Fake News : près de la moitié des Français accusent les médias de les induire en erreur
Par Barbara Chazelle, France Télévisions, MediaLab et Prospective
Ipsos publie les résultats de son étude internationale Global Advisor dédiée aux fake news qui permet de mesurer l’ampleur du phénomène : au quotidien plus d’un Français sur deux seraient exposés fréquemment à de fausses informations et 43% d’entre eux estiment avoir déjà été piégés par une information qui s’est avérée fausse. Les coupables ? Les politiques et les médias qui les induiraient délibérément en erreur. Crise de confiance profonde, qui s’étend jusqu’à leurs concitoyens dont les facultés de discernement sont sévèrement jugées.
Les Français estiment que les fakes news seraient largement relayées par les médias
Selon l’étude d’Ipsos, 54% des Français affirment être souvent confrontés à des fake news émanant des organes de presse et 41% d’entre eux accusent les médias de les tromper à dessein (49% dans le monde). Les réseaux sociaux ne sont pas oubliés : 37% des sondés français estiment que « les réseaux sociaux trompent les gens » (41% dans le monde).
Ces chiffres mettent en lumière les différentes perceptions de la notion de « fake news » :
Si la majorité des sondés définissent principalement les fake news comme des « histoires dont les faits sont erronés », 35% des Français définissent une fake news comme une histoire dont les médias et les politiciens ont choisis les faits allant dans le sens de leur argumentaire. Pour 27% des Français, cette expression serait un moyen pour les politiciens et les médias de discréditer des informations avec lesquelles ils sont en désaccord. Ce chiffre s’élève à 51% aux Etats-Unis, sans surprise quand on connaît les réactions récurrentes du président Donald Trump face aux médias.
Fake News et bulles de filtres : un problème chez les autres !
Pour 54% des sondés de l’Hexagone, leurs concitoyens ne se soucient plus des faits réels, et ne croient que ce qu’ils veulent bien croire ; 57% des Français pensent que leurs concitoyens vivent dans leur propre « bulle ». A titre de comparaison, ils sont 65% dans le monde à penser la même chose et 77% aux Etats-Unis.
Concernant les fake news, 54% des Français sont persuadés de pouvoir distinguer le vrai du faux, mais doutent des facultés de leurs voisins ! Près d’un Français sur deux va jusqu’à affirmer être meilleur que ses concitoyens pour repérer une fausse nouvelle.
Pour aller plus loin :
Photo de Une : Kayla Velasquez on Unsplash
La RTS lance « Info Verso » pour plus de transparence et de dialogue avec le public
Par Barbara Chazelle, France Télévisions, MediaLab et Prospective
Entre la crise de confiance qui touche les médias et le phénomène des fake news qui contribue à nourrir la confusion, la crédibilité des rédactions est mise à rude épreuve. Dans ce contexte aussi tumultueux que sensible, la RTS, qui a été au coeur de virulents débats sur la pertinence d’un média de service public en Suisse (et donc de la redevance) vient de lancer Info Verso. Deux objectifs à ce projet : plus de transparence dans la fabrication de l’information et un dialogue plus régulier avec le public.
« Expliquer l’actualité ne suffit plus. Aujourd’hui nous devons également expliquer la façon dont nous travaillons, quels sont nos choix, quels sont nos hésitations parfois également, quelle est la ligne éditoriale suivie, donner à voir l’envers du décor des rédactions” explique Christophe Chaudet, Directeur Actualité et Sports de la RTS dans une vidéo de présentation du projet. “On doit pouvoir répondre aux questions, aux critiques, aux remarques dans une démarche beaucoup plus participative que par le passé.”
Pour Christophe Chaudet, ce dialogue va permettre de remettre les médias à leur juste place, à savoir au coeur de la cité et du débat démocratique dont les médias doivent être le vecteur.
Transparence et dialogue sur les médias traditionnels et nouveaux médias
Concrètement, cela passera par des opérations ponctuelles (une fois par mois) sur les antennes TV et radio mais aussi par une page dédiée du site RTS Info et un groupe Facebook. Côté format, des interviews de journalistes invités à expliquer comment ils ont traité un sujet, comme par exemple la démission de Nicolas Hulot, des making off, des Live Facebook ainsi qu’une série de podcasts retraçant des parcours journalistiques.
L’Info côté Verso c’est le journalisme qu’on ne vous raconte pas d’habitude !
Coulisses de reportages, doutes, joies, questionnements sur leur métier ou quand des journalistes se racontent sans tabou. 1er #InfoVerso podcast avec @MaurineMercier ▶ https://t.co/kfbeZ4wNls pic.twitter.com/jaaADwkza6— RTSinfo (@RTSinfo) 25 septembre 2018
La RTS explique avoir regardé de près comment d’autres médias, dont Nice Matin, parvenaient à réengager leur public via un groupe Facebook.
Sur le groupe d’Info Verso, qui compte près de 900 personnes depuis son lancement il y a une semaine, on y trouve un certain nombre de questions servicielles, des demandes de précision sur des sujets traités par les antennes ainsi que des suggestions de reportages. Sur ce dernier point, la RTS ne promet pas de répondre à toutes les attentes et compte faire valoir son expertise éditoriale mais va expliquer autant que possible pourquoi tel ou tel sujet n’aura pas été retenu.
Pas de présence sur Snapchat pour le moment faute de ressources suffisantes mais des Stories Instagram pour montrer l’envers des reportages et ouvrir des sondages via les fonctionnalités interactives de la plateforme.
“Les plateformes sociales offrent un éventail d’outils pour sortir de notre tour d’ivoire et toucher les plus jeunes” explique Magali Philip, responsable des réseaux sociaux de RTS Info. “Même si la Suisse est moins touchée par les fake news que d’autres pays européens, nous sommes parfois accusés d’orienter l’actualité. C’est une absolue priorité que de nous positionner comme journalistes crédibles, à la disposition des citoyens. L’info, on l’a fait pour eux.”
La télé n’est pas morte, mais les usages divergent davantage selon les générations
Par Kati Bremme, France Télévisions, Direction de l’innovation et de la Prospective
Malgré l’essor du streaming et de la SVOD, la télé linéaire n’est pas morte. Elle domine même le temps que les Américains passent devant le grand écran. Mais, à l’évidence, les modes de consommation évoluent.
Dans un environnement marqué par la multitude de points d’accès, qui favorise une consommation de plus en plus personnalisée, l’écart entre les usages des différentes générations se creuse et le dernier rapport Nielsen*, qui analyse les consommations médias linéaires et numériques tous écrans confondus aux Etats-Unis, en est l’illustration.
Chez les jeunes, la consommation vidéo sur mobile éclipse la télé
Neuf Américains sur 10 utilisent une plateforme linéaire par semaine. Mais si la télé reste un média de choix des Américains, avec en moyenne 5 heures par jour chez les 18 ans et plus passées devant l’écran, la durée de consommation diffère considérablement selon les tranches d’âge. Les 18-34 ans passent un tiers du temps des 50-64 ans devant leur télé :
Chez les jeunes de 18-34 ans, la télé linéaire et en replay sur l’écran télé représente 26% des visionnages, éclipsé par les visionnages sur smartphone à 29%. En tout, les 18-34 ans consomment 43% de leurs médias sur des devices connectés. Cette génération continue de déserter le petit écran, même si le processus a quelque peu ralenti ces dernières années, comme l’avait indiqué le dernier rapport Deloitte qui avait alors prédit un recul de l’usage linéaire chez les 18-24 de 5 à 15% dans les 2 années à venir, pour passer à une consommation quotidienne de 80 à 120 minutes.
La moitié de la journée passée avec un média
La délinéarisation des contenus vidéo permet aux internautes de bénéficier de nouveaux points d’accès aux médias. Ces multiples possibilités expliquent le temps important passé avec les médias : les Américains passent en moyenne 11 heures par jour avec un média – une augmentation de 30 minutes en quelques mois seulement – dont 6 heures pour la seule vidéo (y compris la TV).
L’augmentation du temps passé sur les médias est boostée par les usages numériques, avec +5 minutes sur des appareils connectés à la télé, et +13 minutes sur des plateformes numériques pour atteindre 3h48. La télé en direct et replay reste au même niveau qu’au trimestre précédent.
Là encore, une différence générationnelle est à observer : les jeunes adultes passent moins de 9 heures par jour sur des médias essentiellement numériques, pendant que les 50+ peuvent passer plus de 12 heures par jour sur un média, cette fois-ci sur des plateformes linéaires comme la télé et la radio.
A noter que le média avec le plus grand taux de pénétration est la radio : 92% des adultes écoutent la radio chaque semaine, devant 88% pour la télé.
Les jeunes naturellement plus ouverts aux nouveaux usages
Il est évident que les retraités ont plus de temps pour consommer la télé, mais le décalage s’explique avant tout par la multiplication des usages chez les jeunes qui se sont démocratisés ces dernières années : vidéo mobile, consommation en streaming ou sur des plateformes SVOD. Le rapport annuel de l’OFCOM, le régulateur britannique, avait conclu qu’ils regardent plus de programmes « non-tv » que de programmes de télévision.
La télé linéaire est remplacée par les services de streaming comme Netflix et Amazon Prime Video, et plus encore YouTube, ce dernier occupant 34 % du temps de consommation vidéo de la génération Z. Seules les vacances et des événements sportifs les font un peu revenir devant un écran classique en consommation linéaire.
Même si le bouche-à-oreille reste la source n°1 pour la découverte de vidéos, les réseaux sociaux continuent à gagner du terrain : 34% des sondés du rapport Video 360 de Nielsen déclarent découvrir du contenu vidéo sur les réseaux sociaux, une augmentation de +22% par rapport à 2016.
L’accès à un service de streaming en croissance de 50%
Aux Etats-Unis, de plus en plus de ménages « coupent le cordon » et résilient leur service de VOD par câble/satellite/ADSL en faveur d’un service de streaming. Ce sont 64% des ménages ont désormais accès à au moins un des 3 grands services de streaming (Netflix, Hulu, Amazon), une augmentation de 58% par rapport à l’année précédente. Parmi ces utilisateurs, ils sont 27% à avoir accès à seulement 1 service, 37% à plus d’un, et 11% aux trois. Une tendance favorisée par l’apparition des « skinny bundles » des offres plus flexibles et personnalisées.
Ils sont 42% à déclarer avoir payé pour au moins un format vidéo long l’année dernière en téléchargement. 8 utilisateurs sur 10 ont utilisé un service de streaming en ligne pour regarder une vidéo dans une semaine type. Dans le top 3 des contenus : les émissions TV, des livestreams d’une personnalité sur les réseaux sociaux, et des événements sportifs.
Plus de la moitié ont aussi regardé des formats vidéo courts dans les 3 derniers mois.
Une utilisation différenciée des terminaux connectés à la télé
Les types d’appareils pour diffuser du contenu sur la télé, et le temps passé différent considérablement d’une génération à l’autre. Les consoles de jeu sont naturellement en première position chez les adolescents et les 18-34 ans, pour jouer et pour diffuser du contenu vidéo. Ce groupe passe en moyenne plus de 30 minutes par jour sur une console. Toutefois, la génération plus âgée est en train d’adopter les terminaux connectés, notamment aidé en cela par leurs enfants et petits-enfants.
Nouveaux usages, nouvelles méthodes de mesure, qui doivent encore se prefectionner
Comme tous les instituts de mesure d’audience, Nielsen propose désormais une analyse sur 360° de la consommation sur tous les devices pour effectuer l’étude des usages des médias audiovisuels et du numérique au plus proche de la réalité et pour s’adapter aux mutations permanentes des comportements des téléspectateurs. L’institut a récemment inclus Netflix dans ses analyses. Si la démarche est nécessaire, elle n’en est pas moins compliquée, Netflix ne fournissant pas d’audiences précises sur un épisode, mais aussi contesté, notamment par Netflix lui-même.
La vue d’ensemble des comportements média sur une semaine pour atteindre jusqu’à 11 heures de consommation/jour :
*Sources :
THE NIELSEN TOTAL AUDIENCE REPORT, Q1 2018
Video 360 2018 Report
Illustration : Television Man Free Photo —By Ryan McGuire
Premier bilan des usages de Google Assistant
Par Barbara Chazelle, France Télévisions, MediaLab
Les assistants vocaux sont en plein essor. Si Alexa d’Amazon est leader sur le marché, Google Assistant rattrape progressivement son retard et pèserait pour 28% des livraisons en 2018 (vs 41% pour Amazon) selon les données de Strategic Analytics. Mais comment les utilisateurs se servent-ils de cette nouvelle technologie ?
« La voix est en train de changer fondamentalement la manière dont nous utilisons nos terminaux, souvent différemment de ce que nous avions imaginé » écrit Scott Huffman, vice-président de l’ingénierie de Google Assistant dans un article du blog de la firme.
Deux ans après son lancement, voici un premier bilan des usages de l’Assistant vocal de Google.
Des requêtes tournées vers l’action
« Envoie un texto », « allume la lumière », « passe en mode avion »… Lorsque les utilisateurs s’adressent à Google Assistant, c’est qu’ils souhaitent que quelque chose soit réalisé. Les requêtes sont ainsi 40 fois plus tournées vers une action que via le moteur de recherche.
Ces requêtes sont évidemment fortement liées au contexte dans lequel elles sont formulées. Google Home est utilisé le matin et le soir principalement pour consulter les médias et l’actualité. Le reste de la journée l’Assistant est consulté via un appareil Android.
Une approche conversationnelle
Les requêtes vocales sont en moyenne 200 fois plus conversationnelles que sur le moteur de recherche. Si les utilisateurs sont timides lors de la prise en main de l’Assistant, leurs attentes sont de plus en plus exigeantes au fil du temps et leurs interactions sont de plus en plus longues et complexes. La difficulté technologique réside à faire apprendre à l’Assistant les multiples formes que peut prendre une requête, plus de 5000 pour la programmation d’une alarme par exemple.
Combiner la voix et l’écran
Les écrans ne sont pas prêts de disparaître et il s’agit de trouver les interactions les plus pertinentes pour enrichir les expériences numériques proposées par la Google. Par exemple, alors que l’Assistant est en train de guider à la voix une personne réalisant une recette, des images peuvent être montrées simultanément sur un écran.
Presque la moitié des interactions avec Google Assistant intègrent déjà la voix et le tactile. Cette tendance s’installera probablement avec l’arrivée des solutions Google Smart Displays sur les smartphones mais aussi sur les autres écrans tactiles de Google.
Crédit image de Une : Max Pixel
Tendances : 10 choses à retenir de l’été 2018
Par Barbara Chazelle, France Télévisions, MediaLab
L’été touche à sa fin et il est temps de s’y remettre. Mais pour que la reprise se fasse en douceur, on vous a fait un petit résumé des sujets médias de cet été. Comme l’année dernière, pas d’annonce qui change totalement la donne, mais des tendances qui se confirment voire s’accélèrent.
1Les services de SVOD en grande forme, de nouveaux bouquets OTT se créent, le cord-cutting s’accélère
Aux Etats-Unis, les abonnés à une plateforme de SVOD étaient 132 millions en 2017 et pourraient être 208 millions en 2023.
La programmation originale de Netflix est en hausse de 88% par rapport à 2017 et la plateforme dépenserait même plus que ce qu’elle annonce : on approcherait les 12 milliards pour 2018. Et ça paie. Netflix humilie HBO avec 112 nominations aux Emmy Awards ! Netflix envisage de se passer de Apple et Google et teste un nouveau mode de paiement dans 33 pays. Durant l’été, la plateforme a annoncé la création de son premier « hub » de production européen en Espagne. Netflix va-t-il devenir le maître du monde médiatique, ou bien disparaître?
Bizarrement (ou pas!) les bouquets d’offres vidéo sont en train de se recréer sous forme OTT de manière plus légère et moins onéreuse.
Aux Etats-Unis, le phénomène de cord-cutting est puissant et a tendance même à s’accélérer : il pourrait même terminer l’année avec un nouveau bond d’un tiers sur 2017 !
La concurrence de Disney, qui s’est officiellement acheté la Fox pour 71 milliards de dollars, est particulièrement rude pour Netflix mais aussi Amazon Prime : Disney compte sortir sa propre plateforme SVOD fin 2019, qui viendra compléter les offres du service ESPN+ et de Hulu.
En France, CanalPlay, qui aurait perdu 75% de ses abonnés en seulement deux ans, jette l’éponge face à Netflix mais cela ne décourage pas Starzplay de lancer sa plateforme SVOD en France.
Starzplay sur Amazon.co.uk
A retenir aussi sur le monde du streaming : Amazon accélère sur le déploiement de son service TV payant en Europe et souhaite acheter Landmark Theatres, une chaîne de salles de cinéma US. Le géant souhaite aussi faire de Twitch le nouveau YouTube. En Grande Bretagne, Netflix et Amazon ont dépassé la pay TV.
Enfin, la TV en 5G n’est plus très loin aux Etats-Unis, ce qui contribuera sans aucun doute à accélérer toutes ces tendances !
2Facebook aurait dit de “laisser mourir” les éditeurs
Selon le journal The Australian, Campbell Brown, le responsable des partenariats d’information de Facebook, aurait déclaré lors d’une réunion avec des médias que Mark Zuckerberg « se foutait » des éditeurs de nouvelles et que l’entreprise les laisserait mourir s’ils ne coopéraient pas avec eux :
“Je vous tiendrai la main avec votre business mourant comme dans un hospice.”
Facebook s’est défendu en argumentant que la phrase avait été sortie de son contexte. Cet incident a contribué à conforter les éditeurs en colère qui constatent depuis de nombreux mois que leur trafic en provenance de la plateforme ne cessait de chuter. Le New York Magazine s’est réjoui de ce que le “SEO is Back”.
3… mais cela n’empêche pas Facebook de multiplier les deals sur l’info et le sport avant de lancer Facebook Watch en Europe
Facebook a tout de même annoncé en juillet le lancement de plusieurs émissions d’information, dont certaines quotidiennes, en partenariat avec des géants des médias comme CNN, ABC ou Fox News, pour alimenter sa plateforme vidéo Watch.
La plateforme de Mark Zuckerberg est par ailleurs toujours plus gourmande de droits sportifs. Facebook diffusera la Ligue espagnole gratuitement en Asie du Sud-Est, ainsi que La Ligue des champions en Amérique latine. Eleven Sports multiplie les deals avec Facebook au Royaume Uni et en Irlande.
Facebook Watch, destiné à concurrencer YouTube sur des formats longs, est attendu ces jours-ci en Europe.
4Les temps sont durs pour les médias d’info
Aux Etats-Unis, les résultats ne sont pas terribles. Les audiences sont en berne et les revenus ne sont pas au rendez-vous selon le “State of News Media” du Pew Reserach Center. Les newsrooms se vident : en 10 ans, les rédactions US ont perdu près du quart de leurs effectifs, plus d’un tiers des journaux US continuent de licencier et New York n’a plus assez de journalistes pour couvrir son actualité.
En France, la presse a perdu 71% de ses revenus au profit des GAFA. Et l’on apprend la fermeture mi-septembre de Mashable France : « la stratégie basée sur un développement rapide sur Facebook n’aurait pas payé. »
Quelques bonnes nouvelles pour nuancer ce constat :
- Le New York Times a engrangé plus de 100.000 abonnés au 2ème trimestre pour près de 100 millions $ de revenus numériques. Mais les revenus de publicitaires (print et numériques) sont en baisse.
- Au Guardian, les revenus numériques sont supérieurs à ceux du print pour la première fois.
- Au Royaume-Uni, les revenus pub de la presse papier en croissance pour la première fois depuis… 2010
- El Pais a atteint une croissance de 68% en cinq ans
5Fake News : les plateformes font du ménage
Perte de confiance et/ou lassitude, les utilisateurs se sont désabonnés en masse de certaines plateformes : moins 3 millions d’utilisateurs quotidiens pour Facebook en Europe, moins 3 millions pour Snapchat aussi et moins 1 million pour Twitter. Il était temps pour elles de redorer leur image.
Facebook tente tant bien que mal de modérer 2 milliards de comptes et fait des découvertes intéressantes dont de nouvelles opérations de désinformation de grande envergure, initiées en Iran et en Russie. 400 applications ont été suspendues depuis mars pour collecte abusive de données, dont MyPersonality qui avait partagé les données de 4 millions d’utilisateurs. Facebook mettrait désormais un indicateur de fiabilité à ses utilisateurs.
La purge de Twitter contre les faux comptes est sévère elle aussi. Début juillet, 70 millions de comptes avaient déjà été suspendus. Et ce n’est pas sans conséquence : des célébrités perdent des millions de followers.
YouTube affirme sa volonté de peser dans la lutte contre les fakes news en investissant 25M$ dans la cause. La plateforme souhaite favoriser les infos qui font autorité et utiliser des YouTubeurs pour faire de l’éducation aux médias.
Mais le combat contre les fakes news est loin d’être simple. Alors que Facebook censure Nordpresse, on s’interroge sur la limite entre parodie et fake news.
6Les journalistes se demandent s’ils doivent effacer leurs vieux tweets
Les Twittos se sont souvent interrogés sur la manière de corriger une erreur sur la plateforme et il était jusque là plutôt admis qu’il fallait mieux rédiger un nouveau tweet que d’en effacer un mal rédigé.
Mais d’anciens tweets sont autant de munitions pour les trolls qui n’ont de cesse de les ressortir, hors contexte de préférence. Des personnalités publiques ont donc commencé à faire du ménage dans leur timeline, à l’instar de Rian Johnson, réalisateur du huitième épisode de Star Wars, qui a effacé près de 20 000 tweets ainsi que de nombreux journalistes. Mais cela n’est pas du goût de tout le monde : certains dénoncent un manque de transparence ou un refus de faire face à la controverse. A l’heure où la confiance dans les médias reste à reconquérir, les journalistes doivent être prêts à faire preuve de redevabilité.
Si vous voulez faire table rase de vos anciens posts, voici quelques outils qui vous y aideront.
7Les assistants personnels, le nouveau terrain de bataille des géants
Si l’on entend parler d’assistants personnels depuis les lancements de Siri (2011) et Google Now (2012), de nombreux acteurs essaient aujourd’hui de se faire une place sur ce marché prometteur. En Chine, l’assistant DuerOS de Baidu est déjà installé sur 100 millions de terminaux.
Cet été, Amazon et Microsoft ont uni leurs assistants Alexa et Cortana, preuve que la compétition technologique est rude et qu’il n’y aura pas de place pour tout le monde. Facebook a dévoilé quelques infos concernant Aloha, son projet d’assistant vocal. Enfin, Lenovo a sorti le premier écran intelligent équipé de Google Assistant, aux États-Unis.
Le marché des enceintes connectées devrait atteindre 100 millions d’unités vendues à la fin de l’année.
Facebook Messenger Voice Assistant UI pic.twitter.com/DOMe4Nsg7v
— Jane Manchun Wong (@wongmjane) 21 août 2018
8Google, Facebook, Twitter et Microsoft vont lancer une plateforme open source de portabilité des données
Annoncé le 20 juillet dans un article de blog, le Data Transfer Project permettra aux utilisateurs de récupérer, transférer et réutiliser leurs données d’une plateforme à l’autre. Ce projet s’inscrit dans le plan de respect du RGPD et offrirait davantage de sécurité que la procédure actuelle car les données seront transférées de manière chiffrée et sans intermédiaire.
9Pendant ce temps, en Chine…
Le XXIe siècle sera-t-il dominé par la Chine ? Dans le monde de la tech, la question est désormais légitime.
Huawei a vendu pour la première fois plus de smartphones en Europe qu’Apple au 2e trimestre 2018. Samsung reste no 1 mais a vu son bénéfice augmenter moins vite que prévu.
Mais la tendance de gouvernement chinois à utiliser la tech pour le pire fait peur, d’autant que les géants n’hésitent pas à collaborer : la reconnaissance vocale d’Alibaba aiderait la censure et Google prépare son retour en Chine avec une version édulcorée du web et une application de nouvelles.
Rappelons enfin deux alliances chino-européennes annoncées en début d’été : Bolloré/Alibaba et Valeo/Baidu.
10Momo, le challenge cauchemardesque de cet été
Un an après le “Blue Whale Challenge”, un nouveau “jeu” aussi morbide que inquiétant a fait son apparition sur Whatsapp. “Momo” manipule ses victimes en les effrayant et en leur lançant des défis particulièrement dangereux à réaliser. S’il ne sont pas exécutés, Momo les menace de mort. Sur les forums, il se dit que Momo arriverait à obtenir des informations très personnelles sur ces victimes.
Une adolescente de 12 ans se serait suicidée. En France, aucun cas de personne mis en danger par ce challenge n’a été signalé.
Voici une vidéo qui va avec l’image que j’ai mise y’a pas longtemps. On voit que c’est pas un effet… Flippant
Vidéo trouvé par @jothyswaroop et publiée par @sibudakbrutal #momo #MomoChallenge pic.twitter.com/HQuDNt2344
— MYSTERATOR 💥 (@MYSTERATOR) 15 août 2018
Bonus : nos must-reads de l’été
- Enquête : 9 pistes explorées par les médias pour innover
- Le design thinking au service du journalisme : le cas de The Lily, l’offre numérique du Washington Post dédiée aux femmes
- Info locale et hyperlocale : après l’engouement général, le temps du pragmatisme
- De la pub à l’abonnement : quelques conseils pour changer de modèle économique
- Quelles plateformes choisir pour vos stories ?
MediaLab Speed Training : 3 places à gagner
Dans le cadre de la Nantes Digital Week, le cluster Ouest Médialab lance la 5ème édition du Médialab SpeedTraining le mardi 18 septembre 2018, au Mediacampus de Nantes. Et comme d’habitude, Méta-Media vous fait gagner des places pour cette journée de formation tout aussi efficace que conviviale.
Au programme de la journée qui rassemble chaque année quelques 400 participants, un condensé de tutos, de retours d’expérience et de bonnes pratiques entre professionnels de la com’ et des médias autour des contenus numériques (dataviz, réseaux sociaux, vidéo, audio…).
Le programme complet est ici
Toujours sceptique ? Découvrez 10 bonnes raisons de participer !
3 places à gagner
Pour cela, rien de plus simple. Il suffit de
– suivre @metamedia sur Twitter si ce n’est pas déjà fait
– retweeter le tweet ci-dessous avec le hashtag #medialabMM
Vous avez jusqu’au lundi 3 septembre 16h avant le tirage au sort.
🎁 MediaLab SpeedTraining : 3 places à gagner !
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👉 Tirage au sort : lundi 3 sept🤔 Plus d’info sur l’événement : https://t.co/UtUdCs7Y97 #JEUCONCOURS #media #journalisme #formation pic.twitter.com/Gp26ySQ0B3
— Méta-Media FranceTV (@metamedia) 27 août 2018
Next Media Accelerator : comment l’Agence de Presse allemande accélère des start-ups médias et marketing
Cet article est tiré d’un billet originellement publié sur media-innovation.news. Il est présenté dans le cadre d’un partenariat éditorial entre WAN-IFRA et Méta-Media. © [2018] Tous droits réservés.
Next Media Accelerator est un accélérateur indépendant lancé par l’Agence de presse allemande (dpa) en 2015. Sa vocation : accueillir les start-ups issues du secteur du marketing et des médias et fournir à leurs 190 propriétaires les moyens de mener à bien leurs stratégies de transformation digitale.
La dpa étant elle-même une entreprise médiatique, elle est non seulement à l’initiative du Next Media Accelerator, mais elle participe aussi, avec les start-ups, à la recherche de solutions :
« NMA est sans doute la décision la plus radicale et folle que nous ayons prise en matière de transformation digitale chez dpa », estime Meinolf Ellers, directeur associé du Next Media Accelerator en charge des opérations digitales chez dpa depuis 23 ans. « Mais travailler avec des start-ups ne remplacera jamais le fait d’innover dans sa propre entreprise ; les deux sont nécessaires. »
Technologie scalable et business models
L’idée du Next Media Accelerator est née lors d’un déplacement aux États-Unis au cours duquel Meinolf a fait la rencontre de Matter VC, un accélérateur de start-ups médias implanté à San Francisco et New York :
« Ils étaient un peu un modèle pour nous. Lorsque nous avons visité la Silicon Valley en 2013 et que nous sommes tombés sur cette initiative, nous nous sommes demandés pourquoi rien de tel n’existait en Europe. »
Matter VC soutient des initiatives autour de la narration et de l’avenir du journalisme, et son financement initial provient de la Knight Foundation. Le Next Media Accelerator préfère se concentrer sur des modèles technologiques et commerciaux évolutifs :
« Nous n’avons pas besoin d’innovation dans la narration en Europe. En revanche, il y a un besoin criant de technologies scalables et de modèles économiques durables. »
Des entreprises médiatiques comme investisseurs
Des objectifs différents appellent différentes sources de financement. Il était donc plus logique pour le Next Media Accelerator de mettre en place un programme de lancement que de se lancer dans une collecte de fonds.
Dix investisseurs de l’industrie allemande des médias – dont Axel Springer, Die Zeit et Der Spiegel – ont chacun apporté 200 000 € qui ont financé les deux premières années de la NMA. En retour, NMA leur a garanti de constituer un portefeuille de 20 sociétés offrant des solutions médias et marketing. Cette première étape a été atteinte cet été :
« Depuis le 1er juillet 2017, nous sommes passé à la seconde étape, NMA 2. Nous avons prolongé la période de levée de fonds jusqu’à la fin mars 2018. Actuellement, nous sommes 25 investisseurs et nous avons levé 7 millions jusqu’à présent, mais nous espérons nous rapprocher des 8 millions. Et nous utiliserons cet argent pour faire tourner le programme jusqu’en 2022, donc pour cinq ans cette fois, au lieu de deux. »
Bien qu’il existe des KPI pour les start-ups, les investisseurs semblent être très intéressés par la contribution qu’apporte le programme à leur transformation numérique :
« Certains de nos investisseurs, en particulier ceux qui étaient déjà nos partenaires de la première heure, ont décidé de rejoindre NMA2 avec parfois même un investissement plus élevé. Non pas parce que c’est un investissement qui rapporte beaucoup de bénéfices à long terme, mais parce que c’est un outil puissant pour leur stratégie de transformation. C’est comme une unité de R & D externalisée. »
La liberté de pivoter
En se positionnant comme un accélérateur indépendant, le NMA entend se démarquer des accélérateurs d’entreprise :
« Nous croyons que les accélérateurs d’entreprise sont dépassés, car dans un accélérateur d’entreprise, vous êtes limité aux points de vue et à l’apport stratégique d’une seule entreprise. Et cela n’est jamais utile pour une start-up qui doit pivoter. Le pivot ne peut souvent être efficace que si vous avez accès à des points de vue très différents sur ce que vous faites. »
Pour la même raison, Next Media Accelerator n’accepte que les candidatures des start-ups au sein desquelles le développeur fait partie des fondateurs :
« C’est un critère sélectif. Si vous devez complètement revoir votre structure technique, l’architecte logiciel doit être à la table depuis le début. Et pas en tant qu’employé, mais en tant qu’entrepreneur. »
Nouvelles opportunités pour la distribution de contenu
Jusqu’à présent, deux solutions particulièrement réussies sont sorties de l’accélérateur : Contentflow et Spektrum.
« Spektrum est une grande réussite », se félicite Meinolf. « Le tabloïd allemand Bild a été le premier à utiliser leur application de messagerie pour un service sur les transferts de football. Pendant la trêve hivernale, très souvent les joueurs sont vendus et achetés et ainsi vous pouvez vous inscrire et vous abonner à votre club préféré, et chaque fois qu’il est impliqué dans un transfert, vous en serez averti. »
Il y avait seulement un obstacle sur la route : le changement soudain de règles de WhatsApp, au moment même où le service était lancé. De nombreux utilisateurs n’ont donc pas pu s’inscrire au service :
« Mais grâce à nos contacts, nous avons réussi à convaincre Facebook de permettre à Spektrum d’être le premier partenaire expérimental à utiliser l’API de messagerie Facebook pour la distribution de contenu. »
Une partie de l’écosystème de l’innovation
Ce cas illustre l’intérêt qu’il y a à faire partie d’un écosystème innovant :
« Le noyau du NMA consiste à mettre en relation des start-ups liées aux médias avec des entreprises de médias et de marketing afin qu’ils puissent réaliser ensemble des prototypes et des tests. Je crois que c’est ça la sauce secrète de la NMA », explique Meinolf.
« Étant donné que nous disposons d’un vaste réseau d’acteurs médiatiques et marketing de différents types et de start-ups, nous pouvons fournir aux start-ups des dizaines d’opportunités différentes pour tester leur produit, mais aussi voir où exactement elles peuvent s’intégrer dans le marché en proposant une solution utile aux acteurs du secteur. »
Ce réseau est international. Le NMA a noué des partenariats avec des accélérateurs de médias en Belgique, aux Pays-Bas, en Scandinavie et dans les États baltes. Le vieux réseau de la Ligue hanséatique semble encore partager une mentalité commerciale similaire, ce qui permet une coopération fructueuse, selon Meinolf. Mais l’écosystème d’innovation est mondial, c’est pourquoi le NMA travaille également avec des start-ups en Israël et prévoit de mettre en place des initiatives similaires à New York.
Au niveau local, le NMA soutient deux accélérateurs jumeaux apparus à Hambourg depuis 2015 : Next Commerce Accelerator et Next Logistics Accelerator.
« Hambourg est une ville portuaire, c’est le centre de la logistique et du commerce en Allemagne, et c’est le centre des médias et de la publicité. La stratégie est donc de décliner le concept des accélérateurs et les positionner dans toutes les industries pour lesquelles Hambourg a une position intéressante sur le marché. »
SERIE MEDIA LABS
- Episode 8 APA-MediaLab : le Lab doit être tourné vers l’avenir
- Episode 7 L’innovation à l’Associated Press : partager une culture plutôt qu’un Lab
- Episode 5 Ouest Médialab, un cluster et laboratoire des médias qui accompagne les acteurs régionaux dans leur transition numérique
- Episode 4 BBC News Labs : une cellule dédiée à l’innovation média et au développement produit
- Episode 3 « Media and Democracy » : un lab de recherche et d’innovation au service du journalisme et du débat public
- Episode 2 Le MediaLab « Théophraste » de Sud Ouest : créer des relations avec l’écosystème régional de startups
- Episode 1 Le Medialab de l’AFP : la vérification de l’info et l’UX au cœur de l’innovation journalistique
Médias d’info US : des audiences en berne, des revenus numériques tirés par le mobile… qui bénéficient surtout à Facebook et Google
Par Barbara Chazelle, France Télévisions, MediaLab
On le sait, les temps sont durs pour les médias d’information qui essaient tant bien que mal de garder leur audience et de trouver des solutions pour renflouer les caisses. L’état des lieux annuel du Pew Research Center pour les médias d’information aux Etats-Unis n’est pas très réjouissant.
Le public, submergé par le flux incessant d’infos préfère prendre de la distance : les audiences sont donc en déclin pour presque tous les médias. Et ça se ressent sur les revenus publicitaires… En hausse sur le numérique et tiré par le mobile, ces revenus bénéficient néanmoins peu aux médias d’info et partent pour moitié dans les poches de Facebook et Google.
L’audience en chute libre pour les médias d’info aux Etats-Unis, à l’exception de la radio
Les chiffres d’audience sont en berne : jusqu’à -12% pour les infos du soir sur le câble et -15% pour les bulletins matinaux des TV locales. Les chaines hertziennes s’en sortent un peu mieux, à -7% le soir.
La radio se porte bien aux Etats-Unis, mais plus intéressant encore, l’audience des podcasts ne cesse de croître sur la décennie. 44% des Américains de plus de 12 ans affirment en avoir déjà écouté, dont 17% la semaine précédant le sondage (tous sujets confondus).
Le taux de circulation de presse écrite quotidienne, qui connaissait déjà un déclin constant depuis quelques années, plonge de 11% cette année.
Aux Etats-Unis, plus de 9 adultes sur 10 consomment de l’information en ligne. Dans ce rapport, le Pew Research Center s’est intéressé aux médias numériques natifs qui comptaient au moins 10 millions de visiteurs uniques par mois, soit 35 entités. Eux aussi ont vu leur audience légèrement baisser de 5% en 2017 (soit 22M vs 23M en 2016). Le temps moyen de visite était de 2,4 minutes.
Difficile de comparer avec la circulation numérique des médias traditionnels car trois titres majeurs (NYT, WSJ, WashPo) n’ont pas encore donné leurs chiffres à l’Alliance for Audited Media. Mais si l’on en croit les informations disponibles sur le site du Dow Jones, The New York Times et le Wall Street Journal enregistrent des scores remarquables (respectivement +42% et +26%). En prenant ces données indépendantes en compte, le Pew Reseach Center estime que la circulation numérique de la presse nationale pourrait avoir progressé de 10%.
Application mobile : entre iOS et Android, les éditeurs ont fait leur choix
Si 57% des 35 médias numériques natifs étudiés proposent une application mobile, seuls 31% d’entre eux sont à la fois sur iOS et Android en 2018 (vs 42% en 2017).
Plus de médias ont fait cette année le choix d’iOS (23% en 2018 vs 17% en 2017)
Trop d’infos tue l’info
Le rapport précise qu’après une année électorale il est normal de voir l’audience de l’info baisser sur le câble et la TV locale. Mais le fait que ce déclin concerne aussi les chaînes hertziennes et la presse montrerait que cette explication n’est pas suffisante.
Un autre sondage du Pew Research Center paru en juin nous apprend que près de 7 Américains sur 10 affirment être fatigués de la quantité d’informations qu’ils reçoivent chaque jour et être dépassés. Trop c’est trop !
Revenus des médias traditionnels : seules les TV nationales s’en sortent
Si les revenus du câble continuent de croître (+10%) et ceux des chaînes nationales hertziennes sont stables, les chaînes locales d’information ont perdu 13% de leurs revenus par rapport à 2016. Et même en comparant avec 2013 ou 2015 où il n’y a pas eu d’élection, les revenus de 2017 restent décevants.
Les revenus de la radio sont plutôt stables (-2%). La presse écrite en revanche perd 10% de revenus publicitaires.
Le mobile pèse désormais pour 2/3 des revenus numériques
Faute de données sur les revenus publicitaires du secteur de l’information numérique, le Pew Research Center donne les grandes tendances.
Les revenus générés par les publicités numériques continuent de croître pour atteindre 90 milliards de dollars, ce qui représente désormais 44% de tous les revenus publicitaires (+37% vs 2016).
Le mobile tire toujours la tendance vers le haut : en 2017, les revenus publicitaires sur le mobile comptent pour deux tiers des revenus issus du numérique, pour atteindre 61 milliards de dollars.
Les bannières continuent d’être les plus lucratives (18 milliards) mais la croissance se trouve dans les publicités « enrichies », c’est-à-dire qui comprennent une interaction avec des éléments audio ou vidéo (+48%) ou les publicités vidéos (+36%).
Facebook et Google récupèrent la moitié des revenus publicitaires numériques
Mais les dépenses publicitaires en ligne bénéficient peu aux médias d’info numériques. Facebook et Google en récupèrent la moitié (52%) en 2017 selon eMarketer.
Sur le mobile, Facebook capte seul la moitié des revenus de la publicité display. Les autres entreprises ne contrôlent pas plus de 10% du marché.
Faut-il craindre des restrictions de personnels dans les rédactions ?
C’est une conséquence envisagée par le centre de recherches qui soulignait déjà cette tendance dans une récente étude. L’emploi dans les rédactions aux Etats-Unis a chuté de près d’un quart en moins de dix ans, notamment dans la presse écrite (-45% entre 2008 et 2017).
Crédit photo de Une : Jingda Chen via Unsplash
Droits numériques, droits d’auteur : la fin du Far West juridique sur YouTube
Par Leora Kornfeld, consultante en médias et en technologie. Billet invité présenté dans le cadre d’un partenariat éditorial entre la plateforme FMC Veille du Fonds des Médias du Canada (FMC) et Méta-Media. © [2018] Tous droits réservés.
Véritable artisan de la démocratisation de la création, YouTube a permis à de nombreux vidéastes de s’affranchir des barrières à l’entrée de la télévision et du cinéma pour diffuser leurs œuvres.
Pour autant, le web n’est pas le Far West juridique que l’on croit : des droits de diffusion numériques aux droits d’auteur, il y a des choses à savoir avant de publier une vidéo en ligne. Au Canada, le festival Hot Docs a réuni un panel d’experts pour discuter de cette épineuse question.
Il ne fait aucun doute que nous traversons une période extraordinaire en ce qui concerne la production médiatique. Il est possible d’utiliser un téléphone pour filmer des courts et longs métrages, des célébrités peuvent être créées à partir de rien sur les médias sociaux et les plateformes vidéo ainsi que les créateurs n’ont plus qu’à appuyer sur un bouton pour rendre leurs œuvres accessibles à la planète entière.
En effet, le Web offre de nombreux moyens de contourner les médias traditionnels et, bien qu’il soit réputé pour être erratique, voire carrément anarchique, lorsqu’il est entre autres question de droit d’auteur ou de monétisation, l’écosystème du Web a considérablement gagné en maturité au cours des dernières années. Cependant, comme c’est le cas d’ailleurs pour tout nouveau système, il y a moult pièges à éviter et de nombreux acronymes à connaître. Ceux qui nous intéressent ici sont VSDFP (vidéo sur demande financée par la publicité), VSDA (vidéo sur demande par abonnement) et VSDT (vidéo sur demande transactionnelle).
De telles nouvelles perspectives en matière de production, de distribution et de monétisation d’œuvres numériques ont été discutées à l’occasion du Festival Hot Docs qui s’est tenu récemment à Toronto. Modéré par Emilia Zboralska de la zone transmédia de l’Université Ryerson, le panel a réuni l’expérience et l’expertise de Reuven Ashtar, avocat spécialisé en propriété intellectuelle et gestionnaire de YouTubeurs, d’Alex Hryniewicz, du studio de production et de distribution Little Dot Studios spécialisé dans les plateformes en ligne et ayant des bureaux à Londres et à Los Angeles, ainsi que de Mark Swierszcz, gestionnaire des installations de production YouTube Space à Toronto.
Connaissez vos droits (numériques)
Il arrive que l’on pense aux droits numériques après coup et, selon Alex Hryniewiczas, c’est un problème pour les producteurs et les distributeurs à la fois.
« Nous trouvons que certains droits ont été carrément cédés en échange de rien, dans le cadre d’un lot, et ce, même s’ils ne sont pas utilisés. C’est une source de frustration. Comme cinéaste, vos droits vous sont précieux. Vous devez vraiment choisir soigneusement les droits que vous cédez […] Si vous avez une certaine connaissance des droits associés à la VSDFP et à la VSDA ainsi que de la non-exclusivité, par exemple, ça peut vous être fort utile au moment de négocier une cession de droits. »
Une autre question ayant fait l’objet de discussions est celle de la mise en ligne de contenu et l’incidence que cette pratique peut avoir sur les stratégies adoptées par des festivals. Les droits en ligne font parfois partie des arrangements pris avec un festival. Le cas échéant, les films ou les clips sont accessibles par un lecteur intégré au site du festival. Même si le lien est protégé par un mot de passe, les droits risquent de subir des contrecoups en aval.
Reuven Ashtar, avocat spécialisé en propriété intellectuelle et gestionnaire de YouTubeurs, a résumé la situation en quatre mots : « L’ambiguïté est votre ennemi. » On ne soulignera jamais assez l’importance de mettre les choses sur papier.
« Si les droits sont cédés au Canada seulement, faites-en mention dans le contrat. Si un joueur comme Netflix invoque une “entente standard”, ne lésinez pas sur les conseils juridiques. Et rappelez-vous que tout le monde ne possède pas une expertise en matière de droits numériques. »
De nouvelles avenues pour les courts et longs métrages
Les producteurs de courts métrages se voient aussi offrir de nouvelles possibilités en ligne, car le format court s’est avéré historiquement difficile à présenter à l’extérieur du circuit des festivals. Sur Internet, il n’y a ni horaires fixes ni restrictions de formats. Donc, n’importe quoi – d’un film de 5 secondes à un long métrage – peut être présenté.
Cela étant dit, Hryniewicz de Little Dot Studio met en garde les producteurs et les réalisateurs de courts. Ils doivent gérer leurs attentes par rapport à leurs œuvres, particulièrement en ce qui concerne la monétisation :
« Un court métrage est davantage une carte de visite vous permettant de démontrer que vous êtes capable de créer une œuvre cohérente d’une durée de, disons, 10 minutes. Et, une fois que vous avez fait cette démonstration, vous pouvez ensuite bâtir la confiance en produisant des œuvres d’une durée de 30, 60 ou 90 minutes. Vimeo, par exemple, possède un énorme cachet au sein de la communauté des cinéastes. »
Sans surprise, Mark Swierszcz, qui gère le YouTube Space de Toronto, soutient que la mise en ligne de contenu sur YouTube est une façon de faire la promotion de son travail sans devoir attendre le feu vert de quiconque tout en ayant la souplesse de faire de la monétisation publicitaire ou pas. Tout est laissé à la discrétion du créateur.
Little Dot Studios offre des options VSDA et VSDFP à ses clients. Il est possible de s’abonner à son application Real Stories pour 5$ par mois et le studio exploite aussi la chaîne Real Stories sur YouTube, où il compte près de 1,5 million d’abonnés et où ses documentaires sélectionnés de partout dans le monde ont été visionnés à plus de 335 millions de reprises. La chaîne accueille entre 600 000 et 1 million de vues par jour et partage ses revenus publicitaires avec les cinéastes. L’an passé, l’entreprise a versé 3,5 millions de dollars américains à des cinéastes, en hausse de 200% par rapport à 2016.
L’avenir de la vidéo en ligne
Swierszcz de YouTube a souligné que la vidéo en ligne est de plus en plus visionnée à l’aide de clés et de boîtes de diffusion en continu et qu’il en résulte une nouvelle forme de consommation « décontractée » sur YouTube à la maison. En même temps, 50% des visionnages sur YouTube sont faits à partir d’un appareil mobile. Par conséquent, la plateforme répond aux besoins de celles et ceux qui recherchent à la fois des courts métrages et des longs métrages.
Lorsqu’il est question de composer avec des problèmes de droit d’auteur et de piratage sur la plateforme, Swierszcz a qualifié le système Content ID de YouTube – qui permet le repérage et le signalement de matériel faisant l’objet d’un droit d’auteur, puis permet aux propriétaires des contenus signalés de décider s’ils veulent bloquer, surveiller ou monétiser les contenus republiés – « d’une des plus grandes innovations numériques au même titre que le GPS ».

Cependant, Content ID n’est pas infaillible. Après tout, le système doit traiter quelque 450 heures de contenu vidéo mises en ligne sur le site chaque minute, alors il est compréhensible qu’il se trompe parfois.
Selon Swierszcz, YouTube investit massivement dans Content ID et, par conséquent, le système ne pourra que continuer d’être amélioré. Par exemple, des fonctionnalités permettent déjà la sous-cession de droits liés aux photos et aux clips audio présentés dans des vidéos. Aussi, les paiements aux détenteurs de droits peuvent être faits automatiquement.
Quant à l’avenir de la production et la distribution d’œuvres numériques, Ashtar anticipe aussi des options développées à l’extérieur de la gigantesque plateforme vidéo de Google.
« Facebook deviendra un joueur plus important dans le segment de la vidéo. Et n’oublions pas Snapchat, qui mandate désormais la production de contenu original. Enfin, Twitter génère aujourd’hui la moitié de ses revenus de la vidéo. »
Liens vagabonds : la presse américaine se mobilise contre les attaques de Trump
A RETENIR CETTE SEMAINE :
Presse contre Trump – Aux Etats-Unis, la guerre contre les journalistes est entrée dans une nouvelle phase. Face aux attaques incessantes de la part du Président, la presse américaine se mobilise pour sauver sa liberté d’expression. #FreePress est une initiative impulsée par le Boston Globe suivi de 350 médias. Le New York Times consacre son édito au sujet et lance un appel à collaboration. Le Sénat américain vient d’adopter une résolution pour soutenir la presse libre.
Amazon – Après les supermarchés et des studios de cinéma, Amazon veut maintenant acheter Landmark Theatres, une chaîne de salles de cinéma US. Pour conclure le marché, le gouvernement américain devra d’abord abolir le « décret Paramount », qui avait imposé en 1948 la séparation entre les différentes activités de production et de diffusion cinématographique.
La 5G, une nouvelle dimension pour nos loisirs : la TV via la 5G arrive aux USA, Sprint et LG annoncent leur téléphone 5G pour l’an prochain et Samsung vient de présenter sa première puce compatible 5G. En même temps, le groupe sud-coréen lance Galaxy Home, son enceinte connectée. Côté audio, les radios publiques US unissent leurs forces pour investir dans le podcast, un format en plein essor avec plus d’un quart de la population américaine qui écoute un podcast au moins une fois par mois.
Deep Fake : le Pentagone fournit des outils.
3 CHIFFRES
10 millions de dollars – c’est la somme dépensée par Disney pour chaque épisode de sa série Star Wars
100 millions $ – ce sont les revenus numériques pour le NYT pendant que la pub print et digitale chute
1 milliard d’euros – c’est la valorisation de Deezer après avoir levé 160M d’euros
MUST READ
- Pourquoi l’Europe n’a-t-elle pas son propre géant de la Tech ?
- La valeur d’Internet n’est pas dans le contenu mais dans les conversations
- Les 100 personnalités les plus importantes dans le numérique public
- Wikipédia, dernier bastion d’une réalité partagée ?
- Comprendre l’informatique quantique en 15 min (vidéo en anglais)
- Ode à l’ordinateur fixe partagé par toute la famille
DISRUPTION, DISLOCATION, MONDIALISATION
- Le New York Times a encore engrangé plus de 100.000 abonnés au 2ème trimestre pour près de 100 millions $ de revenus numériques, mais chute de la pub print et digitale ; chute de près de 20% aussi de la pub print pour Gannett
- TV payante US : encore 260.000 abonnés de moins au 2ème trimestre
- Warner Music vend ses parts dans Spotify
- Face aux GAFA, deux groupes de médias australiens se rapprochent
USAGES ET COMPORTEMENTS
- Bien plus que les millenials, Gen Z va disrupter (toutes) les industries
- CBS revendique un gros succès de son offre OTT
- « Les nouvelles technologies nous accablent de travail au lieu de nous en libérer »
SURVEILLANCE, CONFIANCE
- Google surveille bien vos mouvements. Que vous le vouliez, ou pas
- Le florissant business des fausses vidéos vues sur YouTube
- L’effrayant brevet de surveillance d’Amazon en réalité augmentée
LEGISLATION, REGLEMENTATION
RÉSEAUX SOCIAUX
- Algorithme Facebook : -50% d’engagement moyen constaté sur les 18 derniers mois
- Facebook veut vous aider à trouver votre mentor
- “Time well spent” dans des “meaningful relationships” : Facebook teste son Tinder
- Les piratages de comptes Instagram en plein boom ; comment éviter de se faire pirater
- Musica.ly, rachetée par le chinois ByteDance, s’appelle désormais TikTok
- Google lance Cameos, une application vidéo de questions / réponses destinée aux personnalités
- Jack Dorsey entend repenser Twitter
- Pourquoi le réseau social Snapchat a perdu des millions d’utilisateurs
PLATEFORMES VIDEOS, OTT, SVOD
- Starzplay va lancer sa plateforme SVOD en France
- Avec 3 plateformes de SVOD, Disney attaque Netflix de tous les côtés
- L’envol de la SVOD américaine : de 132 millions d’abonnés en 2017 à 208 millions en 2023 ?
- Netflix : la programmation originale en hausse de 88 % par rapport à 2017
- Pourquoi les séries de Netflix ont moins de temps que les autres pour s’imposer
- Sky Media lance « The Football Social » sur YouTube
STORYTELLING, NOUVEAUX FORMATS
- Factal veut vendre des breaking news vérifiées
- La nouvelle appli news de Reuters
- Your Feed : le New York Times propose un fil d’actu 100% éditorialisé par thématique et auteur
- Le photojournalisme à l’heure des réseaux sociaux
- Comment The Cincinnati Enquirer, une offre d’info locale, utilise les stories Instagram pour créer des reportages inédits
Le trailer de « Follow This », la série documentaire de Netflix en partenariat avec Buzzfeed sur la fabrication de l’info :
IMMERSION, 360, VR, AR
- Facebook Messenger introduit des jeux en réalité augmentée dans les appels vidéo
Apple développerait un sensationnel casque AR/VR prévu pour 2020 - Tour de France : la réalité augmentée s’invite sur une chaîne de TV danoise
- Magic Leap tente de devenir une forme normale ; en attendant, les premiers tests déçoivent
(#AR) Des cartes de visite en réalité augmentée, pour sortir du cadre… ! v/ @LUsineDigitale #VR @SANDDELA @Dassoniou – https://t.co/Gr6OvH7Cg9 pic.twitter.com/9JeOcv7Chh
— #EnjoyDigitAll (@EnjoyDigitAll) August 6, 2018
JOURNALISME / ENTREPRISE DE PRESSE
- Le projet de «Spotify» pour les médias se construit en Suisse
- De la pub à l’abonnement : les conseils de Josh Marshall pour changer de modèle économique
- Info locale et hyperlocale : après l’engouement général, le temps du pragmatisme
- Paywall : 2 success stories en Amérique Latine
FAKE NEWS
- Une IA détecte les montages vidéo illustrant les fakes news
- 3 projets autour d’élections dans le monde montrent la force et la nécessité du journalisme collaboratif
- Campagne visant Facebook à Londres : “les fake news ne sont pas nos amis”
- 3/4 des américains souhaiteraient que les réseaux sociaux montrent les mêmes actus aux utilisateurs, sans tenir compte de leurs intérêts ou historiques de navigation
SPORTS
- Facebook offre le foot espagnol à l’Asie du Sud Est et la champions league à l’AmLat
- Eleven Sports multiplie les deals avec Facebook
- Premier League: Les accès d’Amazon pour son documentaire sur Man City font enrager les diffuseurs
AUDIO, PODCAST
- Anchor lance une fonctionnalité pour aider les podcasters à être rémunérés
- Amazon et Microsoft unissent leurs assistants Alexa et Cortana
DATA, AUTOMATISATION, INTELLIGENCE ARTIFICIELLE
- Google News désormais disponible sur Google Assistant
- Intercom lance ses bots personnalisables sans code
- There’s Waldo : le robot qui utilise l’IA pour trouver Charlie à tous les coups !
- L’assistant DuerOS de Baidu est maintenant installé sur 100 millions d’appareils
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— Jean-Baptiste Lefevre (@jblefevre60) 5 août 2018
5G / TELCO
CINEMA
JEUX VIDEO, eSPORT
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- Le futur de l’eSport (podcast)
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PUBLICITE, MONETISATION
- Face à la saturation Instagram, les stories Facebook commencent à intéresser les annonceurs
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TECH, STARTUPS, SMART
- Alphabet (Google) va pouvoir construire sa ville du futur à Toronto
- Le train subsonique Hyperloop va bientôt être testé dans le Limousin
- Des développeurs dévoilent les choses les moins éthiques qu’ils ont codées
EDUCATION, FORMATION, MOOC
OUTILS
- 30 polices de caractère gratuites
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