebook se décide finalement à permettre de nettoyer son historique ; mais pas si facile de se débarrasser de cette traque publicitaire ciblée
- Des smart phones blockchain
- Le data journalisme manque trop souvent de transparence
- L’info locale pour reconstruire la confiance
- Europe 1 épinglée par la Cnil pour un « fichage » de certains auditeurs
- Des failles dans la 4G (et la 5G) permettraient l’interception d’appels et le traçage
- Les enjeux de la récupération de données pour les sociétés
- Virus spectre : aucun correctif logiciel n’en viendra à bout, selon des chercheurs de Google
LEGISLATION, REGLEMENTATION
- La FTC se renforce sur l’anti-trust techno
- Etats-Unis : La commission fédérale du commerce lance un groupe de travail chargé de surveiller les marchés technologiques
- La réforme du droit d’auteur en Europe entre dans sa dernière ligne droite
FAKE NEWS, LIBERTE DE LA PRESSE
- Inde/Pakistan : déluge de désinformation sur une poudrière nucléaire
- Enquête sur l’équipe de surveillance des contenus de Facebook
- La majorité des « techos » et développeurs pensent que Trump a raison de se méfier de la presse
- La start-up Truepic se tourne vers la blockchain pour s’attaquer aux fausses nouvelles
- Facebook lève la suspension de pages soutenues par le gouvernement russe
- Fake news : selon l’UE, Facebook ne communique pas tout sur ses efforts entrepris
JOURNALISME
- Portrait d’une des meilleures journalistes US d’investigation
- [Tribune] Journalistes, resaisissons-nous !
- Comment ces deux médias américains arrivent à combler leurs besoins respectifs en données et en diffusion en collaborant sur des enquêtes ?
- Sondage : comment le public perçoit la pratique du journalisme ?

- Une nouvelle organisation philanthropique américaine s’engage à investir dans la presse locale à hauteur de 42 millions de dollars
- Vous voulez créer un climat de confiance avec vos lecteurs? Essayez d’ajouter un encart expliquant votre pratique journalistique
- Voici les promesses faites par la Knight Foundation pour l’information locale aux Etats-Unis
RÉSEAUX SOCIAUX
- Ils préfèrent Yo à Facebook : rencontre avec ceux qui utilisent encore les réseaux sociaux qu’on croyait morts
- Facebook lance de nouvelles fonctionnalités dans les Stories
- Comment Instagram veut vous faire utiliser IGTV ?
- La plateforme de Facebook Workplace revendique deux millions d’abonnés payants
- Pourquoi Instagram s’acharne à conserver IGTV malgré un démarrage timide ?
- Medium retire son paywall lorsque l’utilisateur vient de Twitter
- Le réseau social Vero opte pour un modèle par abonnements
- Facebook s’engage à améliorer les conditions de travail de ses modérateurs
- Les 10 ans de WhatsApp
PLATEFORMES VIDEOS, OTT, SVOD
- Netflix teste un abonnement à 18 € / mois en Italie
- Facebook décommande les deux tiers de ses programmes de news sur Watch
- Hypersexualisation des enfants : YouTube cède sous la menace des annonceurs
- Netflix perdrait 169 millions d’euros par mois à cause du partage de comptes
- Comment Netflix se sert des réseaux sociaux pour populariser ses contenus
Watching BirdBox. I really like it. Who has seen it?
— Kim Kardashian West (@KimKardashian) 2 janvier 2019
STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS
- Pandora lance Pandora Stories, qui combine musique et podcasting dans un nouveau format
- Comment Cash Investigation impacte les marques
- Découvrez Instraviata, le premier opéra-BD à binger sur Instagram
- Les éditeurs luttent pour courtiser et garder les talents des plateformes technologiques
Vous pensiez connaitre La Traviata ? Vous vous trompiez ! Instraviata investit le compte Instagram d’ARTE Concert du 1er au 30 mars. #InstraviataArte pic.twitter.com/rlTexSoRe9
— ARTE Concert (@ARTEconcertFR) 28 février 2019
IMMERSION, 360, VR, AR
AUDIO, PODCAST, BORNES
- Mozilla OpenVoice devient la plus grande base d’échantillons de voix en accès libre
- Les musiciens commencent à faire leur propres podcasts. Les majors devraient faire attention
- Tout le monde fait des podcasts, mais qui va gagner de l’argent ?
- Apple Music va faire son apparition sur Google Home
- Spotify se lance dans les podcasts sportifs
- Spotify s’attaque au marché indien
- Le média d’actualité Skimm lance un podcast diffusé quotidiennement
- Les conseils de 4 experts pour réussir son podcast
- La musique en streaming a généré 7,4 milliards de dollars de revenus aux Etats-Unis en 2018
SPORTS
- Facebook Watch va diffuser gratuitement et en direct “le clasico” en Inde
- La Ligue de football professionnelle d’Espagne développe ses activités médiatiques aux États-Unis
DATA, AUTOMATISATION, INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, BLOCKCHAIN
- Amazon Personalize permet aux développeurs sans expérience en machine learning de créer facilement des fonctionnalités de personnalisation
- Enorme investissement coréen dans un fabricant chinois de puces IA
- Pourquoi le machine learning n’aura jamais tort
- IA : Google corrige désormais les fautes de grammaire
- Facebook et Telegram espèrent réussirent là où le Bitcoin a échoué
- BMW et Daimler s’associent dans la voiture intelligente
- IA et éthique, le nouveau business de 2019
5G / MOBILES / TELCOS
- Nokia et Optus revendiquent le premier réseau 5G sans fil au monde
- Ericsson acquiert Kathrein, entreprise experte dans le domaines des filtres et des antennes
- Verizon installera la 5G dans 30 villes cette année
- Le réseau maillé de Facebook va délivrer de la 5G en Californie
- Huawei lance son nouveau smartphone 5G pliable
- 5G, téléphone pliable… Huawei, Samsung, Xiaomi et Nokia rivalisent d’innovations même si les usages n’existent pas encore. Voici pourquoi
JEUX VIDEO, eSPORT
- Quand tu réalises qu’un vainqueur de la Fortnite World Cup va gagner plus que Nadal ou Federer lors d’une victoire en Grand Chelem !
- L’e-sport français se structure avec ses Assises, qui auront lieu jusqu’au mois de juin
Quelle meilleure formule pour clôre cette première session des #AssisesEsport ? Merci aux intervenants et à @Sports_gouv @DGEntreprises et @Level256_Paris pour leur soutien ! L’implication des institutions est essentielle dans notre mission de structuration du secteur. pic.twitter.com/LnkyJwAiVE
— France Esports (@Fra_esports) 20 février 2019
PUBLICITE, MONETISATION
- La monétisation d’Apple News – un casse-tête pour les éditeurs
- Facebook annonce un nouveau programme Premium d’annonces vidéos
- L’application Eurosport met en place un nouveau système d’affichage publicitaire
- Comment Apple souhaite attirer plus d’utilisateurs payants sur l’App Store ?
- The Economist renforce son paywall afin d’inciter d’avantage de lecteurs à s’abonner
- Une taxe sur les publicités numériques pourrait rapporter 2 milliards de dollars à la presse
TECH, STARTUPS, SMART
- Xiaomi va tripler le nombre de ses magasins en Europe
- The Guardian entre dans le capital d’un média d’actualité diffusé uniquement sur Instagram
OUTILS
- Facebook Messenger : vous pourrez bientôt personnaliser votre texte
- Quelles solutions pour la fusion de PDF sur Windows et Mac
- Stencil : Un outil pour créer rapidement des images et visuels directement dans WordPress
- Data Story : un outil pour créer des graphiques interactifs et efficaces
- 4 applis pour reprendre le contrôle de son téléphone
Retrouvez la sélection des outils Méta-Media sur jTools
ES avec l’équipe Méta-Media
Pour réduire leurs coûts et résister aux géants, les rédactions japonaises partagent une plateforme de publication commune
Par Tim Hornyak, journaliste indépendant. Billet originellement publié en anglais sur Splice et republié sur méta-media avec autorisation.
Les médias sociaux restent une source d’information dominante pour les consommateurs dans de nombreux pays. En 2018, ils dépassent les journaux aux États-Unis, où 45% des internautes s’informent par Facebook. Les fournisseurs de nouvelles ont besoin de tous les avantages concurrentiels possibles à une époque de baisse de la rentabilité et de fausses nouvelles.
Il n’est donc pas surprenant que l’externalisation de la gestion de contenu soit désormais vue comme une option de plus en plus viable pour les rédactions numériques.
Jesse Knight, qui a passé plus de sept ans à créer une première plateforme internationale pour Vice Media, a récemment appelé à une plateforme de publication commune, affirmant que cela laisserait les publications utiliser leurs ressources de manière plus stratégiques :
« Si les entreprises peuvent mettre de côté leurs (considérables) différences et utiliser une seule plateforme de publication, elles pourraient organiser collectivement un combat gagnant contre Facebook. »
Nordot ,une entreprise basée à Tokyo, a lancée en avril 2015 avec le soutien des plus grandes sociétés de presse japonaises, Kyodo News Digital et Yahoo Japan. Elle opère exactement sur le genre de modèle que Knight préconise : une plateforme de publication commune offrant plus de 50 000 articles provenant de centaines d’éditeurs au Japon.

Mise en relation des fournisseurs avec les distributeurs
Nordot rassemble des fournisseurs de contenus et des distributeurs afin de minimiser les coûts, et vient de lancer une version en anglais de son site web.
Les grosses publications peuvent sourcer des informations a peu de frais, tandis que les petits éditeurs peuvent atteindre un public beaucoup plus grand ; chacun s’y retrouve donc avec plus de revenus publicitaires, selon Nordot. La startup indique que le Kumamoto Nichinichi Shimbun, un journal régional du sud du Japon, a doublé ses revenus publicitaires par article en utilisant Nordot tout en augmentant la notoriété de son public et de sa marque.
« Il s’agit d’une plateforme complètement nouvelle et il n’y a pas d’autre service comme celui-ci au Japon ou à l’étranger », déclare Ryutaro Nakase, fondateur et PDG de Nordot. « Elle peut rassembler des producteurs et des distributeurs, qui ont été séparés, dans une nouvelle forme de média.»
Lors d’une démonstration au Kyodo News à Tokyo, Nakase a montré comment un journal local de Kyushu, dans le sud du Japon, pouvait rechercher des sujets populaires dans les médias japonais, tels que des articles sur le cinéma, le sport et les animaux domestiques. L’ajout des résultats à un flux ou à un site web s’est fait simplement en quelques clics.
« Il peut être difficile pour les petits fournisseurs de contenus ou les distributeurs de travailler avec des plus puissants. Par exemple, un journal régional plus petit pourrait être confronté à des obstacles majeurs dans la vente de ses articles aux plus grands sites web agrégateurs de nouvelles au Japon », déclare Nakase. « Notre plateforme peut aider à corriger ce déséquilibre. De plus, les utilisateurs n’ont pas à négocier sur le partage de contenus et les revenus publicitaires. »
Attrait régional et international croissant
Nordot indique que sa plateforme a déjà quelque 6 millions de lecteurs. Environ 400 éditeurs l’ont adoptée, dont la majorité sont des journaux régionaux au Japon, tels que Kyoto Shimbum, Kobe Shimbum et Hokkaido Shimbum.
Parmi les autres utilisateurs figurent les grandes marques de médias Quartz et Huffpost, des sites de sport et de divertissement comme Rakuten NBA News et Cinema Today, ainsi que des sites web axés sur des villes étrangères tels que New-York et Macao.
Les fournisseurs peuvent stocker leurs contenus sur le service cloud de Nordot aux formats CMS, RSS et API. Les éditeurs peuvent ensuite rechercher et sélectionner ce qu’ils veulent inclure sur leurs sites, leurs applications ou leurs réseaux sociaux. Le contenu peut également être téléchargé automatiquement une fois que les mots clés sont choisis.
Quand les utilisateurs cliquent sur un aperçu, les articles et les graphiques apparaissent dans une fenêtre sous le domaine de Nordot, avec la marque du fournisseur en haut, des liens vers le site du fournisseur, des comptes des réseaux sociaux, ainsi qu’une multitude d’articles suggérés en bas.
Les revenus publicitaires qui apparaissent en bas des articles sont alloués à 61,8% aux éditeurs et à 38,2% aux distributeurs, mais si aucun distributeur n’est impliqué, tout va aux fournisseurs. Les éditeurs peuvent également agir en tant que distributeurs, auquel cas ils obtiennent 38,2%. Nordot prend 19% de commission à la fin.
Construire une rédaction collective
Ancien journaliste, Nakase a fondé Nordot après avoir travaillé pour l’éditeur d’affaires Nikkei BP, Yahoo Japan et Kyodo. Il voulait créer une « newsroom collective » qui pourrait offrir un équilibre plus équitable entre les grands et les petits acteurs du marché du contenu.
Kyodo a accepté d’investir dans le concept Nordot à 85 % et Yahoo Japan à hauteur de 15 %. La société a actuellement environ dix employés à travers le Japon, les Etats-Unis et la Malaisie. Configuration rare pour une startup japonaise, Nordot n’a pas de bureau et, à part des réunions occasionnelles, tout le travail est effectué en ligne.
« Nous avons une très petite équipe mais nous avons été capables de construire ce service de cloud offrant de nombreux avantages aux utilisateurs », déclare le directeur de la technologie de Nordot.
Avec son nouveau site en anglais, Nordot se concentre désormais sur la croissance des éditeurs anglais et sur le développement de sa présence hors du Japon. Son nouveau modèle n’aurait pas pu arriver à un moment plus critique pour les petits fournisseurs de contenu.
« Il existe une multitude de médias et de bloggueurs à l’ère du web et comme les publicités sont également omniprésentes, les revenus publicitaires ont diminué », a déclaré Nakase. « Il est inefficace pour les éditeurs d’essayer de tout faire eux-mêmes alors qu’ils doivent essayer de concurrencer des géants de la distribution d’information tels que Google et Yahoo. C’est pourquoi il est préférable que les éditeurs coopèrent. Nous avons développé notre modèle pour renforcer cette coopération. »
Crédit photo de Une :Tim Hornyak
Paris Talks, 2e édition de la conférence sur le futur de l’humanité
Après le lancement de la conférence Paris Talks l’année dernière sur l’avenir de l’Humanité, Expats Paris vient d’annoncer l’édition 2019 qui se déroulera le 15 mars 2019, au siège social de l’UNESCO. Se succéderont tout au long de cette journée de nombreux acteurs qui mettront en lumière les origines des conflits du monde et de proposeront des solutions innovantes pour tenter de les résoudre. L’occasion de prendre un peu de hauteurs sur de nombreux sujets d’actualité. Méta-Media, partenaire de l’événement pour la deuxième année consécutive, vous propose un premier aperçu.
Plus de 400 leaders du monde rassemblés pour l’occasion
Construite autour de cinq grandes sessions thématiques, l’édition 2019 sera animée par une vingtaine de speakers parmi lesquels Kyle Matthews, directeur général de l’institut de recherche de Montreal sur le génocide et les droits de l’Homme, Miren Bengoa, directrice générale de la fondation CHANEL, Nicola Ayoub, danseuse et chorégraphe, Stefania Giannini sous-directrice générale de l’UNESCO ou encore Alex Taylor, écrivain et journaliste « européen ». Le but de ces interventions est d’apporter aux quelques 400 décideurs politiques, universitaires, diplomates, dirigeants d’entreprises ou encore d’ONG qui seront présents, des clés de compréhension pour aborder ensemble les défis de la prévention de conflits locaux et internationaux.
An updated #Schedule of the #ParisTalks 2019 #Conference containing all the hot topics + Speakers for each!
>>>> https://t.co/KibjrbuGxs pic.twitter.com/uVW99aG7dl
— Paris Talks (@ParisTalks) 18 janvier 2019
Les 10 keynotes à ne pas manquer :
- Global Pandemics: The Next Security Risk
- Hunger: the silent consequence of conflict
- Failing Global Leadership: Lessons From Brexit!
- Terrorism: Prevention In The 21st Century
- How To Design Better Policies Against Extreme Violence
- Are We Prepared For Nuclear War?
- The Global Cyber-WarFare Is Heating Up
- Climate Change & Energy Transition: A Lesson For The Future
- Gender Equality & Women Empowerment: Unlocking Human Potential On A Transformational Scale
- Education 2030: Making It Work For Real
Paris Talks se déroulera entièrement en anglais. Le programme complet ici.
Pour participer à l’événement, rendez-vous sur la billetterie en ligne.
5 places à gagner
Méta-Media est partenaire de l’événement et vous fait gagner 5 places
Il suffit de :
– suivre @metamedia sur Twitter si ce n’est pas déjà fait
– retweeter le tweet ci-dessous
– tirage au sort jeudi 7 mars. Bonne chance !
Paris Talks, 2e édition de la conférence sur le futur de l’humanité à @UNESCO à Paris le 15 mars.
🎁 5 places à gagner !
Pour être tiré au sort, suivre @metamedia et RT ce tweet.👉 Plus d’info : https://t.co/OGorECUtx0…#ParisTalks #future #FoodForThought #JeuConcours pic.twitter.com/sKm6iOjNZw
— Méta-Media FranceTV (@metamedia) 4 mars 2019
Liens vagabonds : #haine #pédophilie Facebook, YouTube et consorts continuent de laisser faire
A retenir cette semaine :
#haine : Comment répondre à la prolifération des contenus haineux sur Internet ? Facebook continue de laisser les annonceurs cibler des fans nazis, YouTube, malgré ses promesses, recommande toujours des vidéos conspirationnistes. Est-il seulement possible de contenir les stars du complot sur YouTube ? En attendant, des annonceurs stoppent des campagnes sur YouTube après les accusations sur la pédophilie, et ils sont de plus en plus nombreux. La plateforme durcit toutefois ses règles d’utilisation et démonétise les vidéos anti-vaccins; tandis que Facebook modifie ses règles de localisation. Mais Facebook avait promis de donner plus de contrôle sur les données, mais n’a jamais concrétisé. L’Etat de New York va enquêter sur une nouvelle fuite de données au profit de Facebook, et dans un climat politique tendu, la France détaille un projet de loi pour lutter contre la haine sur Internet.
#confiance : Google est dans la tourmente après avoir “omis” d’informer les utilisateurs de Nest que le système contient un micro capable de synchroniser les conversations avec son Assistant. Mark Zuckerberg, au même moment, se contredit en affirmant ne pas vouloir équiper/surveiller chaque salon avec une caméra. GAFA, arrêtez juste de dire : “nous prenons très au sérieux la confidentialité et la sécurité de vos données”. Facebook, un “gangster du numérique” ? C’est en tout cas ce que dit le parlement britannique cette semaine dans son rapport montrant que la firme a délibérément violé la loi en matière de protection de la vie privée et de concurrence. Pendant ce temps, Google se bat contre la désinformation, un peu, beaucoup, passionnément ? Facebook et les autres géants de la tech ont décidément besoin d’une supervision éthique.
Aussi cette semaine :
Censée être invulnérable, la blockchain est désormais “hackable”.
La stratégie d’Amazon Studios : produire 30 films par an.; Canal+ lancera sa SVoD dédiée aux séries le 11 mars à moins de 10 euros par mois
LinkedIn lance les « Infos à la Une » en France sur l’actu économique avec ses propres journalistes.
Samsung déplie son smartphone et dévoile un modèle 5G.
3 CHIFFRES
- 300 millions de dollars – c’est la somme que la Knight Foundation va investir dans l’information locale aux Etats-Unis
- 4,9 milliards d’euros – c’est la valeur du marché du jeu vidéo en France en 2018 (+15%)
- 5.000 – c’est le nombre de publicités auxquelles nous sommes exposés en moyenne par jour
LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE
Vous trouverez plus de infographies sur Statista
DIGNE DE VOTRE TEMPS
- Probablement un des meilleurs arguments pour Netflix : les gens aiment voir des séries et des films d’autres pays
- Les firmes les plus innovantes aujourd’hui dans le monde
- Quand les enfants réalisent que toute leur vie est déjà en ligne
- L’âge d’or des podcasts
DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION
- « Hollywood n’a plus d’importance (…) Netflix a gagné. »
- Comment Google se sert des sociétés écran pour échapper aux impôts
- Cycle « Tous plateformisés » Citoyenneté et réseaux sociaux
- Les éditeurs européens misent désormais sur la rétention
USAGES ET COMPORTEMENTS
- De la fascination pour les photos avant/après
- Flipboard, Pinterest, LinkedIn, le profil des utilisateurs des autres réseaux sociaux
- Ecrit-on vraiment différemment sur un écran ?
SURVEILLANCE, CONFIANCE, DONNEES
- Les ministères français communiquent dans Matrix, une nouvelle messagerie sécurisée
- Le Big Data aide à détecter les menaces
- Google Chrome va empêcher les sites de bloquer la navigation privée
Microsoft présente de nouvelles mesures pour protéger l’Europe contre les cyber-menaces - RGPD et Brexit : les conséquences sur le traitement des données
- Les utilisateurs Android peuvent enfin bloquer la géolocalisation sur Facebook
- Les extensions Chrome se soucient peu de la vie privée
- Les plateformes tech devraient s’inspirer des valeurs du journalisme
LEGISLATION, REGLEMENTATION
FAKE NEWS, LIBERTE DE LA PRESSE
The New York Times reporting is false. They are a true ENEMY OF THE PEOPLE!
— Donald J. Trump (@realDonaldTrump) February 20, 2019
- La liberté de la presse menacée aux US ; le patron du NYTimes répond
- Le prochain front pour les géants de la tech après la désinformation ? Les faux conseils médicaux
- Google explique comment il lutte contre la désinformation ; et forme 4.000 journalistes en Australie et Nouvelle Zélande ; Les réseaux sociaux sont-ils responsables du complotisme ?
- Google, le livre blanc contre la désinformation
JOURNALISME
- “Trusting news”, comment regagner la confiance, mode d’emploi pour les newsrooms
- Les femmes dans les médias américains en 2019 : une situation toujours catastrophique, en particulier chez Reuters et à l’AP
- La télévision locale reste la source d’informations la plus fiable. Alors, comment collaborer avec elle ?
- Comment Tribune Publishing, The Guardian et Slate ont abordé la question des revenus par abonnement en valorisant davantage le contenu
RÉSEAUX SOCIAUX
- Facebook stagne dans les pays riches. Mais c’est encore eux qui lui rapportent le plus d’argent
- Importante mise à jour à venir chez Twitter
- YouTube revoit en profondeur son système de strike pour le rendre plus compréhensible
- Pinterest prépare son introduction en bourse
- Est-ce déjà le début de la fin pour les groupes Facebook ?
PLATEFORMES VIDEOS, OTT, SVOD
- Le site d’hébergement de vidéos de Baidu, iQiyi, a gangé 37 M d’abonnés en 2018, mais avec des pertes conséquentes
- Netflix va finalement contribuer au fonds du cinéma allemand
- Apprendre une langue en regardant Netflix ? C’est (presque) possible
- La plateforme OTT d’Eleven Sports a lancé son application pour Amazon Fire TV et Android TV
- Mois de janvier record pour la plateforme Fox News Digital
- Le service de streaming sportif fuboTV élargit sa gamme avec les chaînes de divertissement de Viacom
- La guerre est lancée entre Marvel et Netflix
- Le nombre de foyers souscrivant à plus d’un service de SVOD continue de croître
STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS
IMMERSION, 360, VR, AR
- Magic Leap vs. Hololens : qui gagnera chez les développeurs
- Les marques ne misent pas assez sur la réalité augmentée et c’est dommage
- Microsoft se met à la réalité augmentée sur smartphones et tablettes
AUDIO, PODCAST, BORNES
- Vox Media met le paquet dans les podcasts
- SoundCloud ajoute un service de diffusion de musique pour ses abonnements premium
- Oubliez Netflix ! Voilà les six meilleurs podcasts de fiction immersive
- Wikidata, l’assistant des assistants vocaux
DATA, AUTOMATISATION, INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, BLOCKCHAIN
- La première présentatrice de JT toute IA
- Des robots journalistes font monter les abonnements d’un groupe de presse suédois
- L’Allemagne consulte l’industrie sur le potentiel de la blockchain
- Cloudera : « Pour rendre l’IA utile, rendez-la plus ‘ennuyeuse' »
- Entre futur et science-fiction, 5 scénarios d’un avenir dominé par la blockchain
- Microsoft va ouvrir en France un centre mondial de développement dédié à l’intelligence artificielle
- [ITW] Pegasystems : pourquoi l’intelligence artificielle doit être transparente
- Participer au « Grand Débat » sur Messenger grâce à un chatbot, c’est possible
- Les recommandations du gouvernement pour développer l’IA en France
- 5 idées fausses sur l’IA selon Gartner
4K, U-HD, 8K, HDR
5G / MOBILES / TELCOS
- La 5G bientôt dans un stade près de chez vous
- Les différences entre les modèles Galaxy S10
- Apple a déposé ses brevets pour un téléphone pliable
- Le Royaume-Uni ne veut pas écarter Huawei du réseau 5G
- Qualcomm lance son modem 5G de nouvelle génération et son antenne mmWave
- Le Xiaomi Mi 9 est officiel : suffisant pour faire de l’ombre à Samsung ?
- Fastweb et Samsung lancent le premier essai d’accès sans fil fixe 5G en Italie
- Wi-Fi 6: est-ce vraiment beaucoup plus rapide?
- La « 5G n’est pas la bombe atomique »
- Pourquoi le marché des smartphones déprime

CINEMA
JEUX VIDEO, eSPORT
PUBLICITE, MONETISATION
- Les annonceurs ont du mal avec les podcasts
- Les premiers modèles de financement par abonnement pour les podcasts
- L’autorité de la concurrence française préconise d’autoriser la pub ciblée à la TV
- Facebook et Instagram : entre vidéo verticale et vidéo carrée, quel format marche le mieux ?
- Pourquoi la vidéo reste un format essentiel pour les éditeurs
TECH, STARTUPS, SMART
- Huawei : bientôt une Smart TV signée Honor (en avril ?)
- Sony lance un programme de soutien aux start-ups ouvert à tous
EDUCATION, FORMATION, MOOC
- Le niveau d’éducation aux médias reste bien trop faible
- Encore trop peu de temps consacré à l’apprentissage des compétences numériques
OUTILS
- Gender Gap Tracker – pour tracer les ratio hommes/femmes dans les sources citées par les journalistes
- UrlRender : un outil pour prévisualiser, naviguer et interagir sur un site sans quitter Google
- La dernière mise à jour de l’iPhone permet enfin de mieux gérer ses abonnements. Voici comment bien s’en servir.
- Snovio : un outil gratuit pour programmer ses mails, suivre les ouvertures, les clics et définir des rappels dans Gmail
- Rocket Emoji : un moteur de recherche d’Emoji pour trouver et copier des emojis en un clic
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Les principales leçons du rapport britannique sur l’avenir du journalisme
Par Alexandre Bouniol, France Télévisions, MédiaLab
Quelques jours avant la publication du déjà fameux rapport des députés britanniques qualifiant Facebook de « gangster numérique », un autre rapport important est paru au Royaume-Uni. La presse est en danger; et si rien n’est fait rapidement, c’est toute une industrie, voire même la démocratie, qui peuvent mourir à petit feu, alerte ce document d’expert. Quelles solutions sont possibles face à ces menaces ?
Voici les principaux enseignements à en retenir pour « un futur durable pour le journalisme ».
Le journalisme au Royaume-Uni en pleine « disruption »…
Le rapport Cairncross, établi par une journaliste universitaire à la demande du Premier ministre, revient sur l’importance du journalisme dans une démocratie. Il est vital. Nécessaire. Il défend un journalisme « d’excellence » pour que le régime soit le plus saint possible, répondant à des codes, des pratiques, des standards permettant de donner une légitimité à la profession. Mais c’est surtout sur la notion d’information d’intérêt général dont il est question dans ce rapport. Ce type d’information serait ainsi en péril au Royaume-Uni :
- A l’instar de la plupart des pays occidentaux, la presse britannique a subi de plein de fouet l’arrivée d’Internet impactant son modèle économique. Avec une baisse drastique des revenus publicitaires sur format papier, elle a encore du mal à compenser les pertes sur le numérique. Les revenus publicitaires étant principalement captés par les géants du web, elle a du faire des économies. C’est-à-dire au détriment des investissements qu’elle aurait pu faire pour accompagner sa transformation digitale ou encore en rognant sur les coûts de l’information (- 6.000 journalistes depuis 2007 au Royaume-Uni).
- Cette baisse des revenus s’est faite en général sur deux types de journalisme, pourtant piliers de l’information d’intérêt public : l’investigation (qui est très chère par rapport à la potentielle monétisation de son contenu) et la presse locale. Les premières conséquences de la contraction de contenus locaux se font ressentir. En effet, le rapport fait état de baisse d’implication dans la vie politique et sociétale des citoyens, ayant donc un impact direct sur la société en tant que telle !
… à l’instar du marché de l’information
Le marché de l’information au Royaume-Uni a profondément changé ces dix dernières années, suite à l’arrivée du smartphone en 2007. On constate tout d’abord une chute drastique de la distribution de quotidiens nationaux passant de 11,5 millions d’exemplaires en 2008 à 5,8 millions en 2018.
La presse locale est celle qui est la plus durement touchée, le nombre de quotidiens étant passé de 1303 à 982 entre 2007 et 2017.
D’un autre côté, on constate l’émergence de pureplayers avec l’arrivée d’acteurs comme Buzzfeed ou le Huffpost. Jamais l’information n’avait autant été accessible par les citoyens, même si ce sont les marques traditionnelles des médias qui en profitent le plus.
« Par exemple, BBC news est lu par 30 millions de lecteurs chaque semaine » constate Frances Cairncorss, l’autrice du rapport.
Cette transformation du marché a profondément impacté la manière dont les lecteurs accèdent à l’information. Désormais, ils passent principalement par des plateformes intermédiaires, comme Google News, Apple News ou Facebook. Cette méthode d’accès à l’information a plusieurs conséquences sur la réceptivité du lecteur :
- On parle notamment de « désagrégation de l’information » dans la mesure où l’accès se fait article par article. Le lecteur n’a plus accès à un panorama de l’information comme dans un journal papier. Les lecteurs décident seuls du contenu qu’ils consomment.
- Les informations d’intérêt public sont celles qui émergent le moins sur les plateformes. Les algorithmes de ces plateformes ne sélectionnent pas la pertinence d’un contenu, mais récompensent les contenus qui se partagent le plus. Un évident manque de transparence est d’ailleurs observé ici.
Le rapport souligne le fait que les adultes britanniques passent moins de temps à s’informer et se sentent submergés par le flot d’informations. Pour exister dans cet écosystème, les médias ont dû adapter leur stratégie éditoriale. Ils ont réduit la taille de leurs articles, cherché à faire du contenu plus sensationnaliste et rédigé des titres à « haute portée d’audience ».
Le manque de clarté sur les plateformes pour distinguer les informations vérifiées des infox est aussi dénoncé. Plusieurs solutions sont proposées face à cela :
- La première, reconnue comme extrême par l’auteure elle-même, est de rendre responsable juridiquement les plateformes des contenus diffusés.
- La seconde serait d’introduire dans l’algorithme un quota d’informations de bien public afin que tout le monde ait accès un minimum à ce genre de contenus. Cela pose la question de l’intervention de l’Etat dans le contenu diffusé.
- La troisième est la mise en place d’une instance de régulation qui rendrait compte de la qualité d’information diffusée sur ces plateformes.
Une remise en cause du modèle économique de la presse
La presse britannique a donc subi une chute brutale de ses revenus à deux niveaux. Les annonceurs se retirent petit à petit de la publicité sur le print au profit de la publicité digitale. Les consommateurs achètent de moins en moins de journaux en format papier. Résultat, la baisse combinée de ces deux sources de revenus s’établit à -50% entre 2007 et 2017.
Historiquement, la presse a perçu le web comme un simple complément à la version papier et a cherché à maximiser le nombre de clics pour attirer les annonceurs sur leur site. Mais cette stratégie s’est avérée peu productive :
- L’espace publicitaire proposé sur les sites est limité, donc peu attrayant pour les annonceurs. Cette contrainte a été d’autant plus accentuée par la percée des smartphones, l’espace sur l’écran se réduisant de facto encore plus que sur un ordinateur. La valeur de l’espace publicitaire est donc faible.
- Les bloqueurs de publicité ont heurté de plein fouet les éditeurs, rognant encore un peu plus leurs revenus.
- La presse fait face à une nouvelle concurrence : celle des plateformes. Google et Facebook connaissent bien mieux leurs utilisateurs que n’importe quel autre site grâce à toutes les données récoltées. La qualité du ciblage publicitaire est bien plus valorisée que celle des autres, dont la presse.
Pour essayer de rehausser la valeur de leurs espaces publicitaires, certains ont misé sur leurs contenus premium pour attirer des grandes marques soucieuses d’être associées à du contenu qualitatif. D’autres, comme le Financial Times, ont cherché à mieux cibler leurs lecteurs en proposant quelques contenus gratuits en échange d’informations personnelles. Plus généralement, « la publicité digitale n’est pas une source de revenus suffisante » d’après Frances Cairncross. Surtout pour la presse locale qui subit frontalement la publicité géolocalisée proposée par les plateformes. C’est la raison pour laquelle, certains journaux se sont lancés dans l’abonnement en ligne pour diversifier leurs revenus, dont certains à succès comme le New York Times ou le Washington Post. Mais « si l’abonnement en ligne fonctionne relativement bien pour les grandes marques nationales ou les journaux spécialisés ce n’est pas du tout le cas pour la presse locale ou les tabloïds » renchérit-elle.
⭐⭐⭐ Les abonnements peuvent-ils sauver toutes les sociétés de médias ou seulement le New York Times ? 🤔 📰#NewYorkTimes #medias https://t.co/7xxnrD29Bv
— Méta-Media FranceTV (@metamedia) 8 février 2019
D’autres sources de financement ont également été explorées. La donation et la notion d’adhésion à un média, initié par le Guardian, a porté ses fruits. Cette méthode a fonctionné sur une plus petite échelle, comme cela a pu être le cas pour le Bristol Cable. L’accès « à volonté » est une piste explorée par d’autres, comme Texture (racheté par Apple ndlr). C’est-à-dire agréger du contenu de plusieurs médias sur une même plateforme, rémunérant chaque média en fonction du nombre de clics. Le développement du micropaiement est décrit comme une opportunité dans la mesure où il pourrait favoriser l’achat d’article par article. Cependant, un des obstacles majeurs au Royaume-Uni est la très faible propension de la population à payer pour accéder à de l’information. Certains accusent la BBC de phagocyter le marché, mais des études tendent à prouver le contraire. Le rapport suggère en revanche d’abaisser la TVA pour les souscriptions d’abonnements en ligne pour la presse, comme c’est déjà le cas pour la presse papier.
Un rapport complètement déséquilibré entre les plateformes et les éditeurs
Tout le commerce (ou presque) de la publicité en ligne est faîte de manière « programmatique ». C’est-à-dire que le système publicitaire est géré par un processus automatique utilisant des critères très précis de ciblage grâce à l’ensemble des données récoltées par les plateformes sur les utilisateurs. Il est cependant très complexe de comprendre le fonctionnement précis de cette méthode, où les transactions financières entres les différents acteurs de la chaîne sont très opaques. Un éditeur a beaucoup de mal à connaître le montant exact qu’il perçoit par rapport à l’argent initialement investi par un annonceur. D’après différentes études menées, l’opacité et la multiplicité des acteurs sont devenues telles que le revenu est nécessairement rogné (bien plus que dans un système publicitaire classique) au détriment des éditeurs.
Le rapport fait état d’une situation de quasi-monopole de la part des plateformes sur l’ensemble de la chaîne de production de la publicité en ligne. Cette position dominante sur toute la chaîne de valeur ne fait que renforcer le pouvoir de négociation des plateformes par rapport aux autres acteurs.
Les plateformes jouissent aussi d’une supériorité dans la collecte des données. Personne d’autres qu’elles n’y ont accès. Il est très difficile de mesurer l’efficacité réelle de la publicité en ligne. Le manque de concurrence dans le domaine n’aidant pas, d’autant plus que l’arrivée de nouveaux acteurs semble impossible tant les barrières à l’entrée sont élevées.
Le changement potentiel d’algorithmes des plateformes, dont elles sont maîtresses, est également source de préoccupations pour les éditeurs, tant leur modèle économique en dépend. Ils en ont notamment fait les frais en janvier 2018 suite au changement d’algorithme de Facebook.
Le rapport s’intéresse ensuite à la manière dont Facebook et Google diffusent et classent l’information fournie par les éditeurs, qui est là aussi, assez opaque. L’affichage d’un article ne se fait pas de la même manière à partir d’un ordinateur ou d’un mobile. A partir d’un ordinateur, lorsque l’on clique sur un article à partir de ces plateformes, l’internaute se rend sur le site de l’éditeur. A partir d’un smartphone, il est question « d’affichage accéléré » qui a pour but initial d’améliorer le temps de chargement de la page. Le contenu ne s’ouvre pas sur le site de l’éditeur, mais « en complément » sur la page initiale de recherche. Dans le second cas, des anomalies ont été constatées. Sur Google, la publicité n’aurait souvent même pas le temps de s’afficher. Sur Facebook, l’éditeur doit passer par un autre système de publicité de la plateforme, système sur lequel Facebook récupère 30% des revenus générés…
Établir un rapport de force entre éditeurs et plateformes pour essayer de rééquilibrer la relation commerciale est très complexe, les dernières tentatives de négociations entre les deux secteurs ayant toutes tourné à l’avantage des plateformes. Certains avaient tenté de se retirer de Google News, mais la dépendance est telle qu’ils ont dû faire marche arrière. C’est tout l’enjeu de la directive européenne sur le droit d’auteur qui doit voir de quelle manière les pouvoirs publics peuvent instaurer un commerce équitable.
C’est ce que préconise le rapport : exiger plus de transparence de la part des plateformes pour « établir un environnement économique équitable, prédictible, durable et de confiance ». Le fait de connaître un maximum d’informations sur ces dernières permettrait de mieux comprendre le fonctionnement global du marché et donc de pouvoir intervenir plus efficacement.
Pour rétablir le déséquilibre entre plateformes et éditeurs, le rapport préconise deux choses :
- La première serait « d’autoriser les éditeurs à se réunir en industrie » pour avoir plus de poids dans les négociations. Le risque est que cela pourrait nuire aux plus petits acteurs du marché et renforcer les barrières à l’entrée.
- La seconde, l’option que l’autrice préfère, est « de développer une charte de bonne conduite » pour les plateformes, certes moins contraignante mais qui a déjà porté ses fruits dans d’autres domaines, notamment dans la diffusion télévisuelle.
Assurer un journalisme durable et de qualité
La presse locale et le journalisme d’investigation sont ceux qui sont à la fois les plus vitaux pour la démocratie mais aussi ceux qui ont le plus souffert des transformations digitales. Pour survivre, beaucoup de médias se sont lancés, à raison, dans le data-journalism, qui a permis de réduire les coûts de l’information (moins de besoin humain) et d’améliorer la qualité de l’information grâce à la pertinence des données. De belles réussites ont été constatées dans le domaine comme RADAR, qui collecte un ensemble de données publiques qui peuvent ensuite être analysées par des critères notamment géographiques, permettant de faire émerger des histoires aux journalistes.
Mais la presse locale est celle qui est le plus en péril. Ses chutes importantes de revenus lui donnent peu de marges de manœuvres financières. Elle ne peut, à l’instar de la presse nationale, procéder à des économies d’échelle de l’information, le bassin de population étant sensiblement bien plus réduit qu’au niveau du pays. Le rapport estime peu probable que la presse locale arrive à trouver un modèle économique (contrairement à la presse nationale) qui soit auto-suffisant.
L’autrice requiert une intervention de l’Etat face au danger qui guette le secteur. Une des premières interventions envisagées est la création d’aides pour l’innovation et l’usage des nouvelles technologies comme cela peut être le cas en France, aux Pays-Bas ou en Australie. Par ailleurs, certaines plateformes ont lancé des fonds similaires de leur propre chef comme Google avec le Google Digital News Innovation Funds. Frances Cairncross a l’intime conviction qu’une solution durable ne peut émerger aujourd’hui mais c’est pourquoi il est nécessaire d’investir dès maintenant pour trouver les solutions, demain. L’urgence sur le court-terme étant pressante, le rapport préconise une intervention directe de l’Etat. Comme cela peut être le cas dans différents pays européens à travers différentes aides et subventions allouées à la presse.
Sur une vision à plus long terme, le rapport suggère de donner un statut caritatif à la presse produisant des informations d’intérêt public. Cela lui permettrait de bénéficier de crédits d’impôts et donc encouragerait des actions philanthropiques. Le seul bémol est que les organismes caritatifs au Royaume-Uni s’engagent à adopter un comportement neutre vis-à-vis des politiques publiques menées par le gouvernement. Soit l’antithèse du journalisme. Si cet obstacle juridique ne parvient pas à être surmonté, le rapport suggère de créer des allègements fiscaux sur la presse, tel que cela peut-être le cas dans la production audiovisuelle.
Les 9 recommandations du rapport au gouvernement
- Les éditeurs dépendant massivement du trafic généré par les plateformes, il semble nécessaire d’établir une charte de bonne conduite qui permettrait d’encadrer les accords commerciaux pour rééquilibrer la relation entre les plateformes et les éditeurs. Le tout sous l’œil avisé d’une nouvelle instance de régulation (cf la neuvième recommandation).
- Approfondir le travail d’étude du marché de la publicité en ligne afin de mieux comprendre ses tenants et aboutissants pour limiter les abus de position de dominante et rendre la concurrence plus équitable. L’autorité de la concurrence et des marchés, à travers son pouvoir et ses compétences en la matière, est surement l’instance la plus à même à mener cette investigation.
- Les efforts des plateformes en ligne pour améliorer l’expérience des utilisateurs dans leur recherche d’informations, notamment en ce qui concerne la fiabilité des sources, doivent être poursuivis mais encadrés par le domaine public.
- Développer une réelle stratégie d’éducation aux médias en impliquant l’ensemble des acteurs concernés (les plateformes, les éditeurs, les ONG, les chercheurs, etc.).
- Bien identifier l’impact de la BBC sur le marché de la presse. Un équilibre doit être trouvé entre ses missions de service public (à savoir toucher un maximum de personnes) et la potentielle cannibalisation du marché au détriment de la presse locale. La BBC doit également faire plus en ce qui concerne le partage de son expertise technique et numérique au profit des éditeurs locaux.
- Créer un fonds pour l’innovation afin d’améliorer l’offre d’information d’intérêt général et piloté par une instance indépendante tel qu’un institut pour l’information d’intérêt public.
- Mettre en place une taxation particulière pour le journalisme d’intérêt général, comme une TVA à 0% pour la souscription à des abonnements en ligne ou encore un allègement fiscal du secteur à l’instar des industries créatives qui en bénéficient déjà.
- Subventionner directement la presse locale d’intérêt général au vu du caractère urgent de leur situation économique.
- Créer une nouvelle instance de régulation : l’institut pour l’information d’intérêt général. Cette nouvelle administration permettrait d’amplifier les efforts pour assurer le futur d’un journalisme d’intérêt public de manière durable, en travaillant main dans la main avec les éditeurs et les plateformes.
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Liens Vagabonds : Apple va encore tout bousculer (info, vidéo, TV, …)
A retenir cette semaine :
Apple prévoit d’organiser un événement spécial le 25 mars pour annoncer plusieurs produits. A l’affiche : son service d’informations par abonnement, surnommé « Netflix de l’info » et son nouveau service de streaming vidéo. Mais son nouveau kiosque de presse est encore pire pour les éditeurs que les conditions des autres géants de la tech ! En effet, Apple prévoit de conserver environ 50% des revenus d’abonnement provenant de son service d’infos par abonnement, et ne partagera probablement pas les données des clients avec les éditeurs. Pourquoi Apple veut la moitié de leurs revenus ? Car la société de Cupertino dit vouloir sauver le journalisme. Tout ce qu’elle veut en retour, c’est la moitié des revenus que gagnent les journalistes qui vendent leurs articles par le biais de leur nouveau service d’abonnement.
Le 8 février, Libération a fait éclater le scandale de la « Ligue du LOL », un groupe d’influenceurs web et de journalistes qui harcelait en ligne d’autres internautes notamment des journalistes féministes, il y a quelques années. Et ce lundi, les premières sanctions sont tombées. Quatre journalistes ont été mis à pied par leurs rédactions respectives. L’affaire a fait très grand bruit. Pour preuve, un méga-thread a été créé pour rassembler un maximum de contenus en lien avec ce scandale. La « Ligue du LOL » met en lumière les problèmes que posent le cyber-harcèlement. En réponse à cela, France Inter propose 5 leçons à tirer de cette affaire.
Et d’ailleurs, que dit la loi en France sur le cyber-harcèlement ? Ce délit est passible de 3 ans de prison et 45 000 euros d’amende. Pour lutter contre ce fléau le gouvernement détaille en 10 points son plan d’action, sachant que 22 % des jeunes majeurs disent avoir été la cible de harcèlement en ligne selon un sondage Ifop.
Dans le même temps, le PDG de Twitter affirme que les géants de la tech n’ont pas suffisamment protégé les victimes d’abus. Il concède que c’est un « énorme échec ».
Autre aveu d’échec pour un réseau social, Facebook est en passe d’être condamné à une amende de plusieurs milliards de dollars par l’administration américaine pour atteintes à la vie privée.
Netflix se porte bien en France. La plateforme compte 5 millions d’abonnés après 4 ans et demi d’activité dans le pays. Soit davantage que Canal +.
« Chassé-croisé » involontaire entre LinkedIn et Brut. Le premier se lance dans la vidéo live tandis que le deuxième lance son site et une application. Quant à lui, le chinois Tencent investit dans Reddit.
Et aussi : le trafic de Snapchat désormais certifié par l’ACPM (ex OJD), c’est a priori la première fois dans le monde qu’un « GAFA » accepte de se soumettre aux règles d’un acteur local indépendant de la certification de la diffusion des médias. 2,29 milliards de visites mensuelles en France pour Snapchat, 74 millions de visites chaque jour via 13,2 millions de terminaux mobiles uniques.
A Bruxelles, étape décisive pour la réforme du droit d’auteur
3 CHIFFRES
- 500.000 £ – c’est le résultat de la campagne de crowdfunding de Tortoise , un nouveau site d’info britannique qui défend le slow-journalism (la campagne visait 75.000£)
- 8 milliards – c’est le nombre d’assistants vocaux qui seront utilisés en 2023 (x3 vs 2018)
- 230 – soit le nombre de nouveaux emojis à paraître en 2019
LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE
Quelles situations de cyber-violence as-tu déjà subi sur les réseaux sociaux ?*
En partenariat avec Statista
DIGNE DE VOTRE TEMPS
- Comment Netflix s’y prend pour nous rendre accros
- « On a remplacé à tort l’idée d’âme par l’idée de logiciel »
- Les 30 ans du web : de l’utopie au capitalisme de surveillance
- Le média de demain sera conversationnel ou ne sera pas
DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION
- Plus de 15.000 suppressions d’emplois dans les médias US l’an dernier, dont 12.000 dans l’info. La pire année en 10 ans.
- Le Nytimes met fin à sa chaîne sur Snapchat
- Le Netflix de l’info prévu par Apple est encore pire que les autres géants de la tech pour les éditeurs !
- TechCrunch lance un service par abonnements
- Le succès du site d’infos locales Patch
- L’accélération d’Amazon c’est en ce moment !
- La Russie veut se déconnecter d’Internet et ouvrir son propre réseau autonome
- Brexit : en cas de no-deal, AMC Networks envisage d’acquérir une licence de distribution à Madrid
- Moldavie : Facebook démantèle un réseau de faux comptes tentant d’influencer la politique du pays
USAGES ET COMPORTEMENTS

- Les TV payantes US ont encore perdu 3,2 millions d’abonnés l’an dernier et ça va continuer
- Face au numérique, « nous voulons nous protéger et nous exposer »
- Voici d’où vont venir vos lecteurs cette année
- WordPress propulse 33% des sites Internet
- Selon une nouvelle étude de la Anti-Defamation League, environ 37% des Américains ont été victimes de haine et de harcèlement graves en ligne en 2018
- L’appli préférée des ados ne les encourage pas à être créatifs, mais à être des clones
- Les possesseurs américains d’iPhone ont dépensé 79 $ en applications
SURVEILLANCE, CONFIANCE, DONNEES
- L’Inde propose de durcir le ton vis-à-vis des plateformes mais risque aussi de tomber dans le camp des censeurs chinois ou russes
- En Inde, il est extrêmement facile de manipuler les tweets d’un politicien
How do you get a Union Minister to tweet what you want? Well, you go and edit the trending document made by BJP IT cell, and then you control what they tweet. Thread.
Here’s the video of this morning when their trending document got automagically updated 🙂
1/n pic.twitter.com/6DLwDPg2CV
— Pratik Sinha (@free_thinker) 13 février 2019
- Des milliers d’applis Android ont créé un dossier permanent de tout ce que vous faites
- Après Microsoft, Amazon appelle le gouvernement à réguler la reconnaissance faciale
- Vous ne contrôlez qu’un tiers de votre identité en ligne
- Des fichiers Windows peuvent désormais infecter les Macs
- TikTok sous pression en Inde suite à son implication dans le cyberharcèlement
- Facebook suit la localisation des comptes qui paraissent suspects
LEGISLATION, REGLEMENTATION
- Pour la première fois, l’Union européenne rappelle des montres connectées peu sécurisées
- Une nouvelle initiative anti-piratage vise à protéger les marques européennes
- Union Européenne : dans la bataille des droits d’auteur, Google défie la volonté des régulateurs
- Une étude du gouvernement britannique préconise une régulation “légère” de Google et Facebook (et peut-être de nouvelles contraintes pour la BBC)
- Maria Ressa, la présidente du média Philippin Rappler a été arrêtée pour cyber-diffamation
- L’UFC-Que Choisir fait condamner Google, pour 209 clauses abusives et illicites dans ses « Conditions d’utilisation » et « Règles de confidentialité »
- L’application TikTok est accusée en Inde de servir d’intermédiaire au harcèlement d’enfants par des personnes malveillantes
FAKE NEWS, LIBERTE DE LA PRESSE
- #DeepFake Ces personnes n’existent pas
- #DeepFake Un générateur de textes par #IA tellement dangereux que ses créateurs s’empêchent de le montrer
- Il faudra plus qu’un groupe de journalistes pour contrer les fake news
- Deep fake, GAN… Fascinant (ou effrayant) découvrez la tech qui fait passer du faux pour du vrai
- Le gouvernement indien propose une censure d’internet similaire à celle exercée en Chine
- Facebook pourrait réduire la visibilité des informations erronées sur les vaccins
JOURNALISME
- Selon Aram Zucker-Scharff, directeur de l’ingénierie au Washington Post : “Vous ne pouvez pas résoudre le problème de la transparence en ajoutant davantage de technologie”
- Prendre la pleine mesure des algorithmes : le prochain défi du journalisme
- Apple pourrait sauver le journalisme en ligne… ou l’étrangler
- 5 femmes journalistes grands reporters à suivre dans les médias
RÉSEAUX SOCIAUX
- Gmail : tout ce que vous pourrez bientôt faire avec un clic droit sur la messagerie de Google
Instagram confirme un bug qui provoque la diminution d’abonnés de certains comptes - Twitter teste une nouvelle fonctionnalité à partir de l’appareil photo
- Comment TikTok s’est imposé face aux autres réseaux sociaux
- Facebook cherche à éviter une énorme amende (à cause de Cambridge Analytica)
- Twitter se penche sur les déterrages de vieux tweets
- Molotov remporte une première bataille juridique face à M6
- Apple : le géant américain pourrait dévoiler son service de streaming vidéo le 25 mars prochain
- Netflix dépasse la barre des 5 millions d’abonnés en France
- Netflix sera le premier à diffuser le film sur Breaking Bad
- Comment les réactionnaires de Youtube rompent avec les médias ?
STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS
- Apple Music transforme les artistes en Memoji dans ses dernières publicités
- Un nouveau podcast de journalisme s’appuie sur l’histoire pour contrer ‘l’objectivité”
- Tour du monde des pratiques des médias sur le format des stories
IMMERSION, 360, VR, AR
- Les Google maps bientôt en AR
- Google présente Playground avec Childish Gambino en AR dans son Pixel 3
AUDIO, PODCAST, BORNES
- Un podcast pour remettre de l’humain dans la tech
- Slate lance son nouveau support intitulé Supporting Cast, destiné à aider les podcasteurs des abonnements payants
- À Liverpool, un podcast sur le football est devenu un véritable média basé principalement sur le paiement par auditeur, et non sur la publicité
- Soundcloud a dépassé les 200 millions de morceaux sur sa plateforme
DATA, AUTOMATISATION, INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, BLOCKCHAIN
- Découvrez les GiletJauneCoins, la crypto monnaie des Gilets Jaunes
- L’intelligence artificielle d’IBM a failli battre un champion du débat
- Le plan de Donald Trump pour faire de l’IA un effort national
- Trois anciens employés de Snapchat lancent Forge Platform, un projet qui permet d’améliorer les outils de développement de la cryptomonnaie EthereumQuand des élèves de 4e décident du futur de l’IA
- Les IA créent des emplois… malheureusement ils sont souvent débiles
- L’algorithme, la nouvelle frontière du journalisme
Comme promis, Xiaomi vient d’annoncer la date d’officialisation du #Xiaomi #Mi9. Rendez vous le 20 février prochain à Beijing !
RT apprécié 😘pic.twitter.com/fbNg0ZLglk pic.twitter.com/ZOAH6cmc5G
— Xiaomi Actu | France 🇫🇷 (@ActuXiaomi) 13 février 2019
- Selon Huawei, ses problèmes liés à la sécurité n’entravent pas ses ventes
- Apple peut de nouveau vendre ses iPhones en Allemagne
CINEMA
JEUX VIDEO, eSPORT
- Le producteur de jeux vidéo Activision Blizzard engrange 1,8 milliard de bénéfice net en 2018 et …. licencie 8% de son staff
- Sony nomme le nouveau chef de la playstation, le deuxième en deux ans
PUBLICITE, MONETISATION
- Reddit reçoit des fonds du chinois Tencent, des usagers inquiets
- Facebook élargit les moyens de monétiser le contenu vidéo
TECH, STARTUPS, SMART
- Amazon acquiert eero, start-up spécialisée dans les routeurs de maillage WI-FI
- Le chinois Tencent entre au capital de Reddit à hauteur de 150 millions
EDUCATION, FORMATION, MOOC
OUTILS
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Dans un monde de la post-vérité, de nouvelles formes de luttes émergent
Par Alexandre Bouniol, France Télévisions, MédiaLab
« Le sort de la vérité a toujours été très fragile », a déclaré il y a quelques jours Edgar Morin lors du colloque sur la post-vérité à la Cité des sciences et de l’industrie à Paris. A cette occasion, chercheurs, décideurs publics et professionnels des médias ont décrit cette société de la désinformation, rétablit quelques faits sur les fake news et proposé quelques pistes pour lutter contre l’infox.
Un monde pris dans les mailles de la post-vérité
Le terme de « post-vérité » a été utilisé pour la première fois en 2004 par l’écrivain américain Ralph Keyes. Il décrit la post-vérité comme l’apparition d’un système ou d’une société où la différence entre le vrai ou le faux n’a plus d’importance. Cette définition a éclaté aux yeux du monde en 2016 avec le vote pour le Brexit et l’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis. Et fake news a été élu terme de l’année 2017.
La montée des populismes va de pair avec la post-vérité, car leurs leaders cherchent ce clivage avec ceux qui sont censés savoir : le pouvoir, les élites. Et le relativisme de l’opinion l’a emporté. L’affirmation de faits absolument faux sont analysés comme s’ils étaient vrais.
Michel Wieviorka, président de la Fondation Maison des sciences de l’homme (FMSH) et directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) parle même « d’effondrement du système d’information classique ». Pour Myriam Revault d’Allonnes, philosophe et chercheuse associée au CEVIPOF à Sciences Po, « la post-vérité porte non pas atteinte à une vérité de type rationnelle ou théorique mais porte atteinte très profondément à la capacité de juger des citoyens qui se trouve très profondément ébranlée à partir du moment où le débat d’idées met en jeu des opinions qui n’ont même plus besoin d’être appuyés sur des faits ». Le débat d’idées est donc bien biaisé par les infox.

Le phénomène est, on le sait désormais, accentué par les réseaux sociaux, qui en ont industrialisé la pratique et qui s’en auto-nourrissent du fait des biais structurants des algorithmes. Le sociologue Dominique Cardon a parlé de la polarisation du web, c’est-à-dire de la formation d’une bulle idéologique où des opinions similaires encouragent une radicalisation des prises de parole sur cet espace. Francesca Musiani, chargée de recherche au CNRS, fait état de « mise en silo » car le partage de l’information répond à des logiques d’affinité et de proximité. C’est notamment le cas du référencement du Google qui se fait par popularité mais pas uniquement.
Depuis 2010, Google a introduit dans son algorithme PageRank une personnification du résultat qui se base sur les sites précédemment consultés et les recherches récentes, accentuant de facto ce phénomène. L’activiste Eli Pariser parle même d’espaces cognitifs clos, qui conforterait chacun dans ses opinions. Ce sont évidemment des effets collatéraux du modèle économique du moteur de recherche, mais qui favorise et renforce le maillage de la post-vérité dans notre société. C’est d’autant plus vicieux, explique Romain Badouard, maître de conférence à l’université Paris 2 Panthéon-Sorbonne, qu’il s’agit en fait d’une forme de propagande intérieure indolore et satisfaisante.
3 chiffres à retenir :
- 2004 – L’année d’apparition du mot post-vérité
- 6 – Sur Twitter, les fake news se propagent 6 fois plus vite que les informations vérifiées
- -35 – Les moins de 35 ans ayant un faible niveau d’études sont ceux qui croient le plus aux infox
« From the bottom » : développer chez les jeunes un système de pensée analytique
Cette notion de « satisfaction » est fondamentale dans le processus cognitif. Selon le sociologue Gerald Bronner, « la robustesse d’une proposition intellectuelle n’est peut-être que la satisfaction intellectuelle qu’elle produit dans le cerveau de ceux qui l’accueillent ». Il est ici question de biais cognitif. Ce n’est donc pas lié à la qualité de son argumentation mais à l’intuition, à la satisfaction que le cerveau reçoit dans un premier temps.
Dans le prolongement de sa pensée, Gerald Bronner montre que cet aspect psychologique est intimement lié avec l’aspect social, dans la mesure où les fake news sont généralement « enrobées » dans des narrations idéologiques, politiques qui vont accélérer la puissance de diffusion de ces biais. La situation concurrentielle entre les infox et les informations vérifiées est donc problématique.
Pour lutter face à cela, Gerald Bronner préconise une nouvelle forme de régulation : une régulation individuelle. Cette forme de régulation consiste à développer un esprit critique, on parle même de « système de pensée analytique ». Scientifiquement, il a été prouvé que la stimulation de la pensée analytique réduit l’adhésion à des théories complotistes. C’est la raison pour laquelle le sociologue recommande d’apprendre aux élèves du cycle primaire jusqu’à l’université le fonctionnement de leur cerveau. Le principal biais dont il est question est le biais de la taille de l’échantillon. Biais sur lequel s’appuie principalement les infox. Par exemple, un compte Twitter avait « prédit » les attentats de Paris deux jours avant le 13 novembre.
Ce compte était en fait un bot qui publiait massivement des tweets sur des attentats fictifs partout dans le monde dans le seul but de susciter des clics. La probabilité que la teneur tweet soit réelle était donc très faible, mais nécessairement, avec un grand nombre de tentatives, la probabilité qu’un des tweets soit « juste » augmentait. Initier les élèves à ce type de situation pourrait permettre de lutter un peu plus efficacement sur le long terme contre les fake news.
« From the top » : pour un pacte sur l’information et la démocratie
Reporters sans frontières a, de son côté, initié en novembre 2018 un pacte pour la démocratie afin de « traiter non pas les phénomènes mais les causes de ce dérèglement de l’espace public » d’après Christophe Deloire, secrétaire général de RSF. Le problème majeur, selon lui, est lié au décalage entre la protection de la liberté d’expression et d’opinion, historiquement créée au niveau national (cf Loi Bichet, Loi de 1986, etc.) et la réalité de l’espace globalisé. Aujourd’hui tout le monde peut interférer dans l’espace public d’une démocratie même en étant à l’autre bout du monde. « La place du village qui, autrefois était une compétence des Etats, est déléguée à des entités privées ou étatiques d’autres pays. Ça peut être Mark Zuckerberg aussi bien que Xi Jinping ».
C’est pourquoi RSF a créé une commission sur l’information et la démocratie, composée de 25 personnalités de 18 nationalités différentes. Y figurent des lauréats du prix Nobel, des spécialistes des nouvelles technologies, des journalistes, des juristes et des anciens dirigeants d’organisations internationales. Cette commission a édicté une déclaration qui « vise à entrer dans cette nouvelle logique afin de définir les obligations des entités structurantes de l’espace public ». RSF a donc sélectionné douze pays qui vont s’engager à signer un pacte sur l’information et la démocratie sur la base de la déclaration évoquée ci-dessus. Le but est, à terme, de créer une entité qui associera des experts indépendants qui pourra édicter des propositions avec un monopole de l’initiative et qui pourront être mises en œuvre par des Etats.
🗯 « L’écosystème de l’information, comme le climat, est déréglé », par @cdeloire. Le secrétaire général de @RSF_inter présente le Pacte international sur l’information et la démocratie. Signé par 12 États, il vise à faire émerger une régulation internationale de l’information. pic.twitter.com/wSnrMSnXOe
— Le 1 (@Le1hebdo) 18 décembre 2018
Elle repose sur des principes forts :
- Le droit à l’information fiable
- La liberté de la presse
- La vie privée
- La responsabilité des participants du débat public
- La transparence des pouvoirs
En parallèle, RSF mène un combat en amont dans les process de fabrication de l’info. On parle ici de market regulation et self regulation. L’ONG préconise une standardisation des méthodologies du journalisme conçue par des experts indépendants, base à partir de laquelle ils pourraient construire un outil qui permettrait de mesurer l’intégrité d’une source d’information, une sorte de label. Cela permettrait aux plateformes d’intégrer cet outil dans leurs algorithmes pour pondérer certaines sources d’informations en fonction de ce critère objectif.
Pour aller plus loin :
- Fake news : et si la solution passait par un vaccin ?
- L’Union européenne lance à son tour l’offensive anti fake news
- Fake news : les scientifiques s’en mêlent
Le point sur les tendances du storytelling immersif
Par Mickaël Mavoungou-Nombo,France Télévisions, MediaLab
Les nouvelles technologies alliées au storytelling est un mariage qui marche à merveille. La technologie permet de toucher parfois un nouveau public à travers une expérience inédite ; le message a donc une visibilité plus importante, qui dépasse parfois les frontières nationales. Tous les genres sont impactés : documentaires, des films, des histoires, des BD… Le champ d’exploration est infini ! Lors de l’événement Futur.e.s Storytelling organisé par Cap Digital cette semaine à Paris, 15 nouvelles expérimentations pour le storytelling étaient mises à l’honneur. Tour d’horizon des tendances.
La Story fait sensation dans le storytelling
La jonction entre nouvelles technologies et storytelling propose de nouvelles opportunités créatives et permet de repenser le monde qui nous entoure. La réalité virtuelle et la réalité augmentée font partie de ces technologies mais celle qui sort sont épingle du jeu, c’est la story.
Les stories sur les réseaux sociaux, c’est un format vidéo court et vertical qui s’est développé depuis plusieurs années déjà. L’avantage des stories c’est qu’elles touchent une population bien précise qui sont les jeunes. Lors de Fuur.e.s, on a pu découvrir l’expérimentation Instraviata. Ce documentaire qui prend la forme de stories sur Instagram permet de découvrir autrement la « Traviata » de Verdi. Pendant un mois, sur le compte Instagram d’ARTE Concert, Instraviata a proposé une manière inédite d’appréhender un opéra classique et l’histoire complexe de La Traviata depuis son mobile !
Autre exemple intéressant, Phenix Digital, le premier média digital outdoor qui bouge les lignes de la publicité en déployant des campagnes « stories » sur son réseau de plus de 1000 vitrines digitales. C’est la première plateforme de vidéos premium diffusées dans la rue avec une programmation originale inédite sur 1600 écrans urbains et les réseaux sociaux. Plus de 10 millions de personnes découvrent les stories de talents, d’influenceurs, d’éditeurs partenaires.
La réalité augmentée, technologie montante grâce… aux stories
Nombreuses sont les expérimentations autour de la réalité augmentée, qui s’est démocratisée grâce à Snapchat même si la technologie existe depuis très longtemps.
L’expérience Extra Pol, développée par WeDoData, est le premier dispositif innovant à avoir hacké les affiches officielles des candidats à l’élection présidentielle de 2017 pour informer via la réalité augmentée. Chaque jour, pendant le mois de la campagne officielle, les utilisateurs de l’application ExtraPol ont découvert des informations originales sur les candidats en scannant leurs affiches de campagne avec leur téléphone.
La réalité virtuelle : tout reste à faire
La réalité virtuelle, elle, représente l’avenir du storytelling car elle propose une immersion extrêmement puissante et exceptionnelle. Elle n’est pas encore complètement développée car elle est très coûteuse en matériel. Mais sa capacité exceptionnelle à transporter le public dans des histoires toutes aussi captivantes les unes que les autres en fait la principale technologie pour le storytelling de demain.
Par exemple, Fugue VR, qui est une expérience de danse en réalité mixte. Dans l’expérience physique, les spectateurs qui auront le casque feront les mêmes mouvements sur l’impulsion de deux danseurs qui seront avec eux dans la ronde physique, qui les entraîneront à faire le mouvement. Le spectateur est complètement immergé dans le film, qu’il peut voir à 360 degrés. Il peut voir les murs, le plafond, le sol et c’est lui qui sera pilote de ce qu’il veut voir dans le film.
Un storytelling ancré dans le réel
La tendance est donc bien à l’expérience, ancrée le plus possible dans le réel via la stimulation d’un ou plusieurs sens. Les objets connectés ont leur place dans le futur du storytelling, à l’instar de la Political Lamp qui réagit en temps réel aux messages postés sur Twitter, en créant un véritable orage lumineux chaque fois qu’un tweet est mis en ligne sur l’un des comptes qu’elle surveille. Chaque tweet se matérialise alors par une série d’éclairs, roulant dans le nuage et venant troubler la douce lumière de la lampe.