Le Rad, le laboratoire de journalisme de Radio Canada, expérimente des formats pour les jeunes

Par Laure Delmoly, France Télévisions, MediaLab

En mai 2016, Radio-Canada avait pris un engagement fort en faveur de l’innovation en créant Rad, un laboratoire de journalisme qui développe des formats à destination des jeunes qui s’informent sur Internet. Depuis, le lab a fait du chemin : deux prix numériques d’envergure, un JT hebdomadaire sur YouTube et des collaborations efficaces avec les différentes équipes de Radio Canada. 

Rajeunir l’audience et renouveler les formats journalistiques

Situé au rez-de-chaussée de la Tour Radio Canada, Rad a pour particularité de travailler dans un lieu dédié, séparé du reste de la rédaction. Il réunit une équipe pluridisciplinaire de 15 membres : journalistes, motion- designers, reporters d’image, chef de produits et experts UX. S’inspirant des méthodes agiles, le lab a su développer une offre numérique spécifique et renouveler son audience.

« Nous sommes partis d’un constat simple : une partie de la population n’écoute plus Radio Canada mais lit nos contenus en ligne. Comment peut-on s’adresser directement à cette audience ? » explique Johanne Lapierre, rédactrice en chef.

Plusieurs objectifs pour le lab éditorial de Radio Canada :

A la tête de cette initiative, trois femmes : Johanne Lapierre, rédactrice en chef, Gigi Huynh, stratège digitale et Caroline Choinière, chef de produits numériques.

Différents formats pour un même sujet

« Nous fonctionnons par grands dossiers pour lesquels nous proposons plusieurs formats : le lecteur rentre par le format qui lui plait le plus. C’est lui qui choisit sa clef d’entrée dans nos contenus » commente Johanne Lapierre. 

Les grands dossiers tels que le contrôle du web, la décroissance, la reproduction, l’intelligence artificielle donnent ainsi lieu à trois formats vidéo : la base, l’expérimentation et l’anticipation.

Olivier Arbour-Masse décide par exemple de relever le défi du zéro déchet durant un mois.

Ou les journalistes Mathieu Papillon et Nicolas Pham qui parcourent Montréal, ville chef de file mondial de l’IA à la recherche précisément… de l’intelligence artificielle.

 « Au Rad, nous essayons de ne pas nous asseoir sur un format, mais d’expérimenter. Même le format explainer est repensé à chaque fois » ajoute Johanne Lapierre.

La durée de ces nouveaux formats vidéos inspirés de l’écriture YouTube oscille entre cinq et quinze minutes.

« On ne se donne pas de contrainte de temps. On a tendance à dire que le temps de visionnage des vidéos est court, mais cela dépend vraiment des plateformes de diffusion. Sur YouTube, les gens peuvent regarder pendant une heure des journalistes discuter dans un studio » affirme Johanne Lapierre.

Un programme primé dont les formats se pérennisent

Le programme « 23-23 » a été mis en place en vue des élections provinciales au Québec. Il a remporté le Boomerang 2018 de la meilleure stratégie éditoriale. Selon la présidente du jury des Boomerang, Jennifer Varvaresso, cette production éditoriale « a vite conquis le jury par sa pertinence, sa démarche créative et sa qualité d’exécution. Ce format réussit à atteindre une cible jeune, à la fois savante et néophyte, souvent rébarbative aux médias informatifs plus traditionnels. Le tout livré avec une direction artistique impeccable, une tonalité agréablement déjantée et un déploiement numérique savamment calculé ».

 23-23 a également gagné le prix Numix 2019 dans la catégorie « production linéaire ».

Le succès de 23-23 s’explique par la volonté d’être au plus près du public. Inspiré des challenges de trente jours qui font fureur sur le web, l’objectif était de fournir aux lecteurs 23 contenus à raison d’un par jour afin de préparer les citoyens numériques à un vote éclairé début octobre 2018. Rad a d’abord sondé sa communauté avec quarante questions, treize minutes pour y répondre et 1200 répondants. Inspirée par ces retours, l’équipe a développé 3 formats vidéos informatifs, accessibles et attrayants.

1. Des formats « base » sur les élections 

Pour exemple la vidéo « Pourquoi voter ? » : un format sous forme de session d’audition pour inciter les jeunes à voter. Les personnes auditionnées défilent : humoristes, théâtreux, danseurs Hip-hop, étudiants de l’UQAM en science politique. Une vidéo qui adresse le cœur de cible du lab, les 18-39 ans qui représentent désormais le tiers de l’électorat québécois et dont le taux d’abstention demeure élevé.

ou encore « Il était une fois les partis politiques » de Nicolas Pham : une vidéo réalisée entièrement avec des playmobils, qui présente les quatre partis politiques québécois représentés à l’Assemblée Nationale.

2. Des sujets “Quête” sur les principaux sujets de société au Québec

3. Un JT hebdo sur YouTube : le bunker

Le bunker, c’est un JT hebdo face caméra présenté par les journalistes Rad qui reprend l’essentiel de l’actualité chaque semaine.

« Le format bunker permet de mettre en avant la personnalité de nos journalistes. Les jeunes générations aiment ce format face caméra authentique. Cela contribue à forger une relation de confiance. Mais ce ton plus familier ne nous autorise pas pour autant à franchir la ligne de l’opinion. Nos journalistes restent rigoureux dans leurs pratiques journalistiques » commente Johanne Lapierre. 

Le programme 23-23 a su trouver son public via plusieurs outils de diffusion : Facebook, YouTube, Instagram, une newsletter, un chatbot et des mise en avant sur les sites de Radio Canada : iciradiocanada.ca, curio.ca et rad.ca. Le programme a également fait l’objet d’annonces à la radio et la télévision.

Cette stratégie de communication en ligne a engendré une portée organique de quatre millions de personnes, plus de deux millions de vues, un taux d’engagement moyen de 9%, un temps moyen d’écoute de 4 min et 30 secondes sur YouTube et plus 15 000 abonnés à l’infolettre envoyée chaque matin. Au-delà de ces chiffres, les journalistes de Rad attestent d’une communauté en ligne très active tout au long de l’opération éditoriale.

« Les internautes nous remercient pour la re-contextualisation et les clefs d’analyse dans leurs commentaires YouTube et Facebook » explique Johanne Lapierre.

Le format bunker inventé pour le programme 23-23 est renouvelé en vue des élections fédérales d’octobre 2019 : douze minutes chaque samedi depuis juin 2019. La playlist complète des JT bunker est en ligne sur le compte YouTube du Lab.

Des collaborations avec les équipes TV et les bureaux régionaux

La collaboration la plus créative revient au chef de bureau de politique provinciale à Québec Sébastien Bovet. Pour les élections 2018, celui-ci a accepté de se prêter au jeu et de troquer sa cravate et sa veste pour enfiler un tee-shirt Rad et expliquer face caméra le scrutin majoritaire uninominal. 

Le Lab a également donné lieu à des collaborations avec les bureaux régionaux notamment pour un dossier complet sur la Francophonie. L’occasion pour les journalistes des régions de Toronto, Ottawa, Moncton et Winnipeg de venir à Montréal se former intensivement aux nouvelles écritures Rad et repartir avec de nouvelles pratiques en région.

Enfin, certains sujets tels que les reportages sur l’aide médicale à mourir (légale au Québec depuis quatre ans) ont été diffusés par les équipes du JT télévisé. Le succès des formats Rad a également donné lieu à des diffusions télévisées côté programme : les meilleurs dossiers ont été mis bout à bout pour créer deux séries diffusées à Noel 2018 et en juin 2019 sur la chaîne télévisée RDI.

Un diffuseur d’agilité au sein de Radio Canada

Le Lab de Radio Canada s’inspire des nouvelles méthodes de travail de design sprint. L’équipe travaille en itération afin d’améliorer chaque production éditoriale en fonction des retours utilisateurs.  Lors des sessions de pitchs de sujets, les designers et développeurs sont conviés et peuvent s’exprimer sur les questions éditoriales. 

Pour infiltrer le Lab de Radio Canada et voir l’équipe travailler en mode projet, visionnez la vidéo complète du making-of du programme 23-23.

A l’écoute de sa communauté, le Rad teste, apprend et évolue avec les internautes. Rad, c’est une expérience renouvelée de l’information, la rencontre entre les codes du web et la rigueur journalistique de Radio-Canada. « Les Canadiens associent Radio Canada à du journalisme crédible. Rad permet cette rencontre de l’innovation avec le journalisme crédible » commente Johanne Lapierre.

Présent sur Facebook, YouTube, Instagram et Snapchat, Rad a été conçu pour devenir le laboratoire de contenus journalistiques de Radio-Canada et la recette fonctionne. On attend avec impatience les prochaines productions éditoriales de cette équipe en pleine effervescence.

 

SÉRIE MEDIA LABS – épisodes précédents

Les 10-13 ans passent près de 15 heures en ligne par semaine. Voici ce qu’ils y font.

Par Barbara Chazelle, France Télévisions, Media Lab et Prospective

Pour s’inscrire sur les réseaux sociaux, il faut avoir 13 ans. Et 15 ans pour se passer du consentement parental selon les règles du RGPD. Mais ce n’est un secret pour personne que les pré-ados mentent sur leur âge pour accéder aux plateformes en ligne. Cette pratique les rendant invisibles, l’agence Heaven, en partenariat avec l’Association Génération Numérique*, interroge chaque année les 10-13 ans pour comprendre leurs comportements en ligne. Dans sa 4e édition de son baromètre* Born Social paru aujourd’hui, on apprend que si Snapchat et YouTube restent les chouchous des pré-ados, les plateformes de messagerie en lien avec les jeux en ligne font cette année une percée remarquable.

14h53 passées en ligne par semaine 

Selon les données de Data Gouv, 84% des enfants de 12 ans disposeraient d’un smartphone qui constitue leur moyen de connexion privilégié.

Ils passent 14h53 par semaine sur Internet, soit plus de 2h par jour, une consommation semblable au Royaume-Uni où les 8-11 ans sont connectés 13h35 par semaine (+23% entre 2014 et 2018) selon le Kids Digital Media Reports de PWC 2019

Mais que les parents ne s’avisent pas de leur faire la leçon, car ils sont d’après leur progéniture de bien mauvais exemples : 39% des adolescents pensent que leurs parents passent trop de temps sur leur mobile.

L’écran de télévision fait toujours partie du paysage dans le foyer, mais est « clairement relégué derrière le smartphone ». Jimmy, interrogé par Heaven dans le cadre de l’étude, admet qu’« à la maison, on n’a plus forcément de chaînes, on a des applications pour regarder films ou séries ».

Émergence de pré-ados ultra-connectés

« Le processus d’accès aux réseaux sociaux est progressif et s’effectue de façon bien plus précoce que les âges induits par la RGPD ne le prévoit (…) Être inscrit sur les réseaux sociaux est banal dès la 6e », explique l’agence. Les 10-11 ans sont déjà majoritaires (54,7%) à l’être à l’entrée au collège et le taux d’inscription atteint environ 90% en 3e.

Mais la prise de contact avec les plateformes se fait en réalité dès le milieu du primaire, souvent avec des fonctionnalités ludiques comme les lenses et les filtres avec lesquels des proches vont jouer avec les plus jeunes. La fonction de messagerie se propage fin primaire et le collège est synonyme de début d’exposition publique.

Pour la première fois cette année, Heaven constate que si le nombre d’inscriptions reste à la hausse pour les 6e et 5e, il est à la baisse pour les 4e et les 3e. A voir si cette tendance se poursuit dans le temps.

Pour les pré-ados, les réseaux sociaux servent principalement à communiquer avec ses proches et à regarder des vidéos. Mais il existe des différences significatives entre genres. Les filles montrent un usage de socialisation beaucoup plus fort que les garçons. Alors que ces derniers regardent davantage de contenus et jouent aux jeux vidéo, les filles de 5e privilégient davantage les discussions et le partage de photos et vidéos. S’informer reste une pratique peu répandue chez les deux groupes (autour de 12%) qui ne partagent quasiment jamais des liens ou des articles (3%).

80% des pré-ados interrogés compte un nombre de contacts restreints aux très proches (<50 contacts) ou ayant un cercle un peu plus étendu (>50, <200). Mais 9% d’entre eux déclarent avoir entre 400 à plus de 1000 contacts, ce qui dépasse largement le cercle habituel d’un élève de 5e (collège, famille, activités extra-scolaires). Des influenceurs en devenir !

Snapchat, Instagram, TikTok toujours en tête

En 5e, les élèves sont inscrits à en moyenne 3,6 plateformes sociales (hors YouTube).

Snapchat confirme son statut de leader avec une croissance de 5 points encore cette année. Désormais 90% des inscrits à un réseau social le sont sur Snapchat, 66% sur Instagram et 45,7% sur TikTok.

Snapchat, messagerie no1

Snapchat est toujours privilégié comme une messagerie ludique avec un usage en « one to one ». Le caractère éphémère des publications est valorisé et diverses fonctionnalités (lenses, bitmoji, flammes…) favorisent le jeu et l’engagement entre amis.

Pour les pré-ados, l’usage des Stories sur Snapchat est secondaire et non généralisé parmi les utilisateurs. Quant aux contenus partenaires Discover, ils sont largement ignorés par les plus jeunes.

Instagram : deux comptes plutôt qu’un pour gérer son image

Sur Instagram, les collégiens apprennent à gérer leur image. Et pour éviter les faux pas, ils sont de plus en plus nombreux à cloisonner leurs publications en fonction de leurs amis, quitte à créer plusieurs comptes.

Contrairement à Snapchat, les Stories sont plébiscitées pour leur authenticité. La messagerie est de plus en plus utilisée et les pré-ados accueillent avec bienveillance le développement de fonctionnalités d’achat sur Instagram.

TikTok divise

Tiktok est toujours en croissance (+3,3 points) et toujours majoritairement adopté par les filles.

« Créer une vidéo sur TikTok est davantage perçu comme un jeu ou une performance que comme un moyen de s’exposer ou de se valoriser ». Mais tout le monde n’est pas unanime sur lesdites performances parfois jugées innovantes ou au contraire malaisantes.

Peu de célébrités sur la plateforme, mais des créateurs de tout âge, pas forcément connus sur d’autres réseaux et un taux d’engagement qui bat des records.

Whatsapp, l’application utile

WhatsApp prend la 4e place du classement (31,7%, +1,8 points).

La messagerie est jugée utile, sans autre engagement émotionnel, pour communiquer avec ses parents ou en groupe au sein du collège.

Facebook toujours en baisse, passe dernière Messenger

Facebook qui n’intéresse plus que 20% des pré-ados, accuse une baisse cette année de près de 8 points et passe même dernière Messenger.

En 4 ans, le taux d’inscription sur la plateforme de Mark Zuckerberg a perdu 69% parmi les élèves de 6e et 59% chez les 5e. Le réseau est considéré comme étant celui « des vieux » avec du contenu peu attrayant (texte/photo vs vidéo).

Sa mauvaise réputation quant à la gestion des données personnelles le précède dans les cours de récré et le questionnaire d’inscription est vu comme trop intrusif.

Messenger, pour les jeux

Les jeunes interrogés dissocient Messenger de Facebook et sont donc moins suspicieux à l’égard de l’application.

La force de Messenger, c’est son magasin de jeux, qui démarque l’application des autres messageries. Les chatbots passent totalement inaperçus.

Twitter pour suivre des « adultes intéressants »

Twitter n’est que peu adopté par les élèves de 5e inscrits sur les réseaux sociaux. La plateforme est identifiée comme celle qui permet de suivre les « adultes intéressants » comme des participants à des émissions de téléréalité, des gamers, sportifs, Youtubers…

Twitter reste une source de contenus humoristiques (memes, blagues…), mais n’en a plus le monopole, Instagram et TikTok étant de sérieux concurrents sur ce créneau.

Discord, entre la messagerie et le forum

C’est la surprise de cette année, Discord commence à être cité comme application de référence par une partie des interrogés, parfois même celle sur laquelle ils passent le plus de temps. Une autre partie des sondés n’en a jamais entendu parlé.

Avec plus de 250 millions d’utilisateurs, Discord est une application de messagerie vocale et textuelle bien connue des gamers, mais aussi de plus en plus des jeunes en général qui apprécient la fluidité et la qualité des échanges organisés en forums (appelés « serveurs ») qui rassemblent une communauté autour de sujets de discussion variés.

Twitch, pour le live streaming

À l’instar de Discord, Twitch (racheté par Amazon en 2014)  a d’abord été adoptée massivement par les gamers, mais on y trouve aujourd’hui d’autres communautés qui s’y retrouvent sur bien d’autres sujets et apprécient les interactions en direct avec les streamers.

Avec l’ouverture d’un bureau à Paris début septembre, Twitch est sans aucun doute la « petite » plateforme qui monte.

YouTube… pour tout le reste !

YouTube, devenu un média incontournable, « bénéficie d’une unanime et très haute cote d’amour de la part de tous les plus jeunes. » 

Dans les cours de récré, les collégiens discutent de ce qu’ils y regardent, comme on discutait autrefois du programme de la veille au soir à la télé.

« Devenir streamer ou Youtuber est une perspective caressée par tous ou presque » affirme Heaven. Et pour ceux qui ont déjà une chaîne, elle devient un espace de discussion entre amis.

 Les plateformes montantes (que vous ne connaissez sans doute pas)

Souvent utilisés à des fins professionnelles, ces outils Google ont été adoptés par les plus jeunes qui ont trouvé plus simple d’avoir la bénédiction de leurs parents pour la création d’une adresse gmail par leurs parents que pour leur inscription sur un réseau social.

Hangout est ainsi utilisé comme messagerie ou pour appeler les copains.

Quant à Google Docs, ils sont détournés depuis 2018 comme messagerie. Dans les salles de classe, on ne se fait plus passer des petits bouts de papier d’une rangée à l’autre, on partage un document en faisant mine de prendre des notes ou on chatte dans la partie commentaire, mais aussi, plus tristement, on l’utilise comme vecteur de harcèlement.

 

Plus connue aux Etats-Unis qu’en France, cette application permet d’appeler simultanément 8 contacts.

L’application vient d’être rachetée par l’éditeur de jeu vidéo Epic, qui vient de l’intégrer dans Fortnite. Un concurrent sérieux pour Discord ?

Classée n°5 sur iOS en août dans la catégorie social network, cette application fusionne jeu et application de messagerie.

Triller permet la création et partage de vidéos verticales, principalement de type chorégraphie avec extrait musical. L’application compte déjà 15 millions d’utilisateurs dont 7,5 actifs mensuels mais devra faire preuve d’ingéniosité pour inquiéter le chinois TikTok.

L’idée de F3, c’est de poser des questions éphémères et anonymes à ses amis pour en apprendre davantage sur eux… ou découvrir ce qu’ils pensent de nous.

A noter que cette pratique est relativement répandue dans les Stories où les utilisateurs demandent à leurs contacts de leur poser des questions auxquelles ils répondent en texte ou en vidéo sur Instagram, Snapchat ou Youtube.

« Si quelqu’un te plaît, demande-lui son profil Snap, sinon passe au profil suivant » peut-on lire sur l’AppStore.

Tendances à suivre

Les jeux vidéo en ligne, tels que Fortnite, sont en plein essor et participent à la socialisation numérique. Les jeux multi-joueurs nécessitent de pouvoir communiquer par texte, mais surtout par chat vocal et l’on observe l’émergence d’une tendance autour de la messagerie et du jeu.

Parallèlement à la pratique du gaming, les enfants s’intéressent aux moyens de s’améliorer en regardant d’autres gamers jouer et commenter leurs parties sur Youtube ou Twitch. Et quand on voit les rémunérations des professionnels de e-sport, peut-être que l’on verra dans cette génération de plus en plus de vocations pour devenir pro-gamer.

Les plus jeunes favorisent de plus en plus la communication via la voix (appel et messages). A suivre en parallèle, l’adoption des enceintes intelligences/chatbots vocaux et toutes les applications qui permettent les chatrooms vidéo à plusieurs.

Quoi que l’on pense des différentes applications et de l’usage qui en est fait par les 10-13 ans, on ne peut qu’être admiratif de la grande dextérité que les plus jeunes développent avec des outils parfois complexes. La plupart sont passés maîtres dans l’art du montage vidéo et/ou de la retouche photo. Avec la montée en puissance de Discord, on constate aussi que des interfaces plutôt arides ne leur font pas peur et qu’ils manient rapidement les threads et les nombreux bots qui s’y trouvent.

Cette agilité est aussi synonyme de volatilité : s’ils se lassent faute de renouveau dans les fonctionnalités ou si une meilleure application sort sur le marché, les pré-ados n’hésitent pas à désinstaller de leur téléphone des applications qu’ils jugent inutiles ou dépassées. Vous êtes prévenus.

—-

*Méthodologie : Exploitation de données quantitatives apportées par l’association Génération Numérique (1921 élèves de 5e et 6e répondants) 

Liens vagabonds : la SVOD surenchérit sur les droits des séries, une nouvelle ère TV commence

A RETENIR CETTE SEMAINE

SVOD – Netflix rafle la mise contre Hulu en déboursant 500 M $ pour les 190 épisodes de Seinfeld. Et va dépenser 500 M$ en contenus britanniques. Une stratégie agressive de Netflix qui vient de perdre les droits de Friends et The Office. Mais la plateforme n’en est pas moins vulnérable et pour cause, les chaînes américaines lancent leur propre service de SVOD : HBO max sera lancé début 2020, et Peacock de NBCUniversal en avril

Le patron de Netflix en est conscient : c’est un nouveau monde qui démarre en novembre. Ou le début de la seconde ère de disruption pour la TV, selon la BBC. Voire même de la troisième ! Au UK, le projet Britbox compte de nouveaux membres. En France, où la redevance va baisser l’an prochain, Canal+ s’allie avec Netflix à 35 $ / mois. La SVoD représente désormais dans le monde 86% des dépenses en lignes de divertissement TV/cinéma, contre 50% en 2012.

Données personnelles – Vous regardez la télévision ? Sachez qu’elle vous regarde aussi ! Oui, vos habitudes de consommation sont partagées avec Google, Facebook et Netflix. Voilà pourquoi les téléviseurs sont devenus si bon marché. En plein scandale, Facebook ne renonce pas pour autant à son modèle économique basé sur les données personnelles des utilisateurs et lance Portal, sa nouvelle enceinte connectée qui va aussi vous écouter et vous enregistrer dans le salon !  

Facebook – En fait, on n’a encore rien vu en matière de fuite de données. Facebook vient de suspendre des dizaines de milliers d’applis qui aspiraient nos données.

Les mêmes médias qui enquêtent sur les problèmes de protection de la vie privée sont loin d’adopter une conduite exemplaire !

Autre actu de la semaine :

3 CHIFFRES

1 million – c’est le nombre d’abonnés que la chaîne YouTube du Guardian a atteint grâce aux formats longs

6 millions – c’est le nombre d’abonnés Netflix en France (+ 1M en 6 mois)

5 milliards d’euros – c’est la somme débloquée par Emmanuel Macron pour doper les investissements dans les start-ups françaises 

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE 

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Podcasts : 4 nouveaux épisodes de La Balade Virtuelle à Venice VR

À l’occasion de la 76e édition de la Mostra Internationale de Cinéma de Venise, l’île de Lazzaretto Vecchio accueille pour la troisième fois la compétition Venice VR, consacrée aux écritures immersives. Présidé par Michel Reilhac et Liz Rosenthal, le Festival Venice VR permet d’expérimenter les dernières productions dans la Sérénissime.

Episode 9 : Venice VR,  la sélection en compétition

Explorez les œuvres linéaires en compétition en compagnie de Michel Reilhac avant de vous aventurer dans films interactifs.  Toute la sélection en compétition ici.

Episode 10 : Venice VR, la sélection hors compétition

Découvrez Best of VR, la sélection hors compétition de Venice VR. Les oeuvres de la sélection : The Collider, To the Moon, A Fisherman’s Tale, Wolves In The Walls: It’s All Over, Bonfire, The Making Of [5×1 Project], Eleven Eleven, Le Cri VR, Traveling While Black et Tónandi

Episode 11 : La Balade Virtuelle à Venise avec Olivier de Sagazan, performeur 

Le réalisateur Qui Yang et le producteur Hou Hsiao-hsien présentent O, 5X1 project. Des pas résonnent au loin et un homme épuisé en costume entre. L’homme parle au téléphone. Nous ne comprenons pas la langue de cet homme mais nous ressentons sa tristesse. Qui est-il ? D’où vient-il ? Quelles sont ses intentions ? Olivier de Sagazan raconte son rôle de performeur.

Episode 12 : La Balade Virtuelle à Venise avec Edouard de Montmort, producteur

 A Linha, une expérience sur l’amour et la peur du changement réalisée par le studio brésilien Arvore Immersive Experiences. Découvrez l’histoire de Pedro et Rosa, deux poupées miniatures faites l’une pour l’autre mais réticentes à briser les frontières et dépasser leurs peurs pour vivre leur histoire d’amour. Prix de la meilleure expérience en VR.

 

Crédits : La Balade Virtuelle est un podcast de Fabbula. Coordonné par Camille Jeanjean  Mixé par Laurie Galligani. Musique de Ghislain Besançon et Fabien Siouffi. Illustrations de Welid Labidi.

Journalisme : harcèlement en ligne, ça n’arrive pas qu’aux autres

Par Pascal Doucet-Bon, France Télévisions, directeur délégué de l’information

Le cyber-harcèlement, et particulièrement celui des journalistes, est en pleine explosion. Aux Etats-Unis, le nombre de cas de journalistes harcelés a décuplé en deux ans, sans que l’on ne sache dans quelle mesure ils sont plus fréquemment signalés. À l’occasion de l’ONA, Pen America, une association qui défend la liberté de presse, propose un manuel de survie pour les journalistes harcelés.

Les principaux chiffres

L’association Pen America, a interrogé les victimes. 67% de ces journalistes ont déclaré avoir été traumatisés, suite à quoi, ils ont évité toute publication pendant au moins un mois, clôturé leurs comptes sur les réseaux sociaux ou craint pour leur vie.

63% des victimes américaines sont des femmes.

Les harceleurs parviennent souvent à leurs fins. C’est ce qui nous fait dire que le phénomène tient plus de l’attaque anti-démocratique que du fait divers.

Quatre formes de harcèlement en ligne

 Viktorya Vilk, de Pen America, définit quatre grands types de harcèlement en ligne :

Les 12 actions de prévention contre le cyber-harcèlement

 « Avant de savoir comment réagir, apprenez à vous protéger en amont. » rappelle Harlo Holmes, Directrice de la cybersécurité de la Fondation pour la liberté de la presse.

Un dernier conseil : allez sur Security Planner.

En cas de harcèlement, comment réagir ?

Pour toute information complémentaire, consultez le Manuel de survie contre le harcèlement de Pen America.

Pourquoi les informations satiriques sont parfois prises au sérieux


Billet originellement publié en anglais sur
 The Conversation et republié sur Méta-Media avec autorisation. Version également disponible en français sur The Conversation.

En juillet 2019, le site américain de fact-checking Snopes s’intéressait à un reportage de The Babylon Bee, un site d’information satirique conservateur populaire aux États-Unis.

L’éditorialiste David French du National Review, un journal conservateur, critiquait Snopes pour avoir démystifié une information qui selon lui était une « satire évidente ». Quelques jours plus tard, Fox News consacrait un reportage au PDG de Babylon Bee.

Mais est-ce que tout le monde est à même de reconnaître la satire aussi facilement que David French ?

Nos chercheurs en communication ont étudié pendant des années la désinformation, la satire et les réseaux sociaux. Au cours des derniers mois, nous avons interrogé des Américains sur des dizaines de sujets politiques. Nous avons identifié des dizaines d’informations – réelles et fausses – partagées massivement sur les réseaux sociaux.

Nous avons découvert que bon nombre de fausses informations ne procédaient pas d’une volonté de tromper intentionnellement les lecteurs. Celles-ci provenaient en réalité de sites satiriques.

Comme le site satirique américain The Onion, Le Gorafi propose des articles satiriques – certains que ses lecteurs vont comprendre la blague. Mais ce n’est pas toujours le cas. 

Trompez-moi une fois

Les gens ont longtemps pris la satire pour de l’information réelle. Dans son émission télévisée satirique The Colbert Report, le comédien Stephen Colbert assume le personnage de l’expert conservateur d’une chaîne d’information du câble.

Cependant, des chercheurs ont découvert que beaucoup de conservateurs avaient tendance à mal interpréter les performances de Colbert, pensant qu’elles étaient le reflet de ses convictions politiques personnelles. Les articles de The Onion, un site d’information satirique populaire, sont si souvent mal interprétés qu’une communauté Reddit tourne en ridicule ceux qui se sont fait avoir.

Aujourd’hui plus que jamais, les Américains s’inquiètent de leur capacité à distinguer les informations réelles des Fake news. Pour la plupart des Américains, les Fake news représentent un réel danger pour la démocratie.

Il est parfois facile de repérer la satire, par exemple lorsque The Babylon Bee explique que le Président Donald Trump a nommé Joe Biden à la tête de la Transportation Security Administration, grâce à « sa capacité à se rapprocher de manière inappropriée des gens et à faire des avances physiques indésirables ». Mais d’autres informations sont plus difficiles à évaluer.

Pour exemple, l’affirmation selon laquelle John Bolton aurait décrit l’attaque de deux pétroliers saoudiens comme « une attaque contre tous les Américains » pourrait sembler plausible jusqu’à ce que vous appreniez que l’information est parue dans The Onion.

En réalité, comprendre l’esprit de la satire politique n’est pas chose aisée sur Internet. De nombreux sites satiriques adoptent le ton et l’identité visuelle des vrais sites d’information. Pour saisir qu’il s’agit d’une satire, il faut bien connaître le sujet politique qui en fait l’objet. Il faut également bien maîtriser la rhétorique politique pour pouvoir reconnaître l’exagération. Sans cela, il est assez facile de prendre une satire au premier degré.

Reconnaître une satire lorsqu’on y est confronté

Notre étude sur la désinformation et les réseaux sociaux a duré six mois. Toutes les deux semaines, nous avons identifié les dix fausses informations politiques les plus partagées sur les réseaux sociaux, notamment les informations satiriques. Les autres étaient de fausses informations dont l’objectif était de tromper délibérément les lecteurs.

Nous avons ensuite demandé à un panel représentatif de plus de 800 Américains de nous dire s’ils croyaient à ces informations. À la fin de l’étude, nous avions étudié la réception de plus de 120 fausses informations.

Les articles satiriques tels que ceux publiés sur The Babylon Bee ont souvent fait l’objet de notre étude. En fait, les récits publiés par The Bee figuraient parmi les fausses informations les plus partagées.

Pour chaque information, nous avons demandé : cette information est-elle vraie ? À quel pourcentage en êtes-vous sûr ? Nous avons ensuite étudié la proportion de Démocrates et de Républicains se déclarant être à 100 % sûrs de la véracité de l’information.

Pour le Babylon Bee, voici les tendances :

 

Les membres des deux partis n’ont pas compris que The Babylon Bee était un site satirique, mais les Républicains étaient beaucoup plus à même de le comprendre. Sur les 23 fausses informations publiées par The Bee, huit fausses informations auraient été considérées comme vraies par près de 15 % des répondants républicains.

L’une des Fakes news les plus connues est basée sur une série de fausses citations attribuées au Représentant Ilhan Omar. Un autre article satirique selon lequel le Sénateur Bernie Sanders critiquait le remboursement des prêts étudiants des diplômés du Morehouse College par le milliardaire est une autre Fake news qui n’a pas été détectée par les Républicains.

Notre étude s’est également intéressée à neuf fausses informations issues du site satirique The Onion. Les Démocrates ont été plus souvent bernés, même s’ils n’étaient pas si crédules que ça. Néanmoins, près d’un Démocrate sur huit était convaincu que la Conseillère de la Maison Blanche, Kellyanne Conway, avait mis en doute l’importance de l’état de droit.

Il n’est pas étonnant que, selon l’orientation politique d’un journal, la satire soit plus susceptible de tromper les membres d’un parti politique plutôt qu’un autre. L’orientation politique des individus influe constamment sur leurs perceptions des faits. L’incapacité des Américains à se mettre d’accord sur ce qui est vrai constitue un réel problème pour la démocratie.

Signaler une satire

La vraie question est : comment résoudre ce problème ?

Dans d’autres études récentes, nous avons comparé le degré d’efficacité des différentes méthodes utilisées pour signaler un contenu inexact sur les réseaux sociaux.

Nous avons testé différentes méthodes. L’une d’elles présentait un message d’avertissement indiquant que les fact-checkeurs avaient prouvé l’inexactitude du contenu. Un autre présentait un message indiquant que le contenu provenait d’un site satirique.

Nous avons constaté que le fait de labelliser un article comme « satirique » était particulièrement efficace. Les utilisateurs étaient moins enclins à croire l’information, moins susceptibles de la partager et considéraient la source comme moins crédible. Ceux-ci ont également apprécié l’avertissement.

Facebook a testé cette fonctionnalité il y a quelques années et Google News a commencé à labelliser le contenu satirique. Ainsi le « Borowitz Report » du New Yorker – une chronique satirique écrite par Andy Borowitz – est présenté comme « contenu satirique » lorsqu’il apparaît dans les recherches de Google Actualités.

Cette étude prouve que qualifier clairement le contenu de satirique peut aider les utilisateurs des réseaux sociaux à mieux naviguer dans un environnement informationnel complexe et parfois déroutant.

David French a certes critiqué le site de fact-checking Snopes pour avoir fact-checké à tort un article satirique du Babylon Bee mais l’éditorialiste conclut en rappelant : « Snopes est un site utile. Car il y a un espace pour rappeler aux lecteurs que la satire est une satire. »

Liens Vagabonds : la Gig économie en danger

A RETENIR CETTE SEMAINE :  

Gig économie la loi AB5 en Californie prévoit de transformer les travailleurs indépendants en salariés. Une grosse alerte pour les entreprises dont le modèle économique est basé sur l’utilisation massive de travailleurs indépendants. La compagnie Uber, cependant, fait de la résistance

Google – Google va enfin valoriser les articles à l’origine d’une information dans le Search.

Apple – Apple lancera AppleTV+ le 1er novembre à 4.99$/mois dans 100 pays.

Egalement dans l’actu cette semaine :

En France, RTL veut un Salto de la radio

3 CHIFFRES

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE 

Infographie: La part des revenus de l'iPhone au plus bas depuis 7 ans | Statista

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Twitter : se géo-localiser en Allemagne pour éviter les discours d’incitation à la haine

Par Laure Delmoly, France Télévisions, MediaLab

Fatigués d’être exposés à des propos racistes, homophobes et antisémites sur leur feed, des utilisateurs américains changent la localisation de leur compte Twitter pour l’Allemagne. Un moyen ingénieux de profiter des lois locales allemandes interdisant toute publication de discours d’incitation à la haine sur les réseaux sociaux.

L’Allemagne : une politique stricte due à des lois locales 

Depuis l’Holocauste, tout discours d’incitation à la haine est considéré comme illégal en Allemagne. En Octobre 2017, une nouvelle ordonnance, le Network Enforcement Act (NetzDG) étend cette illégalité à tout contenu sur les plateformes en ligne.

Selon la loi allemande, les entreprises de media sociaux comme Twitter sont dans l’obligation de payer une amende de 50 millions d’euros si elles ne retirent pas tous les messages au contenu incitant à la haine, passibles de poursuites pour diffamation ou véhiculant de fausses informations dans un délai de vingt-quatre heures (ou de cinq jours pour les cas moins évidents).

Les services comme Twitter, Facebook ou YouTube doivent également rendre publics des rapports exhaustifs listant les messages qu’ils ont supprimés et les raisons pour lesquelles ils l’ont fait. En juillet 2019, Facebook a été sommé de payer 2 millions d’euros pour avoir communiqué de manière incomplète sur le nombre de commentaires haineux supprimés circulant sur le réseau social. Début 2018, Twitter a ainsi fait état de 265 000 contenus signalés par les utilisateurs, YouTube 215 000 contenus et Facebook 1704 contenus.

Des utilisateurs qui migrent leur compte en Allemagne

 

Source : twitter.com

 « Lors d’une inscription sur une plateforme en ligne. On peut inscrire le pays de résidence que l’on souhaite. Il n’y a aucune vérification de géolocalisation via des documents légaux  », explique Delphine Meillet, Avocate au Barreau de Paris, spécialiste des atteintes à la vie privée et des affaires en diffamation.

Les lois allemandes sur les discours d’incitation à la haine sont beaucoup plus strictes que celles en vigueur aux Etats-Unis où Twitter tarde à condamner les utilisateurs publiant des propos diffamatoires. Les utilisateurs de Twitter américains sont ainsi confrontés au quotidien à de nombreux propos racistes qui s’affichent dans leur feed sans pouvoir y remédier.  « J’ai essayé de muter certains hashtags mais la méthode la plus efficace a été de me géolocaliser en Allemagne », explique l’utilisateur américain Colford interrogé par la CNBC.

 Les utilisateurs qui migrent leur compte en Allemagne voient ce message à la place du contenu diffamatoire :

 

Source : Twitter.com

Carl Perez explique ainsi à la CNBC  « Depuis mon changement de géolocalisation, j’ai vu très peu de discours nationaliste sur Twitter  » Un utilisateur a affirmé que depuis qu’il avait changé son pays de résidence pour l’Allemagne, il n’était plus harcelé. Selon lui, Twitter ne montrait plus ses tweets dans le feed d’utilisateurs antisémites le protégeant ainsi de toute attaque en ligne.

 « Les utilisateurs ne devraient pas avoir à utiliser des solutions détournées pour se protéger contre les discours d’incitation à la haine en ligne. Ils devraient pouvoir personnaliser leurs paramètres pour diminuer leur exposition à la haine et au harcèlement » explique Jonathan Greenblatt, CEO de l’ADL (AntiDefamation League) à Newsweek. Celui-ci ajoute que   « Twitter devrait partager les données de ceux qui changent leur localisation pour l’Allemagne. Cela permettrait de comprendre les comportements utilisateurs »

La politique de signalement sur les discours d’incitation à la haine

En France, les plateformes en ligne ont l’obligation légale de mettre en place des procédures de signalement (Loi pour la confiance dans l’Economie Numérique du 21 juin 2004). Si elles ne le font pas, tout individu peut se saisir de la justice pour obtenir gain de cause.

« Les GAFA ont le statut d’éditeur et non d’auteur. Ils ont donc l’obligation de modérer mais à postériori. Nous leur signalons le contenu problématique pour qu’ils le suppriment. S’ils ne le font pas, il faut alors lancer une procédure juridique », explique Delphine Meillet.

 La politique de Twitter en matière de conduite haineuse stipule que : « Vous ne devez pas directement attaquer ni menacer d’autres personnes, ni inciter à la violence en vous fondant sur la race, l’origine ethnique, la nationalité, l’orientation sexuelle, le sexe, l’identité sexuelle, l’appartenance religieuse, l’âge, le handicap ou toute maladie grave. Par ailleurs, nous n’autorisons pas les comptes dont le but principal est d’inciter à nuire aux autres sur la base de ces catégories. »

 « Lorsqu’on lance une procédure judiciaire contre Twitter, il faut parfois jusqu’à deux ans pour obtenir la suppression du contenu problématique » ajoute Delphine Meillet.

Une politique qui repose sur les utilisateurs

 Twitter est accusé de laisser la responsabilité de la modération aux utilisateurs au lieu de mettre en place une politique pro-active. Certains utilisateurs affirment ainsi que ceux qui postent des contenus dénonçant les discours d’incitation à la haine sont davantage ciblés

« Ceux qui réagissent à la haine et au harcèlement se voient dépublier leur contenus alors que ceux qui postent des propos ouvertement racistes et utilisent Twitter pour organiser des rassemblement racistes ne sont pas concernés » explique Jessica Gonzales de Free Press, un lobby américain défendant la liberté de la presse.

 Selon Jack Dorsey, l’inefficacité de la modération viendrait plutôt des utilisateurs eux-mêmes. « La plupart des utilisateurs ne signalent pas les contenus haineux. Ils les voient s’afficher dans leur feed mais il est plus facile pour eux de tweeter Les Nazis, dehors! que de signaler le contenu qui pose problème via le bouton sur Twitter. Il est vrai que nous devons adopter une politique plus pro-active mais cette réalité autour du signalement existe » explique le PDG de Twitter dans une interview pour le Rolling Stone Magazine.

Et Delphine Meillet d’ajouter : « On ne voit plus de décapitation sur les plateformes en ligne comme cela pouvait être le cas il y a quelques années. Mais celles-ci ne sont pas juges pour autant. Parfois on leur demande de s’ériger en juge or ils n’ont pas les compétences »

Vers une politique de modération plus efficace ?

 « Twitter est la plateforme la plus difficile à faire condamner. C’est la plus libertaire. Ils ont des modérateurs qui suppriment les contenus liés au terrorisme ou à la pédo-pornographie mais pour les autres types de discours d’incitation à la haine, c’est beaucoup plus compliqué » souligne Delphine Meillet.

 Qu’en est-il aujourd’hui d’une modération automatique par filtre ? Les filtres actuels mis en place par les plateformes sont jugés peu efficaces. En Allemagne, la mise en place de la politique de modération stricte est d’ailleurs gérée par une équipe et non par des filtres d’Intelligence Artificielle. « Les GAFAS ne veulent pas mettre en place tous les filtres de modération parce que cela leur coûte trop cher et que les solutions techniques développés ne sont pas encore assez efficace. Ils ont mis en place certains filtres mais cela ne suffit clairement pas  » conclut Delphine Meillet.

Liberté d’expression en ligne : Allemagne vs Etats-Unis

 En Allemagne, le génocide et le nazisme ont profondément impacté la notion de libre expression. Les Allemands sont enclins à penser que pour protéger la démocratie, il faut parfois limiter la liberté d’expression. En France, si on considère que la polémique est bénéfique pour la démocratie, on pense qu’il est dangereux de laisser la responsabilité de la modération à des entreprises qui n’ont pas encore de solutions techniques assez performantes pour proposer une modération efficace.

Aux Etats-Unis, la liberté d’expression est constitutive de la Démocratie. Ils n’y a pas de législation visant à interdire les discours d’incitation à la haine.

Les plateformes en ligne sont livrées à elle-même concernant l’épineuse question des discours de diffamation et d’incitation à la haine. Les défenseurs de la liberté d’expression à l’américaine affirme que celle-ci a permis une politique d’innovation performante. Les entreprises de médias sociaux leaders sont américaines, mais les discours qu’elles hébergent ne doivent pas menacer pour autant le pacte social, et ce, au delà des frontières.

Liens vagabonds : le deepfake se démocratise

À retenir cette semaine :  

Deepfake – On connaissait Synthesizing Obama, voici cette semaine Zao, une application mobile chinoise qui met le deepfake à la portée de tous. Avec la capacité de recréer des voix ou des visages avec précision, l’Intelligence Artificielle rend les usurpations d’identité en ligne toujours plus crédibles, et en renouvelle le genre. Avec un gros risque sur la vie privée bien sûr. L’appli est déjà interdite par WeChat. Le Français Baptiste Robert, chercheur en sécurité informatique a décortiqué l’appli, et met en garde les utilisateurs. Facebook, en même temps, se met à fabriquer ses propres deepfakes pour prévenir “un désastre de la désinformation”. Facebook, Microsoft, MIT, Oxford University et d’autres organismes annoncent un “Deepfake Detection Challenge, avec 10 M investis par Facebook. Selon une étude du Pew Research Center, 56% des Américains font confiance à la police dans leur utilisation de la détection des visages (contre 36 quand il s’agit des GAFA). 


Réforme audiovisuelle : Les plateformes Netflix et Amazon vont devoir financer la création française. Selon Nicolas de Tavernost, «l’État met fin à des années de masochisme». Pendant ce temps, Altice plie face à Free et Orange. 

Et aussi cette semaine :

La plupart des Etats américains sont sur le point de lancer une enquête anti-trust contre Google. 

En dépit de la mauvaise presse après son « annus horribilis », Mark Zuckerberg est classé troisième sur la nouvelle liste Forbes des leaders les plus innovants au monde, derrière Jeff Bezos et Elon Musk. Après Instagram, Facebook pourrait aussi cacher le nombre de «j’aime». 

LN24, 1ère chaîne belge d’infos en continu

3 CHIFFRES

50% des ados américains s’informent sur YouTube 

Plus de 17.000c’est le nombre de chaînes YouTube fermées depuis la mise en oeuvre de la politique contre les contenus haineux, 5 fois plus qu’au 1er trimestre

1 milliard – c’est le nombre d’abonnés attendu pour la SVOD 

LE GRAPHIQUE DE LA SEMAINE Infographie: Les réseaux sociaux qui affectent le plus la santé mentale des ados | Statista

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IFA Berlin 2019 : Télévision, la 8K sauve l’honneur

Par Bernard Fontaine et Vincent Nalpas, Direction de l’Innovation de France Télévisions 

Le plus grand rendez-vous européen consacré aux produits « Consumer Electronic », qui a lieu du 6 au 11 septembre à Berlin, ouvre ses portes dans une ambiance quelque peu maussade.

Crise ou simple ralentissement ?

La canicule en Allemagne a été présentée comme argument par les organisateurs pour ouvrir un peu plus tard cette année un des plus grands salons internationaux consacré aux produits d’électronique domestique, high-tech et électroménager. Ce rendez-vous incontournable des rentrées de congés estivaux donne le « la » des grandes tendances du secteur. Quand l’organisateur égrène lors de sa conférence d’ouverture de l’IFA 2019 les chiffres de GFK sans vraiment sourire au parterre de journalistes présent on se dit que les temps sont durs !

Un marché international globalement en récession de 7% sur ces trois dernières années, avec, dans le secteur qui nous concerne directement pour nos offres numériques un infléchissement de – 4% en Europe sur le marché du téléviseur, le smartphone ne sauvant pas vraiment la mise avec – 5%. Les constructeurs TV en quête de renouveau misent pour la plupart sur la 8K comme nouveau cheval de bataille de leurs futurs modèles de revenus.

IFA 2019
– IFA Opening Press Conference –
Dr. Reinhard Zinkann, Chairman of the Household Appliances Division at ZVEI

Mieux vaut commercialiser des enceintes wifi ou bluetooth (+ 46%) ou des produits de confort domestique aspirateurs robotisés (+18%) et machines à Espresso (+26%) pour donner un peu baume au cœur des industriels et exposants présents.

Le Téléviseur continue sa mue vers la 8K

Sur leurs stands, on sent chez les géants du secteur TV une volonté d’aller à l’essentiel, et à l’économie. Plus de conférence de presse chez Panasonic ou limitées et directement sur leurs stands comme chez Samsung. Peu de produits futuristes sans business immédiat. Le Coréen joue à fond la carte de l’innovation, il met en avant ses 22 milliards de dollars de R&D et promeut la package IA, 5G et 8K. Le géant coréen fait disparaitre de son stand les produits TV UHD 4K (si ce ne sont les produits comme Serif ou The Frame déjà très connus des amoureux du design) au bénéfice de l’UHD 8K avec une large gamme QLED de 55’ à 98. Il affiche comme objectif de vendre 2.8 millions de TV 8K d’ici 2022.

 

La demande du grand écran domestique est là, avec +35% cette année par exemple pour des tailles de 50’ à 59’ (source GFK), la valeur global tirée par ces produits UHD est positive ce qui pousse tout le secteur à emboiter le pas du Coréen.

Et Samsung a compris la clé de l’usage de ces produits high tech : le contenu ! C’est avec fierté qu’il affiche les accords de partenariat d’Amazon à Apple en passant par Netflix, mais aussi en programmes 8K native avec l’annonce d’accès à un catalogue de films de Rakuten TV, aux contenus de Chili, ou encore aux documentaires de l’équipe française spécialisée The Explorers. Pas un mot des chaines de télévision historiques totalement disparues des discours de communication dans ce salon (je vous rassure les TV ont toujours en 2019 une prise antenne…).

LG, l’autre très grand industriel de ce secteur, est sur cette même tendance, la 8K est largement mise en avant sur leur stand. Aucun compromis qualitatif avec ses écrans OLED aux images sublimes.

Et aussi pour les moins fortunés des produits 8K plus abordables utilisant la technologie Nanocel déjà utilisées en 4K.

La 8K, seule véritable innovation concrète de cette édition 2019 de l’IFA pour le secteur du téléviseur, est partout, et surtout, disent certains, chez les industriels chinois, puisque Haier, HIsence et TCL ont clairement affiché la couleur, ils y vont aussi. TCL, géant chinois de 75.000 personnes et numéro 2 mondial (en volume) affiche la volonté de rendre abordable la 8K au plus grand nombre de consommateurs.

Et pour terminer, les Japonais ne sont pas en reste puisque Sony expose également ses TV 8K. Pour Sharp, le pionnier du secteur, il élargit sa gamme, en insistant sur un écosystème bien connu à France Télévisions qui combine 8K et écosysteme 5G. Bien avant les chaines TV, les opérateurs Telecom l’ont déjà bien compris, Sharp avec NTT Docomo ou Samsung et SK Telecom. Les TV 8K/5G vont devenir une réalité. Pour nous, une belle occasion et fierté d’être la seule grande chaine généraliste à afficher à Berlin sur le stand de Sharp des extraits de nos programmes en 8K que nous avions diffusé en direct avec le concours d’Orange pendant près de 100H lors de Roland-Garros 2019.

Quant à Panasonic, on n’y trouve pas encore de 8K, mais il poursuit sur ses produits de dalles transparentes aujourd’hui OLED, qui ravira les décorateurs intérieurs et autres secteurs professionnels toujours en quête d’innovation technologiques d’affichage.

Grand spécialiste de la gestion colorimétrique de l’image, Panasonic a aussi présenté son concept d’écran (4K) au nom très (très) original… « Megacon » qui embarrasse bien les communicants présents face à des journalistes hilares…. Sinon, l’objectif de l’écran est d’afficher d’excellents contrastes en LCD, similaire à l’OLED.

Le Smartphone autre star de l’IFA

Les fabricants de smartphones ont désormais une double occasion de mettre en avant leurs bijoux technologiques en Europe. Barcelone avec son salon MWC et maintenant l’IFA à Berlin. En effet, les constructeurs profitent de ce rendez-vous pour, à nouveau, faire la une des médias spécialisés, et cette année honneur à la 5G, puisque IFA et Innovation sont deux mots aujourd’hui indissociables. Tellement les annonces se multiplient qu’il serait trop long de les citer. On en a cependant isolés quelques unes, comme Huawei qui met en avant le cœur de ses nouveaux produits 5G avec un très haut niveau d’intégration de son Kirin 990 mêlant IA et 5G très subtilement dans une même puce.

L’autre chinois, TCL, arrive maintenant sous sa marque TCL Pex, il était derrière Alcatel ou Blackberry jusqu’à présent. Sharp, quant à lui, présente son smartphone Aquos 5G, et Samsung veut pousser de l’épaule toute la concurrence avec pas moins de quatre produits 5G dont le pliable Fold qui va enfin être commercialisé après quelques débuts compliqués. Très remarqué, Sony avec son nouveau Xperia 5, concentré de technologies à l’écran 21/9 qui ravira aussi les passionnés de son, et qui en tout cas a dû rendre jaloux leurs équipes des produits TV car la presse internationale a préféré s’agglutiner devant le smartphone plutôt que devant les téléviseurs du Japonais, pourtant d’un très haut niveau technologique.

En tout cas, personne ne s’est rassemblé pour assister aux expériences VR pas plus chez LG, Sony, ou Samsung qui, encore ces dernières années, avaient quelques produits présentés. Cette année, la VR a disparu au bénéfice par exemple chez Sony, de l’audio, de la photo, les mobiles et TV, comme nous le disions en début de ce billet, de ce qui se vendra bien !

La sweet home

Il faut aller à Berlin pour voir à quel point les industriels du secteur de l’électroménager, du bien-être, de la santé, de la sécurité et de la maison connectée sont présents massivement.

Le stand d’une seule marque du secteur est presque équivalent à un hall de la Foire de Paris qui lui regroupe l’électroménager de toutes les marques. Un clin d’œil à l’Italien Candy passé récemment sous la houlette chinoise d’Haier, qui va faire de la TV dans votre four ! D’abord pour la voir sur sa porte, mais aussi dans votre four dorénavant équipé d’une caméra HD (qui résiste à la chaleur). Vous n’aurez plus d’excuse pour voir votre pâtisserie brûler grâce à la surveillance à distance via votre smartphone !

Samsung, qui innove dans le secteur dit du « blanc », invente un concept modulaire très original qui ravira les architectes d’intérieur et les amoureux de l’optimisation des agencements domestiques avec son Bespoke, constitué de modules, réfrigérateur, congélateurs ou même de pressing perso, que vous composez sur mesure. Espérons-le, avec plus de succès que le smartphone modulaire de Google (Ara) !

Conclusion

Attendons de voir la semaine prochaine le bilan de cette édition 2019, qui, malgré la mise en avant prudente de l’organisateur sur les difficultés économiques observées cette année, annoncera de bonnes nouvelles de fréquentation et d’affaires.  En tout cas avec ces milliers de produits exposés, nul doute qu’une grande partie fera le bonheur du consommateur à court et moyen terme.

(version actualisée et corrigée le 10 septembre 2019)